Je jetai un coup d’œil inquiet aux gros nuages noirs qui s’étaient amoncelés au-dessus du terminal d’Atlanta. Il n’était que 19 heures, mais on se serait cru en pleine nuit tellement le ciel était sombre. Des éclairs illuminaient les pistes par intermittence, tandis qu’une pluie torrentielle poussée par de fortes bourrasques fouettait la grande baie vitrée et réduisait encore la visibilité.
Flash-back
Je m’apprêtais à entrer dans cet immense immeuble. On était lundi et j’avais un rendez-vous au onzième étage, alors que j’ai le vertige. Prenant mon courage à deux mains, je franchis les portes coulissantes et me dirige vers le comptoir.
Moi : Bonjour, je suis Haley James. J’ai rendez-vous avec M. Watson.
Réceptionniste : Très bien, je vais le prévenir que vous êtes arrivée. C’est au onzième étage.
Moi : Merci.
Les jambes tremblantes, je me dirige vers l’ascenseur et appuie sur le bouton du onzième. Au moment où les portes de l’appareil se referment, une main passe par le petit espace restant et repousse les portes. Un homme se tient devant l’ascenseur et entre dans la petite cabine. Plutôt mignon, d’ailleurs. Un grand brun aux yeux verts, me regarde fixement attendant que j’appuie sur le bouton de l’étage. Rouge de confusion, je détourne le regard et appuie sur le onze. Profitant d’un moment où il ne me regarde pas, je l’examine attentivement des pieds à la tête. Cet homme est vraiment sexy… Qu’est-ce qu’il me prend de parler comme ça ? Mais, je dois avouer qu’il est plutôt beau mec. Une vingtaine d’années, habillé élégamment avec un costume noir signé Ralph Lauren, et une cravate noire, on dirait qu’il se rend à un enterrement. Sûrement travaille-t-il ici. Tout à coup, l’appareil fait un bruit bizarre, et une seconde après, les lumières s’éteignent. Et l’ascenseur s’arrête brutalement.
Moi, terrifiée : Oh, mon Dieu !
L’homme prend les choses en main et allume une lampe de poche qu’il a sorti de sa veste. Me regardant fixement, il semble inquiet.
Homme : Est-ce que ça va ?
Moi : N…on. On va mourir.
Homme, souriant : Bien sûr que non. Ça arrive souvent que cet ascenseur se mette en panne, c’est une habitude. Ne vous inquiétez pas, un mécanicien va venir nous sortir de là.
Moi, blanche : O…ui.
Homme : Je m’appelle Nathan Scott, et vous ?
Moi, respirant calmement : Haley.
Nathan : Vous travaillez ici ?
Moi : Non, je suis là pour un rendez-vous.
Nathan : Vous venez pour la place au onzième étage ?
Moi : Oui, j’ai rendez-vous avec M. Watson.
Nathan : Vous cherchez donc un agent ?
Moi : Oui, je suis chanteuse. Et vous, pourquoi êtes-vous là ?
Nathan : Oh ! Mon agent travaille ici. Au dix-septième étage.
Moi, impressionnée : Votre agent est… c’est John Whitman ? Le John Whitman ?
Nathan, souriant : Oui, c’est bien mon agent.
Moi : Alors vous êtes basketteur.
Nathan : Oui. Je joue pour les Hawks d’Atlanta. Et vous ?
Moi : Je m’appelle Haley James, j’ai fait une tournée et j’ai besoin d’un agent.
Nathan : Ah, la fameuse Haley James. J’aime beaucoup ce que vous faites.
Moi : Merci, c’est gentil.
Nathan : Vous êtes mariée ?
Moi : Non, je suis célibataire. Et vous ?
Nathan : Libre comme l’air. Vous vivez à Atlanta ? Ou vous n’êtes que de passage ? Moi : Je viens d’emménager ici, j’habitais en Caroline du Nord.
Nathan : Où ça ? Moi aussi, j’ai grandi là-bas.
Moi : C’est vrai ? Je suis de Tree Hill.
Nathan : C’est vrai ? Moi, je suis de Charlotte. Ma famille et moi on venait passer tous nos étés dans cette ville parce que mes grands-parents y habitaient.
Moi : Comment s’appelaient-ils, vos grands-parents ?
Nathan : Royal et May Scott. Vous les connaissez ?
