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Happily ever after

Série : One Tree Hill
Création : 23.03.2008 à 18h41
Auteur : Haley90 
Statut : Terminée

« First fic sur le site, j'espère qu'elle vous plaira... » Haley90 

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Lucas Scott et Brooke Davis allèrent passer la nuit sur la plage, derrière la villa de Brooke. Allongés sur une couverture, ils regardaient les étoiles. Lucas caressait tendrement les cheveux de Brooke. La légère brise qui venait de l’océan rafraîchissait agréablement leur peau brûlante.

- Je ne veux pas que tu partes.

Brooke soupira et redressa la tête pour plonger ses yeux dans ceux de Lucas.

- Reste.

- Tu sais bien que c’est impossible. On ne peut pas continuer comme ça.

- Pourquoi ? Je t’aime, tu m’aimes, et on est bien ensemble.

- Brooke ! Tu es mariée !

- Tu sais parfaitement que…

- Même ! Je ne veux pas avoir à te partager, chérie. Je t’aime et je te veux pour moi tout seul.

- Mais… on est heureux comme ça, Luke.

- Tu peux peut-être te contenter d’une liaison cachée de tous, mais moi, je veux t’aimer au grand jour. Je veux pouvoir crier au monde entier que je t’aime, et que tu es la femme de ma vie.

- Je…

- Et pense à Peter, c’est ton mari, Brooke.

- C’est toi que j’aime, Lucas.

- Alors, pars avec moi.

- Je… je ne peux pas.

- Tu vois bien que ça ne peut plus continuer.

Brooke détourna les yeux et admira l’océan pendant plusieurs secondes. Elle était mariée à un homme qu’elle n’aimait pas, mais elle n’avait pas le droit de divorcer. Elle ne pouvait pas quitter Peter, sinon il le lui ferait payer très cher. C’était lui qui avait toutes les cartes en main, et en un coup de téléphone, il pouvait faire tomber Brooke. Réduire sa carrière professionnelle à un tas de cendres, et sa réputation par la même occasion. Jamais, non jamais, elle ne le laisserait ruiner ce qu’elle avait mis tant d’années à construire. Cela faisait deux ans qu’elle se battait pour que sa ligne de vêtements soit reconnue, et elle voyait enfin la lumière. Elle avait ouvert deux magasins en Caroline du Nord, et sa marque était connue de tous. Ses efforts étaient enfin récompensés. Et elle ne voulait perdre ceci, pour rien au monde. Pas même pour Lucas.

- Je sais.

- Si tu changes d’avis, tu sais que tu peux toujours me rejoindre. Je t’attendrai, et j’ai l’espoir qu’un jour, tu viendras me retrouver.

- Dieu réunit ceux qui s’aiment.

- J’espère que cette célèbre phrase s’appliquera aussi à nous, Brooke.

Brooke resta silencieuse.

- Si cette nuit doit être la dernière…

Très lentement, elle baissa la tête jusqu’à la sienne, et lui offrit sa bouche, l’emmenant vers le plus haut des cieux.

Lucas ne s’était jamais senti aussi bien que dans les bras de Brooke et elle, dans ses bras à lui. Ils étaient fait l’un pour l’autre, et il était sûr qu’un jour, elle le comprendrait également. Cela faisait plus d’un an qu’ils s’aimaient en cachette, se retrouvant le plus souvent possible dans des hôtels, sur cette plage ou chez lui. Mais, cette liaison ne suffisait plus à Lucas, il n’en pouvait plus de devoir quitter Brooke à chaque fois, attendre des jours avant de la revoir, ne pas pouvoir la toucher, l’embrasser pendant parfois une semaine entière.

Ses pensées s’arrêtèrent là, et il ne pensa plus à rien jusqu’au lever du soleil sur l’océan. Brooke respirait calmement, la tête posée sur le torse de son amant, alors que Lucas lui caressait le dos. Bientôt, le jour allait se lever sur Tree Hill, et les vacanciers afflueraient sur la plage, prêts pour une magnifique journée de soleil. Il fallait partir. Il était temps pour Lucas de quitter cette ville, cette femme et ces souvenirs.

- Brooke…

- Non, je t’en prie, ne dis rien. Sers-moi fort…

Lucas prit Brooke dans ses bras et la serra pendant plusieurs minutes. Il sentait les larmes de la jeune femme mouiller son cou, mais il ne devait pas céder. Leur amour était défendu, impossible.

- Brooke, je dois y aller.

Elle se releva et commença à se rhabiller en cherchant ses vêtements, éparpillés sur le sable.

- Ton avion est à quelle heure ?

- 9 heures.

- Je t’accompagne.

- Non… S’il te plaît, je ne supporte pas les adieux.

- Très bien.

Ils finirent de s’habiller en silence, et marchèrent lentement vers la villa. Il n’était pas plus de six heures du matin, et le mari de Brooke devait être profondément endormi, alors ils disposaient d’encore quelques minutes. Arrivés devant sa voiture, Lucas s’arrêta et se retourna vers la plage.

- J’ai l’impression de quitter l’insouciance. C’est comme si j’étais en train de tourner une page de ma vie. Celle de ma jeunesse…

Il regarda longuement Brooke dans les yeux, et celle-ci ne détourna pas les siens. Leurs yeux exprimaient tous les mots qu’ils retenaient enfouis au plus profonds de leurs cœurs, et entre eux, les paroles devenaient alors inutiles. L’horloge de la ville sonna six heures.

- Je dois partir. Ton mari va se réveiller.

- Oui.

- Brooke…

- Lucas…

- Promets-moi de venir me rejoindre si tu en as envie.

- Oui.

- Et sache que je t’aime, et je t’aimerai probablement toujours.

- Moi aussi, Luke, moi aussi.

Elle se serra contre lui et respira son odeur une dernière fois.

- Je t’aime.

Lucas lui sourit tendrement, et lui remit ses mèches sauvages derrière l’oreille. Il lui caressa la joue et posa un dernier baiser sur ses lèvres si douces.

- Je ne t’oublierai jamais.

- Moi non plus.

Enfin, Lucas se détourna et s’assit dans sa voiture. Il claqua la portière, et démarra. Brooke n’essayait même pas de retenir ses larmes qu’elle laissait couler sur ses joues. Ses jambes tremblaient, tout son corps semblait s’opposer au départ de l’homme qu’elle aimait profondément. Lucas lui adressa un dernier sourire et appuya sur l’accélérateur. Il tira un trait sur Tree Hill, et sur cet amour, qu’il savait impossible.

Treize ans plus tard 


Exaspérée, Lena tirailla l’une de ses mèches blondes.

- Je n’ai même pas treize ans, et ma vie est terminée.

Lucas Scott garda les yeux fixés sur la route, préférant ne pas réagir à la remarque de sa fille. L’adolescence… c’était censé prendre fin à quel moment ? Habituellement, les déclarations outrées de Lena le faisaient rire, ou sourire, mais cette fois… Jamais, il ne l’avait vue si furieuse. Quant à lui, il se sentait fatigué. Cela faisait plus de six heures qu’ils avaient quitté Atlanta, et Tree Hill était encore à une bonne centaine de kilomètres.

- Tu devrais plutôt me remercier. Je t’arrache à une ville polluée, surpeuplée et emplie de violence pour t’emmener dans un petit coin de nature, un lieu idyllique.

- Merci, vraiment, merci, papa.

- Ne sois pas aussi négative, Len. Regarde-moi, j’ai bien grandi à Tree Hill.

- Exactement !

Butée, elle s’affala encore plus profondément dans son siège, les bras croisés sur sa poitrine, déjà provocante.

- Ce bled de ploucs n’est pas petit, il est microscopique !

D’un geste las, Lucas se frotta le menton, en regrettant d’être seul pour régler la situation, notamment la période difficile que sa fille était en train de vivre.

- Les gens sont très accueillants, à Tree Hill, tu verras. Je suis sûr que tu t’y feras de nombreux amis.

- Est-ce qu’il y a au moins un centre commercial ? Un cinéma ?

- Bien sûr ! Ce n’est tout de même pas en plein milieu de la campagne.

- Je ne vois vraiment pas pourquoi tu as voulu quitter Atlanta ! Je me suis fait percée le nombril, ce n’est pas la fin du monde… Toutes mes copines l’ont fait, et leurs parents n’ont rien dit.

Le nombril… Cet anneau qui se recourbait de façon si provocante sur son ventre nu le rendait fou d’anxiété paternelle.

