Chapitre 1 : La rencontre
Arrivée dans l’aéroport, Haley se sécha les cheveux. Dehors, la pluie tombait depuis au moins deux heures, et maintenant de la neige se mêlait à celle-ci. Haley avait mis plus de deux heures à revenir à l’aéroport qui l’avait emmené la veille à Chicago, ville inconnue mais pleine de possibilités. Elle s’avança rapidement vers le guichet, encombrée par son sac. Deux personnes étaient devant elle. Son avion était dans une demi-heure, elle espérait ne pas le rater.
- Bonjour, salua l’hôtesse.
- Bonjour, je dois prendre le vol pour San Francisco …
- Il est annulé cause de mauvais temps Mlle.
- Quoi ?? Mais c’est pas possible !
- Désolée Mademoiselle. On vient de l’annoncer, tous nos vols sont annulés cause de gel des pistes.
Haley la regarda, désespérée. Puis se dirigea vers la salle d’attente. Elle n’avait même pas pu enregistrer ses bagages et la voilà avec son sac et sa guitare à la main. Elle s’assit, désespérée, et regarda le mauvais temps s’abattre sur l’aéroport, le vent se mêlait à présent à la neige, seule à tomber désormais. Elle adorait la neige … quand elle était bien au chaud chez elle autour d’une cheminée et d’un chocolat chaud, entourée de sa famille ou de ses meilleurs amis, et non dans un aéroport à attendre son vol. A la pensée de ses amis, elle prit son téléphone pour prévenir de son retard. Elle espérait arriver au moins lundi pour ne pas louper ses cours. C’était son dernier mois de cours à Stanford, et elle ne voulait pas que le retard se mette sur son dossier. Elle avait adoré ses quatre années à l’université de ses rêves. Mais voilà que cette page de sa vie se fermait. Encore une. Maintenant, il fallait qu’elle se tourne vers l’avenir, cet avenir qui lui faisait peur et qui lui offrait deux possibilités de travail, deux rêves qu’elle n’arrivait pas à sacrifier l’un pour l’autre. Elle était à Chicago car on lui proposait un contrat, un super contrat d’après elle … elle allait en parlait à sa famille et à ses amis pour y voir plus clair. Enfin, elle avait là quelques heures pour y réfléchir en attendant que son avion décolle. Elle sortit son téléphone et appela sa meilleure amie.
Arrivé à l’accueil, Nathan posa son sac en attendant que l’hôtesse l’aperçoive. Mais en plein dans sa discussion téléphonique, elle ne semblait pas s’apercevoir de sa présence.
- Excusez-moi ? dit-il d’un ton irrité.
- Oh pardon ! s’exclama-t-elle en l’apercevant enfin, je te rappelle. Que puis-je pour vous ?
- J’ai un vol dans deux heures pour Boston.
- Tous nos vols sont annulés monsieur, pour cause de gel des pistes et de vent. C’est trop dangereux.
- Pardon ? Et ils pourront décoller quand ?
- Je ne sais pas monsieur, ça dépend de la météo. Vous pouvez patienter dans la salle d’attente.
Il lui lança un « merci » sur un ton bref et partit vers la salle d’attente. Beaucoup de monde attendait comme lui, le départ de son avion. Il s’installa sur un siège, énervé d’être coincé dans cet aéroport, surtout que ça l’obligeait à réfléchir à la proposition qu’on lui avait fait. Il avait rêvé toute sa vie de cet instant, il n’aurait jamais pensé qu’il devait faire un choix décisif pour son avenir. Mais il était néanmoins heureux, quoiqu’hésitant, pour la première fois de sa vie. Il était libre. Libre de faire un choix, libre de l’emprise de son père. Même si finalement, il réalisait un peu le rêve de son père, c’était avant tout le sien, et personne n’allait décider à sa place. Lundi, il devait être en cours, et à son entrainement, il espérait pourvoir arriver à temps à son université. Duke. Une page de sa vie était en train de se tourner, Duke, c’était fini. Il avait fait d’incroyable progrès au basket là-bas. Il était un « espoir du basket-ball national ». C’est ce que titraient certains journaux. Et il en était fier. Pourtant, lors de son adolescence, il n’avait pas eu des raisons d’être fier de lui, mais Duke l’avait changé, favorablement. Il y avait rencontré des personnes qui étaient devenu ses amis, et de vrais soutiens. En parlant d’amis, il se décida à les appeler, pour ne pas les inquiéter.
