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Highway to Hell

Série : One Tree Hill
Création : 23.09.2007 à 12h03
Auteur : probrucas 
Statut : Terminée

« Dites moi ce que vous en pensez sincèrement s'il vous plait... » probrucas 

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Alpha - Lipstick from the asylum

 

 

Elle était là, seule dans sa chambre, le regard perdu… Ce lieu lui paraissait froid et aigri. Chaque meuble, chaque objet lui faisait penser à la mort… Alors elle détachait son regard de cette triste réalité pour observer le magnifique paysage qui s’étendait sous ses yeux. Le soleil illuminait les prairies de l’immense parc qui s’étalait devant elle. Elle pouvait observer des tapis de roses, au loin, et de jeunes mariés célébrant leur récente union. Elle voyait des enfants jouer, des couples s’embrasser, des groupes d’amis rire, et le poids de sa solitude s’abattait alors un peu plus sur ses épaules. Elle regardait ce monde qui lui était interdit, ce petit paradis. Lorsqu’elle y avait encore accès, elle le haïssait. Mais à présent, elle le regrettait. Elle décida donc de faire ce qu’elle avait toujours fait depuis son arrivée ici. Elle s’assit à la table qu’on lui avait laissé et commença à dessiner. Elle représenta ce parc, ces gens qui s’aimaient et s’amusaient, et à travers la fenêtre du grand édifice se trouvant à l’arrière plan, une jeune fille seule, des larmes coulant sur ses joues creuses et pâles, ses longs cheveux roux dessinant un peu plus ses traits de martyre.

 

Cela faisait à présent 3mois qu’elle était derrière cette vitre. Mais elle essayait de ne pas y penser. Elle sortit alors du papier à lettre, un stylo, et commença son récit.  Comme chaque jour, elle écrivit à sa petite sœur, à ses parents, et à son âme sœur. Des larmes coulaient le long de ses joues, inondant le papier à lettre. Mais elle écrivait malgré tout. Elle voulait leur montrer qu’elle ne pensait qu’à eux. Et surtout, elle ne voulait pas qu’ils l’oublient. Elle commença par la lettre à ses parents. Il lui fallut une heure et une intense crise de larmes pour la terminer. Mais elle était contente d’elle. Bien sur, elle savait la réaction que ce petit morceau de papier engendrerait, mais elle avait réussit à être honnête, à dévoiler ses sentiments, à partager. Elle écrivit alors à sa sœur. Ce fut tout à fait différent. Un sourire se dessina même sur son visage lorsque son regard croisa la photo posée sur sa table de nuit. Cette fois, il y eut moins de larmes, et plus de souvenirs. Elle revit les batailles d’oreillers, les après-midi passées à se chamailler, à rire, à discuter. Elle repensa à cette confiance qui existait entre elles, à cette complicité, au soutien qu’elles s’étaient toujours apporté. Elle la voyait sourire, elle l’entendait rire. Elle releva la tête, se força à respirer, lentement, calmement, pour retrouver ses esprits et tenter de dissiper les larmes qui venaient effleurer ses yeux. Elle croisa son propre regard à travers le miroir posé sur sa commode, elle vit ses traits tirés, ses joues creuses, son regard vide, et elle s’écroula, tremblant, pleurant, hurlant presque à certains moment. Elle était inconsolable, allongée en boule contre le sol. Elle fut prise de violentes convulsions. Panique, anxiété, crise d’angoisse. Il lui fallu plus d’une heure, l’aide des aides soignantes et celle du médecin pour se ressaisir. Mais elle s’était une fois de plus redressée.

 Vint alors la plus douloureuse, mais aussi la plus merveilleuse de ses lettres. Elle lui écrivait pour lui dire une fois de plus à quel point elle l’aimait, et à quel point il lui manquait. Mais elle trouva également le courage de se dévoiler, de partager ses craintes, ses doutes, ses peurs. Cette peur de le perdre qui la hantait jour et nuit, cette peur de ne jamais plus le revoir, de ne jamais plus l’embrasser, de ne jamais plus être proche de lui, sentant la chaleur de son corps et celle de son coeur. Elle lui montrait alors ce paysage, avec ces amoureux. Elle partageait le monde de rêve qu’elle s’était créée, ce monde dans lequel ils étaient de nouveau réunis, dans lequel ils étaient dans ce parc, allongés sous un arbre, regardant les enfants jouer et parlant d’avenir, se chamaillant, riant, et s’aimant. Ce monde dans lequel ils étaient tout simplement heureux.