Moi : Royal et May ! Bien sûr que je les connais. Ils étaient très sympathiques. Mes sœurs et moi, on allaient souvent chez eux, parce qu’ils nous donnaient des bonbons pour Halloween, et May disait toujours qu’il en resterait pour nous encore plus tard. Nathan : Ah bon ? Vous les trouvez sympathiques ? Je les ai toujours détesté.
Moi : Pourquoi donc ? Ils étaient si gentils.
Nathan : Pas avec moi. Mon grand-père était un grand médecin, et il a toujours rêvé que je reprenne le flambeau après lui, déjà que mon père ne l’avait pas fait, qui d’autre que son petit-fils aurait pu le faire ? Moi, je ne voulais pas devenir médecin, j’avais peur de la moindre goutte de sang. Et lorsque j’ai appris à mon grand-père que je voulais être basketteur, il ne l’a pas supporté, et il ne m’a plus jamais parlé. Nous nous côtoyions certes, mais il ne m’adressait pas la parole. J’avais beau essayer d’engager la conversation, il ne me répondait pas. Quand il est mort, il y a quelques années, je m’en suis beaucoup voulu de l’avoir déçu. Heureusement, ma grand-mère était là. Elle m’adorait, j’étais son seul petit-enfant, après tout. Elle m’a toujours soutenu dans mon désir de devenir sportif et je l’en remercie beaucoup. J’ai eu beaucoup de peine lorsqu’elle est morte elle aussi, deux ans après mon grand-père. Je me retrouvais seul, et sans repères.
Moi, émue : Et vos parents ?
Nathan : Mon père était maire de Charlotte, il ne s’occupait pas de moi. Je devais me débrouiller seul à la maison. Certes, j’avais tout ce que je voulais, sur le plan matériel, mais sur le plan affectif, je n’avais rien. Ma mère est en cure de désintoxication depuis dix ans, et elle n’en sort que rarement pour y retourner deux jours plus tard. Elle m’écrit souvent de longues lettres, me disant combien elle m’aime et elle regrette tout ce qu’elle m’a fait subir, même si moi je lui ai pardonné, mon père, lui, n’y ait jamais parvenu. Ils se détestaient et moi, j’étais au milieu de leurs querelles.
Moi : Votre enfance a dû être très dure.
Nathan : Oui. Et la vôtre ? Avez-vous été heureuse ?
Moi, souriant : Oui, très. Mes parents ont été très présents pendant toute mon enfance. J’ai trois sœurs. Deux aînées et une cadette. Quinn a 30 ans et elle est mariée avec deux enfants. Viviane a trois ans de moins que Quinn et elle élève seule son fils parce qu’elle est divorcée. Quant à Taylor, ma sœur cadette, je ne sais pas ce qu’elle fait. Elle a dix-huit ans, mais parcourt le monde, sans attaches et sans jamais donner de nouvelles. Quant à moi, à vingt-deux ans, je sais exactement ce que je veux faire dans la vie : chanter.
Nathan : Votre vie semble parfaite.
Moi : Elle l’est, enfin, je pense. La seule chose qui me manque vraiment c’est quelqu’un avec qui la partager.
Sur ces mots, les lumières se rallument, le charme est rompu. L’appareil se remet en marche et continue son ascension vers le onzième étage. Il se stabilise et les portes s’ouvrent sur un long couloir aux murs blancs.
Moi : Bon, je vais y aller. J’ai été ravie de vous rencontrer, Nathan.
Nathan, m’embrassant la main : Moi de même très chère. A bientôt.
Il me serre la main et pendant une seconde, nos regards s’accrochent et nos yeux se dévisagent, puis il me lâche la main et les portes se referment sur lui, dans un chahut bruyant. Je me retrouve seule dans cet immense couloir, lorsque je sens quelque chose dans ma main. Un papier. Il m’a glissé un papier dans la main. Je le déplie soigneusement et lis : « Je vous trouve très belle, rejoignez-moi chez Alfredo’s à 20 heures. Nathan. » Alors, seule dans cet immense couloir aux murs blancs, je souris. Mon angoisse augmentait de minute en minute. L’avion de Nathan en provenance de Boston avait déjà une demi-heure de retard.
Le jet de l’équipe des Hawks devait tourner là-haut en attendant une éclaircie, me dis-je, habituée au climat d’Atlanta, avec sa chaleur humide et ses averses quotidiennes.
Mais les violents orages qui marquaient les mois d’avril et mai me rendaient toujours nerveuse.
