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Série : One Tree Hill
Création : 14.02.2008 à 00h05
Auteur : zubera
Statut : Terminée
« Bonne lecture... » zubera
Cette fanfic compte déjà 20 paragraphes
Croyez vous que l’amour peut tout vaincre ? Que l’amour est plus fort que tout et que du moment que deux êtres s’aiment profondément ils peuvent tout surmonter ? Que les plus grandes pertes, les plus grands malheurs que la vie s’acharne à nous faire subir peuvent êtres vaincus grâce à deux personnes qui se sont promis l’éternel amour, qui se sont promis de s’aimer jusqu’à ce que la mort les sépare ?
Lorsque j’ai eu 15 ans, j’ai connu un garçon. Il s’appelait Nathan Scott, il était très grand, il avait des cheveux noirs bien peignés, des yeux bleus dans lesquels je rêvais de plonger mon regard, il adorait jouer au basket et j’adorais le regarder jouer. Il avait ce talent, comme si depuis sa naissance il était programmé pour être le meilleur joueur que la terre connaitrait. Notre rencontre s’est faite assez rapidement.
Quelques jours après ma rentrée en seconde, je me suis retrouvée seule dans une classe où aucun visage ne m’était familier, étant donné que je venais d’emménager dans une ville du nom de Tree Hill. De nature timide, je n’arrivais pas à me décider à aller parler aux autres, et pendant quelques jours ma vie se résumait à aller en cours, rentrer chez moi, faire mes devoirs, manger et dormir. Je ne parlais pas aux autres, les autres ne me parlaient pas. Mais une semaine, après un professeur nous donna des exposés à faire en binôme, je ne savais absolument pas qui choisir sachant que la plupart étaient déjà pris.
Ils restaient Tim un crétin qui ne pensait qu’au sexe, Josh le gars typique que je ne peux pas supporter, macho, irrespectueux et dégoutant, et puis une fille Peyton mais en fait elle n’était pas seule elle avait une partenaire qui était malade ce jour là, une certaine Brooke. Pendant un moment j’ai pensé que faire l’exposé seule serait la solution idéale, la solution à mon problème mais le professeur était formel on devait être deux. C’est alors que Nathan est arrivé vers moi. Depuis le début de l’année je n’arrêtais pas de le regarder tellement il était beau, mais pas une seule fois nous nous étions adressés la parole.
Salut tu es haley ?
Nathan c’est ça ?
Ouai, en fait j’ai vraiment de mauvaises notes et donc je préfère ne pas me mettre avec Tim, et vu que je sais que tu es une très bonne élève j’aimerai que l’on le fasse ensemble si ça ne te dérange pas ?
Heu ben oui pourquoi pas, toute façon c’est soit toi soit Tim soit Josh alors je pense que je suis gagnante.
Parfait alors ce soir après les cours on va chez moi ?
D’accord.
Voilà notre premier échange. Il savait que j’étais une élève studieuse, quel honneur ! Enfin j’avais adressé la parole à quelqu’un.
Le soir après les cours, nous sommes allés chez lui. Une immense maison, un très grand jardin, je compris que j’avais à faire à une famille de snobs.
T’as l’air impressionné?
Euh ce n’est pas tout les jours que je rentre dans des châteaux.
Ouai mon père travaille dans une concession qui marche bien et ma mère
En gros tes parents gagnent bien leur vie quoi !
Oui en gros, et toi tes parents ?
Mes parents ont une modeste maison dans cette ville.
Tu es nouvelle dans le coin, je ne t’ai jamais vu ?
Je suis nouvelle en effet.
Bon allez on se met au boulot.
Oui il est temps.
Après avoir travaillé, je partis de chez lui le cœur lourd. Je n’aimais pas cette maison. C’était glacial, une très belle demeure certes mais sans vie. Tout le long j’avais étais sur la défensive avec lui ne comprenant pas pourquoi. Il avait été sympa avec moi pourtant et je le trouvais très beau, mais je n’avais pas pu m’empêcher d’avoir un ton agressif.
Le lendemain je le revis en cours, et à la cafète il est venu s’asseoir à côté de moi.
Coucou toi, ça te dit que ce soir on finisse cet exposé chez moi ?
Ecoute nathan je préfère qu’on fasse cet exposé chez moi ok ?
Et c’est un traitement de faveur pour moi ou tu es tout le temps agressive avec tout le monde ?
Désolé c’est vrai que je ne suis pas très sympa. Bon on recommence d’accord ?
Ca me va. Salut toi, ça te dit qu’on finisse notre exposé ensemble ce soir ?
Oui pourquoi pas chez moi pour changer un peu ?
Parfait.
Parfait.
Au fait pourquoi tu es toujours seule ?
Je ne suis pas seule je suis avec toi.
Tu vois bien ce que je veux dire, la plupart du temps tu reste dans ton coin.
Tout le monde se connaît et moi je suis la nouvelle tête que personne ne veut connaître.
Je connais pleins de filles je pourrai te les faire rencontrer. J’ai aussi un frère qui cherche une copine alors si
Non merci nathan je me débrouille très bien toute seule.
Tu vois tu recommence.
Oui je sais je suis navrée, je sais pas pourquoi mais j’ai tendance à me renfermer sur moi-même.
Bon ce weekend j’organise une fête dans mon château il y aura plein de monde alors si tu veux venir tu peux.
C’est une invitation ?
Oui mademoiselle une invitation.
Et si jamais je suis seule tu viendras prendre de mes nouvelles ?
Je serai là si jamais tu as besoin.
Dans ce cas je passerai faire un tour.
Oh quel honneur.
Puis nous avons discuté comme ça durant tout le repas. J’apprenais à le découvrir, et plus j’en savais sur lui, plus ma sympathie pour ce garçon augmentait. Vous ais je dis qu’il était beau comme un dieu ? Le soir il m’attendait devant le lycée, quand il me vit sortir mon ticket de bus il se mit à rigoler.
Monte dans ma voiture, ça sera mieux.
En quoi c’est mieux ? Je n’ai pas honte de prendre le bus. Vous avez tous des voitures, tant mieux pour vous si vos parents ont assez d’argent, les miens attendent que j’ai mon bac, alors en attendant je prends le bus, pourquoi tu rigoles comme un idiot ?
Parce que quand tu t’énerves tu deviens très jolie.
Nathan Scott vous m’énervez beaucoup !
Haley James montez dans cette voiture, même si vous adorez prendre le bus !
Quand nous sommes arrivés chez moi, mes parents étaient là. J’aurai donné un rein pour que mes parents ne se trouvent pas dans cette maison à ce moment là. Mais c’était trop tard, mon père et ma mère étaient assis sur le canapé nathan et moi en face d’eux attendions qu’ils parlent.
Haley est une fille responsable, bien plus que nous, mais on veut quand même s’assurez que vous avez ce qu’il faut pour vous protéger.
Maman !
Jeune fille quand ta mère parle tu la laisse.
Mais papa !
Haley nous nous assurons que tout se passera bien.
Monsieur et madame James, ce que votre fille essaye de vous dire, c’est que nous nous ne sortons pas ensemble et que si je suis ici c’est pour terminer un exposé que l’on doit rendre dans deux jours.
Voilà ce que j’essayais de vous faire comprendre.
Oh alors dans ce cas je suppose que pour cela il nous n’avons aucun conseils, haley est une très bonne élève. Milles excuses nous partons. Haley ce weekend nous ne sommes pas là, donc si tu veux faire une fiesta, aucun souci.
Nathan content de vous connaître.
De même pour moi Mr.
Au revoir les enfants.
J’entendis la voiture démarrer, et je compris que ça y’est ils étaient partis. J’étais assise dans le canapé morte de honte. Comment avaient ils pu me faire ça ? Moi leur fille ! Je n’osais pas croiser le regard de nathan, j’attendais qu’il se mette à parler. Mais au lieu de parler il se mit à rigoler, un rire incontrôlable et apparemment contagieux. Nous n’arrivions plus à nous arrêter c’était tellement ridicule comme situation.
Tes parents sont vraiment cools.
Je hais mes parents.
Il ne faut pas. Mes parents ne sont jamais là, ma mère en voyage et mon père lui il veut que je sois le meilleur au basket. Alors oui moi je peux haïr mes parents mais les tiens haley sont vraiment géniaux !
Ouai on va dire ça comme ça. Alors comme ça tu es un dieu du basket ?
Je n’irai pas jusque là mais disons que j’y joue depuis que je sais tenir un ballon.
Tu joues dans le club du lycée.
Bien sur, je suis le capitaine des ravens. D’ailleurs je pense que tu ferais une super pom-pom girl.
Oh arrête de te moquer.
Non je parle sérieusement, en plus tu apprendrais à connaître deux amies à moi.
Qui ?
Peyton et brooke elles sont dans notre classe.
Ah elles sont pom pom girls, je ne savais même pas.
Ouai elles le sont. Bon et cet exposé ?
Oui mettons nous au travail.
Enfin nous avions fini cet exposé retraçant les biographies de certains auteurs très célèbres. Il partit de chez moi. Le lendemain nous nous sommes pratiquement pas adressés la parole, c’est d’ailleurs ce jour là que je fis connaissance avec peyton et brooke.
J’étais à la bibliothèque en train de lire quand je sentis que l’on m’observait. Une chose que je ne supporte pas c’est les regards que l’on pose sur moi, que l’on me fixe, la sensation d’être jugée.
Je relevai la tête et aperçut pas très loin peyton et brooke riant et me regardant. J’avançais vers elle, voulant comprendre ce qui se passait.
Excusez-moi mais je ne comprends pas ce qui se passe ?
Haley c’est ça ?
Oui on est dans la même classe.
Oui oui, moi c’est brooke et elle peyton, et peyton dessine comme une pro et elle était en train de te dessiner, tu avais l’air tellement envoutée par ta lecture que nous nous sommes mis à rire.
On se moquait pas haley c’est juste que ton visage était très concentré et je ne peux pas m’empêcher de dessiner.
Fais-moi voir le dessin !
Il n’est pas terminé.
Ecoutez toutes les deux, je déteste que l’on m’observe, je ne suis pas un model et je ne veux pas être dessinée. Prenez un livre ça vous fera du bien et donne moi ce dessin.
Prends-le, on ne voulait pas t’offenser.
C’était juste pour s’amuser.
Elle me donna le dessin que je pris violemment, je m’attendais à voir une caricature de moi, quelque chose de vraiment hideux, mais quand je le vis, ma colère disparut de suite, cette fille m’avait dessiné sans rien exagérer, c’était moi confortablement assise dans mon fauteuil, tenant précieusement le livre dans mes mains, et comme disait brooke le visage envoutée dans ma lecture. Je dus reconnaître que cette peyton avait un talent immense et je lui fis mes excuses.
C’est rien, la prochaine fois ne sois pas agressive, nous ne sommes pas méchantes.
Ouai je suis désolé les filles. J’ai vraiment du mal à m’intégrer dans ce lycée.
Tu es nouvelle dans la ville ?
Oui depuis le début de l’année.
Et avec Nathan, ça se passe comment ?
C’est juste un camarade de classe, on a fait l’exposé ensemble mais c’est tout.
Tu le trouves comment ?
Disons qu’on ne crache pas dessus.
Nous nous mîmes toutes les trois à rire. C’est ainsi que mon amitié pour ces deux filles démarra. Une grande amitié était en train de naitre.
Désormais je n’étais plus seule, elles m’ont proposé de manger avec elle à la cafète, et en cours l’une et l’autre se sont assises à côté de moi. Nous nous entendions très bien. Le soir elles me proposèrent de devenir pom-pom-girls car justement elles en cherchaient une. Je refusais et elles me proposèrent de regarder comment se passait un entrainement. Je m’installais sur les gradins prenant mon livre entre les mains, quand quelqu’un me toucha l’épaule.
On ne s’est même pas parlé de la journée.
Hum je t’ai manqué alors.
Tu ne peux même pas imaginer combien ta présence m’a manqué.
Je savais que tu pouvais plus te passer de moi.
Ben oui qu’est ce que tu veux, ne pas pouvoir entendre ta jolie voix qui me crie dans les oreilles ça me manque.
Allez va jouer, on va voir ce que tu vaux.
Aurais-je le plaisir de te voir dans une tenue de pom-pom-girls un jour ?
N’espère pas trop. Disons qu’aujourd’hui j’observe.
Mais au fait qui t’as proposé de venir ?
On en parlera plus tard.
Je te raccompagne chez toi après ?
Parfait.
Parfait.
J’observais les pom-pom-girls répétaient une chorégraphie criant « vive les Ravens », ou des cris de guerre pour leur champions. Je regardais les basketteurs, d’un côté les blancs avec Nathan comme capitaine et d’un autre les noirs, avec un garçon qui me semblait être Lucas comme capitaine. A la tête de cette équipe un homme âgé criait des ordres. Il s’appelait Whitey et était leur coach.
A la fin de l’entrainement, Peyton et Brooke accoururent vers moi.
On t’a vu, on t’a vu !
Oui et ne mens pas Haley !
De quoi ?
Tu as discuté avec Nathan !
Waouh absolument vrai !
Et alors qu’est ce qu’il a dit ?
Il me raccompagne chez moi.
Et tu veux devenir pom-pom-girls.
Non je ne pense pas que c’est pour moi.
S’il te plait, s’il te plait.
Je vais y réfléchir les filles.
Bon alors à demain miss intello !
A demain Brooke Davis !
Salut, au fait pour info je suis sortie avec Nathan !
Peyton désolée je ne savais pas.
Toute façon c’est fini, donc tu as le champ libre.
Peyton c’est juste un ami.
Moi aussi je disais ça…au début.
Puis elle me fit un clin d’œil et partit. Je restais seule pendant quelques minutes, et je me mis à réfléchir. Est-ce que je ressentais plus que de l’amitié pour Nathan ? Non, je le trouvais beau, gentil, drôle, mais notre relation n’était qu’amicale. De plus je ne le connaissais que depuis quelques jours. Comment ressentir des sentiments pour une personne que l’on connaît si peu ? C’était absurde.
Nathan vint me chercher.
