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Série : One Tree Hill
Création : 25.08.2009 à 22h21
Auteur : lilounette
Statut : Terminée
« Et voici la suite de Kidnapping, très longtemps après je vous l'accorde... Mais mieux vaut tard que jamais! :D Pour ceux qui souhaitent se rafraîchir la mémoire, la 1ère partie est page 40 des fi » lilounette
Cette fanfic compte déjà 4 paragraphes
(Ceci est une fic complète)
Enjooooy! :D
Musique: The reason by Hoobastank
https://www.youtube.com/watch?v=3Q30-2QpZVc&feature=fvst
Jeudi 23 Novembre, 9h58:
Une camionnette crissa sur le goudron dans un bruit strident. Les portes de derrière s’ouvrirent alors brusquement, d’où un homme sortit aussitôt.
“- Allez, allez, on se dépêche! cria-t-il.”
L’ordre fut aussitôt exécuté et d’autres individus descendirent agilement du camion.
“- Vers l’immeuble! souffla-t-il.”
Les hommes, vêtus d’une combinaison noire, avancèrent rapidement vers la porte. Le seul bruit qui pouvait se distinguer de cette avancée, était celui de leurs armes, balancées dans l’excitation du moment.
Les snipers ouvrirent la porte de l’immeuble brusquement, armes en main.
“- Troisième étage.”
Les hommes s’engagèrent alors dans l’escalier. Leurs chaussures martelaient le sol tandis que les snipers, dont seuls les yeux étaient visibles, étaient attentifs au moindre bruit. Ils agitaient leurs fusils une fois sur les côtés, une fois devant eux.
Au même moment, dans un appartement:
Agenouillée sur un canapé, membres liés, un bâillon posé à côté d’elle, une jeune fille criait sous le regard d’un jeune homme. Elle criait pour se libérer d’un sort auquel elle ne pouvait échapper, pour avoir une chance. Pourtant, ses cris se firent de moins en moins entendre, comme si la force lui manquait. A la place, les larmes, les pleurs se firent de plus en plus insistants, montrant sa peine, son impuissance. Les appels à l’aide dominaient jusqu’alors ses larmes, mais pour combien de temps?
Haley criait devant Nathan...
10h01:
Après leurs course effrénée dans les escaliers, les snipers arrivèrent devant la porte de l’appartement situé à gauche du troisième étage. Pendant que deux membres se placèrent sur les côtés de l’entrée, l’agent responsable de l’opération était devant celle-ci. Il fit un signe à plusieurs hommes, leur montrant qu’ils devaient être prêt à tout moment, tirer à tout moment. Les snipers acquiescèrent, l’agent hocha la tête et regarda la porte.
Dans sa main gauche, une arme, chargée. A l’aide de sa main libre, il frappa.
Aucun bruit, un silence de mort, juste les respirations haletantes des snipers.
“- Police, il y a quelqu’un?”
Aucune réponse. L’agent échangea un regard avec les snipers situés sur les côtés de l’entrée. Ceux-ci hochèrent la tête en signe d’approbation. Alors, l’agent recula et jeta un violent coup de pied sur la porte.
Aussitôt, il pointa son arme, suivi des snipers...
Brooke était toujours assise, les yeux fermés, sans rien dire. Sa main était posée sur celle de Lucas qui était sur son épaule, sa tête prenait appui sur le ventre de celui-ci. Ils étaient là l’un pour l’autre, ils étaient ensemble, prêts à affronter cette épreuve, prêts à se battre pour leur amie.
Mais soudain, le téléphone vint troubler ce silence, et cette promesse de rester ensemble jusqu’au bout, quoi qu’il arrive. Lucas empoigna le téléphone posé sur la table. Il appuya sur un bouton et répondit.
“- Allô?
- Lucas Roe?
- Oui.
- C’est au sujet de votre amie, Haley James.”
10h03:
L’agent indiqua avec son index les directions que devait prendre chaque homme. Il avança peu à peu, pointant son arme derrière les portes, dans les placards, cherchant un indice, quelque chose, quelqu’un.
Quelques minutes plus tard, les snipers se retrouvèrent dans le salon où un seul mot régnait, la constatation de leur recherche.
“- Vide.
- Vide.
