HypnoFanfics

Que reste t'il de nos amours ?

Série : One Tree Hill
Création : 16.05.2007 à 13h39
Auteur : S0h0o 
Statut : Terminée

« Ma troisième fic complète :) Bonne lecture! » S0h0o 

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Musique


Août 1938

 

Brooke regardait le long paysage Parisien, déjà tout allumé malgré l’heure matinale. Le vent lui soufflait dans le visage et ses cheveux virevoltaient. Elles voyaient les gens la dévisager à travers la rue. A cette époque, encore peu de gens avaient une aussi belle voiture qu’elle, astiquée et brillante. La voiture passa sur des dalles et Brooke repassa sa tête à l’intérieur. Elle avait voyagé pendant près de 5 jours sur un bateau, puis avait roulé pendant 7h  pour arriver à Paris, elle n’en pouvait plus.

Sur la banquette arrière, elle s’ennuyait. Le chauffeur conduisait sans rien dire. Elle ouvrit son cabas et en sorti un vieil exemplaire relié en cuir de son livre préféré, Au bonheur des dames. Elle avait apprit à parler français très tôt grâce à sa mère Française, qui avait suivit son père, riche homme d’affaire, jusqu’en Amérique. Elle avait passé toute son enfance en Amérique, mais revenir à Paris lui faisait chaud au cœur. Comme si elle revoyait sa mère.

La voiture s’arrêta finalement devant un bâtiment de brique, dans une grande rue. Brooke sortit ses affaires personnelles rapidement et entra dans le hall où de jeunes ouvriers s’affairaient. Un homme âgé vint à sa rencontre et dit :


- Mademoiselle Davis ? C’est un grand honneur que de vous recevoir dans l’hôtel « Georges V ».


Brooke sourit poliment. Une douce musique s’élevait et elle vit des musiciens qui jouaient, dans un coin de la pièce. Le hall, à part des ouvriers, était désert, et elle se demanda pour qui ils jouaient. Etait-ce pour elle ?


- Nous allons vous conduire à votre chambre.

- Pouvez vous prendre mes bagages, qui sont dans le coffre de la voiture ?

- Bien évidemment.


Elle fut conduite, à travers les longs couloirs jusqu’à une porte dorée. La suite comportait plusieurs pièces à vivre et une chambre des plus confortable.

Dès qu’elle fut installée, elle s’étendit sur le lit et ferma les yeux.




Flash Back 


- Maman ! Maman !

- Tait-toi ! Ta mère est malade ! Il faut qu’elle se repose.


Brooke détestait la cuisinière, Mme Stepelton. Son grand plaisir semblait être de disputer à tort et à travers la jeune Brooke.

Ce jour là, Brooke avait finit son enseignement particulier plus tôt, et elle voulait voir sa mère.


- Laissez moi voir ma mère !

- Il n’en est pas question jeune fille ! Votre mère est malade !

- Laissez moi entrer!


Brooke essayait de se faufiler à travers la porte mais la cuisinière, une femme forte et vieille, aidée d’un domestique, l’en empêchait.

Un faible son sortit alors de la chambre.


- Brooke …


Brooke eut un sourire triomphant. Sa mère l’appelait, elle avait donc raison ! La cuisinière grommela et la laissa entrer.


- Viens ma chérie … viens voir Maman …


Brooke s’approcha de l’immense lit où sa mère, livide, peinait à ouvrir les yeux.


- Qu’est ce que tu as Maman ?

- Je suis malade chérie …

- Mais tu vas guérir, hein ?


Sa mère sourit, d’un petit sourire triste.


- Fais moi un câlin, demanda t’elle.


Brooke se blottit contre sa mère, en boule et ferma, elle aussi, les yeux.


Fin Flash Back 



Quand elle les rouvrit, elle était dans la chambre froide et vide où elle allait séjourner pendant une durée indéterminée. On frappa alors à la porte de sa chambre.


- Mademoiselle Davis ?

- Oui.

- Monsieur Lee aimerait vous faire savoir qu’il vous attend.


Brooke se prépara, prit un petit sac et sortit. Une voiture l’attendait au bas de l’hôtel. Dans la voiture, se trouvait Cooper Lee, son manager.

- Bonjour Brooke. Tu es resplendissante.

- Merci. Où va-t-on ?

- On va visiter ta future salle de concert. Tu te produiras au Grand théâtre de Paris pour le moment. 6 semaines. Si ça marche tu y resteras encore 6 autres semaines.

- Et si ça ne marche pas ?


Cooper regarda le paysage, sans répondre.

Brooke, qui était devenue une chanteuse célèbre en Amérique, redoutait son passage en France.

Les ventes de tickets avaient baissée en Amérique. Elle était la star adulée, et était tombée.

Depuis la mort de sa mère, elle n’arrivait plus à chanter de la même façon, tout était différent. C’était les mêmes chansons, mais interprétées de façon beaucoup plus triste et amère. Cela n’avait pas plu au public Américain, qui avait délaissé ses concerts pour ceux de Peyton Sawyer, sa rivale directe. Cooper avait alors eu l’idée d’envoyer Brooke en France, où parait-on « les Français sont beaucoup plus friand de ce genre de chanson ». Paris était donc sa dernière chance.



Flash Back 

Brooke sortit de scène, rayonnante. Elle riait encore quand Cooper vint alors à sa rencontre :


- Brooke, il faut qu’on parle.

- Pas maintenant Cooper, je veux du champagne !

- Tu en as deux caisses dans ta loge, comme tu l’as demandé.


Brooke entra alors dans sa loge, toute éclairée et s’assit devant le miroir, où elle se remaquilla rapidement.


- Brooke, il faut vraiment qu’on parle.

- Plus tard.

- Non, tout de suite ! C’est important, cria t’il en tapant du poing sur la coiffeuse en bois, si bien que tous les accessoires de coiffure et maquillage firent un bond sur la commode.

Brooke, qui n’avait pas l’habitude qu’on l’oblige à faire quelque chose, ne se laissa pas faire.


- Je veux faire la fête ! C’était un bon concert hein ? Je veux fêter ça. Je vais commencer par ouvrir une bouteille de champagne.

- Ta mère est morte.


Brooke lâcha la bouteille, ce qui provoqua un grand bruit, des éclats de verre s’étalaient partout dans la pièce. Brooke resta figée pendant plusieurs minutes. Elle n’arrivait plus à respirer, tout tournait autour d’elle. Elle fut prise de vertige et s’évanouit, sur le petit sofa en face de sa coiffeuse.


Fin Flash Back 



Depuis ce jour là, tout avait changé. Repenser à la mort de sa mère était quelque chose de difficile. La maladie avait duré très longtemps, de très longues années, ce qui l’avait préparé mentalement, mais l’annonce de la mort avait quand même choqué Brooke. Elle n’était plus la même.



S0h0o  (16.05.2007 à 13:46)

Musique (Si vous avez "The Operation", de Charlotte Gainsbourg, écoutez plutôt celle-là, ca colle beaucoup plus, je trouve)


- Voilà, c’est là.


Brooke et Cooper venaient de pénétrer dans une grande salle de concert. La jeune fille regardait partout autour d’elle, émerveillée. C’était tellement plus chic et classe qu’en Amérique ! Un homme vint alors à leur rencontre :


- Mademoiselle Davis, je suis Andy Hargrove. Je suis le responsable de la salle de concert.


Brooke lui serra la main, sans cesser de regarder autour d’elle.


- Nous sommes ravi de vous accueillir ici, continua t’il, et si il vous faut quoi que ce soit, sachez que Karen et Deborah sont à votre service.


Deux femmes d’âge mur, une petite brune et une blonde robuste se présentèrent alors.

- Nous sommes ici pour satisfaire vos moindres désirs, affirma la brune, je suis Karen Roe et voici Deborah Lee.


Brooke regarda Cooper en levant un sourcil, se posant des questions à propos de leurs noms de famille similaires. Cooper fit un signe de tête à Brooke.


- C’est très gentil à vous. Pourriez vous m’indiquer où est ma loge ?


Ils la conduirent alors à une minuscule pièce, qui accueillait péniblement une commode sur laquelle était posée un miroir et un petit matelas. Brooke, un peu déçue, se força à sourire.

Revenu dehors, Andy serra la main à Brooke et sella leur contrat d’une phrase :


- Bienvenu chez nous, mademoiselle Davis.





   

Lucas posa sa plume et regarda par la fenêtre. Il était tôt, les gens allaient et venaient dans la rue en criant, chantant. La minuscule pièce dans laquelle il vivait s’éclairait petit à petit des rayons du jour, jusqu’à que la pièce soit rayonnante. Il se força alors à écrire quelques lignes :


Pour ta  mémoire démolie et repentie
En fin de la victoire … 


C’était mauvais. Il n’y arrivait pas. Il faisait trop beau temps dehors pour qu’il ponde quelque chose. Il sorti donc et atterrit en bas de l’immeuble dans lequel il vivait, un immeuble simple et vieux dans le VIIième arrondissement.

Une femme âgée, qui portait un grand sac de linge sale le bouscula alors, en grommelant.


