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Série : One Tree Hill
Création : 15.03.2008 à 23h30
Auteur : justme
Statut : Terminée
« Un gros "délire" qui m'a pris comme ça^^! » justme
Cette fanfic compte déjà 21 paragraphes
Il faisait nuit, le vent soufflait incroyablement fort et elle savait qu’elle aurait dû rentrer depuis longtemps. Elle savait aussi qu’elle devait l’accepter, avancer et aussi dur que cela lui semblait être, tourner la page. Mais voilà, elle n’y parvenait pas. Après tout, elle était revenue pour lui. Alors oui, elle savait beaucoup de choses, mais elle n’en avait pas forcément envie. Elle se décida cependant, non pas sans un effort titanesque, à se lever de la chaise sur laquelle elle était avachie pour se diriger vers la fenêtre de son bureau. Elle s’y accouda un instant et se laissa emporter par le spectacle nocturne des feuilles volant et s’entrechoquant les unes contre les autres. Elle aurait même pû entendre le vent siffler si la musique ne résonnait pas si fort. Mais alors qu’elle commençait à peine à se détendre, la porte d’entrée claqua contre le mur et la fit sursauter.
- Ce n’est pas du chèque dont il s’agit, n’est-ce pas ?
- Bien sur que non…
- Alors quoi Peyton ? Je t’ai demandé de m’épouser et tu as dis « non », qu‘est-ce que j‘étais censé faire ?
- Tu aurais pû essayer de comprendre et me laisser du temps !
- Du temps ? s’époumona Lucas, comment j’aurais pû t’en laisser tu étais toujours occupée ! Tout ce que je voulais c’est être près de toi.
- J’ai dis « un jour » Lucas, pas non ! Je t’aimais mais j’étais jeune. Et je t’aime encore, conclut-elle en baissant les yeux.
Il la regarda droit dans les yeux. A la fois peiné et confus, il ne savait plus quoi dire. Si il l’avait aimé ? Bien sur, comment dire le contraire ! Mais le fait est qu’elle l’avait repoussé et qu’il était passé à autre chose. Il se racla la gorge avant de reprendre :
- Lorsque je t’ai vu avec cet écrin entre les mains, j’ai d’abord pensé que tu voulais les mêmes choses que moi. Mais quand tu m’as expliqué que tu ne pouvais pas, que tu ne te sentais pas prête, j’ai compris que j’avais perdu un bout de toi…
- Luke…, le coupa Peyton les larmes aux yeux.
- …et qu’on avait pris des chemins différents. Trop différents pour revenir en arrière. Je t’aimais Peyton, vraiment. Après ton refus, j’ai passé des jours à me demander ce que j’allais faire sans toi, j’étais perdu et seul. Lorsque Lindsey m’a appelé pour me dire qu’ils allaient éditer mon premier livre, je n’avais qu’une envie, te téléphoner, te dire à quel point j’étais heureux. Mais tu avais dis « non », à moi et à nous. Mon rêve se réalisait enfin et tu n’étais là.
Il s’arrêta sur ces derniers mots, se rappelant combien il lui avait été difficile de tourner la page. Peyton s’approcha alors et posa ses lèvres contre les siennes. Mais il lui prit les mains et la repoussa doucement.
- Désolé, mais j’ai dû avancer …
Et il la regarda une dernière fois avant de tourner les talons.
Lorsque le soleil fit son apparition le lendemain matin, Brooke en était déjà à son quatrième kilomètre.
Malgré le fait qu’elle soit devenue l’une des plus célèbre styliste de ce monde cruel qu’est la mode, elle n’avait pas perdu ses bonnes vieilles habitudes et dès que son emploi du temps le lui permettait, elle se laissait aller au fil du vent, à courir comme à l’époque du lycée.
Oubliant ainsi ses soucis, il ne restait plus qu’elle et une foule d’inconnus matinaux. C’est ainsi que lorsqu’elle s’arrêta pour boire une gorgée d’eau fraîche, elle jeta un coup d’œil à sa montre.
- 06h35..., encore dix minutes et je file prendre une douche, marmonna-t-elle dans sa barbe.
- A ce que je vois, la sénilité te guettes, lui murmura une voix rauque à l’oreille.
- Un vrai comique, dit-elle en se retournant vers Owen, j’applaudis des deux mains !
Il haussa les épaules en souriant.
- Qu’est-ce que tu fabriques ici à cette heure ? Je croyais que les hommes de la nuit passaient tout leur temps libre au lit…lança-t-elle taquine.
- Ne t’inquiète pas pour moi, j’ai de l’avance.
Ils s’affrontèrent affectueusement du regard pendant quelques secondes avant qu’il ne reprenne plus sérieux :
- J’avais promis à un ami de l’aider à charger sa marchandise, il bosse sur le marché.
- Et généreux en plus de ça ! Tu as tout de l’homme idéal.
- C’est tout moi ça…
- Dommage que ce ne soit qu’un mythe, conclut-elle en s’attachant les cheveux.
Owen secoua la tête et laissa échapper un petit rictus. Il commençait réellement à apprécier cette fille au caractère bien trempé et incroyablement charismatique. Il était sur le point de rétorquer lorsque Brooke le devança :
- Si tu as fini ton œuvre caritative de la journée, je t’offre un petit déjeuner.
