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In my heart

Série : One Tree Hill
Création : 15.10.2007 à 21h37
Auteur : haley92 
Statut : Terminée

« C'est ma troisième fic complète. Elle est pas super longue, mais j'espère qu'elle vous plaira. » haley92 

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Je vous fait un petit résumé :
Brooke et Lucas sont mariés, ils ont 30 ans et ils ont une petite fille. Elle est styliste internationale, et c'est un écrivain reconnu. Ils étaient heureux jusqu'à ce jour terrible...

Les passages entre guillemets sont des citations du livre de Lucas et ceux en italique et signalés par « Flash-back » sont des flash-back sur la vie de Brooke.


haley92  (15.10.2007 à 21:40)
Les voitures de police escortaient la limousine, que le chauffeur guidait lentement vers le cœur de Malibu. Brooke avait choisi une des plus prestigieuses églises de la ville. Notre Dame des Anges… Une église majestueuse qui se dressait non loin de la baie de Santa Monica, près du parc où Lucas et elle s’étaient mariés quelques années plus tôt.

« C’était une magnifique journée de juin à Malibu. Tandis que le quatuor à cordes commence à jouer, je jette un œil au coin de l’allée fleurie, pour entrevoir ma fiancée. Nous ne sommes séparés que depuis vingt-quatre heures mais, pour nous, c’est presque vingt-quatre heures de trop. J’ignore si c’est cette séparation, ou l’impatience qu’elle devienne ma femme, mais je ne me suis jamais senti aussi stressé de toute ma vie. Mon cœur se serre et je souffle doucement pour m’empêcher de pleurer, j’ai toujours été un homme sensible et émotif. La journée ne fait que commencer. L’espace d’un instant, je regrette de ne pas avoir demandé à l’orchestre de jouer plus tôt pour qu’elle arrive, mais non, j’ai la certitude que j’ai pris la bonne décision, je sais que je l’aime plus que tout, et je peux quand même attendre un moment pour la voir arriver à moi.

Je tourne vers les yeux vers l’allée lorsqu’elle se met en marche lentement vers l’autel. Elle porte une robe en satin blanche, décolletée, serrée en haut du corps et plus ample aux jambes. Une longue traîne est portée derrière elle par une fillette, ma petite sœur. Ses cheveux bruns sont attachés en chignon, parsemé de pétales de roses blanches, d’où s’échappent quelques mèches bouclées. Elle avance en direction des jardins, au bras de son père. Maintenant, je la vois bien. Elle est vraiment magnifique. Et je vois sur son visage qu’elle aussi me trouve beau, avec mon costume Armani. Je suis impatient de l’entendre traduire ses sentiments en parole, un peu plus tard. Personne ne s’exprime aussi bien qu’elle. Elle continue d’avancer avec douceur, me fixant de ses yeux profonds, le sourire aux lèvres. Plus personne ne compte autour de moi, je ne vois plus qu’elle, ma fiancée, la femme de ma vie et celle qui me dira oui dans peu de temps. Enfin, la voilà à mon côté. Je lui souris et lui murmure à l’oreille ces trois petits mots qui font tourner les têtes : je t’aime. Elle me sourit et je remarque les larmes dans ses yeux, des larmes de bonheur. Le pasteur commence à parler. La cérémonie est courte, comme nous l’avons voulu. Enfin, c’est mon tour de parler. Je prends sa main dans la mienne, plonge mon regard dans le sien et prends une grande inspiration :
- Brooke, avec tes cheveux noirs comme l’ébène, tes yeux bleu océan, tes lèvres mélangées roses et coquelicot, ton corps de grande beauté, sans détour, tu es magnifique. Ton sourire empli de malice fait apparaître des dents d’une blancheur extrême, tes lèvres sont splendides, et chaque mot prononcé par celles-ci est grandiose. Tes mains sont gracieuses et, munies d’un crayon, celle de droite dessine des merveilles. J’ai encore tellement de choses à te dire, mon amour, tu es si formidable… Lorsque je regarde dans la profondeur de tes yeux, j’aimerai plonger dedans et nager avec toi dans cette immensité bleue. Lorsque tu parles, j’aimerai fermer les paupières et t’écouter me bercer par le son de ta voix. Je voudrais te prendre dans mes bras et te serrer si fort que j’entrerais dans ton âme, pour être greffé à toi, à jamais. Mon amour pour toi est éternel, je t’aimerai toujours. Je te donne mon corps, mon cœur et mon âme, tout ce qui est moi sera toi. Tu es pour moi la plus belle, tu es mon tendre bonheur. Je t’aime.
Je la vis essuyer furtivement une larme sur sa joue, afin d’éviter que celle-ci entraîne une coulée de mascara. Emu moi aussi, je lui souris et serra sa main dans la mienne. Ce fut son tour de prononcer ses vœux.
- Lucas, j’étais seule au monde quand j’ai croisé ton chemin, et toi, tel un soleil dans la nuit, tu as illuminé ma vie. Dès l’instant où tu as pris ma main, tu as conquis tout mon être et tout mon amour. Quand je suis avec toi, quand je pense à toi, ma vie devient plus belle. Malgré mes problèmes, je souris quand même, dès que je croise tes prunelles. Par tes baisers et tes caresses, par ta passion et ta tendresse, tu as ensorcelé mon cœur et effacé mes erreurs, mes souffrances ; tu as rallumé en moi la foi et l’espérance à la vie et au bonheur. Certains disent que le Prince charmant n’existe que dans les contes de fées, mais quand je te voie, je n’y crois pas. Je suis heureuse d’avoir la chance de t’aimer et de partager ton chemin pour l’éternité. Je t’aimais, je t’aime et je t’aimerai.
A la fin de son discours, j’ai les yeux humides et un peu rouges. Je me penche vers elle et effleure ses lèvres. J’embrasse ma femme, tout en mémorisant cet instant, la caresse du soleil sur nos peaux, le parfum des fleurs sauvages du parc, les applaudissements et le bruit des appareils photo.
Elle est rayonnante lorsque nous nous retournons, elle et moi, vers nos invités. Je vois ma mère qui se tapote les yeux avec un mouchoir en dentelle, et mon beau-père à côté, la larme à l’œil.Tandis que Brooke et moi remontons l’allée du parc, en souriant à nos amis, je vois aussi mon frère, Nathan et sa femme, Haley, avec mon filleul, James… les parents de Brooke qui, à en croire les regards langoureux qu’ils se jettent, ont entamé une nouvelle histoire d’amour tous les deux… Peyton est là aussi avec Jake, son mari, et Jenny, leur fille… Skills, Bevin et la petite Hannah, si mignonne, qui va avoir trois ans… Dan, le père de Nathan et moi,  est présent et me sourit timidement, alors je lui rends son sourire et je souris aussi à sa nouvelle femme, Paula… Micro et Rachel, avec leur petit garçon Ethan… Tous nos amis sont réunis aujourd’hui pour notre plus grand bonheur à Brooke et moi. Plus tard, lorsque nous nous retrouvons tous au restaurant pour un brunch au champagne, les toasts aux mariés commencent. Certains plaisantent sur notre amourette au collège. D’autres évoquent notre vie mouvementée en tant qu’étudiants. Tous expriment leur joie de nous voir heureux. Puis, au moment où je crois que les toasts sont terminés, Haley, ma belle-sœur se lève, hésitante et se racle la gorge. Elle semble nerveuse, mais peut-être que cela est dû au fait qu’elle déteste parler en public.
- Rien ne pouvait me rendre plus fière, ni plus heureuse que d’être ici aujourd’hui et d’assister au mariage de deux amis si chers. Je connais Lucas depuis pratiquement toujours, et il est devenu naturellement mon beau-frère en plus d’être mon meilleur ami,, et Brooke depuis assez longtemps aussi, pour savoir que ce sont deux personnes formidables et généreuses. Et je sais aussi qu’ils seront encore plus formidables et généreux ensemble. Maintenant, ma Brooke, tu vas devenir ma belle-sœur et la tante de James en plus d’être sa marraine.   
Elle fait une pause et croise nos regards, celui de Brooke d’abord, puis le mien.
- Sans doute est-ce là le pouvoir de l’amour et de l’amitié lorsqu’ils sont vrais… Sans doute ne s’agit-il que de cela, au bout du compte. Alors, je lève mon verre à Lucas et à Brooke, à l’amour vrai et à l’amitié vraie.
Tandis que tout le monde applaudit et boit une gorgée de champagne, je souris à Haley, qui me lève son verre rempli d’eau pétillante. Elle a raison. L’amour et l’amitié font de nous les êtres que nous sommes et peuvent nous changer, si on le veut bien. Lucas Scott »


Haley était assises à côté de Brooke, mais cette dernière gardait les yeux fixés sur le paysage qui défilait par la vitre de la limousine. Qui les avait trahis ? Cela n’avait plus d’importance, maintenant. Lucas n’était plus là. Et il emportait dans la tombe la chaleur, les rires, les rêves, l’amour. Il était parti. Pour toujours… laissant derrière lui une orpheline et une veuve éplorée. Une femme en état de choc. Brisée.

Deux jours seulement s’étaient écoulés depuis sa disparition. Quarante-huit heures. Brooke se sentait vidée, comme si une partie d’elle-même était morte, elle aussi.

Haley, doucement : Brooke… ma chérie…

Gentiment, Haley lui prit la main. Elle ne pouvait pas faire grand-chose pour aider sa meilleure amie, elle le savait. Haley avait longuement pleuré lorsqu’elle avait appris la triste nouvelle. Et elle avait de nouveau fondu en larmes quand Lindsay s’était jetée dans ses bras.

[ Flash-back
Lindsay : Ils l’ont tué. Ils ont tué mon papa.
La petite fille s’était mise à sangloter, tandis que Brooke, figée comme une statue de marbre, la regardait s’épancher sur l’épaule de sa marraine. Sa fille n’avait plus de père, désormais. Plus de Lucas. Plus d’homme à la maison… Lindsay avait ensuite regardé sa mère de ses grands yeux sombres emplis de terreur.
Lindsay : Est-ce qu’ils vont te prendre toi aussi, maman ?
Non, avait-elle répondu en la serrant désespérément dans ses bras. Non, jamais. Brooke : Et toi, non plus, ils ne t’auront pas, mon petit cœur. Tu es à moi… à moi…]


Cela avait été plus que Haley pouvait en supporter. Et maintenant, les obsèques représentaient à ses yeux une nouvelle et terrible épreuve. Lucas était son meilleur ami depuis qu’ils étaient tout petits, il l’avait toujours soutenu dans ses moments de tristesse et d’abattement, et surtout pendant sa dépression au lycée. Aujourd’hui, si elle était encore forte et courageuse, c’était grâce à lui. Sans Lucas, Haley n’aurait pas supporté la mort de son bébé. Lucas l’avait soutenue et grâce à lui, Haley s’était battue et elle avait repris goût à la vie.