- Faut pas rester dans le passage …


Lucas sourit. Il mettait tellement peu les pieds dehors. Tout cela lui manquait.

Il s’avança prudemment les mains dans les poches, à travers les rues, quand une voix grave qu’il connaissait l’appela :


- Lucas !

Ce dernier se retourna et vit Keith James, son éditeur.


- Mr James, qu’est ce qui vous amène ici ?

- J’étais venu te voir mais je ne t’ai pas trouvé dans ta chambre. Par contre, j’ai vu ce que tu as écrit …


Lucas se mordit la lèvre.

Il avait décidé d’être poète plusieurs années auparavant, et Keith lui avait donné sa chance. Il avait écrit plusieurs poèmes plutôt bons, mais à présent, plus rien ne sortait.


- Oui, ce n’est pas encore au point …

- C’est le moins qu’on puisse dire. Il va falloir accélérer les efforts Lucas.


Lucas acquiesça, le soleil dans les yeux.


- Ca tombe bien, j’ai un projet pour toi, continua Keith. Une chanteuse Américaine, Brooke Davis, va se produire au Théâtre. Elle a besoin de nouvelles chansons, et tu vas les écrire !


Lucas grimaça et choisit ses mots pour répondre :


- Monsieur James … je ne suis pas parolier, je suis écrivain.

- Tu n’es pas un écrivain, vu ce que tu produis. Mais je crois encore ne toi, alors tiens, dit il en lui donnant un ticket doré sur lequel était écrit « Brooke Davis au Grand Théâtre de Paris », tu iras la voir chanter vendredi. Pour te faire une idée.


Lucas soupira en prenant les tickets. Cela ne l’enchantait vraiment pas.


- En plus, ajouta Keith avec un clin d’œil, ce sera l’occasion pour moi de te présenter quelqu’un.


Lucas sourit du mieux qu’il pu, sachant déjà qui Keith allait lui présenter.





'Je revois la ville en fête et en délire
Suffocant sous le soleil et sous la joie
Et j’entends dans la musique,
les cris des rires
Qui éclatent et rebondissent autour de moi … 
Et perdue, parmi ces gens qui … (1)'
 

- Non ! Hurla Cooper, ce n’est pas ça ! Ce n’est absolument pas ça.


Brooke soupira et descendit de scène. C’était la troisième fois qu’il la faisait recommencer sur la même phrase.


- Mais, se justifia t’elle, c’est en Français ! J’ai l’habitude de chanter mes textes en Anglais !

- Et bien tu vas devoir t’y faire ! Les Français aiment leur langue.


Brooke se versa un verre d’eau et le but d’un trait. Elle se versa alors un nouveau verre.


- Dès que tu as finit de boire, tu remonte, l’informa Cooper.

- J’en peux plus, je veux une pause.

- Brooke, je crois que tu n’as pas bien comprit qu’ici, c’est ta dernière chance ! Si tu ne réussis pas à Paris, tu es finit ! Plus personne ne voudra de toi. On a déjà eu de la chance que le grand Théâtre veuille bien t’accepter. J’ai du faire jouer mes relations pour t’avoir cette place.


Brooke dévisagea alors.


- Ta sœur, c’est tes relations ?


Cooper Lee la regarda alors, à découvert.


- Oui Deborah Lee est ma sœur. Comment tu l’as su ?


Elle reposa son verre et grimpa sur la scène.


- Moi aussi, j’ai des relations, se contenta t’elle de dire.





Musique
   

Lucas s’était installé à une petite table, faiblement éclairée. Les rideaux étaient toujours tirés. Toutes les personnes l’entourant buvaient un coup, en attendant la chanteuse. Il ne se sentait pas à sa place, avec son costume à 10 sous et ses chaussures sales. Tout le monde était bien habillé et coiffé, propres et pimpant.

Il agitait son pieds, sous la table, nerveux.

Keith apparut alors, accompagnée d’une jeune fille, petite et mince. Elle portait une petite cape qui lui cachait le visage. Arrivé à la table, Keith lui enleva la cape et Lucas put voir qu’elle avait un joli visage, bien ciselé.

Elle avait l’air aussi gênée que lui d’être ici. Mais contrairement à lui, elle ne faisait pas tache. Elle portait un long jupon recouvert d’une jupe blanc cassé et un cardigan en soie bleu clair. Tout à fait l’esprit du Grand Théâtre.

Keith, rayonnant, fit assoire la jeune fille à côté de Lucas, et se plaça lui aussi.


- Je te présente ma fille, Haley.


Haley fit un sourire gêné à Lucas. Ils savaient tout les deux pourquoi ils étaient présentés l’un à l’autre et cela était assez embarrassant.

La première fois que Keith avait fait une allusion de ce genre, Lucas ne s’était pas inquiété. Il avait simplement sorti, l’air de rien, que sa fille était en âge de se marier. Puis, la fois d’après, il avait dit que Lucas serait un bon parti. Enfin, il n’y a pas longtemps de cela, il avait dit qu’il serait honoré d’avoir Lucas pour gendre. Tout était clair. Lucas et Haley allaient se marier, qu’ils le veuillent ou non.

Un grand blanc s’installa à la table, mais Keith, qui souriait comme un bien heureux, ne semblait s’apercevoir de rien. Il se contentait de regarder les deux enfants.

Lucas, qui la situation semblait gêner, finit finalement par sortir de table, prétextant aller au toilette.

Quelques minutes plus tard, Keith le rejoint, dans la petite pièce exigue qui servait de cabinet.


- Monsieur James.

- Alors, demanda t’il, ma fille ta plait ?

- Elle est jolie.

- Evidemment, elle est magnifique ! Je me disais que, peut-être, vous aimeriez parler, tous les deux.

- Ecoutez monsieur James, votre fille a l’air très gentille, mais je ne crois pas que …

- Lucas. Si tu te marie avec ma fille, cela facilitera les affaires de tout le monde. A ma mort, tu reprendras la maison d’édition et tu récupères mon héritage, comme ça je saurais s’il est entre de bonnes mains.


Cela arrangeait ses affaires, donc, et non les affaires de tout le monde.

Lucas sourit poliment et sortit des toilettes, se sentant étouffer. Il revint à la table où Haley attendait toujours, raide.

Il s’assit, ne trouvant toujours rien à dire. Keith, croyant que Lucas avait quitté les toilettes pour discuter avec sa fille, les observait de loin.


- Alors, dit finalement Lucas, vous habitez avec votre père ?


Haley rougit et tourna la tête.


- Evidemment. Et vous, où habitez vous ?

- Près du Porsche St Grégoire.

- Oh, vous avez votre propre résidence ? demanda Haley surprise.

- Non, je vis dans une petite chambre, au dessus.

- Ah, je m’en doutais.


Les petites chambres étant synonymes de pauvreté, Haley venait d’insulter ouvertement Lucas. Se rendant compte de son impolitesse, elle plaqua ses mains sur sa bouche et s’excusa vivement.


- Je suis désolée, je ne voulais pas vous offenser, je …

- Ne vous en faîtes pas, dit Lucas refroidi.


Le rideau bougea alors un peu, et un cri de joie retentit dans le Théâtre.

Une jeune fille brune, se tenait, toute droite sur la scène. Lucas et Haley étaient placé plutôt près, il voyait très bien Brooke. Lucas fut subjugué par sa beauté.

Dans tous ses poèmes, il s’efforçait de retranscrire la beauté sans y mettre trop de cliché, mais ceux-ci lui paraissaient alors très véridiques. Rien ne pouvait décrire ce qu’il ressentait.

Il l’observait, tripotait sa longue étole. Tout le publique la croyait sur d’elle, prête à démarrer. Mais Lucas voyait le seul détail perceptible de son trac. Ses mains touchaient nerveusement son étole, une manière comme une autre de se rassurer. Voir ce détail lui donnait l’impression de la connaître depuis toujours. Elle se mit alors à chanter, d’une voie forte, pendant que l’orchestre s’activait :

 

Ce soir,

Le vent qui frappa à ma porte

Me parle des amours mortes,

Devant le feu qui s’éteint

 

Ce soir,

C’est une chanson d’automne,

Dans la maison … qui frissonne

Et je pense aux jours lointains

 

Que reste-il de nos amours ?

Que reste-il de ces beaux jours ?

Une photo, vieille photo

De ma jeunesse …

 

Que reste t’il des billets doux ?

Des mois d’avril, des rendez vous

Un souvenir qui me poursuit

Sans cesse … (2)

 

Lucas eut l’impression que Keith lui avait parlé pendant la représentation, mais il n’écouta pas. Il était subjugué par Brooke, sa voix, sa beauté, ses mouvements. Tout était grâce en elle.

Quand le rideau tomba, il sentit une profonde tristesse l’envahir. Il entendait les applaudissements et les cris venant de la salle, mais il ne se rendait pas compte. Brooke Davis.

  

Brooke ne se rendait pas compte. Elle venait de chanter pendant près d’une heure, sans se rappeler de ce qu’elle avait fait et chanté. C’est comme si quelqu’un avait prit possession de son corps et chanté à sa place. Elle se rendait juste compte qu’elle était acclamée dehors. Cooper se jeta dans ses bras et ils rirent tous les deux, comme au bon vieux temps, de son succès.


