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Série : One Tree Hill
Création : 26.05.2007 à 15h38
Auteur : sydbristow
Statut : Terminée
« Troisième fic, votre avis m'est essentiel... » sydbristow
Cette fanfic compte déjà 29 paragraphes
Je marchai dans les rues de Paris, seule à travers une foule de gens, j’esquivai avec plus au moins d’adresse les voitures et piétons aux visages crispés. Je ne pressai pas le pas, personne ne m’attendait que ce soit au travail, ou dans un bar quelque part de ce coté-ci du trottoir ou même de l’autre. La brise venait me caresser le visage, le vent ou peut être les pots d’échappements des voitures trop nombreuses en cette heure de pointe faisaient tourbillonner mes cheveux de droite à gauche, et pour palier le manque de sommeil, je m’arrêtai quelques instants dans ce café où j’étais désormais une habituée. Il me suffit de lancer un « comme d’habitude » à la jeune serveuse aux cheveux blonds, pour que 6 minutes plus tard mon cappuccino soit servi, un carré de chocolat à coté, avec un sourire en prime quand elle me tendit la note…
¼ d’heure plus tard, j’arpentai la ville et accordai un bref regard aux vitrines toutes plus attractives….Morgan….Eram….Marionnaud….je souriais devant tant de tentations…La compagnie des petits…comme un réflexe rapidement je détournai la tête, et fuyait du regard tous ces petits vêtements que je rêvais d’acheter un bambin dans les bras. « Ne craque pas » me répétai-je…
Je m’éloignai presque en courant de cet endroit qui remuait en moi de douloureux souvenirs, une dure réalité….
Par chance aucune grève ne vint perturber (plus qu’elle ne l’était déjà) la circulation ce jour-là, à 8heure j’arrivai à destination, je me stoppai quelques secondes, chaque jour je faisais ce même trajet et chaque fois cette même sensation m’envahissait. Toujours cette même question « pourquoi moi ? », question auquel je n’avais pas de réponse, je ne pouvais pourtant m’y résoudre…
Des voix s’élevèrent dans mon dos, je pivotai légèrement, sortant de mes pensées les plus noires. J’adressai un sourire courtois aux deux femmes en blouse blanche qui me dépassaient. L’une était grande et mince, les cheveux assez courts, l’autre au contraire ne devait pas dépasser les 1m60, elle était très souriante, et son regard inspirait la confiance. Je jetai un bref coup d’œil à ma montre, il était maintenant 8h05, Kate et Claire était en retard…
Quand j’eux clos cette remarque, je leur emboîtai le pas, franchissais le hall, gravissais les deux étages à pied, claustrophobie exige et arrivai au service de pédiatrie…
Je suis là mon cœur….
Je passais par diverse salles, les protections habituelles, lavage de main à la bétadine, blouse blanche, aucun objet en métal, fin prête, j’inspirai un grand coup, et ouvrai cette porte doucement, tout doucement, et la refermai toujours avec toute la douceur du monde….
Je pivotais sur moi-même, les yeux clos, posai une main sur mon cœur, j’attendais patiemment la déchirure, elle se fit désirer….j’ouvris alors les yeux…Et je sentis une lame s’enfoncer dans ma poitrine juste là où était posée ma main quelques minutes plus tôt….
« Sois forte, Brooke… »
Je m’approchai doucement de cette tente en plastique, des petits yeux m’observaient, un regard azur, les cheveux châtains foncés, recroquevillé sur lui-même, une peluche qui avait du être au préalable passé sous pression et désinfecté à ses cotés…
Je plaçais ma main contre sa bulle, attendais patiemment qu’il me fasse un geste, mais il ne bougeât pas, il me fixait toujours, avec ce regard d’enfant, ceux qui vous mettent à nu…
Je ne rompais pas le silence, nous restâmes plusieurs minutes de la sorte, il paraissait si fragile si petit pour ses 6 mois….en grande partie à cause du fait que toute l’énergie qu’il détenait était exploitée pour survivre et non pour se développer, sa taille était bien évidemment inférieure à la moyenne….
Cet instant fut brisé par l’irruption dans la pièce du chef de l'unité d'immunologie et d'hématologie pédiatriques à l'hôpital Necker-Enfants-Malades.
Je me levai surprise, le saluai, c’était un homme 1m80 a peu près, brun, les yeux foncés, et le sourire apaisant, ses rides semblaient témoigner de toutes les épreuves par lesquelles il était passé, chacun de ses échecs et ses victoires avait laissé une trace sur son visage serein, un sillon de plus, il prenait une voix grave pour m’expliquer la façon dont se déroulerait la suite des évènements….
