Préface de Sam
Il n’y a pas de pire souffrance que l’amour perdu, celui que l’on a choyé, celui que l’on a cherché et qui nous ait arraché, simplement par caprice du destin ou parce que notre route ne devait pas se croiser, parce que nous n’étions pas destinés.Il est si fort et si faible en même temps, il regroupe nos espoirs, nos cris et nos pleurs, nos murmures et nos rêves, il est toute notre vie, nous pourrions tout faire pour un instant de paradis éphémère. Traverser les montagnes, parcourir les continents ou tout simplement faire face à la vie ensemble, les mains liées, les cœurs en osmose, dans cet univers que nous créons à deux, perdus entre le ciel et la terre.L’amour est notre moteur, il nous guide et nous transporte, sans lui nous sommes vides, notre vie est un long chemin périlleux sans lumière sans fin, sans bonheur absolue. Trouvez le, gardez le, choyez le, il est la sur votre route, dans les dédales de cette vie que vous allez apprivoisé, rien ne s’efface, l’infinie vous attends
10 avril 1912
Haley sentit le paquebot, dans lequel elle était, démarrée et appareillée. Le paquebot appelé le Titanic et surnommé l’insubmersible se dirigeait vers Queenstown, ville d’Irlande, pour faire embarquer les derniers passagers. Il devait être l’heure d’aller dîner mais Haley était allongée sur son lit, dans la superbe suite que ses parents avaient payé pour le voyage qui les ramenait dans son pays natal en Amérique. Haley aimait bien la France, elle y avait passé plus de la moitié de sa vie. Mais ses parents avaient décidé de rentrer aux Etats-Unis. Comme il convenait à une fille de bonne famille de seulement 18 ans, elle obéissait à ses parents, même si cela lui coûtait. Cela allait lui coûtait plus que de quitter son pays de cœur, cela lui coûtait ses rêves. Elle n’était pas idiote, elle savait qu’à l’époque où elle vivait, les mariages étaient arrangés par les familles, mais Haley avait toujours pensé qu’elle rencontrerait son mari lors d’une des soirées mondaines auxquels ses parents participaient et qu’elle fréquentait depuis quelques mois, qu’ils tomberaient amoureux, que ses parents accepteraient leur mariage et … mais elle s’était fait des illusions que ses parents avaient brisés un après-midi, il y a quelques semaines. Ils voulaient qu’elle épouse Christopher Geller, un riche industriel. Durant l’année précédente, elle l’avait rencontré plusieurs fois mais elle l’avait trouvé arrogant et prétentieux. Elle ne voulait pas passer sa vie avec lui. Mais ses parents n’avaient pas voulu l’écouter. Sa mère avait rigolé quand elle lui avait parlé du grand amour. L’amour venait après le mariage, soi-disant. Haley fut sortit de ses pensées par l’entrée de sa meilleure amie, Brooke Davis. Elle sourit en voyant son amie qui semblait si heureuse et épanouie. Toutes les deux se connaissaient depuis toujours, leur famille étant proche et ayant immigré en France en même temps. Elles étaient différentes mais s’accordaient parfaitement, Brooke apportait sa joie de vivre et Haley son âme passionné. Brooke avait un an de plus qu’elle et s’était marié il y a un an à Lucas Scott. C’était un mariage arrangé mais elle avait trouvé l’amour avec ce jeune garçon qu’Haley aimait beaucoup. Brooke passa sa main sur son ventre arrondie et s’assit à côté d’Haley.
- Comment vas-tu Haley ? Prête à le revoir ?
Haley grimaça. Seule Brooke savait qu’elle ne voulait pas de ce mariage. Après la dispute qu’elle avait eu avec sa mère sur ce sujet, elle avait pris l’habitude de se montrer heureuse par rapport à ce mariage et à l’homme avec qui elle allait passer sa vie.
- Je n’ai pas vraiment le choix, prête ou pas prête …
- Ne t’inquiètes pas Haley, peut-être que Christopher a changé et que toi aussi et que finalement, vous allez vous entendre.
Haley la regarda, sceptique puis dévia la conversation sur Brooke.
- Et toi, comment te sens-tu ?
- Un peu fatiguée, je l’avoue. Ce voyage en voiture m’a exténué. Mais je ne m’inquiètes pas, une bonne nuit de sommeil réparera tout ça !
