Musique:
https://www.radioblogclub.fr/open/60136/pavement/Pavement%20-%20Spit%20On%20A%20Stranger Ce soir là, ils étaient chez Lucas, fait assez rare pour être souligné. Lucas avait mis un cd de Pavement, car il savait à quel point Rachel les appréciait. Une fois elle avait retourné tout son appartement pour remettre la main sur leur cd et le copier sur son iPod avant de prendre l'avion. Ce jour là, ils avaient raté leur avion, mais ils avaient passé deux jours à écouter les 11 chansons en boucle, sans sortir de chez Rachel.
Rachel sortit de la cuisine où elle venait d'enfourner son plat. Il était rare qu'elle cuisine, connaissant ses piètres performances, mais elle adorait le faire pour Lucas. Il avait des goûts très simples, du point de vue culinaire, qui s'accordaient parfaitement aux siens. Ce soir, ils avaient prévu de manger devant la télé, Rachel avait enregistré une émission la veille. Elle avait prévu de faire son presque fameux poulet au thym et au citron, accompagné de quelques pommes de terre. Lorsqu'elle reconnut les premiers accords, elle lui sourit et vint s'asseoir sur le canapé à côté de lui. Il avait débouché une bouteille de vin, qu'il versa dans des verres qu'il avait en réalité récupéré d'anciens pots de Nutella.
_Toi aussi, tu les gardes? Demanda Rachel.
_
Quoi donc?
_Les pots de Nutella, pour en faire des verres.
_Je suis démasqué.
_Je me rappelle quand j'allais chez ma grand-mère, elle me faisait finir le pot pour pouvoir récupéré le verre. En fait, elle s'en fichait, elle ne s'en servait jamais, mais elle savait que j'adorais ça.
Lucas sourit et embrassa le front de la jeune femme, avant de poser sa tête contre la sienne. Il ferma les yeux et se laissa bercer par la musique. La journée avait été assez rude, l'avant-première était dans deux jours et il avait un passé la journée à répondre à des journalistes, à se faire trimballer dans tout Los Angeles, et il aspirait à un peu de tranquillité, auprès de Rachel. Il caressa ses cheveux, elle adorait ça, ça la relaxait plus que n'importe quel massage à $500 sur Rodeo Drive. Elle se blottit un peu plus contre lui, et laissa également la musique prendre toute la place dans la pièce. Ils s'effacèrent derrière la voix mélodieuse et la guitare apaisante.
_On est bien chez toi, murmura-t-elle.
_C'est vrai. C'est petit mais chaleureux. Répliqua-t-il en la serrant un peu plus fort contre lui.
De toute manière, je crois qu'on pourrait me mettre dans une boîte en carton, quand je sens ton parfum je ne sais plus où je suis.
A ces mots, Rachel se raidit. Lucas le sentit et desserra son étreinte. Il se dit qu'elle devait être mal installée. La réalité était tout autre, et il n'allait pas tarder à l'apprendre.
_Je vais peut-être rentrer chez moi, dit-elle en se levant.
Il l'imita, déboussolé.
_Pourquoi? Qu'est-ce qu'il t'arrive?
_Je ne me sens pas très bien. Je t'appelle.
Elle récupéra ses affaires et se dirigea vers la porte.
_Rachel! Attends!
Elle claqua la porte et il put entendre sa voiture démarrer en bas de l'immeuble. Il se laissa tomber dans son canapé, perdu. Il pouvait sentir les effluves alléchants provenir de la cuisine, mais il se contenta d'éteindre le four, laissant le poulet à l'intérieur.
De retour chez elle, Rachel fonça directement à la cuisine pour se servir un verre. Elle l'avala cul sec, alors que son téléphone se mit à sonner. Elle laissa le répondeur se déclancher.
_
Rachel décroche, je sais que tu es arrivée chez toi. Je voudrais que tu m'expliques. Rachel... décroche s'il te plaît. Dis moi au moins combien de temps ton fichu poulet est sensé cuire!
