HypnoFanfics

P.S: I love you...

Série : One Tree Hill
Création : 13.05.2007 à 22h24
Auteur : WoodyA 
Statut : Terminée

« ... but I don't miss you. » WoodyA 

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PROLOGUE. 


<<
_Mais qui donc t'a guidé vers ce lieu? 
_ L'amour qui le premier m'a poussé à m'enquérir, il m'a prêté conseil et je lui ai prêté mes yeux. Je ne suis pas pilote, mais quand tu serais aussi éloignée que les rives désertes, baignées des mers les plus lointaines, je tenterais l'aventure pour atteindre richesse aussi précieuse.  >> 



            Bien loin de la tragédie shakespearienne, nos petites vies toutes simples n'en sont pas moins exemptes de magie et de sentiments naissant plus vite que la nuit, pour mourir dès le lever du jour. De dévorantes passions, nourries au sein de l'été, vouées à jaunir avec les feuilles, quand vient l'automne.

 
            De bien belles phrases pour aborder le flirt estival, dans tout ce qu'il a de plus éphémère et de plus brutal. Mais aussi dans tout ce qu'il a de plus beau et de plus grand.

WoodyA  (13.05.2007 à 22:26)
Chapitre 1:Good Times/Bad Times.

 
              Quand j’ai entendu la sonnerie, je me suis précipitée dehors. Avec Rachel nous avons vidé nos casiers. Nos casiers de juniors. Dans deux mois, nous allions être LES seniors de THH. Moi, à vrai dire, je m’en fichais, mais elle ne vivait que pour ça. Elle allait pouvoir passer capitaine des cheerleaders, en plus de son statut de bombe du lycée.
            Nous étions donc là, à vider nos casiers, et elle me sort, comme ça :

 _Je pars en France tout l’été. Papa nous emmène là bas pour récompenser mon frère de sa brillante saison de basket. Tu le crois ça ? Et moi j’ai été retenue par une agence et j’ai rien. Je sais pas moi, Henry il a eu une voiture ET un voyage quand même !

             Pendant qu’elle m’exposait son problème, avouons-le, horrible, elle faisait bouffer ses cheveux devant le petit miroir qu’elle avait installé dans la porte de son casier. J’ai essayé de me mettre à son niveau, j’ai pris un air super sérieux, et j’ai continué à écouter, en hochant la tête. 

_Je veux dire, il n’y en a que pour lui. Tout ça parce qu’il a un pénis ! Enfin, bon, tu es bien placée pour le savoir, toi !

             Oui, j’ai oublié de préciser que le Henry en question, c’est mon copain. On sort ensemble quoi. C’est son frère jumeau, donc autant dire qu’il est aussi canon qu’elle, dans un genre plus masculin, toutefois ! Mais passons. C’est donc comme ça que j’ai appris que j’allais passer mon été toute seule, à aider ma mère dans son café. Je m’estime heureuse, j’aurai pu aider mon père dans son garage… Je commençais à me consoler en me disant que mon frère allait venir avec sa femme géniale, quand ma mère a décidé de me donner l’envie de me cryogéniser deux mois. Elle est entrée dans la cuisine, alors que je prenais innocemment un jus d’orange en lisant le journal (la bande dessinée, derrière… j’avoue !), s’est assise en face de moi, avec sa tasse de café et ses cheveux mal coiffés et a prononcé les mots qui, je le savais, allaient ruiner mon été… 

_Tu te souviens de Nathan et Haley ?
_Les amis de Lucas ?
_Oui, eux. Ils sont originaires de Tree Hill aussi, tu sais ?
_Oui, maman, je sais.
_Ils vont venir avec Lucas et Brooke cet été, avec leur fils, tu te souviens, Jordan ? 

            Jordan… bien sûre que je me souvenais de lui. C’est un abruti qui, le noël de mes 10 ans, a ruiné mon bonhomme de neige avec son stupide ballon de basket, et a eut ce rire démoniaque ensuite. Il m’a dit un truc du genre : 

_Les bonhommes de neige c’est pour les ploucs de Virginie… A Chicago, en hiver, Papa
(oui, il parle beaucoup de son père, ce héros) nous emmène au bord du lac pour une bataille géante avec tous mes copains.
 
          Je me souviens avoir ramassé sa vieille balle orange et lui avoir jeté en plein dans le ventre, en lui lançant une réplique dont je suis assez fière, encore aujourd’hui… 

_Ton père aurait mieux fait de te payer des cours de géographie, petite tête, ici on est en Caroline du Nord.
 
             Et là j’ai tourné les talons et je suis partie, la tête bien haute (avec le recul, j’ai peut-être un peu surjoué mon ressentiment). Ensuite, on a passé toutes les vacances à se tirer la langue dans le dos de nos parents, persuadés qu’on s’entendait super bien.
             Je le haïssais. Même son prénom, Jordan, comme si personne ne savait que son père était un basketteur professionnel… c’est bon quoi ! Je le haïssais, mais pourtant, c’est moi qui étais là à l’attendre à la gare, parce que « Monsieur » était en stage High Flyers, donc il fallait qu’il arrive avant tout le monde… En plus il faisait genre 40°, j’étais crevée parce que j’avais bossé toute la matinée avec ma mère, et je ne savais même pas à quoi il ressemblait, donc je devais me coltiner cette pancarte « JORDAN ». Pendant que ma meilleure amie et son frère, mon copain, étaient au bord de la Méditerranée à manger du fromage, boire du vin, ou je ne sais quoi de stupide et français. 

 _Le train numéro 34854, en provenance de Charlotte, est annoncé avec 15 minutes de retard.

             Ben voyons ! Il ne manquait plus que ça. 15 minutes plus tard… Pour vous resituer la scène :Je suis en nage, j’ai soif, et le train arrive. C’est pas trop tôt ! C’est dingue le nombre de personnes qui peuvent descendre de ce train. Evidemment, j’imagine qu’il va sortir en dernier, en regardant à droite et à gauche avant de balancer son vieux sac sur son épaule et de descendre comme un héros qui revient de guerre, le regard ébloui par le soleil.  

_Laura ? 

             Une voix masculine dans mon dos.
             Demi-tour, toute !
             Devant moi, un grand brun, planqué derrière ses lunettes de soleil pilotes, t-shirt blanc et vieux baggy, qui portait un gros sac de sport. Il m’a reluquée de bas en haut et a enlevé ses lunettes. Les mêmes petits yeux noisettes de tueur de bonhomme de neige... Je ne me suis pas laissée déborder par la haine et j’ai vaguement articulé une poignée de main.  

_Jordan, c’est ça ?
_Oui c’est bien moi. En chair et en os. 

            Je rêve ! 

_Bon, la voiture est garée plus loin. Tu me suis ?
 

            J’ai préféré poser les bases tout de suite. Pas de blabla inutile, pas de familiarités, pas de pitié. Je l’ai conduit chez moi, lui ai montré sa chambre puis j’ai foncé dans la mienne vérifier si Henry ne m’avait pas envoyé d’e-mail. Ma messagerie affichait effectivement une petite enveloppe. 

Laura,
On est bien arrivés, il fait un temps génial et c’est magnifique !8-)

Bisous.
Rachel.

 
            Pour enfoncer le clou de cette journée à deux balles, le seul semblant de nouvelles que je recevais du vieux continent venait de ma meilleure amie, pas de mon copain. Autant dire que j’étais d’une humeur massacrante, ce n’était pas le moment de me chercher des noises. Pourtant, mon père, ne travaillant pas au garage le dimanche, a passé sa tête par la porte de ma chambre.  

_Dis moi Laura, si tu emmenais Jordan visiter Tree Hill, ou faire un tour à la plage, vous devriez profiter du beau temps les jeunes !

             Mon père, Keith, de son prénom, donne du « vous, les jeunes » à tout bout de champs. Il est aussi du genre qui a le contact facile et qui aime tout le monde, aussi eût-il été inutile de lui expliquer le profond mépris que je ressentais pour l’autre jeune en question. Je me suis levée de ma chaise, un peu exaspérée et je l’ai rejoint dans le couloir. On a été toquer à la porte de l’affreux Jojo pour ce qui s’annonçait déjà comme la ballade du siècle. Là, mon père a tapé sur mon épaule et est parti ! Vous lisez bien, il m’a plantée là, alors que c’était son idée. 

_ENTREZ !
cria-t-il de l’autre côté.

             Je suis entrée et ai perdu toute l’innocence qu’il me restait à là seconde même. Il était torse nu, en train de se changer. Je me suis excusée et cet abruti a rit. Il a du croire que j’étais troublée. J’ai essayé de prendre encore sur moi, au point où j’en étais, et j’ai enchaîné. 

_Il fait beau et mon père pense que « les jeunes » devraient aller se balader : tu auras droit à une visite de Tree Hill et un tour à la plage, si aucune averse ne daigne se pointer avant 15 heures. On part dans 5 minutes.
_Pourquoi pas.
_Je vais chercher mes affaires et prier pour qu’un ouragan ravage la ville. 

             Je suis sortie en prenant soin de fermer la porte derrière moi. J’ai été rassembler mes affaires dans ma chambre et il m’a rejoint. Il est entré sans frapper, fort heureusement, j’avais mes vêtements, MOI.  

_Tu es prête ?
_Oui.

             On est sortis, en silence, et on a commencé notre petit tour. Il gardait ses mains dans ses poches et regardait autour de lui. On est passés devant le lycée. J’ai fait le petit guide touristique. 

_C’est là que je vais au lycée,
dis-je, monocorde.
_Ca a l’air sympa. Moi je suis dans un lycée privée, c’est nettement plus austère.

             J’ai levé les yeux au ciel, tout de même étonnée qu’il connaisse le mot « austère ». Il a continué, sans qu’on ne lui demande rien. 

_C’est le fameux gymnase Durham ?
_Oui. Comment tu connais ça, toi ? Le coach Whitey est aussi célèbre à Chicago ?
_Non, mais il est célèbre chez moi. Papa en parle tout le temps. Quand je pense qu’ils ont gagné un championnat d’état... 

            Il a longuement contemplé le gymnase comme un temple.
            NB : Nous étions en plein soleil. 

_Tu l’a connu, toi, le coach ?
me demanda-t-il, les yeux grand ouverts.
_Oui, très bien même. C’était un peu comme un grand-père pour moi. Il est mort quand j’avais 12 ans. 

            Parler du coach m’avait comme pincé le cœur. Tout le monde l’appelait coach, il était tellement respecté dans la ville. Je me souviens, quand j’avais 8 ans, pour le 4 juillet, il avait fait un discours, tout le monde avait les yeux humides. Il avait même parlé de moi, en citant l’avenir du pays. Je me suis sentie tellement fière, j’ai eu l’impression qu’il m’investissait d’une mission spéciale. 
            Comme je ne disais rien depuis plusieurs secondes, Jordan a posé une main sur mon épaule. 

_Enlève ta main, minable. 

             Il a rit et s’est dirigé plus près du gymnase.  

_Je tuerai pour jouer ici.
_Pourquoi ?
_Parce que, c’est ici que mon père est devenu quelqu’un. Cet endroit doit posséder une aura incroyable...
_Oh oui, tu parles ! Les Ravens n’ont pas gagné grand-chose depuis que ton père est parti ! Des fois j’ai l’impression d’encourager l’équipe adverse !
_Tu assiste aux matchs ?
_Je n’ai pas trop le choix, je fais parti des cheerleader !

             Il m’a lancé un regard lubrique. J’ai de nouveau levé les yeux au ciel et je suis partie. Pervers ! On est ensuite passé voir ma mère au café. Elle a enlacé Jordan comme si c’était quelqu’un d’important, demandant de ses nouvelles, et nous a offert des thés glacés maison. On est resté une heure, en discutant de tout et de rien, mais surtout de rien. 
            Nous avons ensuite atterri à la plage. La tempête tant souhaitée n’a donc jamais eu lieu. On a installé nos affaires et on s’est mis en maillots de bains. Il a fait son show, il y avait la moitié des nanas de mon lycée à la plage ce jour là. Et il fallait voir la façon dont elles le regardaient, on aurait dit qu’il était en or massif. Il lança des sourires à ses admiratrices et me regarda en agitant les sourcils. 

_Tu les connais
 ? Me demanda-t-il 

            Il désigna de la tête un groupe de trois blondes en bikini à ma gauche, donc derrière lui. Elles se murmuraient des trucs en gloussant comme des dindes écervelées.  

_Pas personnellement, non.
Répondis-je.
_Pas grave, je m’en charge.

             Il s’est retourné et a rejoint les filles. Pour simplifier, nous les nommerons groupie n° 1, 2 et 3. Il s’est donc approché de ses 3 groupies et la machine s’est mise en route. Et vas-y que je fais des blagues, et vas-y que groupie 1 jette ses cheveux en arrières, et vas-y que je m’accroupie pour discuter... Ils ont tous finit dans l’eau à barboter comme des enfants de 10 ans. Il m’a même fait signe de les rejoindre. Comme si j’avais besoin de sa permission pour faire trempette... J’avoue avoir fait quelque chose de stupide à ce moment. Je l’ai ignoré et j’ai fait semblant de téléphoner en riant très fort.
             Il est revenu un peu plus tard, en courant comme David Hasselof. Ridicule. Il s’est allongé sur sa serviette et m’a tendu son tube de crème solaire, sans un mot. Comme il voyait que je ne le saisissais pas, il a tourné la tête vers moi. Il a pu constater que je lui lançais un drôle de regard.

 _Ben qu’est-ce qu’il y a ? Pourquoi tu me regardes comme ça ?
_Tu plaisantes j’espère !
_Ben quoi ?
_Tu ne crois quand même pas que je vais t’enduire d’huile solaire, Don Juan ?!

             J’ai pris mon bouquin, de peur que son contact ne ramollisse trop mon cerveau, et je l’ai ignoré. Il s’est alors permis de fouiller dans mon sac et a sorti mon iPod. Il a commencé à faire le tour des chansons que j’avais.   

_Mais c’est pas vrai, tu n’as que des antiquités là-dedans
 ! S’exclama-t-il.

             J’ai choisit de ne pas répondre. J’ai continué les raisins de la colère. Histoire d’apaiser la mienne. Mais comme il ne supportait pas que je ne lui prête aucune attention, il n’arrêtait pas de me poser des questions. Je me contentais de simples acquiescements, voire de « hmm hmm », mais pas plus.  Il a quand même réussit à ma faire réagir. A l’intérieur. Je continuais mon jeu de l’indifférence, le meilleur des mépris, selon certains. 

_Tu fais toujours des bonhommes de neige idiots à noël ?

             La bave du crapaud... 

_J’imagine que tu es aussi du genre à faire des châteaux de sable quand tu n’as plus de neige
 ! Ajouta-t-il 

            ...n’atteint pas la blanche colombe.  

_C’est fou ce qu’on doit s’ennuyer pour en arriver là. Enfin, dans une petite ville, c’est normal, il n’y a rien à faire.

             C’en était trop. J’ai refermé mon livre sèchement et l’ai regardé droit dans les yeux. 

Musique:

_Ecoutes moi bien citadin de seconde zone, un gamin normal fait des bonhommes de neige, des châteaux de sable et des gâteaux avec ses parents. Ca s’appelle l’enfance et c’est une période magnifique. Ton père vient d’ici, et ça ne l’a pas empêché de devenir quelqu’un. Il a fait des bonhommes de neiges, ta mère faisait des gâteaux avec mon frère et ils faisaient certainement tous des châteaux de sable, pour autant, ce ne sont pas des bouseux puants, contrairement à toi, qui as les chevilles tellement enflées que tu ne dois certainement pas pouvoir enfiler tes baskets atroces le matin !

             Je me suis levée, ai ramassé mes affaires et suis partie en le laissant planté là. J’ai traversé la ville en paréo, avec ma serviette de bain sur les épaules et mes tongs aux pieds, en pestant contre la débilité de ce crétin (oui, je sais, c’est un pléonasme, mais la colère rend vite mes propos incohérents!).

            Il nous a rejoint à la maison une heure plus tard. J’avais eu le temps de me doucher et de me calmer. Il était presque 17 heures, et je devais rejoindre ma mère au café. J’étais dehors avec mon père quand il est arrivé, les mains dans les poches, l’air assez satisfait. Il affichait un sourire un peu arrogant, comme à son habitude. 

_Alors Jordan,
lança mon père, on t’a laissé tomber !
_Keith, mon ami, j’ai eu de la chance dans mon malheur ! répondit-il. De charmantes jeunes filles ont pris la peine de m’indiquer le chemin vers la maison.
_Je vois que tu ne perds pas de temps pour découvrir les merveilles locales.