- Puisque c’est offert.
Elle lui donna un petit coup de poing sur le torse et ils partirent à la recherchent d‘un café.
Deux bouchées de petits pains et une gorgée de café au lait plus tard, la conversation s’était naturellement orientée vers les relations qu’ils avaient eu dans le passé.
- Alors dis moi un peu, est-ce que quelqu’un a déjà réussi à pénétrer le cœur de la puissante Brooke Davis ?
Elle esquissa un demi sourire en guise de réponse avant que son regard ne se fasse plus sombre.
Pénétrer son cœur ? On pouvait dire qu’il avait réussi, en effet. Ce n’est d’ailleurs pas la seule chose qu’il avait fait…
Pour se redonner un peu d’aplomb face à se flot de souvenirs qu’elle n’avait pas imaginé aussi présents, Brooke remit une mèche de cheveux derrière son oreille et bomba le torse.
- Beaucoup s’y sont risqués, tenta-t-elle en se faisant joueuse.
- Je n’en doute pas.
Elle haussa les épaules et lui adressa un sourire à faire fondre la glace. Mais même si il était évident qu’il pensait chaque mot de sa réponse, elle sentait qu’il s’attendait à ce qu’elle réponde à sa véritable question. Elle décida donc d’être franche :
- Il y en a eu un. Certainement le seul pour qui j’ai éprouvé cette…sensation, articula-t-elle après avoir trouver le bon mot. Il était posé et j’étais insouciante, il était le froid et moi le chaud…Pas vraiment l’incarnation du « qui se ressemble s’assemble ». Quoi qu’il en soit, je me suis attachée. C’était la première fois que je ressentais ça pour quelqu’un, mes anciennes relations ne duraient souvent pas plus d’une nuit. Mais il m’a changé, ou tout du moins quelque chose en moi. Il m’a permis d’aller de l’avant et de découvrir une autre part de moi-même. Mais plus le temps passait et plus je m’attachais. Et le jour où je me suis sentie totalement en sécurité, il m’a trompé.
Brooke s’arrêta un instant pour boire la dernière goutte de café qu’il restait dans sa tasse. Elle leva les yeux vers Owen et remarqua qu’il la regardait, attendrit par la façon dont elle racontait cette histoire qui était la sienne. N’osant pas ajouter un mot, il attendait de voir si elle souhaitait lui en dire plus ou non. Mais elle se sentait à l’aise en sa présence et décida donc de continuer son récit.
- En définitive, il a écrabouiller mon cœur, étouffa-t-elle dans un rire jaune.
Il lui sourit à nouveau, ne voulant pas l’interrompre.
- Pendant les mois qui ont suivi, j’étais en colère, amère, hostile…j’avais mal. J’ai été horrible avec les deux personnes à qui je tenais le plus mais je ne m’étais jamais sentie comme ça, c’était nouveau pour moi. Le temps a joué son rôle et on a décidé de passer un cap en tournant la page, et essayer de redevenir amis. Mais au fur et à mesure on s’est rapproché, d’une façon plus …intime cette fois-ci. Il n’était plus question des erreurs du passé mais de réels sentiments, ceux qui sont vrais et forts. Il m’a avoué ce qu’il ressentait des mois après notre première séparation, j’ai paniqué alors je suis partie. Je ne savais plus comment gérer tout ça. Je m’étais promis de ne plus jamais ressentir ce que j’avais ressenti. Quand je suis revenue, trois mois plus tard, j’ai mis en place une sorte de « relation non exclusive » tout ça pour lui montrer que je n’étais plus la même, que j’étais plus détachée. Mais évidemment ça n’a pas marché et je voulais voir si il tenait véritablement à moi. Il me l’a prouvé à maintes reprises, en me disant que j’étais celle faite pour lui et qu’il ne voyait que moi. C’est là où j’ai fais une énorme erreur avec un type que je détestais… mais lorsqu’il m’a pardonné, j’ai réalisé à quel point je l’aimais. C’est à ce moment que je me suis donnée entièrement. Je réalise maintenant que ce sont nos différences qui ont fait de ces instants quelque chose d‘unique. Mais à l’époque je n’ai pas réussi à voir tout ça de façon objective et je me suis laissée ronger par mes doutes. Je l’ai finalement repoussé et j’ai tout fait pour qu’il s’éloigne, tout ça à cause de ma stupide peur de souffrir à nouveau.
Brooke poussa un soupir, comme si elle était épuisée après avoir couru un marathon. Elle attrapa de nouveau sa tasse de café mais lorsqu’elle la porta à ses lèvres, elle se souvint que le précieux élixir noir s’était évanouit.
- Satanée caféine, maugréa-t-elle en hélant un serveur. S’il vous plait ?
Owen qui ne l’avait pas quitté des yeux depuis le début, sourit en remarquant la vulnérabilité dont elle avait fait preuve en lui confiant sa vie amoureuse et remarqua qu’elle se tordait le pouce gauche depuis le début de son récit. Il jugea alors bon de détendre l’atmosphère et lança en riant :
- Peut être qu’on pourrait monter un scénario et le proposer à une chaîne nationale…
- Et encore, je t’ai passé toute la partie sur la troisième intervenante !