- Et où est Lucas ?
- Je ne te l’ai pas dit ? Son frère qui habitait en Angleterre retourne lui aussi aux Etats-Unis. Il a embarqué à Southampton ce matin, et c’est l’heure des retrouvailles.
- Je ne me souviens pas de l’avoir rencontrer à votre mariage ?
- Il n’avait pas pu venir, cause de tempête. Mais quand nous étions allés le voir, il nous avait préparé une grande fête. Il est vraiment très gentil.
Haley sourit et allait répliquer quand on frappa à sa porte. Elle alla ouvrir et découvrit Christopher à sa porte.
- Chris ! Comment allez-vous ?
- Je vais très bien merci, et vous ma chère ?
- Je vais bien aussi, merci.
- Bonjour Brooke.
- Bonjour Christopher.
- Je vous en prie, appelez-moi Chris.
- D’accord Chris, je vous laisse, je vais retrouver mon mari.
Brooke partit sous le regard suppliant d’Haley. Haley se retourna vers Chris et lui offrit un de ses plus beaux sourires.
- Nous allons dîner ?
- Je vous suis.
En allant à la salle de réception, Chris lui parla du mariage, de son travail, de leur avenir. Haley s’ennuyait ferme. Elle pensa à la chance de Brooke, ses parents lui avaient trouvé le mari parfait. Brooke se dirigea donc vers sa suite personnelle. Elle qui connaissait un tel bonheur avec Lucas, était triste pour sa meilleure qui n’était visiblement pas heureuse. Elle devait avouer que ce Chris, elle ne l’aimait pas non plus. Mais malheureusement, Haley n’avait pas vraiment le choix. Brooke était donc encore plus heureuse de son mariage – d’accord arrangé, mais heureux – avec Lucas. Et sentir qu’un enfant grandissait en elle la remplissait de bonheur. Elle aimait Lucas de tout son être, comme disait Haley, c’était l’homme de sa vie, son grand amour. Au loin, elle le vit discuter avec son frère sur le pont. « Qu’est-ce qu’il était beau, pensa-t-elle, et quelle prestance ». Il était grand et blond avec des yeux bleus sombres qui hypnotisaient toutes les femmes. Il était le plus bel homme qu’elle ait jamais vu, et il était à elle, il était son mari. Elle sourit et entra dans sa chambre pour finir de se préparer.
Au loin, Lucas avait vu Brooke s’arrêter pour le regarder, puis entrer dans leur suite. Il sourit, touché. Il était vraiment heureux d’avoir trouvé une femme comme elle, si belle, si intelligente et qui lui apportait beaucoup de bonheur, et bientôt un enfant.
- Tu rêves Luke ? demanda son frère, Nathan, le sortant de ses pensées.
- Ah désolé, je pensais à Brooke.
- Tu as l’air heureux, ça fait plaisir.
- Je le suis. Tu devrais essayer Nate !
- Ah, il faut d’abord que je trouve la femme idéale !
- Serais-tu devenu romantique ?
- Peut-être …
La sonnerie qui annonçait le dîner retentit et les deux frères se séparèrent pour finir de se préparer et rejoindre la salle. Lucas rejoignit Brooke, elle était à la coiffeuse, se faisant coiffer. Lucas, appuyé sur la chambranle, la regarda. Leurs regards se croisèrent dans le miroir et ils se sourirent. Elle était tellement belle avec ses yeux qui pétillaient et ses cheveux qui ondulaient sur ses épaules. La servante les laissa seule et Lucas s’approcha d’elle. Il l’embrassa tendrement, au grand plaisir de Lucas.
- Alors, Mme Scott. Etes-vous prêtes à éblouir ce soir ?
- Je suis prête, dit-elle en laissant échapper un rire mélodieux.
Elle se leva et prit le bras de son mari. Ils se dirigèrent tout en parlant vers la salle de réception. Ils y retrouvèrent leurs familles et leurs amis et commencèrent une discussion avec Nathan. Au loin, Brooke vit Haley aux prises avec son futur mari et sa future famille.
- Lucas ? chuchota Brooke à son oreille. Ca ne te dérange pas si on rejoint Haley ?
Lucas lança un regard vers la meilleure amie de sa femme. Il aimait beaucoup Haley, elle était très jolie, adorable et très intelligente et tous les deux s’entendaient plutôt bien, mais quand il avait appris qu’elle était destinée à se marier avec Chris Geller …
- Lucas ?