- Je te rappelle quand j’ai du nouveau, promis Haley de son côté. Mais oui t’inquiètes pas. Embrasse tout le monde. Bye.
Haley raccrocha en souriant. L’appel à son amie l’avait fait sourire et l’avait détendu, comme toujours. Au lycée, elle n’avait jamais eu vraiment d’amie. Elle n’avait que Lucas, son meilleur ami. En pensant à lui, elle sourit. Dès qu’ils s’étaient connus vers 8 ans, ils étaient devenus inséparables. Beaucoup ne croyait pas à cette amitié fille/garçon, mais entre eux, tout était simple et naturel. Il y avait eu des disputes bien sur, comme dans toute relation, mais ils ne s’en voulaient jamais longtemps. « Les vrais amis se pardonnent tout ». Leur séparation pour leurs universités avaient été difficile, Haley avait eu peur de le perdre, de perdre le contact, mais bien sur, ce n’était pas arrivé. Ils s’appelaient souvent, parlait sur internet, se voyaient régulièrement. Elle était fière de lui. Il avait du abandonné le basket et maintenant il allait devenir un grand écrivain, elle en était persuadée. Il avait un réel talent. Talent. En avait-elle ? Suffisamment pour réaliser son rêve ? Elle avait toujours adoré chanter, et elle adorerait toujours, mais pouvait-elle en faire son métier ? Selon l’homme qu’elle avait rencontré aujourd’hui : oui. Il l’avait vu joué dans des cafés à San Francisco et autour du campus, et avait apparemment été impressionné par sa voix. Il avait réitéré son compliment en l’entendant chanter aujourd’hui. Il voulait lui faire enregistrer une chanson pour voir la réaction du public, et ensuite un album. Il était persuadé de son talent et avait tout fait pour la convaincre de signer. Ce qu’elle n’avait pas fait. Elle lui avait demandé un temps de réflexion, le temps qu’elle termine ses études. Un mois. Il avait accepté, sûr de son talent et de son avenir. Mais elle n’était pas sur. Pouvait-elle faire ça ? Etre connue ? Faire des tournées ? Etre une bonne chanteuse ? Elle doutait. La Haley la plus terre à terre voulait être professeur. Mais y arriverait-elle aussi ? Elle faisait du tutorat depuis le lycée et aimait cela. Elle attendait d’avoir son concours et être admis dans l’école souhaitée. Deux choix se présentaient à elle, et elle ne savait que choisir. Prise d’une inspiration, elle prit un cahier dans son sac à main et apposa des paroles qui lui venaient en tête, la mélodie se jouaient en même temps que les paroles qu’elles écrivaient instinctivement sur son cahier.