S0h0o  (16.05.2007 à 14:18)

Keith entraîna Lucas dans un couloir sombre, qui menait à la loge de Brooke. Dès qu’il la vit, son cœur se mit à battre fort. Elle était encore plus belle de près que de loin.


- Mademoiselle Davis, je vous présente le jeune homme qui va s’occuper de vous écrire de nouvelles chansons. Voici Lucas Scott.


Brooke sourit de toutes ses dents et serra la main de Lucas.


- Enchantée.


Lucas sourit, lui aussi. Il ne pouvait s’empêcher de se répéter son nom dans sa tête : Brooke Davis, Brooke Davis, Brooke Davis …


- Il faudra que nous nous voyions souvent, l’informa Brooke, je tiens à ce que mes chansons soient très personnelles. D’habitude c’est moi qui trouve leurs formes avec un écrivain Américain, mais je n’arrive pas à écrire de bonnes choses en Français.

- Oui oui.

- Pourrait-on se voir demain ?

- Oui oui.

- Très bien, dit Brooke toujours en souriant, alors vous n’avez cas venir à mon hôtel. Je réside au Georges V.

- Oui oui.


Brooke lança un regard à Cooper. Elle devait le prendre pour un idiot. Il se ressaisit :


- Alors rendez-vous demain ?


Brooke sembla hésiter un moment mais dit finalement :


- Vous voulez rester ? On va aller fêter mon succès.


Ses yeux pétillaient. Elle semblait vraiment heureuse, et Lucas ne pouvait détacher ses yeux des siens. Il s’apprêtait à répondre quand :


- Non désolé, nous devons nous sauver mais ça aurait été avec grand plaisir. Une autre fois peut-être.


Lucas foudroya Keith du regard, comment osait-il gacher sa chance de passer une soirée avec Brooke ?

Néanmoins il ne voulut pas s’attirer les foudres de son éditeur et le suivit, déçu.

Brooke le regarda partir, étonnée.


- Ils sont tous comme lui ? demanda t’elle.

- Il était impressionnée chérie … tu es une star maintenant !





   

- Et là, l’agent de police lui dit : « Je ne sais pas, je n’ai jamais apprit à chanter ! »


Toute la table éclata de rire. Brooke faisait tourner son doigt autour de son verre, affalée sur la table. Ce n’était pas du tout la soirée qu’elle imaginait. Elle pensait s’amuser, comme en Amérique, avec Cooper et ses amis, mais les amis Français de Cooper étaient tous très ennuyeux. Leurs blagues ne la faisaient pas rire, elle n’aimait pas leur façon de parler, elle n’aimait même pas la nourriture du restaurant où ils étaient. Elle se surprit à penser à Lucas, le jeune homme qu’elle avait rencontré quelques heures plus tôt. Elle était sure que s’il était venu, elle se serait beaucoup plus amusée. Il avait l’air assez impressionnée par elle, mais elle était sur que c’était un garçon sympa. Elle prit sa tête entre ses mains et se leva.


- Où vas-tu ?

- Je rentre. Je meurs de fatigue, expliqua Brooke.

- Reste un peu, la pria une femme, qu’elle ne connaissait ni d’Eve ni d’Adam.

- Non, vraiment, je dois me reposer.


Un cri de déception retentit à la table. Brooke sourit poliment et sortit.

Un petit vent d’août lui parcouru l’échine. Elle décida de marcher jusqu’à son hôtel, qui n’était pas très loin. Il n’était pas très tard, mais les rues étaient presque désertes. Les rares passants semblaient souls.

Elle pressa le pas, sentant le vent dans son dos.





   

Lucas, était dans sa minuscule chambre, il faisait les 100 pas. Il avait finalement accepté de travailler avec Brooke, mais sa panne d’inspiration était toujours là. Qu’allait-il faire ?

Il se mit en route vers 10 heures, décidant de trouver une solution en route. Il marcha un moment, observant le soleil, et se retrouva devant l’hôtel, sans avoir rein trouvé, ni même cherché. Il entra, sous l’œil méprisant du portier, et se présenta devant la réception :


- Bonjour je viens voir mademoiselle Davis.


L’homme leva les yeux vers lui et le toisa de la tête aux pieds.


- Je vois … Elle vous attends dans la salle de cocktail.


En effet, Brooke, habillée très simplement mais joliment, attendait dans la salle de cocktail, assise, un verre à la main, l’air de s’ennuyer profondément.


- Bonjour.


Brooke se retourna alors et sourit.


- Bonjour Lucas. Vous permettez que je vous appelle Lucas ?

- Mais bien sur.

- Appelez-moi Brooke. Mr James m’a dit beaucoup de bien de vous.


Lucas restait debout un peu gêné.


- Asseyez vous ! Le pria Brooke, se rendant compte de son malaise.


Lucas prit place et un serveur accourut.


- Vous désirez quelque chose ? demanda celui-ci d’un ton guindé.


Lucas secoua la tête mais Brooke posa son verre vide sur le plateau.


- Un autre, s’il vous plait, demanda t’elle.


Lucas observait Brooke, du coin de l’œil. Elle avait attaché ses boucles brunes en un chignon sophistiqué, portait un petit gilet blanc dévoilant le haut de sa jupe taille haute, noire.

Il regarda ses chaussures trouées et les cacha sous la table.


- Bien, dit Brooke, on peut commencer. Vous avez des idées ?

- Pas vraiment, avoua Lucas, je dois vous avouer que je ne suis pas très inspiré en ce moment.

- Ce n’est pas grave, peut-être que je peux vous inspirer !


Elle partit dans un rire cristallin, qui fit fondre Lucas.


- Sur quel thème voudriez vous que vos chansons portent ?

- Je ne sais pas encore trop. Peut-être pourrions nous commencer par une chanson sur Paris ? Ce serait l’idéal.


Lucas approuva. Il prit le papier que Brooke lui tendait et demanda :


- Vous voudriez quelque chose de sobre ?

- Non. Je veux que les gens se souviennent de ma chanson.


Lucas prit alors sa plume et griffonna 3 phrases, sans grand espoir.


Fini le ciel gris
Les matins moroses
On dit qu’à Toulouse, les briques sont roses (3) 

Lucas montra ce qu’il avait écrit à Brooke, plutôt fier. Celle-ci lut et grimaça.


- Le problème, c’est que je veux montrer aux Parisiens que j’aime leur ville. Pas que je veux la quitter …


Elle relut encore une fois le texte et sourit :


- Mais j’adore.


Lucas, un peu décontenancé au début, sourit. Brooke était tellement simple. Il se lâcha enfin :


- Vous pourriez dire « Je me barre, Paris où est tu que je te quitte » ?





   

Lucas et Brooke relevèrent la tête de leur chanson vers 19h environ.


- On n’a même pas mangé ce midi, remarqua Brooke.


Lucas, à qui ça arrivait souvent de ne pas manger le midi, faute de moyen, rit jaune.


- Je crois que je devrais y aller.


Il se leva et s’apprêtais à dire au revoir poliment quand Cooper entra dans la pièce.


- Ah Lucas Scott ! Vous avez bien travaillé ?


Lucas acquiesça comme un écolier.


- Brooke, chérie, on sort ce soir, l’informa Cooper.

- Je n’en ai pas très envie.

- C’est important que tu te montres. Les gens veulent te voir.

- Je sais, dit Brooke à contre cœur, mais pas ce soir.


Cooper soupira.


- Très bien. C’est toi qui vois.


Une fois Cooper partit, Lucas s’apprêtait à suivre le même chemin, quand Brooke lui dit :


- Lucas … tu fais quelque chose ce soir ?


Lucas appreçia que Brooke le tutoie.

Il était censé voir des amis, dans un bar mais l’offre était trop tentante.


- Non. Pourquoi ?

- Ca te dirait de faire …quelque chose ?

- Je croyais que tu ne voulais pas sortir.

- Je n’ai pas envie de sortir, avec lui. Alors ? demanda t’elle pleine d’espoir.

- Avec plaisir. Où veux-tu aller ?


Brooke prit son petit sac à main, et prête pour l’aventure, elle dit dans un souffle :


- Tu choisis.



Musique

Brooke ne put s’empêcher d’être un peu horrifiée en entrant dans le bar ou elle et Lucas était censés aller. Les murs étaient crasseux, la salle était remplie de grosses femmes se faisant tripoter par des hommes ivres morts, et le tout sentait l’alcool à plein nez.

Ils s’assirent à une table, sale, près de la fenêtre.


- Désolé, je suppose que tu n’as pas l’habitude de fréquenter ce genre d’endroit.

- Si si, mentit Brooke.


Elle regarda les autres femmes et hommes, qui l’observaient. Elle s’approcha de Lucas et dit :


- Pourquoi ils me regardent tous ?

- Je crois, que tu n’as pas le même style vestimentaire qu’eux.