- Tu peux me dire ce qu’une fille de ton âge fait avec un anneau pareil dans le nombril ?

- Tu as peur que je sois sexy. Tu as peur que je me mette à faire l’amour !

Cette fois, Lucas vit rouge. Elle savait si bien le mettre hors de lui, avec ce petit air supérieur qu’elle prenait. Il agrippa le volant plus fort, et les jointures de ses mains blanchirent.

S’il avait accepté ce poste d’entraîneur à Tree Hill, c’était avant tout pour éloigner Lena de la bande de jeunes avec laquelle elle traînait de plus en plus souvent. Des jeunes trop âgés, trop durs, trop louches, qui auraient pu la convaincre de faire des choses dont elle n’avait pas envie ! Une seule solution : la soustraire aux mauvaises influences.

A douze ans, Lena avait hâte de faire de vraies bêtises. En grandissant, elle ressemblait davantage chaque jour à sa mère, avec sa poitrine opulente et ses lèvres boudeuses. Comment ne pas se faire du souci ? Elle ressemblait tant à Joanne qu’elle pourrait bien se conduire comme elle. Joanne jouait beaucoup de sa séduction, mais jusqu’aux derniers jours, il n’avait jamais sérieusement pensé qu’elle pouvait le tromper. Et pourtant, à l’hôpital, alors qu’elle agonisait, après avoir été renversée par une voiture, elle lui avait avoué une liaison, plus de quelques années plus tôt. Ce souvenir le giflait chaque fois qu’il regardait sa fille. Il souhaitait tellement la préserver de tout ça…

Ce déménagement leur ferait du bien à tous les deux. Depuis trois ans, c’est-à-dire depuis la mort de Joanne, Lucas s’était quasiment transformé en zombie. Il faisait les choses par automatisme, et il avait tout autant besoin que Lena de rééquilibrer sa vie. De plus, la présence de sa mère à Tree Hill le rassurait également. Karen serait toujours là en cas de besoin.  

Ce fut elle qui brisa le silence qui durait depuis plusieurs kilomètres.

- Tu veux du café, papa ? Tu as l’air fatigué.

Elle était sans doute honteuse d’être allée aussi loin, alors elle tentait de se racheter vis-à-vis de son père.

- Merci, ma grande.

Il lui adressa un sourire, et elle le lui rendit.

 

Une heure plus tard, ils pénétraient dans la ville. A leur gauche se dressait l’hôpital, grand bâtiment imposant, il occupait la vue. A leur droite, un centre commercial. A cette vue, Lena poussa un cri de joie.

- Génial ! Un centre commercial ! Regarde, papa, il est immense !

Lucas sourit. Finalement, Lena n’aurait pas trop de mal à s’acclimater à sa nouvelle vie, tant qu’un centre commercial se trouvait dans son champ de vision.

Soudain, ses yeux se fixèrent sur la plage de sable blanc qui surplombait l’eau turquoise. Les souvenirs affluèrent, et il eut un étourdissement.

- Papa ? Est-ce que ça va ?

- Oui, je suis juste fatigué.

Il tenta de sourire, mais ce fut plutôt une grimace qu’il offrit à sa fille. Cette plage, où tout avait commencé, et où tout avait fini… Elle reflétait tant de choses. Depuis son départ, treize ans plus tôt, il n’avait jamais repris contact avec Brooke. Peut-être avait-elle déménagé…

- Papa, tu m’écoutes ? Ce n’est pas la maison, là ?

- Hein ? Oui, c’est vrai…

Il se gara devant la grande bâtisse qui s’offrait à eux. Située dans une large rue ombragée, c’était une maison pimpante, bien entretenue et avec un jardin éclatant de couleur et une pelouse bien tondue. L’océan s’étendait à perte de vue en face de leurs fenêtres. Le port se trouvait à gauche, et la plage, à droite. Une villa sur la plage… Son rêve…

- Tu as vu, papa, le camion de déménagement est déjà là ?

- Parfait. Allons installer les meubles, alors.

Avec un dernier regard vers le sable blanc, il sortit de la voiture et se dirigea vers la villa, un poids sur la poitrine. Avait-il bien fait de revenir ici ? Cette ville ne lui rappelait-elle pas trop de souvenirs ? N’était-ce pas plus que son cœur endolori ne pouvait supporter ?

 

Le soir-même, alors qu’il était plus de minuit, et que Lena dormait, installée dans sa nouvelle chambre, Lucas prit le ponton pour descendre sur la plage. Il retira ses chaussures, et apprécia le sable frais sur ses pieds. La brise océanique le chatouilla, mais il continua son chemin, jusqu’à ce que l’eau froide lui caresse les doigts de pied. Il marcha quelques minutes le long de l’eau, et s’assit sur un rocher, les yeux rivés sur l’horizon. La lune se reflétait dans l’eau noire, et c’était un spectacle magnifique. Lucas ne se souvenait pas en avoir déjà vu un si beau. Autrefois, il ne pensait pas réellement à la lune, ni à quoi que ce soit, d’ailleurs. Lorsqu’il se trouvait allongé sur cette plage. La seule chose à laquelle il songeait, c’était le bonheur qu’il ressentait à serrer Brooke dans ses bras. Brooke… Il n’avait jamais cessé de l’aimer. Depuis tout ce temps, il était fou d’elle. Joanne avait vainement tenté de lui voler son cœur, mais elle avait lamentablement échoué. Lucas lui était pourtant reconnaissant de lui avoir donné une fille. Lena était la seule chose qui comptait vraiment dans sa vie, avec son travail. Mais, il n’avait jamais éprouvé de sentiments envers celle avec qui il avait partagé plus de douze ans de sa vie. A plusieurs reprises, elle l’avait poussé à lui demander sa main, mais Lucas ne l’avait jamais fait, il ne le regrettait d’ailleurs pas du tout. Ensemble, ils n’auraient pas été heureux. Il ne l’aimait pas, et elle non plus, pas sincèrement. Joanne avait toujours ressenti le besoin de se prouver à elle-même qu’elle était séduisante, et désirable, pour tous les hommes. Elle l’avait trompé plusieurs fois, mais lui, si vrai et sincère, ne l’avait pas compris. Le jour de la mort de Joanne, il avait reçu un choc en l’apprenant. Même si il ne l’aimait pas, cela lui avait fait mal. Son cœur était depuis, fermé à toute autre tentative d’intrusion. Au fond, personne n’avait réussi à y entrer. Seule Brooke avait franchi la barrière qui le protégeait. Avec elle, Lucas sentait toute sa volonté l’abandonner, elle était si belle, si intelligente, si passionnée. Il aimait tout en elle. Mais malheureusement, elle était mariée. Et cela allait contre tous les principes de Lucas. Lui qui ne supportait pas l’infidélité, il sortait avec une femme mariée. Pendant un an, il avait refusé ces pensées, repoussé sa morale qui lui disait de stopper toute relation avec Brooke. Mais, quand il avait reçu ce poste à Atlanta pour devenir coach, il avait accepté. Ni elle, ni lui n’avait essayé de retrouver le contact. Depuis ce matin de juillet, Lucas n’avait jamais revu Brooke.

- Salut, beau blond.

Lucas sursauta. Cette voix… Ce surnom… Il se retourna et ses yeux se fixèrent sur la femme qui se tenait en face de lui. Les cheveux flottant sur ses épaules, le sourire aux lèvres, les yeux plein d’étoiles et la petite fossette au coin des lèvres. Aucun doute, c’était bien Brooke.

- Brooke !

Elle regarda Lucas dans les yeux, et sourit.

- Je… Je suis surpris de te voir. Je ne savais pas que tu habitais toujours à Tree Hill. En revanche, toi, tu ne sembles pas surprise.

- Ta mère m’a prévenu de ton arrivée.

- J’aurais dû m’en douter…

Karen était tellement heureuse du retour de son fils et de sa petite-fille à Tree Hill qu’elle avait sûrement ébruité la nouvelle un peu partout. De plus, elle tenait le café le plus populaire de la ville, alors le bouche-à-oreille avait dû se faire rapidement.

Brooke s’assit sur le rocher, proche de Lucas. Elle était la même que dans son souvenir. Mis à part, les cheveux qu’elle portait plus courts et les rondeurs de femme qui étaient apparues, elle était telle que treize ans plus tôt. Belle, désirable et élégante.

- Tu vis toujours dans la villa sur la plage ?