- Vide.
- Vide.”
L’agent pénétra à son tour dans la pièce, soupira et déclara:
“- Vide.”
Lucas regarda Brooke, plein d’espoir, et d’angoisse. Il déglutit difficilement et parvint à articuler:
“- Oui?
- On s’est rendu à son appartement. On n’a rien trouvé.”
Il y eut un silence, pendant lequel l’agent attendait peut-être une réaction de la part de jeune homme et pendant lequel celui-ci ne savait comment réagir.
“- J’aimerais que vous passiez au poste le plus tôt possible avec votre amie, pour qu’on ait toutes les chances de notre côté.
- D’accord, on viendra, murmura Lucas.
- Bien, à tout à l’heure.”
Le jeune homme acquiesça et raccrocha lentement le téléphone. Brooke le regardait à présent, une lueur d’espoir dans les yeux.
“- Ils sont allés chez Haley, mais ils n’ont rien trouvé. (Pause). Il faut qu’on aille au poste.”
Brooke détourna le regard, les yeux dans le vague, trop faible pour affronter la réalité, trop blessée par celle-ci. Elle déglutit et souffla: “d’accord” avant de se lever.
Quelques instants plus tard, la porte se referma sur deux personnes perdues, peut-être aussi perdues que ne l’était leur amie...
Haley était toujours agenouillée sur le canapé, mais alors qu’il y a quelques minutes encore, elle regardait en direction de la porte, cette sortie de secours, sa sortie de secours, sa tête, ses yeux étaient maintenant baissés, presque posés sur ses genoux.
Des larmes coulaient sur son visage puis descendaient sur sa jupe salie. C’étaient des larmes amer, des larmes de regret. Elle ne trouvait plus la force. A quoi bon crier? On ne l’entendait pas, on ne l’écoutait pas. Mais elle pouvait encore pleurer, sa tristesse était à elle. Son ravisseur pouvait bien la regarder, cela ne lui importait plus; sa peine lui appartenait, à elle et à elle seule.
Elle continua donc de pleurer, encore et encore, comme si cela lui permettait de mieux supporter la douleur. Mais alors qu’elle restait dans cette position, sa main rencontra son collier, et cette bague...
Musique: My friend by Annie Palmer
https://www.youtube.com/watch?v=-vXoqe-EEjM
(Seule la musique est importante, pas le montage^^)
Flash back
Le soleil brillait sur une plage dorée. La mer venait et se retirait doucement, balayant le sable tandis que de petites vagues venaient s’ajouter à ce spectacle apaisant.
Une petite fille aux cheveux dorés marchait lentement, ses pieds jouant avec le sable blanc. Ils se cachaient sous celui-ci, attendant patiemment que l’eau miroitante vienne les libérer. A chaque arrivée des flots, sentant ses pieds picoter, la jeune fille riait, un rire innocent. Elle posa ensuite son regard sur l’horizon
“- Plus tard, j’aimerais aller là-bas, dit-elle en pointant son doigt vers l’inconnu.”
Elle se retourna alors vers son meilleur ami qui était à côté d’elle, et lui sourit.
“- Pourquoi aller là-bas? Ce que tu cherches est parfois tout près, répondit celui-ci.”
La petite fille plaça son pouce et son index sur son menton, signe qu’elle était en pleine réflexion. Elle se retourna ensuite vers son ami, parut vouloir dire quelque chose mais se ravisa pour s’éloigner après de la mer et s’effondrer sur le sable chaud. Le petit garçon la rejoignit. Ils restèrent ainsi quelques instants à regarder l'océan.
“- J’ai peur de la sixième.”
Le petit garçon regarda son amie, très surpris.
“- Mais pourquoi? Tu as été toujours été la meilleure.
- Oui, mais c’est la sixième, c’est un grand changement.
- Et alors? Il n’y a aucune raison que ça ne se passe pas bien.
- Il y a un début à tout.”
Le petit garçon rit à cette remarque, sa meilleure amie avait toujours été très posée, l’empêchant de faire des bêtises, lorsqu’il voulait “se rebeller”, ce qui n’arrivait pas très souvent. C’était Haley, c’était sa Haley. Il posa sa main sur celle de la jeune fille.