C’est bon j’ai pris une douche, je suis prêt.
Je le regardais, il avait un grand sourire et me tendit la main. J’avais envie de la prendre, mais je m’y refusais, et sur mon ton de défense, sans y mettre de l’agressivité, légèrement gênée je lui répondis.
Désolée Nathan, mais finalement je vais rentrer seule.
Il me regarda surpris par ce changement d’attitude.
Haley, je ne comprends pas, qu’est ce que j’ai fait ?
Je le regardais bien droit dans les yeux, quand je sentis que j’avais envie de pleurer. Mais qu’est ce qui m’arrivait ?
Rien Nathan, tu es parfait, c’est moi je ne peux pas, c’est comme ça.
Tu viens toujours ce weekend à ma fête ? Sans toi ça ne serait vraiment pas pareil.
Tu as fait plein de fêtes sans moi, je n’ai pas besoin d’y être.
Oui mais maintenant que je te connais je veux que tu sois là.
Je viendrai Nathan. Bon à demain à ta fête alors.
22H00.
Parfait.
Puis je partis, le pas rapide, sans le regarder, sans lui laisser le temps de répondre. Je ne savais pas ce qui se passait, mais les sentiments qui me troublaient m’étaient inconnus, je ne comprenais pas, je ne savais pas si j’étais en train de tomber sous le charme de Nathan, si mes sentiments allaient plus loin que de l’amitié. Mais je devais y réfléchir, prendre mon temps, ne rien brusquer.
Le lendemain, durant toute la journée, je rejetais ses appels. Je ne voulais pas avoir une discussion avec lui. Le soir, je suis allée à la fête, j’y suis arrivée à 22H30, la plupart des invités étaient déjà bourrées. Je ne voyais ni Peyton, ni Brooke, et ni Nathan. Je les cherchais partout, me faufilant parmi les filles qui dansaient, parmi les gars qui étaient en train de boire des litres d’alcool, et parmi des couples qui s’embrassaient sans reprendre de respiration.
Je m’assis sur un canapé et attendis de voir une tête familière passer. Au bout d’un moment, je me décidais à partir. Poireauter toute seule n’était pas mon fort. Je me dirigeais vers la sortie quand un bras me retient.
Tu comptais partir sans me dire bonsoir.
Je sentis de la colère monter, comment osait-il me dire ça alors que je venais de passer tout mon temps à sa recherche ?
Nathan ? Tu as un culot !
Je te cherchais et Peyton et Brooke aussi.
Moi aussi je vous cherchais, mais tout le monde était porté disparu.
Tu as rejeté mes appels cette aprèm.
Je sais Nathan, tu peux venir dans un coin plus calme pour qu’on en parle ?
Bien sur.
Je sentais l’appréhension grandir à mesure que l’on se rapprochait d’un endroit calme pour discuter. Comment est-ce que j’allais lui dire le fond de mes pensées ?
Je m’assis sur un petit banc en bois et je frissonnais, il me prêta sa veste que je passais autour de mes épaules. Il me regarda, le bleu de ses yeux perçant mon regard. Il avait le visage d’un enfant qui attend de savoir un secret.
Tu peux me dire ce qui te tracasse Haley ?
Tu es populaire Nathan, tu as un tas d’amis, et l’on se connaît que depuis peu de temps, mais pourtant j’ai l’impression de te connaître depuis très longtemps. J’adore passer du temps avec toi, tout en toi me plait. De ton sourire charmeur, à tes moqueries. J’adore être près de toi. Et c’est là que je veux en venir…Hier si…hier si je n’ai pas voulu que tu me raccompagnes, c’est parce qu’il fallait que je réfléchisse si je ressentais que de l’amitié, et j’en arrive à la conclusion que non. Non Nathan je suis en train de tombée amoureuse. Mais je sais que ce n’est pas possible et je n’attends rien de toi, je voulais juste que tu comprennes mon comportement. J’avais besoin de réfléchir, de me retrouver seule pour comprendre. Je me sens ridicule. Je ferais mieux de te laisser retourner à ta fête. A un de ces jours Scott.
Je me levais le regard embué de larmes. Je me sentais triste et soulagée, ridicule mais débarrassée d’un poids.
Pourquoi ?
Je me retournais évitant son regard, pour ne pas qu’il voit mes larmes.
Pourquoi tu dis qu’entre nous deux ce n’est pas possible ? Comment peux-tu savoir ce que je ressens pour toi ? Je n’avais jamais ressenti ça pour aucune autre fille. Avec toi Haley c’est différent. Je ne sais pas vraiment ce que je ressens. Mais je sais que ce n’est pas que de l’amitié. J’ai complètement dépassé ce sentiment là, quand je te vois, j’ai envie de te prendre dans mes bras. Je ne veux pas que tu partes. Tu n’es pas ridicule et ma fête n’a aucune importance sans toi. Cette aprèm je n’ai fait que penser à toi, j’étais fou que tu ne me répondes pas. Tu crois que je suis amoureux ?
Je m’avançais vers lui, m’essuyant les yeux, il me prit et m’attira tout contre lui. Je le regardais, il me regardait, le silence s’installa, ne laissant que deux personnes apprendre à s’aimer. Il avança sa tête et nos lèvres se frôlèrent, je déviais ma tête, j’avais peur de m’embarquer dans une histoire, mais l’envie étant plus forte que le reste, je laissais mes lèvres, tels des aimants, aller vers les siennes, je me laissais envahir par son amour. Le bruit de la fête devint brusquement plus qu’un lointain fond sonore. Il ne restait que mon corps serré contre le sien, ses bras m’entouraient, ma tête était posée sur son épaule, et malgré le froid qui persistait, malgré la fatigue, j’aurai pu rester contre lui des heures, à apprécier ce moment, à sentir son souffle sur ma nuque, à jouer avec ses mains. Je regardais le ciel étoilé, on se serait cru dans un film romantique, mais non je n’étais pas dans un film, je ne jouais pas un jeu, je tombais réellement amoureuse de Nathan, et je vivais réellement ce moment avec lui. Nous nous étions rencontrés grâce à un exposé, et désormais nous étions en train de commencer une histoire d’amour, la première histoire d’amour que je connue.
Après quelques minutes de silence, qui me parurent trop courtes, il me parla doucement dans l’oreille.
Je suis vraiment heureux que tu sois venu dans mon château ce soir.
Hum…C’est vrai que je n’ai rien à regretter.
Haley, je sais que l’on est bien tous les deux ici, mais il faut que j’aille m’occuper de ma fête.
Oh je comprends t’en fais pas. On se voit demain d’accord ?
De quoi ? Tu ne restes pas avec moi ?
Je préfère rentrer, je ne connais personne.
Si, il y a Brooke et Peyton, puis je voulais te présenter Lucas mon frère.
Dans ce cas, comment résister ?
Je fis donc enfin la connaissance de Lucas. Nathan arriva vers lui, il était entouré de Brooke et Peyton.
Eh Nathan, te voilà enfin ! Heureusement que j’avais de la compagnie !
Oui, mais j’étais avec Haley. Haley voici Lucas mon frère, et Lucas voici Haley ma copine.
Attends tu veux dire que vous êtes ensemble ?
Oui il veut dire qu’on est ensemble, enchantée.
Enchanté mademoiselle. Tu verras mon frère n’est pas un cadeau.
Puis nous nous mirent à rigoler. Je laissais Nathan avec son frère et m’en allais autre part avec Peyton et Brooke.
Brooke semblait avoir bu quelques verres de trop, et elle débitait un nombre incalculables de phrases insignifiantes.
Peyton faisait attention à ce que son amie tienne debout, tout en continuant elle aussi de boire quelques verres.
Haley ma chère Haley, Nathan et toi, toi et Nathan, sais-tu que Nathan est beau comme un cœur, mais qu’il adore tout le contraire de toi.
Laisse la parler quand elle est éméchée elle raconte n’importe quoi. Alors comme ça vous sortez ensemble ?
Ouais depuis environ une heure.
Peyton je suis bourrée, certes mais je ne raconte pas n’importe quoi. Nathan il aime le sexe, l’alcool et le basket et quand il saura que ce n’est pas ce que tu veux alors ça sera fini entre vous deux.
Brooke ça suffit maintenant.
Bon je vais y aller, vous direz à Nathan que je suis rentrée chez moi salut.
Haley ne l’écoute pas.
Mais c’était trop tard, je partais déjà de la fête. Je me rendais compte que je ne connaissais pas si bien que ça Nathan, et j’étais persuadée que malgré l’alcool que Brooke avait consommé, il y avait une part de vrai dans ce qu’elle m’avait confié. Et si Nathan ne sortait qu’avec moi pour m’afficher sur un tableau de conquêtes. Je me sentais déboussolée. J’avais peur de m’être précipitée dans une histoire qui n’avait pas de sens. Et si je lui avais accordé ma confiance trop vite ? On dit que l’amour rend aveugle, est ce que je me suis pris au piège ?
Le lundi, j’arrivais en cours, dans les couloirs alors que j’étais tranquillement en train de prendre des livres dans mon casier, Nathan arriva vers moi.
Tu es parti de la fête sans me dire au revoir, ce n’est pas très poli tu sais ?
J’étais fatiguée, j’ai fait passer le message à Peyton.
Je sais mais Peyton ne pouvait pas m’embrasser à ta place.
Nathan je ne suis pas d’humeur.
D’humeur pour m’embrasser ?
Non Nathan pour rire.
Qu’est ce qui se passe ?
Il se passe Nathan que je ne suis pas toutes ces filles d’une nuit.
Tu m’expliques ?
Plus tard, là je vais en cours.
Je le laissais là. Je partis le pas rapide, et Brooke et Peyton virent vers moi. Nathan lui restait figé comme une statue, il me regardait, le regard rempli de questions. Je n’aimais pas le laisser dans cet état, mais ce que Brooke m’avait dit à la fête m’avait vraiment troublé.
Le soir, après une journée interminable de cours, qui d’habitude me paraissent intéressants, je ne pensais qu’à retrouver Nathan, lui expliquer ce que je ressentais, et avoir une explication avec lui. La journée m’avait semblé dépourvue d’intérêt.
Comme je le savais, il m’attendait assis sur le capot de sa voiture. Je m’approchais de lui, une partie de moi voulant l’embrasser, ne pas penser aux paroles de la Brooke semi-bourrée de la fête, mais une autre partie ne pouvait pas construire une relation sincère en se posant des questions si importantes. Nathan voulait-il me mettre dans son lit ? N’était-ce que pour m’ajouter à son tableau de chasse ? Un pari ?
Arrivée devant lui, j’aurai voulu fuir, éviter son regard suppliant, éviter une crise de couple stupide.
Je montais dans sa voiture, gardant le silence, je savais qu’il ne prendrait pas la parole tant que je ne dirais rien, il attendait que je m’explique, il voulait comprendre ce que je ressentais. Je voyais bien qu’il était inquiet, mais je restais en colère avec ce que Brooke m’avait confié.
Arrivée devant ma maison, j’ai hésité à descendre en lui lançant juste un « salut à demain », mais je me devais de lui donner des explications. Je me tournais donc vers lui, le regardant fixement. Je jouais avec mes doigts anxieusement, j’essayais de gagner du temps.
Bon écoute Nathan, Brooke, l’autre soir à ta fête, m’a confié certaines choses, des choses que j’aurais préféré ne pas entendre.
Brooke était complètement bourrée Haley ! Elle avait bu trop d’alcool, elle disait n’importe quoi, elle se souvient même pas de la soirée.
Je sais qu’elle avait trop bu, mais je sentais que ce qu’elle disait n’était pas faux Nathan.
Alors qu’est ce qu’elle a bien pu dire ?
Elle m’a avoué que on n’avait peut être pas les mêmes attentes pour les relations amoureuses.
Développe.
C’est plutôt : tu veux me mettre dans ton lit, mais tu ne dois pas être au courant que je ne suis pas ce genre de filles.
Haley…
Je suis navrée, mais cette relation ne peut pas aller plus loin, si tu attends ça de moi, je ne suis pas prête Nathan. C’est dommage, ça collait plutôt bien mais je ne peux pas. Tu t’es trompée de fille. Dis moi juste que ce n’était pas un stupide pari de garçons notre relation ?
Haley, rien de cela n’est un pari, et la seule fille avec qui j’ai couché c’est Peyton. Bon ok il y a eu quelques autres filles, mais c’était sans importance. Ce qui compte c’est que si je suis avec toi aujourd’hui ce n’est pas pour cette raison. Bien sur que je te désire, et te dire le contraire serait te mentir, mais je suis prêt à attendre. On a le temps, notre relation n’est qu’à son début. A toi de me croire ou non mais jamais je ne te mettrai la pression.
Je me sens encore une fois vraiment bête. Comment j’ai pu douter, alors que depuis le début tu es sincère ? J’ai pris peur et puis je me suis emportée.
Je me laissais pleurer. Le soulagement s’emparait de moi, il était sincère et n’attendait rien de moi. J’étais tellement heureuse de le connaître, qu’il m’ait choisi. Il me prit dans ses bras, et nous restâmes l’un contre l’autre, lui entourant mon corps avec ses bras, moi pleurant de soulagement.
Je relevais la tête regardant ses magnifiques yeux bleus, je me perdais dans ce regard. Lui aussi me regardait, il approcha sa tête et il m’embrassa, un long baiser passionné et amoureux. Exactement ce que je ressentais pour lui de la passion, et un amour naissant qui grandissait de jours en jours.
Je pourrais vous compter chaque jour de l’année, vous dire que chaque jour je passais du temps avec Nathan, que notre relation devenait de plus en plus forte et que j’étais totalement amoureuse de lui. Je pourrai vous raconter le soir où après un film au cinéma, il m’avoua qu’il était amoureux, qu’il me confia un tendre « je t’aime » dans le creux de l’oreille, et que je lui répondis la même chose.