 

Elle repensait à leur séparation. Elle repensait à toutes ces séparations, toutes plus douloureuses les une que les autres. Elle avait du dire au revoir à sa petite sœur devant son lycée, les larmes aux yeux, la pressant d’aller en cours alors qu’elle était déjà en retard. Elle avait dit au revoir à ses parents devant l’hôpital, après qu’ils l’aient aidée à monter ses affaires. Et surtout, elle avait dit au revoir à l’homme de sa vie dans ce couloir blanc, le serrant une dernière fois contre son cœur, pleurant, l’embrassant, le regardant une dernière fois. Il s’était retourné, l’avait à son tour regardée, avait tenté de lui sourire, et était parti. C’était le dernier regard, le dernier baiser, le dernier souvenir.

 

Comme chaque jour, son médecin entra dans la pièce. Cette visite elle la connaissait, et elle la redoutait. L’aide soignante arriva, un petit appareil sous le bras. L’appareil à la source de tous ses malheurs, l’appareil lui murmurant, chaque jour, qu’elle risquait de mourir, d’abandonner, que ses forces allaient bientôt la quitter, l’obligeant à laisser derrière elle cet homme et cette petite fille, cette adolescente, qu’elle aimait tant. Elle se déshabilla, posa un premier pied, puis, fermant les yeux, mis tout son poids sur cette balance. Le verdict allait tomber. « 33kg300. Tu as encore maigri. Je sais, ça te paraît dérisoire, mais 200g, à ce stade, c’est inacceptable. Tu dois te ressaisir ! J’espère ne pas avoir à te ré expliquer les risques que tu prends en faisant subir à ton corps une telle épreuve ! s’il t’abandonne, tu es fichue ! C’est ta vie que tu joue depuis des mois ! Souviens toi d’eux, je sais que tu ne veux pas les abandonner. Tu dois t’accrocher, résister. Tu dois te battre ! Je sais que tu ne parviendras à remonter la pente que lorsque tu seras au plus bas, et étant donné les circonstances, je pense, et surtout j’espère que ça ne va pas tarder. Mais fais attention. Je ne voudrais pas avoir à te mettre sous perfusion, et ce n’est pas non plus ce que tu souhaites. Prouve moi que tu peux y arriver, et que tu as suffisamment de rage pour te battre. Ces 200g, tu as 3jours pour les reprendre. Au delà, tu ne me laisseras plus le choix. » Puis sur ces mots il sortit, la laissant seule et pensive. Bien sur qu’elle réalisait. Ou plutôt non. Elle savait à quoi s’attendre, mais elle ne se rendait pas compte de la portée de ses actes. Que risquait-elle ? De mourir. Et si elle s’en sortait ? Par exemple de ne jamais pouvoir avoir d’enfants. Oui, elle risquait tout. Etait-elle joueuse ? Peut-être. Mais surtout, elle était naïve…

 

         Trois jours. Trois jours étaient passés, et c’est aujourd’hui qu’elle serait fixée. Elle n’avait plus été repesée depuis cette fois là. Si elle avait réussit à reprendre du poids, cela voulait tout simplement dire qu’elle commençait à guérir, qu’elle était allée jusqu’au bout et qu’enfin son corps, son inconscient et sa conscience s’étaient unis pour lui faire remonter la pente. Sinon ? Il lui faudrait certainement des injections, pour l’empêcher de tomber plus bas, à un stade où son corps ne supporterait plus ses excès et où elle tomberait dans le coma, pour ne peut-être jamais plus en sortir.

 

         C’était l’heure de vérité, celle où sa vie toute entière allait changer, où elle saurait si oui ou non elle était forte, si oui ou non elle savait se battre, si oui ou non elle était prête à tout tenter pour eux.

 

         Le rendez-vous était prévu pour 17h30. Elle sentit passer chaque seconde depuis son réveil jusqu’à cette heure cruciale, décisive, où sa vie basculerait.

 

         17h00… 17h10… 17h20… 17h25… 27… 28… 29… 17h30.