“- Mais on sera ensemble; et ensemble, tu sais que rien ne peut nous arriver, dit-il en lui faisant un clin d’oeil.”
Haley sourit, quelque peu rassurée.
Le silence revint quelques instants, seul le souffle du vent se faisait entendre. Mais soudain, Haley reprit affolée:
“Et si on n’est pas dans la même classe?”
Le garçon plissa le front, parut réfléchir à quelque chose, puis sortit un objet de sa poche.
“- Tiens, c’est pour toi.”
C’était une bague, un anneau couleur or. Haley la prit délicatement, tout en la regardant, émerveillée. Elle la retournait dans tous les sens, ne voulant rien rater de ce si beau cadeau, comme pour l’imprimer dans son esprit, et dans son coeur.
Le garçon sourit face à la réaction de sa meilleure amie. Il reprit:
“- Tu vois, cette bague, eh bien quand tu la porteras, je serai avec toi. Et même si on est séparés, je serai toujours avec toi, toujours.
- Oh... Comme les fiancés alors.”
Le garçon rit et répondit:
“- Oui, comme les fiancés, mais nous, on est des fiancés de l’amitié.”
Haley passa délicatement l’anneau à son doigt et l’admira, émue.
“- J’ai une idée. Je vais la mettre sur une chaîne que je porterai toujours.”
Le garçon fronça les sourcils.
“- Pourquoi? Tu ne veux pas la porter?”
Haley rit face à la réaction de son meilleur ami et répondit:
“- Non, comme ça, elle sera encore plus près de mon coeur.”
Le garçon afficha un grand sourire et dit:
“- D’accord, plus près du coeur alors...”
Ils se sourirent, un sourire de complicité, un sourire d’amour, un sourire de meilleurs amis.
Haley murmura ensuite:
“- Je t’aime Lucas. (Pause). Et je n’ai plus peur de la sixième.”
Lucas rit et pressa un peu plus sa main sur celle d’Haley.
Fin du flash back
Haley laissa échapper un soupir et pressa un peu plus sa bague contre son coeur, avant de murmurer:
“- Lucas...”
Et comme la mer caresse le sable, une larme caressa l’anneau, puis deux.
Musique: Wreck of the day by Anna Nalick
https://www.deezer.com/fr/#music/result/all/wreck%20of%20the%20day
Brooke et Lucas pénétrèrent dans une grande salle, dont l’unique mobilier se composait d’une table au centre, entourée de trois chaises. L’agent ferma la porte et contourna la table.
“- Je vous en prie, asseyez-vous.”
Nathan n’osait pas faire un geste, elle avait arrêté de crier, personne n’était venu. Et ceci, au lieu de le soulager, faisait naître un sentiment contraire en lui. Si quelqu’un l’avait découvert, il n’aurait pas eu à prendre de décision, à répondre à une question qu’il se posait depuis maintenant deux jours: qu’allait-il faire?
“- Depuis combien de temps n’avez-vous pas vu votre amie?
- Mardi soir, à la fête.
- Vers quelle heure?
- Je... Je ne sais pas, 23 heures, peut-être moins.
- D’accord. Est-ce que...”
L’agent de police continuait de poser des questions sans fin tandis que le couple y répondait comme des automates, trop sonnés pour réaliser. Leur force avait été happée dans leurs espoirs de revoir leur amie, en vie.
Il fallait réfléchir, et vite. Peut-être pouvait-il la libérer. Peut-être n’avait-elle pas vu son visage distinctement, lorsqu’ aucun bandeau ne lui recouvrait les yeux, ou peut-être ne s’en rappelait-t-elle pas. Peut-être avaient-ils une chance. Nathan bougea ses mains, les essuya sur son jean, laissant apparaître des traces de sang, puis les remit le long du corps: il était nerveux. Enfin, prenant son courage à deux mains, il s’avança vers la jeune fille.
“- Est-ce qu’elle est déjà partie quelque part sans vous prévenir?”
Brooke releva la tête.
“- Que voulez-vous dire?
- Eh bien, est-ce qu'il serait possible que ce ne soit pas un enlèvement? Est-ce qu'elle aurait pu partir avec un garçon? Ou prendre des vacances?"
La jeune fille regarda la policier dans les yeux.