Vous dire que Brooke et Peyton devinrent pratiquement des sœurs mais que je refusais d’intégrer les pom-pom-girls malgré leurs nombreux supplices. Je pourrais également vous raconter que Lucas Scott est devenu un très bon ami et que nous passions beaucoup de temps ensemble. Mais vous donnez le détail de mes journées serait une perte de temps, j’ai simplement une vie de lycéenne banale, avec des amis, un petit ami génial que j’aime et qu’à côté de ça je suis comme vous j’ai des cours, j’essaye de trouver ma voie. Actuellement il est vrai que je suis en vacances d’été, dans un endroit assez sympa avec mes parents, mais malheureusement Nathan n’a pas pu venir il travaille sur un bateau tout l’été. Cela fait deux mois que nous sommes séparés.
On a beau s’appeler tout les jours, son odeur, ses caresses, ses bisous, son souffle, ses manies, tout me manque. Heureusement les vacances prennent bientôt fin, et je rentre dans quelques jours dans ma petite maison, je vais retrouver Lucas, mes deux sœurs de cœurs, et mon Nathan.
2 ans plus tard :
Vous savez, la sensation que l’on a quand on a l’impression que tout va bien dans notre vie ? Que rien ne pourrait aller mieux ? On se sent tellement bien, c’est le bonheur parfait. Mais vous avez peur qu’une catastrophe vous tombe dessus, vous vous dites que le bonheur passe de personnes en personnes et que votre tour sera bientôt fini. Vous vous dites que la vie ne va pas vous le laisser alors vous profitez du moment, vous attendez que la catastrophe vienne, mais elle ne vient pas. Alors vous n’y pensez plus, vous vous dites que la vie est vraiment un énorme cadeau, et que le bonheur vous appartient.
Cette sensation de plénitude je la ressens depuis que je connais Nathan Scott, depuis que j’ai croisé le chemin de deux filles merveilleuses, et aussi depuis que je connais mon meilleur ami. Oui tout est parfait depuis mon année de seconde. Aujourd’hui je suis en terminale, et je pensais être la fille la plus chanceuse, je pensais que mes amis et moi serions toujours ensembles, que rien ne nous séparerait, que nous étions faits, pour ne vivre que des joies. Que la tristesse c’était bon pour les autres, que la douleur ne puisse pas nous atteindre. Oui j’étais surement naïve de penser de telles choses. J’étais surement bien égoïste de croire que tout serait toujours facile et merveilleux. Mais que voulez-vous ? J’étais en terminale, cela faisait deux ans que je sortais avec l’homme de ma vie, j’avais des amis en qui j’avais une totale confiance, alors pourquoi m’imaginer que bientôt, je découvrirais la souffrance, que bientôt je n’oserais plus bouger de mon lit, que je n’oserais plus croiser le monde extérieur.
Mais pour que vous compreniez comment j’en suis arrivée à connaître la douleur, il faut que vous me suiviez à travers une partie de mon histoire. Il faut d’abord que je vous raconte l’un des moments les plus beaux de mon année de terminale, qui ensuite deviendrait mon cauchemar.
Avec Nathan tout allait bien, mais il restait une chose que je ne lui avais pas encore offerte, c’était mon corps. Il avait mon cœur, j’avais le sien, et je savais qu’il était prêt. Plusieurs fois alors que je pensais que je pourrais enfin le laisser, que j’étais enfin prête pour qu’il me fasse l’amour, au dernier moment, je n’avais pas pu. A chaque fois il se montrait compréhensif, mais au fond je savais que cela le tracassait. Moi aussi ça m’inquiétait, je ne comprenais pas d’où venait le malaise. J’avais une totale confiance en lui, et je l’aimais complètement. Il était tendre, attentif à mes attentes, alors pourquoi je ne le laissais pas franchir la barrière la seule qui restait dans notre relation ?
Un week-end je suis allée dormir chez lui. Ses parents étant partis en voyage, j’avais décidé que ce soir serait le grand soir. J’étais décidé à lui offrir mon corps, je me sentais heureuse, prête, et bien que l’angoisse me prenait j’en avais vraiment envie.
La soirée se passait très bien et au moment d’aller dans sa chambre, les câlins s’amplifièrent, je savais que c’était le moment que j’attendais, le moment que nous attendions depuis tellement de temps tout les deux.
L’excitation nous gagnait tout les deux, nos gestes semblaient naturels, puis tout aussi naturellement, il me déshabilla. Je savais que cette fois serait la bonne, qu’il n’y aurait plus de barrières.
Il était au dessus de moi, m’embrassant, mon corps était parcouru de frissons, de sensations si agréables.
Mais juste avant qu’il ne commence, j’eus comme une paralysie. Une peur insensée, un blocage incontrôlable.
Je ne peux pas, je suis désolée mon cœur.
C’est rien, ça peut attendre, je t’ai dit que je t’attendrai, on n’est pas pressé.
Nathan, je sais que je te fais souffrir, et crois-moi je souffre également. Je t’assure que j’ai envie de toi, ça ne fait aucun doute, et je me sens prête mais…
Mais c’est quoi le problème alors ? Tu as peur que je ne sois pas assez doux, de ne pas être satisfaite ? Je ne sais plus quoi faire Haley, à chaque fois c’est la même chose. Je sais que c’est une étape importante Haley, et je suis prêt à attendre car je t’aime, mais je ne sais pas comment t’aider Haley. Dis-toi que rien n’aura changé une fois que tu l’auras fait, la terre sera toujours ronde, et le monde continuera à fonctionner. Si tu ne veux pas de moi il faut que tu me le dises. Ca me frustre de voir que l’on approche tant du but, mais que tu recules quand ça devient sérieux.
Nathan…Tu sais que ça n’a rien à voir avec toi, c’est de ma faute, je ne sais pas pourquoi je prends peur. Mais je te promets mon chéri que je fais de mon mieux. Tu veux toujours de moi ?
Quelle question !
Il me prit dans ses bras, et m’embrassa. Je savais qu’il m’aimait, qu’il ferait tout pour m’attendre, mais je me sentais tellement mal, je souffrais pour lui mais aussi pour moi. J’avais peur de ne pas être normale. C’était la seule et unique barrière pour que notre amour soit parfait. Le seul obstacle que l’on n’avait pas encore franchi. Pourquoi je n’y arrivais pas ? Je me posais cette question chaque fois que l’on se retrouvait tous les deux dans cette situation amoureuse, et frustrés.
Pendant un moment j’espaçais mes nuits chez lui pour éviter de devoir être à nouveau tentée et bloquée. J’avais peur de renouveler l’expérience et de tout gâcher une fois de plus. Puis ce fut cette nuit là, cette nuit où je ne m’y attendais pas.
J’allais dormir chez lui, et quand nous sommes montés nous coucher, me faufilant dans les couettes bien chaudes, je le regardais enfiler son caleçon. Son corps parfait, ses cheveux mouillés par la douche, mon apollon.
Quoi ?
Je le regardais le regard amusé, un sourire en coin.
Rien, j’admire.
Hum…Je ne sais pas si tu as le droit.
Je le prends le droit.
Dans ce cas.
Il sauta dans le lit et vint me chatouiller. Une fois le calme retrouvé, je pouvais sentir la tension dans pièce. Il faisait noir dans la chambre, et sur le dos je fixais le plafond gardant les yeux grands ouverts.
A quoi tu penses ?
Je pense que tu mérites mieux.
Il se retourna brusquement vers moi et me regarda en allumant la lampe de chevet.
Tu es parfaite Haley. Bon c’est vrai que tu es grognon, que tu veux toujours avoir le dernier mot…Aie ! Non sérieusement je t’aime, et personne d’autre que toi ne peux me rendre aussi heureux.
Mais si, imagine une autre Haley, elle est pareille que moi en tout point sauf qu’elle, elle ne se défile pas quand elle va faire l’amour avec son copain. Elle serait mieux cette Haley là non ?
Non parce que cette Haley là aurait été parfaite, mais l’humain n’est pas parfait, et ce n’est pas parce que tu as peur de franchir le pas que je vais chercher ailleurs. C’est toi que je veux.
Tu as un préservatif ?
Haley, on n’est pas obligé de faire ça ce soir, on peut attendre.
Nathan j’en ai envie. Laisse-moi te montrer que je t’aime.
Je t’aime aussi, on n’a pas besoin de ça pour se le prouver.
Arrête de parler.
Puis je l’embrassais fougueusement. Il n’y aurait plus d’obstacles. Je m’offrirai à lui cette nuit et rien ne m’en empêchera. Je ne voulais plus de barrières stupides, on avait longtemps attendu, et nous étions tous les deux amoureux et prêt. J’avais envie de lui, j’avais envie de répondre à ses désirs, de satisfaire les miens. Oui cette nuit allait être la nuit de nos rêves. J’allais franchir une étape avec l’homme que j’aimais le plus, celui sans qui ma vie serait dénuée de sens.
Comme je l’imaginais, tout se passa à merveille, nos deux corps s’unissaient à merveille, nous partagions le même désir, l’envie montait en nous, l’excitation était palpable dans nos membres. Certains disent que la première fois n’est pas la meilleure. Mais moi je peux vous assurez que je vécu ce moment comme un moment d’intense bonheur. Je lui offrais tout, il me possédait, j’étais sienne, il était mien. Désormais toutes les barrières étaient franchies, plus rien ne pouvait venir troubler notre amour. Ses lèvres passaient sur mon corps, il me caressait, il était doux, il était tendre, il était parfait, je l’aimais comme aucune femme ne pouvait aimer.
Après ce moment d’intimité, ce moment de bonheur absolu, on restait tout les deux, nous souriant, nous caressant. Au petit matin on trouva le sommeil, j’aurai tellement voulu savoir à ce moment qu’une catastrophe survenait dans ma vie. Mais comment j’aurai pu prévoir qu’à cet instant où je me sentais si heureuse, si légère, comment imaginer que nos deux vies allaient prendre un tournant, allaient tourner au cauchemar ?
C’est seulement quelques semaines plus tard que je compris que derrière cette nuit merveilleuse, s’était caché un drame. J’avais du retard, et la panique me prit, je fonçais droit dans une pharmacie, je demandais un test de grossesse. Même si j’étais morte de trouille, que je redoutais la réponse, il fallait que je sache, il m’était impossible de continuer à vivre dans le doute.
J’attendis cinq minutes, juste cinq minutes et pourtant j’eus l’impression d’attendre une heure. Toute ma vie allait dépendre de ce test. Si j’étais enceinte, quelle que soit ma décision par la suite ma vie ne serait qu’une suite de malheurs, si je n’étais pas enceinte alors la vie me laissait une chance. Pendant ces cinq minutes d’attente, je repensais à ma nuit avec Nathan, une nuit qui remontait à deux semaines. Nous avions mis un préservatif pourtant…Enfin je pus regarder le test. A ce moment n’ayant personne pour m’aider à supporter le choc, je cru tomber, m’effondrer au sol. J’ai cru que mon monde s’effondrait. Qu’est-ce que j’allais faire ? C’était ma seule et unique question, que fallait-il faire ? En parler à Nathan ? En parler à mes parents ? Est-ce que Brooke et Peyton seraient là pour m’aider ? Est-ce que Lucas serait l’ami idéal dans une pareille situation ?
Oui Nathan devait savoir, mes parents étaient également en droit de savoir. Mes meilleurs amis devaient également être mis au courant. Mais ensuite, que fallait-il faire ? Garder l’enfant et l’assumer. Avorter en faisant comme si c’était une erreur de laquelle on se débarrassait ? Je ne voyais pas de solution au problème. Alors c’est comme ça que j’appelais l’être qui grandissait en moi ? Un problème.
J’arrivais devant chez Nathan, il m’ouvrit la porte, les yeux rougis, les larmes coulant sur mes joues, abandonnée de toutes forces, je me laissais tomber dans ses bras. Je ne pouvais plus parler, j’étais sous le choc de la nouvelle.
Haley ne pleure pas, dis-moi ce qui se passe. Je t’en prie ma puce, calme-toi.
Il me fit asseoir, m’apporta de l’eau et s’assit tout près de moi, me berçant comme une enfant. Mais seulement je n’étais plus l’enfant, nous avions commis l’irréparable lui et moi cette nuit là et nous devions prendre une décision. J’avais peur de sa réaction. Comment lui annonçait que derrière ce si beau moment de partage tant attendu nous avions été piégés par un préservatif et que désormais je me retrouvais enceinte de lui ? Par où on commence pour annoncer ce genre de nouvelle ? Mes parents m’ont appris beaucoup de choses, et je crois que la chose sur laquelle ils étaient le plus vigilent, c’était de bien faire attention à ne pas tomber enceinte avant la fin des études. Ma mère était particulièrement sensible sur ce sujet ayant eu son premier enfant à 16 ans, et ayant beaucoup souffert pendant les premières années. Elle souhaitait pour ses enfants une vie de rêve, avec de belles études, un métier plaisant, certainement pas un bébé dans les bras à la fin de mes études de lycée.
Je me concentrais sur Nathan qui me tenait toujours dans ses bras, essayant tant bien que mal de soulager ma peine et de calmer ma tristesse, attendant que je prenne la parole, que je lui explique pourquoi je me retrouvais sur le pas de sa porte traversé de sanglots.
Nathan, je ne sais pas comment te l’annoncer. Moi-même je n’arrive pas encore à comprendre, et…
Je n’arrivais pas aller au bout de ma phrase. Il m’était impossible de lui apprendre qu’il allait avoir un enfant. Je ne pouvais pas nous faire ça.
Haley qu’est ce qui se passe ?
Je suis enceinte Nathan.
Haley ! Ce n’est pas possible, tu as fait un test ?
Il est positif.
On va aller voir un gynécologue. Tu sais bien que les tests ne sont pas fiables, on avait mis le préservatif.
Allons voir un gynéco Nathan, mais crois-moi je le sens que je suis enceinte. Je sens qu’il y a de la vie, que je ne suis plus toute seule.
Demain je t’emmène voir un gynécologue. Il faut que l’on soit sur.
Je passais la nuit chez lui, mais ni lui ni moi n’arrivions à trouver le sommeil. Comment dormir alors que votre vie allait surement basculer, et passer de l’état de bonheur et d’insouciance à l’angoisse et la douleur ?