J’approuvai d’un signe de tête….
Il me tournai le dos, ouvrait la porte, et la voix tremblante je le questionnai :
-Vous allez le sauver, n’est ce pas, vous allez sauver mon bout de chou ….
Il me répondit par un sourire réconfortant, s’effaçai derrière cette porte blanche où j’avais collé quelques affiches histoire d’égayer la pièce, et je regagnais ce silence oppressant.
La journée se passa sans encombre, une heure après mon arrivée, je glissais mes mains dans les gans fixés sur la tente en plastique, et comme le soleil s’élevait dans le ciel, mon petit bonhomme devenait plus agité que jamais, nous jouâmes longtemps avec une balle bleue, qu’il envoyait valser un peu partout dans l’espace confiné dont il avait hérité.
-I give you everything I have…L’après midi, je le regardais dormir, tout en lui caressant les cheveux, le couvant du regard….
-Repose toi, mon petit basketteur….
Puis le moment le plus poignant arriva, les aux revoirs…. je passais mes journées avec lui, et dès que je me levais, et suivais l’infirmière qui me rappelait, tout en s’excusant du regard que l’heure des visites touchaient à leur fin, son petit corps s’agitait, il pleurait, s’énervait, devenait rouge écarlate, et chaque fois je fermai la porte le remettant aux mains des puéricultrices qui mettaient en moyenne une demie heure avant de le calmer, me laissais glisser dos au mur , prenais ma tête entre mes mains, et bercée par les sanglots de détresse de mon bébé, je fondais en larmes….
C’était souvent à cet instant que ma meilleure amie débarquait, me redressait et m’entraînait dehors, respirer l’air « frais » de cette ville mondialement connue…
Rachel : Calme toi, ma puce ils vont guérir ton petit bonhomme….
Je ne pris pas la peine de la remercier, et pourtant elle avait littéralement mis sa vie entre parenthèse pour moi. Je me souviens parfaitement le jour où je l’ai appelée, j’avais fondu en larmes au téléphone et lui avais expliqué que Will et moi venions de rompre, je l’avais noyé alors sous les détails, comment il avait mis un terme à notre relation le soir même où j’allai lui annoncer ma grossesse, comment je n’avais osé lui en parler, comment il m’avait dit « je suis désolé Brooke » juste avant de déposer le double de la clé que je lui avais donné, il m’avait en fermant la porte lancée un ultime regard, un adieu, avec ses yeux que je connaissais, cette impression du « je fuis la difficulté », un autre homme m’avait également sorti la même réplique toute faite, lors de notre rupture avec ce même regard soumis….
Mais quand je repense à lui, je n’arrive pas à lui en vouloir, il m’avait dit en partant « je ne suis pas assez fort pour affronter tes problèmes, alors je m’en vais avant de te nuire encore plus »
Pourtant quoiqu’il dise il m’avait aidé, oui… Mes problèmes à cette époque étaient de plusieurs ordres, le décès de mon père d’un infarctus, mon problème de poids, sûrement le plus délicat car je refusais de l’admettre, ce dernier m’avait fait sombrer dans une longue dépression seulement illuminée par deux personnes…lui et elle…Will and Rachel….
Après avoir quitter Tree Hill, je m’étais noyée dans la recherche d’un travail, voyage qui m’avait mené au pied de la Tour Eiffel. Ce rêve avait pris une telle place dans ma vie, mes rencontres avec de nombreux mannequins m’avaient faite oublier que manger était un besoin vital. Petit à petit alors que le nombre affiché par la balance ne m’avait jamais posé problème, leurs silhouettes devenaient la mienne, à l’excès…
Ils m’en avaient sortie, de ce cercle sans fin, et combler un vide dans mon cœur. Grâce à eux je me nourrissais presque normalement, je me réconciliais peu à peu avec la viande, je remontai en quelques sortes la pente. Mais je ne vous dirais pas « je suis guérie », simplement parce que je crois que l’anorexie est une ombre invulnérable, un spectre qui sommeille au fond de vous, toujours prêt à prendre le dessus, profiter de la situation….
Depuis ce soir-là, Rachel et moi vivions ensemble, comme au bon vieux temps, 5 ans plus tôt, je m’étais exilée à Paris à l’age de 19 ans pour poursuivre un rêve, cette ville me permettait de l’effleurer… Paris, capitale de la mode….