             Voilà qu’ils se faisaient des clins d’œil !
            Je regardais mon père avec la plus grande détresse face à leur conversation masculine particulièrement primaire. 

_Ne vous gênez pas pour moi, je vais aller chez maman !
Répondis-je, avant de me lever de la balancelle.
_Mais tu sais, Jordan, tu as la plus belle sous les yeux. Dit mon père, fièrement.

             Je me suis cachée les yeux avec ma main droite, désespérée par l’attitude de mon père. Je suis partie au café et les ai laissé entre hommes, Jordan agitait un petit papier en direction de mon père.
             Au café, j’ai pris le temps de ne penser à rien. On était débordées et ma mère était anxieuse à l’idée que Lucas revienne demain soir. Je la voyais se tromper dans les commandes, ou en rendant la monnaie, et, à chaque fois, elle s’excusait en souriant, ajoutant un « mon grand fils rentrer demain, je suis un peu nerveuse. ». Et aux vieilles dames de s’exclamer « Oh ! Le petit Lucas ! Qu’est-ce qu’il devient ? ». Ma mère enchaînait alors avec sa tirade classique journaliste/marié à Brooke Davis/fait le tour du monde souvent, fière comme un paon. J’en étais à réarranger les muffins sur le comptoir, après l’avoir essuyé de toute mon âme, quand une des groupies blondes, groupie 3, pour être précise, s’est pointée. Elle m’a fait signe de la main (Mais pourquoi, mon Dieu, pourquoi ?!) et est venue s’asseoir en vitrine. Elle a été rejointe quelques minutes plus tard par l’affreux Jojo. Il nous a fait un signe de la tête à ma mère et moi, puis a passé sa main dans le dos de groupie 3, en me lançant une espèce de regard en coin. J’ai agité la tête de gauche à droite, devant cette aberrante démonstration de sa puissance masculine et ai continué ma besogne avec acharnement, avant d’aller prendre leur commande.  

_Vous avez fait votre choix 
? Dis-je avec mépris.
_Euh... un coca light avec une rondelle de citron, répondit G3, dans toute sa blondeur chatoyante.
_Ne me dis pas que tu surveille ta ligne ma jolie ? Lui dit-il, avec son sourire carnassier. 

            Elle a rougit et s’est enfoncé les mains sous ses jambes, en baissant la tête. _Et toi, Jojo ? Lui lançai-je, avec un air de défi.
             Il m’a regardé, éberlué, puis, en me tendant la carte, m’a commandé un thé glacé. Mais, décidemment d’humeur diabolique, j’ai ajouté : 

_Un thé glacé, tu es sûr ? Enfin, ce n’est pas très bon pour, tu sais...
 

            J’ai regardé sa braguette et ai murmuré, de manière assez audible, pour que G3 ne manque rien du spectacle : 

_Ton incontinence...

             Si seulement le regard qu’il m’a lancé à ce moment pouvait être décrit ! G3, elle, l’a fixé avec une sorte de dégoût et a prétexté un rendez-vous urgent qu’elle « avait complètement oublié » pour lui filer entre les pattes.
            Il l’a regardée s’enfuir, en essayant de balbutier quelque chose, mais c’était trop tard. Son passé l’avait rattrapé. Je crois que j’ai vengé monsieur snowman à ce moment. 

_Tu es contente j’espère ?
M’a-t-il craché au visage.
_Oh, Jojo, un peu d’humour. Moi ça m’a bien fait rire !
_Et tu sors ça d’où, Jojo ?
_C’est le plus ridicule que j’ai trouvé pour l’instant... Jojo ! 

            J’ai tourné les talons et ai été lui chercher son thé glacé. Mais il m’a suivie, et, devant le comptoir, a commencé à engager la conversation, à haute et très intelligible voix. 

_Alors Laura, dis-moi, ça s’est calmé tes histoires de morpions ?

             Je suis ressortie de derrière le comptoir, blême, mon plateau à la main. Il souriait, visiblement satisfait de lui-même. Je ne me suis pas laissée dégonfler, ai posé mon plateau sur le bar et l’ai regardé droit dans les yeux.

 _Oui, merci. Je savais que je n’aurai pas dû passer après toi aux toilettes

             Il a incliné la tête à gauche, et l’a secoué, comme pour saluer ma répartie. 

_Je sens qu’on va bien s’amuser cet été
, a-t-il ajouté avant de retourner s’asseoir.

             L’attente de la venue de mon frère et Brooke m’a ensuite parue interminable, avec ce crétin dans les parages. Fort heureusement, je travaillais quelques heures avec ma mère dans la journée. Son arrivée a été une explosion de joie et un grand soulagement.
             C’était le lendemain, vers 19 heures. Leur taxi s’est garé devant la maison. Je le guettais de la balancelle depuis presque une heure, et dès que Lucas a posé un pied sur le sol de Tree Hill, j’ai courut lui sauter dans les bras, et je ne l’ai plus lâché pendant presque une minute. Pendant ce temps, toute la famille a eu le temps de sortir de la maison, et Brooke du taxi. 

_Moi aussi je suis content de te voir, Laura
, dit-il en riant.

             Je l’ai lâché et il a pu enfin enlacer maman et papa. J’ai ensuite sauté sur Brooke, la belle-soeur la plus formidable dont on puisse rêver, qui ne manque pas, à chacune de ses visites semestrielles, de me rapporter l’intégralité de sa collection en avant-première pour que je fasse mon choix. Il y en a pour des dizaines de milliers de dollars et je crois que Rachel me déteste à cause de ça. Mais passons. Outre cet avantage purement matériel, ses innombrables anecdotes incroyables, Brooke est un peu comme une grande sœur. Elle m’écoute, me conseille, on rit, on peut parler de tout.
 
            Ce qu’il faut savoir à propos de Brooke et Lucas, c’est qu’ils n’ont jamais pu avoir d’enfants. Leur train de vie assez soutenu les empêche de s’occuper de quelconques démarches d’adoption, et je pense que Lucas n’est pas vraiment emballé par cette idée, de toute façon. Par conséquent, moi, Laura Scott, suis comme la fille qu’ils n’ont jamais eue.
             Avec leurs histoires aux quatre coins du globe, ils ont fait naître en moi des envies d’évasions. Tree Hill est trop petite pour moi, je fais tout pour pouvoir un jour intégrer une grande université et m’ouvrir au monde. Ma préférence allant à Columbia, à New York... Je nourris l’espoir secret que Lucas et Brooke puissent peut-être m’héberger dans leur appartement de Park Avenue.
             Je referme cette petite parenthèse, pour en revenir au retour du fils prodige et de sa merveilleuse femme. Tout se passait donc pour le mieux lorsqu’un son particulièrement désagréable parvint à mes oreilles.  

_Le grand Lucas Scott, le deuxième meilleur basketteur de Tree Hill !
Se moqua Jordan, adossé à la colonne qui supportait le toit au-dessus du porche.
 
             Il a descendu les escaliers qui le conduisaient au jardin avant et s’est avancé vers nous. Je l’ai regardé s’incruster dans notre réunion de famille, qui plus est en insultant mon frère, le journaliste le plus brillant de sa génération, sportif accompli et génétiquement programmé pour faire tourner les têtes (ce qui est sympa avec les gènes, c’est que ça se partage). J’attendais avec impatience la réponse de Lucas. 

_Jordan ? Mais c’est pas vrai tu t’es fait greffé le visage de ton père
 ?
 
             Il lui adressa une accolade virile, en le scrutant de haut en bas. Il faut tout de même avouer que la carrure athlétique de Jordan en impose. Je dois même avouer que c’est un beau mec. Un abruti, mais séduisant (n’ayez pas l’air choqués...je l’ai vu torse nu, il n’y a rien de surprenant !). 

_Ca fait du bien d’être chez soi !

             On est ensuite tous rentrés. Les Davis-Scott ont défaits leurs bagages et se sont installés comme chez eux, tandis qu’une question métaphysique m’est passée par la tête. La réponse ne pouvait pas, ne devait pas être positive, mais, par précaution, je suis allée voir ma mère. 

_Dis, maman, si Lucas et Brooke prennent la chambre du fond, où vont dormir Nathan et Haley?

             Je l’ai regardée comme on regarde le père Noël au supermarché, à savoir terrifiée. 

_Dans la chambre qu’occupe Jordan.
_Et lui, quand ses parents seront arrivés, il va dormir où ?_Sur le lit de camp, avec eux.

              Soulagée, je suis partie rejoindre le reste de la famille dans le jardin, prenant au passage le plateau de boissons. Le service me colle à la peau, je n’y peux rien.
             Arrivée au jardin, j’ai pu constater que Lucas et Jordan étaient en pleine conversation. J’ai saisi des mots tels que « panier », « shoot » et « Ravens ». Je n’ai même pas tenté d’arracher mon frère à ses griffes, je me suis assise à côté de Brooke. Elle m’a aussitôt caressé le bras et servi son sourire immense, celui qui rend ses yeux rieurs.  

_Tu es de plus en plus belle, tu sais ! Tout à fait moi à ton âge ! Enfin, j’espère que tu ne fais pas autant de bêtises que moi...
dit-elle en regardant ma mère.
_Je suis très sage Brooke, tu me connais. Je fais même d’énormes sacrifices pour ne décevoir personne, dis-je en désignant Jordan de la tête.
_Tu sais que je t’ai ramené deux ou trois bricoles ? 

            Mon sourire a certainement fait le tour de ma tête à ces mots merveilleux. Elle a applaudit avec enthousiasme et s’est levée, puis m’a tendu la main pour que je la suive. Nous sommes allées dans sa chambre, où 6 valises encombraient la pièce. Elle en a pris une et m’en a tendue une autre, puis s’est dirigée dans ma chambre. Elle a posé la 1ère valise sur mon lit et l’a ouverte avec délicatesse. Devant moi s’étalaient des dizaines de fringues, toutes plus fantastiques les unes que les autres. L’autre valise contenait les accessoires. 

_J’ai sélectionné personnellement les plus belles pièces pour toi. Mais si tu en veux d’autres, je te fais tout envoyer dans la seconde ! 

             Je l’ai serrée le plus fort que je pouvais, en la remerciant un milliard de fois. Elle s’est ensuite assise sur le lit, et m’a invitée à la rejoindre et tapotant mon couvre-lit. 

_Dis moi tout. La dernière fois que je t’ai vue tu m’as parlé d’un certain Henri,
ajouta-t-elle.
_Oh, tu veux parler du capitaine des Ravens qui m’a lamentablement abandonnée pour aller s’éclater dans le Sud de la France avec ma meilleure amie ?

             Elle a eu l’air outrée. 

_C’est sa sœur jumelle, dis-je pour la rassurer. J’ai trouvé le moyen de réaliser le rêve de toutes les filles, je sors avec l’équivalent masculin de ma meilleure amie.
_Je connais ça.  

Musique : 

               Je lui lançais un regard interrogateur. 

_Lucas a une sœur jumelle ? On m’aurait caché des choses ?

             Elle entreprit alors de me parler de sa meilleure amie, une certaine Peyton, avec qui mon frère avait jugé bon de la tromper. Elle me parla longuement du triangle qu’ils formaient à l’époque du lycée.  

_Pourquoi on ne m’en a jamais parlé, à moi, de cette fille ?

             Brooke a baissé les yeux à ce moment. J’ai senti l’émotion qui la gagnait envahir la pièce instantanément.  

_On ne parle jamais de Peyton. Ton frère a très mal vécu ce qui lui est arrivé.

             Ses yeux se remplirent de larmes. Mais elle les garda pour elle. 

_Je pense que tu es assez grande pour que je t'en parle...Après cette histoire de triangle, l'amitié entre Peyton et moi était définitivement enterrée. On ne s'est pas adressé la parole pendant des mois, même si, au fond de nous, on en crevait d'envie. J'ai aussi quitté Lucas et je me suis éloignée d'eux. Ils se sont retrouvés comme deux laissés pour compte, ils avaient besoin l'un de l'autre. Cette même année, Peyton est passé par les pires moments de sa vie. Il était là pour elle, pas moi. Un fou qui se faisait passer pour son frère l'a agressée et s'est enfuit. Heureusement que ton frère était là, encore une fois. Il l'a sauvée. Après ça, elle s'est remise doucement, et Lucas et elle ont enfin pu entamer une relation, fusionnelle je dirais. Mais le jour de notre bal de promo, le psychopathe est réapparut. Ce jour là, avec Peyton, on avait eu une dispute absolument atroce, et je croyais notre amitié encore plus au fond du trou, quand j'ai décidé que toute cette histoire avait assez duré. C'était elle et moi, ça ne pouvait pas être autrement! Si Lucas et elle étaient faits l'un pour l'autre, qu'ils s'aiment, mais je voulais qu'elle puisse partager son bonheur avec moi. J'ai foncé chez elle, tard dans la nuit, j’ai été voir dans sa chambre, mais elle était vide. J’ai appelé sur son portable, et je l’ai entendu sonner près de moi, sur son bureau. J’ai commencé à m’inquiéter, j’ai fouillé la maison, pour finir à la cave.
 
             Elle posa sa main devant sa bouche, comme si elle revivait toute la scène. Elle a repris son récit, la voix tremblante, elle avait la chair de poule, mais elle essayait toujours de se retenir d’exploser. 

_Je crois que je ne pourrais pas te décrire ce que j’ai vu.  Quand Lucas est arrivé, plus tard, j’étais assise à côté d’elle, je n’avais contacté ni la police, ni les secours. J’ai cru que son cœur allait s’arrêter de battre. 

             Elle essaya de se calmer un peu.
            Manifestement, ça faisait du bien à Brooke de pouvoir en parler un peu, si Lucas avait jeté un voile sur cette histoire. Elle repris définitivement le contrôle de ses émotions et passa sa main derrière ma tête pour me caresser les cheveux, avant d’ajouter : 

_ Si tu n’étais pas venue au monde, je ne sais pas si ton frère aurait pu surmonter son traumatisme. Des fois, quand je te regarde, j’ai l’impression de la revoir. Enfin, je vois beaucoup ton frère, mais ils se ressemblaient tellement. Elle me manque tellement...

             Elle essuya ses yeux, quelques minuscules larmes avaient quand même réussi à se faufiler. 

_Désolée !
dit-elle. 

            La curiosité me fit lui poser une question délicate, j’ai été incapable de me contrôler sur ce coup. 

_Ca n’a pas été bizarre après entre Lucas et toi ?
 

            J’ai remarqué qu’elle a discrètement sourit à cette interrogation. 

_Tu étais un tout petit bébé à cette époque, mais Lucas a eu beaucoup de mal à remonter la pente. Tout le monde était parti faire sa vie aux 4 coins du pays, en essayant d’oublier. Moi y compris. J’avais rejoint mes parents sur Los Angeles. Mais quand je suis rentrée à Tree Hill pour l’anniversaire de Peyton, j’ai trouvé ton frère devant chez elle, avec des roses. Cette tragédie nous a lié dans le chagrin, et on a passé la soirée à parler d’elle. Je ne suis pas retournée à Los Angeles avant un an après ça. Je l’ai aidé à se remettre doucement, et il m’a suivie, pour finir ses études loin de tout ça, mais toujours avec moi. Lucas et moi on est, l’un pour l’autre, à la fois un lien vers elle, et une échappatoire. Mais encore au-dessus de ça, il y a un véritable amour entre nous. On se complète, là où lui et Peyton se ressemblaient. Il l’aimera toujours, mais je sais aussi qu’il m'a toujours aimée.

_Tu veux dire qu’on peut aimer plusieurs personnes en même temps ?
Demandais-je, abasourdie par un peu tout ce que je venait d’entendre.
_Au même titre qu’il y a différentes façons d’aimer.

             Elle inspira un grand coup avant de taper sa main sur ma cuisse pour qu’on rejoigne les autres. Elle venait de partager quelque chose de fort avec moi. Au-delà de cette douloureuse histoire, elle m’avait en fait expliqué qu’elle n’était pas la seule dans le cœur de Lucas. Cette pensée me tourmentait un peu. Je ne comprenais pas comment mon frère pouvait ne pas s’abandonner complètement à une personne si grande, si entière, et surtout, comment son cœur pouvait-il être assez vaste ?