Le lendemain, très tôt, nous sommes allés voir un gynécologue. Après une nuit de doutes interminables, nous approchions du moment où un homme allait soit nous briser nos rêves, soit nous redonner un souffle de vie. L’attente était longue, mais enfin c’était notre tour. Nathan me tenait par la main, il semblait si fort, il ne craquait pas, alors que moi j’essayais de cacher mes larmes, lui restait sûr et confiant.
Après que le médecin m’ait fait passer l’examen, et encore fait attendre, il revint dans la pièce, s’assit en face de Nathan et moi et garda le silence quelques minutes. Puis il prit la parole, il avait le regard indifférent, pour lui cette nouvelle ne changeait rien dans sa vie.
Vous me semblez jeunes tout les deux mais la mademoiselle à côté de vous jeune homme est enceinte de 3 semaines. Voyant vos visages, je ne vais pas dire comme à tout ces couples félicitations, mais je vous dis quand même qu’avant de prendre une décision n’importe laquelle, il faut que vous preniez le temps d’en parler et d’y réfléchir. C’est une importante décision, qui va décider du reste de votre vie.
Nathan me tenait toujours la main, cette fois-ci je sentais qu’elle tremblait légèrement, moi j’étais complètement déconnectée de la salle, comme si ce n’était pas moi qui était assise dans ce fauteuil comme si ce n’était moi qui attendait l’enfant. Nathan prit la parole.
Docteur, je veux savoir quels choix s’offrent à nous ?
Vous pouvez garder cet enfant et étant donné votre âge vous pourrez certainement bénéficier d’aides financières pendant un temps. Vous pouvez également avorter jusqu’à un délai maximum de douze semaines, sinon au delà il sera trop tard. Sinon il reste la possibilité de le faire adopter par une famille que vous choisirez vous-même ou alors sous X et dans ce cas l’enfant ne pourra jamais savoir qui sont ses parents, et vous n’aurez le droit que de choisir la famille, de la rencontrer une fois, et une fois que votre femme aura accouché alors l’enfant sera directement remis à la famille.
Qu’est ce que vous feriez vous ?
A mon époque on attendait le mariage ce qui évitait ce genre de problèmes.
Docteur nous nous étions protégés, nous faisions attention.
Savez-vous que les préservatifs ne sont pas fiables à 100% mais seulement à 97% et qu’ils doivent être complétés de la pilule ?
Oui je le savais, mais nous ne pensions pas…
Oui les jeunes de nos jours agissent bien souvent sans réfléchir.
Ecoutez docteur nous avons besoin de temps pour prendre la décision.
Je veux revoir Haley dans une semaine pour qu’elle me donne votre décision, c’est d’accord.
Oui au revoir.
Au revoir.
Alors voilà nous y étions, nous devions prendre une décision, qui influerait sur le reste de nos vies. Que faire dans de telles circonstances ? J’ai toujours cru que quand on m’annoncerait que j’étais enceinte, alors je sauterai de joie, que j’irai acheter toutes sortes de choses inutiles, que je serais tellement heureuse que j’appellerai tout le monde pour leur apprendre que j’allais devenir mère. Aujourd’hui je viens d’apprendre que je suis enceinte et tout ce que j’ai envie de faire c’est de me réveiller de ce qui me semble être un cauchemar, un piège dans lequel je ne peux plus respirer.
Nathan me déposa devant chez moi, durant tout le trajet il avait fixé la route et garder le silence. Il devait être tout comme moi perdu et terrorisé.
Laissons-nous une nuit de repos, demain on en parlera.
Qu’est ce que tu ressens Nathan ?
Ce que je ressens Haley c’est de la colère ! Pourquoi il fallait que ça nous tombe dessus alors qu’on a été prudent. Je t’aime Haley mais ce soir je ne veux pas en parler, je veux aller dormir, me dire que ce que je viens de vivre n’est pas réel.
Je sais ce que tu ressens c’est pareil pour moi.
Il avait les traits du visage crispés, il évitait de croiser mon regard, je sentais tellement de colère. Après un léger bisou sur la joue, je sortis de la voiture. Il fallait que j’appelle Brooke et Peyton. Mais avant elles, il fallait que je parle à mes parents de la situation. Je sentais les larmes monter, mais je les refoulais pour me montrer forte devant mes parents.
J’arrivais dans la cuisine, ma mère préparait une tarte. J’aurai voulu l’éviter, éviter de leur en parler, de les décevoir, mais c’était trop tard, l’erreur était commise, je n’avais pas le choix, ni le droit de me défiler.
Maman…
Haley qu’est ce qu’il y a ?
J’étais entrée dans la cuisine, j’avais mal au ventre, la voix faible, et les larmes que j’empêchais de toutes mes forces de me trahir.
Il faut que tu appelles papa, c’est important.
Il est en haut je vais le chercher.
Elle me laissa seule dans la pièce, et au même moment je me laissais aller, la douleur m’envahissait, un torrent de larmes se déversa. Je comprenais que ce n’était pas un rêve, que c’était bien moi qui attendait un enfant, et qu’une décision importante allait devoir se prendre. Mais je n’étais qu’au lycée comment pouvais-je savoir quelle décision serait la moins douloureuse ?
J’entendis mes parents revenir, et je m’essuyais les yeux du mieux que je le pouvais.
Bon Haley je loupe un match très important alors j’espère que ce que tu as à dire est encore plus important ?
Papa…Maman…Je sais que je vais vous décevoir, mais je vous jure que tout ce que vous m’avez dit durant toutes ces années n’a pas servi à rien.
Haley ma puce, dis nous ce qu’il y a.
Maman, à 16 ans tu as eu ton premier enfant, et tu m’as dit de faire toujours attention, mais maman, papa, je suis enceinte…Pardon, je suis désolée, je vous jure que je faisais attention mais c’est arrivé sans qu’on le veuille.
Mes parents étaient abasourdis, leur fille si responsable, celle en qu’ils plaçaient les plus grands espoirs leur apprenaient qu’elle était enceinte. A nouveau les larmes coulèrent, je ne pouvais plus les retenir.
Ma mère s’approcha vers moi et je crus qu’elle allait me mettre une gifle, mais elle me prit dans ses bras et pleura pendant de longues minutes. Mon père s’assit sur une chaise, et son visage restait ferme.
C’est qui le père ? Me dit-il sur un ton sec et froid.
C’est Nathan.
Au moins c’est quelqu’un qu’on connaît.
Papa, qu’est ce que je dois faire ?
Tu mériterais une paire de gifles, mais à ce stade il est trop tard.
Maman parle-moi.
Haley, oh Haley, j’ai tellement de peine pour toi. J’aurai tellement voulu que tu ne connaisses pas ça. Tu vas tellement être malheureuse.
Je vais monter dans ma chambre, demain je prendrai une décision avec Nathan.
Mes parents ne parlaient plus, j’en conclus que la seule chose qui restait à faire était de monter et de m’enfermer dans ma chambre. Je partis et j’entendis ma mère hurler à cinq reprises.
Ne le garde pas !
Puis j’entendis qu’elle pleurait.
Je mis Brooke et Peyton au courant, mais comme je m’y attendais elles étaient tout comme moi bien trop jeunes pour pouvoir m’orienter dans une décision. Elles m’avaient consolé tant bien que mal quant à Lucas quand je lui appris il me cria dessus, puis ensuite s’excusa.
Il ne me restait plus qu’à dormir, attendre que la nuit passe et demain avec Nathan nous prendrons une décision, celle qui nous semblera la plus juste.
J’avais tellement de rêves, tellement de projets, je ne voulais pas d’un enfant qui vienne me briser toutes ces envies, mes désirs les plus profonds. J’étais encore bien trop jeune, pour devoir déjà m’occuper d’un enfant. Nathan devait quant à lui se concentrait sur le basket, c’était sa passion, son univers, le seul et unique sport qui lui procurait tant de plaisir, un sport où il excellait, un sport qui devait devenir son métier. Dans tous nos projets, aucun enfant n’y figurait. Dans quelques années quand nous serons quoi faire de nos vies, alors oui je m’imagine bien être enceinte, heureuse et épanouie, aujourd’hui tout ce que je veux c’est vivre et profiter de ma jeunesse.
Le lendemain matin, j’allais chez Nathan, il dormait encore et je ne voulais pas le réveiller. Peut être que ce sommeil dans lequel il était plongé avait été dur à trouver. Je préférais attendre qu’il ouvre les yeux, pour le moment il était dans ses rêves, dans un monde où sa copine n’était pas enceinte et où sa vie ne basculait pas dans l’enfer.
Je m’assis dans un fauteuil, près de lui, je surveillais son sommeil. Le regarder dormir, avec son visage angélique me fit sourire. Un sourire qui s’estompa vite, quand je me souvins que c’était dans ce lit même que lui et moi avions fait l’amour et que lui et moi avions procréé la vie.
Il ouvrit les yeux, et d’habitude il avait un visage souriant et serein, ce matin là il avait les yeux cernés, le visage froid.
Essayant de détendre l’atmosphère, je lui lançais dans le creux de l’oreille et d’une voix douce.
Bonjour toi.
Je l’embrassai doucement, et je fus soulagée de voir que lui aussi m’embrassait.
Bonjour ma puce.
Tu sais, qu’on doit parler de ça aujourd’hui.
Oui mais pour le moment je veux que tu viennes me faire un câlin.
Rien que ça.
Puis je me faufilais dans le lit tout près de lui. J’essayais de laisser le bonheur m’atteindre et d’oublier que je souffrais.
Puis après avoir profité, on sortit dehors, on alla au river court et on s’assit sur un banc. Tout le long du chemin on avait évité de parler, on essayait de retarder le moment où on devrait décider ce qu’on allait faire de l’être qui grandissait en moi.
Il me regarda dans les yeux, et prit mes mains dans les siennes.
-Je t’aime Haley James.
-Moi aussi Nathan.
-Et je n’ai pratiquement pas dormi de la nuit. J’ai repensé à ce que le médecin avait dit, à propos des choix qui s’offraient à nous, et je pense que je sais ce qu’il faut qu’on fasse. J’y ai réfléchi toute la nuit et je pense que c’est la meilleure solution. Même si c’est un peu risqué, on serait heureux je pense.
-Nathan j’ai également réfléchi et je veux accoucher sous X, je sais que c’est dur mais je ne vois pas de meilleure solution.
-Non crois-moi mon idée est fabuleuse, tu ne pourras pas dire non. Tu sais que j’ai une tante qui habite près de Londres, et que cette tante habitait ici avant mais elle est tombée enceinte très jeune et ma mère et mes grands parents l’ont rejetés, ils lui ont tous les trois tournés le dos au moment où elle avait le plus besoin d’eux. Elle est donc partie loin d’eux avec un homme qu’elle a rencontré à New York, qui était britannique. Ils sont donc quelques années plus tard partis vivre, elle, lui et son bébé en Angleterre. Puis quand je suis né, ma mère a voulu que sa sœur reprenne une place dans sa vie, et donc on a fait un déplacement à Londres pour aller la voir. Ma mère et elles ont longtemps pleuré, tellement heureuse de se retrouver après tant d’années. Chaque année depuis que je suis né, on se voit pour noël, et je m’entends très bien avec sa fille, et avec elle aussi.
-Nathan, chéri où veux-tu en venir ?
-En fait Haley ce que je vais te proposer va surement te paraître complètement fou et impossible, mais je t’assure que j’y ai bien réfléchi et ce n’est pas si insensé que ça. J’aimerais que l’on aille vivre chez ma tante quelques temps, puis ensuite on se trouverait une jolie maison. Mais le temps de faire des études on irait se construire une vie près de chez elle. Là où elle vit c’est vraiment super, et je suis sûr qu’on serait heureux. On démarrerait une vie tous les trois. Mais le meilleur c’est qu’on pourrait poursuivre nos études, car j’ai appelé ma tante et elle est d’ accord, elle nous comprend très bien puisque elle a vécu ce que nous vivons.
-Nathan, ma mère a vécu ce que nous vivons et justement elle me conseille de ne pas garder cet enfant. Ton projet de fuir en Angleterre, de vivre un temps chez ta tante, et de construire notre vie loin d’ici, me parait tellement loin de ce que je veux. Tu ne comprends pas que j’aspire à de longues études, je veux faire de grandes choses, je veux laisser une marque de mon existence sur cette terre, et je veux vivre près des miens, je ne veux pas être séparé de mon pays natal par un océan.
-On dirait que ta décision est déjà prise et que mon avis ne compte pas ! Cet enfant qui grandit en toi n’est pas que le tien Haley, et je n’ai pas envie de l’abandonner à une famille, je n’ai pas envie qu’il n’apprenne pas à connaître ses parents, ceux qu’ils lui ont permis la vie ! C’est notre enfant Haley, quelles que soit nos erreurs, désormais il vit en toi, et nous nous devons d’être adultes, et assumer ce qu’on a fait. Toi, tu voudrais le rejeter, le confier à d’autres personnes et l’empêcher de rencontrer ses parents biologiques un jour. Comment peux tu faire ça à l’enfant que tu vas porter pendant neuf mois ? Il va grandir en toi, tu vas apprendre à l’aimer et tu devras t’en séparer. Je ne suis pas d’ accord, je crois que je préfère encore que tu avortes, plutôt que de voir sa jolie tête et devoir être séparé de lui.
-Nathan, essaye de comprendre, tu dis qu’il faut qu’on soit adulte et c’est justement que je me force à faire. Un enfant sur les bras nous empêchera d’accomplir nos rêves. Nathan avant de construire une vie de famille, je veux faire des études, aller à Stanford, peut-être tenter une carrière dans la musique, ou travailler dans la politique, j’en sais rien, mais ce qui est sûr c’est que j’ai de l’ambition et tu le sais, tu me connais parfaitement maintenant, tu sais qui je suis, tu sais que je ne suis pas prête pour vivre ça. C’est justement ma décision qui est celle d’une adulte qui pense à vivre sa vie, et à se construire elle-même avant de construire une famille. Mais tu sais aussi que plus tard je veux des enfants, et la prochaine fois que j’entendrai que je suis enceinte, je ne veux pas avoir l’impression que ma vie devient un gouffre, je veux pouvoir être heureuse et rendre mon bébé heureux. Puis pense à toi aussi, tes études à Duke, ta carrière de basket, tout cela n’est plus envisageable avec un enfant Nathan. Ne crois pas que donner mon bébé est une décision simple et qui ne me fait pas souffrir. Je suis terrifiée Nathan à l’idée de devoir donner la vie et être séparé d’une partie de moi. Mais n’est ce pas la meilleure décision.