- « La » ? releva Owen
- Merci beaucoup, coupa Brooke de justesse en donnant un pourboire au serveur. Assez parlé de moi Monsieur-personne-ne-me-résiste, si on en venait un peu à tes histoires.
- Disons simplement que je me suis beaucoup amusé et que je n’ai pas encore trouvé…
- Oh non…l’interrompit-elle en prenant son cellulaire. Désolée, je suis obligée de te couper mais il est déjà 07h55 et je n’ai pas vu le temps passer ! J’ai promis à Haley de passer chez elle ce matin et de garder Jamie pendant qu’elle et Nathan règlent leurs problèmes et …. argh je suis en retard !
Brooke se leva et tenta de rassembler toutes ses affaires mais en voulant aller le plus vite possible, elle renversa un porte documents remplis de contrats sur le sol. Les feuilles volèrent autour de la table, ce qui eut le don d’exaspérer la jolie brune de plus belle.
- Je sens que je vais craquer …
Owen laissa alors échapper un petit rire étouffé devant la maladresse de la jeune fille avant de se lever pour l’aider.
- Laisse, je m’en occupe et je te rend tout ce soir, file rejoindre ton filleul.
Elle s’arrêta quelques instants et lui sourit, touchée. Elle ne savait pas si c’était son histoire ou sa maladresse, mais le barman laissait lui aussi, apparaître une autre facette de sa personnalité.
Elle s’approcha, lui déposa un baiser sur la joue et partit en courant après avoir prit le soin de laisser un billet de cinquante dollars sur la table.
- C’est moi qui paye, n’oublies pas !
Puis elle lui envoya un clin d’œil. Owen secoua alors la tête tandis qu’un sourire restait figé sur ses lèvres.
- Mille excuses, pardon…je suis en retard, pardon, répéta Brooke en faisant irruption dans le hall de la famille Scott.
Les bras chargés de sacs plastiques, elle réalisa après coup que le salon était vide.
- Haley ? Jamie??
Toujours pas de réponse.
Elle posa ses affaires sur la table à manger et entreprit de monter à l’étage. Arrivée au bon niveau, elle commença à se poser des questions quant à la fiabilité de ce guet-apens et adopta une attitude plus sournoise. Se faisant toute petite, elle se hissa sur la pointe des pieds et foula doucement le sol vers la penderie du petit bout.
- Mademoiselle la tutrice…siffla-t-elle alors en passant la tête par l’ouverture.
Mais toujours rien. Prise à son propre piège, elle fronça les sourcils et décida de chercher autre part. Elle s’agenouilla sur la moquette et jeta un coup d’œil sous le lit. Mais alors qu’elle était à quatre pattes par terre, la tête enfouit sous le sommier d’un lit pour enfant, elle entendit un raclement de gorge derrière elle. Surprise, elle fit volte face en une demi seconde et se retrouva face à Lucas, avec Jamie sur ses épaules.
- L’image que je viens de voir restera gravé dans ma mémoire à tout jamais, ironisa Lucas, un large sourire sur les lèvres.
Brooke répondit à son attaque en faisant la moue puis se releva d’un seul coup.
- Tu paies rien pour attendre, lui glissa-t-elle à l’oreille. Et comment va le futur champion ?
Elle attrapa Jamie et commença à lui faire des chatouilles sur le lit.
- Ah… arrête, Brooke….! parvint-il à prononcer entre deux éclats de rire.
- Ah oui ? Et j’ai droit à quoi en échange ? le taquina-t-elle.
- D’accord, d’accord, un bisou…mais stop !
Elle finit par arrêter de lui faire des misères lorsqu’il rampa jusqu’à son cou pour lui faire un bisou sur la joue.
- Et ben voilà, c’est mieux non ?
- Les filles…!
- Oh oh oh, voyez-vous cela ! Je me demande bien qui t’as appris ça, dit-elle en regardant Lucas, qui venait de mettre un doigt sur ses lèvres.
Imitant son parrain, Jamie en fit de même avant de répondre :
- C’est un secret.
Brooke rit volontiers à ce spectacle avant de se retourner vers Lucas :
- Qu’est-ce que tu fais là au fait, je croyais que c’était moi qui devait garder Jamie aujourd’hui ?
- Je suis passé ce matin en faisant mon jogging et Haley m’a dit qu’elle partait avec Nathan pour la journée. Elle a précisé que tu gardais Jamie alors je me suis dit que j’allais t’attendre.
- Tu m’en vois honorée, piqua-t-elle.
Ils échangèrent un sourire complice.
- Jamie, file chercher tes feutres et rejoins nous dans le salon, j’ai une surprise pour toi, ajouta Brooke.
- Tu crois qu’ils vont nous revenir en un seul morceau ? demanda Lucas en descendant les marches.
- Je ne parierai pas là-dessus, rétorqua Brooke juste derrière lui. J’avais pourtant prévenu Haley, elle était beaucoup trop sexy !
Lucas secoua la tête en levant les yeux au ciel.
- Pas la peine de lever les yeux au ciel, tu sais que j’ai raison, renfrogna-t-elle.
- Comment tu peux savoir que je lève les yeux au ciel puisque tu es derrière moi, lui fit-il remarquer en se retournant.
- L’habitude…
Elle haussa alors les épaules en esquissant un sourire malicieux et le dépassa.
- Certaines choses ne changent pas, hein ?