             Quand nous avons rejoint les autres, nous avons découvert sans surprise que les garçons s’affrontaient au basket. Ce qui m’a assez étonnée, c’est que ma mère participe. Il faisaient un deux contre deux. Ma mère et Lucas contre Jordan et mon père. Ce dernier s’est arrêté en plein action, a posé ses mains sur ses hanches, s’appuyant sur le ballon, et nous a fait signe de les rejoindre pour un 3 contre 3. Lucas, maman et moi contre Jordan, Brooke et lui. Brooke avait accepté avant même que je ne réfléchisse à la proposition. Nous avons donc pris place. 
           Papa et maman étaient au centre pour la mise en jeu. Elle lui lança son regard de tueuse (le même qu’elle lance aux œufs avant de les battre). C’est bien entendu papa qui eu l’avantage, et qui passa à Jordan, qui marqua presque aussitôt. 
            Lors de la remise en jeu, maman, manifestement peu au courant de mon piètre niveau en basket, m'a lancé la balle. Là, Jordan s'est rué sur moi pour me marquer, il me bloquait le passage en tendant ses bras autour de moi. J'ai réussi à me dégager, sa main a frôlé ma hanche, j'ai passé à Lucas qui a pu marquer à son tour. La partie s'est poursuivie pendant 5 minutes, et c'est finalement l'équipe de Jordan qui l'a emportée, à un panier près. Ils se tapaient tous dans la main, comme des coéquipiers de toujours. Jordan s'est ensuite approché de moi, a passé son bras sur mon épaule et m'a narguée. 

_Je t'apprendrai si tu veux,
dit-il sur un ton condescendant
_Va plutôt apprendre où se trouve la douche, tes aisselles empestent et je vais devoir manger à côté de toi. Ca me donne déjà assez envie de vomir. 

             Ne jamais manquer de répartie.
             Après cet interlude sportif, nous sommes donc passés à table, comme je l'ai fait remarqué à mon adversaire. Ma mère avait mis les petits plats dans les grands. La discussion s'est rapidement orientée autour de Lucas et Brooke. Pour être plus précise, J'AI rapidement orienté la discussion vers eux.  

_Eh, frangin! Parle moi de la plus belle destination de cette année.
_Mmmmh... Sans hésiter la côte d'azur, cet été! C'est vrai qu'avec Brooke on va souvent à Paris, mais le Sud je ne connaissais absolument pas. C'est charmant, il y a un côté sauvage et à la fois paisible.
_Le sud de la France... dis-je, amère.
_J'en connaît une qui en veut à la France! Ajouta Brooke, en me taquinant.
_Ben quoi? S'interrogea Lucas.
_Son petit fiancé est parti là-bas tout l'été, il l'a abandonnée... reprit-elle.
_Tu ne peut pas lui en vouloir de préférer passer ses vacances sur une plage privée, entouré de mannequins, plutôt qu'ici, renchérit Jordan.

             Non mais pour qui se prenait-il?  

_C'est pas très malin ça, Jordan, intervint mon frère. Enfin bon, tant que tu ne lui parles pas de la réputation des Françaises...

             J'étais sur le point de les remballer tous les deux, quand Brooke décida d'éviter le bain de sang. 

_Moi j'ai préféré notre nouvel an à Saint-Pétersbourg! 

             Elle nous parla de leur soirée absolument incroyable, des visites passionnantes et des gens qu'ils avaient rencontrés sur place. Le reste du dîner et de la soirée en générale, se passa pour le mieux. Nous étions tous pendus aux lèvres de Lucas et Brooke. Jordan n'a même pas g&

WoodyA  (13.05.2007 à 22:47)
             Elle nous parla de leur soirée absolument incroyable, des visites passionnantes et des gens qu'ils avaient rencontrés sur place. Le reste du dîner et de la soirée en générale, se passa pour le mieux. Nous étions tous pendus aux lèvres de Lucas et Brooke. Jordan n'a même pas gâché nos retrouvailles. Il s'est contenté d'être tout autant absorbé par la vie trépidante de mon frère et de sa femme. Ses parents arrivaient le lendemain dans la matinée, ce qui semblait rendre Lucas et Brooke impatients.

             Mais je n'arrivais pas à fermer l'œil. Je me suis levée et ai été dans la cuisine boire un coup, la gorge asséchée par la chaleur nocturne. Le destin n'étant pas de mon côté, Jordan occupait déjà une place à table. Il fixait son verre d'eau, je n'aurais pas su dire s'il dormait à moitié ou s'il était triste. Comme il était trop tard pour les sarcasmes, je l'ai rejoint, mon verre à la main, et me suis assise en face de lui.   

_Tu n'arrive pas à dormir non plus,
demandais-je?

             Il rit à ma perspicacité, et leva ses yeux noisettes sur moi. 

_Pas vraiment, non.

_C'est à cause de tes parents qui arrivent demain?
_Non. Enfin, si, je suis pressé de les revoir, mais j'ai le sommeil assez léger ces temps-ci.

             Je secouai la tête, n'osant pas demander pourquoi. Un silence s'installa. Je me raclai la gorge, mal à l'aise.  

_Je suis désolé de te gâcher ton été comme ça,
reprit-il.

             Je me suis sentie stupide. 

_Non, c'est moi. J'ai décidé que tu allais le gâcher sans te laisser une chance. C'est bête. Je suis surtout un peu perturbée qu'Henry soit parti sans état d'âme. D'un autre côté... je te trouve un peu insupportable quand même, plaisantai-je.
 

            Il sourit en secouant la tête. Mais, manifestement, la nuit était propice aux confidences. 

_Ma copine m'a plantée avant mon stage High Flyers.
_Oh. Désolée pour toi.
_Elle m'a fait comprendre que l'avenir d'un sportif est trop incertain pour qu'elle se laisse piéger à 17 ans. Tu savais que c'était l'âge idéal pour rencontrer un futur sénateur à la sortie de Georgetown? Dit-il avec ironie.
_Elle t'a vraiment dit ça?
_Absolument. En me lançant même un regard compatissant.
_Quelle pétasse, lançai-je, sans m'en rendre compte!
_Ravi de te savoir de mon côté.
_Entre laissés pour comptes de l'été, il faut se serrer les coudes!

             Il m'a regardée, un peu déboussolé. 

_Je suis désolé, je ne sais pas pourquoi je te parle de tout ça. Mais ça fait un mois que je traîne ça derrière moi sans en parler à personne, il fallait que ça sorte.
 
_Il n'y a aucun problème. 

             Je le voyais un peu différemment. Il n'avait ni ses vêtements de marque, ni sa grosse montre, il était juste en pyjama, les yeux cernés, dans la lueur bleutée  de la nuit profonde. Il avait l'air fragile.  

_Si tu veux, demain, avant que tes parents ne viennent, on pourrait faire quelque chose tous les deux, pour te changer les idées. On pourrait leur préparer quelque chose, ou se balader, enfin, comme tu veux,
relançai-je.
_Tu as de quoi faire des nouilles au fromage? 

            Je l'ai regardé avec étonnement. 

_Ma
mère dit que c'est la nourriture des dieux, continua-t-il.
_Des dieux de cinq ans peut-être!

             Il me regarda très attendri, pour je ne sais quelle raison, puis reprit. 

_Non, mais, sérieusement, j'ai un petit creux.
_Euh... et bien il y a des nouilles, du fromage et de l'eau, il y a bien tout ce qu'il faut, en somme! 

            Et c'est ainsi que nous nous sommes lancés dans la préparation de succulentes nouilles au fromage à 2 heures du matin. Il s'absenta une minute pendant que je surveillai l'eau et revint avec une des fleurs du bouquet du salon, qu'il plaça dans un verre, au centre de la table.   

_Un tel festin ne se déguste pas n'importe comment, il faut y mettre la forme!
 
_C'est vrai qu'une fleur d'occasion dans un verre à eau colle très bien à l'ambiance nouilles nocturnes...

             Nous avons ensuite savouré notre encas de la nuit, tout en discutant et en riant. L'ambiance était très détendue, et je ne me suis même pas posé de questions avant de lui demander: 

_Ca faisait longtemps que tu étais avec ta copine?
_Ca allait faire 9 mois. C'est le genre de laps de temps qui te fait penser que ça va durer. C'était sérieux pour moi.
_Pas pour elle?
_Apparemment non, vu la façon dont elle m'a jetée. Je crois surtout qu'elle aimait bien être avec moi pour ce que je représente au lycée, tu vois?
_Non, pas vraiment...
_Avec mon père, qui est très connu, et puis mon statut de capitaine. Enfin j'étais un peu son miroir de réussite sociale. Son père a l'argent, le miens a l'argent ET la notoriété.
_Ils ont l'air bizarre les gens dans ton lycée.
_C'est un lycée privé, tu sais. Donc c'est comme un lycée normal, sauf que les barrières triplent d'épaisseurs entre les gens. Il y a ceux qui ont juste assez d'argent pour se payer l'école, et les autres. Plus tu as de fric, et plus tu le montres surtout, plus tu es apprécié.

             J'ai fait une grimace, un peu révoltée. 

 _Je sais, c'est naze, s'excusa-t-il. C'est notre système. 

Musique 

              Il se faisait vraiment très tard. Ou plutôt très tôt. Le jour devait se lever dans une petite heure. Il le remarqua et me proposa d'aller nous promener sur le bord de mer, histoire d'assister à l'aube. Nous nous sommes préparés, sommes sortis discrètement, et avons marché jusqu'à la plage. Sur place, nous nous sommes allongés dans le sable, et avons contemplé le ciel, qui changeait progressivement de couleur.  

_C'est fantastique,
s'émerveilla-t-il.
_Je suis d'accord avec toi pour une fois!

             Quand les premiers rayons virent nous caresser le visage, la beauté de l'instant nous rendit silencieux. Un silence religieux. Je remarquai autour de nous une poignée de personnes qui eurent la même idée. Tous contemplaient dans la plus parfaite quiétude l'éclat de l'instant. Le bruit des vagues et la fraîcheur matinale venaient parfaire ce tableau idyllique. Jordan vint rompre ce calme, après s'être longuement imprégné de toute cette magie.  

_Dans d'autres circonstances, je crois que je t'aurai embrassé juste maintenant.

             Je le regardai, interloquée. Il souriait, en me fixant.  

_D'autres circonstances,
l'interrogeai-je?
_Si tu n'avais pas eu un copain en France en ce moment, je n'aurai pas hésité une seconde.
_On n'embrasse pas les gens pour couronner un lever de soleil, il me semble, plaisantai-je.
 
             Il a rit et a baissé la tête. 

_C'aurait été un peu cliché, je l'admets. Cliché mais agréable,
finit-il.
 
             Il se leva et se posa devant moi, en me tendant la main. 

_Allez viens, on va leur ramener un petit déjeuner digne de ce nom. Il y a quelque chose d'ouvert à cette heure-ci dans ce bourg?
 
             Je la saisit et me levai à mon tour. 

_Chassez le naturel...
commentai-je.

             Nous sommes ensuite partis à la recherche de quoi ravitailler toute la troupe. Que venait-il de se passer? Il avait ouvertement et très librement flirté avec moi. Ce qui m'a le plus surpris, ce n'est même pas son attitude ambiguë, mais la sérénité,à la fois de ma réaction, et de son comportement. Cette matinée et, par extension, cette nuit, semblaient venues d'ailleurs. J'étais dans une 4ème dimension. Le lever du jour allait probablement enterrer ce naturel et cette décontraction, au profit de notre bonne vieille armure.
 


            Ses parents sont arrivés comme convenu, en fin de matinée, je commençais à sérieusement piquer du nez.


WoodyA  (13.05.2007 à 22:55)
Chapitre 2 :Dazed and Confused. 

                       Nathan, Haley, Brooke et Lucas ne se quittaient plus et mes parents travaillaient toujours, ce qui n'a fait que favoriser cette complicité naissante entre Jordan et moi. Nous allions nous balader le matin, j'aidais ma mère de midi à 15 heures, et je rejoignais Jordan au Rivert Court, son nouvel endroit préféré du monde.
             En deux semaines de temps, notre amitié avait eu le temps de fleurir, et un lien solide nous unissait à présent. Comme si nous étions des amis d'enfance. Mais quand je voyais mon frère et ses parents, je me disais que nous étions nés pour nous entendre.
             Lors de l'une de nos après-midi sur le terrain de basket, alors qu'il essayait de m'apprendre à lancer comme une pro (ça n'a jamais marché, soit dit en passant), une idée me traversa l'esprit. 

_Si on faisait quelque chose qui change un peu, demandai-je?
_Comme quoi?
_Je ne sais pas, mais on commence à tourner en rond. Ca fait 3 jours que tu essayes de me faire marquer et tu vois bien que ça ne sert à rien!

             Il se moqua de moi. 

_Dis moi tout. Qu'est-ce que tu proposes?

 
            J'ai réfléchi quelques secondes, puis j'ai été frappée par l'évidence divine (à peu près quoi...). 

_Chacun va choisir une activité pour l'autre. Il faut que ce soit unique, inoubliable et inédit!
Proclamai-je avec fierté.
_Tu as déjà été dans un sex shop? dit-il en riant.
_T'es bête! On a jusqu'à demain 15 heures pour trouver.

 
            Il approuva mon idée. J'avais déjà trouvé ce que j'allais lui choisir. Je savais déjà qu'il serait fou de joie, et cette perspective m'enchantait 
            Le lendemain, à l'heure H, je le conduisit donc à mon lycée. 

_Euh... c'est vrai qu'aller au lycée en juillet, je n'avais jamais essayé, bredouilla-t-il.
_Mais non, idiot, c'est pas au lycée qu'on va!

 
            Je le conduisis au gymnase. Quand je lui ai ouvert les portes, à l'aide de la clef que m'avait donné Whitey, j'ai vu ses yeux s'illuminer. Il a visité les lieux avec minutie, dans un silence de cathédrale. Il a joué un peu, et on s'est assis au centre du terrain, en tailleur.  

_Merci. Je crois que tu ne pouvais pas trouver mieux.
 
_De rien. Je savais que ça te ferait plaisir. Je ne comprends pas plus que ça, mais bon!
_Le basket c'est toute ma vie. Mon père m'a transmis le virus. Etre ici, c'est comme être devant le jardin d'Eden.
_Rien que ça!

 
            Il m'a longuement parlé de sa passion, de ses ambitions. Il m'a expliqué, que, contrairement à son père, il avait le choix, il pouvait jouer au basket, mais ses notes lui permettaient de faire autre chose de sa vie s'il le souhaitait; Même s'il ne le souhaitait pas vraiment.
 
            Puis, il m'a emmené à mon lieu. Nous avons été devant une maison manifestement abandonnée, en brique rouges, tout à fait charmante.  

Musique


_On est où
, demandai-je?
_C'est ici que vivait Peyton. C'est aussi là qu'elle est morte. C'est là que ton frère vient en pèlerinage chaque année

            Mon sang se glaça. 

_Comment tu sais ça?
_Mes parents, et particulièrement mon père, étaient très proche d'elle également. Viens, je veux te montrer quelque chose.
 
             Il me prit par la main et me fit faire le tour de la maison. Sur le tronc d'un grand chêne, quelques paroles d'une chanson étaient gravées.

 All these talk of growing old
Is getting me down my love,
Like a cat in a bag,
Waiting to drown,
And I know I'm coming down. 

And I hope you're thinking of me,
As you lay down inside,
Now the drugs don't work,
They just make me worst,
And I know I'll see your face again. 

'Cause baby,
If heaven calls,
I'm coming too,
And baby,
If heaven calls,
I'm coming with you.
  

_C'est une chanson qui doit avoir au moins 20 ans, je la connais. C'est le seul CD que mon frère ait laissé avant de déménager définitivement et d'épouser Brooke... C'est sûr que ça prend tout son sens. Pourquoi tu me fais voir ça?
_Parce qu'elle a marqué pour toujours tous les gens qui comptent pour nous. 

 
            Je m'approchais de l'arbre pour toucher ces mots. Les larmes montèrent instantanément à mes yeux. Jordan s'approcha de moi, et posa une main compatissante sur mon épaule. J'y reposai ma tête.  

_J'aurai aimé la connaître, ajoutai-je.

             Nous sommes restés là quelques temps, à nous recueillir. J'étais très touchée par le choix de Jordan. Je pouvais sentir tout ce qui se dégageait de cette maison.
            Je n'étais pas au bout de mes émotions...


             Ce soir, c'était le 4 juillet, et la nuit promettait d'être encore plus longue que d'habitude.
            Nathan et Haley, probablement les gens les plus gentils du monde, nous ont aidé à préparer les quelques tartes que nous avions promis de faire pour l'occasion, au comité d'organisation de la ville. Lucas, Brooke, et même Jordan se sont joints à nous, et la corvée a pris une allure nettement plus conviviale.
 