-Pourquoi ne pas avorter dans ce cas ?
-Simplement parce que c’est au dessus de mes forces Nathan, je ne peux pas le tuer. Je ne peux pas envisager cette solution Nathan. Je le savais dès que j’ai appris que j’étais enceinte que je porterais cet enfant neuf mois, c’était la seule chose dont j’étais totalement convaincue, je ne peux pas Nathan, ne m’en veux pas mais l’idée d’avorter me parait trop dure, c’est trop m’en demander.
-Je comprends Haley, mais pourquoi tu veux le faire adopter sous X, pourquoi tu veux lui faire ça ?
-Je ne veux pas qu’un beau jour cet enfant se lève, et qu’il ait l’envie de nous retrouver, parce que si jamais il venait sur le pas de ma porte me dire qu’il est mon enfant, le bébé que j’ai abandonné, alors je me sentirai coupable, je me sentirai horrible, ça serait tout simplement bien trop douloureux de le voir débarquer dans ma vie. Je crois que si l’on décide de le faire adopter alors on décide de tourner une page et de le supprimer de notre vie. Je ne veux plus jamais le revoir une fois que j’aurai accouché de lui, je veux juste qu’il ait une vie épanouie et qu’il ne manque de rien, malheureusement il est arrivé bien trop tôt dans la mienne, je ne peux pas lui offrir ce bonheur, je veux encore pouvoir penser à moi et à mon avenir avant de penser à lui. C’est la seule solution Nathan crois-moi.
-En Angleterre Haley, chez ma tante, une vie toute nouvelle nous attend. Peut être que ça sera dur, et douloureux au départ, mais tous les deux on s’aime et notre amour fera notre force. On apprendra à s’occuper de lui, on apprendra à l’aimer, on lui offrira notre amour et lui, le sien et tous les trois on sera heureux parce que on sera une famille. Alors oui Haley si l’on part vivre chez ma tante, tu n’iras pas à Stanford et je n’irais pas à Duke, mais on réalisera nos rêves en Angleterre, du moment qu’on est ensemble et uni alors je sais que l’on sera heureux. Et notre enfant sera avec nous et non avec une famille qui n’est pas la sienne. C’est nous deux sa famille. Je sais Haley que ce n’était pas dans nos projets et qu’un bébé ça bouleverse tout, mais c’est aussi une source de bonheur, et je sais que ma tante sera là pour nous. Elle nous aidera tant qu’on en aura besoin, elle sait ce que tu vis, elle pourra t’aider à traverser cette période difficile. Fais-moi confiance je t’en pris Haley, allons vivre chez elle, construisons nous une vie là haut.
-Je suis désolé Nathan mais ce n’est pas possible je ne peux pas aller vivre si loin d’ici, et je rêve d’aller à Stanford depuis que je suis toute petite, je ne veux pas renoncer à tout ce qui me tient à cœur, simplement à cause d’une erreur d’une nuit. Il est bien trop tôt Nathan.
-Alors tu appelles l’être qui grandit en toi l’erreur d’une nuit ! Toute façon quoi que je dise je sais que tu es déterminée à suivre ton plan. Ta décision était prise, rien de ce que je peux dire ne te fera changer d’avis, tu veux te débarrasser de l’erreur ! Tu te rends compte de ce que tu vas faire ? Je comprends que tu ais peur, mais j’ai peur aussi. Je suis tellement déçue, je pensais que l’on pourrait être heureux malgré les difficultés, mais tu ne lui donnes pas de chances.
-Pardon Nathan de ne pas être aussi forte que toi et d’avoir des rêves !
Je partis du terrain, j’étais frustrée, il ne me comprenait pas, il était un idéaliste, il pensait que la vie serait rose avec un bébé si jeune, mais je n’étais pas de ceux qui pensent que l’on peut prendre la fuite en avant, que l’on peut accorder études et bébé. Oui ma décision était prise, ce bébé grandirait en moi puis ensuite il partirait dans une famille qui l’aimerait, une famille qui le rendrait heureux, et lui et moi n’aurons plus aucun lien, il ne me rencontrera jamais, et vivra sa vie loin de moi. C’était la seule solution de couper tout contact avec lui.
Je me sentais tellement faible, incomprise et l’homme que j’aimais le plus au monde ne m’épaulait pas dans cette période si dure. Je m’assis sur un banc, dans un parc, je regardais les enfants jouer au ballon, je regardais des enfants faire du toboggan avec une mère les attendant au bout, plus loin il y avait un groupe d’adolescents, voilà ce que j’étais, une adolescente, pratiquement bientôt une adulte, mais en attendant j’étais comme eux, jeune et insouciante…Ou tout du moins je rêvais de revenir à cette époque où je pouvais m’adonner encore aux rêveries. Une larme roula sur ma joue, cette larme représentait toute la souffrance que j’endurais, toute la tristesse qui m’emprisonnait, cette larme c’est celle d’une jeune fille paumée, une jeune femme qui se sentait coupable et impuissante.
Je ne voulais pas rentrer chez moi, mes parents n’étaient pas là, de nouveau ils étaient partis faire un petit tour en amoureux, alors je me retrouvais seule, seule face à mon malheur, seule avec ce tout petit être qui grandit en moi et qui ne comprend pas que je me refusais de l’aimer, et que quand il verrait le jour il serait remis entre les mains d’une famille inconnue. Cette famille ne serait jamais sa famille biologique mais ça serait la seule famille qui l’aimerait qui pourrait le combler de bonheur, la chose que Nathan et moi nous ne pouvions pas faire pour le moment, enfin peut être que Nathan serait capable de renoncer ce pour quoi il se battait depuis qu’il était né, mais pour ma part j’étais égoïste et je voulais vivre ma vie, j’étais ambitieuse. Je ne savais pas où aller, je ne pouvais pas rester assise sur ce banc et attendre que le temps passe. Je partis du parc, je me dirigeais chez la personne qui sans paroles serait là pour moi.
J’arrivais dans sa chambre, il était là, je m’allongeais sur le lit, il me regarda, il comprenait que j’avais besoin de lui, de sa présence. Il vint près de moi, il me prit dans ses bras et je me laissais aller, contre lui, j’avais moins peur, je savais qu’il serait toujours là pour moi. Tout comme pour Nathan, nos chemins s’étaient croisés pour ne plus jamais s’éloigner. Il était mon meilleur ami, et quoiqu’il arrive dans ma vie il resterait mon meilleur ami. Rien ne changerait ces liens entre nous.
-Vous allez vous en sortir, j’ai confiance en vous.
-Il veut de cet enfant, il ne veut pas me comprendre.
-Il comprendra Haley, il reviendra vers toi, laisse lui le temps.
-Mais nous n’avons pas le temps, dans quelques jours je dois aller voir le médecin et lui faire part de ma décision, ce jour là j’aimerai que Nathan m’accompagne, et qu’il me soutienne.
-Il serait là, je te le promets.
-Et s’il n’est pas là, s’il refuse de venir ?
-Alors tu pourras compter sur ton meilleur ami. Au fait tu ne m’as toujours pas dit ta décision.
- Oui, mais j’ai peur de ta réaction.
-Haley, tu es ma meilleure amie, je serais là, je n’ai pas mon mot à dire, ce n’est pas mon enfant.
-Tu sais…Je ne dis pas que ma décision est juste, et je veux bien reconnaitre que je suis cruelle, mais c’est vraiment le seul choix qui offrait le bonheur à cet enfant. Je vais accoucher sous X Lucas.
-Je pense que tu es vraiment mûre. Je n’aurai jamais pu me résoudre à faire ça.
-Si seulement Nathan pouvait me comprendre.
Oui si seulement Nathan pouvais essayer de comprendre.
Je partis de chez Lucas, et pendant 5 jours je restais chez moi, seule avec mon chagrin. J’attendais un appel de Nathan, mais il ne manifestait pas sa présence, j’étais inquiète, on avait déjà traversé des périodes de crise, mais le problème n’avait jamais eu autant d’importance, cette fois la situation était vraiment critique.
J’avais peur qu’il ne revienne pas, qu’il s’enferme dans sa colère, et sa déception, mais au bout du sixième jour, alors que je commençais à perdre espoir, la sonnette retentit, je bondis de mon lit, celui sur lequel pendant mes journées je pleurais, celui sur lequel pendant mes nuits je me sentais seule et anéantie, et je suis allée ouvrir la porte…Il était là, debout, fixe devant la porte. Il n’avait plus le visage en colère, je me laissais tomber sur son corps, je pleurais, je ne voulais pas le lâcher, j’avais eu tellement peur de le perdre. Je n’osais pas le regarder, plonger mon regard dans le sien, je ne voulais pas être de nouveau en conflit avec lui. Rien ne me ferait changer d’avis, j’étais déterminée mais cet homme avait son mot à dire, il en était le père, c’était l’homme de ma vie.
On rentra dans la maison, on reprenait peu à peu nos émotions. Je retardais le moment où il faudrait lui parler, de nouveau soulever le sujet douloureux.
- Je ne sais pas par où commencer Haley…Déjà je suis un con qui te demandes pardon.
-Je n’ai vu que mes envies, sans penser que ça ne serait peut être pas ce que toi tu veux. -J’étais tellement heureux d’avoir trouvé une solution que j’ai cru que tu serais heureuse. Je m’en veux beaucoup Haley, de tout, de t’avoir laissé toute seule pendant quelques jours aussi, j’ai voulu t’appeler mais à chaque fois je me défilais, j’avais peur. Pardon.
-Nathan, arrête, non ne fais pas ça, on doit être forts, tout les deux, je t’en pris.
Tout deux se mirent à pleurer, Haley prenant les mains de Nathan dans les siennes, « je te pardonne mon amour je t’aime », voilà les seuls mots distinguables parmi les sanglots.
-Demain je ne serai pas seule ?
-Plus jamais tu ne seras seule. On ira dire au médecin que tu vas accoucher sous X.
- Nathan, plus tard on aura des enfants, notre vie sera belle tu verras.
-Mais sa vie à lui, elle sera comment ?
- Elle sera merveilleuse, avec une famille qui l’aimera et lui offrira le bonheur qu’on ne peut lui offrir pour le moment. Nathan, cet enfant ira bien.
- Toute notre vie on aura ça sur la conscience…
-On s’en sortira, du moment qu’on est uni et qu’on sait que cet enfant vit heureux alors nous aussi on pourra se construire une vie heureuse.
-Je sais, mais j’ai peur Haley.
-Je sais Nathan, moi aussi.
Le lendemain, j’étais submergée par la peur, une fois que j’aurai dit ma décision au médecin alors, il faudra remplir des papiers, trouver des parents, et alors tout me semblera plus vrai, et aucun retour en arrière ne sera possible.
On attendait dans la salle d’attente, en tout il y avait une dizaine de personnes, des personnes avec leur vie et leurs problèmes, toutes silencieuses attendant leur tour. Nathan et moi, étions côte à côte, on se tenait la main, on attendait notre tour, le moment où il faudrait faire face. J’essayais de respirer, de ne pas m’affoler, si je n’écoutais que mon cœur alors je ne serai pas dans cette salle, je ne serai pas capable de prendre la décision de me séparer de mon enfant, mais j’avais écouté ma raison. Je sentais que Nathan était frustré, qu’il aurait voulu avoir la force de me convaincre, mais l’important c’est qu’aujourd’hui il était avec moi, il me tenait la main, et me soutenait.
J’entendis mon nom, on se leva, on se dirigea dans le bureau, on s’assit sur les fauteuils en face du docteur, on attendit un moment.
-Alors quelle est votre décision ?
Je regardais une dernière fois Nathan avant de répondre, je voulais être sure d’être soutenue, qu’il était avec moi.
-Nous…Je vais accoucher sous X.
- Très bien, mais je vais devoir vous demander pourquoi ?
-C’est notre décision, c’est ainsi !
-Je comprends mais c’est la procédure, il me faut des raisons mademoiselle.
- C’est déjà assez dur comme décision alors laissez nous tranquille. A votre avis, je veux accoucher sous X parce que je suis heureuse de porter cet enfant, que je le voulais ?
-Je suis navré mademoiselle, je comprends que c’est une dure épreuve que vous traversez, mais…
-Non ! Je vous interdis de dire que vous comprenez, car vous ne savez pas les nuits blanches que je passe, terrée sous la couverture, sanglotant dans le noir, le cœur emplis de regrets. Non vous ne comprenez pas ! Dis-lui Nathan qu’il ne comprend pas ! Dis-lui !
J’ai cru que j’allais m’effondrer face au médecin, face à Nathan, face à ma vie. Je me sentais tellement mal, une douleur qui vous transperce le cœur, qui se propage dans tout le corps, si mal que j’aurai voulu hurler ma souffrance au monde. Je pris mon manteau et je sortis de la pièce, je sentais mon corps trembler et j’étouffais dans cette pièce, devant ce médecin qui croyait qu’il pouvait comprendre ma douleur car il était médecin. Ni Nathan, ni lui, ni personne ne pouvait comprendre, seule moi sentais cet être dans mon ventre qui grandissait, cet être innocent qui lui non plus ne comprenait pas que je ne l’aimais pas, que je ne voulais pas de lui. Il ne comprenait pas que j’étais jeune et que mes seuls rêves pour le moment étaient de réussir, de faire une grande carrière dans le journalisme, que je voulais aimer Nathan, m’épanouir dans ma jeunesse, mais certainement pas devoir élever un enfant et mettre ma vie entre parenthèses. Je n’étais pas prête pour ce sacrifice.
Je vis Nathan sortir de la salle, le docteur derrière lui. Je n’osais pas croiser son regard.