Brooke qui était à présent en train de farfouiller dans l’un de ses sacs, tourna la tête vers Lucas et lui adressa un clin d’œil. Il sourit. La scène qu’il avait sous les yeux lui rappela quelques souvenirs. Il ouvrit la bouche, sur le point de dire quelque chose lorsque Jamie fit son apparition dans la pièce.
- Je les ai trouvé !
- Parfait bonhomme, viens par là.
Brooke le prit en poids et le fit s’asseoir sur la grande table, face à elle.
- Papa me dit toujours qu’il ne faut pas les mettre sur la table, ajouta le blondinet en désignant ses pieds.
- Ah oui ? Et bien tu diras à papa que tu avais des chaussettes toutes propres et que de toute façon Brooke a toujours raison, le taquina-t-elle.
- Marché conclu, fit Jamie en lui tendant le poing pour qu’elle tape dedans.
- Marché conclu !
Elle répondit à son avance en se mettant à rire face à la répartie de son filleul.
- Alors voilà, je t’ai apporté tout plein de tee-shirts avec des dessins pour que tu puisses les colorier avec tes feutres. Je les ai fais exprès pour ça, alors ne t’amuses pas à le faire sur tes habits à toi, sinon ta mère me tuera, compris boy-scout ?
Jamie hocha sérieusement la tête.
- Très bien, sois sage, on revient tout de suite.
Puis sans crier gare elle attrapa le bras de Lucas et l’entraîna dans la cuisine. Celui-ci qui n’avait pas vu le coup venir, se laissa emporter sans riposter.
Musique.
- Brooke Davis, quelle fougue…
- Un vrai petit comique. Essaie plutôt de faire fonctionné cette machine à café de malheur.
Elle désigna l’objet d’un signe du menton en retroussant le nez.
- Ouh qu’elle a l’air méchante !
- Et si tu me disais comment tu te sens à l’approche de ton mariage au lieu de te moquer.
Suite à ce soudain changement de sujet il arqua un sourcil et la regarda dans les yeux. Maintenant sa question en silence, elle prit appuis sur le comptoir pour se faire plus imposante. L’atmosphère changea brusquement, se faisant tout à coup plus lourde, alors qu’il semblait chercher les mots justes à cette question pourtant si simple.
- Assez nerveux, lâcha-t-il finalement dans un murmure.
Brooke acquiesça de la tête, compréhensive.
- Tu y penses toujours.
Lucas ressentit une boule à l’estomac, la même que la veille lorsqu’il avait confié à Peyton qu’il était passé à autre chose. Il fronça les sourcils, perdu face à l’impact de l’affirmation de Brooke qui ne cessait de lui rappeler cette sensation si particulière. Sensation qu’il ne parvenait pas clairement à identifier.
- C’est normal, ton histoire avec Peyton n’était une histoire ordinaire, ajouta-t-elle doucement.
Le son de sa voix le ramena de nouveau à la réalité.
- Hum…oui. Mais pour tout te dire je …
- Tonton Lucaaaas !
Les deux jeunes adultes tournèrent la tête en même temps avant de laisser échapper un petit rictus.
- Au boulot tonton, lança Brooke, piquante.
Pour toute réponse, il s’approcha d’elle, la faisant grimacer de surprise puis lui déposa un café bien chaud devant les yeux.
- Et voilà le travail.
Puis après un dernier regard, il partit à la recherche de son neveu. Brooke demeura quelques instants à regarder son café fumant, comme si le fait d’y goûter ne devait pas de faire. Elle chassa finalement cette impression de son esprit et entreprit d’avaler sa première gorgée.
Quelques heures plus tard, Lucas et Lindsey, main dans la main dans les rues de Tree Hill, se dirigeaient tranquillement vers le Tric dans le but d’y retrouver Brooke. La petite brune qui s’était proposée pour dessiner la robe de mariage de la future madame Scott leur avait laissé un message en début d’après-midi proposant à Lindsey de passer voir les croquis. Elle les avait cependant oubliés dans le bureau de Peyton, d’où le fait de se rejoindre là-bas. Ainsi, tandis que les deux amoureux affrontaient la brume et le vent pour la énième fois de la semaine, Brooke se garait sur le parking. Se dirigeant vers la grande entrée, c’est Owen qui vint lui ouvrir.
- Et re-bonjour.
- Tu es déjà là ? s’étonna-t-elle. Il n’est que 18h30.
- Merci je vais bien et toi ?
Elle pencha la tête sur le côté en signe d’excuse lorsqu’il reprit :
- Un gamin fête ses 17 ans ce soir et il a des goûts assez particuliers en ce qui concerne les boissons. Puisqu’il n’a pas encore l’âge de boire, il m’a donné une liste de faux cocktails à préparer. Ce qui me rappelle à quel point je déteste les adolescents.
Brooke se mit à rire.
- A cet âge, j’étais déjà passée pro dans l’art de la contrefaçon des cartes d’identité.
- Une vraie rebelle, s’amusa-t-il en se rapprochant.
- Tu n’as pas idée.
Les yeux de l’un plongés dans ceux de l’autre, ils restèrent immobile plusieurs secondes jusqu’à ce que la porte ne s’ouvre de nouveau.
- Oups…je crois qu’on dérange, chuchota Lindsey à l’oreille de Lucas.