Glacée dans ses vêtements de deuil, avec son chapeau et son voile noirs, Brooke paraissait plus fière, plus noble que d’habitude. Le chagrin seyait à ravir à son genre de beauté fatale. Bien qu’elle ait des centaines de bijoux, elle ne portait aujourd’hui que son alliance, un simple anneau d’or, serti de diamants. Etait-il possible que cinq jours plus tôt, Lucas fût parmi eux ? Et qu’ils l’avaient vu pour la dernière fois, sans même le savoir ? Etait-il possible qu’il ne revienne plus jamais ? « Jamais », quel mot horrible. Brooke s’était sentie elle-même aussi démunie qu’une enfant de six ans lorsqu’elle avait contemplé le visage de Lucas Scott, son mari, si calme et immobile dans la mort. Et voilà, à présent, il s’en était allé pour toujours. Pourquoi ? Mais pourquoi n’avait-elle pas écouté Peyton quand elle l’avait mise en garde quelques jours plus tôt ? Elle s’en voulait tellement…

[ Flash-back
Peyton, qui était la plus grande amie de Brooke, était passée la chercher pour aller faire les boutiques quelques minutes plus tôt, et maintenant, elles se trouvaient dans un bar pour boire un thé glacé. Le regard de Peyton allait de la bague en diamant qui ornait l’annulaire gauche de Brooke à son collier serti de petites émeraudes.
Peyton, d’un air protecteur : Tu as tort de te montrer avec des joyaux d’une aussi grande valeur, Brooke. Tu ne voudrais pas que cela vous arrive à toi, à Lucas ou à Lindsay ? Brooke, abasourdie : Tu parles de quoi ?
Peyton : Enfin, Brooke, ne joue pas l’innocente, tu sais très bien de quoi je parle. Certains kidnappings se produisent uniquement parce que les victimes sont riches, tout simplement.
Brooke : Je ne me promène pas en criant sur tous les toits que j’ai de l’argent !
Peyton, saisissant le journal du jour posé sur la table derrière elles : Tu crois ça ? Regarde-toi, en première page du journal de la ville !
La photo les montrait, Lucas, Lindsay et elle, devant le Hollywood Bowl, le nouvel amphithéâtre qui avait été inauguré quelques jours plus tôt. C’était une soirée de gala, à laquelle toutes les célébrités de Los Angeles avaient été conviées. Brooke portait une somptueuse robe de satin bleu nuit, des diamants brillaient à son cou, à ses oreilles, à ses poignets, et son alliance étincelait à son doigt. Quant à Lucas, il portait un costume sombre, une cravate grise et une chaîne en argent étincelante ornait son cou.
Peyton : Tu t’habilles toujours aussi simplement, Brooke ? Lindsay, aussi d’ailleurs !
Sur la photo, on voyait la petite famille Scott, réunie devant l’entrée du monument. Lucas tenait Brooke par la taille, et Lindsay se trouvait devant eux, arborant son plus beau sourire. Elle portait ce soir-là une jolie robe rouge foncé, pleine de strass sur la poitrine, avec de jolis escarpins assortis ; un collier de rubis brillait à son cou, ainsi qu’un bracelet serti de petits diamants étincelants.
Brooke : Nous n’étions pas les seuls à ce gala. Tu n’as aucune raison de t’inquiéter. Peyton : Non ? Pourquoi ? Tu te crois protégée ? Tu te figures que personne n’osera vous toucher ? Si c’est ce que tu penses, tu es complètement cinglée, Brooke !
Elle se tut. Elle paraissait au bord des larmes. Que ferait-elle si quelque chose arrivait à Brooke ou à Lucas ? Ou à Lindsay ? Jamais, elle ne pourrait se le pardonner…
Brooke, un sourire affectueux sur les lèvres : Voyons, Pey ! Je t’adore, tu le sais, mais cesse donc de voir les choses en noir.
Peyton, d’un air exaspéré : Mais tu ne comprends donc pas ?
Brooke : Tu exagères le danger, Peyton, je t’assure. Je suis une simple styliste. Qui veux-tu que ça intéresse ?
Peyton : Tous les bandits qui en veulent à ton argent. Et Lindsay ? S’ils l’enlevaient ? Elle avait marqué un point, elle le savait, parce qu’elle venait de voir Brooke tressaillir. Brooke : Oui, évidemment. Mais Lindsay n’est jamais seule, Pey. La villa possède un système d’alarme des plus sophistiqués. Personne ne peut y entrer, ne t’en fais pas. De ce côté-là, il n’y a rien à craindre.
Peyton : Eh bien, tu te trompes. Personne n’est en sécurité. Et en vous exhibant ainsi devant les paparazzis, vous vous mettez en danger.
Brooke : Si tu le dis.
Peyton : Promets-moi d’y réfléchir, Brooke.
Brooke : Entendu, c’est promis.
Peyton : J’aime mieux ça.
Brooke avait promis à sa meilleure amie d’y réfléchir, mais elle n’avait aucune envie et d’ailleurs, elle ne pouvait rien changer dans son mode de vie…]

Haley aida Brooke à descendre de voiture et lui tint fermement le bras alors qu’elles se dirigeaient vers le grand édifice. Il y avait un monde fou à l’intérieur de l’église, entourée d’un cordon de policiers.

haley92  (15.10.2007 à 21:49)

Le prêtre commença la cérémonie funèbre. Puis, ce fut le tour de Brooke de parler, alors elle se leva lentement et se dirigea vers l’autel. Les larmes roulaient sur ses joues sous le voile noir. Elle prit place devant le micro et inspira.

Brooke : Lucas, je t’ai aimé, je t’aime et je t’aimerai toute ma vie. Tu m’as pourtant quitté, mais rien ne pourra effacer l’amour que je ressens pour toi. Tu m’avais dit que tu ne pourrais vivre sans moi, que tu ne pourrais me quitter, mais la vie t’a injustement arraché à moi, elle a décidé de nous séparer. Alors pourquoi a-t-elle voulu nous réunir si c’était pour en arriver là ? Je t’aime, mon amour, rien n’y changera, crois-moi… Tu feras toujours parti de ma vie, même si nous ne pouvons être réunis. Je ne sais pas comment tout cela va réellement finir, si je pourrai, un jour, de nouveau être avec toi, j’ai bien peur que non, mais je vivrai avec cet espoir tout de même. Tu me manques. Et je ne peux même pas te voir, tu habites si loin de moi… Tu es loin, terriblement loin et pourtant, tu es le plus proche car tu es dans mon cœur. Tu fais parti de moi, comme moi, je fais partie de toi. Et je te le dis : quoi qu’il arrive, je ne t’oublierai jamais. Les moments vécus tous les deux, puis tous les trois, même si aujourd’hui, ce ne sont plus que des souvenirs, ils resteront les plus beaux moments de ma vie. Tu m’as appris à aimer, à prendre confiance en moi et pour ça, je t’en serai éternellement reconnaissante. Je te le dis encore et encore : je t’aime… je t’aime… je t’aime. Et merci pour tout ce que tu as apporté dans ma vie. Je t’ai aimé, je t’aime et je t’aimerai, à toi mon ange, à Dieu nous appartenons, à lui nous retournerons. Repose en paix, mon amour. À jamais… je t’aime.

Brooke regagna sa place en larmes. Pourquoi lui ? Mais pourquoi Lucas était-il mort ? Qui avait pu les trahir aussi lâchement ? Un ami ? Un membre de leur famille ? Un ennemi ? Brooke voulait savoir, mais de toute façon, à quoi bon ? Rien ne ferait revenir son mari. Elle devait l’accepter, Lucas était mort, il était définitivement parti…

Haley s’avança vers l’autel, en silence, un papier à la main. Une main sur son ventre arrondi à six mois de grossesse, elle baissa le micro pour le mettre à sa taille, prenant une grande inspiration, elle déplia son discours et commença sa lecture.

Haley : Alors que j’étais encore au lycée, tout s’est écroulé autour de moi, plus moyen de me relever. Mon cœur était dans l’abîme. Mon âme était brisée, mon corps en train de sombrer, mes yeux envahis de larmes mais, pour combattre, je n’avais aucune arme. Je me sentais piégée, piégée dans cette descente aux enfers, je n’arrivais plus à sortir, je voulais fuir, mais j’étais toujours attirée vers le gouffre. Heureusement, tu étais là, Lucas, tu es apparu, tel un ange, et tu m’as tendu la main pour affronter mes problèmes. Par tes simples mots, tu as su soigner mes maux, par ta douceur, tu as su sécher mes pleurs, tu m’as souvent soutenue alors que je ne pouvais plus, tu m’as donné du courage, tu as été ma rage, rage de vaincre, pour ne plus rien craindre. Tu m’as convaincu que la vie avait un sens, que quelque part se trouvait un bonheur immense. Tu m’as amené vers un autre lendemain, tu m’as conduite sur le bon chemin, le chemin où le bonheur m’est enfin apparu puisque j’ai rencontré Nathan, mon mari, et le père de mon fils. Tu as su redessiner sur mon visage une belle image… tu as su remettre le sourire à mes lèvres, assouvir mes rêves, tu as su me recueillir, au moment où j’avais choisi de partir, tu as su me secouer, me mettre en sécurité, pour me sortir de cette galère, de toutes ces misères, je te dis merci, grand frère. Je t’aime, Luke, ne l’oublie pas… je t’en prie, ne l’oublie pas… et sache que je te serai toujours reconnaissante de m’avoir aussi bien protégée… je veux que tu saches que James saura combien son parrain l’aimait et à quel point il a aidé sa maman à remonter la pente alors qu’elle allait très mal… N’oublie pas de dire à mon bébé que je l’aime, et que je l’aimerai toujours… Prends soin de toi, Luke. Repose en paix, mon frère…

Haley pleurait, elle tremblait même. Secouée de sanglots, elle se dirigea, une main sur son ventre, vers Brooke et la serra dans ses bras avant de se rasseoir.

Puis ce fut le tour de Karen. Elle s’avança difficilement jusqu’à l’autel, soutenue par Keith, son mari.