Au loin, un jeune homme la regardait faire. Elle était tellement jolie que c’était dur de la quitter des yeux. Depuis quelques minutes, il ne pouvait détacher son regard d’elle. En même temps, il réfléchissait au choix qu’il allait de voir faire. Les bulls de Chicago, les Celtics de Boston ou les lynx de Charlotte. Trois équipes qu’il aimait et qui le voulaient dans son équipe. Il était flatté, très flatté. Depuis son enfance, son père lui avait mis la pression ; dès qu’il avait été en âge de marcher, de tenir un ballon, son père le lui avait mis entre les mains et l’avaient forcé à jouer. Au départ, en effet, ça n’avait été qu’un jeu. Tout avait changé pendant son adolescence. Il fallait qu’il s’entraîne plus, qu’il se muscle, qu’il joue tout le temps, qu’il soit le meilleur, le meilleur par rapport aux autres, et le meilleur par rapport son père. Effectivement, son père aurait pu être pro en basket. Au lycée, lui aussi était le meilleur. A la fac aussi, mais une blessure l’avait empêché de continuer, il s’était reconverti mais avait voulu que son fils aille encore plus loin que lui. Même si d’un côté, il voulait toujours être le plus fort par rapport à son fils, il espérait le mieux pour lui. Et aujourd’hui, il avait le meilleur. Il n’avait pas encore parlé à son père des choix qui s’offraient à lui, il ne voulait pas qu’il l’influence dans quoique ce soit, et surtout pas sur son avenir. Ce choix lui appartenait. Ca serait le premier choix qu’il ferait seul, et c’était terrifiant et exaltant à la fois. Il était adulte – enfin presque – et il avait entre les mains, la clé de son avenir. Mais il lui restait à décider dans quelle équipe il voulait faire ses premiers pas au niveau international. Ses pensées retournèrent vers la jeune femme en face de lui. Sentant surement son regard sur elle, elle leva la tête et leurs yeux se croisèrent. Rapidement, elle baissa le regard et rougit, visiblement gênée. Un peu troublé, Nathan – qui ne voulait pas passer ses heures seul à ruminer – se leva et s’approcha d’elle.
- Je peux m’asseoir ? lui demanda-t-il en lui montrant le siège vide à côté d’elle.
- Euh … oui, votre place n’était pas bien ?dit-elle en souriant.
- Si ! répondit-il en rigolant. Mais j’ai bien meilleure vue ici. Je m’appelle Nathan.
- Moi c’est Haley.
- Tu attends ton avion aussi ? Tu vas où ?
- San Francisco, Stanford. Et toi ?
- Boston, pour Duke. Spécialisé en basket. (…). Ca te dit d’aller manger un morceau ?
- D’accord.
Ils partirent déjeuner à un restaurant de l’aéroport qui était bondé lui aussi. Ils trouvèrent néanmoins une place et commandèrent. Ils parlaient très facilement ensemble. Ils se mirent à parler de ce qu’ils voulaient faire plus tard. Nathan commença. Il parla de sa passion pour le basket, la pression de son père, la soumission et l’incapacité de sa mère à l’aider, son arrogance puis l’accident. A 17 ans, il avait renversé un enfant et avait failli le tuer. Il était saoul et conduisait, comme à son habitude. Son père, maire de sa vie avait voulu le couvrir et trouver une autre solution mais Nathan, choqué par cet évènement, était allé se dénoncer à la police et avait assumé entièrement ses actes. Il était allé voir le garçon à l’hôpital et avait radicalement changé d’attitude. Avec soulagement, les parents de l’enfant n’avaient pas porté plainte, vu que l’enfant n’avait rien eu de grave et que Nathan passait souvent chez eux. A cause de cet incident, il avait failli ne pas rentrer à Duke, mais avec l’appui de son coach et ses efforts, il avait réussi à entrer. Pendant sa dernière année de lycée, il avait changé, il faisait des activités extrascolaires, aidé les autres, s’étaient amélioré en classe pour pouvoir suivre à Duke. Il n’était plus arrogant. A la fac, il était devenu quelqu’un d’autre, un homme. Il s’était amélioré en basket, avait commencé à faire parler de lui en suivant un cursus scolaire qui lui convenait. Aujourd’hui, trois équipes le voulaient : les Lynx, les bulls et les celtics. Ils ne savaient vraiment pas comment choisir. Haley le sonda, son meilleur ami avait fait du basket au lycée, et elle s’y connaissait un peu. Et elle avait l’art de voir en lui.