“- Non.”
L’agent acquiesça lentement et écrivit dans son carnet.
“- Très bien... marmonna-t-il.”
Il releva ensuite la tête et demanda:
“- A-t-elle déjà pris des drogues?”
Nathan s’approcha doucement du canapé et s’assit à côté de la jeune fille. Celle-ci était toujours agenouillée, sa tête prenant appui sur ses jambes repliées. Il la regarda, puis de nouveau devant lui: il hésitait. Finalement, il se pencha vers elle et posa ses mains sur ses bras.
Tout doucement, il la releva et elle fut bientôt assise. Ils étaient l’un à côté de l’autre, aucune parole n’avait été prononcée, aucun son. Quelques minutes s’écoulèrent ainsi. Puis Nathan ouvrit la bouche.
Brooke écarquilla les yeux de surprise. Comment osait-il? Elle remua les lèvres, ne trouva pas les mots, ne trouva pas la force. Mais Lucas, lui, en avait encore un peu, alors il eut de la force pour deux. Alors, il parla pour deux.
“- Haley ne prend pas de drogue, elle n’en a jamais pris et je doute qu’elle en prendra jamais.”
Nathan ne savait pas quoi dire, par où commencer, alors il murmura simplement:
“- Haley...
- Ne m’appelez par mon prénom, l’interrompit la jeune fille.”
Elle tourna alors la tête, essaya de trouver son regard, mais c’était toujours le noir...
Le policier regarda Lucas, ses yeux reflétaient la détermination. L’agent mit alors ses mains sur la table.
“- Ecoutez, je sais que c’est dur...
- Non, vous ne savez pas.”
“- Vous n’avez pas le droit de m’appeler par mon prénom.”
Nathan soupira.
“- J’aimerais seulement que vous compreniez...”
L’agent et Lucas regardèrent Brooke. Un silence remplit la pièce. Puis:
“- Y’a-t-il quelqu’un susceptible de lui en vouloir? “
Lucas et Brooke hochèrent négativement la tête.
“- Réfléchissez bien. Des anciens petit-amis? Quelqu’un qu’elle aurait rembarré?A la fête peut-être.”
Tout à coup, le visage de Brooke s’éclaira.
Haley releva la tête.
“- Comment voulez-vous que je comprenne?”
Nathan regarda cette jeune fille, cette jeune fille qu’il avait enlevée. Puis, doucement, il s’approcha...
"- Attendez, elle a rembarré quelqu’un à la fête, il était assez grand, blond... dans les 25 ans. Je crois qu’il s’appelait Thomas.”
L’agent acquiesça et nota rapidement ces informations.
Soudain, la porte s’ouvrit.
Nathan la regardait, elle semblait attendre une réponse. Alors, il continua:
“- Je ne sais pas... Je ne sais pas si vous pourrez comprendre; je ne sais pas moi-même si je peux me comprendre, et si je le pourrai un jour. Tout ce que je vous demande, c’est d’essayer... S’il vous plait."
Haley ne dit rien pendant un instant, peut-être le temps de penser, de réfléchir. Puis, sa voix se fit de nouveau entendre.
“- Oui?”
Un policier parcourut la salle des yeux puis s’approcha de l’agent. Et, à l’oreille, il murmura.
"- Pourquoi? Pourquoi voulez-vous que je comprenne?”
Nathan baissa la tête mais soudain, il la releva et murmura:
“- Vous m’avez dit hier que je n’étais ni un psychopathe, ni un violeur... ni un assassin. J’aimerais vous le prouver."
L'agent tendit l'oreille et écouta.
"- Quelqu'un concernant l'affaire James. Un certain Jack Jaglieski."
Personne n'était venu, du moins pas encore...
Musique: Chasing cars by Snow Patrol
https://www.youtube.com/watch?v=BSfw-qWAJ4w
Ou Chocolate by Snow Patrol
https://www.youtube.com/watch?v=LHTZd9bV6NY&feature=fvst
12h45
Jack était assis devant la table du salon, plongé dans ses livres. Devant lui, des notes, des notes, et encore des notes. Il fronça les sourcils, reprit la phrase du début, assembla les mots tout en essayant de trouver un sens. Finalement, il poussa un soupir et releva la tête. Tout en étirant les bras, il entendit un craquement: il était resté dans cette position durant des heures. Il grimaça et tourna son cou de gauche à droite, essayant de réactualiser ses muscles.
