1890, Londres
Les rues de Londres étaient sombres en ce mois d’août 1890. Peu de gens osaient sortir dans cette journée lourde, l’orage menaçait. Dans les tavernes, on se pressait pour boire quelque chose de rafraichissant. Mais pour Haley, cela voulait dire des heures de travail en plus malgré que sa journée était presque finie. La nuit ne tomberait que dans quelques heures, mais pourtant il fallait déjà allumer les lumières dans l’auberge. Quelques heures plus tard, sa patronne, Léanne, la laissa enfin partir. Elle jeta son tablier dans l’arrière-salle et sortit sous la chaleur accablante. Elle commença à marcher vers chez elle, une petite maison en bordure de la ville. Haley ne se plaignait jamais, pourtant aujourd’hui après des heures de travail, elle en avait envie, mais elle ne pouvait se le permettre. Haley était une jeune fille de 17 ans. Elle avait perdu ses parents à l’âge de 12 ans et c’est sa sœur, Brooke qui l’avait élevé. Elles vivaient dans la misère, déjà à l’époque où leur parent était encore en vie. Mais heureusement, elle avait sa sœur. Sans Brooke, elle serait dans un orphelinat, elle serait malheureuse. Mais depuis quelques temps, l’argent venait plus. Depuis que Brooke avait rencontré Charles…
Arrivée devant chez elle, Haley jeta un œil chez elle pour voir si Brooke était là mais il était rare maintenant qu’elle vienne à cette heure-là. Elle frappa à la maison d’à côté, là où sa voisine gardait Bethany, la fille de Brooke, leur trésor. Elle se rappelait le soir où Brooke, affolée, lui avait annoncée qu’elle attendait un bébé. Elle aussi avait été affolée mais finalement, tout c’était bien passé. Bethany était un ange, et leur voisine la gardait la journée pour peu d’argent.
- Haley ! cria Bethany en voyant sa tante.
- Bonjour ma puce, tu as passé une bonne journée ?
- Oui, j’ai dessiné regarde !
- Tu me montreras ça à la maison, merci Mary, à demain.
- A demain mes filles, dit celle-ci d’une voix bienveillante.
Haley prit la main de sa nièce et elles entrèrent dans la petite maison qui les abritait. Bethany continua de dessiner alors qu’Haley préparait à manger. Elles avaient leur petite routine. Brooke arriva pour le repas exténuée. Elle embrassa sa fille puis sa sœur.
- Tu vas bien ? demanda Haley, inquiète.
- Oui, je vais me laver un peu avant de dîner.
Brooke s’isola dans la salle de bain. Depuis des semaines elle gardait son secret, mais elle savait qu’elle allait devoir en parler à Haley. Déjà par respect, un autre fardeau à porter pour leur famille et aussi pour la mettre en garde… Sa fille entra doucement dans la salle de bain et le visage de Brooke s’illumina.
- Comment va ma petite fée ?
- Bien, j’ai fais un beau dessin, tu veux voir ?
- J’arrive.
Brooke regarda une nouvelle fois son visage défait devant la glace et suivit sa fille, son plus grand bonheur, pour voir ses dessins. Toutes les trois se mirent à table avant que Bethany n’aille dormir. Brooke revint dans la pièce principale pour voir Haley tricoter.
- On n’est pas encore en hiver, tu sais ?
- Oui mais il vaut mieux se préparer. Tu repars déjà ?
- Oui…
- Brooke ! On te voit presque plus !
- Je sais Hales, mais il vient ce soir. (Brooke rejoignit sa sœur près du feu). J’aimerais rester, tu le sais mais il le faut.
- Et tu me diras ce qui ne va pas ? Je te connais, dis-moi.
- Demain, promis.
- Fais attention à toi, Brooke.
Brooke serra sa sœur contre elle et partit dans nuit. Elle monta rapidement dans la calèche qui la ramènerait à son nouvel appartement. Elle passa devant l’auberge où elle avait travaillé pendant des années avant que Charles ne s’intéresse à elle. Avant qu’elle ne devienne sa maîtresse attitrée. Maintenant, sa vie avait changé. Elle avait les moyens, pour elle et surtout pour sa fille et sa sœur. Mais tout ça changerait à nouveau, elle allait devoir annoncer à Charles et à sa sœur le secret qu’elle gardait depuis des jours. Elle sortie de la calèche, l’appartement était allumée, Charles devait déjà être là. Elle entra doucement et fut surpris d’entendre une autre voix. Elle s’approcha doucement pour voir Charles et son frère assis dans les fauteuils de son salon.
