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Série : One Tree Hill
Création : 06.02.2008 à 17h29
Auteur : haley92
Statut : Terminée
« One-shot qui vous plaira, j'espère... » haley92
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Haley James Scott s’éteignit au terme d’une de ces journées les plus radieuses qu’on ait connues en Caroline du Nord, en avril.
Mais, pour Nathan, le mari de Haley, ce temps splendide n’était qu’un sarcasme supplémentaire de la part du destin qui semblait s’acharner sur lui et avait transformé sa vie en cauchemar.
Dans la chambre d’hôpital, il était assis sur une chaise, une main crispée sur la barre de métal du lit où reposait sa femme. Il faisait un froid glacial dans cette chambre où soufflait l’air conditionné. Combien de personnes étaient restées là, comme lui, hébétées, refusant de se rendre à l’évidence ! Au cours de ces six derniers mois, il en était venu à détester cette chambre, cette chaise, avec la même force que si elles avaient été responsables de la souffrance de Haley.
Il étouffa un sanglot et serra la main inerte de sa femme entre les siennes, avec une telle intensité et un tel désespoir que les jointures de ses doigts blanchirent.
Une demi-heure auparavant, deux médecins à la mine sombre étaient entrés dans la pièce où il attendait en compagnie de son frère et de sa belle-sœur. Nathan avait écouté les mots qui s’échappaient de leur bouche, sans vraiment en comprendre la portée.
- Nous sommes navrés, Mr Scott. Nous avons été obligés de procéder à une césarienne. Votre femme n’a pas supporté l’anesthésie… Il y a eu des complications… Nous l’avons perdue.
Il avait hurlé : Non ! Ce n’était pas possible !... Pas après tout ce qu’elle avait enduré. Son état allait s’améliorer. Elle s’en sortirait… Il le fallait… Il avait demandé à voir Haley. Seul. Alors les médecins l’avaient conduit jusqu’à la chambre où elle reposait désormais, comme s’ils craignaient qu’il n’y parvienne pas seul. Pour sa part, Nathan ne souhaitait qu’une chose : qu’ils partent et le laissent seul avec sa femme. Une fois la porte fermée, il s’était tenu là, à contempler le beau visage de Haley. On n’y décelait plus ni trace de vie ni marque de la souffrance qu’elle avait enduré pour en arriver là. Haley semblait apaisée, soulagée. Le souvenir de son calvaire avait glissé sur elle, laissant place à la sérénité. Et c’était bien la seule chose que Nathan voyait de positive dans tout ce malheur.
Le jour fatidique était arrivé, après des mois et des mois d’angoisse pendant lesquels il avait si souvent souhaité que le temps s’arrête, tant prié pour que sa femme lui soit rendue. Hélas, Haley, sa femme, n’était plus.
A cet instant, la porte s’ouvrit si violemment qu’elle alla cogner contre le mur. Lydia se tenait sur le seuil, les yeux rouges et gonflés. Elle avait vieilli de plus de dix ans ces dernières heures. Jimmy James, le père de Haley, arriva précipitamment derrière elle. Il posa une main sur son épaule.
- Calme-toi, Lydia… Je t’en supplie.
Peine perdue. Lydia posa sur Nathan un regard rempli de reproches et d’agressivité.
- C’est ta faute ! C’est à cause de toi que notre petite fille est morte !
Nathan laissa flotter les mots entre eux, mais l’accusation l’avait atteint aussi sûrement qu’un coup de poignard dans le cœur.
- Si tu avais été le mari dont elle rêvait, rien de tout cela ne se serait produit. Combien de fois m’a-t-elle dit que ton fichu boulot passait avant tout, y compris elle ?
Lydia avait prononcé ces derniers mots sur un ton hystérique. Jimmy lui attrapa le bras, mais elle se dégagea d’un geste brusque et, traversant la pièce, alla gifler son gendre à toute volée.
- Lydia !
Jimmy paraissait scandalisé par la conduite de sa femme. Nathan resta assis, trop abasourdi pour ressentir une quelconque douleur.
- Lydia, ça suffit maintenant !
Il referma ses bras autour de sa femme, le visage crispé par la colère et le désespoir.
- Désolé, Nathan… Nous… Nous reviendrons quand tu seras prêt.
Puis, il entraîna sa femme hors de la pièce.
Nathan resta assis, à regarder la porte d’un regard fixe et vide de toute expression. Lydia pouvait l’accuser de tous les maux de la terre, elle ne parviendrait jamais au niveau de reproche dont il s’accablait lui-même.