Il jeta un coup d'oeil à ses cours, il avait un important devoir la semaine prochaine et ses révisions n'avançaient pas aussi vite qu'il l'aurait voulu. Mais ce matin avait été une séance fructueuse: 3 heures de révision intenses et il connaissait maintenant du bout des doigts une partie de son sujet.
Estimant qu'il méritait bien une petite pause, et son estomac lui rappelant qu'il n'avait encore rien mangé, Jack se rendit dans le coin cuisine tout en saisissant la télécommande.
Il ouvrit la porte du frigo tandis que des images défilaient sur l'écran, sans presque aucun son. Il sortit un soda et entreprit de se confectionner un sandwitch tout en regardant la télévision.
Et alors qu'il ouvrit sa canette, les informations furent diffusées. Jack augmenta le son et alors, le flash info, le flash enlèvement se fit entendre. Le jeune homme porta la cannette à ses lèvres, les yeux toujours rivés sur l'écran. La photo de la jeune fille enlevée apparut et Jack laissa vagabonder son esprit...
Dire qu'elle avait été enlevée durant la fête où ils s'étaient eux-même rendus. Dire que beaucoup auraient pu empêché ce qui est arrivé. Et dire que quelqu'un, un étudiant sûrement, avait enlevé cette jeune fille... Comment pouvait-on faire ça? Comment pouvait-on détruire la vie de quelqu'un en une seule seconde? Jack agita lentement la tête, il ne comprendrait jamais. Et dire qu'il avait pensé que Nathan aurait un problème...
Il avait les yeux rivés vers l'écran, sans vraiment le regarder, absorbé par ses pensées. Mais soudain, il baissa lentement la canette et son visage prit une expression affolée. Ses yeux se levèrent, comme pour affronter la réalité.
Flash Back
“- Tu as entendu? demanda Jack.
- Quoi? demanda Nathan en regardant rapidement la porte de la chambre.
- Je ne sais pas, comme... des pleurs.”
Fin du flash-back
Non, ce n'était pas possible, ça ne pouvait pas être possible. Il n'aurait jamais pu faire ça, il... Pas lui, pas son meilleur ami, pas Nathan... Mais alors que Jack luttait, une voix intérieure luttait elle aussi, une voix de fille, plus exactement, ses pleurs... Oui, il avait entendu des pleurs mais...
12h53
"- Leonard de Vinci a peint beaucoup d'oeuvres, dont le plus célébre tableau au monde: La Joconde, ou Mona Lisa..."
Peyton notait les informations peu à peu, en compagnie de quelques 40 autres étudiants. Elle arborait cet air lorsqu'on est passionné par quelque chose et qu'il ne faut surtout pas nous déranger.
Mais soudain, la jeune fille sentit sa poche de jean vibrer, elle regarda sur les côtés et constata avec soulagement que personne n'avait remarqué cette intrusion. Elle sortit délicatement son portable et se tassa sur sa chaise.
"- Allô...
- Ah Peyton! Je suis content de t'avoir!
- Moi aussi, Jack, mais là, tu vois, je suis un petit peu en cours...
- C'est pas grave, écoute-moi, j'ai quelque chose de très important à te dire.
- Et ça peut pas attendre la fin de mon cours d'histoire de l'art?
- Peyton, sérieusement. Je crois que Nathan a fait une bêtise, une grosse bêtise..."
Peyton fronça les sourcils.
"- Qu'est-ce qu'il y a ?
- Oui, c'est la question que tout le monde se pose."
La jeune fille ferma les yeux puis regarda le professeur.
"- Jack, je dois te laisser. Je te rappelle.
- Mais Pey..."
Trop tard, celle-ci raccrocha rapidement et rangea son portable.
"- Je ne voulais pas interrompre votre conversation."
Moi non plus, la vie est mal faite, n'est-ce pas?
Peyton fit un sourire gêné et se tassa un peu plus sur sa chaise.
13h02
Peyton se dirigeait vers la cafétéria, tout en composant le numéro de son petit ami.