- Pardon, allons-y. Nate, viens, je vais te présenter Haley James, la meilleure amie de Brooke.
- Tu vas voir, elle est très gentille, souligna Brooke avec un sourire.
Ils se dirigèrent donc vers Haley et Chris. Haley accueillit sa meilleure amie avec un sourire de soulagement qui n’échappa pas à Nathan. Ce qui ne lui échappa pas non plus, c’était sa beauté, ses yeux, son sourire …il sentit son cœur s’emballer. Elle était vraiment très belle.
- Haley, comment vas-tu ? demanda Brooke. Tu sais à quelle table nous sommes ?
- Nous sommes ensemble ma chère Brooke, répondit Chris à la place de sa fiancée.
- Oh, merci Chris. Haley je te présente Nathan Scott, le frère de Lucas. Nathan, Haley James, ma meilleure amie. Et Christopher Geller, son fiancé.
- Nous nous connaissons déjà, répliqua Chris avec un ton sec.
Nathan et Chris se serrèrent la main malgré une tension qui semblait évidente. Haley se retourna vers celui-ci après avoir embrassé Lucas. Son cœur s’arrêta pour repartir brusquement et rapidement. Nathan lui fit un « baisemain » qui la laissa troublée. Mais sa mère arriva et la « réveilla » de ce léger trouble que Nathan avait mis en elle.
- Haley, chérie, tu es bien installée ?
- Oui maman, merci.
- Oh Mme James, comment allez vous ? susurra Chris.
Chris et la mère d’Haley, Lydia James, commencèrent à parler, tandis que Brooke et Lucas partaient vers la table, Nathan proposa son bras à Haley pour l’accompagner. Haley accepta avec plaisir et se laissa mener à leur table.
- La France ne va pas vous manquer Haley ? Je peux vous appeler Haley ?
- Bien sur. Oh si la France va ma manquer. S’il ne tenait qu’à moi, je serais restée dans ce si beau pays. Et vous ? J’ai fait quelques voyages en Angleterre et je dois avouer que c’est aussi très joli. L’Europe est bien plus jolie et divers que notre Amérique.
- Je suis d’accord avec vous. J’aurais aimé rester.
- Pourquoi êtes-vous parti alors ? Vous êtes un homme et qui plus est majeur ! Vous pouvez faire ce que vous voulez !
- Contrairement à vous ?
- Bien sur ! Je suis une fille et j’ai juste 18 ans, ce qui veut dire aucune décision ! Alors, pourquoi retournez-vous en Amérique ?
- Ma famille y retourne, et mon entreprise se réinstalle là-bas. Peut-être un manque de courage de me battre. Ma mère voulait que je rentre, elle ne voulait pas laisser un fils en Europe.
- Je comprends. Excusez-moi.
- Ne vous excusez pas d’être si passionnée.
Haley lui sourit et Nathan fut encore une fois tout troublé. Ils arrivèrent à leur table où il s’assit à côté d’Haley. Son frère lui lança un regard perplexe auquel il répondit par un haussement des épaules. Chris s’assit de l’autre côté en lui lançant un regard mauvais. Chris détestait les Scott, et détestait encore plus devoir les supporter pendant ce voyage. Le fait qu’Haley soit amie avec la femme de l’aîné, et qu’elle ait eu l’air charmé devant la cadet tout à l’heure le faisait enrager. Et surtout le fait que leur entreprise fasse plus de bénéfices que la sienne. Mais jouant son jeu de futur époux avec perfection, il prit la main d’Haley et commença à parler de tout et de rien.