Flash-back
J’arrive au restaurant avec quelques minutes de retard. J’ai passé plus de trois heures devant mon armoire à choisir une tenue pour ce dîner. J’ai finalement opté pour une petite robe noire très simple mais décolletée. Et avec ma nouvelle paire d’escarpins de satin noir, je me sens irrésistible. Lorsque j’entre dans le restaurant, je le vois, au fond de la salle. Il porte un pantalon noir ainsi qu’une chemise blanche. Il est vraiment mignon.
Nathan, m’apercevant : Haley !
Moi, lui souriant : Bonsoir, Nathan.
Nathan, me reculant ma chaise : Asseyez-vous.
Moi, m’asseyant : Merci.
Nathan : Alors votre entretien avec M. Watson ?
Moi : J’ai un agent !
Nathan : Félicitations à vous, Haley, vous l’avez bien mérité.
Moi : Merci, et vous ?
Nathan : Moi ça va. Mon agent m’a appris que j’avais une séance photo demain après-midi, ainsi qu’un gala de bienfaisance.
Moi : Waouh !
Nathan : Et j’aimerais beaucoup vous y inviter, Haley.
Moi : A la séance photo ?
Nathan : Au gala.
Moi, surprise : Oh !
Nathan : C’est non ?
Moi : C’est oui.
Nathan : Super !
Nous continuons de parler de tout et de rien en dégustant notre repas. Après le dessert, un orchestre s’installe et commence à jouer She’s the one, de Robbie Williams.
Nathan, me tendant la main : Mademoiselle James, m’accorderiez-vous cette danse ? Moi, souriant : Avec plaisir. Mais à une condition.
Nathan : Laquelle ?
Moi : Que nous nous tutoyons.
Nathan : Très bien.
Moi : Alors allons-y, Nathan. J’ai hâte de voir comment danse un basketteur.
Nathan : Tu vas voir que je suis le meilleur danseur du monde.
Moi : C’est ce qu’on verra.
Nous dansons de longues minutes sur ce titre, qui est d’ailleurs une de mes chansons préférées. Nathan me tient serrée contre lui et me chuchote des mots doux dans l’oreille. Nathan : Haley, ce sera notre chanson celle-là. Notre premier rendez-vous avec notre première chanson.
Moi : J’adore.
Lorsque nous nous quittons au pied de mon immeuble, Nathan me regarde longuement et m’embrasse. Notre baiser est à la fois doux et passionné, lent et plein de désir. Quand nos bouches se séparent, nous restons haletants pendant plusieurs secondes. Ma bouche en redemande mais je me retiens et lui sourit en entrant dans mon immeuble. Je ne veux pas précipiter les choses avec lui, il est si parfait que je ne veux rien gâcher. Ce qui se passera après, ce sera pour plus tard. Pour l’instant, je me contente de ce que nous avons, et c’est déjà beaucoup. Nous avons passé une excellente soirée, nous avons beaucoup parlé et nous avons de nombreux points communs, nous avons dansé ensemble et choisi notre chanson. Nous nous sommes embrassés. Tout semble aller pour le mieux. Alors que je me couche dans mon lit, après une douche rapide, je repense à ce que Nathan a dit : « Ce sera notre chanson, celle-là. » qu’entendait-il par là ? Voulait-il me revoir ? Après tout, nous nous sommes embrassés. Quand je repense à ce baiser, j’en ai des frissons. De plaisir bien sûr. Et je m’endors en souriant. Le fracas d’un coup de tonnerre fit trembler la vitre, et je m’en écartai instinctivement. J’y vis mon reflet, celui d’une jeune femme mince aux yeux marron et aux cheveux blonds retenus de chaque côté par une barrette.
Flash-back
Ça fait six mois qu’on est ensemble Nathan et moi et on est très heureux. Ce soir, il m’a invitée à dîner dans un endroit inconnu. Ce matin, j’ai reçu une lettre de lui : « Mon amour, je t’emmène dans un endroit magnifique ce soir alors prépare-toi. Mon chauffeur passera te prendre à 19 heures. Je t’aime. » Ce que c’était romantique. J’avais revêtu ma plus belle robe pour l’occasion, une robe rouge avec des escarpins assortis. Lorsque je descendis devant mon immeuble à l’heure prévue, ce que je vis me stupéfia. Une magnifique Rolls Royce noire. Le chauffeur vint me saluer et m’ouvrir la portière. Je parcourus avec enchantement les rues d’Atlanta toute illuminées. Nous arrivons à l’orée d’une forêt toute de mystère vêtue. La voiture s’arrêta en bordure d’un chemin, et Nathan m’ouvrit la portière.