-Mlle James, je m’excuse si je vous ai blessé. Je ne voulais pas vous paraitre sans cœur. Et en effet je ne sais pas ce que vous ressentez, mais des jeunes filles enceintes et paumées comme vous j’en ai vu énormément, je sais qu’elles souffrent, qu’elles ont peur, qu’elles se sentent coupables, mais la plupart du temps elles avortent, ou alors elles le gardent, il est très rare qu’on me dise qu’on veut accoucher sous X, c’est pourquoi je voulais savoir si cette décision était réfléchie, et après avoir discuté avec M Scott je pense que vous êtes une jeune fille très mature. Nous nous revoyons dans deux semaines d’accord ?
- D’accord. Excusez-moi pour mon emportement.
-Vous n’avez pas à vous excusez, ce que vous endurait est horrible.
Nathan me raccompagna chez moi, il me suivit dans ma chambre, je sentais son regard insistant, comme s’il voulait me faire passer un message sans devoir le dire clairement.
Je poursuivais son jeu du silence, je m’allongeais sur mon lit écoutant la musique, me laissant emporter par le rythme.
-Il t’arrive de penser à l’avenir ?
Enfin il se décidait à parler. Et apparemment il voulait engager une discussion sérieuse.
-J’y pense tout le temps et encore plus depuis que je porte ce bébé.
-Et tu sais ce que tu vas faire à la fin de l ‘année ?
-Nathan, je croyais que tu voulais pas en parler.
-Les choses changent Haley ! Je ne pensais pas qu’au lycée je rencontrerais une personne pour qui je serai prêt à tout, je ne pensais pas que je tomberais vraiment amoureux à mon âge. Avant toi, l’amour n’était qu’un jeu, depuis toi l’amour c’est un sentiment sérieux.
- Après cette année Nathan, j’irai à Stanford, et toi tu iras à Duke et on continuera malgré la distance on continuera à s’aimer on se verra au maximum et puis à la fin de nos études on habitera ensemble et on sera heureux, dis moi que j’ai raison, j’ai besoin d’entendre que j’ai raison Nathan.
- J’aimerai te dire que tout se passera aussi bien, mais la vérité Haley, c’est que si j’ai jamais voulu aborder ce sujet, c’est parce que je pense que la fin du lycée marquera la fin de notre relation. Il y a trop distances entre nos deux facs, et aucun de nous deux ne peut aller dans celle de l’autre, on a tous les deux des rêves de gosse qu’on veut réaliser et on a pas le choix. J’aimerai te dire qu’on se retrouvera même si la vie nous sépare un temps, mais on vit pas dans un conte de fée.
- Comment peux-tu penser que notre relation s’arrêtera en même temps que notre départ du lycée ? Alors selon toi la distance tue l’amour ? On ne pourra pas surmonter la distance même si on sait qu’on est fait l’un pour l’autre ?
- Mon amour pour toi Haley ne s’éteindra pas avec la distance, mais je ne veux pas te faire de promesses que je ne suis pas certain de tenir.
- Alors pourquoi on reste ensemble si c’est voué à l’échec ?
-Parce que je t’aime et que je ferai tout pour te garder. Je t’aime Haley James, jamais je n’ai aimé autant que je t’aime.
-Je t’aime aussi, mais ce que tu viens de me dire ne me rassure pas Nathan. Je me demande comment tu peux penser ça.
-Haley ce que je veux c’est que tu restes consciente que ça sera très dur, pas impossible mais vraiment très dur.
-Mais est ce qu’on n’a pas le droit de rêver du meilleur, de se dire pour une fois que tout sera simple et que l’on va vivre heureux ? Est ce qu’il faut toujours être sérieux et négatif ?
Il me regarda dans les yeux, et essuya doucement mes timides larmes. Il resta silencieux pendant un long moment. On écoutait la musique, restant silencieux puis après ce moment de repos il me murmura dans l’oreille tout doucement.
- Non on n’est pas obligé, je t’aime.
Je m’endormis dans ses bras, ses bras rassurant, ses bras protecteurs, ses bras musclés, je m’endormais tout contre l’homme que j’aime, celui pour qui mon cœur battait depuis maintenant trois ans. Mais la jeune fille à peine sortie de l’adolescence et déjà jetée dans le monde froid des adultes, cette jeune femme savait que Nathan n’était pas seulement un grand amour de jeunesse, non c’était l’homme de sa vie, le seul qu’elle pourrait aimer jusqu’à son dernier souffle.
Les séances chez le gynécologue s’enchainaient, le bébé se portait très bien, et j’en étais à mon neuvième mois de grossesse, je savais que, dans quelques semaines, tout serait fini. Je ne voulais pas savoir le sexe de l’enfant, car je ne voulais pas m’intéresser à ce bébé, je n’étais que la personne qui le portait rien de plus, rien d’autre qu’un intermédiaire entre lui et sa future famille. Quand il ferait son entrée dans ce monde alors je le porterai quelques minutes, juste le temps de l’admirer, je lui murmurai à l’oreille qu’il serait heureux et j’implorerai son pardon puis il partirait et plus jamais je ne le reverrai. Je le rangerai dans un coin de ma mémoire et je continuerai ma vie sans lui.
Nathan et moi avions trouvé une famille il y a de cela trois mois. On en avait vu cinq en tout, et c’est seulement la derrière famille qui nous avait convaincu. Ca avait été comme un coup de foudre, je savais qu’il fallait que ça soit celle là et pas une autre. Oui la famille Stedman avait tout ce qu’il fallait pour l’épanouissement de cet enfant, une belle maison, la femme voulait se consacrer entièrement à l’enfant et le père avait une bonne situation. Mais ce n’est pas seulement l’argent qui m’avait poussé à prendre cette famille, c’était leur qualités, la femme était douce, sa voix était rassurante je m’imaginais bien elle tenant le bébé dans ses bras et lui chantant une berceuse pour le calmer, son mari préparant un biberon, le mari lui semblait très protecteur. Puis ils avaient tout comme nous les mêmes valeurs concernant l’éducation d’un enfant, ils l’enverraient dans une école publique, ils ne l’influenceraient pas dans ses choix, et ils seraient toujours présent pour lui. Ils le baptiseraient et cela comptait beaucoup.
Mon ventre était maintenant énorme et les douleurs vives, c’est pourquoi au bout du septième mois de grossesse, j’avais du arrêter les cours, mais Nathan se chargeait de tout m’apporter pour que je sois prête pour les examens qui approchaient.
-Haley ne stresse pas tout ira bien, cette visiste chez le docteur se passera bien.
-Nathan le dernier examen m’a provoqué une énorme douleur et pendant une semaine je suis restée cloitrée à l’hôpital, alors j’ai le droit de stresser !
-Et moi je te dis qu’il faut que tu te détendes, le stress est mauvais pour l’enfant, alors on se calme.
-On y va dans combien de temps ?
-Dans une heure.
-Nathan !
-Je vais prendre une douche.
-Non Nathan ! On y va !
-Quoi ?
-Nathan je vais accoucher, emmène moi vite !
-Oh Haley mon dieu, je vais être papa !
Pendant un moment il sourit, il n’avait pas réfléchi à ce qu’il venait de dire, puis mon cri de douleur le ramena à la réalité. Il me regarda puis accourut vers moi, le sourire qui animait ses lèvres quelques secondes plus tôt avait disparu, maintenant il était anxieux.
J’étais allongée sur la banquette arrière de la voiture et je n’arrivais pas à croire que dans quelques heures mon enfant serait loin de moi, qu’il partirait et que je ne le reverrai plus. Je me demandais alors si tout cela n’était pas qu’une terrible erreur, si je n’aurai pas du peut-être écouter Nathan et le suivre dans son rêve fou de tout recommencer autre part mais avec notre bébé à nos côtés. Je me remémorais alors ces neufs mois où j’avais porté mon bébé. Je repensais aux premières nausées, aux nuits où je me réveillais avec une envie de fraises aux chocolats, aux visites chez le gynécologue, je repensais également à ce moment où je sentis pour la première fois le bébé donner des petits coups, enfin il bougeait, il se manifestait et alors j’avais été chez Nathan et durant toute l’après midi on était resté tout les trois, on attendait que notre bébé redonne des petits coups. Cette journée là on avait été heureux, on ne voyait plus cet enfant comme une erreur mais comme un cadeau de la vie. Mais le lendemain on avait trouvé la famille idéale qui à la naissance de notre bébé deviendrait légalement ses parents et nous ne serions plus que des fantômes pour lui. Je n’étais pas prête à le quitter, je ne voulais pas accoucher aujourd’hui, je le voulais encore avec moi jusqu’au dernier moment, car même si durant ces neuf mois, j’avais tout fait pour ne pas m’y attacher, même si j’avais fait semblant de pas l’aimer, même s’il arrivait trop tôt dans ma vie je ne pouvais nier que j’avais appris à l’aimer, que j’avais appris à vivre avec lui et que le lien que nous partagions tout les deux depuis ces quelques mois était indéfinissable. Je ne savais pas que me séparait de lui serait la tâche la plus douloureuse que je dus faire dans ma vie, à cet instant je ne savais pas encore que je regretterai chaque jour qui me sépare de lui et que cet accouchement ne serait que le début d’un long combat.
La voiture s’arrêta et Nathan tenta de me sortir de la voiture mais je ne pouvais pas bouger. Je ne savais pas si je voulais inconsciemment retarder le moment de la séparation ou si simplement les douleurs étaient trop vives pour que je puisse aller jusqu’à la porte de l’hôpital mais toujours est-il que Nathan du revenir avec deux médecins et un brancard. Ensuite, tout alla très vite, on me transporta dans une chambre et il fallut tout de suite m’emmener en salle d’accouchement. Je vis au loin les futurs parents de mon bébé me faire un sourire, ils avaient vraiment l’air ému. Nathan alla avec moi dans la salle. Nos mains étaient collées l’une à l ‘autre, j’étais en larmes, des larmes pour la souffrance, des larmes pour le regret, des larmes qui, je le sais, ne cesseront de couler, car malgré que cette décision fut la mienne en premier, c’était une erreur je le savais maintenant que j’étais sur le point de le mettre au monde et de donner la vie je savais que j’avais fait un choix que je regretterai et qui ne fera qu’engendrer la souffrance et qui nous fera tout perdre. J’aurais voulu me déconnecter de la réalité, ne pas devoir me séparer de lui aujourd’hui. C’était trop tôt, je n’avais pas eu le temps de m’y préparer.
-Ne t’en fais pas ma puce, tout va bien se passer, je suis là.
-Nathan c’est trop tôt ! Nathan je ne veux plus tout ça ! Pardon mon chéri, je te demande pardon !
-Haley, on va y arriver, serre moi la main aussi fort que tu le veux, je resterais là avec toi jusqu’au bout.
Je n’arrivais plus à parler, les larmes brouillaient ma vue, je ne sentais plus que ma main accrochée de toutes mes forces à celle de Nathan. Le médecin s’approcha de moi et une infirmière vint à mes côtés, je compris que la machine était lancée et qu’aucun retour en arrière n’était possible, l’accouchement allait démarrer et mon bébé allait me quitter.
-Allez Mme Scott, poussez et relâchez.
-Soufflez, on va y arriver, ne pleurez pas Haley, vous êtes parfaite.
-Poussez !
-Encore un effort, juste encore un petit peu.
-Je peux plus, c’est trop dur.
-Poussez ! On voit la tête, encore quelques efforts Mme Scott.
- Vas-y mon cœur, on va le faire ensemble.
-Serre-moi la main, serre-moi Nathan !
-Poussez !
-Allez Haley, un dernier effort et tout sera terminé.
-Courage ma puce !
-Poussez ! Bravo elle est magnifique.
-Bravo Haley, vous avez fait du très beau travail.
-Tu y es arrivé haley, regarde comme elle est belle !
Voici quelques paroles échangées au cours de cet accouchement, mais ces quelques mots que je retranscris sur papier ça ne montre pas réellement toute la souffrance que j’ai endurée, ni le temps qui s’est écoulé, car je me souviens parfaitement que l’accouchement fut long et que ma petite fille, ma douce petite fille ne voulait pas sortir, comme si elle comprenait qu’à son arrivée dans le monde, quelque chose allait se produire.
Je n’avais plus de forces, je n’avais pas le courage de parler, j’aurai voulu sourire mais étant donné les circonstances je n’y arrivais pas. Seules des larmes roulaient sur mes joues. Puis après l’avoir emmailloté dans une jolie couverture rose on la mit dans mes bras. Nathan était à côté de moi, nous regardions notre merveilleuse petite fille. Nous étions submergés de bonheur, mais le bonheur fut de courte durée. C’était un bonheur artificiel, car on savait que l’enfant que je tenais dans mes bras et que je regardais comme la septième merveille du monde allait partir et qu’elle ne se souviendrait jamais de nos visages. Elle ne se rappellerait pas ses premières minutes au monde blottie dans les bras de sa mère sous le regard émerveillé de son papa. Quand elle appellera son papa et sa maman après un affreux cauchemar, ça ne sera pas nous mais d’autres qui viendront pour la consoler. Nous ne serons présents dans aucune étape de sa vie. Le seul évènement auquel je pus assister fut sa naissance, le reste je ne le connaitrais pas, je ne reverrai jamais sa tête, et alors elle restera seulement vivante dans mon cœur, seuls les souvenirs de ces quelques instants la feront vivre en nous, mais elle, elle ne nous fera jamais vivre nulle part, ni dans son cœur, ni dans sa tête, nous ne serons rien. Une infirmière arriva vers nous, mais je ne voulais pas lui donner ma petite fille. Je voulais la garder avec moi et annuler tout les papiers qui proclamaient qu’elle n’était plus à Nathan et moi, que nous n’étions que ses géniteurs, rien de plus. Je voulais qu’elle reste près de moi, que je puisse encore toucher ses mains et regarder ses yeux, le moment du départ était trop rapide, je n’étais pas prête. J’avais le droit de la garder encore quelques minutes, j’allais devoir me priver d’elle ensuite pendant toute une vie. J’ai besoin de la sentir contre moi encore, je ne veux pas, je regarde Nathan, il sourit, il regarde sa fille, il est ému, ses yeux sont humides, mais je le connaissais bien pour savoir qu’il ne se laisserait pas aller, tout du moins pas ici, pas maintenant. Je regardais l’infirmière, je voulais quelques minutes, juste des secondes, le temps de lui faire mes adieux.