Celui-ci releva les sourcils en fixant Brooke. Lorsqu’elle croisa son regard, son corps frissonna sans qu‘elle n‘en comprenne la raison.
- Vous êtes en avance, lança-t-elle machinalement.
- On n’avait pas rendez-vous à 18h normalement ? releva Lindsey.
- Ah peut être, enfin je veux dire oui… Suis moi, les croquis sont dans le bureau de Peyton.
Lindsey fit un rapide bisou à Lucas puis lui enclencha le pas.
Les garçons se retrouvèrent alors en tête à tête, dans cette immense salle vide. C’est Owen qui brisa le silence :
- ça te tente de me servir de cobaye ?
- Tout dépend de l’expérience, renchérit Lucas en s’approchant du bar.
Le barman qui était déjà passé de l’autre côté du comptoir, ouvrit le mini frigo encastré.
- Cocktail pour adolescent…
Il posa un verre rempli d’un liquide rose orangé et leva celui qu’il avait entre les mains.
- …à ta santé !
- A mon époque, on était plus malin que ça, lui confia Lucas en reposant le verre, dégoûté par le surplus de sucre. Trop sucré.
- C’est ce que Brooke m’a raconté.
Lucas acquiesça de la tête, un léger sourire sur les lèvres. Il souleva alors la manche de son sous-pull et désigna le tatouage sur son épaule.
- Et voilà le résultat de l’un des ses précieux talent…
- Elle t’a marqué au fer rouge, ironisa Owen.
- On peut dire ça, oui.
Owen nota le changement dans son regard, se faisant plus distant.
- C’était plutôt fort comme début de relation, reconnut Lucas.
- Un amour de jeunesse, ajouta le grand brun.
- Le premier, rectifia Lucas.
Owen réalisa alors que le garçon dont Brooke lui avait parlé dans la matinée était devant ses yeux. Il savait qu’ils avaient eu une relation dans le passé, mais il ignorait quelle en était la force. Mais à voir le visage de Lucas face à ses souvenirs remontant pourtant à plusieurs années, il comprit immédiatement.
C’est à ce moment que les filles refirent leur apparition. Les voyant l’une à côté de l’autre, Lucas ressentit une fois de plus cette boule qui allait et venait quand bon lui semblait. Il passa une main sur son front tandis que Lindsey vint s’appuyer sur ses genoux.
- Ma robe est parfaite et Brooke est ma nouvelle idole !
Lucas regarda dans sa direction.
- Lindsey, je t’ai déjà dis que j‘avais des employés chargés de flatter mon ego, lança la brune, gênée.
- Dans ce cas, merci…encore.
- Cent douze fois en un quart d’heure ? Je trouve le mot « encore » un peu faible… Je t’ai déjà dis que ça me faisait plaisir !
Elles échangèrent un sourire.
- Allez, fini les politesses princesse, j’ai un bar à faire tourner moi ce soir, coupa Owen, en sur jouant
- Quelle autorité, se moqua Brooke en attrapant son sac. Ça tombe bien, je suis attendue autre part.
Elle lui lança alors un sourire caustique et se retourna vers ses deux amis.
- On se voit ce soir.
Lindsey répondit par l’affirmative alors que Lucas se contenta de la regarder, comme réfléchissant à autre chose. Perplexe, Brooke hocha finalement la tête et se dirigea vers la sortie.
Lorsqu’elle arriva chez elle, une petite dizaine de minutes plus tard, elle crut d’abord qu’elle avait atterri dans une dimension parallèle. La maison était plongée dans le noir le plus total et une musique à faire s’ouvrir les veines faisait rage. Écarquillant les yeux, elle avança tout doucement pour ne pas se prendre les pieds dans un meuble ou un recoin de mur. Elle n’osa pas allumer la lumière et continua donc à marcher sur la pointe des pieds lorsqu’elle aperçut une toute petite lueur qui perçait l’obscurité. Produite par une bougie sur la table basse, elle se rapprocha lentement. Là elle découvrit Peyton, recroquevillée sur le long canapé, en train de gribouiller quelques mots sur une feuille de papier. Brooke laissa alors échapper un soupir et s’approcha d’elle après avoir baissé le volume de la stéréo.
- Tu as toujours eu le chic pour mettre l’ambiance, tenta-t-elle en lui donnant un coup de coude.
Mais Peyton n’étant pas d’humeur, elle lui lança le regard le plus noir que lui permettaient ses yeux rouges et gonflés.
- D’accord, mauvaise approche. Et si on commençait par allumer la lumière et éteindre cette …chanson, se reprit-elle de justesse.
Peyton acquiesça rapidement de la tête. Brooke entreprit alors d’exécuter ses propres recommandations mais lorsqu’elle revint s’asseoir auprès de sa meilleure amie, elle s’écria :
- Ah non ! Alors là non, non et non !
La blonde aux cheveux frisés haussa les épaules, dépitée.
- Tu crois réellement que griffonner sur des revues de mariage va te faire avancer ? Il faut que tu te bouges, tu ne peux pas rester comme ça, à déprimer dans le noir dès que tu te retrouves seule. Il faut que tu penses à autre chose, conclut-elle en lui arrachant le magazine des mains.