Karen : Être parents, c’est vraiment merveilleux, ça vous met de la lumière au fond des yeux. Faire ce petit bébé dans un acte d’amour, l’attendre tendrement et lui donner le jour. Etre à son écoute quand il est prêt à venir, tout préparer pour voir enfin son sourire, le serrer sur son cœur alors qu’il vient de naître, le regard attendri de ses parents qu’il va enfin connaître. Etre parents, c’est aussi périlleux, entre les nuits blanches, les cris et les bleus. Mais être parents, c’est quand même merveilleux, quand vous le promenez au milieu de vous deux. Être aux petits soins pour le voir grandir, au milieu des autres enfants, le voir s’épanouir. Puis vient pour eux le temps des découvertes, premiers battements de cœur, le temps des amourettes. Etre parents, c’est assez merveilleux, quand on voit le bonheur au fond de ses yeux. Être parents, c’est aussi le voir quitter le nid, le voir partir à deux pour se construire une vie. Être parents, c’est vraiment merveilleux, quand il vous dit droit dans les yeux : « Merci pour votre amour à tous les deux, je suis, maman et papa, l’enfant le plus heureux. » Lucas, je voulais juste te dire que tu as été la plus belle chose qui me soit arrivée… Mon bébé, je t’aime et je ne t’oublierai jamais. Pour toi, je resterai forte… Pour toi, je me battrai… Repose en paix, mon ange, et sache que ta maman pense très fort à toi et ne cessera jamais de t’aimer où que tu sois.

Keith prit Karen par le bras et la ramena sur le banc, à côté de Haley et Brooke, qui lui prirent la main. Puis, Nathan se leva et prit à son tour, la parole.

Nathan : Lucas, je voulais te dire merci pour avoir été auprès de moi ces nombreuses années, merci de m’avoir appris la vie. Tu m’as toujours montré le droit chemin. On ne s’est pas toujours compris, mais au fond, on s’est toujours aimé. Merci pour avoir été un modèle pour moi, je t’ai toujours admiré, j’ai toujours été fier de mon grand frère. Je te regardais écrire et je me disais « Qu’est-ce qu’il est doué ! ». Je ne crois pas t’avoir dit tout ça mon frère, mais je pense que tu savais comme je t’aime. C’est toi qui m’as appris l’honnêteté, c’est toit qui m’as dit de ne jamais juger, tu avais un cœur énorme, je ne t’ai jamais entendu te plaindre ou dire du mal de quelqu’un. Tu savais que la vie ne faisait pas de cadeau, mais tu t’es battu, tu aurais voulu un monde plus tolérant, où se mêlent sans problèmes les différentes cultures, les différents points de vue, car pour toi, il n’y avait aucune différence. Tu étais très intelligent, mais tu ne t’en ais jamais vanté, bien sûr, tu aimais avoir raison, mais tu savais aussi quand tu avais tort. Tu étais bien plus qu’un frère pour moi, tu étais aussi un ami formidable, un confident, un frère de sang et de cœur. Tu répétais souvent à maman et Keith que tu avais plein de choses à me dire, à m’apprendre, à me faire comprendre, je crois, Luke, que je les ai comprises. Tu sais bien, on n’est pas si différents, on s’est souvent compris, sans même avoir besoin de mots, de paroles, un simple regard suffisait. Tu savais quand j’allais mal, quand j’avais des problèmes et tu étais toujours là pour m’aider, me protéger, et j’espère moi aussi, avoir été là pour toi, pour t’épauler dans tes heures d’angoisse ou de tristesse. Tu sais, Lucas, c’est toi qui m’as appris l’amour. Tout cet amour que tu as partagé avec Brooke, depuis le début du collège, jusqu’à aujourd’hui, votre amour est resté intact, toujours aussi fort et passionné. Tu as toujours su donner de l’amour, à moi, à maman, à Keith, à Brooke, à Lindsay, à Haley, à James, et à tous les autres. Tu sais, Luke, j’aimerais te ressembler, je sais on est tous différents, mais j’aimerai avoir ta douceur, ta gentillesse. Je pense que personne ne peut s’imaginer à quel point je suis fier d’avoir fait parti de ta vie, fier d’être ton frère, on a passé des moments merveilleux qui restent à jamais dans ma mémoire, dans mon cœur. Quand ce sera mon tour, je partirai le cœur léger si c’est pour te retrouver. Je t’aime. Au revoir, parce que ce n’est pas un adieu : on se retrouvera au paradis des anges. 

Nathan rejoignit sa place, près de Haley, retenant difficilement ses larmes, mais voulant rester maître de la situation pour sa femme, pour Brooke, pour ses parents.

Ce fut le tour de Lindsay de dire un message à son papa. Bien sûr, elle avait été aidée par sa mère et ses grands-parents.

Lindsay : Papa, je t’imagine là-bas, dans ce pays plein de couleurs, proche de la mer, rempli de gentils animaux. Je viendrais les voir, comme quand tu me racontais cette histoire avant de m’endormir quand j’étais petite. Je t’écris, papa, dans un long désespoir car depuis ton départ, j’ai versé des tonnes de larmes. Je me battrai pour toi, pour que tu sois fier de ta fille, que tu as vu naître un trente et un mai. Mon papa, c’est le meilleur des papas, je t’aime !

Brooke serra sa fille dans ses bras, s’accrochant à elle comme à une bouée de secours, la seule chose qui la tenait hors de l’eau, pour ne pas sombrer.  

Peyton se leva et prit le micro en tremblant.

Peyton : Lucas, aujourd’hui, même si tu n’es plus parmi nous, je sais ce que tu aurais aimé nous dire en ce jour. Ton message aurait été : « Adieu mère, adieu père, adieu les forêts noires où chantent les oiseaux, adieu les fleurs de mon jardin, adieu soleil qui chauffe, adieu. Adieu, toi, petit chien, adieu joli papillon, adieu mon ami, adieu sympa voisin. Adieu ami de mon enfance, adieu pays qui m’a vu naître, adieu maison qui m’a vu grandir, adieu livres qui m’ont permis de rêver. Adieu sable où j’ai joué, adieu la mer où je me suis baigné, adieu les étoiles et la lune, adieu canards que j’ai nourris, adieu les enfants du monde, adieu. Adieu les gens que j’ai aimé, adieu les soirées entre amis, finis les voyages et les rêves, adieu ma meilleure amie. Adieu, c’est le mot qu’on utilise dans les situations de départ, quand on s’en va ou quand on regarde, les yeux vers le sol, quelqu’un partir. C’est triste de dire au revoir, c’est dur et parfois, on pleure. Je pars, je m’en vais très loin, peut-être reviendrais-je un jour, ou peut-être pas. Seul le destin pourra répondre. Je vous aime tous. » Sache, Lucas, que nous, ici-bas, on t’aime et on ne t’oubliera jamais.

L’assemblée essuya ses larmes pendant que Keith rejoignit l’autel, le visage tremblant.

Keith : Mon fils, mes larmes sont mes paroles, je me noie dans la douleur, qui peu à peu m’envahit. Demain, regarde l’horizon, tu y verras des nuages, et dis-toi alors, mon garçon que nous, en bas, on pense à toi. Reste avec moi cette nuit, regarde-moi en me disant que tu seras heureux au paradis, chante les chansons que Lindsay aimait tant. Les yeux mouillés de tristesse, et le cœur ivre d’amour pour toi, je te dirai : je t’aime, mon fils, ne l’oublie pas, je serai toujours là pour toi. 

Le prêtre termina cette cérémonie sur une brève prière et enfin, le calvaire fut terminé. Brooke avait la sensation d’avoir pleuré toutes les larmes de son corps et elle se sentait entièrement vidée. Pendant toute la cérémonie, elle avait fixé le cercueil d’un air absent. Il lui sembla que des siècles s’étaient écoulés avant que les obsèques ne soient terminées. Brooke avait fait savoir que, contrairement aux usages, elle ne recevrait aucune visite de condoléances à la maison. Elle ne voulait voir personne chez elle. Non, personne. Elle désirait rester seule… En chaque visiteur, elle croirait voir un traître. Les policiers n’avaient aucune piste. Chaque seconde, elle repensait à cette macabre soirée où elle avait reçu ce coup de téléphone…