Elle m’avait toujours soutenue, comme personne ne l’avait fait avant elle, et pourtant les 18 premières années de ma vie avaient été jalonnées par une autre amie, ma sœur, boucle d’or….nous avions perdu contact au terme de 11 ans d’amitié à cause d’une personne qui n’en valait pas la peine. J’étais persuadée qu’elle aurait voulu m’aider, mais elle n’en avait pas la force, elle avait déjà essuyé plusieurs tragédies malgré son jeune âge. Mais dans un duo, comme celui que nous formions, il y a celle qui soutient et celle qui est soutenue, moi je figurais dans la première catégorie.
Cette fille-là que jamais je n’oublierai d’abord parce qu’elle comptait énormément pour moi, et également parce qu’elle était sur toutes les photographies qu’il m’avait été données de prendre, vivait à des lieux d’ici, de l’autre coté de l’Atlantique, et j’espérais, étais heureuse. Elle ne savait pas ce que j’étais devenue, ce qu’il m’était arrivé, je n’existais plus pour elle.
Mais ce soir-là, ce n’était pas vers elle, que filait mon esprit, ce n’était pas pour elle que mon cœur battait la chamade, mais pour mon petit homme, Mathéo…
Nous arrivâmes dans le spacieux appartement dont Rachel et moi étions les « heureuses » propriétaires. Un bel investissement, très coûteux certes, mais vu nos comptes bancaires respectifs ce n’était pas un problème. Les parents de Rachel étaient toujours à la tête d’une multi nationale, et pour ma part j’avais héritée à la mort de mon « père » -je mets d’un guillemets puisque son rôle excepté d’un point de vue biologique a été quelque peu réduit- d’une petite fortune, et me retrouvai à la tête de capitaux, d’actions plutôt bien placées. Si mon père m’a appris une chose, c’est bien celle-là : gagner (d’un point de vue économique bien sur, pour le reste je ne crois pas pouvoir définir ma vie par le V de victoire….).
Je m’écroulai sur le canapé, et Rachel me questionnait :
-Alors soupe de légumes, elle ouvrit le réfrigérateur, ou endives…tiens des pizzas !
Qu’est ce que tu préfères ?
-Je n’ai pas faim Rachel
-Va pour les pizzas !
-Rachel, je n’ai pas faim…
-Je mets le four en route et j’arrive !
-Rachel, arrête ce petit jeu, je n’ai pas faim, je te l’ai dit, tu l’as entendu, alors stop, arrête !
Rachel s’assit en face de moi, prit mon visage entre ses mains essuya les sillons tracés par mes larmes alliés à un mascara non waterproof et déclara :
-Brooke, il faut que tu sois forte….
-J’essaie, Rachel, c’est que je fais tous les jours, je donne le change, je souris, je salue, mais je ne peux plus…
-Laisse moi finir, je te connais mieux que quiconque, je crois en toi, je crois en ce bout de chou, en ton bout de chou, il est comme sa maman c’est un battant, il va s’en sortir, ce bambin va faire ses premiers pas dans cette pièce, il va te traîner à des match de basket, tu vas t’arracher les cheveux lorsqu’il s’agira de lui faire faire ses devoirs…et il va te ramener les plus belles filles du Lycée, et tu sais pourquoi parce qu’il a un regard à tomber…
-J’adorerai ça, Rachel…
- C’est pour bientôt, la semaine prochaine à lieu l’opération, j’y crois Brooke, moi j’y crois encore…
Les yeux dans les yeux nous laissâmes le silence s’installer, le four sonna, elle revint avec une part de pizza, et me déclara simplement :
-Margarita !
-Rachel….
-Et, oh ! Mathéo se bat tout seul dans sa chambre…
-Inutile de me le rappeler, je t’assures c’est une chose que je n’oublie pas si facilement…
-Désolée, je n’ai jamais été très diplomate, tout ça pour dire, que toi aussi tu dois lutter, et ce combat débute par cette part de pizza, et un bon film…
Elle sortit son sac….
-Je suis passée nous louer quelques DVD, alors nous avons….
Elle continua pendant plusieurs minutes, mais je crois que ce soir-là j’avais du couper le son…Devant mon impassibilité, elle choisit…
-Alors il faut un film d’action, intense et … « distrayant »….elle réfléchit le visage tiré par différentes grimaces…elle réussit à me faire rire avec ses mimiques.