- Oui, j’y suis toujours. Je n’ai jamais pu me résoudre à vendre cette maison. J’y ai tellement de souvenirs…

Sa phrase resta en suspens entre eux, et la tension se fit palpable.

- Et toi ? Que viens-tu faire à Tree Hill ?

- On m’a offert un poste d’entraîneur pour les Ravens. Je n’en pouvais plus d’Atlanta, alors je suis rentré au bercail. J’avoue que Tree Hill me manquait un peu. Ici, c’est toute mon enfance, ma jeunesse, mon insouciance…

Brooke leva les yeux et lui sourit. Insouciance…

- Et toi ? Les affaires marchent toujours ?

- Oui. Ma mère m’a beaucoup aidé à lancer Clothes Over Bro’s. Elle m’a soutenu, et s’est occupée de toute la partie commerciale. Aujourd’hui, elle est repartie rejoindre mon père, en Floride, alors j’ai une assistante qui m’aide bien. J’ai ouvert plusieurs magasins un peu partout dans le pays. Et, j’adore ce que je fais.

- Tant mieux. Et… Peter ?

Ses yeux se perdirent dans l’immensité de l’océan et elle garda le silence plusieurs secondes.

- Il… il est mort.

- Oh ! Je suis désolé. Je ne savais pas…

- Dans un accident de bateau, il y a deux mois. Peu de gens savent ce qui s’est réellement passé. Son bateau est rentré dans une barrière de rochers. Cela paraît étrange, lui qui était un si bon navigateur ; il connaissait les environs comme sa poche, et on l’a retrouvé, juste là-bas, à quelques dizaines de mètres du port.

- Tu penses qu’il... ?

- Peter avait des dettes. Beaucoup de dettes. Et il était ruiné. Sa société avait fait faillite quelques semaines avant sa mort. Il ne m’a jamais demandé d’argent, je ne savais pas qu’il était ruiné à ce point. Je pensais que… qu’il s’en sortirait. Il parvenait toujours à se sortir des mauvais pas. Pourtant, cette fois… il n’a pas eu de chance. C’est la vie, et j’ai appris à lui pardonner.

Lucas ne vit aucune larme briller dans ses yeux, il y lut seulement de l’incompréhension. Il savait qu’elle ne l’aimait pas, combien de fois le lui avait-elle répété ?

- Et toi, Luke, ça va ? Ta mère m’a appris que tu avais une fille. Quel âge a-t-elle ?

- Lena a douze ans. C’est une gosse dans un corps de femme. Elle ne pense qu’aux garçons, aux fringues et au maquillage. J’avoue que je ne suis pas très calé dans ces domaines. Sa mère lui manque, même si elle ne veut pas l’avouer…

- Tu es divorcé ?

- Non, veuf.

- Oh non ! Je suis désolée…

- Joanne est morte il y a trois ans. Et depuis, Lena manque cruellement d’une mère, cela se voit dans son comportement. J’essaie tant bien que mal de lui offrir l’amour de deux parents, mais ce n’est pas suffisant, apparemment. Sa crise d’adolescence semble interminable, elle me tue…

- Je comprends. J’étais aussi terrible à son âge.

- Ah oui ? Tu n’en avais pas l’air, pourtant.

- Tu ne peux pas savoir ! Tu ne m’as pas connu à douze ans.

- C’est vrai que la première fois que je t’ai rencontré, tu étais déjà une belle jeune femme.

Brooke rougit, et détourna le regard.

- Merci.

- Je vais y aller, je ne veux pas laisser Lena seule trop longtemps.

- Très bien. J’allais rentrer moi aussi. Il commence à faire froid.

Ils se levèrent tous les deux. Ils remontèrent lentement le ponton, et arrivés en haut, Lucas se retourna vers Brooke.

- On pourrait peut-être dîner ensemble un de ces soirs ?

Sans un geste, sans un mot, il sentit que sa proposition la gênait, alors il lui offrit un sourire contrit.

- Peut-être une autre fois, alors.

- Oui, d’accord.

Ils s’adressèrent un dernier regard, et chacun partit de son côté. Brooke, à droite, et Lucas, à gauche.

Le lendemain soir, à la même heure, Brooke et Lucas se retrouvèrent de nouveau sur la plage. Il lui raconta sa première journée au lycée, les difficultés qu’il avait rencontré avec les joueurs, et les moments importants qu’il avait vécu dans la journée. Il lui parla aussi de Lena et des problèmes qu’elle avait en cours.

- Lena est une fille intelligente, mais elle refuse catégoriquement de l’admettre. Elle est très douée en français, mais elle a de grosses lacunes en maths. Malheureusement, elle ne veut pas prendre des cours particuliers, elle ne souhaite pas non plus que je l’aide, ou que sa grand-mère lui explique certaines choses. J’ai l’impression d’avoir tout raté avec elle…

- Tu n’as pas à douter de tes capacités à être père, Luke. Ce n’est pas facile d’avoir douze ans, tu sais. Souviens-toi, lorsque tu avais son âge… Les bêtises que tu faisais, ce qui te passait par la tête, ce que tu voulais ou pas…

- C’est vrai que je n’étais vraiment pas un ado facile, moi non plus ! Je suppose que c’est tel père, telle fille.

- C’est ce qu’on dit.

Ils restèrent silencieux, et puis l’heure de rentrer approcha. Ils se levèrent et remontèrent tranquillement le ponton.

- Brooke ? Tu accepterais de dîner avec moi, demain soir ?

- Je… je ne sais pas si c’est une bonne idée, Lucas.

- Pourquoi ? Je ne t’ai pas proposé autre chose qu’un dîner, Brooke ! Un simple dîner.

- Un simple dîner, c’est promis ?

- Je te le promets.

- Dans ce cas, ça me ferait plaisir.

 

Le lendemain, Lucas sortait du lycée lorsqu’il aperçut la voiture de Brooke garée sur le parking de l’établissement. Il s’approcha et découvrit qu’elle était à l’intérieur, la tête posée sur le volant. Il tapota contre la vitre, et la fit sursauter. Elle tenta de sourire, mais ses joues baignées de larmes n’échappèrent pas à Lucas, qui pourtant, se contenta de sourire.

- Est-ce que tout va bien, Brooke ?

- Oui, oui, ça va.

Elle sortit de la voiture et se mit à sa hauteur.

- J’allais t’appeler, Luke. Je…

Malgré toutes ses bonnes résolutions, la voix de Brooke se cassa, mais elle s’éclaircit la gorge et parvint à reprendre contenance.

- Je ne vais pas pouvoir dîner avec toi, ce soir.

- Pas de problème. Remettons ça à demain.

- Demain non plus, ce ne sera pas possible.

Ses mains tripotaient nerveusement son sac à main. Un petit pli s’était creusé entre les yeux de Lucas, mais il restait calme, maître de lui-même.

- Quel jour t’accorderait alors ?

- Je regrette, Lucas. Nous n’allons pas pouvoir continuer à nous voir. Je… Il faut que je m’en aille, je suis en retard.

Elle tourna les talons, et remonta dans sa voiture.

- Brooke, attends !

Il rouvrit la portière et la contempla longuement dans les yeux.

- Je ne comprends pas. Que s’est-il passé entre hier soir et aujourd’hui pour te faire changer d’avis ?

- J’ai… eu le temps de réfléchir. Tu sais comment sont les gens dans les petites villes… Trop curieux. Cela me gênerait qu’il m’accuse de tromper la mémoire de Peter, et de t’entraîner loin de ta fille.

- Tu t’inquiètes des ragots, maintenant ? Je ne te savais pas si prévoyante. Avant, tu fonçais tête baissée, mais je vois que tu as changé. Tu as beaucoup changé, Brooke.

- Je suis désolée… Je… je ne peux pas entamer de relation amicale ou autre, d’ailleurs. S’il te plaît, Luke.

Elle le supplia du regard, et il lâcha enfin la portière qu’elle claqua. Elle démarra et fit voler la poussière du sol terreux.

 

Le soir-même, Brooke s’excusait. Alors qu’elle lui expliquait qu’en ce moment, elle ne se sentait pas très bien, elle fut secouée de sanglots et fondit en larmes. Lucas n’eut d’autre choix que de la prendre dans ses bras, et ce geste leur fit à tous les deux, d’une douceur exquise. Ce contact entre leurs deux corps, qui jadis se connaissaient par cœur, avait éveillé en Lucas un désir considérable qu’il n’était pas tout à fait sûr de maîtriser. Brooke eut un mouvement de recul, et la distance de nouveau entre eux, détendit l’atmosphère.