Moi, l’embrassant : C’est merveilleux, Nathan !
Nathan : Viens.
Il me conduisit derrière les arbres et c’est là que je vis un endroit de toute beauté. Une féerie de volupté et de douceur. Devant moi, un magnifique chalet de bois paisiblement endormi sur une île de verdure. Tout autour de l’île, une eau pastel reflétant les rayons de la lune…En entrant, je découvris une ambiance chaleureuse et cosy, éclairée à la bougie, et notre table, élégante et raffinée.
Moi : Merci, Nathan, c’est super.
Nathan : Ce n’est pas fini.
Un maître d’hôtel vient me présenter ma chaise et me sourit aimablement. Pour commencer, on dégusta une terrine de fois gras de canard accompagnée de sa sangria en gelée. Puis, vinrent les « gambas » avec leur riz basmati. Et enfin, un succulent dessert : un moelleux fondant au caramel. Tout était parfait. En musique de fond, il y avait She’s the one, notre chanson.
Nathan, me regardant dans les yeux : Haley, mon tendre amour, nous voilà l’un à côté de l’autre dans cet endroit magnifique, les yeux dans les yeux. Depuis que je te connais, je vis comme dans un rêve, un magnifique rêve éveillé. Je crois que je n’ai vécu que pour ce moment. Haley, veux-tu devenir ma femme, et faire de moi l’homme le plus heureux du monde ?
Moi, pleurant : Oh, Nathan ! Oui, oui, oui ! Je veux t’épouser !
Nathan, me serrant dans ses bras : Je t’aime.
Moi : Moi aussi, je t’aime, mon amour.
Nathan : Allez, viens, on rentre à la maison.
Moi, émue : Oui, rentrons chez nous.
Ce soir-là, je m’endormis plus heureuse que jamais. La sonnerie d’un portable retentit soudain, tout près. C’était le mien. Je me dirige vers la rangée de sièges vides où j’avais posé mon sac à main, sortis le téléphone de la poche extérieure et l’alluma.
Moi : Allô ?
Voix : Haley ? Ici, Lucas. Nathan est arrivé ?
Il y avait tant de parasites sur la ligne que l’appel semblait venir de l’autre bout du monde, et non du quartier des affaires d’Atlanta, à vingt kilomètres de là.
Moi : Lucas ? Je t’entends à peine… La communication est très mauvaise.
Lucas : Oui, je sais. C’est à cause de l’orage. Je te demandais si Nathan était arrivé. Je n’ai pas réussi à entrer en contact avec son avion.
Moi : Non, il n’est pas encore là. Il y a un problème ?
Lucas : Oui, John Whitman souhaite parler à Nathan dès qu’il arrive.
Moi : Devra-t-il se rendre au bureau, ou pourra-t-il se contenter de lui téléphoner de l’appartement ?
Lucas : Il vaut mieux qu’il vienne au bureau. Je suis désolé, Haley… Quand tu es partie tout à l’heure, j’ai eu l’impression que tu avais prévu quelque chose de spécial pour fêter son retour.
Quelque chose de spécial ? C’était peu dire… J’avais pour Nathan une nouvelle qui allait changer notre vie à tous les deux. Il m’avait fallu me retenir au cours des jours précédents, mais je voulais voir son visage quand il apprendrait que j’attendais un enfant de lui.
Une partie de moi-même était certaine à l’avance que cela lui causerait une immense joie – il parlait de bébé depuis des mois –, mais il y avait aussi l’autre moi, qui pensait toujours au pire.
Et voilà qu’à cause de John, je devais encore retarder ce moment tant attendu…
Moi : Tu n’as pas à t’excuser, ce n’est pas toi le fautif.
Lucas, mon beau-frère qui me connaissais bien, comprit sans avoir à le demander qui, à mes yeux, était « le fautif ».
Lucas, rigolant : Et si je disais à John tout le mal que tu penses de lui ?
Moi : Surtout pas ! Il essaye de convaincre Nathan de se débarrasser de moi depuis qu’on a commencé à sortir ensemble, car soi disant ce n’est pas bon pour sa carrière de sortir avec une chanteuse comme moi.
Lucas : Tu as sans doute raison, et je continuerai donc de cacher à John l’opinion que tu as de lui, mais à une condition : que tu conduises Nathan au bureau dès son arrivée.