Puis, ce fut au tour d’Haley de partager ses doutes quant à son avenir. Professeur ou chanteuse ? Et ce fut au tour de Nathan de la sonder, de savoir ce qu’elle rêvait au fond d’elle-même, ce qu’elle voulait vraiment. Sur son insistance, elle lui promit de lui chanter quelque chose plus tard. Elle parla de ses années à Tree Hill, sa ville natale, où elle avait grandit autour de ses frères et sœurs. Elle s’était sentie à la fois libre et étouffée. Libre car ses parents était cool et la laissait voguer où elle voulait, c'est-à-dire chez son meilleur ami Lucas. Mais étouffée car ses parents ainsi que ses frères et sœurs la mettaient sur un piédestal et souhaitaient qu’elle réussisse au plus au point. Elle ne leur en voulait nullement, ils ne s’en rendaient même pas compte, ils voulaient juste son bonheur. Mais parfois cette pression même implicite, nous remplissait de doutes. C’était le cas d’Haley. Peu de gens savaient son gout pour la musique, sa famille savait qu’elle aimait chanter et qu’elle le faisait bien, mais elle ne savait pas que dans ses rêves les plus fous, elle se voyait avec un album et sur une scène devant la foule qui reprenait ses chansons. Pour sa famille, elle voulait seulement être professeur et apprendre des choses aux enfants, les aider. Bien sur qu’elle le voulait, qu’elle aimait ça, mais elle avait le sentiment de pouvoir faire aussi de grandes choses, de pouvoir transmettre une émotion, de la passion et de la force à ceux qui écouteraient ses chansons. Bien sur, ses amis le savaient. Lucas et Brooke connaissaient son rêve et son talent. Ils l’encourageaient à accepter cette proposition. Mais elle hésitait, par peur surement. Peur de ne pas y arriver, peur de ne pas avoir assez de talents. En parlant à Nathan, elle se rendait compte de ses peurs et de ses envies. Même ses amis, qui la connaissaient beaucoup, n’avaient pas réussi à lui faire voir cette vérité là. Elle voulait être chanteuse, et elle allait tout faire pour y arriver.
Après toutes ses discussions, ils avaient finis de manger. Ils décidèrent d’aller demander des nouvelles à l’accueil. Mais il n’y avait aucun vol d’annoncer encore, pas avant le lendemain matin. Elle leur proposa des chambres dans un hôtel tout proche. Soudain gênés, ils acceptèrent. Ils ne restaient que quelques heures de nuit, mais un petit somme ne leur ferait pas de mal. Ils se rendirent à l’hôtel sous un torrent de neige. Arrivés à l’hôtel, ils apprirent qu’il ne restait qu’une chambre, mais une grande. Ils acceptèrent la chambre qui était grandiose et qui était payé par l’aéroport. Un peu gênés, et troublés sans vouloir se l’avouer, ils rentèrent dans la chambre. C’était deux lits doubles, ils s’installèrent chacun sur un, et Nathan rappela la promesse qu’Haley lui avait faite au restaurant : chanter. Elle prit sa guitare et se mit à chanter.
Nathan était subjugué par sa voix, par cette mélodie. Petit à petit, il laissait les mots pénétrer dans sa tête. Elle était incroyablement belle. Ses longs cheveux blonds retombaient sur ses épaules, et elle lui lançait des regards troublants, un si beau regard, si expressif et qui pendant sa chanson prenait des émotions différentes. Quand elle frotta les derniers accords sur sa guitare, Nathan était totalement sous le charme. Haley lui fit un sourire et il sentit son cœur s’emballer.
Ensuite, ils parlèrent de tout et de rien jusqu’au petit matin. Haley écouta à peine ce qu’ils se disaient, elle n’étai pas concentré sur la conversation mais sur l’homme lui-même. Il n’était pas d’une beauté franche mais avait un visage doux et dur à la fois, des yeux qui pétillaient et un corps de sportif. Et ils parlaient si librement ensemble. Haley n’était pas forcément timide, mais il était rare qu’elle soit si bavarde. Mais avec lui, tout allait naturellement. Il n’y avait habituellement qu’avec Lucas – et depuis peu avec Brooke – qu’elle parlait si ouvertement. En elle, grandissait un trouble auquel elle ne pouvait donner de nom, ne l’ayant jamais ressenti auparavant.