 

         Il entra, l’aide soignante le suivit, et il installèrent la balance pendant qu’elle se déshabillait. Elle ferma les yeux, inspira profondément, serra les poids, tentant de repousser l’échéance, mais elle fut rattraper par le temps, ce timing incessant, celui là même qui refuse de vous laisser libre quelques secondes de plus. Un pied, puis l’autre. Elle était dessus. Il n’y eut aucun commentaire. La curiosité ? L’espoir ? Quelle que soit la force qui l’y est encouragé, elle ouvrit les yeux, regardant d’abord le plafond, puis baissa la tête, lentement, sentant son cœur et sa respiration s’accélérer. Ses mains puis tout son corps se mirent à trembler, un frisson la parcourut, et voilà, elle y était, les yeux rivés sur le petit écran. Le silence pesant qui s’était solidement installé fut déchiré par un cri de joie, de satisfaction, de soulagement, peu importe comment vous désirez le nommer. 33kg600. 300g en trois jours. C’était la première fois que ce chiffre augmentait, donnant ainsi un immédiat coup de frein à la chute libre qu’elle effectuait depuis maintenant des mois. Elle avait touché le fond, s’était retrouvée à flirter avec les flammes de l’enfer, les abîmes de la maladie, et aujourd’hui enfin elle souriait d’un sourire sincère et satisfait.

 

Il était là, dans sa chambre, le regard brouillé par les larmes qu’il avait si longtemps versé. Mais dans ces yeux on pouvait aussi voir une lueur d’espoir, et un sourire se dessina petit à petit sur son visage. Cela faisait une heure qu’il lisait et relisait la lettre qu’il avait entre les mains :

 

« Mon Nathan, mon ami, mon âme sœur, mon amant.

C’est la première fois depuis mon arrivée à l’hôpital que je suis heureuse. Et je pense que tu le seras aussi en lisant ceci. Je commence à remonter. J’ai été pesée aujourd’hui. J’ai pris 300g. Je sais, ce n’est pas beaucoup, mais pour moi c’est déjà un grand pas en avant, une grande réussite. J’espère que tu es fier de moi. Je me battrai jusqu’au bout, et j’espère bientôt pouvoir recevoir vos lettres. Il faudra sûrement encore un mois ou deux. Tu le sais certainement déjà, mais ils les bloquaient. Je ne dois avoir aucun contact avec l’extérieur, pour que mon envie de me battre soit encore plus forte. Et je pense que c’est en effet la meilleure solution. Vous me manquez tous énormément, c’est une évidence, mais si je remonte la pente, c’est pour vous, pour pouvoir vous revoir un jour, pour que vous soyez fiers de moi. C’est un véritable supplice d’être privée de toi, de ma petite puce, et de mes parents. Mais c’est en quelques sorte la carotte qui fait avancer l’âne ! J’ai bien peur que les vieilles méthodes ne soient les meilleures… Quoi qu’il en soit, je commence à progresser, et je dois dire que je suis assez fière de moi…

Aujourd’hui je suis enfin heureuse. Je commence à apercevoir une lueur d’espoir. Je commence à imaginer mon évolution, et les avantages qu’elle m’apportera. Cela dit, j’ai peur. J’ai peur que tu ne sois plus là lorsque je sortirai. C’est peut-être stupide, mais il s’est passé plus de trois mois depuis mon arrivée ici. Et il s’en passera encore sûrement autant avant ma sortie. Tu peux te rendre compte de beaucoup de choses en six mois. Tu peux aussi perdre espoir. Alors j’espère que cette lettre t’aidera à ne pas m’oublier, et à m’attendre. Je sais que tu le feras, j’ai confiance en toi. Je ne sais pas si tu le sens, mais j’ai l’impression qu’un lien d’une infinie puissance c’est établi entre nous. Je sais que tu ressens mes doutes et mes angoisses, tout comme je ressens les tiens. Mais je me battrai pour toi, alors si tu en as encore la force, bats toi aussi pour moi.

Je t’aime de tout mon cœur et pour toujours.

                                                                                              Rachel. »

 

Seule dans sa chambre, de l’autre côté de la ville, elle avait ce même regard, dans lequel renaît l’espoir.

 

« Ma petite gazelle du désert, ma petite Lyly.

Je n’ai que des bonnes nouvelles aujourd’hui !!! Je commence à remonter la pente, et à me rétablir. Je serai bientôt parmi vous, je te le promets. J’aimerai particulièrement être là pour ton anniversaire, alors je vais essayer d’encore plus me battre. Pour toi, pour Nathan, et pour papa et maman. J’ai déjà loupé mon anniversaire, Noël et le nouvel an, alors je n’ai plus tellement le choix, je ne peux pas me permettre de louper plus d’évènements importants !

Et puis, les week-end ici sans vous sont durs et monotones (tu me diras, comme tout le reste de la semaine, mais disons que c’est encore pire…). La plupart des aides soignantes ne sont pas là, et celles présentes sont très occupées. Je me retrouve alors seule dans ma chambre pendant deux jours, durant lesquels je tiens grâce à nos souvenirs de vacances, de fou rires, grâce à toutes les photos qui ornent ma table de nuit, grâce à toi. D’ailleurs, je ne sais pas si je te l’ai déjà dit, mais toutes les aides soignantes qui sont passées dans ma chambre trouvent qu’on se ressemble beaucoup !!!