[ Flash-back
Brooke était seule dans leur grande maison de Santa Monica lorsqu’elle le téléphone retentit dans la vaste demeure.
Brooke, pensant que c’était son mari : Alors chéri, ton livre avance ?
Voix : Bonjour, Brooke. Je ne sais pas si le livre de votre mari avance, mais je me demande, en revanche, ce que vous ferez à son sujet.
Brooke : Je vous demande pardon ?
Il ne manquait plus que ça. Un cinglé. Un mauvais plaisant. Ou un admirateur. Leur numéro de téléphone était sur liste rouge, mais cela ne les empêchait pas de recevoir, de temps à autre, des coups de fil anonymes.
Brooke : Je suis navrée. Vous vous trompez de numéro.
Elle était sur le point de raccrocher quand la voix de son correspondant grinça de nouveau dans l’écouteur.
Voix : Un instant, Brooke. Je crois que votre mari est au travail en ce moment. Est-ce que je me trompe ?
Brooke : Mais…
Son cœur s’était emballé. Qui était cet homme ?
Voix : Il est au travail et il est écrivain. N’est-ce pas ?
Brooke : Qui est à l’appareil ?
Voix : Peu importe. M. Scott est ici avec nous.
Une espèce de remue-ménage suivit, comme si l’on poussait quelqu’un. Brusquement, Lucas fut en ligne.
Lucas, d’une voix tendue : Chérie, pas de panique.
Brooke : Si c’est une plaisanterie…
Lucas : Hélas, non. Pas du tout.
Brooke : Où es-tu ?
Elle pouvait à peine parler. La peur la paralysait. Elle se mit à suffoquer. L’impossible s’était produit, Peyton avait raison.
Lucas : Je l’ignore. Cela n’a pas d’importance. Garde surtout la tête froide. Et sache… Sache que je t’aime. Et Lindsay aussi.
Ils avaient dû lui enlever le téléphone, car la voix inconnue se fit entendre de nouveau. Voix : Voilà. Vous êtes convaincue, maintenant ? Nous l’avons. Je suppose que vous voulez le revoir.
Brooke : Qui êtes-vous ? Vous êtes fou ?
Voix : Non. Un peu cupide seulement. Nous voulons dix millions de dollars, est-ce clair ? Brooke : Oh mon Dieu, mais je n’ai pas cet argent. Personne ne peut disposer d’une telle somme.
Voix : Mais si, mais si. Votre affaire marche plutôt bien, votre maison vaut une fortune, sans même parler de vos bijoux. Ecoutez, vous avez tout le week-end pour réfléchir, pendant que nous prenons soin de votre gentil mari.
Brooke : Non… attendez… s’il vous plaît… pour l’amour du ciel…
Mais son mystérieux correspondant avait déjà raccroché. Secouée de sanglots, Brooke s’était effondrée sur le canapé. Lucas ! Ils avaient enlevé Lucas ! Et ils étaient déterminés à recevoir dix millions de dollars !
Quelques secondes plus tard, le téléphone se remit à sonner.
Voix : Au fait, Brooke, on a oublié de vous dire. N’appelez surtout pas la police. Si vous le faites, nous le saurons. Et nous le tuerons. Et si vous donnez pas l’argent, vous pouvez le considérer d’ores et déjà mort.
Brooke : Mais, c’est impossible ! Comment voulez-vous…
Voix : Peu importe, n’appelez pas les flics. Ils bloqueront votre compte en banque et alors je ne donne pas cher de sa peau.
Il raccrocha. Cette fois-ci, Brooke ne put verser aucune larme. Son corps tremblait de froid, de terreur, d’angoisse… Comment allait-elle s’en sortir ?
Une heure plus tard, elle consultait son compte en banque pour constater qu’il n’y avait pas une telle somme même en cumulant leurs trois comptes. Faisant un rapide tour de ses bijoux, elle pensait les vendre en plus, comme ça il ne lui manquerait plus qu’une centaine de milliers de dollars à trouver. Mon Dieu, comment allait-elle s’en sortir ? De nouveau secouée de tremblements et prise d’une violente nausée, elle se précipita vers la salle de bains et rendit son repas. Oh, et ces fichus nausées… Brooke finit par s’écrouler de fatigue dans son lit.Le lendemain, tous les journaux étaient au courant. Quelqu’un de ses amis avait trahi le secret et maintenant qu’allait-il arriver ? Le téléphone sonna à 9h10 précises. C’était la même voix. Le même homme.
Voix : Brooke, vous avez trahi nos conventions.
Brooke : Non, non ! Ce n’est pas vrai ! Je n’ai pas prévenu la police, je vous le jure. J’ai l’argent. Pas tout. Je n’ai pas eu le temps.
Voix : Vous n’aurez jamais le temps. Les poulets sont au courant, maintenant. Ils nous mettront des bâtons dans les roues.
Brooke : Personne n’est au courant, je vous le jure !
Voix : Conneries ! Vous nous prenez pour des demeurés ? Voulez-vous dire adieu à votre mari ?
Brooke : Attendez, je paierai ! Un million, puis…
Mais son correspondant n’était plus au bout de la ligne. Lucas l’avait remplacé.
Lucas : Brooke, ma chérie, n’aie pas peur. Tout va très bien.
Très bien ? Avait-il perdu la raison ? Il allait se faire tuer, et personne ne pourrait empêcher ça !
Lucas : Tu as été très courageuse, mon amour. Comment va Lindsay ? Est-elle au courant ?  
Brooke : Non, bien sûr que non, elle va bien…
Lucas : Embrasse-la pour moi.
Elle entendit sa voix se briser et elle ferma les yeux. Surtout ne pas pleurer. Pas maintenant. Surtout se montrer à la hauteur. Elle lui devait au moins ça.
Lucas : N’oublie pas combien je t’aime. Tu es la plus parfaite des femmes, la plus dévouée des épouses. Tu ne m’as jamais rendu malheureux, ma chérie, pas une seule fois. Et surtout reste forte, mon ange. Pense à Lindsay et au bébé… Je vous aime tant, tous les trois…
Brooke : Lucas, je t’aime tant ! S’il te plaît, reviens. Reviens vite.
Lucas : Je reviendrai, c’est promis. Un jour, on se retrouvera. Sois patiente. Et courageuse. Je t’aime, pretty girl, je t’aime, ne l’oublie jamais.
Brooke : Moi aussi, mon amour, moi aussi. Lucas…
La communication fut alors coupée. La police trouva son corps le lendemain matin, dans un entrepôt minable des faubourgs de Los Angeles. Il avait été étranglé. Mais, même mort, il avait conservé sa beauté.]

Pourquoi ? Mais pourquoi avaient-ils fait ça ? Pourquoi Lucas ? Tremblante, Brooke tenta en vain de refouler ses larmes, qui coulèrent sur ses joues, dévalant ces collines déjà rouges d’avoir versé des torrents de larmes, dans son lit. Elle n’avait pas dormi beaucoup, seulement quelques heures. Mais, elle ne pouvait pas prendre des somnifères. Pas dans son état… Lucas avait été tellement heureux d’apprendre qu’ils allaient avoir un deuxième enfant… Cela faisait à peine quelques jours qu’elle le savait. Deux semaines pour être exacte, mais elle n’avait pas trouvé le courage d’en parler à ses amies et à sa famille. Et dire que dans moins de six mois, elle mettrait au monde le deuxième enfant de Lucas… Et qu’il ne serait pas là pour le voir…

Peyton, d’une voix douce : Brooke, tu veux que je rentre avec toi ?

Brooke, secouant négativement la tête : Non, non, ça ira… Enfin, je crois…

Peyton : Tu m’appelles si tu as le moindre problème, ma chérie.

Brooke : Merci d’être là pour moi, Peyton.

Peyton, la serrant dans ses bras : C’est normal. Je suis ta meilleure amie, et je comprends ce que tu ressens. Ça doit être horrible…

Brooke : C’est encore pire. Heureusement que Lindsay est là, sinon je ne sais pas ce que j’aurai fais sans elle…

Peyton : Il faut être courageuse, ma belle. Pour elle, tu dois te battre. Et pense à Lucas aussi, il n’aurait pas voulu te voir abattue comme maintenant.

Brooke : Je sais…

Peyton : Allez, rentre chez toi et repose-toi un peu. Je passerai demain.

Brooke : D’accord, merci.

Une fois Lindsay dans la cuisine avec la nourrice, et seule dans le salon, Brooke s’assit dans le fauteuil préféré de Lucas et repensa à lui, à tous ces moments de bonheur…

« J’étais tellement content d’apprendre que Brooke était enceinte. Quand elle m’a dit qu’elle allait mettre au monde mon enfant, j’étais heureux. Rien n’aurait pu me faire plus plaisir que de voir un enfant, mon enfant, notre enfant, venir au monde avec des parents qui s’aimaient autant que Brooke et moi. Elle m’a annoncé ça, un matin… J’étais surpris, étonné, heureux, et fou de joie. Nous étions dans la cuisine, en train de prendre notre petit déjeuner lorsqu’elle s’est lancée :
- Luke ?
- Oui ?
- J’ai quelque chose d’important à te dire.
- Tu es malade ?
- Non, mais le médecin a appelé. On devrait peut-être penser à aménager la deuxième chambre au premier étage.
- Ah bon ? Tu as besoin d’en faire un bureau ?
- Non, elle n’est pas pour moi.
- Alors, pourquoi veux-tu l’aménager ?
- Pour notre bébé.
- Notre bé…
- Oui, le médecin a appelé, on va avoir un bébé.
- Tu es enceinte ?
- Oui, de trois semaines.
- Oh, Brooke, ma chérie, mon amour, mon cœur, mon ange, ma beauté… Je suis si heureux !
- Je vois ça…
- Viens, allons tout de suite acheter quelques vêtements de bébé.
- Tu sais, Luke, on a encore un peu de temps devant nous. Le bébé n’arrivera que dans huit mois.
- Oui, mais je veux que le monde entier sache que nous allons avoir un enfant. Notre enfant…
Nous étions tellement heureux…[…]
Huit mois plus tard
Un soir, j’étais à un match de basket avec mon frère, Nathan lorsque je reçus un coup de téléphone de Brooke.
- Brooke ? Ça va ?
- Ça va. Comment s’en sort Los Angeles ?
- Ce n’est pas encore ça, mais on est sur la bonne voie.
- Tu penses que le match va durer longtemps ?
- Non. Pourquoi ? Tu ne te sens pas bien ?
- Ecoute, Luke, je suis désolée. Je sais que ce match, tu l’attendais depuis longtemps, et tout, mais… je viens de perdre les eaux, et… Tu penses que tu pourrais passer me prendre pour qu’on aille à l’hôpital ?
- Seigneur ! Ne bouge pas ! J’arrive !
Dix minutes plus tard, j’arrivais en trombe et en nage d’avoir couru à la maison.
- Le taxi est dehors ! Le taxi est dehors !
Brooke m’attendait tranquillement dans le salon, son petit sac, prêt depuis des semaines, à ses pieds.
- Comment tu te sens ?
- Bien, je suis contente que tu sois là.
- Mince, quand je pense que je n’étais pas là ! Je suis tellement désolé !
- Où est ton blouson ? Il fait un froid de canard dehors.
- Je l’ai oublié au match.
- Oh, Luke, je suis désolée ! Et puis je suis désolée d’avoir interrompu ta soirée avec ton frère aussi.
- Arrête de raconter des bêtises. Je passerai récupérer mon blouson plus tard, et les matchs, je m’en fiche. Bon allez, on y va, maintenant.
Quelques instants plus tard, dans le taxi, on comptait les minutes entre les contractions et la durée des contractions. J’aidais Brooke à bien respirer.
- Ça fait très mal, Brooke ? Sur une échelle de un à dix ?
Brooke avait une résistance à la douleur très faille, lui enlever une écharde la faisait hurler. Donc là, elle se situait plutôt du côté d’un onze ou d’un douze. Mais elle me dit quatre, pour que je sois fier d’elle. Elle m’a aussi affirmé qu’elle n’avait pas peur parce qu’elle savait que tout allait bien se passer, que notre bébé serait en pleine forme et qu’elle m’avait à ses côtés. Qu’aurait-elle pu espérer de plus ? Elle était la femme la plus heureuse du monde et elle était prête à rencontrer son bébé.
A l’hôpital, on nous installa dans une salle de travail, et j’aidai Brooke à enfiler la chemise. Je lui souris en la voyant se déshabiller, lui pris la main et lui assurai que je l’aimai plus que tout. Ensuite, je l’aidai à s’allonger. Le Dr, une certaine Miranda Smith, est arrivé avec la sage-femme et elles ont examiné Brooke. Son col était ouvert de cinq centimètres. Peu après, l’anesthésiste lui a administré la péridurale et elle se sentit tout de suite mieux. A partir de là, tout s’enchaîna très vite. Je me souviens du Dr Smith ordonnant à Brooke de pousser, de sa main qui serrait la mienne. Au bout de ce qui m’a semblé une éternité, la sage-femme a annoncé que le bébé arrivait. Brooke s’est redressée et j’ai regardé de plus près son entrejambe, pour apercevoir des cheveux foncés, plaqués sur un petit crâne, puis des épaules, un torse et deux petites pattes maigrichonnes.
- C’est une fille !
Et nous avons entendu le premier cri, plaintif, poussé en ce monde par notre fille. Sa voix était enrouée, comme si elle venait de passer des heures à hurler dans mon ventre. - Je veux…la voir…
- Dans une seconde, Brooke. Il faut couper le cordon. Lucas, vous sentez-vous capable de le faire ?
- Bien sûr.
Alors je pris les grands ciseaux que la sage-femme me tendait et je coupai délicatement le cordon ombilical. Le médecin a brièvement observé le bébé, puis l’a enveloppé dans une couverture rose et l’a posée sur Brooke. Elle installa sa tête contre son cœur, et le bébé se calma aussitôt. Je regardai son visage angélique, et en enregistrai les moindres détails. Le contour de ses pommettes, ses lèvres minuscules mais charnues malgré tout, la fossette au creux de sa joue gauche. Elle nous ressemblait à tous les deux.
- Elle est parfaite. N’est-ce pas, qu’elle est parfaite ?
- Oui, mon amour. Elle est parfaite.
Nous savourions ce moment de pur bonheur. Le médecin interrompit nos pensées.
- Comment s’appelle-t-elle ?
Nous regardâmes notre fille, cherchant une réponse. Nos idées un peu originales, du style Maya, Stella ou Tania, semblaient ridicules tout à coup, et complètement à côté de la plaque. Son prénom, Brooke l’a soudain entendu.
- Lindsay. Elle s’appelle Lindsay.
- Oui, c’est un très joli prénom.
J’étais sûr qu’elle serait à la hauteur de ce nom simple et fort à la fois. Ce serait une Lindsay merveilleuse.
Brooke se retrouva dans une chambre et je m’assis auprès d’elle dans le lit, pendant que je tenais notre fille dans mes bras, lui souriant.
- Bonjour, Lindsay.
Elle ouvrit un œil et me regarda, comme pour me dire qu’elle était d’accord.
- As-tu pensé à un deuxième prénom, ma chérie ?
Brooke réfléchit, et elle m’annonça qu’elle voulait que notre fille porte quelque chose de l’homme auquel elle tenait le plus au monde et elle savait que mon deuxième prénom était Eugène.
- Oui. Elle s’appelle Lindsay Eugénie.
- Je suis honoré que tu ai choisi ce deuxième prénom. *
- Lindsay Eugénie Scott.
Puis je me pencha vers elles deux pour les serrer contre moi et je murmurai dans l’oreille de Brooke :
- Je vous aime, Brooke. Toutes les deux. Lucas Scott »