Moi : Entendu. De toute façon, si je refuse de l’y emmener, il sautera dans un taxi. Les désirs de John sont des ordres pour lui, sinon il n’aurait pas entrepris ce voyage pour une séance photo…
Lucas, inquiet : Ça va, Haley ?
Un peu honteuse de m’être emportée, j’inspirai à fond et tentai d’oublier mon hostilité envers John Whitman. Ce sentiment n’avait cessé de croître depuis le début de ma relation avec Nathan, deux ans plus tôt. John se comportait en tyran envers son protégé, et j’attendais avec impatience le jour où l’opprimé se révolterait enfin. Peut-être la nouvelle que j’allais lui annoncer lui en donnerait-elle la force, car il voudrait sûrement élever son enfant sans faire des voyages toutes les semaines.
Lucas : Tu es toujours là, Haley ?
Moi : Oui, et ne t’inquiètes pas : ça va. Je suis un peu tendue, mais c’est juste à cause de l’orage.
Lucas : Tu en es sûre ?
Lucas était mon beau-frère et je l’aimais beaucoup. Il savait me comprendre lorsque Nathan était en déplacement et bien qu’il travaillait dans la même agence d’agents sportifs que John Whitman, il partageait la même haine envers son associé que moi.
Moi : Absolument.
Lucas : Bien… A tout à l’heure, donc ?
Moi : A tout à l’heure.
Lucas raccrocha, et je rangeai mon portable tout en continuant de maudire John Whitman, mais intérieurement cette fois. Nathan était en déplacement depuis trois jours, son agent l’ayant chargé d’aller à une séance photo à Boston.
J’avais eu Nathan au téléphone tous les jours pendant ce voyage, et je l’avais trouvé chaque fois plus fatigué. Et John, qui était lui, resté ici à Atlanta n’en avait rien à faire.
Alors pourquoi n’avait-il pas accordé un seul moment de répit à Nathan ? Il avait dû enchaîner les séances photo pour trois magazines différents avant de se rendre à un gala de bienfaisance hier soir.
Mais non, John Whitman était bien trop égoïste et trop cupide pour se soucier des autres. Il ne cherchait qu’à gagner encore plus d’argent. Maudit John !
Flash-back
Ça fait deux semaines qu’on est fiancés, Nathan et moi. Et j’ai décidé de le présenter à mes parents. J’entre dans la maison qui m’a vue grandir.
Moi, criant : Coucou, c’est moi ! Y’a quelqu’un ?
Voix : A la cuisine.
Je prends la main de Nathan et l’emmène à la cuisine.
Moi : Maman ?
Femme : Je suis là.
Elle est vêtue d’une robe blanche et porte de hauts talons. On ne la prendrait pas pour ma mère, mais pour ma sœur.
Moi : Maman, je te présente Nathan. Nathan, voici ma mère, Lydia James.
Lydia : Enchantée, Nathan.
Moi : Où est papa ?
Lydia : Il est dehors. Pourquoi ?
Moi : J’ai à vous parler.
Lydia : Tu es enceinte ?
Moi, gênée : Maman !
Lydia : Ce n’est pas ça ?
Moi : Non.
Lydia : Jimmy ! Viens à la cuisine, Haley a à nous parler. Mais, elle n’est pas enceinte. Elle se retourne vers nous et nous sourit.
Lydia : Asseyez-vous, je vous en prie.
Moi : Oui, il vaudrait mieux.
Mon père, un homme d’une quarantaine d’années entre dans la pièce et me serre dans ses bras. Il est vêtu d’un pantalon de jogging bleu et d’un T-shirt bleu. Avec ses cheveux blonds, on ne dirait pas qu’il est mon père.
Jimmy : Quelle surprise ! Haley, ça fait tellement longtemps que tu n’es pas venue nous rendre visite. Il y a un problème ?
Moi : Non, aucun. Papa, je te présente Nathan. Nathan, voici mon père, Jimmy James. Jimmy, serrant la main de mon fiancé : Ravi de faire votre connaissance, Nathan. Nathan : Moi de même, monsieur James.
Lydia : Alors, parle ! Vas-y !
Moi : Maman, s’il te plaît.
Jimmy : Tu es enceinte, Haley ?
Lydia : Enfin, Jimmy, Haley attend le mariage pour ce genre de choses.
Moi : Non, papa, je ne suis pas enceinte.
Nathan : Monsieur et madame James, j’ai demandé à votre fille de m’épouser. Et elle a dit oui.
Lydia, riant : Alors, ça je ne m’y attendais pas.