Musique


             La ville avait organisé un barbecue géant, avec feu d'artifice à 23 heures et une espèce de bal. Rien de très glamour, en somme. Ce qui n'empêcha pas la soirée d'être agréable. Au début. Nathan et Lucas furent accueillis comme des héros, derniers vestiges du glorieux passé des Ravens. Ils ont eu le droit de faire un discours, et même de se servir en premier. Ils étaient si gênés que j'ai cru qu'ils allaient garder ce beau rose aux joues toute leur vie. Pour ma part, j'ai passé la soirée aux côtés de Brooke et Jordan. Nos relations s'étant nettement améliorée (je n'avais plus envie de lui faire manger son ballon de basket et son arrogance), plus une méchanceté, plus de soupirs d'exaspération, mais plutôt de l'amitié.  

_Excuse moi de revenir là-dessus, mais j'ai pensé que cette soirée serait l'occasion idéale pour toi d'oublier ta déception, lui proposai-je dans un sourire chaleureux.

             Il me regarda avec attention, il avait l'air incroyablement ravi de ma suggestion.  

_Je n'osai pas aborder le sujet, répondit-il.
_J'ai remarqué, dis-je en me penchant à son oreille, que la demoiselle en bout de table te dévisageait avec "gourmandise". 

           
Il parut étonné. Il regarda à sa droite, et, effectivement, une belle brune le fixait, en papillonnant des cils (comme une gourde, pour être honnête). Il me regarda une dernière fois, il était bizarre. Il me demanda si j'étais sûre, et une fois que je lui eus confirmé ma confiance, il s'approcha d'elle, les mains dans les poches. Mais mon calcul n'était pas spécialement judicieux. Je m'en suit vite rendue compte. Elle était encore plus cruche que les 3 groupies de la plage et je me retrouvais toute seule, tout le monde étant occupé à danser ou à s'embrasser. J'ai donc observé la scène depuis ma chaise.
             Il lui a d'abord murmuré quelque chose, en plaçant son visage tout près du sien. Elle a baissé la tête en souriant, gênée, puis il s'est assit à côté d'elle. Elle a posé son menton sur son poing et ils ont entamé une discussion. Ils riaient en cœur, elle lui poussait l'épaule, ils flirtaient avec aisance, une fois qu'elle a bien agité ses cheveux et rit à gorge déployée (pathétique), il a placé une mèche de ses cheveux derrière son oreille (c'est d'un banal affligeant...) et s'est levé, en lui tendant sa main pour qu'ils aillent danser. Ils se sont rendus sur la piste, et il a posé ses mains sur ses hanches, elle autour de son cou. 

            Le Maire a interrompu la musique pour signaler à l'assemblée que le feu d'artifice allait être tiré en mer. Toute la foule s'est déplacée vers la plage. Je les ai perdu de vue. J'avais pris un peu de retard à essayer de les retrouver au milieu de tous ces gens. J'étais complètement perdue, sur une plage que je connais par cœur, au milieu de gens qui me sont pourtant familiers. Après avoir raté une bonne partie de la première vague de fusées bleues, rouges, et blanches, j'ai enfin mis la main sur eux. Enfin, "mis la main" ne convient pas tout à fait. Je suis restée en retrait et ai observé leur parade nuptiale.
             Il avait prit sa main et il lui murmurait je ne sais quel lieu commun à propos de la magie d'un feu d'artifice. J'ai levé les yeux au ciel, et ai pu admirer la beauté du spectacle. Mais ma curiosité me fit leur lancer un dernier regard, histoire de voir où ils en étaient. Elle avait toujours le nez en l'air, et il était en face d'elle. Il a posé ses mains sur ses hanches et a baissé sa tête en attrapant son menton. Là il lui a encore dit quelque chose qui lui a fait baissé furtivement la tête. Puis il m'a regardée. En voyant que je le regardais aussi, il m'a fait un clin d'œil, puis a embrassé sa gourdasse brune sous le bouquet final. Je suis restée là, à les regarder bêtement. Quand ils eurent terminé, j'ai vite détourné le regard. Tout le monde applaudissait la féerie concoctée par les artificiers. La débauche de couleur créées de toute pièce m'écoeurait. Tout le monde était sous le charme, moi je trouvais ça ridicule, je ne comprenais pas ce qu'il y avait de romantique là-dedans. Une coucher de soleil c'est romantique. Un lever de soleil aussi. La neige qui tombe c'est romantique. Un feu d'artifice après une banquet trop riche, c'est juste naze. Je suis rentrée chez moi me coucher, épuisée par cette trop longue journée.

            Je me suis démaquillée, ai pris une douche et me suis couchée. Mais j'ai eu du mal à m'endormir. Quand je les ai entendu rentrer deux heures plus tard, j'ai fait semblant. Mais Jordan est entré dans ma chambre en douce et m'a "réveillée".
            J'ai ouvert les yeux difficilement (ouh! la menteuse!). Il s'est assis sur le bord du lit. 

_Merci pour le tuyau Laura, chuchota-t-il. C'est exactement le genre de fille qu'il me fallait pour l'été. Pas trop compliquée, tu vois!
_Ravie de t'avoir aidé. Excuse moi mais je suis vraiment très fatiguée.
_Oh oui, désolé. Merci encore. A demain. 

           
Il est sorti de ma chambre à pas de loup. J'ai attrapé mon oreiller et ai essayé de m'étouffer avec. J'ai été tellement stupide sur ce coup que je me serais flinguée.
 
                        Le lendemain, au petit déjeuner, je faisais vraiment tache, tout le monde rayonnait de bonheur (une vraie publicité pour l'ami du petit déjeuner), sauf moi. Mon père avait dressé la table dans le jardin, nous étions 8 à nous passer jus de fruit et biscottes avec allégresse.
             Nathan se lança, entre deux gorgées de café. 

_N'aurai-je pas entrevu mon fils avec une charmante brune hier soir?

 
            Jordan baissa la tête et afficha un sourire en coin. 

_On ne résiste pas à mon charme. Encore moins si je pose un feu d'artifice en fond d'écran. Ca ne vaut pas un coucher de soleil, mais c'est efficace,
dit-il en me regardant furtivement.
_Et toi, ma belle, pourquoi ne t'avons-nous pas vue aux bras d'un gentleman, me demanda Brooke?
_Parce que j'ai déjà un gentleman à disposition, répondis-je.
_Il n'y a qu'un tout petit océan entre vous, se sentit obligé d'ajouter Jordan.

 
            Je me suis contentée de me resservir du jus d'orange.
              Je suis allée aider ma mère au café, comme d'habitude. A ma grande surprise, une fois sur place, je suis tombée nez à nez avec la gourdasse de la veille. Elle attendais, sur une des banquettes, en fixant la porte et en faisant bouger ses jambes croisées (choix discutable lorsque l'on porte une minijupe, à mon avis).
             Je l'ai ignorée et ai enfilé mon tablier Karen's Café. Mais c'est vers elle que ma mère m'envoya en premier. 

_Vous avez fait votre choix, demandai-je dans un sourire forcé?
_Non, j'attends quelqu'un.
 
             Elle me dévisagea. 

_Je t'ai déjà vu, toi...
(Longue pause. effort surhumain pour connecter ses neurones.) Tu étais avec Jordan, hier, au feu d'artifice.

_Oui, peut-être, je n'ai pas fait attention,
mentis-je.
_Tu le connais bien, toi?

 
            Oh, non! Je ne veux pas devenir son "assistance technique Jordan". A moins qu'elle ne me paye $0,30 la minute... 

_Oui et non. Il est en vacances chez moi.

 
            Elle prit un air grave, et posa sa main sur mon bras, comme si elle allait m'annoncer une terrible nouvelle.          

_Tu crois qu'il va aimer ma chemise?
_Euh... je suis sûre qu'il va adorer. C'est très... (Décolleté, décolleté, décolleté!) Très coloré! Je suis persuadée qu'il va aimer.
 
             Je fis mine de tendre l'oreille. 

_Oui, maman, j'arrive!
Criai-je dans le vide. Désolée, j'ai du travail. Mais vraiment très joli chemisier, dis-je tout en m'éloignant.

             Quinze minutes plus tard, Jordan entrait dans le café et nous saluait ma mère et moi, avant de rejoindre sa conquête écervelée. Ils commandèrent de quoi apaiser leur soif, mais visiblement, malgré la tonne de glaçons que j'avais prit soin de leur ajouter, la demoiselle était en chaleur... à en juger par le nouveau bouton de son chemisier qui s'était ouvert comme par magie. Elle lui murmura quelque chose à l'oreille et il secoua la tête, il avait l'air d'acquiescer. Il mit de l'argent sur la table et elle se leva, le prit par la main, il se leva à son tour, et il la suivit. Ils sortirent du café, sans regarder personne.
            De derrière le comptoir, je pouvais les voir traverser la rue et monter à bord de la voiture de mademoiselle. Ils démarrèrent et je ne revis plus Jordan jusqu'au soir...

             Il rentra vers 18 heures. Il avait donc passé tout l'après-midi avec elle. Nathan et Lucas jouaient au basket devant la sortie de garage. Jordan fila dans sa chambre enfiler un vieux short et un t-shirt pour les rejoindre. Je me mis donc à la recherche de Brooke, mes parents n'étant pas rentrés. Je déambulais dans la maison. 

_Brooke? Appelai-je.
_Je suis dans la salle de bain, me répondit-elle.

             Je marchai donc jusqu'à la salle de bain et toquai à la porte.  

_Je peux entrer?

             J'entendis quelques reniflements et la poubelle en métal se refermer. Après ces quelques micro-secondes, elle m'ouvrit la porte, elle était avec Haley. Ses yeux étaient injectés de sang. Elle renifla encore un coup. 

_Ca va, Brooke?
_Oui, ça va très bien...
_On dirait pas tu sais!

             J'ai fermé la porte derrière moi et on a discuté quelques minutes. Mais quelqu'un vint interrompre notre conversation en frappant à la porte.  

_Il faudrait que je me douche avant qu'on passe à table et on est 3 à attendre sur la salle de bain les filles, lança Nathan de derrière la porte. Qu'est-ce que vous faites à 3 là-dedans? Ce ne sont pas les toilettes où vous êtes censées aller à plusieurs? 

           
Haley lui a ouvert et nous sommes sorties. Lucas et Jordan étaient également devant la porte. Nos deux couples ont échangé de petits baisers au passage. Jordan et moi nous sommes contentés d'un regard en coin. Puis Nathan est allé se laver, et Haley et Brooke m'on fait signe de les suivre. Nous avons été finir notre conversation sur la balancelle.
             Quelques instants plus tard, les garçons, fraîchement douchés, nous ont rejoints, suivi peu de temps après par mes parents, qui rentraient.

WoodyA  (13.05.2007 à 23:08)
             Nous avons tous dîné, et, vers 22 heures, je me décidai à re-re-re-re-vérifier mes e-mails. Peut-être qu'Henry ne m'aurait pas oublié pour toujours dans son lointain pays. 

            Salut ma belle,
            Je suis désolé de ne pas te donner de nouvelles, mais la villa n'est pas équipée d'Internet. On doit aller au cybercafé, et il n'est pas à côté, je t'assure. Mais tu me connais, je suis vaillant, et pour toi je traverserais le désert. ;-)
 
            Il fait un temps magnifique, on passe des journées entières à lézarder sur la plage, au soleil...
 
           

Musique


              Alors que je me concentrai sur mon courrier, une merveilleuse mélodie parvint à mes oreilles. Je me levai et me rendit au salon. Là, pour vous resituer la scène, je suis tombée devant un mur de dos. Lucas et Brooke enlacés, maman posant sa tête sur l'épaule de papa, Nathan et Haley main dans la main. Vous aurez compris que seul Jordan manquait à l'appel. Je me suis approchée, et ai pu constater que c'était bien lui qui était assis au vieux piano, qui n'avait pas servit depuis des années. Je me suis adossée au mur, un peu en retrait, j'ai fait comme les autres. Je me suis tue et j'ai écouté, avec attention, les notes qui naissaient du piano, grâce à ses mains. Il effleurait les touches, avec douceur, mais avec une telle confiance.
 
            J'étais là à écouter, et mon esprit s'est quelque peu égaré. Je me sentais comme sur un nuage. Je ne sais pas si c'était Chopin, le fait que tout le monde soit là, à s'aimer, ou qu'Henry m'ait envoyé ce mail, mais je me sentais étrangement bien. Sereine. A vrai dire, je ne saurais pas décrire comment je me sentais. C'était quelque chose d'inédit, bizarre, excitant. Comme dirait Brigitte Bardot, je manque d'adjectifs. La musique me berçait... je partais...j'étais juste... bien.

            Mais je me suis souvenue que j'avais un e-mail sur le feu, suis sortie de mon doux cocon musical, et je les ai laissés à leur concert privé. Je me suis replacée à mon poste.
 
             ...mais je te rassure, tu me manque, et même si je ne te donne pas énormément de nouvelles, je pense tous les jours à toi. J'espère que tu ne t'ennuies pas trop à TH toute seule. Rachel t'embrasserait bien mais elle est trop occupée avec un  certain Andrea, qu'elle a rencontré à la plage. Enfin bref, elle te racontera ça elle-même.
            Je t'aime! 
             P.S: J-40.

 
            Enfin, je recevais un peu d'attention, un peu de je t'aime. Je me suis levée satisfaite. C'était un gentil petit e-mail. La Nocturne de Chopin envahissait toujours la maison. C'était comme une présence. Je me suis sentie emportée par la beauté de la musique, et j'ai sorti mon chevalet, une toile un peu poussiéreuse et mon matériel de peinture, qui étaient restés depuis plusieurs mois dans mon placard, pour être honnête, depuis que je me suis mise avec Henry, après la rentrée. Je me suis installée devant la porte de ma chambre, qui donnait sur l'extérieur, cette même porte que Lucas avait peinte en noir il y a 18 ans. Je l'avais laissée ouverte, ainsi, la musique me parvenait, atténuée, après avoir traversée la maison toute entière, elle arrivait à mes oreilles, comme épuisée par sa course, pour venir mourir paisiblement dans la douceur de cette nuit de juillet.
 
            Je traçais de douces et fluides lignes sur la toile. Je les superposais, couleur après couleur, sans rincer mon pinceau entre chaque changement, pour qu'elles se mélangent au hasard, je ne savais pas où j'allais. Le mouvement de ma main était souple, aérien. Ces lignes, au nombre de 9, étaient à peu près centrées sur le tableau. Il manquait quelque chose... Je suis retournée dans ma chambre prendre mon fusain, et j'ai dessiné un piano. Par-dessus les lignes. Pas un piano à queue de grand spectacle, mais un piano tout simple, comme celui de mon salon, plein d'imperfections et dans lequel on ne se voit pas. Un piano que seul un grand musicien peut mettre en valeur.
 
            Quand j'ai eut fini, il était minuit passé. Je me suis rendue compte qu'il se faisait tard aux frissons qui me parcouraient à cause du froid. La mélodie ne quittait pas mon esprit, même si elle était terminée depuis des heures. J'ai rentré mes affaires, je me suis démaquillé et me suis mise en pyjama. J'ai doucement tiré le drap de mon lit pour m'y glisser, épuisée. A l'instant où j'ai fermé les yeux, la musique s'est effacée dans un decrescendo réconfortant, qui m'a lentement accompagné dans mon sommeil. Je ne savais toujours pas ce qui c'était passé en moi ce soir, mais c'était magique.
                           
            Le lendemain, après une journée tout à fait banale, je retrouvai Jordan au River Court. Dès qu'il me vit, il m'envoya le ballon. 

_Re-bonjour l'entremetteuse,
me dit-il.
_Salut Ludwig!
_Très drôle.

 
            J'étais devant lui, nous étions en plein milieu du terrain. 

_Tu m'avais caché que tu étais un virtuose!
_Ca ne colle pas vraiment avec l'image du sportif de haut niveau. 

           
Je m'éloignai pour aller m'asseoir sur la table de pique-nique. Il me suivit et s'assit à ma droite. Il avait son ballon dans les mains, il le faisait tourner entre ses index. 

_J'ai trouvé ça magnifique.
_Merci. Mais ce sont mes parents qui m'ont forcé à jouer, je n'aime pas jouer devant du monde. C'est pas comme le basket, c'est plus personnel, donc ne t'attend pas à me réentendre jouer de sitôt!
_Je comprends. C'est difficile de laisser des gens que l'on connaît peu voir cette partie de nous.
_Tu joue aussi?
_Ouhla! Non, du tout! Le piano avait été acheté pour moi, à la base, mais j'étais trop mauvaise. En fait, je détestais la rigueur du solfège, trop discipliné pour moi! Je peux à la rigueur de jouer "do, ré, mi, la perdrix" à une main!

 
            Il rit. Il allait me dire quelque chose quand son téléphone se mit à sonner. Il regarda, c'était une certaine Ashley. Il s'excusa et s'éloigna pour répondre. Je ne pouvais entendre que quelques bribes de ce qu'il disait, jusqu'à ce qu'il se mette à parler fort, énervé.  