Ces moments de pur bonheur resteraient à jamais gravé dans sa mémoire, tout comme les autres souvenirs d’ailleurs, tout aussi forts et heureux.

Brooke rejoignit Lindsay dans la cuisine, qui, avec l’aide de la nourrice essayait de faire des petits gâteaux et elle s’assit sur un des tabourets du bar.

Elle regarda sa fille, son bonheur, sa joie, sa fierté, lui sourire et rire à une blague de sa nounou. Finalement, la vie continuait, et même si c’était très dur à accepter que Lucas soit parti, c’était une réalité, il était parti et il ne reviendrait jamais. Il n’aurait pas souhaité voir sa femme se lamenter et souffrir en silence, il aurait voulu qu’elle soit forte et qu’elle continue sa vie en ne pensant plus qu’à leurs bons moments et non au fait qu’il était parti. Posant les deux mains sur son ventre, Brooke prit une profonde inspiration en se disant qu’elle essayerait, à partir de ce jour, de vivre avec le souvenir heureux de Lucas, et pas avec le fantôme d’un mari mort assassiné. A partir de maintenant, Brooke allait continuer à vivre, pour sa fille, pour son bébé et pour elle-même.

haley92  (15.10.2007 à 22:01)
Quatre ans plus tard 


Il était six heures du matin quand la sonnerie du téléphone la réveilla en sursaut.

Brooke : Allô ?
Voix : Brooke !

Brooke : Haley ! Sais-tu seulement quelle heure il est ? Je dormais. Que se passe-t-il ?

Haley : Brooke, ma chérie, écoute-moi bien. Tu dois rentrer à Santa Monica.

Brooke, inquiète : Pourquoi ? Il y a un problème ?

Haley, qui se faisait violence pour ne pas pleurer au téléphone : J’ai reçu un appel téléphonique, hier soir. J’ai attendu qu’ils me rappellent ce matin, afin de m’assurer qu’ils étaient sûrs de ce qu’ils avançaient avant de te prévenir.

Brooke : Mais qui t’a appelé, bon sang ? De quoi s’agit-il ?

Elle s’était assise en bâillant. C’était samedi et elle avait envisagé de faire la grasse matinée.

Haley : Ils les ont arrêtés, Brooke.

Brooke : Arrêtés ?

Puis son sang se glaça dans ses veines.

Brooke, murmurant : Les kidnappeurs ?

Haley : Oui, tous. Ils étaient trois. L’un d’eux s’est trop vanté et il a payé cher ses bavardages. Les policiers les ont attrapés, Brooke. C’est fini, ma chérie.

Brooke fondit en larmes. Qu’est-ce qui était fini ? Rien ne pouvait lui rendre Lucas. Rien ne pouvait le ramener à la vie.

Brooke : Ils ont mis quatre ans à les retrouver ?

Elle ne savait s’il fallait se réjouir ou se désoler.

Haley : Un an, quatre ans, quelle importance ? Il faut que tu rentres à Santa Monica. Les enquêteurs réclament ta présence. Le procès s’ouvrira dans trois jours.

Brooke : Je n’irai pas.

Elle ne pleurait plus. Une pâleur mortelle avait envahi son visage.

Haley : Il le faut, Brooke. Le juge d’instruction a besoin de ton témoignage.

Brooke : Hales… non. Je ne peux pas !

Haley : Je serai avec toi. Près de toi.

Brooke : Je ne veux pas les voir.

Haley : Moi non plus. Mais nous le devons à Lucas. Et à nous-mêmes. Tu ne peux pas te dérober. Tu t’en voudrais toute ta vie si on les remettait en liberté, et s’ils recommençaient avec quelqu’un d’autre.

Les souvenirs de cette maudite journée jaillirent aussitôt à sa mémoire. Elle porta la main à son front comme pour en effacer les réminiscences horribles qui l’assaillaient.

Haley : Brooke, ne te mets pas dans cet état. Il faut que tu viennes. Après, ce sera terminé.

Brooke : Ce ne sera jamais terminé.

Haley : Mais si, je te le promets. Après, tu pourras enterrer le passé. La police m’a chargé de t’appeler. Ils pensaient que le choc serait moins brutal, si c’était moi qui te l’annonçais… Le procès ne durera pas plus d’une semaine.

Brooke : Je ne viendrai pas.

Haley, d’une vois ferme : Tu viendras. Tu n’as pas le droit de te soustraire à ton devoir.

Après avoir raccroché, elle resta assise dans son lit, prostrée. D’affreuses visions la hantaient, des visions qu’elle avait crues oubliées. Les yeux clos, elle retint un cri de désespoir. D’une main tremblante, elle composa le numéro de Nick.

Une, deux, trois sonneries. Une voix ensommeillée, celle de son ami. Aucun mot ne put franchir ses lèvres.

Nick : Allô ? Qui est à l’appareil ? Brooke ? Que se passe-t-il ? Brooke ? Ma chérie, parle, je t’en prie ! S’il te plaît !

Brooke : Ils les ont attrapés… Les assassins de Lucas… Je dois assister au procès… qui va avoir lieu à Santa Monica…

Nick : J’arrive !

Le visage enfoui dans l’oreiller, Brooke se mit à sangloter.


La voiture traversa Santa Monica de nuit, se dirigeant vers la maison de Haley et Nathan. Le temps était délicieux, autrefois, c’était la saison préférée de Brooke. Plus aujourd’hui. Aujourd’hui, elle était assise, silencieuse et tendue, à l’arrière de la voiture, vêtue d’une robe noire et d’un chapeau de la même couleur, dont l’ombre masquait son regard. Seules ses mains, crispées, trahissaient son angoisse.

Une fois arrivée dans la cour de la demeure de son beau-frère et de sa belle-sœur, Brooke sortit de la voiture. Haley, sortit de la maison, rayonnante, et souriante envers sa meilleure amie, suivie de près par deux petites filles qui coururent vers Brooke, en criant.

Brooke, les serrant toutes les deux dans ses bras en essayant de paraître heureuse : Bonjour, les filles.

Haley, la serrant à son tour dans ses bras : Je suis heureuse de te revoir, Brooke. Tu nous as manqué.

Brooke, avec un faible sourire : Vous aussi, vous m’avez manqué.

Haley : Le procès commence demain. Tu as bien fait de venir.

Brooke leva alors vers elle des yeux si désolés, si tristes que Haley en eut le cœur serré.

Brooke : J’en ai assez de toujours bien agir. Je suis fatiguée. J’ignore en quoi ma présence est utile.

Haley : C’est très important, au contraire, que tu sois à la barre des témoins.

Elle glissa sa main dans celle de Brooke. Après tous les événements qu’elles avaient vécu ensemble, elles se sentaient plus proches l’une de l’autre que jamais.

Haley : Comment vont les filles ?

Brooke : Elles arriveront dans deux ou trois heures avec Nick.

Haley, surprise : Nick vous a accompagné ?

Brooke, rouge de confusion : Oui, il a tenu à venir avec nous, pour me soutenir. Moi et les filles.

Haley : Je vais enfin le rencontrer, alors.

Brooke : Eh oui. Je suis sûre que tu vas l’adorer, il est si gentil. Il sait très bien s’y prendre avec les filles, et elles le lui rendent bien puisqu’elles l’adorent elles aussi.

Haley : Je suis heureuse pour toi, Brooke. C’est bien que tu recommences à voir quelqu’un.

Brooke : Tu sais, Hales, quand Lucas est mort, j’ai vraiment cru que j’avais tout perdu, mais j’ai rencontré Nick, et il m’a fait redécouvrir le bonheur. Je n’oublierai jamais Lucas et je l’aimerai toute ma vie, mais Nick panse mes blessures, il est là pour moi, et pour les filles.

Haley : Tu l’aimes ?

Brooke : Je ne veux pas me prononcer avant d’être sûre de ce que je ressens par rapport à lui, et à Lucas, et aux filles, mais ce dont je suis sûre, c’est qu’il est génial et que j’aime passer du temps avec lui.

Haley, ouvrant la porte de la chambre que Nathan avait préparée pour Brooke : Je suis contente pour toi, ma chérie.

Brooke : Et Nathan ?

Haley : Il est en bas, il prépare le repas.

Brooke : Je voulais te remercier, c’est gentil de m’héberger.

Haley, saluant sa remarque d’un revers de la main : Au fait, les filles savent pourquoi vous êtes venues ici ?
Brooke : Je les ai mises au courant, oui. Je ne voulais rien leur dire, mais Nick m’a persuadée de leur en parler. Il prétend que de savoir les ravisseurs de leur père sous les verrous les rassureront.

Haley : Et qu’ont-elles dit ?

Brooke : Elles étaient ravies. Même si Ashley ne comprenait pas vraiment la situation, Lindsay a tout de suite compris de quoi il s’agissait et elle m’a soutenue pendant le voyage.

Haley : Et Peyton, tu as eu des nouvelles ?

Brooke : Oui, elle m’a appelé hier quand elle a appris la nouvelle du procès par les journaux.

Haley : Comment la presse l’a-t-elle appris ?