Haley laissa Chris prendre sa main mais n’écouta rien de ce qu’il disait. Elle regarda tous les convives qui étaient à sa table et avec qui elle allait partager tous les repas pendant ce voyage. Il y avait beaucoup de couples : Brooke et Lucas qui échangeaient des regards amoureux et quelques paroles, même si Lucas faisait semblant de s’intéresser aux paroles de Chris. Ensuite, il y avait sa sœur aînée, Taylor James avec son mari, James Leery. Taylor avait 24 ans, et elle était enceinte de son troisième enfant. Elle avait eu des jumeaux, un garçon et une fille qu’Haley adorait mais auxquels Taylor ne donnait pas beaucoup d’amour. Haley aimait bien James, quoiqu’il ressemble beaucoup à son père. Haley savait à quoi ressemblerait Taylor et James dans 20 ans : à ses propres parents. Ce à quoi Haley se refusait. Elle aimait ses parents, mais n’aimait pas du tout le genre de relation que la société semblait adoré : mariage arrangé et sans amour. Elle passa ensuite à Rachel et Cooper Lee. Haley connaissait bien Rachel ; dans les soirées mondaines, elles se fréquentaient mais ne s’étaient jamais appréciés plus que ne le voulaient les bonnes manières. Rachel était un peu plus vieille qu’elle : 22 ans. Haley savait comment Rachel avait réussi à mettre le grappin sur un homme comme Cooper âgé de 30 ans. Mais ce n’était pas ses affaires et le couple avait l’air heureux. Il y avait ensuite Micro et Shelly McFadden, un couple atypique qu’Haley aimait beaucoup. Haley avait grandit avec Shelly et même si ce n’était pas la même amitié qu’avec Brooke, toutes les deux se voyaient souvent. Il y avait aussi Skills Taylor, un noir qui avait fait fortune, c’était un original mais qui finalement s’intégrer très bien au groupe, et il était très drôle. Ensuite venez Theresa, une célibataire de 18 ans qui était accompagnée de sa sœur Lindsay de 19 ans, elle aussi célibataire.
Le dîner passa rapidement, les discussions se mélangeaient, s’entrecoupaient, les regards se croisaient, se baissaient. Haley était troublée de la présence de Nathan à ses côtés. Elle n’avait que très peu participer à la conversation, occupée à réfléchir au trouble causé par ce jeune homme.Après le dîner, les hommes se regroupèrent dans une salle entre « hommes ». Lucas et Chris y allèrent, mais Nathan se retira. Sur une impulsion, Haley décida de se retirer à son tour. Elle se leva sous le regard réprobateur de Brooke et de sa mère, un peu plus loin. Elle se promena seule quelques instants jusqu’à ce qu’elle aperçoive Nathan au loin. Elle le rejoignit. En l’entendant, il se retourna et lui sourit. Un de ses sourires qui font savoir que vous êtes là où il faut, là où il veut que vous soyez.
- J’espérais que vous viendriez, commenta Nathan d’une voix douce.
- Ce n’est pas très correct Mais qu’importe ! J’en avais envie.
Nathan retourna son regard vers cet horizon d’eau qui s’étendait devant lui. Il ne pouvait continuer à la regarder, elle qui était si belle dans ce coucher de soleil, si inaccessible. Pourtant, dès qu’il l’avait vu, il avait sur que c’était elle et personne d’autre. Malgré tout, malgré la subtile douleur qu’il sentait dans son corps et son cœur, il lui parla. Ils discutèrent longtemps … jusqu’à ce que la convenance dise à Haley de s’en aller. Elle ne le voulait pas, aucun des deux ne le voulaient. Au moment où elle allait se retourner pour partir vers sa chambre, une jeune femme blonde les accosta. Elle était visiblement de troisième classe, vu ses vêtements, mais elle leur parla d’une voix douce et claire :
- Pour que vous n’oublierez rien.
Puis, elle s’en alla dans la nuit. Surprise, Haley regarda le papier et en resta sans voix. C’était un dessin, un merveilleux dessin qui les représentait elle et Nathan sur un coucher de soleil, avec l’eau s’étalant à l’horizon, leurs yeux plein d’étoiles. Le dessin voulait tout dire. Gênée, Haley leva son regard vers celui de Nathan qui reflétait exactement son émotion, troublée d’une douleur diffuse.
- Je … commença-t-elle.
- Ne dis rien. Et n’oublies rien.
Elle le remercia d’un sourire et rentra dans sa suite … où sa mère et Chris l’attendait.
- Où étais-tu Haley ? demanda sa mère d’un ton sec.
- Je raccompagne Chris avant Maman.
Chris et Haley sortirent mais il s’arrêta sec devant la porte.
- Avec qui étiez-vous Haley ?
- Je me suis promenée sur le pont et j’y ais rencontré une connaissance et nous nous sommes mis à parler, sans nous rendre compte du temps.
- Une connaissance ? Vraiment ? Vous ne connaissez à peine ce Scott !
Haley recule, surprise de voir qu’il savait avec qui elle était.