Elle esquissa un sourire, ce qui la mit dans une colère noire. Elle poussa son verre afin de laisser ses coudes s'effondrer sur le comptoir de sa cuisine.
_...Bon. Je vois que tu ne veux pas me parler pour le moment. Mais rappelle moi quand même, tu me dois vraiment une explication.
Elle était simple, l'explication. Elle se demandait même comment il avait put ne pas s'en rendre compte lui-même. Elle avait juste peur. Lucas était trop gentil, trop parfait, leur bonheur commençait vraiment à devenir trop idyllique, elle ne voulait pas que dans quelques mois il lui annonce qu'il devait se rendre en Nouvelle-Zélande ou elle ne savait où, pour tourner une superproduction et qu'à son retour tout soit finit. Elle ne voulait pas revivre ce qu'elle avait dût endurer avec Jake, elle avait mis trop longtemps à s'en remettre, ça avait été trop douloureux. Baiser avec Lucas lui convenait, faire l'amour avec, elle pourrait s'en passer. Tout comme il pourrait se passer de son amour, et elle du sien.
https://www.radioblogclub.fr/open/40936/syd_matters/Syd%20Matters%20-%20To%20All%20Of%20You Le lendemain, elle devait retrouver Peyton au restaurant, à midi, comme tous les jeudis. Elles allaient toujours manger dans une espèce de cantine de luxe, où les salades coûtaient le prix d'une entrecôte maître d'hôtel. Peyton remarqua immédiatement que quelque chose n'allait pas chez son amie.
_
Ca n'a pas l'air d'aller fort, Rachel.
_C'est rien, je stresse à cause de l'avant première, demain.
_Et moi qui croyais que tu étais une routière maintenant! Ca ne devrait plus t'impressionner ce genre d'évènements. Tu verras, quand tu auras eu ton 3ème Oscar, tu ne prêteras même pas attention aux 6 autres, plaisanta-t-elle pour lui remonter le moral.
Rachel n'avait pas l'air d'avoir beaucoup d'humour aujourd'hui. Un coursier vint les interrompre.
_Rachel Gattina?
_C'est moi.
_Signez ici, s'il vous plaît.
Elle s'exécuta, il lui délivra une petite boîte soigneusement emballée dans du papier cadeau.
_Qu'est-ce que c'est? L'interrogea Peyton.
_T'es marrante, je ne l'ai pas encore ouvert!
_Mais oui.... mais je veux dire ça vient de qui?
_Je sais pas, y'a pas de nom, pas de carte...
_Ben ouvre au lieu de contempler ton paquet comme si c'était le graal.
_Mais si c'était un colis piégé?
_Oh, n'importe quoi, tu ne t'appelles pas Georges W. Bush il me semble. Ouvre!
Elle déballa fiévreusement le mystérieux paquet et plongea ses mains dans les billes de polystyrène, avant d'en ressortir un pot de Nutella. Peyton contempla, perplexe, l'émotion de Rachel.
_Tu m'expliques là?
_Ca vient de Lucas. Je...
Sa voix tremblait, elle se racla la gorge et décida d'être franche avec son amie.
_Peyton je suis en train de tomber amoureuse de lui, et je ne veux pas. Hier je l'ai planté lamentablement quand j'ai réalisé que je l'aimais plus que bien, lâcha-t-elle en prenant sa tête entre ses mains.
_Tu ne veux pas et... Rachel tu ne PEUX pas. En tant qu'agent je dois te rappeler que tu as un contrat avec Chris. Vous êtes censés vous marier dans deux semaines et rester ensemble un an. Si tu le quitte maintenant, ou qu'on te surprend avec un autre mec, le contrat a une clause pénale, ça pourrait te coûter cinq cent mille dollars! Sans parler des dommages collatéraux pour ton image, il est clairement stipulé que celui qui ne respecte pas les termes du contrat s'engage à endosser la responsabilité de la rupture. Tu serais cataloguée d'infidèle sans cœur!