Vers 7h, ils se dirigèrent vers le restaurant de l’hôtel pour prendre leur petit déjeuner. Ils parlaient de tout et de rien, mais quelque chose en eux avait changé. Quelque chose d’inexplicable qui grandissait depuis leur raconte et au fur et à mesure de leurs discussions. Ils décidèrent de retourner à l’aéroport de suite après. Arrivé là-bas, ils demandèrent des nouvelles de leurs vols, mais comme ils se doutaient –vu le temps qui ne s’était pas arrangé – aucun vol n’était remis à jour. Ils se dirigèrent à nouveau vers la salle d’attente pour une autre journée d’attente.
Ils se remirent à parler de tout et de rien. La discussion retourna vers leur avenir, leur doute. Haley lui fit part de son choix qu’il avait réveillé en elle, qu’il avait souligné. Nathan reparla de ses rêves d’enfants, de sa passion pour le basket.
- Tu vois, quand je joue, c’est à ce seul moment, que je me sens fort et libre. L’autre partie du temps, je redeviens le garçon arrogant ou le fils sous pression.
- Pourquoi ne pas être juste toi ? questionna Haley. Surtout à la fac où tu peux tout recommencer ta vie, devenir quelqu’un de différent. Tu peux être ce que tu veux !
- C’est ce que tu as fait toi ?
- On ne parle pas de moi, si ? répondit Haley en rigolant. Mais pour te répondre tout de même, je n’ai pas voulu changé, j’aimais la Haley du lycée.
- Tu en parles comme si tu n’y étais plus. Tu as changé finalement.
- Exact !! Mais en fait, c’est normal de changer ! Je ne peux plus être la Haley du lycée comme toi, tu ne peux plus être le Nathan du lycée, car forcément, tu as changé.
- Vraiment ? demande Nathan, sceptique.
- Vraiment ! s’exclama Haley, convaincue. D’abord tu as assez de recul pour t’apercevoir que tu n’aimais pas le garçon que tu étais au lycée. Tout le monde n’en est pas capable. Et puis, ça fait peut-être que quelques jours qu’on se connait, mais je t’assure que tu n’es pas arrogant au contraire !!! Et mes jugements sont plutôt bons. Demande à mes amis ! Nathan sourit et baisse la tête, touché. Lui qui se battait toujours avec ses démons, la confiance d’Haley en lui le touchait plus que cela ne devrait.
- Merci Haley.
- Je suis sincère. Tu es quelqu’un de bien, et il n’y a que toi pour remédier à ce que tu n’aimes pas chez toi, ou crois ne pas aimer.
- Merci, mais cela ne me dit pas ce que je dois faire.
- Ce que tu dois faire, c’est être fidèle à ses rêves et non à ceux de ton père. Ton père n’a pas à t’influencer dans quoi que ce soit.
- C’est pour cela que je ne lui ai rien dis de mes possibilités !
- Ce n’est pas ce que je voulais dire, Nathan. Ton père est en toi. Avec la pression qu’il semble avoir mis en toi c’est encore lui qui décide.
Nathan la regarda, surpris. Mais il comprit que ses paroles sonnaient juste et avait un sens. Il se souvint des remarques quasi-identiques de ces anciennes petites-amies, surtout d’une.
Flash back
- Tu fais tout pas rapport à ton père ! Tu t’en rends pas compte ??
- Non ! Tu disjonctes Peyton !
- Si ! Il s’interpose même entre nous et tu ne t’en soucies pas !! C’est pitoyable !
- Tu … tu dis n’importe quoi, bafouilla Nathan. Dégage !
Mais au fond de lui, Nathan savait que Peyton avait raison.
Fin flash back
Lui qui croyait s’être libérer de l’emprise de son père, se rendait brutalement compte qu’il s’était mentit pendant toutes ses années. De plus, c’était une inconnue qui l’aidait à voir clair en lui.
- Alors je dois faire quoi ?
- Il faut que tu fasses ce que tu veux toi ! Quand tu étais enfant, dans quelle équipe te voyais-tu ?