Brooke gênée, enleva son gilet en soie et demanda à Lucas :


- Passe moi ta veste.

- Quoi ?

- Donne moi ta veste, s’il te plait !


Lucas lui donna sa veste, toute sale, que Brooke enfila sans rechigner.

Elle était toujours beaucoup plus belles que les autres femmes, mais portaient à peu près les mêmes vêtements.

- Alors Lucas … raconte moi un peu. Tu vis ici ?

- Pas loin. Dans la rue adjacente, là-bas. Et toi ? L’Amérique … ça doit être passionnant, non ?

- Bof. Pas plus que la France.

- Pourquoi est-tu venu ici ? demanda Lucas innocemment.

- Et bien …dit Brooke en rougissant, c’est une longue histoire.

- J’aime les longues histoires.


Brooke se mit à nouveau à tripoter les pans de la veste, et Lucas comprit qu’il avait fait une gaffe.


- Tu n’es pas obligé de me dire, si tu n’en a pas envie, l’assura t’il.


Brooke regarda de nouveau la salle autour d’elle. Si elle voulait se mettre dans l’ambiance, il ne fallait plus qu’elle ait honte d’elle-même.


- En fait, je ne remplissais plus de salle aux Etats-Unis.

Lucas grimaça, gêné d’avoir forcé Brooke à avouer sa défaite.


- Mais ne t’inquiète pas, le rassura t’elle, aujourd’hui je me sens mieux !


Leurs boissons arrivèrent alors, deux liqueurs.

Lucas prit la sienne et donna la seconde à Brooke. A son grand étonnement, Brooke avala son verre cul sec. Il sourit et but le sien.


- Ca t’étonne ? demanda t’elle

- Un peu. Je ne pensais pas qu’une fille aussi distinguée buvait son eau-de-vie de cette façon.

- J’ai l’habitude de boire. En Amérique, on a tous l’habitude de boire.


Lucas sourit à nouveau et commanda 2 autres verres.





    

Le lendemain, Lucas vit que Brooke attendait à la même salle que le jour d’avant, mais cette fois-ci, elle portait une paire de lunette de soleil. Elle sirotait la même boisson, accoudée à la même table, dans le même palace. Quand elle vit Lucas, son visage sembla s’illuminer.


- Lucas !

- Comment vas-tu ?

Elle s’accrocha à Lucas et se mit sur la pointe des pieds pour déposer une bise sur sa joue. Lucas sourit, niaisement.


- Tu as passé une bonne soirée hier soir ? demanda t’il

- Excellente. Cela faisait longtemps que je ne m’étais pas autant amusée. Il faut dire que j’ai pas mal bu …

- Un peu. Mais je ne pensais pas que tu te mettrais à chanter la marseillaise à 2h du matin …


Brooke rit à ce souvenir.


- Où en étions nous de la chanson ? demanda Lucas


Elle n’avait vraiment pas envie de travailler. Tout ceci lui paraissait tellement superficiel  à présent … elle soupira.


- A « Les escaliers des cartes postales  » …



S0h0o  (16.05.2007 à 14:28)

Plusieurs mois étaient passés. Brooke et Lucas étaient sortis ensemble presque tous les soirs, s’amusant plus que jamais à chaque fois. Les concerts marchaient bien, et Brooke écrivait sans cesse de nouvelles chansons.

Ce jour là, ils avaient encore travaillé tard, et Brooke regrettait de devoir abandonner son ami.

Vers 20h, Cooper arriva pour la prendre. Elle avait accepté de sortir avec lui et ses amis ce soir, par gentillesse. Quand Lucas vit Cooper entrer, il se leva, prêt à s’en aller. Brooke eut alors une idée :


- Hé ! Et si tu venais avec nous ?


Cooper grimaça. Ce n’était pas vraiment prévu au programme. Lucas comprit et refusa poliment, en faisant non de la tête.

- Mais c’est gentil d’avoir proposé.


Brooke posa alors sa main sur la sienne et plongea son regard dans le sien :


- S’il te plait …


Lucas ne pensa alors plus à Cooper, ni à la chanson, ni même au reste du monde, Brooke voulait qu’il vienne.


- D’accord.


Lee, un peu gêné, lui dit alors :

- Tu n’as pas tout à fait le style du restaurant dans lequel on va …


Brooke le fusilla du regard.


- Ca ira très bien, le rassura t’elle, gardant sa main posé sur la sienne.


Elle regardait Lucas baisser les yeux. Il était tellement mignon avec ses vêtements sales et ses yeux bleus. Pour la première fois, elle le voyait comme un homme et non comme son écrivain. Cela la troubla.





   

- Et donc, je lui ai dit que je vous trouvait magnifique, mais elle m’a répondu que …


Brooke avait tout essayé pour montrer à son interlocutrice que son discours ne l’intéressait pas. Elle avait regardé sa montre, baillé, regardé ailleurs pendant plusieurs minutes, fermé les yeux l’air de s’endormir, mais la femme en face d’elle s’obstinait à lui raconter sa vie. Elle regarda Lucas, à l’autre bout de la table, jouer avec sa serviette, l’air de s’ennuyer profondément. Leurs regards se croisèrent alors et ils échangèrent un sourire complice. Brooke eut des frissons dans le dos. Il avait un tellement beau sourire.


- Alors moi je dis : NON ! C’est impossible ! Vous comprenez pourquoi ?


Après quelques secondes de silence de son interlocutrice, elle comprit qu’elle lui posait une question.


- Pardon ?

- Vous comprenez pourquoi j’ai dis ça ?

- Euh … oui, mentit Brooke.

- Voilà ! Donc je pensais en avoir finit mais …


Elle appela le serveur d’un claquement de doigt et lui demanda de la resservir en champagne, puis lui glissa à l’oreille de resservir Lucas en même temps.

Celui-là même observait Brooke depuis quelques minutes. Elle semblait s’ennuyer autant que lui. Mais à présent, elle discutait avec le serveur, cela l’énervait. Ne pouvait-il pas se contenter de prendre sa commande ?

Le serveur partit, Brooke essaya de se concentrer sur la conversation que la femme tenait toujours. Elle comprenait vaguement qu’il était question d’une robe tachée et d’une laverie malintentionnée.

Elle chercha du réconfort auprès de Lucas, mais celui-ci ne la regardait plus. Il tenait ses yeux obstinément baissés.

Ne supportant plus l’ambiance, elle se leva et fit le tour de la table pour empoigner Lucas.


- On s’en va.

- Brooke, dit Cooper en riant nerveusement, on a pas finit de manger.

- J’ai finit.

- Reste, lui souffla t’il.

- Désolé. On s’en va.


Lucas la suivit, docilement jusqu’à dehors où ils marchèrent en silence. Ce silence montrait à Brooke que Lucas lui en voulait, mais elle ne savait pas pourquoi.


- Est-ce que je te sers d’accessoire ? demanda finalement Lucas


Brooke s’arrêta, étonnée.

- Qu’est ce que tu veux dire ?

- Je veux dire que tu me transporte, tu te sers de moi quand tu t’ennuie, je suis censé te suivre partout … tu me considère comme quelqu’un d’accessoire ?


Il avait dit tout ça très calmement, mais avec une lueur de colère dans les yeux.


- P…pas du tout. Tu te fais des idées.


Brooke était déboussolée.


- Alors je crois que je vais m’en aller, décreta-il.

- Non Lucas ! S’il te plait !


Il se posa devant elle et dit :


- Pourquoi ? Pourquoi suis-je censé rester? Donne moi une bonne raison.

- Parce que … j’ai besoin de toi Lucas. Il n’y a que toi qui puisse m’aider.


Lucas ne bougea pas, attendant la suite.


- Tu es le seul qui m’empêche de tout plaquer. Depuis le début, tout me répugne, la ville, les habitants, même Cooper … je me sentais vraiment mal. Mais grâce à toi, je me suis sentie renaître. Sans toi, j’aurais déjà fait une dépression nerveuse. Quand je me sens mal, je pense à toi. Pendant mes concerts je pense à toi. Sans toi, je ne suis plus rien. Ne me laisse pas.


Lucas la regarda, tout près d’elle, quelques seconde, et se remit à marcher, comme si de rien était. Elle le suivit.

Musique
- Je n’ai pas envie de rentrer à l’hôtel.

- Où veux-tu aller ?


Brooke réfléchit.


- Chez toi ?


Ils se remirent à marcher. Lucas lui prit la main, la glissa dans la poche de sa veste, et Brooke ne la retira pas.





   

Lucas, avait un peu honte d’emmener Brooke dans son petit taudis, mais il savait qu’elle ne pouvait pas rentrer à l’hôtel sans croiser Cooper. Il vit qu’elle ne grimaça pas en entrant dans sa chambre, elle ne fronça pas le nez, ne montra aucun signe de dégoût.


- Désolé, c’est assez sale, dit –il en se grattant la tête.

- Pas grave.

Elle s’assit sur le matelas qui lui servait de lit et le regarda.


- Quoi ? demanda t’il un peu gêné

- Rien. Rien du tout.