_Oh parce que tu crois que je n'y ai pas pensé à tout ça déjà? Pourquoi crois-tu que je sois si désespérée?
_Excuse moi, mais j'étais obligée de te dire ça. Maintenant, laisse ta meilleure amie te donner son avis.
Elle vint prendre place à côté d'elle sur la banquette et lui caressa le bras.
_Je sais que tu as du mal à te remettre de ta rupture avec Jake, mais je trouverais ça bien que tu ouvres ton cœur à quelqu'un. Lucas est un gentil garçon, il pourrait t'apporter beaucoup.
_Je ne suis pas encore prête.
_Alors prend ton temps. Va à ton rythme. Et si ce rythme pouvait nous permettre de poursuivre ton contrat avec Chris, ça serait vraiment super, s'amusa-t-elle.
Rachel esquissa un discret sourire et essuya une larmichette au coin de son œil. Tout cela ne réglait pas son problème, mais elle était heureuse d'en avoir parlé à sa meilleure amie.
Musique:
https://www.radioblogclub.fr/open/101201/death_cab_for_cutie/Death%20Cab%20For%20Cutie-Movie%20Script Le soir de l'avant première mondiale, lorsque Rachel rentra chez elle, elle découvrit que sa porte était ouverte. Elle plongea la main dans son 2-55, et attrapa sa bombe lacrymogène. Elle entra avec précautions dans son appartement, mais rien autour d'elle ne semblait avoir été touché. Elle referma délicatement la porte derrière elle et inspecta les lieux. Rien ne manquait à première vue. Elle monta à l'étage et constata que la porte de sa chambre était entr'ouverte. Elle prit une profonde inspiration et la poussa.
_Lucas? Comment es-tu entré?
_Le concierge, il a tellement l'habitude de me voir ici, il est persuadé que j'habite avec toi. Je lui ai dit que j'avais oublié mes clefs.
_C'est rassurant...
Il se leva du lit où il était assis et s'approcha de Rachel. Il prit son sac et le lui posa sur la chaise à côté d'eux, il revint en face d'elle et dégagea ses cheveux roux de ses épaules. Il embrassa son cou doucement, la faisant frissonner.
_Tu as reçu mon petit cadeau?
_Oui. C'était adorable. Mais tu sais...
_Attends, avant de dire quoi que ce soit, j'ai un autre cadeau pour toi. Et j'ai aussi quelque chose à te dire, de très important.
_Lucas...
_Non, moi d'abords. Je t'assure que c'est vraiment important.
_Vas-y.
_Ne bouge pas d'ici.
Il disparut dans la salle de bain et, lorsqu'il revint, il lui tendit une petite boule de poil, minuscule, un petit chat de gouttière avec un ruban en guise de collier, qui miaulait de façon presque inaudible.
_Je l'ai trouvé en bas de chez toi, ce matin. Il était abandonné. Je l'ai amené chez le vétérinaire et il est en bonne santé, il n'a juste plus de famille, ce pauvre petit bout. Je me suis dit que ce genre de compagnie te ferait plaisir.
Rachel attrapa le chaton, qui devait être âgé de 3 mois, à peine, et s'assit sur le lit. Il gigotait dans tous les sens, il voulait se balader dans l'appartement. Elle le laissa s'échapper et partir à la conquête de la chambre, attendrie.
_Il est adorable, Lucas. Ecoute...
_Non, je t'ai dit que j'avais autre chose à te dire, laisse moi finir. L'interrompit-il avant de venir s'agenouiller devant elle.