- Je me disais… ça t’embêterait si j’emmenais Lena faire les boutiques, un peu, samedi ?

- Non, c’est une bonne idée. Je sais qu’elle en meurt d’envie

- Parfait ! On ira sûrement au centre commercial, et je l’emmènerai dans ma boutique. Elle pourra choisir ce qu’elle voudra.

- Je te rembourserai…

- Je t’en prie, Luke. Considère cela comme… un cadeau de bienvenue.

Brooke lui adressa son plus beau sourire, et Lucas en fut touché au cœur. Elle était tellement belle… Comment allait-il faire pour passer une journée sans l’embrasser ? Il en mourait pourtant d’envie…

 

Lena sortit d’une cabine d’essayage avec, autour des hanches, une sorte de bandeau noir qui couvrait à peine ses fesses. Elle se planta devant le miroir et se déhancha en souriant.

- C’est cool. Je n’ai jamais eu une jupe comme celle-là.

- Retourne-toi.

Brooke la fit se tourner, et inspecta le vêtement. Cela faisait deux heures qu’ils se trouvaient dans la boutique. La jeune femme faisait essayer tous les vêtements susceptibles de plaire à une adolescente de l’âge de Lena. Et la jeune fille semblait être heureuse.

- Je vois ta culotte, pour l’amour du ciel !

Lucas se cacha les yeux et soupira. Brooke ne croyait tout de même pas qu’il allait autoriser sa fille à acheter ça !

- T’as vu, papa, ça me va bien !

- Tu n’achèteras pas cette jupe.

Lucas prit une profonde inspiration et consulta Brooke du regard. Elle lui lançait des yeux interrogateurs, mais se racla la gorge.

- Remets-toi debout, laisse-moi voir, Lena. Jolie couleur, bonne qualité…

Elle sourit, en pensant que c’était elle-même qui avait crée cette jupe.

- Mais, penche-toi.

Presque malgré lui, Lucas se détourna. Lena poussa une petite exclamation étouffée et se redressa, le visage rouge pivoine.

- Il ne vaut mieux pas que je l’achète. Si je faisais tomber un truc en cours, je ne pourrais même pas le ramasser.

Brooke soupira, mais adressa un sourire amusé à Lucas.

- Tu as sûrement raison. Ecoute, retourne dans la cabine, je vais te chercher d’autres vêtements.

- D’accord !

Elle fila sans demander son reste. Et Lucas suivit Brooke vers le présentoir.

- Tu m’as fait peur. J’ai vraiment cru que tu allais m’obliger à acheter cette chose !

- Je comprends que tu veuilles qu’elle ait des tenues plus sobres, mais il faut aussi qu’elles lui plaisent, sinon elle ne le mettra pas et tu auras gaspillé ton argent, Luke. Nous pouvons lui prendre des vêtements plus corrects, mais il faut qu’elle sente que c’est son idée, et non la nôtre.

- Oui.

Brooke lui sourit, et l’espace d’un instant, leurs yeux s’accrochèrent. Ceux de la jeune femme brillaient d’un éclat nouveau, et ceux de Lucas reflétaient le désir qu’il sentait monter en lui. Finalement, Brooke détourna le regard et attrapa un ensemble de jupes, jeans et hauts, et ils rejoignirent la cabine.

Le reste de la journée se passa relativement bien. Lena avait trouvé une dizaine d’habits qui restaient présentables, et après le choc passé à la caisse en découvrant le montant de cette petite virée shopping, Lucas se sentait plutôt satisfait. Lena était contente, elle souriait sans cesse, et il passait du temps avec Brooke. Elle semblait dans son élément. Après tout, la mode, elle connaissait. Ils passèrent le reste de l’après-midi entre le rayon chaussures, maquillage et parfum du centre commercial. Enfin, ils retournèrent à la villa, et après avoir remercié Brooke, Lena monta directement dans sa chambre pour ranger ses nouveaux achats. Lucas resta seul avec Brooke, et lui désignant la plage du regard, il commença à descendre les marches.

- Merci, Brooke. Grâce à toi, Lena a passé un bon moment, et elle a réussi à rire, et à s’amuser.

- Je t’avoue que je me suis bien amusée moi aussi ! Je n’avais pas fait de shopping depuis longtemps, et cet après-midi m’a beaucoup plu.

Ils se sourirent et s’assirent sur le sable chaud. Lucas avait les yeux fixés sur l’horizon, en se demandant s’il allait se passer quelque chose. Finalement, Brooke se retourna et le regarda dans les yeux.

- Lucas… Je… J’ai l’impression que… que je reviens treize ans en arrière. C’est très étrange comme sensation, parce que je pensais avoir mûri après ton départ, et je me rends compte qu’au fond de mon cœur, je n’ai pas grandi. Je suis restée la même.

- Brooke…

- Laisse-moi finir, s’il te plaît.

- Très bien, je t’écoute.

- J’ai ce sentiment de n’avoir pas évolué, et pourtant, j’ai trente-deux ans ! Je pensais être heureuse, et contente de ma vie, mais depuis que tu es revenu, je ne suis plus aussi sûre de moi. Je me rends compte que tu m’as manqué, que ton soutien m’a manqué et surtout notre relation, notre complicité m’a manqué. J’étais tellement mal après ton départ, je m’en suis voulue, mais j’étais prise au piège, je ne pouvais pas te suivre, sinon je perdais ma carrière, tout ce que j’avais mis tant d’années à construire. Et aujourd’hui que nous avons une nouvelle chance de nous aimer, le destin nous met encore des bâtons dans les roues. Il semble s’acharner sur nous, il ne veut pas nous voir ensemble, et c’est un signe.

- Je ne comprends rien, Brooke. De quoi tu parles ?

- Je… je suis désolée, Lucas, on ne peut pas continuer à nous voir, comme ça. C’est impossible, je… je ne peux pas.

- Brooke…

- Non, je suis désolée. Ma vie est trop compliquée en ce moment, je… Je dois rentrer.

Elle se releva et marcha rapidement jusqu’au ponton, qu’elle remonta en courant. Son ombre disparut de la vue de Lucas.

Que se passait-il ? Pourquoi Brooke le fuyait ainsi ? Elle lui disait qu’elle l’aimait et qu’ils avaient une nouvelle chance tous les deux, et la seconde d’après, elle s’excusait et s’enfuyait ? Non, les femmes étaient réellement trop compliquées pour lui.


Brooke entra dans la pharmacie de Tree Hill, pour chercher les vitamines que le médecin lui avait prescrites. Depuis sa discussion avec Lucas, elle l’évitait le plus possible, préférant réfléchir sérieusement à ce qu’elle allait faire. Elle remarqua Lena, qui contemplait d’un regard vide les produits d’hygiène féminine. Elle s’approcha à pas lents de la jeune fille.

- Bonjour, Lena.

L’adolescente sursauta, puis son expression se fit agressive.

- ‘Jour.

Son regard étudiait chaque recoin de l’étagère, mais ses mains restaient le long de son corps.

- Tu as besoin d’aide ?

- Il y a tellement de trucs différents, ici…

Hésitante, Lena prit une boîte de protections périodiques dans chaque main et lui glissa un regard suppliant, rougissant sous son maquillage.

- Qu’est-ce que vous pensez, la bleue ou la crème ? Je… je veux essayer une nouvelle marque.

Pauvre Lena, voilà donc quel était le problème ! Elle avait honte d’acheter ce type de produits et ne savait pas vers qui se tourner ! Privée de sa mère, elle était sûrement seule pour ce genre de problèmes.

Brooke lui prit les boîtes des mains et les examina.

- Celles-ci sont régulières et celles-ci super. Tes règles sont très abondantes ?

- Je… ne sais pas.

Les joues de Lena virèrent au rouge brique.

- Qu’est-ce que tu as pris, jusqu’ici ?

Lena baissa la tête et marmonna une réponse incompréhensible, à demi étouffée.

- Pardon ? Je n’ai pas entendu…

- Des mouchoirs en papier. Je me suis servie de mouchoirs en papier.

Dans le profond silence qui s’ensuivit, Brooke entendit le vrombissement léger du ventilateur de la pharmacie.

- Je vois. Ça fait longtemps que tu as tes règles ?

- C’est seulement la deuxième fois. La première fois, on était encore à Atlanta, c’est tombé en plein milieu du déménagement.