Anéanti, il posa le front sur le barreau du lit. Le cri qu’il sentait monter en lui, du plus profond de son être, était presque animal. Pourtant, il ne pleurait pas. À aucun moment, il n’avait versé de larmes. En tout cas, pas depuis que la police avait sonné à sa porte lui apprenant que sa femme avait été victime d’une prise d’otage dans un supermarché, et qu’elle avait été gravement blessée. Nathan s’était demandé des milliers de fois pourquoi il ne l’avait pas accompagné ce jour-là. Il avait dû penser qu’ils auraient d’autres moments, d’autres occasions de sortir ensemble. Il l’entendait encore :
- Allez, Nate ! Tu auras tout le temps de t’entraîner demain… On passe acheter le cadeau de Brooke et ensuite on va dîner chez ton frère.
- Impossible, ma chérie. Je dois encore m’entraîner pour ce tir à trois points. J’ai un match très important demain soir, et je dois être prêt. Je te rejoins chez Lucas, d’accord ?
Une nuance de déception avait envahi les yeux de Haley, bien vite remplacée par un sourire indulgent. Elle lui avait pardonné. Comme toujours. Et elle était partie sans lui.
Elle l’avait embrassé sur la bouche, lui avait rappelé qu’ils devaient être chez Lucas pour 19h et avait promis de faire attention… Nathan lui avait sourit, et avait caressé son ventre dans un geste tendre pour leur enfant. Haley était alors enceinte de dix semaines. Cela se voyait à peine, mais eux le savaient, et cela les comblait de bonheur. Ils avaient tellement attendu ce moment… D’ailleurs, Lydia lui en voulait aussi pour ça. Si Haley n’avait pas été enceinte, on aurait pu l’opérer plus tôt et peut-être la sauver. Les médecins avaient été clairs, si on tentait une opération, c’était Haley qui perdait son bébé. Nathan s’y était violemment opposé, certain que Haley n’aurait jamais accepté de perdre leur enfant. Elle avait été si heureuse d’apprendre qu’elle était enceinte. Cela faisait plus de trois ans qu’ils essayaient d’avoir un bébé, mais aucun résultat. Ils avaient alors consulté, et deux mois après, Haley était tombée enceinte. Ça avait été une grande joie, et un immense bonheur. Le fruit tant attendu de leur amour…
Il se pencha en avant et posa ses lèvres sur le poignet de sa femme. Il était glacé à présent, et Nathan en fut saisi. Malgré ce que les médecins lui avaient répété sur les lésions cérébrales, il n’avait cessé d’espérer que ce moment ne surviendrait jamais et que sa femme finirait par se réveiller. Lorsqu’il était arrivé à l’hôpital, ce soir-là, Haley était au bloc opératoire. Il avait attendu pendant plusieurs heures, sans plus d’informations sur la prise d’otage que ce que le policier lui avait dit. Enfin, un médecin était arrivé, et lui avait demandé s’il était là pour Haley James Scott.
- Je suis désolé, Mr Scott. Votre femme a été victime d’une mort cérébrale. Son activité cérébrale est nulle, pourtant ses organes vitaux continuent de fonctionner normalement, car nous l’avons mis sous respiration artificielle. Elle… Elle ne se réveillera probablement pas, Mr Scott.
Nathan avait eu le regard vide. Aucune larme n’était sortie, et pourtant, la douleur qu’il ressentait dans son cœur était immense. Ensuite, tout s’était accéléré. Un policier était venu l’interroger, puis on lui avait enfin révélé la vérité sur la prise d’otage. Un client du supermarché était devenu fou lorsqu’une caissière lui avait demandé de reposer la bouteille d’alcool qu’il cachait sous son manteau. Il avait hurlé des ordres incompréhensibles, et avait sorti un revolver de sa poche. Des cris, des pleurs, des hurlements s’étaient fait entendre, et il avait tiré deux coups de feu pour calmer tout le monde. La plupart des clients avaient réussi à s’échapper du magasin, par une porte latérale, mais une dizaine était prisonnière dans une salle, avec des caméras qui surveillaient tout le magasin. Haley en faisait partie. Le preneur d’otage avait libéré tout le monde, après des échanges avec la police, sauf la femme de Nathan. Il l’avait sauvagement battue, et avait abusé d’elle, sans aller jusqu’au viol. Puis, il s’était enfui par une des nombreuses fenêtres du magasin, et avait laissé Haley pour morte. Quand les policiers avaient retrouvés son corps, elle était toujours en vie, et dans le coma, mais elle n’avait jamais repris connaissance. Son cerveau était mort en même temps que cet homme avait brisé sa vie. Leurs vies. A l’hôpital, on avait annoncé à Nathan que sa femme allait être maintenue en vie artificiellement, de manière à ce que l’enfant puisse venir au monde. Mais, les médecins n’avaient laissé aucun espoir. Nathan, sa famille, ses amis, savaient depuis le départ que Haley était perdue. Dieu seul savait ce qu’il avait éprouvé à l’annonce de la mort de sa femme…
Nathan embrassa le front de sa femme, les yeux tristes.