Quoi qu’il en soit, je compte sur toi pour rester forte, et pour apporter à papa et maman tout l’amour que je leur envoie. Ne t’inquiètes pas pour moi, profites de la vie, du temps passé avec tes amis, du temps passé à la danse, et de tous ces instants qui t’appartiennent. Si tu as besoin de conseils, je crois que tu peux aller voir Brooke. Elle est un peu la grande sœur de toutes ses élèves, et elle sera prête à t’écouter, à te soutenir, et à t’aider. Elle sera là pour toi, je le sais, alors fais lui confiance comme j’ai pu le faire par le passé. Je crois savoir que tu es très douée en danse, et c’est une merveilleuse prof, comme tu l’as remarqué durant toutes ces années. Mais dans cet art tu découvriras aussi que l’amitié est de mise, et que la confiance doit régner pour pouvoir progresser. Fais lui confiance, et fais mon confiance, elle t’aidera, quoi qu’il puisse arriver.

Je ne te demande en réalité qu’une seule chose : profite de la vie et ne regarde pas en arrière. Le temps est bien trop précieux pour le perdre sans compter. La vie est courte, et je veux que la tienne soit magnifique et que tes rêves se réalisent. Bats toi pour moi, et je serai heureuse.

Tu me manques petite sœur de mon cœur. J’espère que l’adage « loin des yeux loin du cœur » est faux, je refuse de vous oublier. Alors au milieu d’un fou rire pense à moi, et je ressentirai cette joie.

Je t’aime ma lyly. A très bientôt j’espère.

                                                                                              Rachel. »

 

Elle était seule dans sa chambre, comme à son habitude. Malgré les quelques mois qu’elle avait déjà passé ici, elle ne s’était pas adaptée à cette sensation. Mais quelque part au fond d’elle, elle sentait aussi l’amour et la joie de ses proches. Ce n’était peut-être qu’une impression, mais elle savait pertinemment que c’était aujourd’hui qu’ils recevaient ses lettres, messagères d’un peu d’espoir.

Malheureusement pour elle, se bonheur ne fut que passager. Oui, la vie est bien plus dure lorsqu’on est seule pour l’affronter. Et ce malaise, cette sensation de solitude, toutes ces émotions, refirent bien trop vite leur apparition. Nous étions une fois de plus le week-end. Une fois de plus elle devrait faire face à deux jours entier seule. Ce n’est que là qu’elle compris. Son voyage serait encore long et périlleux. C’est vrai, les pires intempéries étaient passées, et les nuages avaient laissé place à une légère éclaircie, mais le ciel ne tarderait pas à se recouvrir, et la profondeur des ombres la rattraperait. Elle venait juste de commencer son combat contre la mort, sa guerre pour la vie.

 

« Ma petite gazelle du désert, ma petite Lyly.

J’ai un peu peur de me confier à toi. Bien sur que la confiance qu’il y a entre nous est restée intacte, bien sur que tu es toujours ma confidente number one, mais voilà, j’ai peur de te voir pleurer, de te sentir triste et seule. J’ai peur que tu ne t’inquiètes trop pour moi et que tu ne profites plus de la vie comme j’aimerais que tu le fasses. Mais j’ai besoin de parler à quelqu’un, quelqu’un qui me connaît depuis toujours, avec qui j’ai toujours tout partagé et que j’ai toujours aimé. Le bonheur dont je t’ai parlé c’est une fois de plus dissipé. J’ai bien peur de ne pas réussir à tenir. Je viens de réaliser quelque chose. La période qui s’annonce risque d’être la plus dure du temps que je passerai ici. Et j’ai peur de devoir faire ce chemin toute seule. Je ne sais pas si j’arriverai à tenir. Je ne sais pas si je suis assez forte. Alors aujourd’hui, je doute, et seule les étoiles qu’il y a dans tes yeux sur cette photo ont réussi à me tenir debout. Ce n’est que grâce à toi que je fais tout cela. Je ne crois pas que tu t’en rendes compte, mais tu m’apportes plus de soutien que je ne l’avais jamais espéré… »

 

 

 

 

 

 