- Et à quoi tu veux que je pense ?! riposta enfin sa meilleure amie. Lucas va épouser Lindsey la semaine prochaine ! Il va se marier Brooke ! Il va se marier et moi je serai assise derrière lui, avec un faux sourire d’hypocrite collé sur mon visage à prétendre que je suis contente pour lui !
A bout de souffle, elle s’arrêta et leva son regard vers Brooke, qui la fixait depuis le début.
- Désolée…
- Mais non, viens par là.
Elle la prit alors dans ses bras et tenta de la réconforter à sa façon.
- Je suis désolée, vraiment désolée, répéta-t-elle.
- Comme si c’était la première fois que tu faisais tes griffes sur moi, la taquina-t-elle.
- Non, je veux dire pour tout ce qu’il s’est passé, corrigea Peyton en s’écartant de son étreinte.
Comprenant immédiatement à quoi elle faisait référence, le regard de Brooke se fit plus sombre.
- C’est du passé.
- Je sais mais je comprends maintenant à quel point je t’ai fais souffrir et ce que ça a dû être pour toi. Je suis désolée.
- Tu te répètes Boucle d’Or, tenta-elle pour détendre l’atmosphère. C’est oublié alors n’y pense plus, d’accord ?
Peyton hocha doucement la tête puis se replongea dans les bras de sa meilleure amie.
- Je t’aime B. Davis.
- Moi aussi P. Sawyer, moi aussi…
Elles restèrent dans cette position quelques minutes encore, chacune profitant de l’autre.
Mais elle la comprenait, plus que quiconque…
22h35. Le vent soufflait toujours, comme pour exprimer une colère refoulée tandis que les arbres luttaient pour ne pas céder. A l’intérieur, la fête battait son plein, comme tous les week-end. Brooke et Peyton étaient arrivées depuis une bonne demi heure et Dieu sait que convaincre la jolie blonde de mettre le nez dehors avait été dur. Mais Brooke s’avérait être plutôt convaincante dans ce genre de situation et rares étaient ceux qui lui résistaient. Profitant de l’occasion qui s’offrait à elle, et voyant Peyton en compagnie de Mia, elle s’approcha du bar.
- Barman s’il vous plait !
Owen lui lança un regard en coin, ce qui la fit sourire de plus belle. Il fit alors quelques pas dans sa direction, en la regardant droit dans les yeux, puis lui passa devant, sans prendre la peine de s‘arrêter. Brooke ouvrit la bouche, surprise, puis la referma aussitôt sans dire un mot. Elle regarda Owen servir une jeune fille aux cheveux bruns et au décolleté tellement plongeant qu’il était certainement possible de s’y noyé. La fille lui posa une main sur le bras, ce à quoi il répondit par un sourire des plus gracieux. Brooke sourit intérieurement. Elle était beaucoup trop futée pour se laisser avoir. Une fois sa commande terminée, il revint vers elle.
- Désolé, mais c’est le premier arrivé qui est servi, dit-il faussement navré.
- Je comprends … mais ça ne marche pas.
- Ah non ? répondit-il, sur de lui.
- Et non, parce que que tu le veuilles ou non, tu finiras par tomber sous mon charme.
- Voyez-vous cela…
- Je peux même te dire comment ça va se passer, vous êtes tellement prévisibles, joua-t-elle.
- Je suis impatient de voir ça.
- C’est tout simple. Tout d’abord, je vais attendre que tu te sois éloigné et m’assurer que tu me regardes pour passer une main dans mes cheveux. Là tu te rendras compte à quel point tu as été stupide de vouloir jouer aux plus fins et j’aurais attiré toute ton attention. Ensuite je n’aurais plus qu’à jouer de mon charme naturel et boire une gorgée du cocktail épicé que tu auras préparé. Les filles et l’alcool, ça fait toujours son effet. Tu te sentiras irrémédiablement attiré vers moi et là je n’aurais plus qu’à me servir de ma tenue, diablement sexy pour que tu …
Mais avant qu’elle n’ait eu le temps de finir le monologue dans lequel elle s’était lancée, Owen s’accouda sur le bar et se mit à l’embrasser. Se moquant des personnes autour d’eux il intensifia ce baiser pour lui donner plus d’ampleur juste avant d’y mettre un terme.
- Tu vois, tu n’es pas si maligne que ça finalement.
Il lui adressa un sourire malicieux puis lui tourna le dos. Toujours sous le coup de la surprise mais cependant ravie, Brooke ne parvint pas à enlever ce sourire ridicule de béatitude de son visage.
- Je le savais, marmonna-t-elle.
Tournant sur son tabouret, elle se retrouva face à la scène, à chercher Peyton lorsqu’elle tomba sur Lucas, qui semblait la fixait depuis un bon moment. En effet, celui-ci avait fait son apparition quelques minutes avant le fameux baiser et semblait ne rien avoir manqué de la scène.
Cette impression tellement agréable qu’elle venait alors de ressentir, se transforma immédiatement en un frisson qui lui parcourut le corps, lorsqu’elle croisa le regard dur et solennel de celui qu’elle avait aimé. Il détourna immédiatement les yeux, laissant Brooke seule face à cette étrange appréhension.
De son côté, l’estomac de Lucas joua encore les troubles faits, le faisant grimacer de douleur devant l’estrade. Il ne comprenait pas pourquoi il ressentait cette douleur, mais il savait qu’elle y était liée.