_Peu importe! Je suis passé à autre chose! [...] Non, j'ai rencontré une fille géniale. Elle ne se contente pas d'être belle, ELLE! [...] C'est ça, oui! Mais peut-être qu'elle au moins n'utilise pas un tube de gloss par jour! [...] Tu me gaves! Je raccroche.

 
            Et en effet, il raccrocha. Quand il revint, la colère se lisait sur son visage.
 
 _Ton ex?
_Oui. Elle a le don de me mettre les nerfs en pelote cette espèce de dinde mal fourrée. 

           
Je réprimai un rire.  

_C'est pas drôle. J'ai dû lui mentir, et lui dire que Fiona était intelligente,
dit-il en passant sa main sur son visage. Et je t'assure que c'est loin de la vérité.
_Fiona c'est la fille...
_...du feu d'artifice. Elle est gentille, mais comme on dit, la lumière est allumée mais y'a personne à l'intérieur.
 
             C'en était trop, j'éclatai de rire. Il me regarda et posa ses mains sur ses hanches. Comme je voyais qu'il n'appréciait pas trop que je me moque, je me retenais de rire de plus belle. Mais je n'y arrivais pas. Manifestement, mon rire était contagieux. Jordan baissa la tête et se mit à rire avec moi.  

_Tu as le chic pour choisir des prix Nobel à ce que je vois,
me moquai-je.
_Je sais, c'est une catastrophe, mais toutes les filles un peu attirante n'ont rien dans le crâne, je n'y peux rien moi!
_C'est sympa pour moi! Je fais partie de la catégorie "belle mais stupide" ou "brillante et moche"?
_Mais non Laura! Toi tu sais très bien que tu es l'exception qui confirme la règle!
_Je préfère ça! 

           
Il m'attrapa par les épaules avec son bras gauche pour me rapprocher de lui et m'embrassa sur la tête, avant de me faire un "shampooing". Je me défis de lui. Nous étions toujours dans notre fou rire, à chahuter, en plein soleil, quand j'aperçus plus loin Nathan et Lucas, qui nous regardaient. Nous les rejoignîmes.
 
 _Eh! Frangin!
_Eh! Frangine!
_Qu'est-ce que vous faites là? Demandai-je.
_Nathan avait envie de revoir cet endroit. On va commencer notre petit pèlerinage dans Tree Hill tout doucement. Et vous, que faites-vous là?
_C'est ici qu'on se retrouve les après-midi. Jordan s'entraîne pendant que je bosse et ensuite on s'occupe.
_Je vois ça, oui, lança Nathan, un sourire aux lèvres.
_Là on a prévu d'aller à la plage, dit Jordan, comme pour changer de sujet. On y va? Me demanda-t-il.
_Je te suis.

 
            Nous partions quand Nathan cria dans notre dos. 

_A trop se chercher on finit par se trouver!

 
            Jordan me regarda, je fis de même. Il eut un rictus étrange et nous continuâmes notre chemin, en ignorant la remarque de son père.
              Arrivés à la plage, après s'être échangé banalité sur banalité sur le chemin, nous nous sommes mis en maillot de bain. Je me suis innocemment allongée sur ma serviette, et j'ai fermé les yeux à cause du soleil. Après un petit moment de silence, j'ai pu l'entendre fouiller dans ses affaires à ma gauche. J'ai distingué le son du clapet de son téléphone qui s'ouvre, puis des bruits de pas dans le sable. J'ai ouvert un œil, et, gênée par le soleil, j'ai fait une visière avec ma main. Autant dire que ce n'est pas l'idéal quand on veut observer discrètement quelqu'un. Fort heureusement, il me tournait le dos. Mais ce ne fut que de courte durée. Il parlait depuis quelques secondes à peine qu'il s'est retourné vers moi, il avait l'air ennuyé. Dès qu'il a constaté que je le fixais (bien malgré moi, je vous le jure votre honneur!), il s'est retourné et a continué sa conversation. Lorsqu'il est revenu vers moi, il m'annonça, presque grave: 

_Fiona nous rejoint dans quelques minutes. Ca ne te dérange pas?
_Non, pas du tout, elle a l'air très sympathique, mentis-je.

             Et effectivement, elle nous a rejoint, sourire béat, comme touchée par la grâce, en sautillant d'excitation à l'idée de retrouver son apollon au rabais. Certes, il était beau garçon, sportif émérite, virtuose et très gentil, ça n'en fait pas pour autant l'homme idéal.
             Comment résumer cet après-midi? Je dirai simplement que j'ai pas mal tenu la chandelle, et essayé avec toute la bonne volonté que l'on me connaît, de lui faire un semblant de conversation, pendant que Jordan était dans l'eau à barboter tout seul.   

_Alors, Fiona, tu es lycéenne?
_Non, plus maintenant. Je vais entrer à la rentrée à la faculté de Tree hill.

 
            Dieu merci, THU n'est pas ma priorité. 

_Je vais étudier la psychologie,
me dit-elle fièrement. Si j'avais su que j'allais rencontrer Jordan, je me serais inscrite à Columbia ou Duke, pour le suivre. Peut-être l'année prochaine.

 
            Cette fille, qui connaissait Jordan depuis 72 heures, se projetait déjà dans le futur. Croyant faire preuve d'humour, j'entrai dans son jeu. Elle n'a pas tout compris je crois... 

_Et les enfants dans tout ça? Tu ne crois pas que tu devrais d'abord faire des enfants et ensuite reprendre tes études?
Plaisantai-je.
_Je n'y avait pas pensé. 

           
Ses yeux reflétaient toute son angoisse. Elle cherchait désespérément une solution à son nouveau problème. 

_Comment on va faire?

 
            J'étais bouche bée. Cette nana venait vraiment d'une autre planète. Je pense que c'est tout à fait le genre de fille à qui l'on peut confier un rubicube et être certain de ne plus l'entendre pendant les 25 prochaines années (notre à moi-même, investir dans un rubicube). Jordan revint pour me sauver d'E.T. Il se sécha et s'assit à côté d'elle. Il remarqua tout de suite son regard plus vide qu'à l'accoutumée.  

_Ca ne va pas Fiona?
Lui demanda-t-il.
_Il faudrait qu'on discute ce soir, Jordan. C'est très important.
_Tu me fais peur ma belle.
_Je vais y aller. Je t'appelle après pour qu'on se voie, c'est très important.             Elle ramassa d'une main à la fois son sac et son drap de bain et nous planta là. 
_Qu'est-ce qu'il lui prend? M'interrogea-t-il.
_Je ne sais pas, on plaisantait et elle est devenue toute chose d'un coup.
_Vous plaisantiez sur quoi?
_Je la taquinai sur ... (pour ma propre sécurité, je garderai le silence) sur la fac ... enfin je n'ai rien compris.
_Moi non plus. Dit-il en haussant les épaules. Peu importe, profitons de cette merveilleuse journée.
 
             Il s'allongea sur le dos et ferma les yeux pour se faire réchauffer par le soleil. Il affichait un sourire charmant. Je ne m'en rendais pas compte, mais j'étais toujours allongée sur le côté, vers lui. JE ne m'en rendais pas compte. Lui si. 

Musique
 

_Tu me mates, Scott?
S'amusa-t-il, les yeux toujours clos. 

           
Je me suis retournée aussi sec, en bredouillant quelque chose à propos d'un cerf-volant derrière lui. Il n'a même pas pris la peine d'ouvrir les yeux il s'est contenté de rire. Je ne savais pas ce qu'il pensait et je détestais ça. J'ai mis un peu de musique sur mon iPod et j'ai fait comme si de rien n'était. Après quelques minutes des Buggles, je me suis dit que la chaleur devenait étouffante. D'ailleurs, je le remarquai très bien au torse de Jordan. La sueur se frayait un chemin entre ses muscles finement dessinés (... A l'eau, TOUT DE SUITE).
 
              Calmée, voire complètement ressaisie, je me dirigeai vers Jordan, à moitié endormi en train de se brûler la peau. Il avait l'air d'être trop bien. Je me devais de perturber ce parfait équilibre. Je me posai devant lui, jambes écartées, pour ne pas tomber à la renverse, je lui masquai le soleil qui déclinait peu à peu. Il ouvrit les yeux, à la perte de ses UVA si précieux et put admirer ma stature. Il me fixait, attendant que je lui explique pourquoi j'étais plantée là. Un sourire aguicheur aux lèvres, je me mise à califourchon sur lui. Il était presque pétrifié, ne comprenant pas mon geste, ça ne me ressemblait pas. J'ai même cru sentir un petit frisson le parcourir. Tout devint clair lorsque j'ai essoré mes cheveux sur son torse, qu'il avait par ailleurs si soigneusement laissé séché au soleil. L'eau était très, très fraîche. Surpris, il me renversa sur le sable à côté. Nous avons ensuite chahuté jusqu'à nous poursuivre dans l'eau. Chacun cherchait à couler l'autre, mais 15 ans de basket l'avaient rendu définitivement plus costaud que moi. Il remporta cette bataille. Je n'ai pas perdu la guerre!

            Nous étions toujours à l'eau quand il aperçut un chien fouiller dans son sac, il devait certainement être attiré par les gâteaux que Jordan avait toujours dans son sac. En s'en rendant compte, Jordan bondit hors de l'eau pour éloigner l'animal. Mais la veille, Jordan avait renversé du soda sur son téléphone, ce que ne manqua pas de relever le labrador. Il s'enfuit en courant avec le téléphone dans la gueule, et le pauvre dût lui courir après pour récupérer son bien. Il fallait voir ça! Il l'a poursuivit sur toute la plage, en sautant par-dessus les gens, en se faisant narguer. Mais au final, le chien lui a "rendu" son téléphone, et s'est roulé par terre pour recevoir un câlin. Jordan ne put résister, et moi non plus. Je les ai rejoint et nous avons un peu joué avec lui. Jusqu'à ce que son maître vienne le récupérer. Dès qu'il l'a vu, le chien a filé sans même nous regarder, pour retrouver son patron de 10 ans à peine. De notre côté, nous étions essoufflés, allongés comme deux loques dans le sable. 

_C'est une journée super! Je suis pressée d'être à ce soir!
Dis-je.
_Pourquoi ce soir?

 
            La boulette!  

_Pour rien. Tu verras!
  Me contentai-je de répondre.
_Dis moi!
_NON! J'ai promis à Brooke de ne rien dire.

 
            Je mis ma main sur ma bouche, j'en avais rajouté une couche.  

_Allez! Dis moi, elle a quoi Brooke?!

_Rien du tout!
Bafouillai-je en me relevant et en époussetant le sable dans mon dos comme je pouvais. Viens, on va finir par se faire piquer nos affaires par des êtres humains. 

           
Il me suivit, en marchant derrière moi. Quand soudain, je sentis ses bras me soulever et me porter comme un sac à patates. Je me débattais, ivre de rire. 

_Arrête, pose moi!!!!!
_Pas tant que tu ne m'auras pas raconté, me nargua-t-il.

             Ce petit jeu dura quelques minutes, avant que je ne cède mon secret à l'abri des oreilles indiscrètes. 
            Nous avons profité encore un peu de la plage et sommes rentrés, nous réjouissant de la perspective qu'allaient prendre les évènements. Il faisait doux, nos cheveux sentaient le sable, le sel et l'huile solaire. Nous étions épuisés par cette journée pleine de fous rires.
             Le téléphone de Jordan sonna, c'était Fiona.  

_Oui ma belle? [...] Ecoutes, ce soir ça va être compliqué, la mère de Laura a prévu un repas un peu familial, tu vois. [...] Je te rappelle dans la soirée et on s'organise pour demain [...] Oui, je t'embrasse aussi [...] Oui, oui, si tu veux, c'est moi qui raccroche.
 

           
            Il raccrocha, presque exaspéré. 

_Elle vient de me faire le coup du "non, c'est toi qui raccroches"... qu'est-ce que je peux détester ça!

 
            Je ris aux éclats. Cette Fiona méritait de se faire inviter un mercredi soir pour parler d'elle-même autour d'un dîner.
 

             Quand nous sommes tous passés à table, je pouvais lire dans le regard de Brooke toute son anxiété. Elle, Haley et moi nous lancions des regards tantôt compatissants, tantôt complices. Jordan faisait semblant de ne rien savoir. Personne ne se doutait de rien. Mais il ne se passa rien. Brooke se dégonfla. A la fin du repas, elle se leva, aida à ranger et quitta la maison, mystérieuse. Je décidai de la suivre, poussée par ma curiosité maladive. Je marchai donc beaucoup plus loin derrière elle quand je sentis qu'on me suivait. D’abord paniquée, j’accélérai le pas, mais avec modération, Brooke était toujours devant moi. Dans un élan de courage, je tournai la tête. C’était Jordan. Je le laissai arriver à ma hauteur.  

_Tu suis Brooke ou je rêve ?
Me demanda-t-il.
_Je ne la comprend pas. D’abord elle garde le silence et ensuite elle part en virée nocturne toute seule.
_Le chemin ne te dit rien ?

 
            En effet. J’étais tellement concentrée sur « pourquoi Brooke file en cachette ? », que je n’ai même pas pris la peine de regarder autour de moi. Nous arrivions à proximité de la maison de briques rouges. Brooke s’assit sur les marches, devant la porte. Elle baissa la tête, puis partit dans un long sanglot.
             Jordan et moi nous sommes cachés, mais je crois qu’elle ne nous aurait pas remarqué de toute façon. Elle pleurait toujours, mais je crus percevoir quelques paroles. Nous nous fîmes attentifs. Ai-je déjà entendu quelque chose d’aussi poignant ? 

Musique 
 

_...je suis tellement désolée. J’ai culpabilisé, toutes ces années, vraiment. Je ne peux plus, maintenant. Pendant 15 ans j’ai vécu dans la retenue, mais aujourd’hui ce n’est plus possible. J’aime Lucas plus que moi-même, et je sais à quel point il t’aime. Mais je suis aussi sa vie. Et je sais qu’il ne lui manque plus que ça pour être heureux. Je te jure que j’ai tout fait pour ne pas avoir d’enfants, avant, j’avais peur qu’un enfant qui ne soit pas de toi ne soit pas assez bien pour lui, et j’avais peur de cette ombre qui planerait autour de nous 3. Mais c’est peut-être ma dernière chance d’en avoir un. J’ai 35 ans, je ne peux plus me permettre de remettre ce genre de choses à demain. Je sais que tu comprends, et je suis sûre que tu veilleras sur ce bébé de là où tu es. Lucas rêve tellement de cet enfant, même s’il ne m’en parle plus, qu’il fait semblant de s’être résigné, je sais que la naissance de son fils le comblerait. Si tu le voyais, il a réussi à surmonter sa peine, il se sent toujours un peu coupable, je crois. Si tu savais le vide que tu as laissé en partant, Peyton… Je donnerai tout ce que j’ai pour t’entendre me féliciter et me supplier d’être la marraine, me dire que tu vas organiser la plus gigantesque des fêtes pour son arrivée. Ce bébé, notre bébé…
 

           
Elle n’avait pas remarqué Lucas, qui l’écoutait depuis un moment. Il la rejoignit sur les marches, elle s’interrompit. 

_Un bébé ?
Sourit-il. Tu attends un bébé ?

 
            Elle essuya ses yeux et acquiesça. Ils s’enlacèrent, puis Lucas la porta et la fit tournoyer devant la maison abandonnée. Il la reposa et leva les yeux au ciel, comme s’il souriait aux étoiles. Brooke attrapa son visage pour qu’il la regarde. 

_Elle veillera bien sur lui, je le lui ai demandé.
Dit-elle.
_Je sais qu’elle le fera. Elle a déjà merveilleusement bien veillé sur toi…elle écoute toutes nos prières. 

 
            Ils s’embrassèrent et rentrèrent à la maison en se tenant par la taille. Ils avaient l’air si heureux.
             Nous étions toujours en retrait, j’étais totalement chamboulée par cette scène. Cette fidélité qu’ils s’étaient voués tous les trois, cette fusion, me rassurait, me submergeait. Ce lien me paraissait surréaliste, pourtant j’avais envie d’y croire. Je pouvais presque sentir la présence de cette fille. C’était une présence bienveillant, apaisante. Jordan me sortit de mes pensées en passant sa main sur mon bras.  

_Tu pleures ?
M’interrogea-t-il.
_Non, non, mentis-je en passant ma main sur mes yeux.
_On va rentrer, viens. 

 
            Il se leva et me tendit la main pour m’aider à me relever. Je la saisis. J’étais complètement vidée. Il passa son bras autour de mes épaules et nous partîmes. Il s’arrêta à mi-chemin. 