-Je suis désolée, mais il faut qu’elle parte.
-Attendez encore un peu, s’il vous plait, laissez-nous quelques minutes.
-Je l’ai porté pendant neuf mois, laissez-moi le temps de lui dire au revoir.
Puis elle me fit un sourire et la salle où je venais d ‘accoucher se retrouva vide. Il ne restait que nous trois.
Je ne peux pas vous retranscrire les mots échangés dans ce moment d’intimité et de tristesse. Juste quelques paroles murmurées au creux de son oreille, on voulait lui demander pardon, lui dire qu’on l’aimait car c’était la vérité, où qu’elle soit, quoique les papiers disent, nous serions toujours ses deux parents qui l’aiment pour toujours. Ce fut un moment complètement à part, nous n’étions que tous les trois dans cette salle, deux parents venant de mettre au monde leur tout premier enfant. Malheureusement, on devait s’en séparer, c’est ainsi que les choses devaient se passer, mais si j’avais pu je l’aurais gardé, elle était notre fille, on l’aimait tellement.
Puis l’infirmière revient, les parents étaient présents, je savais que le moment que j’avais tant redouté était arrivé. Ce petit être à qui je venais de donner la vie devait partir. Désormais Nathan et moi n’étions que ses parents biologiques, rien de plus, rien de moins. Elle oublierait notre visage, et elle construira sa vie sans nous. Un beau jour elle apprendra qu’elle a été adoptée, et que sa mère trop jeune et trop égoïste a accouché sous X, alors elle comprendra qu’elle n’a aucune chance de connaitre sa vraie famille, et elle nous détestera. Je pleurais déjà à l’idée qu’un jour, elle apprendrait notre existence et en viendrait à nous haïr alors que nous nous l’aimions du plus profond de notre âme. A cet instant je ne savais pas encore, que les jours qui suivraient seraient un cauchemar, et que le combat ne faisait que commencer. J’ignorais que la perte de cet enfant allait causer la perte de tout de ma vie à celle de Nathan. Des vies brisées pour l’amour d’un bébé.
Le moment de la séparation fut un moment abominable, aujourd’hui quand j’y repense j’en verse encore des larmes. L’infirmière s’approcha de moi et tendit les bras pour que je lui donne le bébé... mon bébé.
Je lui fis alors un bisou qui j’espérais serait un bisou pour toutes les années où elle n’en aura plus de moi, pour cette vie d’absence. Un bisou qui soulagerait toutes ses peines, qui l’accompagnerait dans ses joies. Nathan lui prit sa petite main et la regarda, il voulait mémoriser chaque détail de son visage, son petit grain de beauté sur le nez, ses yeux bleus, ses petites mèches noires sur son crâne. Oui nous ne voulions rien oublier d’elle. Puis l’infirmière la prit dans ses bras et la déposa dans ceux de la mère. L’infirmière aussi n’avait été qu’un intermédiaire tout comme Nathan et moi, des intermédiaires pour que cette petite fille ait une vraie vie, une vie heureuse même si cela devait se faire aux dépends de connaitre sa famille, sa vraie famille. Mais elle pouvait être sure que ces quelques minutes passés dans mes bras resteraient à jamais gravées dans ma mémoire.
-Prenez soin d’elle.
-On vous le promet.
-Comment allez-vous l’appeler ? demanda Nathan.
-On hésite encore.
-Je suis désolé Monsieur et Madame Scott, mais l’heure est arrivée. Elle doit partir.
Puis la femme nous regarda, elle avait de la peine dans ses yeux, puis son mari, elle et notre fille disparurent et alors je m’écroulais dans les bras de Nathan. Je m’en voulais de ne pas avoir écouté Nathan, je m’en voulais de tout. L’infirmière appela des médecins et on m’emmena dans une chambre. Je devais y rester trois jours avant de pouvoir sortir et de reprendre une vie normale. Les examens étaient dans trois semaines, mais je ne savais pas comment j’allais faire pour décrocher ce diplôme.
La première nuit, Nathan resta avec moi.
-J’ai appelé tout le monde pour leur dire que ça y’est tout était fait. Tes parents viendront demain en fin de journée, et Lucas, Brooke et Peyton passeront demain matin. Ils m’ont demandé comment elle était, et je leur ai répondu qu’elle était magnifique.
-Je ne veux voir personne Nathan tu le sais bien. Je ne suis pas encore prête à rire, ni à reprendre ma petite vie d’avant comme si rien ne s’était passé.
-Je sais Haley que c’est dur mais on va s’en sortir, tout va bien se passer, je te le promets, et voir ta famille et tes amis te remontera le moral. On a besoin d’eux, Haley.
-Tu ne sais pas Nathan, tu ne peux pas comprendre, ce n’est pas toi qui l’a porté tout ces mois, ce n’est pas toi qui l’a senti bouger pour la toute première fois, il y a des choses que tu ne pourras pas comprendre tout simplement parce que tu ne l’as pas porté. Ce lien qui unit une mère et son enfant pendant ses mois de grossesse est incroyable et maintenant que c’est fini j’ai l’ai impression que je ne pourrais jamais m’en relever.
-Tu es forte Haley James et je serai là pour te relever.
-On dirait que tu l’as déjà oublié !
-Jamais Haley ! Tu m’entends jamais je ne l’oublierais, mais il faut qu’on avance, que l’on trace notre route.
-C’est trop tôt Nathan ! J’ai besoin de temps, je ne m’en remettrai peut être jamais !
-J’ai confiance, je sais que tu auras assez de force pour t’en remettre . Peut être que ça prendra du temps, mais je sais que tu y arriveras.
Puis il me prit dans ses bras et de nouveau je me laissais aller. J’aurais voulu être forte comme lui, j’aurais voulu pouvoir avancer mais hier je venais de mettre au monde ma fille et je n’étais pas prête de cicatriser de son absence.
Le lendemain quand j’ouvris les yeux dans la triste chambre d’l’hôpital, je vis des têtes bien connues qui m’avait beaucoup manquées ces derniers temps.
Trois jeunes personnes que j’avais rencontré au début de mon année de seconde et qui peu à peu étaient devenus des amis, des personnes qui avaient été là pour nous soutenir Nathan et moi, mais j’avais eu tellement peur durant cette période de grossesse que peu à peu je m’étais éloignée d’elles. Mais aujourd’hui en ouvrant les yeux et en les voyant tous trois assis sur des chaises, parlant avec Nathan, je voulais les prendre dans mes bras, leur dire combien je leur étais reconnaissante d’être mes amis, que je ne voulais pas que la vie nous sépare, comme elle avait séparé ma fille de Nathan et moi. Je les regardais, j’avais l’impression qu’une éternité était passée depuis la dernière fois où je les avais vus. Puis, alors que j’étais allongée dans mon lit, en les regardant, toutes les têtes se tournèrent vers moi. Le silence s’installa dans la chambre d’hôpital, et Nathan s’approcha de moi et me déposa un baiser sur le front. Je n’avais pas le courage de sourire, mais pour eux je fis des efforts et leur ouvris mes bras pour qu’ils viennent me serrer, que je les sente près de moi.
Lucas s’avança vers moi et me prit dans ses bras, puis Peyton s’exclama « Haley ! Tu nous as manqué, tellement manqué ! » puis Brooke me prit la main et me regarda avec un large sourire.
Ils étaient tous là, malgré la distance que j’avais creusé ces derniers mois entre nous, ils répondaient présents à l’appel, notre amitié était toujours aussi forte, je savais que la vie me les laisserait. Elle m’avait déjà privé de ma fille, elle ne m’enlèverait pas ces personnes qui m’ont construites.
-Haley...On sait que tout ce que tu vis en ce moment doit être pénible, mais les amis sont aussi là dans les coups durs, alors hésite pas à nous demander de l’aide.
Je regardais Lucas, ce qu’il venait de dire me rendit tellement soulagée, je pouvais m’épauler sur eux, ils seraient là pour me soutenir, j’avais vraiment de la chance de les avoir. Seulement ce que je ressentais, eux ne le comprenaient pas, ils pourraient faire tout ce qu’ils peuvent pour me redonner le sourire et l’envie d’avancer, j’étais détruite à l’intérieur. Je n’osais plus voir mon reflet dans une glace, je me haïssais d’abandonner ma fille, je ne voulais qu’une seule chose, la sentir dans mes bras, ma seule envie était de l’avoir avec moi, qu’elle sache que je suis sa maman et que je l’aime. J’avais envie de la voir grandir, d’être présente pour elle. Alors même si mes amis étaient là, même si je les aimais, personne pas même Nathan ne pourrait comprendre ce que je ressens au plus profond et qui m’empêche de vivre de nouveau comme n’importe quel jeune adulte à peine sortis de l’adolescence. Non maintenant j’avais un lourd regret à porter jours après jours, nuits après nuits.
Ils restèrent auprès de Nathan et moi durant deux heures, puis ils repartirent. Ce combat n’était pas le leur, ce fardeau ils n’avaient pas à le porter, non seul Nathan et moi pouvions comprendre.
Je pris une douche puis Nathan m’énéma prendre un repas à la cafétéria de l’hôpital. On faisait comme si hier il ne s’était rien passé, on parlait de nos examens qui approchaient, mais on ne parlait pas de notre fille.
Le soir, on était dans la chambre avec Nathan, on parlait tout les deux allongés sur le lit.
-Je t’aime, cette épreuve nous rapproche non ?
-En quelque sorte, mais j’ai peur de me renfermer sur moi même et de te perdre Nathan.
-Haley, je sais que c’est dur, que tu souffres, je ne te laisserais pas, on sera là l’un pour l’autre.
-Comment je faisais avant de te connaitre.
-Je sais pas, je me le suis toujours demandé.
Je lui fis un sourire, qui me surprit, j’avais souri alors que je souffrais encore tellement.
-Tu te rappelles de la fête dans ton palace ? De notre premier baiser ?
-Evidemment que je me rappelle. Mais Haley James je viens de te voir sourire, ne dis pas le contraire j’ai tout vu !
-Tu n’as rien vu Scott !
-Tout ! Jusqu’aux dernières dents tout au fond !
Puis il se mit au dessus de moi et me chatouilla, je me laissais prendre au jeu, j’oubliais alors un instant la souffrance, je remplaçais les larmes par des éclats de rire. Puis Nathan m’embrassa dans le cou, et je me rendis compte que cela faisait neuf mois que Nathan et moi n’avions pas fait l’amour. Notre première fois avait tellement était belle et magique, puis la nouvelle du bébé qui avait suivi avait tout détruit et Nathan et moi avions complètement mis de côté les désirs d’un couple. Mais ce soir en le voyant sur moi, en sentant ses doux baisers chauds dans mon cou, ses mains posées sur ma taille, je ressentais une envie longtemps enfouie en moi. J’avais envie qu’il me fasse l’amour, qu’il m’enlève mes vêtements et qu’il me fasse tout oublier.
-Nathan !
Il me regarda, puis toutes paroles auraient été inutiles, il comprit.
-Je t’aime tellement !
Il commence à soulever mon tee-shirt et me déposa des baisers, le désir montait en moi, je voulais qu’il se jette sur moi, je ne voulais pas de la douceur pas cette fois, je ne voulais pas que tout se passe comme notre première fois, je voulais qu’il soit viril, qu’il me montre qui est ce qui commande. Je lui fis signe alors d’arrêter.
-Qu’est ce qui se passe ? On peut arrêter je comprends que c’est trop tôt Haley. Ne t’en fais, on aura tout le temps.
-Non Nathan, je veux pas attendre, je veux juste que tu sois plus sauvage, pas de douceur comme lors de la première fois, je veux de l’action cette nuit. J’ai tellement envie de toi !
Puis je lui fis un sourire, il me regarda perplexe mais ne voulant pas de longues discussions, il s’exécuta et me défit mon tee shit, puis commença à passer sa langue sur ma poitrine, oui c’est ça que je voulais ce soir, de l’action. Alors qu’il défaisait les boutons de mon jean, quelqu’un frappa doucement sur la porte. Nathan remit son bermuda, et son tee-shirt, puis je rattachai mon soutien gorge et remit mon tee-shirt également. Je remettais mes cheveux en place.
Nathan alla ouvrir la porte, mes parents entrèrent et allumèrent la lumière.
-Il fait trop sombre, faut pas déprimer ma puce !
-Oh Jim peut-être qu’ils allaient se coucher ! Peut être qu’ils dormaient déjà ! Désolé ma puce d’arriver si tard, mais il y avait des embouteillages sur la route ! On vous a réveillé ?
- Ce n’est pas grave maman, ça me fait plaisir de vous voir.
-Bonjour monsieur et madame James.
-Bon alors Haley, comment tu supportes tout ça ?
-Jim ! Elle a peut être pas envie d’en parler !
-Vous savez, je sais pas trop quoi vous dire, c’est dur, je souffre beaucoup, mais heureusement Nathan est génial avec moi.
-Oui, enfin faut pas oublier que c’est lui qui a causé tout ça !
-Papa je te permets pas ! Nathan n’a rien fait, le préservatif était défaillant c’est tout ! Nathan n’y est pour rien !
-Monsieur James, je vous jure que je n’ai jamais voulu tout ça.
-Mais on le sait bien Nathan, mon mari est juste encore sous le choc. Laissez-lui le temps.
-Et vous vos vacances à Los Angeles c’était comment ?
-Horrible, ton père ne voulait pas sortir de la chambre d’hôtel, à cause du mauvais temps
Puis on continua de discuter toutes les quatres, et j’appris que mes parents devaient partir demain matin chez une cousine à ma mère. Une fois repartis, Nathan ferma la porte, et éteignit de nouveau la lumière puis il se plaça dans le fauteuil à côté du lit.