Brooke : Je l’ignore. En tout cas, c’était dans tous les journaux, avant même que je quitte New York… Je serai contente quand je reverrai enfin mon nom dans une rubrique de mode et non de fait divers.

Haley : Cela viendra, aie confiance. Dans une semaine, tout sera terminé. Repose-toi maintenant. Tâche de dormir un peu. Je te réveillerai quand les filles seront arrivées.

Haley déposa un baiser affectueux sur la joue de Brooke, la laissant s’allonger sur son lit.


Deux heures plus tard, Brooke entendit des cris provenant du hall d’entrée. Les filles devaient être arrivées. Et Nick aussi. Nick… Qu’allait-elle faire ? Allait-elle dire oui à sa demande en mariage ? Elle n’avait même pas osé en parler à sa meilleure amie, tout à l’heure. Peut-être avait-elle un peu honte de trahir la mémoire de Lucas en se mariant avec un autre homme… Mais, il n’aurait pas voulu qu’elle finisse sa vie seule, avec les filles. Certes, Lindsay et Ashley lui suffisaient pour l’instant, mais dans quelques années, lorsqu’elles seraient parties faire leurs études, elle se retrouverait seule, dans son immense maison de New York. Que ferait-elle ? Et Nick était si gentil, si mignon, si attentionné envers elle et les filles… Lorsqu’il lui avait fait sa demande en mariage voilà deux semaines, elle en était restée bouche bée tellement elle était surprise. Cela faisait plus de deux ans qu’ils se connaissaient et qu’ils sortaient ensemble, mais l’idée de l’épouser ne l’avait jamais effleuré. Mais, il y avait eu cette nouvelle, la semaine dernière. Elle n’avait osé en parler à personne, de peur de choquer, mais elle avait appris qu’elle était enceinte. Elle allait mettre au monde l’enfant de Nick. Quand le test s’était avéré positif, elle était surprise, puis affolée, puis heureuse et enfin apeurée. Personne n’était au courant de son état, elle l’avait gardé pour elle tout ce temps. Mais, maintenant qu’elle avait revu sa meilleure amie, elle voulait en parler. Le dire à Haley, à Nick, aux filles…

Se relevant, elle enfila ses chaussures et descendit au rez-de-chaussée. Sur la première marche de l’escalier, elle s’arrêta, et s’assit pour ne pas déranger la conversation entre Lindsay, Ashley et Haley. Cela faisait plus de six mois que les filles n’avaient pas vu leur marraine et leurs cousins. Elles avaient tant de choses à raconter à Haley. Lindsay était en train d’expliquer à Haley que ses nouvelles copines habitaient juste à côté de chez nous. Du haut de ses dix ans, Lindsay était une fillette très vive, elle aimait l’école et était sage. Au contraire de Ashley, qui à quatre ans, était un vrai petit monstre. Elles avaient toutes les deux les mêmes cheveux châtains que leur père, les mêmes yeux bleus que Brooke ainsi que les mêmes traits fins que Lucas. Chaque fois qu’elle les regardait, Brooke croyait voir son mari.

Ashley, l’apercevant : Maman !

Brooke, se relevant : Bonjour, mes chéries.

Lindsay : On s’est trop bien amusées avec Nick !

Brooke : C’est super. Mais où est-il ?

Ashley : Il est allé chercher nos bagages à l’aéroport.

Brooke : Très bien. Au fait, Haley, je n’ai vu ni Nathan ni James. Où son-ils ?

Haley, désignant le salon : Au salon.

Brooke, ouvrant la marche : Alors, allons-y que je dise bonjour à mon beau-frère et à mon filleul.

Lindsay : Je veux voir ma cousine !

Haley, souriant : Elle est au salon aussi.

Ashley : Super !

Entrant dans le salon, Lindsay se précipita vers son cousin, quant à Ashley elle courut rejoindre sa cousine. James s’avança vers sa marraine d’une démarche d’adolescent. A quinze ans, c’était un ado vif et heureux de vivre. Il avait exactement les mêmes cheveux bruns que son père et la même passion pour le basket que son père et son oncle. Brooke le serra dans ses bras. Ensuite, elle se dirigea vers ses nièces. Elsa, du haut de ses quatre ans lui fit un bisou sur la joue. Elle avait tellement changée en six mois, ses cheveux avaient légèrement foncé, ils étaient devenus châtain clair, et elle avait dû prendre une bonne dizaine de centimètres. Quant à Grace, qui avait maintenant deux ans, elle avait toujours les cheveux blonds foncés de Haley et les mêmes yeux clairs que Nathan. Se dirigeant vers son beau-frère, Brooke le serra à son tour dans ses bras.

Nathan : Comment tu te sens ?

Brooke : Ça va, merci.

La sonnette de la porte d’entrée fit sursauter Brooke. C’était lui…

Haley : Brooke, tu vas ouvrir.

Brooke : Bien sûr…

Elle se dirigea vers le hall, une main sur son ventre.

Brooke, ouvrant la porte : Salut, Nick.

Nick, un sourire charmeur sur les lèvres : Ma beauté.

Brooke, souriant : Tu as été cherché nos bagages à l’aéroport ?

Nick : Oui, ils sont dans la voiture. Je les monterai à l’étage tout à l’heure.

Brooke : Viens, entre. Je vais te présenter à Haley, Nathan et les enfants.

Nick, prenant sa main dans la sienne : J’irai où tu voudras, mon amour.

Nick vit se dessiner un sourire sur le visage de Brooke.

Brooke, s’adressant à son beau-frère et à sa belle-sœur : Haley, Nathan, je vous présente Nick.

Nathan, tendant la main : Enchanté, Nick.

Haley, lui concédant un sourire : Je suis ravie de vous rencontrer.

Nick : Moi aussi. J’ai tellement entendu parler de vous.

Haley : Et si nous nous mettions à table ?

Nathan : Oui, je crois que le dîner est prêt, maintenant.

Brooke : Parfait ! Les enfants, allez-vous laver les mains.

Ashley, prenant spontanément la main de Nick dans la sienne : Tu viens, Nick, je vais te montrer la salle de bains.

Nick, souriant à Brooke : Je te suis, Ash.

Brooke les regarda sortir de la pièce, un sourire aux lèvres. Ashley avait réellement adopté Nick, et elle s’en faisait une joie pour sa fille. Quant à Lindsay, elle l’appréciait aussi, donc aucun problème de ce côté-là, pour l’instant. Comment réagiraient les filles à l’annonce de l’arrivée d’un bébé, et qui plus est d’un bébé de Nick et non de leur père ? Ashley ne comprendrait peut-être pas la situation, mais Lindsay risquerait d’en vouloir à Brooke, de trahir la mémoire de son père.

Haley, l’interrompant dans ses pensées : Brooke ? A quoi tu penses ?

Brooke : Oh…

Haley : Je vois bien que tu me caches quelque chose. Tu n’as jamais su me mentir.

Brooke, fermant la porte du salon : Tu me promets de garder ça pour toi ?

Haley : Bien sûr.

Brooke : Nick m’a demandé en mariage…

Haley, surprise : C’est vrai ?

Brooke, hochant la tête : Oui, il y a deux semaines. Je ne t’en ai pas parlé avant, parce que je voulais réfléchir à ce que je ressentais pour lui avant que tu me dises ce que tu en penses.

Haley : Brooke, je suis heureuse pour toi. Et je suis sûre que, d’où il est, Lucas l’est aussi pour toi. Il n’aurait pas aimé te voir rester seule toute ta vie, même si c’est avec un autre homme que tu la passes.

Brooke : Tu crois ?

Haley : Bien sûr ! Enfin, Brooke, tu ne vas pas rester veuve toute ta vie !

Brooke : Tu penses que je devrais accepter ? Dire oui à Nick ?

Haley : Est-ce que tu l’aimes ?

Brooke, souriant : Oui… je crois. Bien sûr j’aimerai Lucas pour l’éternité, mais Nick, je l’aime aussi. Il est si gentil, protecteur avec les filles, attentionné envers moi.

Haley : Alors, fonce ! Il n’y a pas à hésiter une seule seconde, ma chérie. Si tu l’aimes, tu dois l’épouser et profiter de la vie.

Brooke : Tu as sans doute raison. Mais j’ai encore besoin de réfléchir… Je dois penser aux filles, Ashley est encore petite, ça ne devrait pas être difficile pour elle, mais Lindsay, elle est grande et elle risque de ne pas comprendre comment sa mère peut se remarier avec un autre homme que son père…

Haley : Justement, tu viens de dire que Lindsay est grande. Elle sera capable de comprendre la situation, si tu la lui expliques. Elle est intelligente, et à son âge, elle doit pouvoir comprendre que tu ne peux pas rester seule toute ta vie.

Brooke : Oui, sûrement.

Nathan, passant la tête par la porte : Les filles, on vous attend !

Haley : On arrive.

Brooke, retenant Haley par le bras : Il y a autre chose…

Haley : Je t’écoute, vas-y.

Brooke : Voilà, la semaine dernière, j’ai découvert que… je suis enceinte.

Haley, dont le visage passait de l’étonnement au bonheur : C’est vrai ?

Brooke : Oui.

Haley, baissant les yeux vers le ventre de son amie : De combien ?  

Brooke : Je ne sais pas, je n’ai pas encore consulté de médecin. J’ai peur… Qu’est-ce que je vais faire, Hales ?

Haley, prenant Brooke dans ses bras : Tout d’abord, tu vas en parler à Nick, puis vous aviserez.

Brooke : Je n’ose pas lui en parler. On n’a jamais abordé la question des enfants. Lindsay et Ashley sont là, Nick va bientôt avoir 35 ans, quant à moi, j’en ai 34. Je ne sais pas…

Haley : Enfin, Brooke ! Tu as 34 ans, et tu es enceinte ? Et alors ? C’est une bonne nouvelle, non ? Un bébé, c’est toujours un cadeau du ciel.

Brooke : Bien sûr que je suis heureuse d’avoir cet enfant, mais…

Haley : Alors, il n’y a pas de mais ! Tu en parles avec Nick, puis tu le dis aux filles, et la question est réglée. Et comme ça, moi, dans quelques mois, je serai de nouveau tata !

Brooke : Tu es toujours aussi optimiste ?

Haley : Après toutes ces années, ça m’étonne que tu ne l’ai pas encore remarqué…

En riant, elles se dirigèrent vers la salle à manger, où les attendaient Nick, Nathan et les enfants.


Nathan, tandis qu’il aidait Brooke à descendre de voiture le lendemain matin
 : Est-ce que ça va ? Tu tiens le coup ?

Brooke était vêtue d’une robe de soie noire à manches longues, elle s’était coiffée d’un petit chapeau noir et discret. Ses chaussures et son sac étaient en satin blanc et elle portait un collier serti de diamants.