- Haley… Si tu savais à quel point je m’en veux…
Des bruits de pas résonnèrent sur le carrelage, le tirant momentanément de son brouillard. Quelques secondes plus tard, son frère entrait dans la chambre, les cheveux en bataille et manifestement ému. Il s’éclaircit la voix et s’approcha de Nathan.
- Nate… C’est une petite fille.
Nathan baissa les yeux vers l’enfant, emmaillotée dans une couverture rose. Ses yeux étaient ouverts, et fixaient cet homme inconnu qui était son père. Alors, Nathan tendit les bras et prit sa fille dans ses bras. Ce fut l’instant révélateur. Il sut qu’il pourrait tout affronter, avec sa fille. Elle et lui vivraient heureux, dans le souvenir de Haley. Il caressa la touffe duveteuse blonde qui s’étalait sur le crâne du bébé, et y posa un baiser.
- Bonjour, Hope.
Ce prénom lui était venu tout seul, tel un signe du destin, un signe de Haley. Quoi de mieux qu’espoir pour un bébé qui revenait d’aussi loin que cette petite fille ? Et Hope, c’était très joli.
- Hope. Bienvenue dans notre monde, Hope Jamie Scott.
Un sourire éclaira soudain le visage de Nathan, et ses yeux brillèrent de larmes. Des larmes si longtemps contenues, et qui avaient si souvent été tentées de couler. Pourtant, Nathan avait réservé ses larmes pour sa fille. Ne pas pleurer sur l’injustice de ce monde, mais sur le bonheur que l’on n’y rencontre parfois. Hope était un miracle, un cadeau de la vie.
Quand on vous met au lit alors qu’il fait encore jour, il vous reste beaucoup de temps pour réfléchir. Au sens de la vie, par exemple. Ou au cycle de la vie : la mort, la naissance… Vous ne pensez quand même pas que nous sommes seulement capables de gazouiller en regardant ces stupides mobiles se balancer au-dessus de nos berceaux ? On s’en lasse vite, croyez-moi. Maintenant, vous savez. Quand nous vous regardons fixement, ce ne sont pas des gaz. Nous en savons bien plus que vous ne pouvez le penser. Mais, le problème, c’est que, dès que nous savons nous exprimer, nous perdons le souvenir de tout ce que nous savions à la naissance, paraît-il. A deux ans, je ne me souviendrai plus de rien. Alors, prenez des notes.
Tout le monde sait que j’étais attendue. Très attendue, même. Les choses n’arrivent pas sans raison. Il y a un plan. Je n’ai pas mis tant de temps à arriver par hasard. Et maman n’a pas été dans ce supermarché par hasard non plus. Le Boss était au courant, depuis longtemps, il avait même tout prévu et tout calculé. Nous, on n’a pas le choix, on doit faire ce qu’il nous dit, et on ne discute jamais. Ne vous inquiétez pas pour ma mère. Ne le dites à personne, mais j’ai entendu dire qu’elle était heureuse là où elle était. Je ne sais pas quel est cet endroit, mais papa le décrit comme un endroit merveilleux, ensoleillé et joyeux. Alors, je suis contente, et je n’ai pas peur pour elle.
Papa est là pour moi. C’est un très bon papa, et je suis heureuse. Il m’aime, et c’est ça le plus important. Tonton Lucas est là aussi, et tata Brooke. D’ailleurs, ne le dites à personne, mais j’ai entendu parler d’un bébé à venir… Je n’ai pas les détails et, comme je vous l’ai expliqué, les choses se brouillent un peu, mais je sais que tout ira bien pour eux.
Ouh là ! J’entends papa qui arrive. Si je ne dors pas, ça va chauffer. Où est mon doudou ? Le voilà. Pouce dans la bouche, derrière en l’air ; ça marche à tous les coups. Voilà !
La main de papa atterrit sur mon dos, et je me sens… en sécurité. Désirée. Très, très heureuse d’être là.
- Bonne nuit, ma princesse.
Je fais un beau sourire. Dans mon sommeil, naturellement.
Vila ! J'ai terminé de la mettre en ligne ! C'est un simple petit one-shot, mais j'espère qu'il vous aura plut autant que ma dernière fic... D'ailleurs, je vous remercie tous d'avoir écrit de si gentils commentaires, qui m'ont beaucoup touché. Alors merci à vous. En espérant que ce one-shot vous plaira tout autant, laissez vos com's.
Bx
Marie