- Tu n’as rien dit à ton père ?

Lena refusait toujours de croiser le regard de Brooke, et elle gardait les yeux obstinément baissés, mal à l’aise.

- C’est un homme…

Elle se tut un instant et parut réfléchir.

- Et vous, qu’est-ce que vous prenez ?

- Oh, moi, je n’en ai plus pour l’instant, mais je prenais…

- Pourquoi vous n’en avez plus ?

- Comment ?

Brooke cherchait des yeux son ancienne marque sur l’étagère, et elle n’avait pas compris la question de Lena.

- Pourquoi vous n’avez plus vos règles ? En cours de sciences, on nous a dit que ça n’arrivait que quand on était vieille, ou anorexique, ou enceinte.

Ce fut au tour de Brooke de se sentir rougir. Vite, elle jeta un coup d’œil à la ronde, mais personne n’était dans les parages. Heureusement. Comment avait-elle pu laisser échapper…

Elle tenta une diversion, et tendit à Lena un paquet de l’étagère.

- Voilà. Tiens, prends celles-là, ce sont les meilleures.

Lena trouva toute seule la réponse à sa question.

- Vous n’êtes ni vieille ni anorexique. Vous devez être enceinte.

- Chut !

Brooke regarda longuement la jeune fille qui se tenait en face d’elle. Lena n’était pas stupide, et elle ne se laisserait pas détourner de sa question.

- Oui, d’accord, je suis enceinte.

Lena eut un couinement horrifié.

- De mon père ?

- Non ! Bien sûr que non ! Presque personne n’est au courant, et je ne veux pas que cela se sache. Au moins le temps que je décide de la suite des événements.

Lena hocha la tête et lui demanda à voix basse :

- Si je vous donne l’argent, vous voulez bien payer à ma place ?

- D’accord. Je prends les médicaments que j’étais venue chercher, et je te retrouve à la caisse.

Quelques minutes plus tard, elles se retrouvaient toutes les deux sur le trottoir. Un groupe de lycéens se trouvait là, et ils sifflèrent au passage de Lena, qui était légèrement provocante dans sa jupe noire et son top sans bretelles. La jeune fille garda pourtant les yeux fixés sur le trottoir et continua d’avancer, comme si de rien n’était.

- Euh… Tu as un autre souci ?

- Non, rien du tout… Est-ce qu’il pourrait y avoir un problème chez moi ? Je veux dire, du côté de mes organes féminins ?

- Qu’est-ce qui te fait demander ça ?

- J’ai presque treize ans et je viens juste d’avoir mes règles. Toutes mes copines les ont depuis une éternité ! Je ne suis pas normale ?

- Oh, Lena, non, bien sûr que non ! Tu es tout à fait dans la moyenne d’âge, tu sais. Il y a des filles qui ne commencent pas avant dix-sept ans.

- C’est vrai ? Ah, bon !

- Ta mère a probablement commencé au même âge.

Brooke réalisé trop tard ce qu’elle venait de dire. Lena se rembrunit.

- Ça, je ne risque pas de le savoir. Elle est morte quand j’avais neuf ans.

- Je suis désolée que ce ne soit pas à elle que tu poses ces questions. Je sais que c’est compliqué, Lena.

La villa de Lucas approcha, et Lena regarda Brooke.

- Voilà la maison.

- Tu sauras te servir de tes produits ?

- Je lirai le mode d’emploi. Merci de m’avoir aidé, Brooke.

L’adolescente lui adressa un sourire absolument ravissant, et se détourna pour rentrer.

Brooke se surprit à sourire elle aussi. Finalement, être mère ne devait pas être si compliqué que cela…


Quelques jours plus tard, Lucas retrouva Brooke allongée sur la plage. De loin, il avait cru qu’elle dormait, mais lorsqu’il se rapprocha, il vit qu’elle tentait de respirer normalement. Il accoura vers elle.

- Brooke ! Est-ce que ça va ?

La jeune femme tenta vainement de se relever, sans succès. Les étoiles dansaient devant ses yeux, et sa tête lui tournait.

- Tu es toute blanche ! Que se passe-t-il, Brooke ?

Elle ouvrit les yeux et s’assit tant bien que mal.

- Rien, ça va.

- Tu en es sûre ? Tu sembles mal en point.

- Je t’assure que je vais bien, ce n’est qu’un vertige.

Brooke détourna le regard de l’homme qui se tenait devant elle, grand et musclé. Etait-elle prête à lui révéler la vérité ? D’ailleurs, quelle vérité ? C’était simplement la réalité. Mais quelle dure réalité…

- Je… je…

- Qu’est-ce qui ne va pas, Brooke ? Tu as l’air bouleversée, et depuis plusieurs jours, tu m’évites. Je me trompe ?

- Non.

- Dis-moi ce qui se passe.

Brooke resta silencieuse durant quelques secondes. Son regard fixait un point invisible devant elle, au loin, sur l’horizon. Elle y trouva le courage de relever les yeux vers Lucas.

- Je suis enceinte.

Lucas recula comme si Brooke l’avait giflé. Un instant plus tôt, il était là, prêt à la secourir, et l’instant suivant, il s’éloignait.

- Lucas ! Lucas !

Il s’arrêta, mais ses yeux lançaient des éclairs.

- L’enfant est de Peter, n’est-ce pas ? Alors, cet idiot t’a fait un enfant ? Je n’arrive pas à y croire…

- Luke, s’il te plaît…

- Je t’avoue que lorsque je suis revenu à Tree Hill et que je t’ai revu sur la plage, ce soir-là, aussi belle, désirable, comme le matin de mon départ, j’ai réellement cru que le destin nous accordait une deuxième chance. Une deuxième chance pour notre amour, mais apparemment, je me suis trompé, ou plutôt égaré…

- Non, Lucas, non !

- Si, si, je me suis égaré.

- Je sais bien que c’est un choc. Je l’ai appris, il y a quelques jours, et ça m’a fait le même effet.

- Tu as pensé à Lena ? Que va-t-elle penser en apprenant que tu es enceinte ? Tu es devenue son amie, tu es la seule à qui elle fasse confiance, ici.

- Lena est au courant. Elle a d’ailleurs été la première à l’être.

- Tu l’as dit à ma fille avant de m’en parler ?

- Non, je n’ai pas eu besoin de lui dire que j’étais enceinte. Lena est très perspicace, elle l’a compris toute seule.

Après un silence, Brooke renifla.

- Ce bébé ne sera pas un problème, ni pour toi, ni pour qui que ce soit…

Lucas resta sans voix. Finalement, il secoua la tête.

- J’ai besoin de réfléchir, Brooke. Je me sens trahi… Je sais que j’ai tort de l’être, après tout, c’est moi qui suis parti il y a treize ans. Et malgré le fait que je suis très heureux d’avoir eu Lena, je regrette mon départ. Si je n’avais pas pris cet avion, c’est avec moi que tu vivrais, Brooke, et cet enfant serait le mien…

Il tourna les talons et remonta le ponton, en direction de sa villa.

 

Cela faisait une semaine que Lucas n’avait pas vu Brooke. Elle lui manquait, sa présence lui manquait. Mais il ne s’était pas encore fait à l’idée qu’elle était enceinte. Enceinte d’un autre homme que lui. Cette révélation n’avait cessé de le hanter, et il s’en voulait d’en vouloir à Brooke pour une chose dont il ne devrait pas. Après tout, c’était lui qui était parti treize ans plus tôt !

Il se retourna en entendant les pas de Lena retentir sur le parquet du salon. Voilà plus d’une heure que la jeune fille aurait dû rentrer. C’était la première fois qu’il acceptait qu’elle sorte avec ses amis, et il lui avait expressément demandé de rentrer avant vingt-deux heures.  

- Salut, papa.  

Sa fille vint l’embrasser distraitement sur la joue, avant de se détourner pour se laisser tomber dans le canapé.

- Pourquoi rentres-tu si tard, Lena ?

- Il n’est pas tard !

- Je t’avais demandé de ne pas rentrer au-delà de vingt-deux heures, or il est bientôt onze heures. C’est ça que tu appelles rentrer à l’heure ?

- Ce n’est pas la peine d’en faire tout un plat. J’essaie seulement de m’intégrer dans cette nouvelle ville ! On ne m’avait jamais invitée.

- Oh, ma chérie… Je suis content que tu te fasses des amis. Il y en a une en particulier ?