Elle regardait ses courbes parfaites. Sa coiffure courte, mettant en valeur ses yeux. Ses lèvres rieuses. Il était tellement beau, elle était stupéfaite de ne pas s’en être aperçue plus tôt. Elle avait envie qu’il lui reprenne la main, mais n’oserait jamais le demander. Elle enleva son manteau et décrocha son gilet.

Lucas s’approcha et s’assit à côté d’elle. Il approcha son visage du sien. Brooke gardait les yeux ouverts, comme pour se souvenir de ce moment. Leurs lèvres se touchèrent alors et il l’enlaça.

Il la coucha sur le matelas et toucha son épaule nue. Il lui enleva son gilet et son caraco, pendant qu’elle dégrafait sa jupe. Elle sentait son souffle chaud dans son cou…


- Attend …


Il s’arrêta et la regarda intensément.


- Qu’est ce qu’il y a ? demanda t’il


Sans répondre, elle l’embrassa à nouveau, plus fougueusement, et Lucas se serra contre elle. Il avait rêvé de ce moment tellement de fois …




   

Quand Lucas ouvrit les yeux. Il la trouva, un drap autour de son corps nu, regardant par la fenêtre. Il était encore tôt.


- Brooke …


Elle tourna la tête vers lui, un air serein sur le visage.


- Désolé, je t’ai réveillé ?

- Pas du tout.


Il s’approcha d’elle et elle détourna les yeux.


- Pardon, s’excusa t’elle, mais je n’ai pas l’habitude de ça.

- Je sais.


Il lui caressa son épaule et posa sa tête dessus.


- Je sais, répéta t’il.


Elle descendit alors de la fenêtre et l’embrassa gentiment.

Elle s’assit alors à nouveau sur le matelas, l’entraînant à côté d’elle, et lui demanda, très sérieusement :


- Que sommes nous Lucas ?

- C'est-à-dire ?

- Sommes-nous un couple ?


Lucas se décolla un peu d’elle, et, un air triste sur le visage, dit :


- Je ne crois pas. Que diraient les gens s’ils apprenaient que tu sortais avec un pauvre écrivain raté ?

- D’abord tu n’es pas un écrivain raté. Ensuite, je me fiche que ce que dirait les gens. Ce qui importe, c’est nous. Qu’est ce que toi, tu en dirais ?


Lucas sourit en signe d’approbation. Elle se blottit alors contre lui, tout en se demandant réellement ce que Cooper et les autres allaient en penser.


S0h0o  (16.05.2007 à 14:35)

- Brooke !


Brooke et Lucas s’étaient tenus  la main durant tout le trajet, pour arriver à l’hôtel. Mais dès qu’elle entendit Cooper crier son nom, elle lâcha sa main. Lucas comprit, et ne fit aucun commentaire.


- Qu’est ce qui t’a prit hier soir ?

- Désolé. J’étais fatiguée.

- En plus, continua Cooper, on m’a dit que tu n’étais pas entré à l’hôtel de la nuit !


Il regarda alors Lucas, suspectement.


- Tu n’as quand même pas passé la nuit …avec lui ?


Brooke hésita alors. Mais c’était impossible de dire la vérité.


- Non. Enfin si, on s’est un peu baladé.


Lucas soupira inaudiblement. Il savait que Brooke n’oserait jamais avouer leur liaison, malgré ses belles paroles. Il lui lança un regard compréhensif.


- Je vois. Si je dis ça, c’est parce que j’ai quelque chose de très important à t’annoncer, qui ne vas pas te faire plaisir.


Brooke regarda Cooper, un peu paniquée.


- Qu’est ce que c’est ?

- Peyton Sawyer va venir chanter avec toi, au Grand Théâtre.


Brooke avait parlé plusieurs fois de Peyton, à Lucas, et celui-ci savait comme elles se détestaient. Il préféra déguerpir.


- Je vais préparer la salle de travail, les feuilles, les crayons … prétexta t’il.

- PEYTON SAWYER ? Hurla t’elle, sans se préoccuper de l’excuse de Lucas.

- Oui …

- Pourquoi pourquoi ? Je veux dire … pourquoi ? Pourquoi ne reste t’elle pas en Amérique ?

- Et bien, expliqua Cooper, elle a eu vent de ton succès en France, et elle a voulu élargir son public …

- D’accord. Mais la France n’est pas assez grande pour nous deux ? Elle ne pouvait pas aller dans une autre ville ?

- Paris chérie ! Pourquoi voudrais tu qu’elle aille ailleurs ?

- Mais pourquoi au Grand Théâtre ? Geignit Brooke en se laissant tomber sur une chaise, au bar.

- Pour la même raison que toi. Beau public. Paye bien.


Brooke commanda une boisson et croisa les bras. Ce matin même, elle s’était réveillée heureuse. Pourquoi ne pouvait-elle pas savourer son bonheur plus de 2 minutes ?





Musique   


Peyton arriva deux semaines plus tard, par voiture, tout comme Brooke. Cette dernière s’était calmuré dans sa chambre, attendant que la joie qu’engendrait l’annonce de l’arrivée de Peyton cesse. Lucas la réconfortait du mieux qu’il pouvait.


- Ne t’inquiètes pas. Les gens ont l’habitude de te voir, ils te préféreront à une nouvelle qu’ils ne connaissent pas.

- Et si justement ils préfèrent la nouveauté ?

- Les Parisiens n’aiment pas la nouveauté, affirma Lucas.


Elle l’embrassa et posa sa tête sur son épaule.


- Merci de mentir pour me rassurer.


Quelques coups retentirent alors à la porte. Lucas, comme d’habitude, se cacha dans la salle de bain. C’était devenu une habitude.


- Cooper ? Qu’est ce qui t’amène ? demanda t’elle en ouvrant la porte

- Peyton arrive !

- Quoi ?

- Elle veut te dire bonjour ! Je vais essayer de la retarder, elle est dans l’entrée, mais en attendant, essaye de préparer un mini discours poli ou si tu ne t’en sens pas capable … cache toi !


Dès que la porte fut refermée, Brooke s’activa à ranger la chambre, qui était en bazar. Lucas, qui avait tout entendu, sortit.


- Pourquoi est-ce qu’elle vient te dire bonjour ? Je croyais qu’elle te détestait autant que tu la détestait ?

- Oui mais moi je la hais à tel point que je ne supporte pas d’être en contact avec elle. Elle, elle adore juste m’humilier. Si elle trouve la chambre sans dessus dessous, elle va forcément trouver quelque chose pour me rendre ridicule. On fait semblant de s’adorer pour mieux de détester.


Lucas acquiesça et l’aida à ranger. Quelques minutes plus tard, des nouveaux coups retentirent à la porte.


- Peyton !dit Brooke hypocritement

- Brooke ! Ca me fait tellement plaisir de te voir !


Elle se prirent dans les bras mais se relâchèrent très rapidement.


- Désolé, c’est un peu mal rangé, s’excusa Brooke qui avait pourtant rangé la chambre de fond en comble.

- Je vois ça …


Brooke serra les poings.


- Mais je te remercie Brooke ! piailla t’elle

- De quoi ?

- D’avoir prit une simple chambre pas chère, en me laissant les suites confortables.


Brooke serra encore plus forts ses poings. Lucas, qui était toujours dans la salle de bain, sourit en pensant à Brooke et la façon dont elle devait contenir sa rage.


- Très bien, ça m’a fait plaisir de te voir, mais je suis fatiguée, abrégea Brooke.

- Bien sur. On se voit ce soir au Grand Théâtre.

- C’est ça, à ce soir.


Elle lui claqua la porte au nez et s’effondra sur son lit.

Lucas sortit de la salle de bain et s’assit à côté d’elle.


- Et si elle s’incrustait pendant longtemps ? Qu’est ce que je vais devenir ? se lamanta t’elle.

- Et bien … peut-être qu’on ira en Angleterre.





  

Lucas repassait chez lui, quand il vit que sa porte était ouverte. Il entra et découvrit Keith, assit à son bureau, en train de lire ses écrits.


- Mr James.

- Ah Lucas ! Je suis passé pour voir ce que tu avais écrit … tu ne m’a rien envoyé depuis plus de 3 semaines !

-Désolé monsieur mais je suis très occupé avec Brooke Davis. Depuis plusieurs mois on travaille dur.

- Oui j’ai entendu ça. Mais j’aimerais quand même que tu passes dîner un soir, à la maison.


Lucas gêné, cherchait une excuse.


- Et ne me trouve pas d’excuses, dit Keith comme s’il lisait dans ses pensées. Tu pourras revoir Haley.


Lucas soupira. Cela devenait de plus en plus compliqué.






   

Le spectacle du soir se passa très bien. Le show de Peyton marcha très bien, au grand désespoir de Brooke, mais heureusement, le sien marchait toujours aussi.

Quelques temps passèrent, des jours et des semaines. Brooke gardait toujours sa relation avec Lucas secrète, même si ce dernier commençait à faire pression. Lucas ne supportait plus d’être « l’homme de l’ombre ».


- Je ne peux pas ! Protesta Brooke

- Bien sur que tu peux ! Il te suffit d’en parler à Cooper.