Il secoua la tête pour se reprendre et partir à la recherche de Lindsey lorsque Peyton apparut devant lui.
- Bonsoir, dit-elle simplement.
- Peyton.
A la fois gênée et véritablement nerveuse, elle tenta de tenir le coup en prenant sur elle :
- Tu passes une bonne soirée ?
Evidemment qu’elle savait que sa question n’avait aucun intérêt et qu’elle ne faisait que traduire le malaise sous-jacent, mais sur le coup elle n’avait rien trouver de mieux.
- On vient tout juste d’arriver, répondit-il, assez froid.
- Oh…dans ce cas.
Elle s’apprêtait à le dépasser, sans rien ajouter de plus, mais il la retint par le bras.
- Excuse moi, je suis un peu fatigué.
Elle lui sourit d'une des façons les plus difficiles qui soient.
- Le mariage approche, dit-elle en guise d’explication.
- Oui…
Elle aperçut alors Lindsey approcher et décida qu’il était temps pour elle de s’éloigner.
- Bonne soirée Luke.
- Oui, répéta-t-il, toujours aussi distant.
Il ne comprenait pas vraiment ce qui lui arrivait mais tout lui paraissait froid et vide tout à coup.
Comme si il se retrouvait dans un monde auquel il n’avait jamais appartenu ou duquel il n’avait jamais voulu faire partie. Même le baiser de Lindsey qui venait d’arriver, ne lui fit aucun effet. Et cette boule, cette crampe qui ne voulait pas s’en aller… Il avait besoin de s’aérer, de prendre l’air.
- Je crois que je vais rentrer, je ne me sens pas très bien, expliqua-t-il.
- Mais on vient à peine d’arriver.
- Tu n’as cas rester, tu me rejoindras plus tard.
- Quel intérêt sans mon futur mari ? demanda-t-elle, visiblement ravie.
Il lui sourit et elle lui prit la main. Mais là encore, tout ce que Lucas ressentait n’était que vide. En sortant, il jeta un coup d’œil autour de lui. La pièce lui paraissait plus petite et mobile. Tout semblait bouger autour de lui, comme instable. Tout, sauf une personne accoudée au bar qui attira son dernier regard.
Mais le changement de décor n‘y changea rien. En effet, même si ils étaient rentrés depuis près de dix minutes, l’attitude de Lucas n’avait pas changé. Elle n’avait au contraire fait que se confirmer. Allongé sur son lit, il semblait complètement obnubilé par la beauté du plafond blanc nacré.
- Tu vas finir par me dire ce qui ne va pas ou il va falloir que je devine, lança Lindsey de l’embrasure de la porte.
- Ne t’inquiète pas, tout va bien.
- Est-ce que ça a un rapport avec Peyton ? osa-t-elle en redoutant la réponse.
- Non, répondit-il instinctivement.
Lindsey hocha la tête, mitigée. Prenant peu à peu conscience de son attitude il se leva et s’approcha d’elle.
- Je te promet que Peyton n’a rien à voir la dedans.
- Tant mieux, laissa-t-elle échapper, soulagée. Je vais prendre une douche, je n’en ai pas pour longtemps.
Elle lui fit un bisou sur le front et partie en direction de la salle de bain.
The deeper I fall Vaughan Penn
Lucas décida alors de se changer les idées et entreprit d’ouvrir son ordinateur pour voir si l’inspiration était au rendez-vous. Il s’installa confortablement derrière son bureau tandis que la page d’accueil prenait place sur l’écran. Il dirigea la souris sur un dossier intitulé « écriture » lorsqu’un autre attira son attention. Il décida donc de remettre son envie de créer à plus tard et ouvrit son album photo du lycée.
Il se sentit inévitablement attiré par la première image. Ses doigts d’arrêtant de bouger et son corps demeurant immobile, il n’osa pas réfléchir aux conséquences que cette sensation pouvait provoquer. Mais il ne la contrôlait pas, elle était plus forte. Ses yeux s’adoucirent alors qu’il se remémorait cette journée. La plage, le maillot noir qu’elle portait, ses cheveux mouillés, leur second premier baiser… Il secoua la tête et passa à la suivante. Et ça n’allait pas en s’améliorant. Elle était encore là, toute de rouge vêtue. Ce déguisement qu’elle avait elle-même confectionné, ce diable à la fois doux et piquant qui lui correspondait si bien. Il se passa une main sur le front. Il savait qu’il ne devait pas, il savait qu’il n’en avait pas le droit. Mais il ne pouvait pas s’en empêcher, s’en même savoir pourquoi. Tout ce qu’il constatait c’est qu’il n’avait plus mal, et qu’il se sentait bien. Les trois coups contre la porte de sa chambre le firent finalement sortir de sa réflexion. Il soupira et se leva pour découvrir qui était la personne qui se trouvait sur la palier. Son mal à l’estomac revint dès qu’il ouvrit la porte.
- Je sais je sais, il est tard, mais je me suis rappelée que Lindsey partait à New York demain et je n’ai pas eu le temps de prendre ses mesures, expliqua Brooke dans la précipitation.
Lucas arqua un sourcil, sans prononcer un mot.
- Et…je ne peux pas faire la robe sans les mesures, renchérit-elle devant son manque de réaction.
- Euh oui, entre, elle est sous la douche, dit-il enfin.