- Kelly. Il y avait aussi Adam, il est en troisième.

Lucas sentit sa tension monter d’un cran.

- Ce garçon, il est comment ?

- Assez craquant. Il est très intelligent.

- Quel âge a-t-il ?

- Quatorze ans.

- La prochaine fois, j’aimerais que tu me préviennes avant de sortir avec des garçons.

- Oh, papa… Tu ne me fais pas confiance ?

- Ce n’est pas une question de confiance, Lena. J’essaie de te protéger. Je sais comment réagissent les adolescents. Tu ne voudrais tout de même pas te retrouver enceinte ?

- Oh, je t’en prie, pas le discours sur les dangers qui menacent les jeunes filles ! D’ailleurs, je te trouve un peu hypocrite. Regarde ta copine ! Elle est célibataire, et elle est enceinte !

Lucas se figea, horrifié par les paroles de sa fille. Parlait-elle de Brooke ?

- Ne fais pas cette tête là, papa, elle me l’a dit. On est amies, elle et moi.

- Brooke est adulte. Sa vie ne regarde qu’elle, ce qui n’est pas ton cas.

- De toute façon, ça n’ira pas plus loin…

Alerté par le son de la voix de Lena, il leva les yeux et vit qu’elle fronçait les sourcils, troublée.

- Elle va avorter.

Lucas en resta bouche bée. Il ne savait même plus ce qui le choquait davantage : le fait que Brooke voulût interrompre sa grossesse, ou la désinvolture avec laquelle sa fille en parlait.

- Qu’est-ce qui te fait croire ça ? Elle te l’a dit ?

- Non. Une carte est tombée de son sac. Je l’ai ramassée pour la lui rendre, et j’ai vu que c’était l’adresse d’une clinique qui fait des avortements.

Lucas se retourna vers la baie vitrée. Voilà qui donnait un sens nouveau aux paroles de Brooke ! Ce bébé ne sera pas un problème, ni pour toi, ni pour qui que ce soit… Horrifié, il mesura la solitude dans laquelle elle devait être pour envisager pareille solution. Elle qui avait toujours rêvé d’avoir des enfants.

Le lendemain soir, Lucas souhaita une bonne nuit à sa fille et sortit dehors. Ses pas le menèrent sur la plage, comme si un esprit le guidait. En quelques secondes, il se retrouva sur le perron de la maison de Brooke. Il prit une profonde inspiration, et frappa.

Le battant de la porte s’écarta et il découvrit une jeune femme plus que désirable. Brooke portait un minishort blanc et un débardeur noir qui mettait toutes ses formes en valeur. Réprimant le désir qui l’envahit alors, il afficha un sourire.

- Bonsoir, Brooke.

- Lucas ? Il y a un problème avec Lena ?

- Non, elle va bien. Je peux entrer ?

- Je… d’accord.

Elle le précéda dans le hall et l’entraîna vers la cuisine. Elle leur servit de grands verres de lait et retira le couvercle de la réserve à cookies. Elle lui en proposa, mais il déclina l’offre, trop stressé pour avaler quoi que ce soit. Son discours bien préparé lui était tout à coup sorti de la tête, et il se demanda de quel droit il était venu ici.

- Ne fais pas ça, Brooke. Même si les choses semblent impossibles pour l’instant, tu le regretteras plus tard.

- De quoi est-ce que tu parles, Luke ?

- De l’avortement. Je t’en prie, ne tue pas ton bébé.

La perplexité du visage de Brooke céda la place à la colère.

- Comment peux-tu venir me faire un discours chez moi ? Et suggérer que je vais avorter de mon bébé ? Il n’en est pas question !

- Non ?

- Bien sûr que non !

- Ouf, tu me rassures. Si tu n’as pas l’intention de te faire avorter, pourquoi as-tu cette carte dans ton sac ?

- C’est ma mère qui me l’a donné. Elle me recommande ce centre, il est très bien… enfin, il paraît qu’il est très bien.

- Tu ne veux vraiment pas avorter ?

- Non !

Brooke fut prise d’un étourdissement, et ses yeux se fermèrent l’espace d’un instant. Son visage blanchit, sa bouche se contracta. Tous son corps sembla se révulser à l’idée de l’avortement. Comment une mère pouvait-elle tuer son bébé ? Comment cela était-il possible ? Comment avait-elle eu le courag


Haley90  (23.03.2008 à 18:52)

Brooke fut prise d’un étourdissement, et ses yeux se fermèrent l’espace d’un instant. Son visage blanchit, sa bouche se contracta. Tous son corps sembla se révulser à l’idée de l’avortement. Comment une mère pouvait-elle tuer son bébé ? Comment cela était-il possible ? Comment avait-elle eu le courage de se rendre dans ce centre ? Pourquoi avait-elle tué son bébé ? Pourquoi ne l’avait-elle pas gardé ? Pourquoi, pourquoi…

- Brooke ? Est-ce que ça va ?

- Lucas, je…

- J’ai comme l’impression que tu me caches quelque chose…

- Je… non…, non je ne te cache rien.

- Tu en es sûre ? Tu sais que tu peux tout me dire. Je serai toujours là pour toi, Brooke.

- Je sais…

Sa voix s’éteignit. Les larmes lui brouillèrent la vue, et sans qu’elle ne puisse rien faire pour l’empêcher, elle éclata en sanglots. Lucas s’approcha d’elle et la prit dans ses bras. S’il savait la vérité, nul doute qu’il n’aurait pas de pitié pour elle… Si seulement le passé n’était pas ce qu’il était…

Lucas sentit le désir lui serrer le ventre, et Brooke tout autant. Malgré les larmes qui ne se tarissaient pas, une envie folle la prit : passer toute la nuit dans les bras de l’homme qu’elle n’avait jamais cessé d’aimer depuis toutes ces années.

- Brooke…

- Oui.

La voix rauque de Lucas trahissait le désir qui l’enflammait. Tandis que le ton mal assuré de Brooke laissait entrevoir la lutte qui se déroulait dans sa tête : s’aimer toute la nuit, ou laisser partir son grand amour ? La réponse n’eut pas le temps d’atteindre son cerveau, Lucas posa ses lèvres sur les siennes. C’était comme avant… ses lèvres étaient si douces, son baiser si passionné, et ses caresses si brûlantes.

Les deux amants s’abîmèrent dans un long baiser passionné, puis d’un seul élan doux et agréable, il la souleva pour l’asseoir sur la table. Lucas posa les mains sur les courbes de ses hanches, avant de glisser les doigts sur sa peau tiède et satinée. Brooke se colla à lui tandis qu’il s’activait pour les déshabiller. Tandis qu’il la caressait, elle entrelaça les mains dans ses cheveux, et il entendit sa respiration haletante, les battements désordonnés de son cœur. Son propre cœur s’emballa lorsqu’elle enroula ses jambes autour de ses reins et se serra encore plus fort contre lui. Enfin, ils se retrouvèrent peau contre peau, comme avant. Les courbes de Brooke épousaient parfaitement celles de Lucas, c’était comme si il retrouvait l’endroit où il avait envie d’être depuis toutes ces années.

Après l’amour, ils demeurèrent tendrement enlacés sur la table. Leurs souffles se calmaient, leurs sens également. Brooke percevait le rythme de la respiration de Lucas, redevenue paisible. Sa propre respiration s’était calmée aussi. Elle repoussa mentalement les reproches et les regrets qui ne tarderaient pas à pénétrer son cerveau, et les garda pour le lendemain. Pour l’instant, la seule chose qui comptait, c’était le corps de l’homme qu’elle avait toujours aimé qui reposait sur le sien.

- Brooke ?

- Mmm.

- Tu me le dirais si tu me cachais quelque chose ?

Sa question la prit de cours. Lucas avait-il deviné la vérité ? Quelqu’un lui en avait-il parlé ou y avait-il songé seul ? Peut-être était-il temps de lui révéler la vérité…

- Luke, je…

- J’ai raison, hein ? Tu me caches bien quelque chose ?

- Oui… je suis désolée.

- Tu veux m’en parler ?

- Je… c’est difficile à expliquer. C’était du passé, mais…

- Est-ce que ça me concerne ?

- Oui, en fait, c’est à cause de toi.

Lucas se dégagea et il se redressa, l’air inquiet.

- Comment ça ?

- Il y a treize ans, quand tu es parti… je… j’étais enceinte.

- Tu étais… ?