- Tu en es sur ? demanda ce dernier.
- Je sais reconnaître une femme enceinte, assura Charles.
- Qu’en penses ta femme ?
- Elle sera ravie… si c’est un garçon.
- Et si c’est une fille ?
- On continuera comme avant, je veux un héritier et si ma femme ne peut pas m’en donner, je lui en offrirais un d’une putain !
Choquée, Brooke se recula, les larmes aux yeux et ressortit de l’appartement. Charles ne l’avait choisi que pour qu’elle lui donne un fils ? Il allait lui voler son enfant ? Elle ne pouvait y croire mais pourtant… Sous une impulsion, elle repartit vers la calèche, il fallait qu’elle s’en aille. Mais alors, il la retrouverait et que se passerait-il ? Surmontant son choc, elle remonta et claqua la porte pour être sur qu’on l’entende.
- Charles ? appela-t-elle d’une voix douce.
Charles sortit du salon, suivit de son frère. Il l’embrassa et après que son frère fut parti, emmena sa maîtresse dans la chambre. Docile, Brooke le suivit. C’était ce qu’il attendait d’elle après tout, pour cela qu’il l’entretenait. Elle verrait demain ce qu’il convenait de faire…
Haley eut du mal à s’endormir. Elle n’aimait pas que Brooke ne soit pas là, mais depuis des mois, c’était comme ça. Il fallait être courageuse le temps que Brooke puisse être libre. Depuis longtemps maintenant, Haley avait mis un couteau près d’elle la nuit, au cas où… Elle s’inquiétait aussi pour sa sœur qui n’avait pas l’air d’aller bien depuis quelques temps. Evidemment, avec ce qu’elle faisait, Brooke n’était jamais vraiment heureuse, ce qui lui brisait le cœur. Mais depuis qu’elle était avec Charles, elle avait retrouvé le sourire de ne plus être obligé de se plier à la volonté de tous ces clients. Ces dernières semaines, elle semblait allée encore moins bien que lorsqu’elle travaillait à la taverne. Elle s’inquiétait et Haley comptait bien découvrir ce qui la tracassait. Peut-être qu’un jour, elles auraient assez d’argent pour que Brooke arrête, pour qu’elles aillent s’installer ailleurs. Elle n’y croyait pas vraiment, les denrées étaient chères, la vie plus miséreuse que jamais. De plus, avec une enfant, ce n’était pas facile. Peut-être qu’un jour…
Le lendemain, la journée recommença. Toutes les journées se ressemblaient. Il n’y en avait pas une différente des autres pour Haley. Les mêmes clients, les mêmes habitudes, les mêmes soucis. La journée était encore plus lourde que les précédentes. L’orage finirait bien par arriver. Le soir, quand Brooke rentra et que Bethany fut couché, Haley s’installa près de sa sœur.
- Si tu me disais ce qu’il ne va pas ?
- Je suis enceinte, déclara Brooke après quelques secondes.
- Oh. Qu’en pense Charles ?
- Je ne lui ai rien dit. Je ne savais pas trop comment lui dire. Mais… hier, quand je suis rentrée, je l’ai entendu parler à son frère. Si c’est un fils, il me le prendra. Et moi, je ne serais plus rien. Si c’est une fille, on continuera jusqu’à ce que se soit un garçon… si j’ai bien compris.
-Oh ma puce. (Haley enlaça sa sœur, sonnée). Que va-t-on faire ?
- Je sais pas trop Hales. Je veux pas qu’on me vole mon bébé, dit-elle les yeux plein de larmes mais avec conviction.
- Parles-en à Charles, tu as peut-être mal compris.
Brooke acquiesça mais elle n’y croyait pas et dans les yeux de sa sœur, elle voyait qu’elle doutait. Brooke enlaça sa sœur et laissa les larmes qu’elle retenait depuis des jours, depuis qu’elle avait compris qu’elle était enceinte.