- Il en fera une attaque s’il sait que je sors avec toi.

- Brooke, j’en ai marre de penser que tu as honte de moi.


Celle-ci prit sa tête entre ses mains et souffla :


- Je n’aurais jamais honte de toi.

- Alors pourquoi tu n’annonces pas notre relation en public ?


Brooke détourna les yeux et enfila une robe.


- Tu veux bien attacher le nœud du ruban derrière ?


Lucas s’exécuta, tout en repensant à la question qu’il avait posée.


- Je veux juste savoir ce qui te gène. Dis-moi.

- Mais c’est juste que ce n’est pas correct ! S’énerva Brooke. Tu sais très bien que l’on n’est pas les mêmes Lucas ! On ne vient pas du même monde, on n’est pas pareil, on ne peux pas …


Elle s’arrêta, sentant Lucas devenir furieux.


- Très bien, alors il n’y a aucune raison que je reste plus longtemps.

Il se leva et commença à partir d’un pas décidé, sous les suppliements de Brooke.

- Excuses-moi, ce n’est pas ce que j’ai voulu dire ! Lucas ! Où vas-tu ?

- Je suis invité à dîner. Dans mon monde.


Il claqua alors la porte et Brooke tapa rageusement dans la boite de sa robe. Elle se détestait.




Musique   

A cause de ça, Lucas s’était rendu chez Keith. Il arriva devant le perron de la maison, sans trop savoir pourquoi il se trouvait là, et se demanda ce qu’il faisait là. Il vit alors Haley sortir de la maison, regardant tout autour d’elle. Il se demanda ce qu’elle faisait là, cherchant si quelqu’un ne l’observait pas. Elle allait forcément faire quelque chose qu’elle n’était pas censée faire, vu la façon dont elle regardait autour d’elle et cela amusa Lucas de savoir ce que c’était. Elle s’avança jusqu’au fond de la cour, et un jeune homme sortit des feuillages. Ils les virent alors s’embrasser et tout s’éclaira.

Apparemment, Haley n’avait pas plus envie que lui de l’épouser, c’était déjà une bonne chose. Elle avait donc un amant clandestin …Il vit alors la porte du perron s’ouvrir et il cria très fort, pour prévenir Haley :


- Monsieur James !

Celui-ci descendit et vit sa fille arriver, de derrière les feuillages.

- Que faisais tu là ma fille ?
- Rien rien.

Elle rougit en regardant Lucas. Ce dernier lui fit un clin d’œil, ce qui la rassura.

Maintenant, le plus dur serait d’annoncer à Keith qu’il n’aurait pas de petits-enfants de lui.


S0h0o  (16.05.2007 à 14:49)

Lucas s’efforçait de ne pas regarder Haley, qui elle-même regardait discrètement par la fenêtre. C’était un dîner entre amis, des amis de l’âge de Keith. Tous ses compagnons parlaient très fort, de politique, ce qui n’intéressait pas beaucoup Lucas.


- Moi je vous dire que les Bosch sont aux portes de la France, annonça un homme trapu.

- Tout le monde le sait Gilbert, ce qu’il faut savoir c’est, est ce que la France est prête ?

- Ecoutez, dit Keith, on a gagné en 18, cela ne durera pas plus de quelques mois cette fois-ci, on est préparé.


Lucas tendit l’oreille. Son histoire avec Brooke Davis l’avait complètement éloigné du monde extérieur et l’annonce d’une guerre prochaine le surprit beaucoup. En même temps, ils avaient tous beaucoup bu, et il n’était pas exclu qu’ils délirent.


 - La guerre entre la Japon et la Chine montre déjà ce qui va se passer.

- Cela n’a rien à voir ! S’énerva Keith 

- Et le pacte avec l’Allemagne alors ! Ca n’a rien à voir peut-être ? Hurla un autre homme

- Mais vous confondez tout !


Lucas leva les yeux au ciel. Il tenait à s’informer, mais les débats ne menant à rien, comme celui-là l’horripilait. Il tenu presque une heure, comme ça, et quitta la soirée sans que personne ne s’en aperçoive.





  

Il ne quitta pas la soirée très tard, il n’avait toujours pas avoué à Keith la vérité. Il rentra chez lui directement, ferma la porte et se laissa tomber sur son lit, dans la nuit noire, mais il sentit quelque chose de dur sous lui.


- Aïe ! Entendit il


Il se releva et aperçut vaguement une personne sur son lit.


- Brooke, qu’est ce que tu fais ici ?

- J’étais venue t’attendre, pour me faire pardonner. Et je me suis endormie …


Il la releva doucement, mais celle-ci tenait son nez.


- J’ai vraiment mal, tu as atterrit pile sur mon nez, se plaignit elle.

- Désolé, s’excusa froidement Lucas, mais tu devrais t’en aller.

- Lucas ! Pardonne moi, je ne sais pas ce qui m’a prit.

- D’accord. Maintenant tu peux t’en aller.


Brooke soupira. Elle s’était excusée. Que pouvait-elle faire d’autre ? Une idée l’effleura. Elle regarda son petit bracelet montre et vit qu’il n’était que 22h.


- Suis moi, ordonna t’elle.




   

Brooke respira un grand coup avant d’entrer dans le restaurant. Elle tira Lucas par le bras et chercha Cooper du regard. Celui-ci riait, à une table tout au fond, avec de nouveaux amis. Il avait tendance à aller au restaurant tous les soirs maintenant, et à rencontrer de nouveaux amis chaque fois. Elle se plaça devant lui et avant qu’il n’ait pu dire quoique ce soit, elle poussa Lucas devant elle et dit d’une voix forte :


- Lucas et moi avons une liaison.


Un grand silence s’établit à la table. Brooke se demanda si elle avait bien fait d’utiliser le mot « liaison ».

Lucas regarda Brooke et sourit. Voilà, à présent il lui pardonnait.





Musique   

Le lendemain, Brooke fut réveillée par le jour. Elle vit Lucas à côté d’elle, ce qui l’a fit sourire. Bien sur, beaucoup de gens -dont Cooper- n’appréciaient pas qu’ils aient une liaison hors mariage, mais tout cela lui importait peu. Elle s’étendit, se rappelant de la conversation de la vieille.


Flash Back 

- Alors comme ça, Lucas Scott et toi dé….

- Oui, répondit Brooke abruptement.


Elle voulait rentrer dans sa chambre le plus rapidement possible, pour repenser à tout ce qui s’était passé ce soir, mais Peyton l’avait intercepté au bar.


- C’est bien. Si tu aimes les gens comme lui, tout va bien.


Brooke la fusilla alors du regard.


- Qu’est ce que tu entend par « les gens comme lui » ?


Peyton sourit et sirota une gorgée de son verre.


- Tu sais ce que je veux dire.


Brooke s’assit et approcha son visage du sien.


- Il a peut-être moins d’argent, mais l’argent n’achète pas tout. La classe par exemple. C’est quelque chose que tu n’auras jamais Peyton. Tout ce qui sort de ta bouche n’intéresse personne. Effrayer les gens ne te rendras pas plus heureuse et m’humilier non plus.


Peyton plissa les yeux, posa son verre et répliqua :


- Tu te trompes. T’humilier contribue à mon bonheur.


Elle partit alors, d’un pas pressé.

Brooke remonta dans sa chambre, contente de s’en être débarrassée. Lucas la rejoint quelque temps plus tard, plus heureux que jamais.

Fin Flash Back 


Elle sortit de son lit et enfila un peignoir en satin. Il faisait chaud. On était début septembre, elle se rendit alors compte que cela faisait plus d’un 1 an qu’elle était ici. Le temps était passé tellement vite.

Elle regarda par la fenêtre, comme la première fois où elle était arrivée.

Cela lui paraissait si lointain et en même temps si proche … Elle sentit une main lui toucher la jambe. Elle se retourna et vit Lucas l’observer.

Elle s’assit près de lui et caressa son visage.


- Lucas …

- Oui ?

- Je t’aime.





  

Le soir même, Brooke fit un concert qui attira les foules. Peyton, chanta aussi et fut applaudit, mais Brooke s’en ficha. Elle comprenait enfin qu’elle était heureuse.

Peyton, qui sortait de scène approcha de Brooke et dit :


- Pas mal la salle ce soir hein ? Dommage qu’il y ait un espèce de clochard qui soit assis au premier rang.


Brooke lui sourit gentiment. Lucas était le « clochard », mais elle s’en fichait. Heureuse.


- Pas mal ta performance Peyton. C’est dommage que tu sois passé juste après moi, tu aurait sûrement été plus applaudie si tu étais passé avant …


Peyton sourit méchamment à son tour et disparu dans sa loge. Brooke regarda vaguement la scène, et repartit. En passant devant la loge de Peyton, elle entendit un petit cri. Elle tendit l’oreille et entendit de nouveau un autre cri étouffé. Elle s’arrêta quelques secondes et s’apprêtais à repartir quand elle entendit distinctement Peyton dire « Tu me fais mal …».