- Vous me suivez ?
Une lueur coupable passa dans les yeux de Chris, ce qui n’échappa pas à Haley. Elle sentir une colère sourde monter en elle.
- Sachez une chose Christopher Geller ! Je suis peut-être votre fiancée, mais je ne suis pas votre chose ! J’espère que c’est bien clair ! Jamais, je dis bien jamais je ne serais votre propriété, je suis libre ! Peut-être sous votre emprise mais libre ! Ne me faites plus jamais suivre Chris, jamais !
- Sinon quoi ? lança-t-il provoquant.
Haley qui était prête à repartir dans sa chambre se retourna, les yeux brillants d’éclairs.
- Sinon je risque d’annuler le mariage ! Je ne suis pas un objet fragile que vous pouvez mettre dans un coin et qui ne dira rien !
- Vous devriez rentrer maintenant, sinon nous risquons de dire des choses que nous regretterions.
- Je ne regrette jamais rien !
Elle se retourna laissant un Chris plus qu’énervé. Qu’est ce qui lui avait pris de lâcher ça ? Il avait tellement besoin de son mariage qu’il allait devoir faire plus attention à ce qu’il allait dire devant Haley qui avait l’air explosive et … visiblement pas amoureuse de lui, comme il l’avait espéré. Il ne pouvait décevoir encore une fois son père qui avait mis tant d’espoir en la famille James. Et lui aussi. C’était un de leur derniers recours. Il rentra dans sa suite, seul.
Au même moment, une jeune femme blonde entra dans sa chambre, le cœur battant. Elle ne sait pourquoi elle avait fait ça ! Déjà qu’elle était montée en première classe, alors que ça lui était formellement interdit par le règlement, et en plus approché deux premières classes. Heureusement, absorbés comme ils l’étaient l’un par l’autre, elle ne pensait pas qu’ils l’avaient détaillé. Ils avaient l’air si amoureux qu’elle ne pouvait que les dessiner sous ce coucher de soleil magnifique. C’est pour cela qu’elle était montée, les troisièmes classes n’avaient pas de pont latéral et elle voulait voir ce coucher de soleil sur l’eau pour pouvoir en faire un dessin. Elle avait alors aperçu ce couple magnifique dans lequel se reflétaient les derniers rayons du soleil. Elle avait vite compris, par le langage de leur corps qu’ils n’étaient pas « ensemble » mais qu’ils étaient attirés l’un par l’autre. Elle avait alors pris son papier à dessin et en avait fait un croquis, puis un dessin. Elle n’avait pu s’empêcher de leur donner, l’émotion qu’ils dégageaient au moment de se dire au revoir étant poignante. Après ce geste spontané, elle avait eu peur qu’ils comprennent qu’elle n’aurait pas du se trouver là et qu’ils appellent quelqu’un. Mais non, ils étaient totalement restés captivés par eux-mêmes. Elle était alors partie en courant. Avec le recul, elle rigola de son geste. Elle devait être folle. Déjà qu’elle était folle d’avoir dépensé toutes ses économies pour ce voyage pour voir l’Amérique ! Voilà qu’elle risquait de se faire « dégager » du paquebot. Quand elle avait vu cet immense paquebot, elle était restée bouche-bée devant ses dimensions, elle qui n’était pourtant pas impressionnable, elle avait été abasourdi par ses grandeurs et son luxe, même pour des premières classes. Elle n’osait imaginer ce que ça devait être là-haut, en première classe. Avec des belles robes, comme la jeune femme qu’elle avait vue, avec de belles voitures. En comparaison, sa modeste chambre devait ressembler à leur toilette. Peyton rigola de ses pensées. Elle était encore seule dans sa chambre, mais demain, beaucoup de troisième classe allait embarquer et alors elle ne serait plus seule. Elle qui aimait la solitude … Enfin, c’était la vie. Peyton n’avait jamais détesté sa vie, elle avait fait avec ce qu’elle avait, c’est-à-dire peu de choses. Sa mère était morte quand elle avait neuf ans, ce qui l’avait laissé seule avec un père pêcheur, présent quand il était là mais mort il y a un an. C’est pour ça qu’elle avait décidé de voyager et s’était retrouver en France, puis aujourd’hui en partance pour les Etats-Unis. Elle ne pouvait rester dans cette