-J’ai !!!! Elle me fit le V de victoire avec ses deux doigts libres, inséra le disque dans le lecteur…
J’attendais… « Bien joué » déclarai-je.
-Oui, je suis assez fière de moi, ce long métrage n’est pas le meilleur, mais le casting lui est « distrayant » (elle mimait les guillemets), Eric Bana, Orlando Bloom et Brad Pitt réunis dans un même film !
« Sacrée Rachel » pensai-je, deux heures plus tard je sombrais dans les bars de Morphée alors que ma coloc était toujours absorbée par la lutte « Achille/Hector ».
La semaine passa, Rachel me forçait presque à manger, et l’angoisse montait en moi. Je redoutais l’opération pourtant tant attendue. Depuis ce jour, où suite à des bronchites chroniques, diverses infections le verdict était tombé. Je me souviens de la voix grave et docte que le pédiatre a pris, le temps qu’il faisait ce matin-là, la musique qui passait au loin, et ces quelques mots « Votre fils est atteint d’un déficit immunitaire combiné sévère (DICS) ».
J’étais restée stoïque, inerte, le médecin l’avait remarqué et avait tenté d’être plus clair, mais c’était inutile, je savais ce qu’il allait me dire, je connaissais ce problème qui touche les enfants, les garçons seulement, cette maladie connue par le grand public par l’appellation « enfant bulle ».
Je n’écoutais plus son petit discours, sa leçon fraîchement ressortie ne m’intéressait guère, je voulais les solutions, remèdes, thérapie qui permettaient d’y faire face. Mon esprit s’était échappé ce jour-là. Seulement quelques phrases faisaient sens dans ma tête.
« …. est une maladie très rare : cinq cas sur près de huit cent mille naissances chaque année en France… ce déficit est dû à la présence sur le chromosome X d'une version mutée d'un gène codant pour une protéine participant à la… Les garçons, qui ne disposent que d'un seul chromosome X, deviennent ainsi sujets à toutes les infections…. ».
Je le fixai, montrait par la même toute ma détermination….enfin il arrivait à ce qui présentait de l’intérêt…
« Les seules perspectives de soin pour ces petits garçons sont soit une greffe de moelle osseuse, tissu qui est à la source des globules blancs, soit une thérapie génique qui apporte le gène non muté »
C’était durant cette journée, le 23 juin, que mon combat avait débuté, depuis ce jour la bande originale de ma vie était « Mon fils, ma bataille », ce fut ce jour-là que mon petit bout de chou âgé de deux mois et 23 jours à l’époque a été placé dans une bulle stérile. Ce fut aussi la dernière fois que je le pris dans mes bras.
La nouvelle avait eu l’effet d’un coup de massue, mais comme je vous l’ai dit Rachel était là pour moi. Elle entreprit toutes les démarches nécessaires, une greffe de moelle osseuse n’était pas possible puisque Mathéo était mon seul enfant, or on prélève la plupart du temps chez les frères et sœurs, de plus on ne trouva pas de donneurs compatibles, c’est alors que l’on envisagea sérieusement la perspective de la thérapie génique qui évitait de passer par la lourde et périlleuse aventure qu’est la greffe, avec tous les risques de rejets qu’elle comporte. Cette technique s’avérait être efficace, puisqu’elle avait déjà réussi à sortir 10 enfants de leurs bulles même si l’un d’entre eux était par la suite décédé d’une leucémie.
Lorsque Rachel me parla de cette alternative, j’étais septique, je me renseignais alors dès que j’en avais l’occasion auprès des médecins, sur Internet, je devenais un véritable rat de bibliothèque, je rencontrai le précurseur de cette technique, et mon bout de chou fut transféré dans cet hôpital doté du matériel nécessaire pour une telle manipulation.
Nous étions à une semaine du grand jour.
Attente. Impatience. Peur. Doute. Dépression. Combat. Larmes. Espoir….
Les jours passaient lentement, et nous menaient inlassablement au jour J, inévitablement.
Fatalité.
Ce jour-là, comme beaucoup d’autres, Morphée ne daigna pas m’ouvrir ses bras. Je tenais grâce au café et la cigarette. Oui, je fumais, mais je m’étais fait la promesse d’arrêter le jour où je pourrais à nouveau prendre mon pitchou dans mes bras.
L’injection du gène saint allait avoir lieu, cet après midi, et dans les heures qui suivraient – si tout se passait bien- mon bébé guérirait.