- J’ai cru que tu allais me laisser sur le paillasson, ajouta-t-elle en riant.
- Tu prends un café ?
- Je viens de boire un whisky coca mais les mélanges ne m’ont jamais fait peur !
Lucas sourit face à son sens de la répartie. Ils se dirigèrent vers la cuisine et Brooke prit place sur l’une des quatre chaises autour de la table. Mais alors qu’il lui tournait le dos, faisant face à la machine à café, il demanda sans détour :
- Tu te souviens du temps où on était ensemble ?
Surprise, Brooke mit un petit instant avant de savoir comment répondre à une bombe pareille.
- Je ne vois pas comment j’aurais pû oublié avec tout ce qu’il s’est passé, avoua-t-elle honnête.
- Les choses ne se sont pas passées comme je l’aurais voulu, dit-il alors en lui faisant face.
Elle le fixait sans comprendre, à la fois étonnée mais surtout paniquée. Elle redoutait de trop bien comprendre là où il voulait en venir. Elle choisit alors l’ironie, face à cette situation qu’elle ne maîtrisait absolument pas.
- C’est le stress du mariage qui te fait perdre les pédales, pas vrai ?
- J’étais convaincu que c’était toi, répondit-il on ne peut plus sérieux, je le sentais. J’étais prêt à tout pour te garder cette fois, j’avais compris. Mais tu m’as dis que tu avais cessé de m’aimer. Je n’aurais jamais laissé tomber si tu ne m’avais pas dit ça.
Elle le regardait droit dans les yeux, à la recherche d’un petit quelque chose qui lui confirmerait qu’il s’agissait bel et bien d’une farce de futur marié, mais rien. Tout ce qu’elle remarqua c’est qu’il avait les sourcils plissés et le regard dur. Comme si il luttait. Elle comprit alors qu’il lui disait la vérité et demeura abasourdie. Peu à peu la tension la gagna elle aussi, et sa gorge commença à la piquait. Elle avait mis tellement de temps à tourner la page, après tout ce qu’il s’était passé, elle ne savait même pas où elle avait trouvé la force de le faire. Les larmes au bords des yeux, elle chuchota :
- Tu ne peux pas me faire ça, pas encore…
Il avait mal pour elle, pour lui. Mais il devait le faire.
- Je sais.
- Je ne le supporterai plus. Après Peyton et maintenant Lindsey…ça fait trop mal.
Elle s’était levée et avait reculé de quelques pas. Les mains tremblantes, elle se sentait vulnérable à nouveau.
- J’ai toujours eu des sentiments pour toi Luke, ce sentiment, reprit-elle plus précise, et je l’ai probablement toujours, mais je ne peux plus continuer comme ça.
Elle s’en voulait, elle se détestait même de ne pas avoir réussi à dépasser tout ça alors qu’elle s’en était convaincue pendant des années.
- Alors je suis désolé…
- Désolé pour quoi ? demanda-t-elle, tremblante.
Et en guise de réponse, il mit une main sur sa joue et pressa ses lèvres contre les siennes. Ce simple contact l’emplit de chaleur et son cœur s’emballait de plus en plus à chaque seconde.
Prise au dépourvu, Brooke le repoussa l’espace d’une demi seconde avant de se laisser aller. Tous ces sentiments qu’elle s’était persuadée de ne plus ressentir rejaillirent tel un volcan en éruption. Lucas, lui, n’avait jamais oublié le goût de ses lèvres, la chaleur de son souffle et la force de sa passion, mais dire à quel point cela lui avait manqué lui parut impossible. Ce moment de pur bonheur sembla éternel jusqu’à ce que Brooke se force à y mettre fin. Douloureusement, elle s’extirpa de son étreinte et passa une main sur son front.
- Lindsey est quelqu’un de formidable.
Et après un ultime regard, elle ouvrit cette porte qu’il avait autrefois repeint en rouge et la referma dans un dernier souffle. Lucas, lui, continuait de la fixer. Il avait mal, tellement mal. Son estomac le brûlait, ses yeux le piquaient et son esprit le torturait, si bien qu’il n’entendit pas Lindsey arriver.
- J’ai entendu Brooke juste avant de me sécher les cheveux, dit-elle en prenant place dans le lit, pourquoi est-ce que tu l’a laissé partir ?
Le regard toujours suspendu à cette porte, il répondit, sincère:
- Je ne sais pas...
- Mr Scott ? Voulez-vous que je répète la question ?
Lucas demeurait stoïque, les yeux dans le vide.
- Luke…! chuchota Nathan.
Reprenant tout à coup ses esprits, Lucas réalisa qu’il n’était pas chez lui mais devant l’autel d'une église.
- Euh, oui excusez-moi.
Il secoua la tête et reporta son attention sur Lindsey. Face à lui, debout dans sa longue robe blanche, elle lui adressa l'un de ses sourires les plus tendres. Lucas jeta rapidement un coup d'oeil autour de lui et croisa le regard de Brooke, assise aux côtés d’Owen. Elle lui sourit aisément et lui envoya un clin d’œil.
Il ressentit alors ce mal à l’estomac, le même que dans son rêve. Il fronça les sourcils.
- Lucas Eugène Scott, acceptez-vous de prendre cette femme pour épouse ?
(…)
FIN.