- Je lui en parlerais ce soir, promit-elle.
Elle restera encore quelques temps auprès de sa sœur avant de rentrer chez elle où Charles se trouvait une nouvelle fois là. Manquant de courage, elle se laissa emporter par le plaisir qu’il faisait monter en elle.
Les jours passèrent, Haley insistait pour que Brooke avoue la vérité à Charles car bientôt, son ventre s’arrondirait et tout le monde serait au courant. Un soir, elle décida qu’elle lui parlerait, elle prit du courage chez sa famille avant de le rejoindre. Elle s’assit près de lui, se fit un peu câline.
- Charles ?
- Oui, ma douce.
- J’attends un bébé, dit-elle en le regardant dans les yeux.
- Je m’en doutais un peu, avoua-t-il.
- Que comptes-tu faire ? demanda Brooke après quelques secondes.
- Que crois-tu que je vais faire Brooke ?
- Je sais pas, tu auras pu le prendre mal… pour ta femme.
Charles l’embrassa pour la faire taire. Se laissant faire, Brooke répondit à son baiser.
***
Les semaines passèrent, le ventre de Brooke s’arrondissait en même temps que son moral tombait au plus bas. Elle allait de plus en plus voir sa sœur, passait même ses nuits là-bas quand Charles ne venait pas. Elle avait surpris une autre conversation de Charles avec son frère. Ils allaient lui prendre son bébé. Et ça, elle ne l’accepterait jamais. Un jour, elle décida qu’elle ne pouvait plus se leurrer. Elle ne pouvait perdre son enfant mais Charles ne la laisserait pas faire. Elle prit tout l’argent qu’elle avait, ses robes les plus confortables et elle rejoignit Haley chez elle. Bethany dormait déjà, ce qu’elle avait prévu. Haley, dont l’inquiétude était au paroxysme, se leva pour enlacer sa sœur.
- Que fais-tu là avec tes affaires ?
- Je me suis enfuie Hales.
- Quoi ?
- Il le fallait, il m’aurait enlevé mon bébé. Je dois m’en aller, il faut que je me cache. Ne m’en veux pas.
- Je ne t’en veux pas Brooke, je l’espérais.
- Je ne vais pas pouvoir rester ici, il faut s’en aller. Je prépare mes affaires et …
- Non. Hales, écoute, j’ai longuement réfléchi et …
- Moi aussi, on ne se sépare pas Brooke, jamais, tu te rappelles ?
Brooke sourit à sa sœur, toutes deux laissant leurs larmes couler, se rappelant de leur promesse à la mort de leurs parents. Elle lui caressa la joue d’un geste tendre, presque maternelle.
- Oui, je m’en rappelle. Mais où aller ?
- Je ne sais pas, avoua Haley en s’asseyant. On va réfléchir, d’après toi, quand Charles va se rendre compte de ta… fuite ?
- Demain soir, quand il rentrera de son voyage je présume.
- Alors, allons dormir et nous en reparlerons demain, d’accord ?
- Parfois, je me demande qui est l’aînée, déclara Brooke, depuis que je suis la maitresse de Charles, je ne suis plus celle que j’étais.
- Brooke, tu es la meilleure sœur. Alors va dormir et ne t’inquiète pas.
Haley et Brooke s’enlacèrent et, toutes les deux inquiètes, trouvèrent le sommeil après plusieurs heures de questionnements et de doutes.
Le lendemain, Haley laissa Brooke dormir et alla travailler. Sa journée se passa comme les autres à un détail près, elle s’inquiétait tellement qu’elle n’était pas concentrée, elle cassa plusieurs verres qu’elle du payer. De son côté, Brooke passa la journée à s’occuper de sa fille, ce fut une journée de pure délice où elle put faire ce qu’elle voulait sans travailler, juste voir que sa fille était heureuse malgré tout. Elle alla aussi voir Mary, leur voisine qui était comme une grand-mère pour sa fille.
- Oh Brooke, rentre, j’ai fais des gâteaux. Mon fils vient aujourd’hui, tu te rappelles de Tom ? Vous jouiez ensemble petit.