Rachel, je sais que toi et moi on passe de bons moments, on s'amuse bien, mais j'ai envie de plus. J'ai envie de partager autre chose que ton lit, je veux être là quand tu apprendras que tu vas jouer dans le prochain Woody Allen, je veux que tu sois là quand je n'arrive pas à aligner trois mots sur mon foutu PC, poursuivit-il en lui caressant la joue,
je veux qu'on soit tout les deux, qu'on se crie dessus, que tu pleures dans mes bras, que tu me reproches de laisser la cuvettes des toilettes relevées, j'ai même envie de te tenir les cheveux si tu attrapes une gastro... Euh... ouais j'aurais peut-être du te parler de la gastro un peu avant, et terminer par le truc où tu pleures dans mes bras, parce que mon enchaînement va être douteux, mais tant pis. Je t'aime, Gattina. Je suis fou de toi. Tu es talentueuse, tu es merveilleuse, tu as le cœur sur la main, tu es... Je t'aime, Rachel.
_Oh non, Lucas, ne me fais pas ça s'il te plaît!
_Comment?
_C'est pas possible, toi et moi. C'est ça que je voulais te dire. Je crois qu'il ne faut plus qu'on se voie.
_Tu plaisantes? Gémit-il en se relevant.
_Non, s'il te plaît, ne rend pas les choses plus difficiles, va-t'en maintenant.
Elle crut percevoir l'éclair de rage qui traversa le regard de Lucas. Elle pria pour qu'il ne se rende pas compte que son cœur était en train de se désintégrer dans sa poitrine, elle comptait sur ses talents de comédienne pour s'en sortir. Il ne remarqua rien, il se contenta de tourner les talons et de partir, la laissant seule, assise sur son lit, tentant vainement de retenir ses larmes. C'était peine perdue.
Lorsqu'elle arriva sur le tapis rouge, les flashs crépitaient de tous les côtés. On hurlait son nom et celui de Chris, qui était son cavalier. Elle remarqua Jerry qui faisait les cents pas au téléphone, devant l'entrée du cinéma. En s'approchant, elle put capter quelques bribes de conversations.
_Je m'en fiche, retrouvez-le, c'est le réalisateur bon sang, de quoi aura l'air ce putain de film s'il ne se pointe pas?!!!!
Lucas n'était pas encore arrivé? A l'évènement qu'il attendait juste depuis qu'il était né? Ce n'était pas possible.
_Viens Rachel, on nous attend à l'intérieur, lui rappela Chris.
_Oui je te suis.
Ils entrèrent dans la salle, suivis des autres acteurs du film, quand brutalement, les cris de la foule et des photographes reprirent, tous hurlaient le nom de Lucas. Rachel, sans réfléchir à ce qu'elle faisait, se précipita vers la sortie, mais arrivée devant la porte, elle sentit qu'on lui retenait le bras. Elle tourna la tête et vit Peyton, qui lui fit un signe de négation de la tête. Elle la raccompagna à l'entrée de la salle de projection.
A l'extérieur, Lucas déchaînait les passions. Sa gueule d'ange était en passe de devenir la nouvelle tête de gondole du cinéma, son air renfrogné, un peu dur, firent succomber les journalistes sur place. Une journaliste de E! TV l'interpella.
_Lucas, que portez-vous ce soir?
_Euh... fit-il en recherchant l'étiquette de son costume au niveau de la poche intérieure.
Ecoutez, cette étiquette indique Heidi Slimane, alors soit c'est un couturier, soit on a volé cette veste à un certain Heidi, et je suis coupable de recel.
La journaliste rit à gorge déployée, il séduisait les photographes comme si c'était naturel, parce qu'il ne cherchait pas à les séduire. Tout ce qu'il voulait, c'était abréger cette soirée.
A la fin de la projection, toute l'équipe eut droit à une standing ovation, chacun y allait de son petit discours, les yeux toujours brillants suite au très hypocrite "in loving memory of George L.". Rachel, Wentworth et Lucas furent acclamés. Mais à la fête qui suivit ce soir là, ce dernier ne se montra pas.