Nathan réfléchit quelques instants puis son regard redescendit sur Haley qui le regardait, triomphante.
- Alors ? Demanda-t-elle.
- Les lynx de Charlotte. Je ne m’en rappelais même plus.
- Pourquoi les Lynx ? (Devant son regard interrogateur). Je veux dire, pourquoi tu voulais entrer dans cette équipe ?
- Je suis allé les voir quand j’avais sept ans. Avec mes parents. C’était l’une de nos dernières sorties familiales où tout le monde était heureux. Le match a été magnifique. Ils ont battu l’autre équipe, les Capitols de Washington. C’est le plus beau match que j’ai jamais vu. C’est à ce moment là que j’ai vraiment commencer à aimer le basket.
Haley sourit en l’entendant parler de sa passion avec tant d’enthousiasme.
- Alors tu vas aller à Charlotte ?
- Je crois bien que oui.
- Et ton père, où aurait-il voulu que tu ailles ?
- Chicago, répondit Nathan sans hésitation. C’est vrai qu’ils sont assez bons mais …
- Tu veux allez à Charlotte. C’est très bien.
Haley se força à sourire. Puis elle s’excusa et fila aux toilettes. Elle se regarda dans le miroir et essaya de voir si quelque chose avait changé en elle. Car elle se sentait changé. Comment pouvait-on changer en un jour ? se demanda-t-elle. Elle savait la cause en tout cas : Nathan. Elle avait trouvé ce qui avait changé : avec lui, elle se sentait une femme, et non plus la copine. Elle sentait qu’elle lui plaisait, et pourtant, il était rare qu’elle s’en aperçoive d’habitude. Perdue, elle décida d’appeler Brooke, sa meilleure amie. Elles ne se connaissaient pas depuis longtemps mais une vraie complicité était née entre elles à la minute où elle s’étaient vue dans leur chambre d’université. Brooke décrocha après deux sonneries.
- Allo ?
- Brooke, c’est moi.
- Ne me dis pas que je dois venir te chercher maintenant ?
- Pourquoi ?
- Je t’expliquerais.
- Pourquoi tu chuchotes Brooke ?
- Je ne suis pas seule.
- Oh. Bah isole-toi dans la salle de bain, il faut absolument que je te parle. J’ai rencontré un garçon !
- Quoi ?? cria Brooke. Raconte !
- Bah, on s’est rencontré hier à l’aéroport car on attendait nos avions respectifs et on a passé la nuit à l’hôtel où …
- Haley James !! Tu as fais l’amour à un garçon que je ne connais même pas ? Comment as-tu pu !
- Brooke ! Tu me connais non ? On a discuté !
- Ouais. Enfin je ne sais pas si je suis soulagée ou déçue.
- Brooke, marmonna Haley d’une voix énervée.
- Je t’écoute.
- Donc on a parlé de tout et de rien, et je sens comme un lien spécial entre nous, une complicité incroyable. Je ne sais pas comment te dire, mais avec lui je me sens … vivante ! J’ai besoin de tes conseils.
- Fonce ma belle !!
- Quoi ? Fonce ? C’est ça ton conseil ? Ca veut dire quoi ?
- Embrasse-le !! Ou demande lui son nom, tout pour ne pas que vous vous perdiez de vue et que tu regrettes. Ca serait la chose la plus nulle que tu pourrais faire Haley James, compris ?
- Compris. Merci je t’adore.
Brooke lui parla aussi de son entretien, lui demanda les détails, son choix d’avenir. Puis elles raccrochèrent. Le sourire était revenu sur les lèvres d’Haley. Brooke la faisait toujours rire. Au lycée, Haley était sûr qu’elles ne se seraient pas entendues. Mais comme elle l’avait dit à Nathan, à la fac, tout change : soi-même, les gens. Elle retourna dans la salle d’attente, où Nathan était lui aussi au téléphone.
- Je te rappelle Pey. A plus.
Il raccrocha.
- Tu aurais pu continuais. Pey ?
- Ma meilleure amie. Peyton.