Deux mois passèrent. Ils furent sans aucun doute les plus durs de son existence.  Elle avait lutté, très souvent tentée par un laisser-aller apparent. Elle avait remonté la pente, au prix d’un dur labeur. Elle avait gravi les échelons de la guérison. Elle avait dû garder la foi, reprendre confiance en elle et travailler dur, enchaînant introspections et prises de conscience. Mais le principal n’était pas là. Ce n’était que la partie immergée de l’iceberg. Le principal se trouvait dans le fait qu’elle ait réussit. Son travail avait fini par payer. La souffrance subit durant des mois s’était révélée utile. Oui, elle était fière d’elle. Elle avait montré aux yeux du monde qu’elle était forte. « Forte mais fragile ». Oui, cette description lui correspondait, et oui, elle en était satisfaite. Elle commençait à s’accepter, même si le travail était loin d’être fini. Il lui restait bien des étapes à franchir, mais aujourd’hui tout lui paraissait simple. Elle était tombée au fond du gouffre, et ce voyage en enfer lui avait ouvert les yeux sur la beauté du monde.

 

« Mon Nathan, mon ami, mon âme sœur, mon amant.

Je te le dis depuis déjà quelques temps, mais je commence véritablement à me sentir bien. Bien dans ma peau, bien dans ma tête, bien dans mon corps. Il y a une éternité que je n’ai plus eu cette sensation. En réalité, je me demande si je l’ai eu un jour. Il me faut certes continuer, ma progression n’est pas encore finie, mais c’est tout de même une belle réussite. La preuve, le médecin est partant pour me laisser sortir ! Si tout va bien, je devrait pouvoir aller me balader dans ce parc dont je t’ai tans parlé la semaine prochaine. Si tu savais ! Je suis euphorique rien qu’à cette idée ! Bien sur, ce ne sera pas aussi merveilleux que si tu avais été présent, mais gardons ce plaisir pour plus tard ! Chaque chose en son temps. Je suis de toutes façon encore trop fragile pour vous revoir. C’est une évidence, se sera un choc. Un pur moment de bonheur, l’un des plus merveilleux jours de ma vie, l’aboutissement du travail que je fournis depuis des mois, mais se sera malgré tout un choc. Et après ce que je viens de vivre, et après ce que vous venez de vivre, je ne pense pas que ce soit une bonne idée. Je dois l’avouer, même si cette idée me déplaît, je suis encore très fragile, et les évènements de ces derniers temps ont épuisés une bonne partie de mon capital émotions. Vous me manquez terriblement, mais je préfère attendre encore un peu, plutôt que de voir tout ce travail brûlé, consumé par ce trop plein de sensations.

Je t’aime pour toujours, et chaque jour un peu plus.

                                                                                              Rachel. »

 

Elle était allongée dans l’herbe. Elle souriait. Elle sentait la douceur du soleil venir effleurer sa peau et réchauffer son cœur. Elle entendait les rires des enfants, elle voyait ces groupes d’amis, ces familles unies. Elle pu enfin aller jusqu’au tapis de roses qu’elle observait depuis sa fenêtre. Elle s’enivrait de leur odeur, s’imprégnait de leur parfum, pour ne plus l’oublier jusqu’à sa prochaine sortie. Le spectacle des couleurs était encore plus beau qu’elle ne l’avait imaginé. Du rouge, du blanc, du jaune… C’était un véritable arc-en-ciel qui s’étendait devant ses pieds. Un feu d’artifice permanent.

 

Mais il était à présent tard. Elle devait y retourner. Après un dernier regard, elle fit demi-tour, traversa le parc, monta les escaliers, et retourna dans sa chambre, où l’attendait son médecin. Ils parlèrent durant des heures entières. Le simple fait qu’elle soit revenue d’elle même était une réussite. Une preuve de plus qu’elle voulait guérir. Ils organisèrent donc une autre sortie pour la semaine suivante.

 

Dès qu’il quitta la pièce, elle s’installa à son bureau, et dessina ces fleurs, ce feu d’artifice, cet arc-en-ciel, peu importe comment vous souhaitez l’appeler. Comme à son habitude, elle écrivit à Nathan, à sa sœur, et à ses parents. Elle écrivit aussi à quelques amis. Oui, elle se sentait prête à reprendre contact avec des personnes moins proches d’elle. C’est avec le sourire qu’elle alla se coucher, des images plein la tête, des souvenirs, des sensations, des émotions.