-Tu ne veux plus de moi ?
-On aura tout le temps pour ça.
-Mais moi je veux maintenant, mes parents nous ont interrompu.
-Je suis fatigué Haley.
Je m’approchais de lui, me posais sur ses genoux face à lui, et je lui enlevais délicatement son tee-shirt, puis commençais à l’embrasser sur son torse. Il ne comprenait pas que j’avais besoin qu’il me fasse l’amour cette nuit, c’était une envie indescriptible, comme un besoin fou, une solution pour oublier toute ma peine, pour ne pas faillir.
-Prends-moi Nathan, j’en ai besoin, je t’en prie.
-J’en ai aussi envie Haley, mais pas ici et puis j’ai l’impression que c’est trop tôt.
-Parle pas Nathan, tu te poses trop de questions, montre moi que tu as envie de moi, que tu as envie de ta copine.
Je n’eus plus rien à dire, il me souleva par la taille et me fit tomber sur le lit, puis de nouveau il défit mes vêtements, fit monter le désir, mais sans douceur cette fois. Mais alors que l’on commencait à rendre les choses plus sérieuses, il s’arrêta.
-Non Haley...Non tu sais que ce n’est pas possible.
-Je sais nathan, je sais que c’est trop tôt, que c’est pas l’endroit, ni le moment, que l’on peut pas, qu’il faut qu’on attende, pardonne moi, je voulais tellement essayer d’oublier tout ça, de me la sortir de mes pensées, de reprendre ma vie de couple. Mais tu as raison, on ne peut pas.
-Crois moi haley, j’ai envie de toi, mais il faut qu’on attende, ce soir n’est juste pas le bon soir, juste quelques temps haley, le temps que tout aille mieux.
Puis on remit nos vétements et je me blottis dans ses bras. Je savais qu’il avait raison, que dans une chambre d’hôpital, après un tel évènement et surtout après mon accouchement ce n’était possible de son donner l’un à l’autre. Mais j’avais eu tellement envie de lui, qu’il me fasse tout oublier, qu’il me montre qu’il me désire, qu’il me le prouve, mais tant pis j’attendrais le bon moment, celui où nous ne serions plus ici, coincés dans une petite chambre d’hôpital.
Ce matin là, que je me réveillais, Nathan avait mis un mot sur la table de chevet.
« Je suis partie courir, je reviens en fin de matinée, bisous mon cœur. »
Je me levais, et pris une douche. Puis assise sur mon lit, je regardais les minutes s’écoulaient, je m’ennuyais dans cet endroit, j’avais envie de sortir et de réviser mes examens. Je m’allongeais sur mon lit et je posais la main sur mon ventre. Mes yeux se fermèrent et les larmes doucement coulèrent. J’avais tellement peur, de ne jamais cicatriser, de toujours souffrir de son absence. Hier je savais que si j’avais failli faire l’amour avec Nathan c’était surtout pour soulager ma peine. Si je lui avais demandé d’être fougueux, c’était pour ne pas reproduire notre première nuit d’amour. Je voulais oublier cette nuit qui remonte à neuf mois, la sortir de ma mémoire. J’avais envie de reprendre ma vie là où elle en était avant que j’apprenne dans les toilettes d’une pharmacie que j’étais enceinte, que j’allais donner la vie. J’attendais le retour de Nathan, mais quand j’ouvris les yeux c’est Peyton assise dans une chaise, en train de me dessiner que je vis.
-Peyton, me dessiner alors que je dois être horrible c’est pas très gentil tu sais ?
-Tu es très belle Haley, endormie, les traits anxieux, des énormes cernes sous les yeux, non je t’assure tu es parfaite !
-Tu ne manques rien pour payer Sawyer !
Puis on se mit à rire. Ca me faisait du bien de voir sa tête blonde. Sa mère aussi l’avait également fait adopter. Je voulus alors lui poser des questions.
-Peyton, est ce que tu as hais Elie ?
-Mes parents ne m’avaient jamais dit que j’étais adoptée, je n’ai rien su.
-Oui je sais mais quand elle est venue te voir, après que tu saches toute la vérité, est ce que tu as compris son geste ?
-Non...Enfin pas au départ, quand j’ai appris, je lui en voulais d’avoir abandonné sa petite fille, mais je lui en voulais surtout de réapparaitre dans ma vie après dix huit ans d’absence. Puis je comprenais pas comment une personne pouvait se résoudre à abandonner son enfant. Mais tu sais la suite Haley, j’ai appris à connaitre ma vraie mère, et peu à peu j’ai compris que rien n’avait été simple pour elle, qu’elle m’aimait quand même, et qu’elle voulait vraiment se faire pardonner. Au final, j’aime Ellie, mais je ne regrette pas ce qu’elle a fait car j’ai eu des parents formidables Haley.
J ‘avais écouté ses paroles et je me mis à pleurer.
-Haley, j’ai dit quelque chose de mal ? Oh Haley, je suis désolée, j’ai manqué de tact peut être ?
-Non, seulement ma fille sera comme toi, elle aimera ses parents et sera heureuse que je l’ais abandonné.
-Non Haley, tu te trompes, tu seras toujours sa mère biologique, elle sera heureuse bien sur, mais tu resteras toujours sa maman, quoi qu’il arrive. Si tu avais eu le choix, cette petite fille aurait été plus heureuse auprès de ses parents.
-Jamais je ne la reverrais, jamais ! Elle va tellement me manquer !
-Je sais ma puce, je sais !
Puis je me laissais aller dans les bras de Peyton. Aucune retenue, j’avais besoin de mon amie, et elle était là, elle ne parlait plus, elle essayait juste de soulager ma peine, de partager un peu de mon malheur, mais c’était ma punition, pas la sienne, je devais souffrir pas elle.
Nathan arriva dans la chambre et alla tout de suite vers moi.
-Nathan, je vous laisse, occupe-toi bien d’elle.
-D’accord Peyton, merci d’être passée.
-C’est normal.
Puis elle nous fit un sourire, et déposa le dessin qu’elle avait fait sur ma table de chevet. Nathan me prit dans ses bras.
-Nathan, je veux sortir de cet endroit, je n’en peux plus, je ne resterai pas encore une nuit. Je veux rentrer chez moi tout de suite.
-Je sais, mais le docteur a précisé qu’il fallait que tu restes trois jours.
-Le docteur pourra dire ce qu’il veut, mais je ne resterai pas, je suis capable de rentrer chez moi, je n’ai pas besoin de dormir ici, je ne me sens pas mieux pour autant.
Je lui jetais toute ma colère à la figure, je voulais qu’il comprenne que j’étouffais dans cette chambre, je ne voulais pas qu’il soit raisonnable mais qu’il me soutienne et m’aide à sortir de cet hôpital. Je voulais m’éloigner de l’endroit où j’avais mis au monde mon bébé.
-Je vais voir le docteur, fais ta valise en attendant.
-Merci.
Je me levai du lit et ouvrit en grand ma valise. Puis je pris les quelques affaires déposées dans l’armoire et les rangeais dans la valise. J’allais dans la salle de bain et pris mes affaires de toilettes.
J’étais pressée, mes gestes étaient rapides. Mes yeux passèrent dans la glace et je croisais alors mon reflet. Ce reflet que je haïssais tant que je ne voulais plus voir, je ne voulais pas me faire face car en me voyant, je voyais la personne qui avait réussi à mettre au monde une merveilleuse petite fille et à la laisser à de parfaits inconnus. Je baissais la tête, et continuais de ranger mes affaires.
Tout était prêt, je pouvais enfin sortir et rentrer chez moi, essayer de reprendre ma vie en mains et de réussir les examens qui étaient dans trois semaines. J’avais déjà abandonné ma fille, je ne voulais pas en plus rater mon diplôme.
Nathan revint dans la chambre avec un docteur, dont le nom m’importait peu.
-Nathan qu’est ce qui se passe ?
-Mlle James ? Je peux vous parler ?
-Vous allez essayer de me faire changer d’avis n’est ce pas ?
-A votre avis, pourquoi voulions nous que vous restiez trois jours ici ?
-Pour me surveiller, si je faisais une dépression. Mais ici ou ailleurs, j’irais mal, et je préfère aller mal dans ma maison. Je ne suis pas en danger de mort, je n’ai plus rien à faire ici.
-Si on vous demande de rester trois jours, c’est pour nous assurer que cet évènement ne vous laissera pas de trop grosses séquelles.
-Comment voulez vous qu’il en soit autrement docteur ! Je n’ai plus ma fille, alors évidemment que ça me fait mal, mais je vous assure que je suis déterminée à rentrer chez moi, il est temps !
-Dans ce cas, on ne vous retient pas, mais si vous avez besoin d’aide, on est là Mlle James.
Je pris ma valise lui dit merci et sortit de la chambre le plus vite que je pus. Nathan marchait dans les couloirs avec moi, il avait pris ma valise dans ses mains, et me tenait l’autre. Dehors, je pus enfin respirer l’air frais, admirer le ciel, je me sentais libre, puis je montais dans la voiture à Nathan pressée de pouvoir aller dans ma chambre, de me mettre dans mes révisions, de reprendre les cours.
Une fois devant chez moi, Nathan gara sa voiture, et il me suivit dans ma chambre. J’étais allongée sur mon lit, et sans que je comprenne pourquoi ni comment je fus prise d’un sanglot. Nathan vint vers moi, mais je me dégageais de ses bras.
-Vas t’en s’il te plait, on se voit demain au lycée.
-Haley, je suis là, je sais ce que tu ressens, je le vis aussi. Ne crois pas qu’elle me manque pas, que je ne souffre pas de son absence, que je n’aimerais pas revoir son visage et la tenir dans mes bras. Alors ne me repousse pas, ne t’éloigne pas de moi. Je suis comme toi, je souffre.
-Non tu n’es pas comme moi, tu ne sais pas ce que je ressens, maintenant vas t’en, je veux être seule.
- Très bien, alors je passerai te prendre demain pour aller en cours si tu veux ?
-Non on se verra en cours, j’irai au lycée à pied, mais merci quand même.
-Très bien, bonne nuit mon cœur.
Il s’approcha de moi et avança ses lèvres vers les miennes, mais je tournais la tête et il me déposa un baiser sur la joue. Puis après un dernier regard, il disparut derrière la porte. Je me laissais tomber sur mon lit, j’étais envahie par la douleur, les regrets et la colère, une colère envers moi et l’acte d’abandon que j’avais commis, et de plus j’avais été odieuse avec le seul qui pouvait vraiment me comprendre, celui qui m’aimait.
Le temps a passé et je me retrouve la peur au ventre, main dans la main avec Nathan, entourée de mes amis devant le tableau d’affichage. Dans quelques minutes j’allais savoir si j’avais mon diplôme, si malgré les mois de cours ratés, si malgré ma douleur j’avais réussi à avoir mon diplôme. Je regardais les papiers cherchant mon nom, juste mon nom et tout le stress retomberait. Je le vis alors « Haley James. Mention : très bien ». J’étais tellement heureuse, j’allais entrer à Stanford, mon rêve de devenir journaliste allait prendre forme, j’aillais entrer dans la fac de mes rêves. Ma vie reprenait le cours normal des choses. Mes amis aussi eurent leur diplômes. Nathan allait quant à lui rentrer dans la fac de Duke.
Oui sous ce soleil de début d’été, un mois et demi après mon accouchement, mes amis et moi étions heureux, je n’étais plus la tête dans mes révisions essayant de faire taire la douleur. On alla se poser dans l ‘herbe, et je remarquais que j’avais loupé pleins de choses ces derniers mois.
-Vous sortez ensemble ?
-Non on s’embrasse comme ça !
-Oui mais on ne voulait pas te faire part de notre bonheur alors que toi tu n’étais pas très bien.
-Tu le savais Nathan ?
-Oui.
-Depuis quand ?
-Juste quelques jours.
-C’est bien, je suis heureuse ! Et toi Brooke ?
-Moi, euh j’ai personne, mais bon à la fac, je serais pas obliger de me rappeler que j’ai un amour de lycée, je pourrai papillonner avec tous les beaux garçons du campus !
On se mit tous à rire. Je les regardais, eux que j’avais connu à mon entrée dans ce lycée et qui maintenant avaient une grande place dans mon cœur. Malgré les routes différentes, ils étaient là et c’est tout ce qui comptait.
Chacun retourna chez soi. Nathan me raccompagna, et on alla dans ma chambre, elle était inondée par le soleil, la journée était belle, nous avions tout les deux notre diplôme, c’était les vacances d’été, et malgré la dure épreuve que nous avions du traverser nous étions toujours ensemble, tous les deux, encore amoureux, des projets d’avenir pleins la tête. Souvent on discutait de ce qui se passerait après la fac. Hier il avait dormi chez moi et nous avions refait l’amour,avec la même envie que cette nuit là dans l’hôpital, cette fois on avait pas eu besoin d’attendre, on l’avait fait, Nathan avait été fougeux, il avait réussi à faire monter le désir en moi, mon corps avait était parcouru de frissons, j’avais tout oublié dans ses bras hier soir, et le bonheur nous avait à nouveau sourit. Nous nous étions fait des promesses, peut être des promesses trop folles pour notre âge, peut être que l’on pouvait pas se promettre de telles choses alors que nous ne savions pas de quoi allait être fait notre avenir, mais on s’aime, on s’aime trop, on s’aime tellement, que l’avenir ensemble nous parait une chose évidente.
Il m’avait promis qu’après la fac, il me demanderait en mariage, que nous nous achèterions une maison, que il me ferait des enfants, qu’il m’aimerait jusqu’à son dernier souffle. Si seulement on avait pu se douter que sur un coup de folie j’allais tout lâcher. Que l’amour d’une mère était plus fort que tout. Que ces neufs mois près d’elle allaient tellement me manquer que je ne pourrai pas continuer ma vie comme n’importe qui. Je vous l’avais dit le combat est long, la souffrance n’était que la première étape, le bonheur de cet été avec Nathan et mes amis, insouciants, jeunes et heureux, oubliant les malheurs et se préparant à la fac n’était que la seconde. Le vrai combat va bientôt commencer.