- Oui, je m’en rappelle, mentit Brooke.
- Tiens, le voilà ! (Un jeune homme brun entra et se laissa serrer par sa mère). Comment tu vas mon chéri ? Je te présente Brooke, ma petite voisine, tu te rappelles ?
- Oui, bonjour Brooke.
Tom se tourna vers la jeune fille brune, une petite fille sur les genoux, qui souriait. Une chaleur se répandit dans tout son corps. Il se retourna vers sa mère qui, comme à chaque fois qu’il venait, le bombardait de questions. Plus tard, une jeune fille blonde arriva, la sœur de Brooke, et elles repartirent toutes les trois.
- Hales ? J’ai eu une idée d’où je pourrais aller.
- Oui ?
- Le fils de Mary habite en bordure de Londres. Bien sur, il ne faut pas que Mary le sache mais on pourrait demander à Tom.
- Tu crois qu’il acceptera ?
- Je pense oui.
Haley la regarda bizarrement mais ne fit aucun commentaire. Elles regardèrent souvent par la fenêtre pour voir si Tom partait, pour pouvoir lui demander de l’aide. Enfin, un peu avant la nuit, alors que le soleil se couchait, elles virent Tom sortir et monter dans sa modeste calèche. Haley partit vite pour pouvoir l’arrêter au coin de la rue, il ne fallait pas prendre le risque pour Brooke d’être vu par un des hommes de Charles, il fallait se dépêcher. Haley courut le plus vite qu’elle pouvait puis attendit la calèche. Elle la fit arrêter. Tom qui conduisait ne descendit pas.
- Tom, c’est ça ? Je suis la sœur de Brooke, la voisine de Mary, je… tu pourrais venir à la maison quelques instants ? On a besoin de ton aide. (Haley attendit quelques secondes, le voyant hésiter puis suivant son instinct, reprit la parole). Brooke a besoin d’aide.
Comme elle s’en était doutée, Tom fit demi-tour et la suivit à l’intérieur de leur maison. Elles lui expliquèrent la situation, Tom ne quittait pas le visage bouleversé de Brooke. Après un temps de réflexion, il accepta de l’amener chez lui. Brooke embrassa longuement sa sœur et sa fille, les mettant en garde. Et Brooke avait raison, quelques heures plus tard, Haley entendit frapper. Elle alluma rapidement une bougie et alla regarder par la fenêtre. Comme elle s’en doutait, Charles se trouvait là. Haley ouvrit légèrement la porte.
- Oui ? demanda-t-elle d’une voix tremblante.
- C’est Charles, Brooke est là ?
- Brooke ? Non, elle n’est pas chez elle ?
- Non, je suis revenu il y a quelques heures, je me suis dit qu’elle devait être chez vous. Elle est passée ?
- Oui, dans l’après-midi, elle est passée voir Bethany mais elle est repartie avant la nuit.
- Elle était seule ? demanda-t-il d’une voix dure.
- Oui.
- Pourquoi n’est-elle pas venue en calèche ?
- Je ne sais pas, elle ne me l’a pas dit. Je…
- Vous êtes surs que vous n’en savez rien ?
- Oui ! Vous me direz si elle revient ? Enfin dites-lui de passer que je ne m’inquiètes pas, vous avez du vous croiser.
- Hum, lança Charles, sceptique, je reviendrais, Haley, je reviendrais.
Sur cette menace à peine voilée, Charles repartit, laissant une Haley terrifiée. Et s’il découvrait tout ? Elle prit sa respiration pour se calmer et retourna se coucher après avoir fermé la porte. Une semaine passa avant qu’elle n’est des nouvelles de Brooke. Charles – ou un de ses hommes – venait tous les jours lui demander des nouvelles de Brooke, ils avaient même interrogés Bethany qui en avait pleuré. Mais Haley avait fini par s’énerver et ils étaient partis. Enfin, Tom passa la voir. Brooke allait bien, Bethany lui manquait mais elle prenait son mal en patience. Haley le mit en garde contre Charles, il ne fallait pas que Brooke s’aventure ici.