 

Les journées comme celle-ci se faisait de plus en plus fréquentes. Sa guérison était de plus en plus rapide, et chaque rendez-vous avec son médecin apportait une quantité de bonnes nouvelles. Elle avait commencé à recevoir des lettres, les premières qu’on lui avait envoyé. D’abord une par jour, puis deux, et à présent trois. Elle se rendit compte que beaucoup de gens, plus qu’elle ne le pensait, la soutenaient, et pensaient à elle. Des amis qu’elles pensait avoir perdus, des gens qu’elle croyait ne pas très bien connaître, et qui se révélaient être des personnes essentielles à son existence. Elle savait que les retrouvailles avec Nathan et avec sa famille approchaient. L’impatience et la panique avaient tendance à la saisir. Et ce moment arriva. Après six mois passés à l’hôpital, jour pour jour, le médecin lui annonça l’autorisation qu’elle avait de revoir une personne, pour commencer. Elle devait choisir entre ses parents. Ensuite viendrait sa sœur, et enfin Nathan.

 

Elle ne pouvait plus attendre. Elle lui écrivit une lettre avant même que le médecin ne soit parti.

 

« Mon Nathan, mon ami, mon âme sœur, mon amant.

Cela fait six mois aujourd’hui. Six moi que je suis loin de toi, six mois durant lesquels tu m’as attendu. Je me suis battue, et j’ai réussi. Le médecin vient de m’annoncer que les visites me seraient autorisées. Mais seulement une par semaine. Je dois commencer par ma famille proche, puis viendra le tour de mes amis, et bien sur de toi. Mercredi, je vais voir ma mère. Je suis à la fois morte de peur et surexcitée à cette idée ! La semaine suivante, je verrai mon père. Ensuite ce sera ma sœur, et enfin nous pourront nous retrouver. Plus que quatre semaines, et tout cela sera terminé. J’aurais voulu te revoir en premier, mais le docteur n’a pas voulu. Il faudra attendre encore un peu. Je suis heureuse, si seulement tu savais. Je ne l’ai plus été ainsi depuis des mois. Je me sens libres, malgré cette vitre qui me sépare toujours de l’extérieur. Je me sens bien. Je commence à reprendre confiance en moi. Il ne me manque plus que toi pour être épanouie. Je vais rêver de cet instant, celui où je te verrai, toutes les nuits. Tu me manques affreusement. Je ne connaîtrai jamais de pire supplice que celui d’être loin de toi.

A dans quatre semaines, c’est officiel. Il me faut annoncer cela à mes parents, et à ma petite puce, alors je te laisse. Je t’embrasse, et je t’aime pour toujours, je te le promets.

 

                                                                                              Rachel. »

 

« Ma petite gazelle du désert, ma Lyly.

Trois semaines. Dans toi semaines, je serai avec toi. Et oui, ça y est, j’ai réussi. Nous allons enfin nous revoir. Je te l‘avais bien dit ! Je ne pouvais pas manquer un autre événement. Et ton anniversaire, c’est un événement ! Enfin, mettons nous bien d’accord. Je te laisse grandir, si tu me jures que tu ne marcheras pas sur les traces de ta grande sœur. L’expérience que j’ai vécu, je ne la souhaite à personne, et encore moins à la jeune fille que j’aime le plus au monde. Mais passons sur cette trop longue période, qui n’est malheureusement pas encore terminée.

Trois semaines. Je veux tout savoir ! Je veux les détails, le récit complet de ce qu’il t’est arriver ces six dernier mois !!! et j’aurai quelques questions au sujet de certaines de tes lettres qui sont, je dois le reconnaître, plutôt douteuses… Enfin, je veux simplement qu’on se retrouve, pour me rendre compte que rien n’a changé, et que tu es toujours ma confidente number one, et que notre naturel est toujours de mise.

Je t’embrasse ma chérie, à dans trois semaines. J’attends ce moment avec une intolérable impatience, je crois que tu sais de quoi je parle.

Bisous, Je t’aime.         

                                                                                              Rachel. »

 

Les retrouvailles avec ses parents furent peuplées de larmes, de rires, de souvenirs, d’émotions et d’amour. Le nœud au creux de l’estomac, le premier regard, la joie, les mots qui refusent de sortir, les souvenirs qui ressurgissent. Tout était là.

 

Vint alors les retrouvailles avec Lyly. Toutes aussi riches en émotions, elles passèrent à une vitesse fulgurante. L’impatience, la nervosité, d’un côté comme de l’autre. On frappa à la porte. Elle se précipita pour ouvrir. Elle échangèrent un regard, et éclatèrent en sanglot, des larmes de joie, de rires. La libération de la tension continue subit durant des mois. Puis elle lui fit place. Elles s’assirent sur son lit (et oui, les lits des hôpitaux sont trop petits pour que deux personnes s’y allongent, même si le climat aurait encore plus été à la confidence…) et elles discutèrent durant des heures, riant, pleurant parfois, se faisant confidences sur confidences. Lyly était arrivée avec les nouvelles de la vie, et Rachel les accueillait à bras ouverts, cherchant enfin à renouer avec le quotidien. Puis l’heure des aux revoirs arriva. Mais, contrairement à la dernière tentative de ce genre, il n’y eu pas de larmes, mais des sourires. Oui, cette fois la séparation serait moins longue. Oui, cette fois c’est avec l’espoir et le cœur chaud qu’elle partait. Un regard, un sourire, et un départ sans complexes.