Nathan, insistant : Ça va, Brooke ?

Brooke : Mais oui.

De toute évidence, ça n’allait pas. Plus pâle qu’une morte, elle s’avança vers le palais de justice. Ses jambes flageolèrent et il eut peur qu’elle s’évanouisse là, sur les marches. Il la soutenait fermement par un bras, tandis que Haley lui prenait l’autre bras. Brooke avait insisté pour que Nick reste avec les enfants pendant le procès. Brusquement, une meute de paparazzis surgit de la galerie entourant l’édifice et les encercla. Appareils photo, micros, caméras de télévision se mirent en marche en même temps… Apeurée, Brooke se serra contre sa meilleure amie. Cela recommençait. On croit échapper au cauchemar alors qu’il finit toujours pas vous rattraper. Son beau-frère les entraîna à l’intérieur. Nathan avait obtenu qu’ils puissent attendre dans une petite pièce attenante à la salle d’audience jusqu’à l’ouverture de la séance. Ils y demeurèrent une éternité, puis un policier vint les chercher. Brooke entra dans le tribunal. Ses jambes la portaient à peine et, tremblante comme une feuille, elle dut s’appuyer sur le bras de Haley. Elle prit place au premier rang, sans jamais regarder du côté du banc des accusés.

Un interminable défilé de témoins suivit. La secrétaire de Lucas, le portier de son bureau, le gardien du parking. Ensuite, il y eut le témoignage de l’inspecteur qui avait été chargé de l’enquête et de deux policiers. Soudain, ce fut terminé. Par égard pour la veuve Scott, la cour décida que le procès ne reprendrait que le lendemain après-midi. On fit sortit les accusés.

Lorsqu’ils passèrent devant Brooke, menottés et flanqués de leurs gardiens, la jeune femme retint un cri. C’étaient donc eux, les assassins, les émissaires de la fatalité, qui avaient ôté la vie à Lucas en détruisant du même coup son existence à elle ! Ces hommes insignifiants, ces individus ordinaires… Le visage blanc comme un linge, elle se cramponna à Haley.

Haley, lui murmurant à l’oreille : Ça va aller. Calme-toi, ça va aller.

Mais le réconfort dont elle avait besoin, Haley ne pouvait le lui donner, et elle s’en rendit compte.

Haley : Viens, sortons d’ici.

Brooke se laissa guider, sans un mot, les yeux vides. Les paparazzis montaient la garde devant le palais de justice. A leur vue, ils fondirent sur eux, micros en avant.

Voix : Brooke ! Brooke ! Les avez-vous vus ?... Les avez-vous reconnus ?... Sont-ils vraiment les ravisseurs de votre époux ? Est-ce que vous vous en souvenez ?... Pouvez-vous nous les décrire ?...

Ils s’approchaient de plus en plus, jusqu’à l’étouffer. Quelqu’un fit tomber son chapeau. Elle se mit à avoir du mal à respirer, à suffoquer. Puis, tout se mit à tourner autour d’elle. Elle entendait la voix de Haley qui lui demandait si ça allait, les cris des paparazzis autour d’eux, puis le noir total.

Lorsqu’elle reprit conscience, Brooke se trouvait allongée dans un grand lit. Autour d’elle, de grands murs blancs, une chaise et une table. Elle tourna la tête vers la seule source de lumière de la chambre et aperçut Nick, assis au bord de son lit. Il avait cet air triste qu’elle ne lui connaissait que très peu.

Nick, doucement : Est-ce que ça va ?

Brooke, hochant la tête : Que s’est-il passé ?

Nick : Tu t’es évanouie à la sortie du tribunal. Haley a eu très peur pour toi, elle a tout de suite appelé une ambulance, et ils t’ont conduite à l’hôpital. Ensuite, Nathan m’a prévenu et je suis arrivé.

Brooke, souriant faiblement : C’est gentil…

Nick, fronçant les sourcils : Pourquoi t’es-tu évanouie, Brooke ? Tu as bien déjeuné ce matin, pourtant.

Brooke : Je ne sais pas. J’ai eu beaucoup d’émotions au tribunal. Repenser à toute cette histoire, ça m’a fait du mal. Et de voir les… les ravisseurs en chair et en os. Les hommes qui ont tué Lucas, et qui ont, par la même occasion, détruit ma vie et celles des filles !

Nick : Je comprends. Le médecin a dit qu’il repasserait te voir, quand tu serais réveillée. Il ne devrait pas tarder. Quant à Haley et Nathan, ils sont rentrés s’occuper des enfants, et ils reviendront dans une heure avec Ashley et Lindsay.

Brooke : D’accord.

Un léger coup contre la porte les fit sursauter. Un homme, d’une quarantaine d’années entra dans la chambre, et Brooke supposa que c’était le médecin, puisqu’il portait une blouse blanche et une insigne sur laquelle était inscrit : « Dr Shepherd ».

Dr : Brooke, je vois que vous êtes réveillée. Comment vous sentez-vous ?

Brooke : Je me sens très fatiguée, et j’ai un peu mal à la tête.

Dr : C’est tout à fait normal après ce que vous venez de vivre. Vous vous êtes évanouie, et êtes restée inconsciente pendant plus de trois heures. J’aimerais vous faire passer un dernier examen pour voir si tout va bien.

Brooke : Très bien.

Dr : Une infirmière va venir vous chercher dans quelques minutes.

Brooke : Merci, docteur.

Dr : Par contre, votre ami devra rester ici.

Sur ces mots, il sortit de la pièce, un sourire mystérieux sur les lèvres.

Brooke préféra garder le silence pendant les quelques minutes qui suivirent, de peur d’effrayer Nick en lui expliquant la situation.

Une fois installée sur la table d’examen, Brooke se détendit enfin. Si elle-même savait quel type d’examen elle allait passer, c’est-à-dire une échographie, Nick semblait complètement perdu lorsqu’elle avait quitté sa chambre.

Le docteur entra, s’assit et répandit un gros paquet de gel sur le ventre de Brooke. Il fit glisser la sonde sur son abdomen légèrement tendu, et une image en noir et blanc et assez floue est apparue sur l’écran.

Brooke : Oh mon Dieu ! C’est mon bébé ?

Dr : Hum…

Brooke était complètement submergée par l’émotion, bien qu’elle ait déjà vécu cette expérience deux fois, rien n’était aussi beau, et une larme de joie coula sur sa joue.

Brooke : Il va bien, n’est-ce pas, docteur ?

Dr : Oui, très bien.

Il plissa les yeux et se pencha pour regarder l’écran d’un peu plus près sans cesser de faire bouger la sonde sur le ventre de Brooke.

Brooke : Il y a un problème ?

Dr : J’ai besoin de regarder tout cela d’un peu plus près.

S’ensuivirent deux minutes interminables pendant lesquelles, l’obstétricien inspecta l’écran sous toutes les coutures. Brooke se rongeait les ongles, de peur qu’il y ait un problème avec le bébé. Elle voulait ce bébé. Elle le voulait de toutes ses forces, comme elle avait désiré Lindsay, puis Ashley.

Dr : Les bébés se portent très bien. 

Brooke : « Les bébés » ?

Le docteur eut un petit rire.

Dr : Oui, ce sont des triplés.

Brooke en eut le souffle coupé pendant plusieurs secondes. Des triplés ? Des triplés !

Brooke : Oh mon Dieu ! Je vais avoir des triplés !

Dr, souriant : Oui.

Brooke, caressant son ventre en souriant : Des triplés… Trois bébés…

Dr : Félicitations, Brooke.

Brooke : Merci.

Dr : Maintenant, nous allons déterminer votre date d’accouchement.

Brooke : D’accord.

Dr, prenant une liasse de papiers dans ses mains : Alors, Brooke, quelle a été la date du premier jour de vos dernières règles ?

Brooke, après quelques secondes de réflexion : Le 16 juillet.

Dr : Donc la conception date du 30 juillet. Vous êtes donc enceinte de six semaines.

Brooke, touchant son ventre : Mais, ça ne se voit même pas !

Dr : Ne vous inquiétez pas, Brooke, les triplés mettent un peu de temps à commencer à se développer, mais une fois qu’ils auront commencé, vous vous mettrez à enfler à vue d’œil jusqu’à avoir une énorme ventre.

Brooke, riant doucement : Merci de me réconforter, docteur.

Dr : La date normale de votre accouchement est prévue pour le 25 avril, mais étant enceinte de triplés, vous ne tiendrez guère plus de trente-deux semaines. Ce qui devrait nous faire aux alentours du 15 mars.

Brooke : Parfait.

Dr : Je vous revoie donc dans un mois, Brooke.

Brooke : Encore merci.

Une fois de retour dans son lit, Brooke constata que Nick était allé se chercher un café en l’attendant. Cela lui laissait donc un peu de temps pour réfléchir à comment elle allait lui annoncer la nouvelle.

Nick : A quoi tu penses, chérie ?

Brooke, souriant : Je me disais que j’avais très envie de t’épouser.

Nick, surpris : De m’épou…

Brooke : Oui, oui, oui ! Je veux me marier avec toi, Nick !

Nick, lui prenant la tête entre ses deux mains : Tu en es bien sûre, mon amour ?

Brooke : Oui, certaine. Mais avant que tu te réjouisses, je dois t’avouer quelque chose, Nick.

Nick, s’asseyant à côté d’elle sur le lit : Je t’écoute, mon ange.

Brooke : Voilà, j’ai appris que… je suis enceinte.

Nick, abasourdi : Tu es quoi ? Enceinte ? Enceinte de moi ?

Brooke : Oui, de six semaines.

Nick : Oh mon Dieu !

Brooke : Tu es en colère ?

Nick, embrassant Brooke : Bien sûr que non, mon cœur ! Je suis très heureux ! Nous allons avoir un petit bébé.

Brooke : En fait, j’avais quelque chose à te dire à ce sujet…

Nick : Quelque chose au sujet du bébé ? Est-ce qu’il a un problème ?

Brooke : Non, ce n’est pas ça. Les bébés vont bien.

Le soulagement de Nick se mua presque instantanément en stupeur.

Nick : « Les » bébés ? Tu as dit « les » bébés ?

Brooke : Oui, Nick. Ce sont des triplés.

Nick se redressa si brusquement que Brooke se demanda s’il n’allait pas prendre la fuite. Mais il resta figé sur place et la contempla en silence. Dans ses yeux, elle crut deviner deux émotions : de la surprise, ce qu’elle comprenait aisément, et de l’angoisse.

Nick : Tu es sûre ?

Brooke : Certaine. Le médecin vient de remarquer les trois battements de cœur.

Nick : Et ils se portent bien tous les trois ?

Brooke : Parfaitement bien.

Nick ferma les yeux un instant et lorsqu’il les rouvrit quelques secondes plus tard, Brooke remarqua les larmes qui brillaient dans ses beaux yeux vert.