Jimmy : Moi non plus. Tu es sûre que c’est ce que tu veux, Haley ?
Moi, hochant la tête : Oui, je veux épouser Nathan. Je l’aime et il m’aime.
Lydia : C’est bien ce que tu veux, Haley ?
Moi : Oui, maman.
Lydia : Bon, il ne reste plus qu’à organiser le mariage, alors !
Moi, embrassant ma mère puis mon père : Merci, maman, merci, papa. Je vous aime. Lydia, émue : Nous aussi, ma chérie.
Jimmy : Le mariage est prévu pour quand ?
Nathan : Dans un mois.
Moi, surprise : Ah bon ?
Nathan : Si ça te paraît trop court, on peut repousser.
Moi, heureuse : Non, c’est parfait.
Nathan : Alors, il nous reste un mois pour tout préparer.
Moi, lui chuchotant à l’oreille : Je t’aime, Nathan. Mon sac à la main, je retournai me poster devant la baie vitrée. Le vent soufflait moins fort que tout à l’heure, la pluie s’était calmée et l’horizon semblait s’éclaircir.
Flash-back
Comme je l’avais demandé à Nathan la cérémonie se déroula sur une plage de sable fin, et une dizaine de personnes seulement y avaient été invitées, dont mes sœurs, Viviane, Quinn et Taylor, mes parents, le demi-frère de Nathan, Lucas, mes deux meilleures amies, Brooke et Peyton, le meilleur ami de Nathan, Jake et un prêtre, bien sûr. Je me sentais belle dans ma magnifique robe de satin blanche, dessinée par ma meilleure amie, Brooke, et rayonnante grâce au talent des professionnels qui m’avaient coiffée et maquillée. Nathan était, lui aussi, superbe. Vêtu d’un smoking impeccablement coupé, ses cheveux noirs rejetés en arrière, il semblait sortit tout droit d’une scène d’un film romantique.
Le temps était radieux et l’horizon clair.
Prêtre : Nous sommes rassemblés ici, aujourd’hui pour célébrer l’union de cet homme et de cette femme. Haley, avez-vous quelque chose à dire à Nathan ?
Moi, émue : Nathan, un poète a dit qu’il suffisait d’un mot pour surmonter toutes les peines et les épreuves de la vie, c’est le mot amour, et je crois qu’il a raison. Depuis que je t’ai rencontré, ma vie a complètement changé, et c’est grâce à toi. Je suis devenue une personne meilleure, et je suis sûre que notre vie sera parfaite. Ça ne veut pas dire qu’il n’y aura aucun moment difficile, ni aucun obstacle à surmonter, c’est seulement que grâce à toi, je suis devenue plus sereine et plus forte. Je t’aimerai toujours, jusqu’à la fin des temps, je te le promets, Nathan.
Prêtre : Et vous, Nathan, souhaitez-vous dire quelque chose à Haley ?
Nathan : Un jour, la mer aura emporté tout le sable de cette plage, les océans s’assécheront, et le soleil s’éteindra. Mais quand ce jour viendra, je t’aimerai encore. Mon amour sera éternel, au-delà de la vie, par-delà la mort. Je te le promets, Haley. J’ai voulu t’épouser devant tous les gens qu’on aime, pour que tout le monde sache que lorsque je te regarde, mon amour ne fait que grandir, il est de plus en plus fort, et il ne cessera jamais. Je t’aimerai toujours et à jamais. Always and forever.
Moi, émue : Always and forever.
Prêtre, s’adressant à moi : Haley, répétez après moi. Moi, Haley, je te choisis Nathan…Moi : Moi, Haley, je te choisis Nathan…
Prêtre : Et avec cet anneau, je lis ma vie à la tienne…
Moi : Et avec cet anneau, je lis ma vie à la tienne. Dans la joie comme dans la peine. Dans la richesse et dans la pauvreté. Pour le meilleur et pour le pire. Je promets de t’aimer et de te chérir. Et je promet que je ne laisserai rien ni personne nous séparer. Je fais cette promesse pour l’éternité. Je me lie à toi pour toujours jusqu’à la fin des temps. Et je resterais à tes côtés jusqu’à ce que la mort nous sépare.
Prêtre : Haley, acceptez-vous de prendre pour époux Nathan Scott, ici présent ?
Moi, lui passant la bague au doigt : Oui, je le veux.
Prêtre : Nathan, acceptez-vous de prendre pour épouse Haley James, ici présente ? Nathan, me passant l’alliance à l’annulaire gauche : Oui, je le veux.