"- Allô Jack? C'est moi. Tu es très apprécié par mon prof, tu sais."
Jack émit un petit rire et la jeune fille reprit, tout en prenant un plateau:
"- Alors, qu'est-ce que tu voulais me dire? Et qu'est-ce que tu entends par "Nathan a fait une grosse bêtise"?
- Peyton... Tu te souviens de la fille qui a été enlevée, les infos de ce matin?
- Oui, pourquoi?"
Il y eut un silence et finalement, Jack répondit:
"- Je pense que c'est Nathan qui l'a enlevée."
Peyton réajusta le téléphone sur son oreille.
"- J'arrive tout de suite."
Elle reposa alors le plateau et sortit précipitamment de la cantine.
13h18
"- Jack, c'est moi!"
Peyton arriva dans le salon où elle vit Jack, assis sur le canapé, les yeux dans le vague. Elle s'approcha doucement, lui, toujours sans réaction. Finalement, il leva les yeux vers elle. La jeune fille s'assit sur la table basse et le regarda. Son regard était empli d'amour, d'amour pour lui. Elle sourit légèrement, comme pour lui donner du courage, et demanda doucement:
"- Qu'est-ce qui s'est passé?"
Musique: When I talk to you by Mandy Moore
https://www.youtube.com/watch?v=YciJbKBYuE8
Haley avait les yeux perdus dans le vague, et dans le noir. Elle réfléchissait aux paroles de son ravisseur et Nathan, lui, la regardait. Il ne prononçait plus aucun mot, il attendait, il attendait qu'elle dise quelque chose, qu'elle lui fasse un signe.
Une minute s'écoula, peut-être moins, peut-être plus, qui parut une éternité à Nathan. Puis, soudain, Haley releva la tête, posa son regard sur lui et déclara doucement:
"- Vous pouvez toujours essayer..."
Nathan acquiesça lentement, avant de regarder devant lui. Et enfin, les mots qu'il avait voulu dire, les excuses, parvinrent à sortir de sa bouche, de lui.
"- C'était mardi, ce mardi... le 21. Je me suis réveillé en retard et je ne suis pas arrivé à l'heure au travail. C'était un petit travail, au centre commercial. Mais ça a été la goutte de trop: j'ai été viré. Et les factures s'accumulaient et..."
Haley écoutait silencieusement le récit de son ravisseur, les yeux toujours dans le vague, écoutant pourquoi elle avait été enlevée, et par qui. Et alors qu'il prononçait ces derniers mots, elle murmura, sans colère, sans tristesse, sans expression apparente, presque comme un fantôme:
"- C'est pour ça que vous m'avez enlevée, alors."
Elle se tourna ensuite vers Nathan.
"- Vous vouliez demander une rançon. N'est-ce pas?"
Le jeune homme ne sut quoi répondre, il ouvrit la bouche, balbutia, puis finalement déclara:
"- Je sais que ce n'est pas une bonne raison. D'ailleurs, aucune raison n'est valable pour enlever quelqu'un. J'... J'ai fait une bêtise. Seulement, avant de m'en rendre compte, avant de pouvoir réfléchir, le mal était déjà fait, et c'est à vous que j'ai fait du mal. Vous ne pouvez pas savoir à quel point je regrette... Je... Je ne suis pas quelqu'un de méchant, j'ai été un peu idiot, un peu arrogant dans ma jeunesse mais pas méchant.... Alors, je crois que tout ce que je dire maintenant, c'est que je suis désolé."
Il y eut un silence, comme si souvent il y en avait eu entre eux, un silence pendant lequel Nathan se demandait ce qu'il allait faire et durant lequel elle se demandait ce qu'il allait lui faire. Mais pas cette fois, non, cette fois-ci, Nathan savait, Nathan savait ce qu'il allait faire.
Et, doucement, il murmura:
"- Mais je vais réparer ce que j'ai fait.
- Comment?"
Haley avait prononcé ces mots, d'une voix à peine audible, sans espoir, mais sans peur non plus.
"- En commençant par ça..."
Alors, le jeune homme leva lentement son bras, qui se rapprocha de la jeune fille. Il continuait son mouvement, doucement, délicatement, et ainsi, il défit un noeud, puis deux et finalement, le bandeau fut dénoué. Il le retira des yeux de la jeune fille sans geste brusque, d'un mouvement aussi lent pour ne pas lui faire peur et le bandeau fut bientôt posé sur la table basse.