- Je ne t’aurais pu cru avoir une meilleure amie.
- Moi non plus, répliqua-t-il avec un sourire.
- Comment ça ?
- Et bien …
- Enfin, tu n’es pas obligé, bredouilla Haley, gênée.
- Ca ne me dérange pas. Pey et moi, on est sorti ensemble, mais le petit con arrogant était ignoble avec elle. Enfin pas horrible non plus. Elle a rompu. On s’est un peu perdu de vue pendant quelques mois, on trainait ensemble mais nous nous ne parlions plus. Mais quand j’ai eu l’accident dont je t’ai parlé, en renversant le petit garçon, elle a été la seule à m’avoir vraiment soutenue. Depuis, on est ami. J’aurais jamais pensé lui parler alors que nos facs sont à des centaines de kilomètres, mais finalement après avoir partagé autant, j’avais envie de l’appeler pour lui raconter ma vie, connaître la sienne. Ca semble idiot.
- Non ! C’est adorable. (Réalisant ce qu’elle venait de dire). Oups, je sais que les mecs n’aiment pas qu’on leur dise ça.
- Effectivement, dit-il en rigolant. Mais c’est pas grave. C’est rare qu’on puisse dire ça de moi …
- Ne te dénigre pas comme ça. Ils se sourirent. Le trouble qui s’était déjà emparer de chacun d’eux revint secouer leurs émotions. Il y avait plus qu’un trouble, plus qu’une complicité, plus que tout ….
- Les passagers du vol 634 pour San Francisco sont prisé de venir s’enregistrer porte 11. Merci.
Les regards d’Haley et de Nathan se croisèrent. C’était le moment de se dire adieu. Mais aucun des deux ne voulaient quitter l’autre si brutalement après ces moments délicieux passés ensemble. Pendant ses quelques heures, ils s’étaient confiés l’un à l’autre, avaient appris à se connaître, et chacun avait aidé l’autre à propos de leur doute sur leur avenir qui les taraudaient en entrant dans cet aéroport.Haley se leva, et prit son sac et sa guitare.
- Je … je dois y aller. Peut-être à un de ces jours.
- Haley ? Je peux prendre ton numéro ? On ne peut pas se quitter comme ça et ne plus jamais se revoir.
- Je … d’accord.
Avec un sourire, elle griffonna son numéro sur un morceau de papier trouvé au hasard. Il l’accompagna à sa porte d’embarquement où elle enregistra ses bagages. Avant d’entrer dans la salle, elle se retourna et sourit tristement.
- Bon, je dois y aller. Au revoir.
- Au revoir, répondit-il d’une voix sourde.
Elle commença à partir puis fit demi-tour et lui fit une bise sur la joue.
- A bientôt, merci, chuchota-t-elle à son oreille.
Cette fois-ci, elle partit pour de bon. Nathan la regarda partir, de la tristesse dans les yeux. Il ne la connaissait que depuis quelques heures mais il sentait entre eux une complicité rare, qu’il n’avait jamais connu avec aucune fille et sentait que ce n’était pas donner à tout le monde. Il se promit à lui-même de l’appeler. Elle l’avait aidé à prendre une décision importante. Et il sentait un trouble qu’il avait eu en lui pendant toute leur rencontre. Il ne pensait pas qu’en quelques heures, on pouvait s’attacher autant à une personne. Et pourtant …
Haley monta dans l’avion et trouva son siège, ressentant une grande tristesse l’envahir en pensant qu’elle ne reverrait peut-être jamais Nathan. Il lui avait tant apporté. Elle avait pris sa décision qu’elle voulait au fond d’elle-même sans vouloir se l’avouer, il lui avait fait prendre conscience de son envie de carrière. Elle en elle connaissait que depuis quelques heures, mais elle ressentait quelques choses d’indéfinissables pour lui, quelque chose de tendre, presque d’amoureux. Elle sourit à cette pensée. Elle ne pensait pas qu’on pouvait s’attacher à une personne en si peu de temps. Et pourtant …
The End