Prêtre : En vertu des pouvoirs qui me sont conférés, je vous déclare mari et femme. Vous pouvez embrasser la mariée, Nathan.
Nathan m’embrassa longuement, amoureusement et passionnément. Un baiser chargé de promesses et d’amour pour l’éternité.
Prêtre : Mesdames et messieurs, j’ai l’immense honneur de vous présenter M. et Mrs Nathan Scott !
Tous les invités se levèrent et applaudirent fort les jeunes mariés.Quelques heures plus tard, après avoir dégusté un savoureux repas lors de notre réception, l’orchestre commença à jouer She’s the one. Nathan se leva et prit ma main.
Nathan : Madame Scott, voulez-vous danser ?
Moi : Avec joie, mon cher mari.
Il sourit et m’emmène sur la piste. Nous dansons pendant très longtemps, jusqu’à ce que nos jambes soient fatiguées. Tout à coup, je vis un Boeing 747 de Atlanta Airlines entamer sa descente au-dessus de l’aéroport international. Mais, ce n’était pas celui de Nathan.
Flash-back
Lorsque nous nous retrouvons dans ma chambre, après la cérémonie, Nathan me fait passer le seuil en me portant dans ses bras. Il m’allonge sur le lit et me sourit.
Moi, gênée : Tu sais, Nathan, je ne suis pas très douée…
Nathan, surpris : Doué pour quoi, ma chérie ?
Moi, de plus en plus gênée : Pour ça.
Nathan : Tu veux dire pour… ?
Moi : Oui.
Nathan : Pourquoi dis-tu cela, ma chérie ?
Moi : Mon ex-petit ami m’a souvent répété que j’étais nulle, et à force de l’entendre, j’ai fini par le croire, moi aussi.
Nathan : Enfin, mon ange, ce n’est pas vrai. Viens là.
Il m’embrasse amoureusement et nous finissons sous la couette.Une heure plus tard, alors que je repose dans les bras de mon mari, et que je sens le sommeil qui vient, Nathan me chuchote à l’oreille :
Nathan : Tu es très douée, ma chérie. Ton ex se trompait sur toute la ligne, tu es très douée dans ce domaine, Haley.
Moi : Merci, Nathan. Je t’aime.
Nathan : Je t’aime aussi, mon ange. Un appareil plus petit perça alors la couche de nuages, venant du sud-est, et en scrutant le fuselage, je reconnus le logo des Hawks d’Atlanta. Quand je l’aperçus, une onde de soulagement me submergea : Nathan était sain et sauf ! Il allait devoir se rendre directement au bureau, et je ne pourrais pas être seule avec lui avant des heures, mais tant pis… L’essentiel était que nous nous retrouvions enfin après ces trois longs jours d’absence.
Flash-back
Nathan et moi sommes allongés sur notre lit. Il me regarde attentivement et sourit. Moi : Qu’est-ce qu’il y a ? Pourquoi tu me regardes comme ça ?
Nathan : Oh, pour rien. Je me disais seulement qu’un bébé serait une bonne chose.
Moi, me relevant d’un bond : Un bébé ?
Nathan : Que dirais-tu d’un petit bébé dans notre grand appartement ?
Moi, souriant : C’est une très bonne idée, en effet.
Nathan : Oui, une petite toi.
Moi, riant : Ou un petit toi.
Nathan : Si c’est une fille, j’aimerais beaucoup l’appeler Nelly. Comme ça, c’est la dernière lettre de ton prénom et la première du mien.
Moi : C’est joli, Nelly. Mais il y a aussi Helen, la première lettre de mon prénom et la dernière du tien.
Nathan : Oui, j’adore Helen. Et pour un garçon, t’as une idée ?
Moi : Nathanaël. Comme ça, ton prénom est dans son prénom.
Nathan, ému : J’aime beaucoup. Et comme ça, on aura le même diminutif, Nate.
Moi : J’ai envie d’avoir un bébé, Nate.
Nathan : Moi aussi.
Il me regarde avec un sourire coquin.
Nathan : Qu’est-ce qu’on attend ?
Il me pousse sur le lit et m’embrasse. Dans ma joie de revoir Nathan, je faillis céder à l’envie stupide d’agiter les bras en direction de l’avion. Je m’obligeai à me tenir bien droite, calme et digne, comme la jeune femme sophistiquée que j’étais, tandis que le jet de Nathan se mettait en position d’atterrissage.