Haley était toujours dans la même position lorsqu'elle sentit un bras derrière elle, près de sa tête. D'abord, elle ne comprit pas mais lentement, elle sentit le bandeau se dénouer Elle ouvrit la bouche de surprise, ferma les yeux fortement, pendant que le bandeau était retiré, comme pour ne pas voir la réalité, comme ayant peur de ce qu'elle pourrait voir.
Mais, finalement, elle inspira, et ouvrit doucement les yeux. Et, pour la première fois depuis deux jours, elle put voir. La lumière était tamisée, devant elle, une petite table basse était installée devant la télévision. Et à côté d'elle, à côté d'elle, son ravisseur...
Musique: Forever love by Anna Nalick
https://www.deezer.com/fr/#music/result/all/forever%20love%20anna%20nalick
Et à côté d’elle, son ravisseur, son ravisseur…
Haley leva les yeux mais à chaque fois, ceux-ci l’évitèrent, comme si le voir, affronter son regard était trop dur.
C’était lui, c’était l’homme qui l’avait enlevée, c’était lui qui l’avait frappée, attachée, cachée, c’était lui…
Elle le regardait, ne sachant pas quoi faire, ne sachant pas quoi dire. Elle pouvait lui dire ce qu’elle retenait en elle depuis deux jours, elle pouvait le blesser comme il l’avait blessée, elle pouvait.
Mais, alors que toute sa colère aurait pu déferler, les paroles ne vinrent pas. Au contraire, elle le regarda vraiment, ses yeux ne fuyaient plus, elle ne fuyait plus.»
Nathan la regardait, attendant qu’elle dise quelque chose. Il avait vu son air perdu, il avait vu la colère dans ses yeux, puis il avait vu autre chose.
Il ne comprit pas, elle aurait du s’enfuir, elle aurait pu s’enfuir. Mais elle était toujours assise, avec lui. Peut-être n’avait-elle pas réalisé ? Ou peut-être avait-elle encore peur ? Peur qu’il lui fasse du mal.
Ils se regardèrent, c’était leur premier regard, leur première rencontre.
Mais Nathan avait tort, Haley n’avait pas peur, étonnamment, elle n’avait plus peur. Elle aurait pu partir et terminer ce cauchemar mais sans qu’elle ne sache pourquoi, elle restait ici.
S’il avait voulu lui faire du mal, il l’aurait déjà fait et peut-être qu’elle ne serait plus là. Mais le fait est qu’elle était là, vivante, avec une bosse sur la tête certes, mais elle était là. Puis Haley baissa légèrement la tête…
« - Vous vous êtes fait mal ? »
Nathan regarda ses mains, encore ensanglantées. Il se rendit alors compte qu’il avait mal, le verre brisé avait laissé des traces.
Alors, Haley fit quelque chose d’insensé pour quelqu’un d’autre, pour quelqu’un qui n’avait pas ressenti ce qu’elle avait ressenti, pour quelqu’un qui n’avait pas écouté le récit du jeune homme : elle avança lentement sa main et prit délicatement celle de son ravisseur.
Nathan la regarda, choqué et surpris.
« - Je ne crois pas que ce soit une bonne idée…dit-il mal à l’aise. »
Haley leva alors la tête, et répondit :
« - Pourquoi ? Vous allez me faire du mal ? »
Nathan hocha lentement la tête de gauche à droite.
« - Alors, je n’ai rien à craindre… »
Et, à ce moment précis, Haley fit quelque chose de peut-être encore plus insensé, elle esquissa un sourire, un sourire destiné à son ravisseur. Elle regarda ensuite de nouveau la plaie, et grimaça.
«- Vous y êtes allé fort…
- Je sais, murmura Nathan en évitant son regard. Je m’en voulais. »
A cette parole, Haley releva la tête, puis dit simplement :
«- Je sais. »
Nathan acquiesça lentement la tête et regarda la jeune fille inspecter sa main blessée. Un silence suivit, que Nathan brisa quelques instants plus tard.
« - Vous n’êtes pas obligé de faire ça, vous savez.