 

Puis, petit à petit, l’instant crucial arriva. Elle se leva le matin la gorge serrée, le ventre noué. Pour la première fois depuis six mois, elle passa 45 minutes dans la salle de bain, se demandant quoi porter, comment se coiffer, comment se maquiller, et se trouvant obligée finalement de demander conseil à l’aide soignante venue lui apporter son petit déjeuner.

 

9h00… 10h00… 11h00… 12h00… 13h00.

 

Plus qu’une demi heure, et il serait là. Pour la quinzième fois de la journée, elle rangea la chambre, fit son lit, alla devant le miroir pour être sur de n’avoir rien oublier. Elle s’agitait, angoissait, s’impatientait, et enfin elle vit 13h30. On frappa à sa porte. Pile à l’heure. Elle alla ouvrir. Il était là, face à elle. Ils échangèrent un regard, un regard qui voulait tout dire, un regard qui ne dura que quelques secondes, après lesquelles elle se jeta dans ses bras, pleurant et riant. Puis il entra. Ils restèrent là, dans les bras l’un de l’autre durant près d’une heure, s’embrassant, se murmurant des mots doux, profitant de chaque instant comme s’il devait être le dernier, s’aimant comme jamais ils ne s’étaient aimés. Ils allèrent dans ce parc. Enfin ses rêves se réalisaient, enfin elle était là, dans le lieu même de la romance, entourée d’enfant, de groupes d’amis, de jeunes mariés, et de couples. A présent enfin elle faisait partie du décor. Ils étaient allongés sous un arbre, regardant les enfants jouer et parlant d’avenir, se chamaillant, riant, et s’aimant. Ils étaient là, simplement heureux. Ils étaient comme dans ses rêves, comme dans le monde idéal qu’elle s’était crée des mois plus tôt. Elle était libres, elle était guérie, grâce à lui. Elle se sentait bien, elle était heureuse, grâce à lui. Elle commençait enfin à vivre, grâce à lui.


Je m'appelle Rachel Gattina. J'ai 22 ans. Je vis avec Nathan Scott, mon âme soeur. Je suis sortie de l'hôpital il y a maintenant deux ans. Mais mon rétablissement total, ma recontruction, est bien plus récent. Je ne me sens bien dans ma peau que depuis quelques mois. Quoi qu'il en soit, je dois vous dire que j'y était interné à cause de l'anorexie. Pour ceux qui ignorent de quoi il s'agit, je dirai juste que c'est une maladie qui vous ronge, qui vous détruit petit à petit. C'est une maladie contre laquelle il n'existe aucun traitement à part la volonté. Elle représente la pire période de mon existence. Mais elle m'a appris une chose. Il faut se battre pour obtenir ce que l'on veut. Moi, je voulais guérir. Mais à présent, ma vie est un perpétuel combat. Aujourd'hui je veux être danseuse. Cette période m'a beaucoup apporté pour ce domaine. J'ai gagné en maturité, une étape essentielle de cet art. Je me bats pour devenir celle que je rêve d'être. Je me bats pour être un être à part entière, une femme libre. Je me bats pour être heureuse et épanouie. Aujourd'hui je suis dans ce parc pour vous conter mon histoire. Pour laisser ma trace et aider les gens à avancer. On peut toujours s'en sortir, même dans les pires situations. Si je suis passée de l'autre côté de la vitre, vous pouvez retourner le monde. Il suffit d'y croire.


probrucas  (23.09.2007 à 12:19)

Enfiiiin, si tu savais depuis combien de temps j'attendais que tu le fasses.
Evidemment, ce sujet prend une autre dimension sous ta plume.
Particulièrement les sentiments décrits, les sensations, et l'avancée linéaire, le voilà le véritable message d'espoir.
Tu as la classe c'est comme ça, et mm quand tu bouges bouges bouuuges devant un public inerte sur un certain Christophe Willem, Jte Loooove.
Que dire des lettres, beaucoup de choses en fait. Je n'oublierai pas la Gazelle de Désert, c'est aussi simple que ça, si toute ta fic repose sur un thème qui donne autant envie de prendre un kleenex que Titanic, il y a truc qui passe entre les lignes, et ce truc commence par un A (Argent, ah boooon?) et bien non pas cette fois.