Enfin, Tom repartit après avoir visité sa mère. Il rentra chez lui tout en réfléchissant à la semaine passée. C’était la semaine la plus étonnante de sa vie. Les premiers jours, Brooke avait été sur la réserve avec lui mais elle s’était ensuite libérée et ils avaient passé des soirées à parler. Elle avait beaucoup de répartie et savait des choses intelligentes, du à sa relation avec un homme riche. Il savait qu’il avait eu un véritable coup de cœur pour elle mais il avait décidé de se retenir, après tout, elle était enceinte et il savait que même si sa mère l’aimait comme voisine, elle ne verrait pas d’un bon œil si ca allait plus loin entre eux, pourtant, au fond de lui, il savait que c’était Elle. Il arriva chez lui, soigna son cheval et rentra dans sa modeste maison. Avec surprise, il sentit des effluves venir de la cuisine, il se dirigea vers celle-ci. Le tableau le fit sourire. A la lueur du feu, Brooke, avec son ventre arrondi et son tablier, était magnifique. Il sentit son cœur se serrer mais oubliant ses sentiments, il s’annonça. Brooke se retourna, surprise.
- Tom ! Vous m’avez fait peur, comment vont Haley et Bethany ?
- Elles vont bien, Charles est venu plusieurs fois mais ne t’inquiètes pas, Haley joue bien son rôle.
- Je m’inquiète tellement, je m’en veux de l’avoir mis dans cette situation !
- Ce n’est pas ta faute, tu n’allais pas le laisse prendre ton bébé.
Les larmes aux yeux, Brooke releva fièrement la tête. Tom avait raison, jamais elle ne laissera faire du mal à son bébé. Tom s’approcha doucement et l’enlaça. Elle se laissa faire sans rien dire, mettant de côté ses propres émotions pour savourer l’étreinte. Elle se dégagea doucement, plaisantant sur le dîner et Tom la laissa finir de préparer le diner pendant qu’il se changeait. Ils se retrouvèrent à table quelques minutes plus tard, à la lueur des bougies, plongeant dans une conversation passionnante dont ils avaient le secret.
***
Un mois plus tard, la vie n’avait que peu changé. Haley se bataillait toujours entre son travail et l’éducation de Bethany. Heureusement que la petite fille était un ange car Haley était épuisée, surtout avec l’hiver qui arrivait, les gens venaient de plus en plus nombreux et Léanne voulait la garder de plus en plus longtemps. De plus, elle s’inquiétait pour Brooke. Charles ne venait plus tous les jours mais Haley voyait régulièrement des hommes la suivre. Elle faisait comme si de rien n’était mais l’angoisse montait en elle. Tom était venu la voir une nouvelle fois pour lui demander des nouvelles. Elle s’inquiétait aussi pour ça, elle avait bien vu comment Tom parlait de Brooke… Mais c’était mineur, Brooke ne devait pas venir.
A la bordure de Londres, Tom prenait soin de Brooke dans sa petite maison. La journée, alors qu’il travaillait dans une manufacture à Londres, Brooke tricotait… elle réfléchissait aussi beaucoup. Elle avait envie de revoir sa fille, elle en avait besoin. Elle bataillait depuis plus d’une semaine avec Tom pour pouvoir passer la journée avec sa fille. Ce soir-là, elle avait préparé le plat préféré de Tom, le lendemain était l’anniversaire de Bethany, il fallait qu’elle soit là. A table, elle lança son attaque.
- Demain, c’est l’anniversaire de Bethany. Elle a 6 ans, Tom.
- On en a déjà parlé Brooke, c’est trop dangereux que tu ailles à Londres, tu es plus en sécurité ici !
- Si je mettais d’autres vêtements, ils ne me reconnaitraient pas ! S’il te plait, supplia Brooke. C’est ma fille, j’ai besoin de la voir. Ca fait plus d’un mois que je ne l’ai pas vu, ma fille me manque, ma sœur me manque ! Il faut que je les voie, pour m’assurer qu’elles vont bien, je me sens tellement égoïste de les laisser seule alors que j’ai la belle vie ici, mais je m’inquiète.
Tom acquiesça, se rendant aux arguments de Brooke, elle avait besoin de voir sa fille, il ne pouvait l’en empêcher.