Elle entra alors à la volée pour voir Dereck, le manager de Peyton la tenir fermement contre le mur, ses jupes retroussées. Dereck lâcha alors Peyton, et Brooke vit que le maquillage de cette dernière avait coulé.


- Qu’est ce que vous faîtes ici ? grogna t’il.

- Je voudrais parler à Peyton.

- Elle est occupée.


Peyton baissa la tête.


- C’est important, prétexta Brooke.


Dereck regarda Peyton une dernière fois, et partit, non sans bousculer Brooke.

Peyton s’effondra alors par terre, en pleur. Brooke referma la porte et s’accroupie devant elle.


-Tu es contente ? Cracha Peyton avec haine, tu a gagné. Je suis ridiculisée devant toi !

- Mais … je ne suis pas « contente » Peyton, je …

- Vas-t’en.

- Peyton ! Ton manager abuse de toi, tu ne dois pas le laisser faire, tu dois …

- Qu’est ce que tu veux que je fasse ?

- Le dénoncer ! dit Brooke

- Qui veux-tu que ça intéresse ? De plus, Dereck est le seul qui a voulu de moi. Sans lui, je ne suis plus rien !

- Mais on s’en fiche ! Tu préfères te faire violer plutôt que de perdre ton statut de star ?

- Oui, souffla Peyton.


Brooke se laissa tomber à côté d’elle, stupéfaite. Elle enleva une mèche blonde qui s’était collée au visage de Peyton, à causes de ses joues trempées.


- C’était la première fois qu’il essayait ? demanda t’elle finalement


Peyton baissa la tête, signe de réponse négative. Une larme coula sur sa joue.


- Peyton ! la secoua Brooke, tu ne peux pas te laisser faire !

- Tu ne comprends pas ? Ma carrière est tout pour moi. Je ne peux pas abandonner. C’est impossible.

- Mais … c’est horrible. Tu ne peux pas dire ça. Laisser ruiner ta vie, pour …une simple carrière.

- Une simple carrière ? C’est tout ce que j’ai Brooke. Je n’ai plus de famille, je n’ai pas d’amis, pas de mari … tu as Lucas, toi, moi je n’ai personne. Il te restera toujours quelqu’un. Moi non.


Brooke comprit alors que depuis le début, Peyton souffrait. Elle était méchante car toute sa vie était un vaste champ de ruine, sans rien pour se rattacher.

Brooke prit Peyton dans ses bras, et celle-ci pleura, un long moment.




  

(Remettez la chanson "Honey and the moon" du debut ^^)

Le lendemain après-midi, Brooke vit une voiture devant l’hôtel. Une voiture qu’elle connaissait.

- Peyton !


Celle-ci se retourna, les yeux rouges.


- Tu … tu pars ? demanda Brooke


Celle-ci eut un sourire triste.


- Je repars aux Etats-Unis. Dès aujourd’hui.


Brooke regarda la voiture prête. Dereck se trouvait à l’arrière, l’air de s’ennuyer profondément.


- Avec Dereck ? Tu restes avec lui malgré ce qu’il te fait subir ?


Peyton fit la bise à Brooke.


- Merci Brooke.

- De quoi ?


Peyton regarda la voiture, et soupira en se mordant les lèvres.


- D’avoir essayé de m’aider.


Peyton sourit alors une dernière fois, et s’installa à l’arrière, près de Dereck. Ce dernier regarda Brooke, l’air mauvais, et la voiture démarra, laissant Brooke, seule sur le trottoir.


S0h0o  (16.05.2007 à 15:00)

Brooke fut réveillée, le lendemain matin, par des cris. Elle ouvrit les yeux, le jour s’introduisait dans la chambre. Lucas était à côté d’elle, endormi.

Elle s’avança jusqu’à la fenêtre et regarda la rue. Des vendeurs de journaux, criaient un peu partout sur le trottoir. Les gens s’agitaient, en courant.

Elle ne comprenait pas ce que les marchands de journaux disaient, leurs cris étant mêlés aux autres cris de la rue. Elle se pencha alors par la fenêtre, distinguant plusieurs gens, sortant de l’hôtel avec leurs bagages, les voitures étant arrêtés devant.

Brooke réveilla Lucas, rapidement.


- Lucas ! Lucas ! Réveille toi !


Ce dernier ouvrit les yeux, paniqué :


- Qu’est ce qu’il y a ? Qu’est ce qu’il y a ?

- Regarde, il se passe quelque chose de bizarre dehors, la rue est toute remplie, les gens partent …


Lucas regarda par la fenêtre ouverte et fronça les sourcils. Il la regarda alors, uen expression curieuse sur le visage.
Brooke s’approcha elle aussi et comprit enfin ce que disaient les marchands de journaux :

« La guerre éclate !».





  

En effet, la Pologne avait été attaqué, et en vertu du traité liant la France à la Pologne depuis Février 1921, elle avait déclaré la guerre à l’Allemagne. Quelques résidents de l’hôtel avaient préféré quitter Paris, juste au cas où.

Lucas tenait Brooke par la taille, ils marchaient le long du fleuve. Lucas n’avait pas vraiment connu la première guerre, il était encore enfant, mais il savait comment cela se passait. Si tout ne se réglait pas très vite, et cela ne semblait vraiment pas sur le point de se régler, il était évident qu’il allait être enrôlé. Tout cela lui faisait peur, mais ce qui l’effrayait encore plus était la réaction de Brooke. Il n’en avait pas encore parlé avec elle, et souhaitait remettre cette discussion au plus tard possible.

Ils s’assirent, les pieds presque dans l’eau et Brooke posa sa tête sur l’épaule de Lucas.

Le silence n’était pas parfait, ils continuaient d’entendre les cris des rues, mais cela ne comptait pas.

Lucas regarda la Seine, puis Brooke. Tout cela allait tellement lui manquer. La ville, les rues, les habitants, Brooke …

Il se rappela alors de sa rencontre avec elle, de la première chanson qu’elle avait chanté … « Que reste t’il de nos amours … ». Il entendait de nouveau la voix de Brooke, chantant …

Il se raidit.

Comment allait-il survivre ?





Musique  

Puis, la lettre arriva. La lettre d’enrôlement. Il devait partir, avec ses coéquipiers quelques jours plus tard. Il cacha la lettre, cherchant comment annoncer la nouvelle à Brooke.

Le jour précédent son départ, Lucas lisait sur le lit de Brooke, il la regardait en coin, profitant des derniers moments. Il voyait bien que celle-ci s’agitait dans la pièce, sans rien faire pourtant. Elle s’assit finalement en face de lui.


- Je t’aime, se contenta t’elle de dire.

Lucas sourit tristement, sans rien répondre. Il la serra contre elle. Elle avait comprit.


- Tu vas partir, ajouta t’elle.


Un léger trémolo agitait sa voix.


- Oui, répondit Lucas, laconique.

- Tu vas me laisser seule ici. Toute seule.


Il sentit qu’elle retenait ses larmes et la serra plus fort encore.


- Lucas …


Elle se leva alors, séchant ses larmes.


- Lucas, depuis le début j’ai essayé de mettre ma vie en parenthèse pour toi. Et j’ai l’impression que toi aussi. Depuis près d’un an, je ne sors plus avec les gens du métier, tu as abandonné ton éditeur. On a passé une année … excellente. On a vraiment rien à regretter, j’ai tout aimé. Mais … tu vas t’en aller et moi je vais rester. Nos chemins vont se séparer. Je pense que …

Lucas la fit taire. Il l’embrassa, une toute dernière fois.

Il se leva alors et dit, d’une voix forte :


- Je pars demain, à 9h00. Rue de la Boissonnere.


Il sortit de la pièce, digne.





Lucas arriva tôt le lendemain, il éspèrait que Brooke aurait la même idée. Petit à petit, les autres soldats arrivaient, au compte-goutte. Mais pas de Brooke. Il observait toutes les entrées, cherchant ce visage familier. Il attendit longtemps, très longtemps. Mais elle ne vint jamais.

S0h0o  (16.05.2007 à 15:06)
Musique

Juillet 1944 


Lucas toucha son bras et grimaça de douleur.

5 ans était passés depuis son départ, mais il se souvenait de tout parfaitement. Les souvenirs de cet amour détruit l’avaient hanté pendant presque 5 ans. Chaque permission de guerre lui avait apporté un nouvel espoir, mais à chaque fois, il avait été trop lâche pour revenir la voir. Mais à présent il était blessé, et il avait été autorisé à rentrer chez lui. Paris. Rien que le nom de la ville le faisait frissonner de joie.

Il faisait nuit.

Il avait roulé toute la journée dans le vieil autocar de l’armée, crevant de chaud sous le soleil brûlant, mais cela valait le coup.

Ce soir, il allait revoir Brooke.

Au départ, il n’avait aucune idée de comment la retrouver, mais en entrant dans Paris, une grande affiche lui avait sauté aux yeux : «Brooke Davis, au Parc Royal». Le visage de Brooke, toujours aussi jeune et beau entourait l’inscription. Néanmoins, l’air avait changé. L’air du visage de Brooke n’était plus le même, comme si quelque chose s’était brisé.