Je le répète, et quand j'insiste c'est parce que je veux le mettre en relief, les lettres sont à ta fic, que ce que le Pop corn est à nos cinés, ce que les frites sont aux Sunday ( va savoir pourquoi), ce que le champagne est aux anniversaires, ce que les bandes annonces sont aux navets comme aux chef d'oeuvres, ce que Minaco est au latiiiin (lol), ce que la danse est à ta vie, ce que tu es dans la mienne.


Je te crierai bien tout ce que j'ai sur le coeur, mais pas de chance j'ai plus de voix (!).

Alors un bref résumé juste pour te dire, que ça demandait du courage, de la volonté, et une soudaine crise d'inspiratioooon (et évidemment du passé simple)

J'ai lové tout comme je love ce que tu es et ce que tu fais, mais il a une chose à laquelle je suis complètement adepte, le truc que tu fais comme personne, you know what.

A tes solos, A tes fics, A la danse qui t'impose un emploi du temps et que parfois (J'avoue) je maudis.

Je finis comme je le fais tout le temps (c'est pas tout le monde qui se noit dans la matière^^) Tu es ma super héroïne, vieille gazelle du désert, ben ouai quoi c'est pas tout le monde qui peut se vanter d'etre au conservatoire, et c'est pas tout le monde non pluuuus qui revendique ses vacances le jour de la rentrée.

Ps : des privates jokes et alors?????

Love me, Love you.


sydbristow  (23.09.2007 à 13:33)

Juste un grand bravo pour cette fic, je me suis retenue, le kleenex était à portée de main, mais j'ai pensé à la réaction de l'autre M.A et à ses moqueries, j'ai tenu bon.

Une très belle fic, donc, je crois que syd a bien résumé les points "stylistiques" importants, alors je ne saluerais que la sincérité de ta plume. Ca fait vaiment plaisir de ressentir que derrière les lignes, il y a tout un coeur mis à nu, en tout cas, c'est comme ça que je l'ai perçut.

Un dernier bravo au titre ^^, parce que quand même je pensais pas que ça passerait !


WoodyA  (23.09.2007 à 13:55)
Super, vraiment tu traites ce sujet vraiment bien, même si il est difficile. Je ne pensais pas que c'était Rachel qui avait le rôle principal au début, je penchais plus sur Haley, mais vraiment, on accroche facilement. Félicitations, je lirais la prochaine sans problème.

Haluna  (24.09.2007 à 10:15)

C'est un sujet bien difficile à traiter mais tu y as réussit avec succès. Toute ta fic est magnifique, les dialogues sont émouvants et m'ont fait pleurer. Oui, c'est touchant et le mot est encore petit je trouve.

Alors qu'une chose à te dire, continue comme ça et merci d'avoir fait ce genre de fic, beaucoup de personne sont dans le même cas que Rachel...

Bisous

melinou27  (24.09.2007 à 17:17)
C'est vraiment une très jolie fic ...
Je ne sais pas trop quoi dire qui ne soit pas "commun", parce que ta fic n'est vraiment pas commune ...
Il me semble que c'est un sujet inédit sur le site, c'est intélligent d'y avoir pensé, félicitation en tout cas :)

S0h0o  (25.09.2007 à 19:58)
Tout a été dit, tout. Je ne vais pas faire long, pour des choses qui ont déja été dites. Je trouves ta fiction tout simplement trés jolie, trés bien écrite, et trés bien raconter. Je ne vais pas être originale sur ce coup, mais je pense exactement comme les autres. Le sujet.. Un sujet trés difficile a abordé mais tu en as fait quelque chose de magnifique, c'est une histoire qui m'a marqué, qui me donnes envie de la lire plusieurs fois, je l'ai lu et approuvé 2 fois pour te dire. Je la trouve toujours aussi é-nor-me. La syntaxe est parfaite, les sentiments sont bien exploiter, une Rachel émouvante, un style bien à toi, et un texte qui se démarque des autres, pour en faire quelque chose d'unique en son genre, alors pour tout ça, je te tires mon chapeau, et je te cries un grand "Bravo".

J'ai hâte de voir tes prochaines fictions.

Minim0ys ^^

Ps : Lisa c'est ça ? C'est ta M.A qui me l'a dit, alors si il y'a bien une sur qui tu pourras te défouler pour avoir donner ton prénom, c'est elle. ( Je riiii-go-le Mélo ).

Womanlove  (25.09.2007 à 21:22)

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