_Laura…
_Oui ?
_Je vais te dire un truc que tu vas trouver bizarre...Vraiment. Mais tant pis... Tu es la personne la plus touchante et la plus sincère que je n’ai jamais vue. Si tu savais tout ce que tu dégages. 

 
            Je ne trouvais rien à répondre. 

_Le simple fait d’être avec toi, des fois, c’est comme vivre quelque chose d’émotionnellement extraordinaire. Je voulais juste te le dire. _Merci, dis-je en souriant.

             Nous sommes repartis. Il commençait à faire vraiment froid, aussi plaça-t-il son blouson sur mes épaules. Il en profita pour prendre ma main. Sans un mot.
            Arrivés à la maison, Brooke et Lucas nous attendaient sur la balancelle.  

_Où étiez-vous ?
demanda Brooke.

             Elle semblait si sereine tout à coup. 

_On a été se balader un peu,
répondit Jordan, en me lâchant.
_Tout le monde est déjà couché, je pense qu’on va en faire autant, mais je voulais vous attendre, je m’inquiétais. Dit Lucas.

             Nous sommes ensuite tous allé nous coucher. Autant ne pas vous cacher que je ne trouvais pas le sommeil. Il était deux heures du matin, et j’étais allongée sur mon lit, les yeux grands ouverts. Je pensais à Jordan. A qui d’autre ? Je savais très bien que quelque chose naissait en moi. J’avais beau tourner et retourner le problème dans ma tête, je restais interdite. Je repensai à notre premier contact sincère, à cette nuit étrange, mais tellement belle.             Je me suis levée et je suis sortie de ma chambre. Je me dirigeai vers la cuisine, en inspirant un grand coup. Mais dès que fut venu le moment d’expirer, c’est toute ma confiance que je soufflais.
 
            J'allai retourner dans ma chambre. Je n'étais pas vraiment sûre de ce que je faisais. Je me disais que peut-être, par un concours de circonstances incroyables, il serait dans la cuisine, et qu'on aurait pu revivre un moment comme ce lever de soleil. Mais en y réfléchissant, c'était particulièrement stupide comme raisonnement.  Même s'il était dans la cuisine, il y serait certainement pour boire  un banal verre d'eau, pas pour me rencontrer comme par hasard et vivre avec moi une passion dévorante. Il a eu l'occasion de rencontrer cette fille au feu d'artifice et, la magie du moment aidant, je ne vois pas comment on peut comparer une rencontre sous une explosion de couleurs à un dialogue dans le noir avec une adolescente ni coiffée, ni maquillée.
 
            J'en étais donc à faire demi-tour, quand j'entendis derrière mon dos quelqu'un pénétrer dans le salon. 

_Tu sais que ça fait une semaine que je me lève tous les soirs en espérant que tu aies la même idée que moi?

             Je me retournai, surprise. Il se tenait en face de moi, son sourire ravageur aux lèvres, essayant de ne pas laisser transparaître son trouble. Mais je pouvais le ressentir jusque dans mes propres terminaisons nerveuses. J'étais parcourue des mêmes frissons, excitants et terrifiants à la fois, de la même angoisse, de la même incertitude face à ce qu'il allait se passer et ce que je devais faire. Il a avalé sa salive, et sa nervosité par la même occasion, et s'est approché. Je ne sais pas si vous avez déjà essayé de coller deux aimants, et constaté qu'un champ magnétique vous en empêchait. C'était un peu pareil à ce moment. Plus il avançait, plus je percevais une pression, une tension entre nous, je me disais qu'elle était tellement forte qu'il allait devoir s'arrêter. Je voyais bien qu'il la sentait aussi. Mais il n'arrêta pas sa course. En vérité, tout ce que je vous raconte là ne fut l'histoire que d'une seconde, même pas, mais elle était tellement chargée en émotions, si intense, qu'elle surpassa de loin des journées entières de ma vie. 

            Arrivé à mon niveau, il m'a regardé une fraction de seconde, à la recherche d'une manifestation de volonté contraire de ma part, avant de se jeter sur moi pour me donner le plus incroyable des baisers. Ses mains encadraient mon visage avec puissance, je subissais toute entière ce flot de décharges qui me parcourait, de la racine des cheveux à la pointe des pieds. Il retira ses mains de mon visage pour coller mon corps au sien. Ma main droite agrippait sa nuque avec force, tandis que la gauche restée posée sur son torse. Quand notre étreinte prit fin, nos yeux restèrent clos un très court instant, au cours duquel nous réalisions ce qu'il venait de se passer, le souffle haletant et les membres engourdis. 

 
Musique

_ Attends, j'essaie de trouver un truc romantique à dire... ajouta-t-il, presque assommé.
_Tu n'as qu'à me dire que ça marche aussi sans le coucher de soleil.
_Ca marche aussi sans le coucher de soleil.

             Ce sur quoi je l'ai embrassé de plus belle. Mais je me suis subitement arrêtée.  

_Quoi, qu'est-ce qu'il y a? me demanda-t-il essoufflé. Pourquoi tu t'arrêtes?
_Henry.
_Quoi, "Henry"?
_Je ne peux pas lui faire ça! Je l'aime.
_Excuse-moi. Je croyais que tu en avais envie tout autant que moi.
_Je t'assure que ce n'est pas l'envie qui me manque, mais plutôt l'immoralité qui me fait défaut.

 
            Comme nous étions toujours collés l'un à l'autre, il s'éloigna de moi.  

_Je vais être sincère avec toi, Laura. Je ne prétends pas remplacer Henry. Moi, ce que je veux, c'est vivre ça avec toi maintenant.
 
             Il se radoucit un peu, et continua avec sincérité. 

_Allez, je sais que c'est ce que tu veux aussi. On est l'un en face de l'autre toute la journée, et ça va durer encore plus d'un un mois. Et je sais également que chaque fois que tu me croiseras, tu repenseras à ce baiser qu'on vient de partager. J'étais là aussi et je peux te dire que ce qui est passé entre toi et moi pendant ces quelques secondes, ça veut tout dire.
_Quoi tout dire? On est deux ados de 17 ans travaillés par leurs hormones en plein mois de juillet, je ne vois pas ce que ça a d'inédit.
_Tu sais très bien qu'il y a autre chose entre nous.

 
            Il s'est retourné et est parti en silence rejoindre ses parents dans sa chambre. Je le regardai partir, debout au milieu de mon salon, en pyjama. J'ai fermé les yeux un bref instant, et c'est comme si je revivais notre incroyable baiser. Quand je les ai rouverts, il n'était pas beaucoup plus loin. Je me suis précipitée vers lui et l'ai retenu par son t-shirt. Il s'est retourné, étonné. J'ai approché lentement ma bouche de la sienne. 

_Au diable les convenances, murmurai-je. 

            Telle une Cécile de Volanges sous l'emprise de son Valmont, je le traînai jusqu'à ma chambre, où nous avons flirté à l'abris d'une quelconque irruption de qui que ce soit.

WoodyA  (13.05.2007 à 23:25)
CHAPITRE 3 :I can't quit you babe. 

 
                         Une main remonta mon dos.  

_Bonjour…

             Je me retournai. 

_Bien dormi ?

             Je souris. Le réveil affichait 5h24.

 _Je vais aller rejoindre mes parents dans leur chambre avant qu’ils ne se réveillent.

 
            Depuis une semaine, Jordan se faufilait dans ma chambre une fois que la maison était endormie, pour en repartir discrètement au petit matin. En tout bien tout honneur. Nous affichions toujours la même routine que les semaines précédentes, aux yeux de nos familles. Je travaillais, je le rejoignais et nous rentrions en début de soirée. Lucas et Brooke avaient annoncés la bonne nouvelle à tout le monde, et ma mère a pleuré de joie pendant des heures. Nathan a sauté sur Brooke pour lui demander s’il pouvait être le parrain. Haley était déjà au courant, et s’est contenté de chuchoter quelque chose à Lucas. Il a acquiescé et ils se sont enlacés. J’imagine que ça avait un lien avec cette fameuse nuit, avec Peyton.
             Mais ce matin, notre liaison secrète allait prendre un virage décisif. Jordan sortit donc de ma chambre sur la pointe des pieds, en caleçon, les cheveux ébouriffés et en souriant. Il tomba nez à nez avec son père, qui l’attendait, les bras croisés, en face de la porte, adossé au mur.  

_Pas trop fatigué ?
Lui demanda-t-il.
_Oh, euh… Papa ! Tu vas rire, je…

 
            Je collai mon oreille à la porte pour entendre l’excuse minable de Jordan : il serait somnambule. Je les entendis s’éloigner. Je remarquai que la maison n’était pas si bien insonorisée que ça… hum

            Je me suis recouchée, mon téléphone bipa. Un message.

             DE : Jordan A : 5h31 :A tout de suite… 

 
             Le lendemain matin, une fois de plus, le petit déjeuner familial se passa dehors. J’étais assise entre Nathan et Lucas, Jordan entre Nathan et Haley. On se faisait discrets avec Jordan. Mais ma mère a tendu la perche du siècle. 

_Laura ma chérie, est-ce que tu as montré à Jordan les recoins cachés de Tree Hill ?
 
             Nathan cracha son café sur Brooke, en face de lui, tout en essayant de s’empêcher de partir dans un fou rire. 

_Ca va chéri
 ? S’inquiéta Haley. 
_Oui, j’ai juste avalé de travers. Ca va…

 
            Jordan leva les yeux vers moi, j’étais rouge de honte, persuadée que le monde entier avait découvert le pot aux roses. Mais ma mère était déjà repartie sur son sujet favori du moment : le bébé de Brooke et Lucas.  

_Vous avez déjà pensé à des noms ?
S’enquit-elle.
_Karen, je crois qu’il est un peu tôt pour ça ! Répondit la future maman.
_C’est vrai maman, on ne connaît même pas le sexe du bébé.
_Parce que tu veux connaître le sexe, toi ? S’offusqua Brooke.
_Je ne sais pas, j’imagine, oui. Répondit Lucas.

 
            Le débat s’axa sur tout ce qui concernait la grossesse, chacun y allant de sa petite expérience. La conversation m’échappa rapidement, Jordan était plus ou moins dans mon champs de vision (ah ! les avantages d’une table ronde). Il n’était ni coiffé, ni rasé, il portait un t-shirt d’une banalité affligeante, et pourtant, je n’avais jamais vu une telle présence.
             Il me fixait également, un léger sourire aux lèvres, je baissais de temps en temps les yeux, prude. Nous nous cherchions du regard avec envie, un  jeu de cache-cache que la beauté du matin rendait romantique. Le jardin était d’un vert tendre, les grands arbres ombrageaient partiellement la table, tandis que le soleil matinal réchauffait l’autre partie. Les fleurs apportaient de très légères touches de blanc au milieu de l’herbe. Et moi, avec ma blouse virginale, je me serais presque prise pour une égérie de David Hamilton. La même apparente innocence, dont on sait qu’elle n’est qu’une façade. Et lui, il était juste beau comme une statue grecque. Une esthétique mêlant la force et la douceur. Nous étions deux paradoxes ambulants, mais nous seuls le savions. C’était notre secret. Peut-être plus pour longtemps, mais c’était agréable.
 
             Nous nous sommes retrouvés, l’après-midi, au river court. Après un long baiser, nous nous sommes dirigés vers la plage. Il avait son bras autour de mon épaule. 

_Quand est-ce que je pourrais t’entendre rejouer du piano,
l’interrogeai-je ?
_Un jour où on sera tout seuls tous les deux, je jouerai rien que pour toi, promis. Tu aimes Debussy ?
_Je ne m’y connaît pas du tout, tu sais. J’ai bien reconnu Chopin, la dernière fois, mais c’était un air connu…
_Tu sais que je n’ai jamais joué pour Ashley, ni aucune de des filles que j’ai fréquentées.
_Tu ferais ça pour moi ?
_Je sais que toi tu comprendrais. Je pense que je vois comment tu fonctionne, tu ne vas pas te contenter d’écouter les notes, tu vas être réceptive ce que je te donnerais. Enfin je sais pas, c’est comme ça que je le sens .

           
Suite à cette conversation, quelques jours plus tard, il tint sa promesse. Il s’était arrangé avec son père pour que les adultes fassent une sortie au restaurant, et avait prétexté une soirée avec d’autres jeunes pour nous dispenser de leur repas. Il s’est assis au piano et a joué. 

_Tu verras, tu vas vite reconnaître.

 Musique
 
             Encore plus que la dernière fois, je me laissais entièrement submergée par la musique. Lorsqu’il eut conclu son clair de lune, je ne pus m’empêcher de verser une discrète larme. Il vint s’asseoir à côté de moi. 

_J’ai l’impression que tu m’as vu nu là,
dit-il en riant, gêné.

 
             Je plongeai mes yeux dans les siens. Sans même réfléchir, je lui retirai ses vêtements, et ôtai les miens par la même occasion. Je l’allongeai sur le canapé, et me mit sur lui. 

_Je t’aurai vraiment vu nu comme ça.

 
            Il m’embrassa avec une tendresse qui m’était encore inconnue. Nous avons fait l’amour comme si le monde allait s’arrêter de tourner demain. Chaque seconde relevait de la magie. C’était comme s’il n’avait jamais connue que mon corps, et moi le siens. Le moindre centimètre carré de peau m’était familier. Tous nos gestes allaient de soi.
 
             Même s’il a bien fallut redescendre sur terre un jour. 

_Tu as bien conscience que je pars dans 1 mois ?
dit-il.

_Oui. Enfin non. Je le sais, mais ça me paraît tellement loin.
_Ca va te paraître étrange, mais j’ai peur.
_De quoi ?
_Je commence à m’attacher... un peu trop.

 
            D’abord silencieuse à cette remarque, je décidai de prendre les devants. 

_Tu m’as dit clairement qu’entre nous il ne s’agissait que de profiter du moment. C’est ce qu’on veut l’un et l’autre. Juste cet été.
_Juste cet été. Profitons-en au maximum, pour ne rien regretter. Deal ?
_Deal.

             On s’est serré la main en souriant, et j’ai reposé ma tête sur son torse. Maintenant que nos regards ne se croisaient plus, je pouvais me laisser aller à avoir l’air terrifiée et déçue. Je ne sais pas pourquoi on s’est voilé la face comme ça. Je serrai fort sa main, et, comme pour me rassurer, il serra la mienne. Je savais très bien ce qu’il se passait dans sa tête, je ressentais la même chose, mais faisais semblant que le caractère éphémère et condamné d’avance de notre histoire était une bonne chose, que j’acceptais volontiers.
               Lorsque tous rentrèrent, c’est comme s’il ne s’était jamais rien passé dans le salon, on était assis à la cuisine,  comme si de rien n’était. Nous nous sommes tous salués, et Nathan nous a regardé, complice. Brooke ne put s’empêcher de remarquer ça.
             Quand tout le monde alla se coucher, elle se glissa dans ma chambre. 

_Salut ma jolie…
_Brooke ? Qu’est-ce que tu fais là ?
_Une question me brûle les lèvres… 

           
Je la regardai un peu étonnée.  

_Il se passe quelque chose, entre Jordan et toi, hein ?
 

           
Je rougis, ne sachant plus où me mettre.  

_J’en était sûre !
_Ne le dis à personne, la suppliai-je.
_Ton secret est bien gardé avec moi ! C’est sérieux entre vous ?
_C’est juste pour cet été, on a passé un accord pour ne pas s’attacher plus que ça.
_C’est pas vrai… me dit-elle, consternée. Laura, je sais exactement comment ça va se finir cette histoire. Vous allez tomber amoureux et souffrir, juste pour ne pas briser votre petit accord. Quand Henry va rentrer, tu vas faire semblant et ça va être atroce.
_C’est trop tard maintenant de toute façon, dis-je en baissant les yeux.              Brooke compris.  
_Les gens finissent toujours par partir, ajouta-t-elle. C’est ce qu’il faut se dire, pour ne pas souffrir.
_Et ça marche?
_Des fois.
 
             Elle me caressa les cheveux et s’allongea à côté de moi dans le lit. 

_Tu peux tout me dire, tu sais.
Dit-elle.
_Je dois me faire une raison, je l’ai aujourd’hui, jusqu’à demain. Je dois savoir en profiter. Mais c’est aussi une belle expérience, non?
_Comment ça?
_De savoir pondérer ses sentiments et de savoir profiter des choses à leur juste valeur. Ma mère me dit toujours qu’il vaut mieux avoir des remords que des regrets. 

           
Elle tourna la tête vers moi. 

_Elle a bien raison. Je suis impressionnée par ta maturité ma petite Laura. Tu me rappelle moi à ton âge. J’ai aussi essayé de faire semblant d’être détachée, de savoir poser des limites. Sauf que moi je n’y suis jamais arrivée!