Mon petit cœur fut emmené en salle d’opération, Rachel était avec moi, je faisais les cents pas dans le couloir. Passait, repassait. En proie à des doutes, mais jamais, jamais je n’ai regretté mon choix : le garder, depuis le soir où il est né ce petit gars est tout pour moi. Avant cela ma vie se résumait à une succession de bars et de fêtes où pour la plupart le champagne coulait à flot.
Les heures passèrent doucement. Nous étions dans la salle d’attente, et je m’apercevais à quel point cette pièce portait bien son nom, elle était aménagée de façon fonctionnelle bien que le concept de décoration soit « le moins de meubles possible », il y avait 6 chaises blanches (pour ne pas déroger à la règle), un distributeur avec Café, Chocolat…une poubelle où s’entassaient les gobelets usagés et une table basse où trônait la presse à scandale de la semaine.
J’étais morte de peur, Rachel me prit la main et nous restâmes ainsi longtemps, ça me semblait être l’éternité et pourtant…
Tic…tac ...tic...tac…
Qui a dit que le temps passe vite ?
Tic…tac…tic…tac…
J’avais envie de bouger, de passer cette porte pourtant recouverte d’un « réservé au personnel », ou de partir, fuir cette réalité…je me culpabilisais d’avoir une telle pensée alors que mon petit bonhomme était le jouet d’hommes en blancs. Je me levais, m’asseyais, me relevais….
Puis la porte s’ouvrit enfin, je fis un bond, m’approcha prise de convulsion de l’infirmière qui finalement ne me prêta aucune attention occupée avec un autre patient.
Je m’asseyais à nouveau au près de Rachel et murmurait des propos inaudibles à l’adresse de mon ange gardien.
J’avais envie d’une cigarette, de musique, d’un verre, oui….noyer ma rancœur dans l’alcool, trouver du réconfort dans la bouteille….
Rachel alluma la petite télévision fixée sur une étagère à 2 mètres du sol, c’était une émission de variétés.
Nous n’avions pas eu de nouvelles depuis près de quatre heures, Rachel concéda que c’était inquiétant. Je ne pouvais plus patienter, j’étais une véritable pile électrique, le jouet de mes nerfs, et je décidai pour ne m’en prendre à personne de rester immobile sur une chaise. Malgré moi, mon corps bougeait, je tremblais comme une feuille. Encore une chose que je ne contrôlais pas…l’adrénaline.
2 heures plus tard, enfin la porte s’ouvrit, le spécialiste qui avait suivi le dossier depuis le début et matériellement responsable du service sortit, le visage fermé, impassible, je m’approchai de lui, Rachel m’emboîtait le pas, j’étais là à quelques centimètres de lui, prise de spasmes, Rachel me serra la main, j’avais horriblement mal mais cela venait d’ailleurs, mon cœur saignait. Pourquoi ne parlait-il pas ? Je n’étais pas sure de vouloir connaître la réponse….Je sentais mes jambes crouler sous mon poids, m’agrippais à Rachel, pour ne pas tomber, pour ne pas sombrer….Ne pouvait-il pas briser ce silence oppressant, cette attente insoutenable, haletante, mon cour battait plus vite que jamais….
Puis une voix s’éleva dans mon dos, une chanson, la T.V pensais-je, et tout comme le jour où on m’avait dit que mon bébé devrait être isolé dans un milieu stérile, je n’oublierai jamais le titre de cette chanson « J’y crois encore… ». Le karma est une chose étonnante, puisque à cet même instant l’homme qui détenait la réponse, ma réponse avait détendu les traits de son visage, était-ce bien un sourire ? Cette fois mes jambes cédèrent vraiment, Rachel me rattrapa de justesse, et je fondis en larme dans ses bras. J’étais secouée par de violentes convulsions….
Je voulais crier…remercier….mais je m’effondrai, mon corps me lâchait, ce corps que j’avais tant maltraité…
Rachel me serrait le plus qu’elle pouvait, je sentis la main du médecin sur mon bras, il me décolla de mon amie, me tendit un chocolat chaud qu’il venait de prendre au distributeur, m’entraîna jusqu’à la chaise la plus proche, il me tendit le verre en plastique, je ne pris pas la peine de lui poser des questions, à bout de force, je le bus d’une traite il m’expliqua alors que le lait contenait une substance qui apaisait les nerfs, le tryptophane je crois….