- Je l’ai découvert quelques jours après ton départ… Je ne savais pas quoi faire, Luke… j’étais désespérée, tu ne m’avais laissé aucun numéro, je n’avais aucune idée de l’endroit où je pouvais te joindre et…

- Tu as tué notre enfant ?

- …

- Brooke, est-ce que tu as tué notre enfant ?

- Je suis désolée, Lucas…

Triste et en colère, celui-ci se leva brusquement et d’une main mal assurée, renfila son pantalon et sa chemise. Sans un regard pour celle à qui il venait de faire l’amour, il quitta la maison en claquant la porte derrière lui. Un coup sec qui résonna longtemps après le départ de Lucas. Puis, tout redevint silencieux dans la villa de Brooke. Aucun bruit. Sauf les sanglots de la jeune femme qui, les mains sur le visage pleurait à chaudes larmes.

 

Lucas réfléchit longuement la nuit suivante. Comment Brooke avait-elle pu tué leur bébé ? Il avait beau tourner cette question dans tous les sens, il n’en trouvait pas pour autant la solution. Un bébé, c’était tellement merveilleux… Si il était resté, Brooke aurait-elle quitté Peter pour vivre avec lui et leur enfant ? Aurait-elle risqué de tout perdre pour eux ? Lucas en doutait, mais qui pourrait en vouloir à Brooke ? Elle qui avait mis tant d’années et d’énergie à se faire remarquer pour sa marque de vêtement. C’était compréhensible qu’elle n’accepte pas de tout perdre. Pourtant, elle avait renoncé à lui pour ses vêtements… D’un côté, il la comprenait. Lui n’était-il pas parti pour un poste de coach ? Non, ce n’était pas comparable, Brooke était mariée, il ne voulait pas continuer à voir une femme mariée. Mais, elle, n’était-ce pas pour la même raison qu’elle avait avorté ? Pour préserver son mari, et sa reconnaissance en tant que créatrice ?

Après avoir passé toute la nuit à réfléchir à la question, Lucas y voyait plus clair dans son esprit. Il aimait Brooke, et peu importait le passé. Tout le monde faisait des erreurs, et ils auraient tout le loisir d’avoir d’autres enfants. Décidé, il déposé Lena au collège, avant de se diriger vers la villa de la jeune femme.

- Lucas ? Tu n’es pas au lycée ?

- Bonjour, Brooke.

Elle s’écarta pour le laisser entrer et l’entraîna dans le salon. Cela faisait treize ans que Lucas n’y était pas revenu. Rien n’avait changé. Seuls les meubles avaient déménagé pour se placer ça et là. Mais tout était pareil qu’avant.

- Je suis désolé, Brooke. Pour hier, je veux dire.

- Je… c’est normal. Ça a dû être un choc pour toi de l’apprendre.

- Oui, un gros même. J’y ai réfléchi toute la nuit et j’en suis arrivé à me dire que c’était du passé et que nous aurions tout le loisir d’en avoir d’autres. Des enfants, j’entends.

- …

- Quand a lieu ta première échographie ?

- Mardi. Pourquoi ?

- Je viendrai avec toi.

- Luke, c’est adorable de le proposer…

- Il n’y a pas de mais qui tiennent ! Je tiens à être présent à tes côtés pour ce moment important de ta vie. J’en ai loupé tellement…

Brooke lui adressa son plus beau sourire, et ses joues rosirent de plaisir. Lucas n’avait pas expressément dit qu’il l’aimait toujours, mais il tenait à l’accompagner à l’échographie, c’était déjà un grand pas en avant. C’était un début. Un très bon début.

 

Sept mois avaient passé depuis la déclaration de Lucas, Brooke arborait à présent un beau ventre rond, et le bébé ne devrait plus tarder à sortir. Dans deux semaines, il serait là. Elle avait préféré garder le sexe secret pour préserver la surprise au moment de la naissance. On était samedi, et Lena avait insisté pour emmener son père et Brooke faire les boutiques, une dernière fois avant l’arrivée du bébé. Pendant que la jeune fille et son père discutaient autour d’une boisson fraîche, Brooke était aux toilettes.

- Oh non…

Une nouvelle contraction la saisit. Cette fois, ce n’était pas seulement son ventre mais son corps entier qui passait au pressoir gigantesque.  Plus moyen de bouger ni de respirer. Ses pensées étaient elles aussi paralysées. Quand la vague de douleur et de pression retomba, elle se retrouva accroupie contre les lavabos des toilettes publiques d’un centre commercial. Oh, seigneur… C’était le moment. L’accouchement. Dans un centre commercial !

- Oh…

Un liquide chaud jaillit et se déversa le long de ses jambes, faisant une flaque en dessous de ses pieds. Lena arriva comme une folle dans les toilettes, et son visage se figea à la vue de Brooke.

- J’ai perdu les eaux. Va chercher ton père.

L’adolescente hocha la tête et courut à la recherche de son père. Pendant ces quelques secondes, Brooke inspira profondément comme on le lui avait appris aux cours d’accouchement sans douleurs. Sans douleurs, mon œil !

Une minute plus tard – une minute qui sembla une éternité à Brooke – Lucas entra dans les toilettes, le visage tendu.

- L’ambulance est en route.

Calmement, Lucas lui prit la main et lui entoura le dos de son bras pour la soutenir.

- Tout va bien se passer, Brooke, je te le promets.

Son calme et son ton assuré se communiquait à la jeune femme et ses paroles eurent un réel pouvoir. Elles continuèrent à résonner à ses oreilles, même quand les ambulanciers refusèrent de le laisser faire le trajet avec elle, même quand de nouvelles contractions lui broyèrent le corps, même quand elle dut hurler à l’infirmière d’admission qu’elle était en train d’accoucher et qu’elle n’avait pas le temps de remplir tous ces papiers.

Sur le lit qui l’emmenait en salle de travail, elle chercha tout autour le visage de Lucas, en vain. Viendrait-il ? Peut-être avait-il changé d’avis et ne souhaitait plus s’investir dans leur vie ? Elle se résignait à accoucher seule quand il franchit les doubles portes au grand galop, Lena sur ses talons. Il se précipita vers elle mais la sage-femme lui barra le passage.

- Vous êtes le mari ?

- Je suis le père.

Ses propres paroles le choquèrent, puis la justesse de ce qu’il venait de dire s’imposa à lui. Oui, c’était vrai, il avait fait tout ce que peut faire un père : les cours d’accouchements sans douleurs, les échographies, les massages, les choix de prénom. Alors pourquoi n’aurait-il pas ce droit ?

- Vous voulez rester avec elle ?

- Oui.

- Lena peut venir aussi, si elle veut.

Brooke avait lancé cette phrase de la table d’accouchement, souhaitant partager ce moment particulier avec la jeune fille qui, au fil du temps, était devenue son amie.

- Je peux ?

La sage-femme approuva de la tête, et Lena et son père passèrent leurs blouses bleues.

Lucas soutint Brooke pendant tout le travail. Il lui essuya le front, haleta et souffla avec elle, il la laissa même planter ses ongles dans son bras quand la douleur sembla insupportable. Deux heures plus tard, lorsque les cheveux du bébé parurent, ses cils étaient mouillés, et il se sentait aussi heureux, aussi fier que n’importe quel papa.

Le bébé semblait pressé de sortir. Brooke poussa de toutes ses forces, agrippée aux épaules de Lucas, qui sentit sa souffrance et sa tension comme si c’étaient les siennes. Un peu en retrait, Lena trépignait d’impatience, un peu effrayée tout de même…

Dans un cri guttural de la mère, la tête entière émergea. Quelques secondes plus tard, le corps tout entier sortit et la sage-femme brandit le bébé en signe de victoire.

- Une belle petite fille !

Lucas souriait, ému, tout comme Lena.

Les larmes de Brooke et son sourire de bonheur, son sourire magnifique… Lucas la serra dans ses bras, l’embrassa, le cœur débordant d’amour pour elle et son bébé.

Une infirmière acheva de nettoyer le bébé et le posa sur le ventre de sa mère. Ecartant la blouse dont on l’avait affublée, Brooke lui offrit son sein. Instinctivement, sa bouche minuscule se mit à téter, son petit poing pétrissant l’air. A la vue de ce tableau, Lucas attira Lena contre lui, et ils contemplèrent, émerveillés, la scène qui se déroulait sous leurs yeux.

- Vous allez l’appeler comment ?