                         Nous avons continué à parler pendant presque une heure, puis elle est retournée rejoindre le père de son bébé. Avant de partir elle a noté quelque chose sur un post-it, sur mon bureau, qu’elle a collé sur le pied de la lampe à côté du lit.

LES GENS FINISSENT TOUJOURS PAR PARTIR...

              Alors qu'elle quittait ma chambre, elle croisa Jordan. Celui-ci, gêné était sur le point de pondre une nouvelle excuse bidon, mais elle posa sa main sur son épaule et rit. Il referma la porte derrière lui et vint me rejoindre dans le lit. Il me prit dans ses bras. 
_Mes parents se sont endormis comme des masses, dit-il en m'embrassant. C'est quoi ça? 

            Il désigna le post-it sur ma lampe de chevet. 

_C'est Brooke qui m'a écrit ça.
_Je devrais me sentir visé? M'interrogea-t-il.
_Peu importe, dis-je en l'embrassant. Tu sais ce qu'on dit, demain est un autre jour.

 
            Je m’endormis en méditant les paroles de Brooke. Le cœur à la fois lourd et léger, excitée et terrifiée, exténuée mais vivifiée, pleine d’espoir, mais n’attendant rien, je me sentais belle mais n’avais pas confiance en moi. Une fois de plus, pleine de paradoxes. C’était comme ça avec Jordan, le blanc et le noir allaient de paire, la joie et la tristesse, il me faisait ressentir tout et son contraire. Comment appelleriez-vous ça ? Quand vous ne savez pas où vous en êtes, tiraillée constamment ? Le pire dans tout ça, c’est que cet état de flou perpétuel me confortait. Je m’y sentais en sécurité. Pleine de paradoxes, je vous dis.

  
                        Les jours passèrent, et j'oubliais dangereusement les bons conseils de Brooke. Jordan et moi passions tout notre temps à rire, nous embrasser, dans la plus parfaite insouciance. A bien y réfléchir, nous n'étions ensemble que depuis une dizaine de jours, et nous connaissions depuis moins d'un mois (si l'on occulte l'histoire malheureuse du bonhomme de neige), mais c'est comme si je retrouvais un ami d'enfance, le genre d'ami d'enfance dont on tombe invariablement amoureuse quand vient l'adolescence.

             Malgré ce sentiment, tout allait très vite. Peut-être était-ce dû à l'échelle de temps considérablement réduite, que représentait ce minuscule été.             Ce jour là, nous avions décidé de quitter Tree Hill. J'ai emprunté la voiture de ma mère, après qu'elle m'ait autorisée à prendre un congé, et nous sommes partis pour une ville voisine, un peu plus grande, dans laquelle il y avait le plus fabuleux des parcs. J'avais même préparé de quoi pique-niquer. J'avais envie d'un pique-nique, je ne sais pas pourquoi... Après avoir mangé nos petites salades, nous nous sommes allongés dans l'herbe, côte à côte, et nous avons discuté, de plein de choses. Il m'a beaucoup parlé de ses parents. Il m'a confié que sa mère a renoncé à sa carrière de chanteuse pour lui, qu'il s'en sentait toujours coupable, à chaque fois qu'il jouait, c'était pour elle. J'ai abordé mon avenir, avec une idée derrière la tête.  

_Je rêve un jours d'intégrer Columbia. Partir d'ici et découvrir New-York.
Lui confiai-je.
_Columbia? C'est marrant, c'est mon deuxième choix.
_Et le premier?
_Duke, bien entendu... Comme mes parents.
 
             La vérité...Je l'avais entendu parler de Columbia à plusieurs reprises, et, au fond de moi, je crois que je rêvais qu'il me demande de le rejoindre. Ou peut-être que l'on se retrouve comme par enchantement à New-York, la ville qui ne dort jamais, pour passer les plus démentes des nuits blanches de la création. Mais ça, bien entendu, il était hors de question que je le lui dise. Pourtant, ça m'a échappé. 

_Ce serait amusant qu'on se retrouve à Columbia l'année prochaine!
Lançai-je.             Je le sentais gêné. 
_Je préfèrerais qu'on évite le sujet, Laura.
_Excuse moi, je ne voulais pas te faire peur. Je plaisantais. Je ne suis pas en train de te proposer qu'on emménage ensemble, je te rassure!
_C'est pas ça. C'est tout le contraire... justement.
_C'est à dire?
_Laura, ne fais pas l'innocente, tu as très bien remarqué que je suis en train de tomber fou amoureux de toi. Alors ne me dis pas des choses comme ça. Je ne veux pas me faire de faux espoirs. 

           
J'étais sur le point de lui sauter au cou et de lui proposer de faire notre vie ensemble (oui, enfin... plus ou moins). 

_...Je suis tout à fait conscient qu'Henry va rentrer fin août, et que les bases ont été posées dès le début. Je fais tout pour éviter les adieux déchirants, alors, s'il te plaît, ne rends pas les choses plus compliquées. Je sais que tu ne le fais pas exprès, mais je suis à l'affût du moindre signe de ta part en ce moment, et c'est compliqué de refréner tout ça pour moi. 

 
            J'étais tout bêtement muette. Il venait de m'avouer que tout était possible entre nous, j'aurais dû lui dire que je ne voulais que lui, mais j'ai ravalé ma salive, fait la fière, un peu effrayée par ce que je ressentais, il faut le dire, et je me suis excusée, en saluant son honnêteté. 

_Parlons d'autre chose,
dit-il en me caressant les cheveux. On avait dit qu'on profiterait, alors profitions! 

           
Je me sentais bête, mais bête! Je n'avais qu'une envie, lui crier tout ce qu'il me faisait ressentir. 

_Jordan...
 

           
Mon téléphone (le destin?) sonna juste à ce moment. 

_Allô? [...] Henry?
 

           
Je regardai Jordan. Il se leva. 

_Je vais aller faire un tour.
 

           
Il mit ses mains dans ses poches et partit, en mettant un coup de pied dans un caillou au passage. Je le fixai, muette, Henry essayait d'attirer mon attention à l'autre bout du fil. 

_Ca va Henry? [...] Oui, oui, très bien. [...] Oh non, tu sais, j'aide ma mère, mon frère est là, je n'ai pas le temps de m'ennuyer.
 

          
Jordan était assis sur un banc, il me regardait. 

_Au fait! Brooke est enceinte! [...] Non, on ne sait pas encore, ça ne fait que quelques semaines. [...] Oui, tout le monde va bien. [...] Toi aussi tu me manques. [...] Ah, euh... d'accord. A plus tard alors. [...] Moi aussi. 

 
            Je raccrochai. Jordan ne m'avait pas lâchée du regard. Je le rejoignis sur son banc. 

_Ca ne va pas ? Demandai-je en passant ma main dans son dos.
_Je ne voulais pas déranger...
mentit-il. 

          Après cette après-midi un peu bizarre, nous avons décidé de ne plus quitter l'environnement de Tree Hill qui nous rappelait nos bonnes et sages résolutions.

WoodyA  (13.05.2007 à 23:36)
          Au début du mois d'août, Jordan, Nathan et Haley ont quitté la maison, pour aller chez les parents de cette dernière, de retour de leur voyage en Italie. La première nuit, je n'ai pas réussi à dormir. Jordan non plus. Il m'a appelée à 3 heures du matin, je lui manquais, paraît-il. C'est vrai que dormir sans lui ça faisait tout drôle. Nous avons donc passé une nuit blanche chacun de nôtre côté...  Le lendemain, au river court, nous élaborions un stratagème pour préserver notre sommeil. 

_Je pourrais sortir discrètement de chez mes grands-parents, venir chez toi et repartir tôt, comme on faisait chez toi,
proposa-t-il. Je ne pus m'empêcher de rire. 
_Ben quoi? Qu'est-ce qu'il y a de drôle?
_Quand je pense qu'on n'arrive même pas à passer une nuit l'un sans l'autre... c'est exagéré, non?
_C'est vrai. Mais après cet été on n’aura plus aucune nuit du tout, alors bon, on essaye juste de profiter au maximum du peu de temps dont on dispose!_On va finir par se faire pincer...
_Peu importe, maintenant qu'on ne vit plus sous le même toit, nos parents n'ont plus de raisons de s'inquiéter. 

          Je l'ai un peu regardé jouer au basket. Il avait passé si peu de temps à s'entraîner depuis qu'on était ensemble qu'il devait se rattraper. Ca ne me dérangeait pas, il était canon quand il jouait. D'ailleurs, pour rigoler, je lui avais préparé une surprise. Je m'éclipsai derrière les buissons. Quand je suis ressortie, j'arborai mon uniforme aux couleurs des Ravens et mes pompons. Il lâcha sa balle et sa mâchoire était sur le point de se décrocher.  

_Waouh! Tu es vraiment...
 

Il fit quelques pas vers moi
 
_Très... 

Il me prit dans ses bras 

_Très sexy comme ça. 

Il m'embrassa passionnément. 

_Tu t'es changée où?
Me demanda-t-il, intrigué.
_Là derrière, dis-je en désignant les buissons. 

          Il me lança un regard qui voulait tout dire, se dirigeant à reculons vers le petit coin de verdure. Je le regardai un sourire au lèvres, avant de le rejoindre en sautillant, les mains dans le dos.  Et en effet, le soir même, il fuguait de chez ses grands-parents pour me retrouver. Je l'attendais sur la balancelle, emmitouflée dans un plaid. Soudain, j'ai entendu un bruit à l'intérieur, la lumière s'est allumée. En sursautant, j'ai fait grincer la balancelle et attiré l'attention sur ma présence hors de ma chambre. Ca n'a pas manqué: la porte d'entrée s'est ouverte et mon grand frère est sorti, la tête dans le brouillard. Il a fermé la porte derrière lui et s'est gratté le crâne. 

_Qu'est-ce que tu fais dehors à cette heure ci?
_Rien. Je n'arrivais pas à dormir. Et toi? (Oh oui, c'est ça! Engageons la conversation... qu'est-ce que je peux être stupide des fois!) 

_La même chose que toi, petite insomnie. Et puis je t'ai entendue dehors. Et maintenant me voilà!
Dit-il en s'asseyant.
_Bien, bien... allez, tu devrais retourner te coucher, l'air frais a tendance à réveiller. Regarde moi, je suis sortie et maintenant impossible de me rendormir.
_Oh, tu sais, je ne pense pas que je vais dormir ce soir! Mais ce n'est pas grave, on va pouvoir discuter un peu toi et moi. On n’en a pas vraiment eu l'occasion depuis que je suis revenu.
_C'est vrai... ça va toi?
_Comment ça pourrait ne pas aller? Ma vie est absolument parfaite.
_Tu en as de la chance, tu sais.
_Oui, je sais. Mais il faut aussi savoir créer sa propre chance. Ne pas se laisser abattre par les coups durs...
_... comme la mort de Peyton?
 
             Il se racla la gorge. 

_Par exemple. Qui t'a parlé d'elle?
_Brooke l'a fait. Et... je... disons que j'étais plus ou moins là quand Brooke est allée chez elle._Plus ou moins?
_Plutôt plus que moins, dis-je en riant.
_Alors tu sais tout ce qu'il y a à savoir sur Peyton.

           Il marqua une petite pause. 

_Et toi frangine, ça va? Henry ne te manque pas trop?
 

              Le destin ayant son humour à lui, Jordan a débarqué à cet instant précis. Lucas et lui se sont regardés, puis Jordan s'est avancé vers nous. Lucas nous a regardé et s'est levé. 

_Mais tu as raison, l'air est trop vivifiant. Bonne nuit petite soeur. 

             Il nous a fait un clin d'oeil et est retourné à l'intérieur.
            Et de trois!  

_Pour la discrétion, je crois qu'on repassera...
plaisanta Jordan.

            Il s'assit à côté de moi et me prit dans ses bras. 

_Je pense que garder le secret n'est plus tout à fait nécessaire, maintenant qu'il n'y a que tes parents à ne pas être au courant...
ajouta-t-il.
_Et Haley aussi.
_Non, ma mère sait tout. Mon père s'est senti obligé de lui raconter nos petits plans secrets. Ca l'a beaucoup fait rire. Elle m'a juste demandé de ne pas t'épouser en secret pendant les vacances.
_Ta mère a un sens de l'humour particulier tu sais!
_Oui, et puis surtout elle a ruiné mon plan, dit-il en riant.
 
              Il embrassa mon cou, avant de poursuivre: 

_Je me contenterai de vivre dans le pêché, tant pis!
_Sérieusement, Jordan, je préfèrerais qu'on n’en parle pas à mes parents. Ils aiment bien Henry, je sais que, même s'ils ne diraient rien, ils n’apprécieraient pas pour autant. Et puis la clandestinité a quelque chose d'excitant, non? Dis-je dans un sourire coquin.
 
                Nous sommes rentrés, et à 6 heures du matin, il est repartit.
                Mais cette journée à venir nous réservait bien d'autres surprises. En effet, le lendemain, un nouveau fantôme ressurgit du passé. Un certain Jake et sa fille, âgé d'un peu plus d'un an que nous, sont venus occuper la chambre laissée vacante par Jordan et ses parents, pendant ces deux premières semaines d'août. Ils arrivèrent dans la voiture de Jake, une décapotable.
               Quand ils descendirent, je découvris un bel homme de l’âge de mon frère et une jeune fille simplement magnifique. Une brune immense, avec de grands yeux très sombres, la peau mate, une bouche charnue. Un vrai mannequin. Je peux vous dire que je me sentais minable à côté d’elle. Ils saluèrent tout le monde. Elle, Jenny, de son prénom, arriva à auteur de Jordan. Je guettai le moindre clignement d’œil de sa part, le moindre mouvement, la moindre langue pendante au sol, bref, le moindre signe d’intérêt trop apparent. Ils se firent simplement la bise en se présentant. Elle me salua également.
                   Une fois leurs affaires installées, ils nous rejoignirent au jardin, où mon père s’occupait de préparer un barbecue géant. Les adultes formèrent rapidement un clan à part, anecdotes du lycée à l’appui, ils nous laissèrent de côté, et nous dûmes engager la conversation avec le mannequin. A mon grand dam, c’est Jordan qui se lança en premier. 

_Alors, Jenny, tu fais quoi dans la vie ?
_Je vais entrer en deuxième année de médecine, à Stanford, à la rentrée, répondit-elle, un peu gênée.

             Ben oui, en plus elle était brillante. 

_Et vous,
s’enquit-elle ?
_Je vais entrer en dernière année de lycée, répondis-je.
_Moi aussi, ajouta Jordan. Plus qu’un an...dit-il en croisant les doigts.
 
             Elle rit à sa blague, je fulminais. Ok, après avoir passé la soirée avec elle, je la trouvais très sympa, mais peu importe. Une menace reste une menace. Je la voyais venir avec ses grandes jambes !
 
musique 
 
             Le lendemain, le scénario se reproduisit, comme au début de l’été. Je me voyais contrainte de prendre en charge la jeunesse vacancière. Et comme la dernière fois, je m’y collais avec un enthousiasme de pierre tombale. Elle avait décidé qu’un minishort était de circonstance. Tout ça parce qu’il faisait soit disant 35 degrés dehors. J’ai envie de dire « et alors ?! ». Moi je suis très bien lin. Je crois que ce qui m’énerve le plus, c’est qu’elle puisse se permettre de porter des tongs en plastique avec son short sans avoir l’air d’une naine à cuissots saillants, contrairement à moi, et qu’un T-shirt blanc trop large fasse plus sexy sur elle que sur moi. Enfin peu importe. Nous étions en chemin pour rejoindre Jordan à la plage. 

_Laura, dis moi, avant que je ne fasse une gaffe… Jordan et toi vous êtes… ?
_On sort ensemble. Mais il ne faut pas que mes parents l’apprennent.
_Ah, d'accord. C’est le genre de chose qu’il vaut mieux me dire avant, tu sais ! S’amusa-t-elle.
_Pourquoi, tu ne sais pas garder ta langue dans ta poche ? Lançai-je, affûtée comme une lame de rasoir.
_Ne m’en parle pas ! J’ai tendance à la laisser traîner partout, si tu vois ce que je veux dire.
 
             Je n’en revenais pas ! En plus c’était une garce.  

_Il y a deux ans, ma mère avait un copain qui ne bossait pas loin de mon lycée. Il venait souvent me chercher au lycée, et il en profitait pour fumer en cachette en passant. Et bien ça n’a pas loupé ! Quand elle l’a appris, ils ont rompu. Je me sentais stupide !
_Tu as piqué le copain de ta mère ?! Mais c’est monstrueux, lâchai-je, écoeurée.
_Quoi ?
 