Quelques instants plus tard, il s’assurait que je pouvais marcher, m’incita à le suivre, Rachel me soutenait, j’avais un bras sur ses épaules et je ne la lâchais pas, nous arrivâmes devant une porte -inutile de vous préciser la couleur- je posai une main sur la poignée, la pressai, poussai le battant, et entrai….
Mathéo était là relié à plusieurs tuyaux, des peluches autours de lui, pas tout à fait réveiller mais presque libre…La bulle n’avait pas encore disparue mais le médecin me promis que c’était pour très bientôt, ils firent les examens nécessaires, tout semblait fonctionner, ses défenses immunitaires répondaient présentes, son petit corps parvenait enfin à fabriquer des lymphocytes…
Devant Rachel et moi, deux pédiatres surveillaient les moindres réactions de leur jeune patient, mon petit cœur fut libéré, apeuré, évidemment mais sous l’attention que nous lui apportions les pleurs disparurent assez rapidement, le médecin s’approcha de moi…un pas puis un autre…tic…tac….et me tendit mon fils. Je me vis sans vraiment savoir comment mes bras l’enlacer, mes mains le serrer, et le poser contre mon cœur, il ne pleura pas, il ne remua pas, il posa sa petite main sur mon épaule, je pleurai de joie, et me tournai vers Rachel, qui elle aussi laissait l’émotion la submerger.
Il était avec moi, il était dans mes bras….
Le personnel nous laissa tous les trois, pour quelques minutes de tendresse.
Je tenais sa tête entre mes mains, regardais Rachel dont les yeux étaient toujours embués de larmes…
-Il est magnifique ton petit bonhomme…
-Prends-le…
Elle me regarda surprise, je ne lui laissais pas le temps de contester et lui tendis -bien que me séparer à nouveau de lui me brisais le cœur- mon petit Mathéo.
C’est parfois au cœur des ténèbres que l’étincelle renaît donnant avec le souffle de la vie la flamme précieuse de l’espoir…
Il était maintenant presque 23 heures, le lapse de temps de visites était terminé depuis longtemps, nous dûmes partir, je dis au revoir à mon petit homme qui put enfin dormir dans un vrai lit, et nous sortions de l’hôpital sur un petit nuage…
Nous arrivâmes chez nous, et je lassais mon esprit se tourmenter pour des choses plus futiles, plus légères, comme le fait d’avoir faim…
-J’ai envie de chocolat !
Rachel se figea sur place :
-Ca fait tellement longtemps que je rêve de t’entendre dire ces quelques mots !
-Thanks Rachel for everything you’ve done…Puis nous nous allongions cote à cote, sur le canapé cuir, au centre du salon…
« On a la foi tant qu’on s’endort la rage au ventre », c’est ce que disait la chanson, non ?
Epilogue…
Il y a déjà 4 ans, je vous relatais mon histoire à l’encre pourpre, mon combat dans un but thérapeutique, j’écrivais pour m’apaiser, je cherchais le réconfort dans la plume, la guérison par les mots, je vous laissais mon témoignage et peignais ma souffrance pour mieux la surmonter, mes doutes pour les gommer, mes faiblesse pour en faire des forces. Mais aujourd’hui, mon encre est bleue, d’un bleu éclatant d’un bleu azur, tout comme ses yeux, elle est verte également, pour l’espoir, elle est blanche à l’image de la neige, de l’agneau, et l’innocence, ma colombe a fait son grand retour, la guerre est finie, les batailles aussi, la paix et la sérénité meuble désormais ma vie…
Suite à son opération mon fils a été suivi consciencieusement par l’unité qui lui avait donné la vie une seconde fois. Tout ce dont j’avais rêvé c’est produit, l’école, les devoirs, le cinéma, le parc et, les couchers de soleil, le vélo, ces petits gestes futiles qui vous manquent lorsque vous perdez tout.
Je pense que cette partie de ma vie est terminée, ce chapitre est clos , mais je crois qu’il y a une suite à cette histoire, il suffit de tourner la page, d’écrire, de lire, jusqu’au dernier mot, à l’ultime phrase, au point final, jusqu’au dernier souffle…
Ps : Rachel avait vu juste sur tous les points, mon fils est un charmeur, bien qu’il n’ait que 4 ans et demi, il est très brillant et très vif, un peu super actif sur les bords comme s’il voulait rattraper le temps perdu … Cependant Mathéo n’a pas été contaminé par le basket mais par un autre sport, vedette en France…le Football
A ceux qui en doutaient mon fils n’est pas un Scott….