Brooke : Tu n’es pas heureux ?

Nick : Non, je ne suis pas heureux, Brooke. Je suis fou de joie, fou de toi, fou de nos bébés. Je t’aime tellement.

Brooke, dont les larmes roulaient à présent sur les joues : Oh, moi aussi, Nick, je t’aime !

Nick : Je veux qu’on se marie le plus vite possible, ma chérie. Je veux que le monde entier sache que je t’aime, mon cœur.

Brooke : Comme tu voudras, pourvu qu’on soit ensemble.

Nick : Je t’aime tellement, Brooke. Toi, Lindsay et Ashley.

Brooke : Et je t’aime aussi. Toi, toi et toi.

Nick, désignant le ventre de Brooke : Et eux aussi.

Brooke, posant sa main sur celle de Nick sur son ventre : Nous formerons une grande et belle famille. Pour la vie.

Nick : Oui, ma chérie. Pour la vie.

Brooke, dont le regard s’assombrit : Viens avec moi, demain, au tribunal. J’ai besoin de toi, Nick.

Nick : Bien sûr, mon amour. Je t’accompagnerai et je te soutiendrai.

Brooke : Merci.


Le lendemain, Brooke arriva au tribunal escortée de Nathan, Haley et Nick. Tous les quatre fendirent la foule des paparazzis et des reporters, au milieu des éclairs des flashs. Brooke gardait la tête baissée ; elle avait pris soin de porter un chapeau à large bord qui dissimulait le haut de son visage. La salle d’audience se remplit et peu après, le juge appela Haley à la barre des témoins.

Juge : Comment avez-vous appris la mort de Lucas Scott ?

Haley : Brooke m’a appelé, le soir même du kidnapping de Lucas. J’ai tout de suite été la rejoindre à la villa. Le lendemain, nous apprenions sa mort, par les journaux. Etranglé…

Juge : Brooke Davis Scott vous avait-elle parue suspecte ?

Haley, rouge de colère : Bien sûr que non ! Elle aimait tellement son mari… Lucas et elle étaient si amoureux, depuis le collège. Leur amour était pur, incassable et éternel. Lorsqu’elle m’a appelé ce soir-là, elle semblait affolée… brisée… terrifiée même.

Elle se tut, incapable de continuer. Des larmes sillonnaient son visage. Son regard rencontra celui de Brooke qui pleurait, elle aussi, sans retenue.

D’un vigoureux coup de marteau, le juge clôtura la séance.




haley92  (15.10.2007 à 22:05)

Les témoignages se succédèrent pendant quatre jours, mettant Brooke au supplice. Enfin, le cinquième jour, ce fut son tour. Le juge l’observa avec compassion.

Juge : Vous êtes Brooke Davis Scott ?

Brooke : Oui.

Sa voix n’était qu’un chuchotement, ses yeux, immenses, dévoraient son visage blême.

Juge : Êtes-vous la veuve de Lucas Scott, enlevé le 20 octobre, il y a quatre ans, et mort deux jours plus tard ?

Brooke, accablée : Oui.

Juge : Pouvez-vous raconter dans l’ordre ce qui s’est passé ce jour-là ? Quand vous l’avez vu pour la dernière fois, ce que vous avez fait exactement ?

Elle s’exécuta d’une voix blanche. Elle revivait le cauchemar. Son arrivée à la villa, les avertissements de Peyton, qui l’avait touchée mais dont elle n’avait pas tenu compte. Des larmes ruisselaient sur ses joues sans qu’elle s’en aperçoive, et Nick se mit à prier pour qu’elle trouve la force d’aller jusqu’au bout de son récit. Depuis cinq jours, il ne l’avait pas quittée un instant. Il l’accompagnait au palais de justice, puis la ramenait chez Haley et Nathan. Il savait que c’était seulement après le procès qu’elle se sentirait définitivement libre. Après, elle se sentirait beaucoup plus détendue, plus sereine.

Ensuite, Brooke évoqua le coup de fil des ravisseurs. La voix inconnue… Elle essaya de la décrire mais, comme si soudain quelque chose s’était brisé en elle, elle s’effondra, en larmes. Elle eut toutes les peines du monde à se ressaisir.

Brooke, dans un sanglot : Il… il… il a dit qu’ils détenaient mon mari ! Et que si je ne payais pas la rançon, ils le tueraient. Ensuite, Lucas m’a parlé en personne et il a dit…

Elle s’interrompit de nouveau, cherchant sa respiration. Nick jeta un regard implorent au juge mais celui-ci se contenta de hocher la tête. Plus vite, ils en auraient fini avec cette pénible reconstitution, mieux ce serait. Il fallait continuer.

Juge : Poursuivez, je vous prie.

Brooke : Ensuite, ils… ils… Je ne peux pas… mon Dieu, je ne peux pas…

Personne ne bougea. Dans la salle d’audience bondée, on aurait pu entendre une mouche voler. Le juge s’adressa doucement à elle, la priant de poursuivre. De faire un effort. Elle se mit à suffoquer et accepta le verre d’eau qu’un des huissiers lui apporta. Elle s’humecta les lèvres et reprit :

Brooke : Par une indiscrétion, les journaux ont eu vent de l’enlèvement. Les kidnappeurs ont cru que j’avais prévenu la police. Ils en ont déduit que j’avais trahi leur convention.

Elle resta assise, droite, immobile, les yeux clos.

Juge : Ils vous ont donc appelée. Pour vous dire quoi ?

Brooke, murmurant : Qu’ils allaient le tuer.

Juge : C’est tout ?

Elle rouvrit les yeux, posant sur l’assistance un regard lointain. Elle semblait hantée par une vision insoutenable.

Brooke : Non. Ils m’ont autorisée à dire adieu à Lucas. Ils l’ont laissé me parler. Il m’a dit… il m’a dit… qu’il fallait que je sois courageuse. Et qu’il m’aimait.

Elle promena autour d’elle un regard aveugle.

Brooke : Et puis ils l’ont tué. Le lendemain, la police l’a trouvé… mort.

Elle resta assise, vidée de toute son énergie, tandis que la voix de Lucas résonnait encore à ses oreilles, avant de décroître peu à peu jusqu’à s’évanouir. En silence, elle dévisagea pour la première fois les assassins de son mari. Le juge adressa de la tête un signe discret à Nick. Le témoignage de Mme Davis Scott était achevé. Il pouvait, il devait même la faire se rasseoir à sa place sur le banc des témoins. Suivi de Nathan, Nick s’exécuta. A leur approche, Brooke se redressa et les regarda d’un air triste.

Le juge prononça la sentence. Les assassins écopèrent de la prison à vie. Brooke remercia intérieurement le ciel de les punir aussi fortement. Ils allaient payer pour ce qu’ils lui avaient fait subir à elle, à Lucas et aux filles.

Elle s’effondra dans les bras de Nick.

Nick : C’est fini, Brooke. C’est fini.

Brooke : Le procès est terminé ?

Haley hocha la tête. Son témoignage s’était avéré d’une importance capitale. Les trois bandits récoltaient la sentence qu’ils avaient méritée.

Brooke, s’adressant à Nick : Merci pour tout… Oh, mon Dieu, c’était tellement horrible. J’ai cru que j’allais mourir. Ta présence m’a insufflé la force de poursuivre. Sans toi, je ne serais jamais allée au bout de mon témoignage.

Enfin, ils sortirent du tribunal. Dehors, la foule de paparazzis avait disparu. Les nuages avaient laissé place à un grand soleil qui brillait sur la ville de Santa Monica. Le même soleil qui se levait dans le cœur de Brooke. Un soleil qui allait lui redonner le goût de vivre, le goût d’aimer. Le goût de la vie, tout simplement.



Epilogue


Un an plus tard


Brooke contempla le salon qui brillait de mille feux, éclairé par toutes ces lumières de Noël. Toute la famille était réunie en cette veille de fête. Haley et Nathan étaient assis sur le canapé, avec entre eux deux, la petite Grace qui souriait en jouant avec son nouveau chien en peluche. Par terre, Elsa et Jenny, ainsi que le petit Jason, le fils de Peyton et Jake riaient aux éclats. Quant à Peyton et Jake, ils se trouvaient devant la fenêtre, contemplant le jardin couvert de neige. James était assis vers la table basse, chatouillant Ashley tout en discutant avec Lindsay. Tous semblaient si heureux… Les triplés étaient dans leur parc, près du sapin. La petite Katie se trouvait au milieu de ses deux frères, endormie, son poing dans la bouche. Quant à Luke et Scott, ils faisaient des bulles, avec leurs bouches.

Brooke se tenait appuyée contre le chambranle de la porte du salon lorsque Nick arriva derrière elle, lui enserrant la taille.

Nick : A quoi tu penses, mon amour ?

Brooke, lui passant les bras autour du cou : A la chance que j’ai de tous vous avoir dans ma vie.

Nick : J’ai aussi beaucoup de chance de t’avoir pour épouse. Tu es la meilleure des femmes mais aussi la meilleure des mamans.

Brooke, émue : Merci, mon chéri.

Leurs lèvres s’unirent avidement en un baiser chargé de promesses et d’amour. Lorsqu’ils se séparèrent, à bout de souffle, Haley s’avança vers eux, leur tendant à tous les deux une coupe de champagne.

Brooke leva la sienne en un toast.

Brooke : A nous, mon amour ! Pour toujours !

Pour toujours… Oui, aussi longtemps que l’éternité…

haley92  (15.10.2007 à 22:07)
The END

haley92  (15.10.2007 à 22:15)
Merci de m'avoir lu et merci à stephe et à nanouee de m'avoir aidée.
Bx
haley92

haley92  (15.10.2007 à 22:16)
Et me voilà repartie dans mes mouchoirs, c'est pas drôle vous ne m'épargnez pas avec les fics postées aujourd'hui ! Que dire à part que c'est MAGNIFIQUE !!! Là encore tout en émotions, une lecture-plaisir où les mots filent sur la page d'une façon si naturelle, on ne peut qu'en redemander !! Bravo !

sorsha  (15.10.2007 à 22:35)
Je crois que ce soir, c'est la nuit des avalanches de larmes!!!!! Ta fic était............. je crois que les mots me manquent pour te dire à quel point elle m'a émue. En tout cas, je te félicite et t'encourage fortement à continuer d'écrire!!!!

kwikigirl  (16.10.2007 à 04:37)

Alors là, tu m'épates. Ton histoire est courte ? Tu rigoles hein ? Elle est comme il le faut et superbe. Les dialogues, le texte, la personnalité des personnages, tout est sublime et tu en as fait une fic magnifique.

Un grand bravo et surtout continue comme ça, c'était vraiment bien.

Bisous

melinou27  (16.10.2007 à 09:32)

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