             Elle s’arrêta et me regarda, abasourdie. 

_Mais enfin bien sûre que non ! Qu’est-ce que tu vas imaginer ?
_C’est pourtant ce que tu viens de me dire enfin !
_Pas du tout ! 

             Elle rit aux éclats. 

_Je crois qu’il y a eu un léger quiproquo ! Quand je te disais que je ne savais pas garder ma langue dans ma poche, c’était au sens figuré courant… ça ne voulait pas dire que…
_Oh mince ! Je me sens ridicule, là maintenant tout de suite! 

           
Je me mis à rire également. Arrivées à la plage, je pus constater, sans grand étonnement, que tous les yeux étaient braqués sur Jenny. Tous sauf ceux de Jordan. Je baissai ma garde, et je faisais bien. Cette après-midi avec elle était mémorable. Le genre de journée que l'on ne voit pas passer, car on n'est jamais à court de questions à se poser. 
            Jenny, Jordan et moi avions du hérité de quelque chose de nos familles respectives. Quand je les voyais tous si liés, je me disais que nous étions prédestinés à nous apprécier. Par je ne sais quel tour de magie accélérée, une toute petite semaine après son arrivée, nous formions un trio inséparable et complémentaire. Jenny était la fille la plus surprenante que j’aie jamais rencontré. Elle était brillante. Elle pourrait probablement choisir n’importe quelle spécialité, mais se destinait à la médecine humanitaire. Normal quoi ! Il s’était produit une alchimie incroyable entre nous trois, comme si nous étions unis par quelque chose. A bien y penser, peut-être était-ce génétique…
            Les « grands », eux, étaient tout aussi inséparables. Le lien qui les unissait paraissait indestructible. Ils étaient conscient de la valeur de ce qu’ils avaient, et en savourait chaque précieuse seconde, bien trop au courant que le couperet est toujours prêt à tomber.  

Musique 

                La veille du jour du départ de Jake et Jenny, tous se rendirent devant chez Peyton, ensemble. Ils nous invitèrent à les rejoindre, pour partager et comprendre quelque chose. Chacun avait apporté sa coupe de champagne, et Brooke son eau minérale. Ils s’alignèrent devant la grande maison vide, et Haley fit le service. Nous restions plus ou moins en retrait. Nathan prit la parole le premier, il leva les yeux vers le ciel, c’était une belle nuit pleine d’étoiles, très lumineuse. 

_Ma belle Peyton, tu aurais 35 ans. Le temps passe vite. Tu nous manques Sawyer. A ton anniversaire.

 
            Il leva son verre et but une gorgée. Puis ce fut au tour d’Haley.  

_Hey, Peyton ! Avant toute chose, bon anniversaire. Je voulais te remercier, parce qu’on va tous bien. Je voulais aussi te confirmer que nos voitures ne volent toujours pas! Allez, à tes 35 ans !

 
            Elle fit de même. A Jake. 

_Salut, princesse. JE suis venu avec Jenny. Elle est devenue belle, hein ? C’est amusant, mais des fois, j’ai plus l’impression de plus te voir toi que Nikki. Elle a ton caractère un peu bizarre ! Comme quoi, tu auras quand même laissé ta griffe. Joyeux anniversaire, princesse. Tu me manques. 

 
            Il s’envoya une bonne rasade de champagne. C’était à Brooke maintenant. 

_Salut, boucles d’or ! On s’est déjà dit pas mal de choses. Je vais un peu mixer tout ça : bon anniversaire, et merci pour tout. 

 
            Elle leva sa bouteille d’eau et prit une grande inspiration. 

_Plus de champagne pendant 9 mois !

 
            Elle but. Vint Lucas. 

_Bonsoir Peyton. Je…
 
             Il marqua une longue pause. 

_On t’aime. Continue à veiller sur nous comme ça. Bon anniversaire. Ah ! Au fait ! J’ai appris que Jimmy Page t’avais rejoint la semaine dernière, passe lui le bonjour de ma part, dis lui que Tangerine est une super chanson. Peut-être que tu l’auras, ton thé avec Page et Lennon, finalement. A toi et à nous tous.

 
            Ils levèrent tous leur verre, avec émotion. C’était magnifique de constater à quel point ils savaient composer avec l’absence de leur amie. Ils lui restaient tous fidèles. J’imagine que de bons amis ne laissent rien les séparer. Même pas la mort.  

_A nous ! Crièrent-ils tous en cœur. 

             De notre côté, Jordan leva également son verre. 

_A nous trois. 

 
            Nous l’avons imité et trinqué. Jenny ajouta quelques mots. 

_A notre coup de foudre amical !
_A nos retrouvailles, lançai-je, avant d’engloutir mon champagne. Qui sait !

 
            Jordan me regarda, ses yeux laissent paraître une espèce de mélancolie, mêlée à de l'espoir. Je ne saurais pas vraiment décrire ce que j'y ai vu, mais je l'ai compris. Je ressentais la même chose.
              C'était notre dernière soirée avec Jenny. Nous nous sommes baladés sur la promenade, avons mangé une glace, puis avons raccompagné Jordan chez ses grands-parents. J'avais jenny pour moi seule le reste de la nuit.             Arrivées chez moi, nous nous sommes assises sur la balancelle. Jenny levait la tête et se laissait imprégnée par la fraîcheur de l'air.  

_Dire que l'été est presque terminé. Plus que deux semaines et je vais me replonger dans mes livres pendant 9 mois...
 soupira-t-elle.
_Deux semaines... repris-je.
_Jordan part quand?
_Dans une semaine.
_Ca va, toi?
_Oui, ça va. Il n'a jamais été question d'autre chose entre nous.
 
             Elle rit doucement. 

_Tu mens aussi mal que Jordan!
S'amusa-t-elle.

_Je sais. Mais on n'a pas trop le choix. Peu importe.
_Laura, j'ai été ravie de partager ces deux semaines avec vous. Et, si je savais que ça allait changer quelque chose, je te dirais que ce qu'il y a entre vous vaut le coup de se battre.
_T'es gentille, Jenny, mais il n'y a pas grand-chose entre nous.
_Tu recommences! Tu vois! Pourquoi tu réagis comme ça?
_Je n'ai pas le choix.
_Ne le prends pas mal, mais je la trouve horrible votre histoire. Vous vous forcez à faire semblant, alors que vous savez très bien tous les deux, et pourquoi? Pour économiser un peu d'argent en billet de train l'année prochaine?
_Parlons d'autre chose. Tu t'en vas demain, on ne va pas se focaliser sur Jordan.

 
            Ma voix était monocorde, comme à chaque fois qu'il me fallait aborder ce sujet. Mais c'était ça, ou les cris.  

Musique

             Elle est repartie aussi vite qu'elle est venue, en se retournant vers Jordan et moi pour un dernier signe de la main. Elle m'avait dit, alors que je la prenais dans mes bras pour lui dire au revoir, qu'elle m'écrirait, et qu'elle écrirait à Jordan, et que je le veuille ou non, elle me donnerait de ses nouvelles.    

 _Et je sais que tu liras ces passages avec une attention toute particulière, me murmura-t-elle. Parce que tu es comme ça. Une vilaine menteuse.
 
             Elle glissa un mot dans ma poche. 
            La décapotable s'éloignait maintenant. Elle n'était qu'un point foncé, au loin. Curieuse ironie, c'est ce qu'allait devenir Jordan dans 6 jours. Un petit point, très très loin. Une fois tout le monde à l'intérieur, je glissai ma main dans ma poche, pour en ressortir le mot.
 
LES GENS FINISSENT TOUJOURS PAR PARTIR*


*Mais parfois, il reviennent...


                            Je les ai rejoint, le cœur vraiment lourd. Tous étaient au salon. Ils grignotaient et prenaient l'apéritif. Je me suis assise à côté de mon grand frère, et ai posé ma tête sur son épaule.  

_Ca ne va pas? M'interrogea-t-il.
_J'ai juste un petit coup de cafard qu'elle soit partie. Ce sera bientôt votre tour, dis-je en soutenant le regard de Jordan, assis en face de moi.
              Lucas passa son bras autour de mon épaule et embrassa mon front.
             Plus tard, ce soir là, quand Jordan me rejoignit dans ma chambre, j'étais vraiment de mauvaise humeur. Il le remarqua immédiatement. J'étais allongé sur le côté, je ne parlais pas, ne bougeais pas. J'étais effrayée à l'idée qu'il s'en aille bientôt. Il s'allongea derrière moi et commença à embrasser mon cou. Je me raidis aussitôt.  

_Quoi?
S'interrompit-il.

 
             Je me retournai vers lui, il put constater que mes yeux étaient rouges. Je me blottit contre son torse et agrippait ses vêtements. Doucement, les larmes sortirent de leur prison, mon chagrin allait crescendo, je le serrai de plus en plus fort. Ma respiration se faisait difficile, les sanglots m'étouffaient, bientôt, de légères convulsions me parcoururent. Il avait beau me demander de m'expliquer, caresser mes cheveux pour me calmer, essayer de m'apaiser, les larmes avaient pris le dessus sur tout le reste. J'étais à leur entière mercie. Je réussit finalement, après une douloureuse lutte avec mon souffle, à articuler quelques mots. 

_T'en vas pas... reste avec moi. Je t'aime...
sanglotai-je.
_Chut... 

           
Il continuait à passer sa main dans mes cheveux. Il ne savait pas quoi dire. Il ne pouvait pas me mentir et me dire qu'il n'allait nulle part, ni me promettre qu'on se retrouverait, il n'en savait rien. J'en étais bien consciente.
             Quand je me suis calmée, il s'est levé, et s'est dirigé vers la sortie. 

_Je... je ferais mieux de rentrer.
Dit-il.
 
             Je pouvais entendre cette boule dans sa gorge. Il posa la main sur la poignée de la porte et la tourna. 

_Alors c'est tout?
Lançai-je, pour le retenir.

             Je me levai et le fixai.
             Les larmes coulèrent chez lui aussi. 

_On se voit demain.

            
            Il poussa la porte et partit. J'étais toujours debout, au milieu de ma chambre. Il s'éloigna peu à peu, pour disparaître complètement dans ces ténèbres de banlieue.
 
                        Je l'ai rejoint au River Court, le lendemain, il déployait toute son énergie à s'entraîner, faisait des gestes brusques, violents. Il marqua un dernier panier, avant de venir me trouver. Il s'approcha de moi prudemment, son ballon sous le bras. Il ne prit pas la peine de m'embrasser.  

_On va s'épargner des adieux déchirants, Laura. Ca me paraît plus sage.
 
             J'acquiesçai. Il fit demi-tour et continua son entraînement. J'ai tourné les talons et me suis éloignée. Mais je pouvais sentir son regard sur moi. Quand ce poids disparu, je me retournai. Jordan mit un grand coup de pied dans le poteau du panier, avant de jeter sa balle avec violence. Il s'assit sur la petite table de pique nique, il pouvait me voir. Il compris que je l'avais vu, et passa sa main sur son visage, avant de baisser la tête.
              Je comprenais parfaitement sa démarche, sa petite manœuvre. Il ne trompait personne.

            Je ne l'ai plus vu les jours qui ont suivit. J'ai aidé ma mère au café, j'ai trouvé des moyens de m'occuper, en essayant de ne pas penser à lui. Mais c'est presque si je le sentais penser à moi.
 
            Puis, un dimanche, en fin d'après-midi, Nathan et Haley sont passés nous dire au revoir. Jordan était bien évidemment avec eux. Les adultes s'adressaient de chaleureuses accolades, Haley et Brooke versèrent même quelques larmes. 

_Ca m'a fait tellement de bien de vous revoir,
pleurnicha Brooke, émue.
_On se retrouvera bientôt, la consola Haley.

             Elles ne se lâchaient plus.
             De son côté, Jordan se contenta de me serrer dans ses bras, comme un ami. Il me sourit, puis partit silencieusement, avec ses parents. Je ne le reverrai donc jamais?
             Lucas remarqua mon regard vide et me prit dans ses bras. J'ai pris une grande inspiration, puis suis allée dans ma chambre. Inutile de vous dire ce que j'y ai fait.
             Mais la vie devait reprendre son cours normal, j'ai mangé et rit à table, avec ma famille, profitant d'eux encore un peu. Car bientôt, eux aussi s'en iraient. Il fallait que je prenne l'air. Il était presque 21 heures, je savais qu'il partait dans quelques minutes... mon ventre se tordait dans tous les sens, j'était prise aux tripes, je me retenais de courir chez lui pour l'embrasser une dernière fois. Mais je n'en fis rien. J'ai juste pris l'air.

WoodyA  (13.05.2007 à 23:53)
             
Musique


             J’étais adossée à l’arbre devant chez moi. Je l’ai vu arriver, les mains dans les poches, comme d’habitude. Il s’est approché de moi, j’ai baissé la tête. Il m’a prise dans ses bras et a caressé mes cheveux. Je me retenais de pleurer. Je savais que nous deux, ça ne durerait qu’un été, mais maintenant qu’il devait partir, je réalisais que je ne me rendais pas compte de ce que ça voulait dire. Je faisais semblant d’être consciente, alors qu’au fond de moi, l’été ne finirait jamais.
             Malgré ce simulacre de rupture au début de la semaine, nous savions tous les deux quels étaient nos sentiments.
            Il a voulu desserrer son étreinte pour m’embrasser, mais je l’ai prolongée un peu. Je commençais à le serrer de plus en plus fort. Mes mains se crispaient sur son t-shirt. Les larmes sont enfin sorties, discrètement. Il s’est reculé et a simplement embrassé ma main avec tendresse. J’ai essayé de sourire, mais, honnêtement, je ne sais pas ce à quoi ça a ressemblé. Il m’a rendu mon sourire, avant de replier ma main et de la poser contre ma poitrine. Je lui ai agrippé le cou et l’ai embrassé avec fougue, plus les secondes passaient, nous conduisant au moment où il allait me tourner le dos pour de bon, plus l’intensité rapprochait nos corps et brûlait nos lèvres.  Il me tenait avec une telle force, j’en perdais le souffle. Quand notre baiser a pris fin, j’ai essuyé mes larmes d’un revers de bras et j’ai articulé quelque chose comme « Henry rentre demain... », comme pour me convaincre de quelque chose. J’ai mis la main dans ma poche et ai pu sentir le petit mot de Jenny, il me brûlait les doigts. Il s’est forcé à sourire et m’a quittée là. Il est parti sans même se retourner. Je suis rentrée chez moi.
             Je n’échangerait aucune des secondes de chagrin qui ont suivit son départ contre de l’indifférence. Car chacune d’entre elle me rattache à lui.

            24 heures plus tard, Henry sonnait chez moi, une bouteille de vin à la main. Nous avons passé la soirée ensemble, il m’a parlé de la Côte d’Azur, où il avait manifestement passé des vacances incroyables. 

_Je me suis ennuyé de toi, malgré tout
, me confia-t-il en me caressant la joue. Et toi, parle moi de tes vacances.
_Oh, moi, tu sais... 

            J’affichais alors un sourire en coin, en penchant la tête. J’ai haussé les épaules. 

_Je n’ai pas grand-chose à raconter... ajoutai-je. Tu m’as manqué.

             Il m’a sourit et m’a embrassé. Puis il a passé son bras autour de mes épaules et nous sommes restés sans rien dire, à écouter un vent léger se lever, sur la balancelle du porche. J’ai posé ma tête sur son épaule et ai inspiré une grande bouffée de l’air frais de la fin de l’été.







EPILOGUE





             Si Roméo et Juliette étaient nés à mon époque, ils se seraient rencontrés sur une plage, pour se quitter deux mois plus tard sur le tarmac d'un aéroport, sur le quai d'une gare, ou devant une voiture chargée et prête à partir.
 
            Mais chacun aurait gardé au creux de son cœur cette part d'innocence juvénile, baignée du souvenir de l'autre. 

<<_
Une ultime étreinte, mes bras...>>



















FIN















WoodyA  (13.05.2007 à 23:57)
Impressionnant! Malgré le fait que les deux personnages principaux sont complètement fictifs, tu as réussi à capter et garder mon attention. J'ai vraiment aimé. Une suite serait fortement apprécié par tout les prochains lecteurs de ton histoire... j'en suis certaine. Le fait que tu intègre Laura et Jordan dans l'univers des vrais personnages ets très intéressant.

Bravo

Mystik  (14.05.2007 à 02:37)
Oui une suite, une suite !!!!!! J'ai adoré ton histoire, belle et captivante ! Les dialogues sont super bien contruits ! Bravo et j'espère vraiment que tu prendras la demande d'une suite au sérieux...Lol ! Bisous !!!

melinou27  (14.05.2007 à 11:18)

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