Il prit une chambre dans la rue de la goutte d’Or, près du parc Royal. Il était éxité, il ne supportait pas de devoir attendre. Il se mit en route, marchant d’un pas rapide.

Il arriva tout de suite au Parc Royal. Les gens le regardaient, avec un regard mêlé d’admiration et de dégoût. Il s’était lavé et rasé mais avait gardé son vieil uniforme de combattant. Il s’en fichait, tout lui importait.

Il paya sa place et s’installa, mais, ne supportant plus d’attendre, il se leva et approcha de la porte arrière. Il savait, pour être entré un an en fraude dans les coulisses du Grand Cabaret, que il fallait passer par la porte arrière, peu gardée, pour entrer.

Il monta les marches quatre à quatre et arriva devant une grande porte vernie. Tous les techniciens le bousculaient, l’engeulaient, lui marchaient dessus. Il s’arrêtaient vaguement en voyant ses vêtement, mais ne bronchaient pas. Mais il n’arrivait pas à pousser cette porte vernie. Brooke se trouvait derrière. Il avait pensé tellement de fois, la nuit, en plein combat, qu’il rouvrirait cette porte un jour. Il voulait savourer ce moment.

Finalement, la porte s’ouvrit toute seule, sur une petite maquilleuse, qui sortit en le poussant. Brooke, qui riait avec une femme en train de la coiffer, tourna alors la tête dans sa direction. Son rire s’arrêta immédiatement, le temps était suspendu.

Toute les fois où Lucas avait pensé à sa retrouvaille avec Brooke, celle-ci lui sautait dans les bras. L’embrassait. Le giflait. Pleurait.

Mais cette fois-ci, elle se contenta juste de dire :


- Cécile, peux-tu sortir s’il te plait ?d’une voix tremblante


La coiffeuse sortit alors, jetant un regard discret à Lucas. Ce dernier referma la porte. Un long silence suivit, ils s’observaient l’un l’autre.


- Tu es blessé ? Finit elle par dire, avisant son bandage

- Oui, c’est pour ça que je reviens …définitivement.


Brooke hocha la tête.


- C’est tout ce que tu as à me dire ? demanda t’il


Brooke se leva et s’approcha un peu, l’air blessé.


- Qu’est ce que tu veux que je te dises Lucas ? 5 ans sans te voir, pas même une lettre.


- Je t’ai écrit … protesta t’il, c’est juste que je n’ai jamais …osé poster les lettres.

- Ca change tout, dit-elle ironiquement.


Il essaya alors de la prendre dans ses bras, mais celle-ci se recula. Elle ne semblait pas comprendre que la guerre n’était pas une partie de plaisir, et s’obstinait à lui en vouloir pour un stupide manque de nouvelle.


- J’ai rencontré quelqu’un Lucas.


Cette annonce lui fit l’effet d’un choc. Il avait évidemment envisagé cette possibilité, surtout en repensant à sa dernière discussion avec Brooke, mais cela ne lui avait jamais paru sérieux.


- Il … c’est un officier Allemand. Je vis avec lui près d’ici. Il est très gentil, dit-elle en baissant la tête.


Cela le blessa encore plus . Elle était avec l’ennemi.


- Un allemand ? Tu as bon goût.


Brooke releva alors la tête, et s’approcha menaçante.


- De quel droit oses-tu me dire ça ? La vie n’a pas été facile ici non plus, des Allemands sont arrivés, ils nous ont menacé, beaucoup sont morts. Tu penses peut-être que tu es la victime, mais on a souffert ici aussi Lucas.

- Ce n’était pas une raison pour me remplacer !

- Tu croyais que j’allais t’attendre toute ma vie ? Tu ne donnais aucun signe de vie, tu ne daignais même pas me voir pendant tes permissions ! J’ai du aviser, essayer de sauver ma peau … Je t’aimais Lucas, mais ce temps est révolu.


Lucas baissa les yeux. Ses paroles l’avaient blessé plus que tout. Elle s’approcha alors un peu plus et murmura :


- J’ai pleuré Lucas, très longtemps après ton départ. Je suis passé par de sales périodes. Et  j’ai rencontré Charles, qui ma sauvé.

- Charles ?

- L’allemand. C’est lui qui m’a aidé à m’en sortir. Il a toujours été différent des autres. Il n’a jamais essayé de nous menacer ou de nous obliger à le suivre dans ses choix.

- Tu m’as donc définitivement oublié ?

- Je n’ai pas oublié notre histoire. Je ne renierais jamais tout ce que l’on a vécu mais … c’est terminé. C'est du passé.

Dans un élan de courage, Lucas la prit alors par la taille et l’approcha de lui. Il l’embrassa alors fougueusement, pendant plusieurs secondes.


- Tu es prête à oublier ça ? demanda t’il, hors d’haleine.


Brooke ferma les yeux et s’apprêtais à répondre quand la coiffeuse rentra, l’air paniqué. Brooke resta figée un instant et dit :


- Le spectacle va commencer Lucas, va t’assoire dans la salle.


 Lucas hocha la tête, de façon piteuse. Il s’apprêtait à sortir quand elle l’interpella :


- Lucas !

- Oui ?

- Sache que je ne pourrais jamais t’oublier.


Il sourit tristement, et sortit.





   

Il s’installa dans la salle, et vit au tout premier rang, un Allemand en uniforme, riant très fort. Plutôt bel homme, il maîtrisait la pièce.

Lucas le détesta immédiatement. Ils n’avaient strictement rien en commun tout les deux.

La lumière se baissa finalement, et Brooke apparut sur la scène, sous les tonnerres d’applaudissement. Elle regarda le général Allemand et lui sourit chaleureusement. Lucas remarqua, non sans plaisir, qu’elle ne lui avait pas du tout sourit de façon amoureuse. Non, elle avait plutôt sourit comme à une personne proche, un ami.


- Je vais vous interpréter « La petite Française », annonça t’elle.


De nouveaux applaudissements retentirent, et la lumière passa un tiers de seconde sur Lucas, assit dans la salle. Brooke le regarda alors. Son regard ne pouvait se détacher de Lucas. Plusieurs personnes se retournèrent sur lui, pour voir qui est ce que la fameuse Brooke Davis dévisageait. Et Brooke se mit à chanter :

 

Ce soir,

Le vent qui frappa à ma porte

Me parle des amours mortes,

Devant le feu qui s’éteint

 

« Que reste t’il de nos amours ». Leur chanson. Sans s’en rendre compte, elle s’était mis à chanter leur chanson, et ne pouvait plus s’arrêter.

  

Ce soir,

C’est une chanson d’automne,

Dans la maison … qui frissonne

Et je pense aux jours lointains

 

Lucas ferma les yeux, savourant la voix de Brooke. Tous les souvenirs rejaillissaient. Elle, Lui, le bar, la chambre d’hôtel, les spectacles, leurs promenades aux Jardins des Tuileries,  leur petit voyage à Séville …

 

Que reste-il de nos amours ?

Que reste-il de ces beaux jours ?

Une photo, vieille photo

De ma jeunesse …

 

Evidemment qu’elle ne l’oublierait jamais. C’était impossible. Tout resterait gravé, même quand ils seraient avec un ou une autre, même à leurs différents mariages, même quand ils vieilliraient dans des endroits séparés. Tout ça resterait. Pour toujours.

  

Que reste t’il des billets doux ?

Des mois d’avril, des rendez vous

Un souvenir qui me poursuit

Sans cesse …






FIN

S0h0o  (16.05.2007 à 15:17)
Voilà :)

Bon evidemment, les musiques et le langages ne sont pas du tout de l'époque mais bon ... ^^

Désolé si vous trouvez des anachronismes, il est possible que j'ai fais des fautes d'époque, prévenez moi!

Elle est plus longue que mes autres fics, mais bonne lecture !


(1) Edith-Piaf : La Foule
(2) Charles Trenet - Que reste t'il de nos amours
(3) Camille - Paris

S0h0o  (16.05.2007 à 15:20)

Euh.... miss? Tu donnes dans le brucas? En tout cas moi j'adore, tout en fait l'histoire, le contexte, les personnages liés à jamais, le Lucas digne et la Brooke courageuse, le style, et ta plume...

Je crois pouvoir dire que je suis complètement fan de vous ( bandes de connasses....) c'est dingue ce que vous faites, ce que vous écrivez, ta fic c'est un plaisir simple, le bonheur de ma journée, c'est toi en texte, c'est très stylé, le voc est riche....

Je te tire mon chapeau ( deux fois en une semaine ça fait beaucoup...), j'espère que tu vas vite nous repondre une merveille parce que oui c'en est une, je suis fan miss maladroite peut etre dans la vie mais une chose est surre pas avec les mots, j'ai eu l'impression que tu avais choisi chacune de tes phrases à la perfection, tout fait sens, la ponctuation, la taille des paragraphes, les blancs....

J'adore ! et je reviens une petite minute sur la fin, absolument bluffante....ça relève du talent....


Je love, et j'te love....trésorière/actionnaire principale et connasse number one...


sydbristow  (16.05.2007 à 15:31)

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