Mais bizarrement, au lieu de ralentir, il semblait prendre de la vitesse au fur et à mesure qu’il s’approchait…
Et soudain, ce fut le drame. Les choses se passèrent si vite que j’eue à peine le temps d’en voir l’enchaînement. L’instant d’avant, l’avion était à cinquante mètres du sol, prêt à se poser, et la seconde d’après, il tombait, comme poussé par la main invisible d’un géant. Il s’écrasa sur la piste en béton, rebondit, s’immobilisa, puis explosa, le bruit et le souffle de la déflagration secouant toutes les vitres du terminal.
Des cris s’élevèrent autour de moi, mais je demeurai muette et immobile, trop choquée pour réagir, pour penser, pour faire autre chose que regarder les volutes de fumée noire et les gerbes de flammes qui montaient de l’appareil.
Flash-back
Nathan : Haley, mon tendre amour, nous voilà l’un à côté de l’autre dans cet endroit magnifique, les yeux dans les yeux. Depuis que je te connais, je vis comme dans un rêve, un magnifique rêve éveillé. Je crois que je n’ai vécu que pour ce moment. Haley, veux-tu devenir ma femme, et faire de moi l’homme le plus heureux du monde ?
Flash-back
Nathan : Un jour, la mer aura emporté tout le sable de cette plage, les océans s’assécheront, et le soleil s’éteindra. Mais quand ce jour viendra, je t’aimerai encore. Mon amour sera éternel, au-delà de la vie, par-delà la mort. Je te le promets, Haley. J’ai voulu t’épouser devant tous les gens qu’on aime, pour que tout le monde sache que lorsque je te regarde, mon amour ne fait que grandir, il est de plus en plus fort, et il ne cessera jamais. Je t’aimerai toujours et à jamais. Always and forever.
Flash-back
Nathan : Je t’aime aussi, mon ange.
Flash-back
Nathan : Que dirais-tu d’un petit bébé dans notre grand appartement ? Une sirène retentit au loin, appelant les secours sur le lieu de l’accident, mais ils arriveraient trop tard, je le savais. Personne ne survivrait à la catastrophe, ni le pilote, ni les passagers, ni Nathan Scott lui-même.
Ils étaient tous morts ou en train de mourir.
Comme mon cœur.
Il ne restait plus de vivant en moi que l’enfant de Nathan, minuscule lumière dans un océan de ténèbres.
Epilogue Moi : Bonjour, mon amour. Je suis venue te présenter Nathanaël Scott, notre fils. Il est né avant-hier soir, à 2 heures du matin. Il père 3, 4 kilos et mesure 56 centimètres. Il est brun comme toi, il a tes yeux verts, ton sourire, ton nez, ta bouche et même tes oreilles. Il est si mignon. La seule chose que je regrette, c’est que tu ne sois pas là pour le voir et le serrer dans tes bras, tu serais si heureux de le tenir contre ton cœur, ton fils, ton enfant. Notre enfant. Je te promets de lui parler de toi, de notre amour et de ton amour pour lui. Il saura qui était son père, ce grand homme au cœur d’or. Tu étais l’homme de mes rêves, le héros du basket dont je suis tombée amoureuse dès que je t’ai vu pour la première fois, dans cet ascenseur. En mourant, tu as emporté mon cœur. Personne ne te remplacera jamais. Tu m’as montré l’amour et appris la liberté. Toi-même tu as dit que notre amour serait éternel, par-delà la mort. Tu ne seras jamais loin de moi. Je te garderai dans mon cœur pour le restant de mes jours. Notre amour est plus fort que la mort, et il n’a besoin ni de mots ni de paroles. Il est là tout simplement. Je te serais à jamais reconnaissante de ce que tu m’as appris, pendant ces deux merveilleuses années. Tu ne me quitteras jamais, et où que j’aille, tu seras toujours auprès de moi. Tu as emporté ce que j’avais de meilleur à t’offrir, et je n’ai plus qu’à en faire autant. Je sais que notre amour demeurera intact, au-delà de la mort. La chanson s’est tue, mais la danse continue. Pour toujours.
Je me relève, serre notre fils dans mes bras et regarde le ciel. Un aigle vole, au-dessus des arbres.
Moi : La partie est terminée, Nathan, mais le jeu continue. Je t’aime.
Mes yeux se posent sur l’inscription écrite sur la tombe : « Nathan Scott, 1982-2007, à toi mon amour, à toi mon ange. Always and forever. »