petite ville de l’Angleterre qui stagnait. Elle était restée pour son père qu’elle avait aimé. Mais il aurait voulu la voir grandir, devenir une artiste alors le jour de l’enterrement, seule devant la tombe de ses parents qui lui avaient tant apportés, qui l’avaient tant aimé, elle s’était promis de voir le monde, de vivre sa vie comme bon lui semblait. Et pendant plus d’un an – et encore aujourd’hui – c’est ce qu’elle avait fait. Elle était partie le lendemain avec toutes les affaires qu’elles pouvaient emmenés, avec toutes ses économies, les siennes et celles de son père, et étaient parti à Londres, puis à Paris. Elle avait vécu de ses dessins qu’elle vendait par-ci par là, ou de l’argent que des passants laissé tomber quand elle dessinait sur les pavés de Paris, comme tant d’autres. Elle n’était pas riche, n’avait pas rencontré l’amour comme lui contait sa mère quand elle était petite, mais elle était heureuse. Seule, mais heureuse. Depuis la mort de sa mère, elle s’était habituée à cette solitude, sa meilleure amie, et maintenant elle l’aimait. Elle aimait être seule, laisser ses pensées naviguer dans sa tête et sur le papier. C’était sa mère qui lui avait appris à dessiner, et sans se vanter, elle savait qu’elle était douée. Elle espérait qu’en Amérique, elle aurait plus de chance et qu’on publierait ses dessins. C’était son seule rêve …
Alors que Peyton rêvait à sa future vie, Lucas et Brooke s’apprêtaient à se mettre au lit. Tout en se déshabillant, ils parlaient de tout et de rien, comme à leur habitude.
- Comment était le brandy ? demande Brooke, ironique.
- Ne te moque pas Brooke, répondit-il en souriant tout de même. C’est une histoire sérieuse ! (En rigolant). Ah, c’est une tradition ! Que veux-tu ?
- Oh rien ! C’est juste que je trouve ça … stupide, je crois que c’est le mot, vous allez vous congratulez entre vous ! Et nous, pauvres femmes, devons rester assises sans rien dire.
- Brooke …
Ils rigolèrent. Brooke n’était pas vraiment une défenseuse des droits de la femme. Bien sûr, elle ne se laisserait pas faire, mais elle était tellement heureuse avec Lucas, que tous les petits détails de sa vie de femme lui semblaient bien futiles. Elle le regarda s’approcher et il vint l’enlacer.
- Serais-tu malheureuse ?
- Tu sais bien que non. Je t’aime et je suis heureuse Lucas Scott !
- Moi aussi je t’aime mon ange. Et je suis heureux d’être avec toi, ici.
Leurs regards se croisèrent et s’illuminèrent. Lucas embrassa sa femme en mêlant passion et tendresse. Il la déshabilla doucement et ils firent l’amour tendrement, puis ils s’endormirent. Les premiers mois de leur mariage avait été passionnés, depuis l’annonce de la future arrivée de leur enfant, quelque chose avait pris place : la tendresse. Ce n’était pas toujours simple de s’approprier quelqu’un lorsque c’était un mariage arrangé. Mais Lucas avait choisi Brooke, il aimait son intelligence et sa beauté. L’amour n’avait pas tardé à venir. Brooke s’endormit le sourire aux lèvres, heureuse.
Dans une chambre non loin de là, une autre jeune fille n’arrivait pas à trouver le sommeil. Elle repensait à sa discussion avec son « fiancé » puis avec sa mère. Enfin plutôt « dispute » avec sa mère. Elle ferma les yeux, essayant d’oublier les mots durs que sa mère avait prononcés. Mais les mots de sa mère résonnaient néanmoins dans sa tête. Des larmes commencèrent à couler sur ses joues qu’elle essuya d’une main énervée. Hors de question que sa mère arrive à la faire pleurer. Elle ne s’était jamais trouvée supérieure aux autres, pas plus jolie que la moyenne, pas plus intelligente mais elle savait s’apprécier à sa juste valeur. Comme le lui avait appris ses parents. Et pourtant ce soir, dans sa chambre, sa mère l’avait rabaissé comme jamais. Oh elle savait pourquoi, elle voulait lui prouver qu’elle ne trouverait jamais un mari convenable seul et que c’était Chris qui lui fallait. Mais Haley savait que Chris ne lui convenait pas … Sur ces pensées, Haley s’endormit.