Brooke en avait beaucoup discuté avec Lucas, et d’un commun accord, ils avaient décidé d’un prénom qui leur convenait à tous deux. Lena avait été enchantée, elle aussi.

- Sarah. Sarah Beth Scott.

Les yeux de Lucas se brouillèrent, sa poitrine se gonfla de fierté et, pendant un instant, il fut incapable de parler. Le fait que Brooke ait choisi son nom était un cadeau. Puis, il esquissa un sourire.

- Ça lui va comme un gant.

D’un geste plein d’amour, il tendit le doigt et caressa la joue de la petite fille. Une enfant pour qui son cœur débordait déjà d’amour.



Neuf ans plus tard
 


Brooke était appuyée contre le balcon de leur villa, offrant son visage à la brise légère de l’océan. Elle scruta l’horizon, à la recherche de son mari. Enfin, elle le repéra, il remontait de la plage en direction de leur villa. Elle et Lucas s’étaient rencontrés, puis séparés, puis retrouvés et enfin, ils s’étaient mariés. Voilà huit ans qu’ils partageaient leur vie ici, à Tree Hill dans leur superbe villa sur la plage, avec leurs enfants.

- Maman !

Brooke se retourna en entendant sa fille. Elle accueillit avec bonheur la fillette qui lui sauta au cou. Louise avait quatre ans, c’était une adorable petite fille, brune comme sa mère et aux traits exactement identiques à ceux de son père.

Quelques secondes plus tard, sa fille aînée accourut elle aussi. Brooke se baissa pour prendre dans ses bras l’exubérante enfant de presque neuf ans qu’était devenue Sarah Beth. Elle avait du mal à croire que celle-ci avait été un bébé grognon et craintif, tant elle la sentait robuste dans ses bras, avec ses cheveux blonds soyeux et bouclés.

- Maman, on a reçu une lettre de Lena !

Elle leva les yeux et regarda Lucas s’approcher. Son séduisant et merveilleux mari portait dans ses bras leur bébé de neuf mois, Jules.

Brooke était devenue une mère sereine et détendue, et cela expliquait sans doute pourquoi Jules était moins grognon que ne l’avait été Sarah Beth bébé. De toute façon, tout cela appartenait au passé. Sarah Beth était une enfant florissante, ainsi que Louise et Jules, et Brooke adorait ses trois enfants.

Lucas, tout heureux, lui tendit une épaisse enveloppe beige.

- Invitation à la remise des diplômes. Lena a terminé ses études d’enseignante en un temps record ! C’est le week-end prochain, à Charlotte. Elle est très excitée à l’idée de nous revoir, et espère que Sarah Beth, Louise et Jules pourront également y assister. Elle tient à tous nous voir réunis car elle veut nous présenter son fiancé…

- Son fiancé ? Adam ?

- Oui, le même Adam qu’au collège. Ils se sont retrouvés à l’université, et il l’a demandé en mariage. Ne t’inquiète pas, ils comptent attendre un an ou deux avant de se marier.

- Alors, elle va se marier…

Lucas hocha la tête et Brooke parcourut l’invitation en souriant.

- J’ai hâte d’y aller.

- Oui, moi aussi.

Elle passa un bras autour de son mari et sourit à ses filles. Ainsi unie à sa famille, elle regarda au loin l’océan qui s’étendait à perte de vue et adressa un remerciement silencieux au destin d’avoir enfin réuni ceux qui s’aiment.

Haley90  (23.03.2008 à 18:54)

THE END

Haley90  (23.03.2008 à 18:58)
J'espère que ma fic vous a plu... C'est la première que je publie sur ce site, mais j'en ai déjà publiée d'autres sur d'autres sites. C'est tous les supers écrivains qui sont sur ce site qui m'ont donné envie d'écrire à mon tour, alors j'espère vous avoir fait passé un bon moment en me lisant. Laissez vos impressions et vos conseils pour que je puisse m'améliorer !
Merci et bisouss

Haley90  (23.03.2008 à 19:00)

C'est interessant, il y a quelques semaines, voir même quelques mois je reçois dans ma boite MP une fic, cette fic, et l'expediteur était Haley92, or tu es Haley90... Ce qui veux surement dire que soit:

-Tu as changée de pseudo ce qui est impossible...
-Soit tu t'es réincarné en Haley92...
-Soit tu as pris un deuxième compte parce que tu avais honte d'avoir plagié le clip " Il avait les mots" et tu voulais d'une "nouvelle naissance"
-Soit tu mens...

Je penche pour la 3 et la 4...

Sur cette noble conclusion, j'attends une explication et je pense que si tu as une double indentité il serait temps de la dévoiler au grand jour, parce que si tu avais lu le réglement tu saurais, que les comptes multiples sont interdit... Et surtout si c'est pour mentir et se faire passer pour ce que tu n'es pas!

Amicalement...
J'avais adoré le début de cette fic au passage, mais je n'ai jamais eu la fin, heureusement que j'ai une mémoire d'éléphant et que je me souviens des première lignes et des premières pages!

PS: Je me suis ratée... C'est dans la police que j'aurais du rentrer!^^

Sam


nanouee  (23.03.2008 à 19:16)

Hey Hey Hey,

Il y a des soirs comme ça, où je suis assez candide, alors si tu veux t'offrir un nouveau départ avec toutes les déclinaisons possibles du Haley+Numéro, personnellement je n'y vois pas d'objection, et vu que j'ai décidé de t'accorder le bénéfice du doute sur cette fic, qui je l'espère est de toi du début à la fin, alors je dois dire que j'ai beaucoup aimé l'histoire, ô combien kitche, prévisible, mais  fluide, et pour une raison obscure on va jusqu'au dernier mot, le côté Arlequin assumé. (J'entends par là le "Ils sont veufs, l'un comme l'autre" ou le typique effet--> simple geste, souvenirs des corps à corps passés, désirs)

Après, les enfants, je ne suis pas une inconditionnelle, un c'est déjà trop à mes yeux, mais là ils sont au noeud de l'intrigue, ça parait assez logique, on suit plus la femme que la mère (entre guillemets), ils ne font office que de cerise pour parfaire le reste, pq pas ! lol

Les descriptions jalonnent tt le texte, les sentiments sont bien retranscrits, le voc varié, le point de vue des personnages aussi, j'aime bcp la faculté que tu as à te mettre à la place d'un père, puis à celui d'une mère, il y a de l'aisance.

Alors mm si apprécier ce genre de lecture kitche ms kitche me fait peur et que le "First fic" est de troooop (:P) jai aimé, dc Bravo.


sydbristow  (23.03.2008 à 21:02)
J'aime énormément ta fiction. Dis-donc vous êtes tous des artistes en herbe ici !
C'est fiction comme je les aime, en plus c'est du Brucas ^^
Mon commentaire doit te paraître bein minuscule par rapport aux précédents. . .
Je trouve que tu as du talent et ton histoire est l'une de mes préférée :)

missfan57  (24.03.2008 à 22:00)

J'ai énormément aimé ta fic. Je trouve qu'elle se lit très bien et les descriptions sont magnifiques. Tu as su tout nous montrer et ne pas faire une fic hyper longue. J'ai adoré !!!

Je me réjouis de te relire bientôt. Continue comme ça.

Bisous !

melinou27  (25.03.2008 à 10:44)

Honnetement et qui que tu sois j'ai aimé ta fic meme si je la trouve trop prévisible avec une fin à la "ils se marrièrent et eurent beaucoup d'enfants".

Sinon c'est vrai que c'est fluide avec un voca varié et c'est cool mais bon après le doute subsiste:

-qui est-tu vraiment?
-Est-ce de toi ou du plagiat??


J'avoue que le com' de Sam me laisse perplexe quand à l'authenticité de ta fiction.


fanscott21  (25.03.2008 à 12:52)
Je rejoins les autres, ta fic a l'air pas mal, c'est fluide, la lecture est facile mais un conseil: mets plus d'espace entre les paragraphes la prochaine fois, ça fait trop compact...

Cependant, si cette fiction n'est pas de toi, je trouve ça dommage que tu ai plagié cette oeuvre... Je déteste le plagiat car cela montre simplement un manque de confiance en soi chez les plagieurs, ils s'approprient le travail des autres car ils jugent leur propre travail médiocre...

Je te laisse le bénéfice du doute...
Par contre, si tu envisage d'écrire une autre fic par toi même, je t'encourage à continuer.


brathan576  (25.03.2008 à 17:59)

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