- Non, c’est vrai, répondit la jeune fille en le regardant. Comme vous n’étiez pas obligé de me retirer le bandeau. »
Ils se regardèrent quelques secondes, sans parler, puis Haley reposa la main de Nathan, avant de se lever.
Nathan tourna la tête et regarda devant lui. Eh voilà, elle partait, c’était fini. Elle le dénoncerait sûrement, il irait en prison… Pourtant, au lieu de vouloir la retenir, il ne bougea pas, attendant son sort, pensant qu’il le méritait. Mais soudain, elle revint…
Il la regarda s’asseoir sans comprendre. Pourquoi n’était-elle pas ... ? Et comme pour répondre à ses questions, la jeune fille montra du désinfectant et dit :
«- Pour nettoyer la plaie. »
Elle prit de nouveau la main du jeune homme et déboucha la bouteille.
«- Aîe ! grimaça Nathan lorsque l’alcool enduit sa main..
- Désolé… »
Nathan la regarda et soudain, dit précipitamment :
«- Vous devriez partir, en retirant sa main. »
Haley leva ses yeux vers les siens, les fixant, les affrontant, puis, simplement, répondit :
« - Je sais.
- Alors, partez. Je… Je ne mérite aucune attention, je m’en veux déjà assez comme ça, alors si vous, de votre côté… Je ne mérite aucune pitié. »
Haley se tut d’abord, et sa voix se fit ensuite entendre, calme et douce, presque avec un ton amusé, puis ; sérieux :
«- J’ai été enlevée, vous m’avez enlevée. Honnêtement, c’est moi pour qui on devrait avoir pitié. Non, vous ne me faites pas pitié. (Pause) Donnez-moi votre main. »
Ainsi, Haley prit délicatement la main de Nathan et étala doucement l’alcool, sous le regard du jeune homme.
«- Voilà.
- Merci. »
Nathan remit sa main, désormais désinfectée, sur son jean.
Puis, Haley reprit la parole, regardant devant elle :
«- J’aimerais savoir qui est mon ravisseur… »
Nathan tourna la tête vers elle et murmura:
«- Pourquoi ?
-Pour vous dénoncer. »
Musique: Run by Snow Patrol
https://www.youtube.com/watch?v=83ITQsLv8Es&feature=fvst
« - Pour vous dénoncer. »
Haley regarda alors son ravisseur.
« - C’est ça que vous aimeriez entendre, n’est-ce pas ? Est-ce que si je vous disais ça, vous me feriez du mal? continua-t-elle la voix chevrotante. »
Nathan hocha lentement la tête de gauche à droite.
« - Non… Je ne vous ferais pas de mal, murmura-t-il. Je ne vous ferai pas de mal, dit-il plus fort. »
13h42
« Quelqu’un concernant l’affaire James. Un certain Jack Jaglieski. »
L’agent fronça les sourcils puis regarda le couple devant lui.
« - Je reviens, déclara-t-il en se levant. »
Il sortit alors suivi du policier.
Une fois la porte fermée :
Brooke et Lucas échangèrent un regard silencieusement.
« - Qu’est-ce qui se passe ?murmura la jeune fille.
- Je ne sais pas… Mais j’espère que c’est quelque chose de bien, répondit Lucas en regardant Brooke dans les yeux. »
Celle-ci acquiesça lentement, les yeux dans le vague. Lucas prit alors doucement sa main et la serra contre la sienne en souriant légèrement. Alors, la jeune fille le regarda et esquissa, elle aussi, un sourire.
« - Qu’est-ce qu’il sait ? »
L’agent et le policier se dirigeaient vers la salle d’attente.
« - Il saurait apparemment qui est le ravisseur. »
L’agent s’arrêta brusquement et regarda le policier.
« - Sérieusement ?
- Oui, je sais. Il est là-bas, reprit-il en montrant un jeune homme avec sa main. »
L’agent acquiesça et se dirigea alors vers lui.
Jack était assis dans la salle d’attente du commissariat, les yeux dans le vague, dans le vide.
« - Tout va bien se passer… le rassura la jeune fille à côté de lui. »
Jack la regarda alors et esquissa un sourire.
« - Je ne sais pas, peut-être que… peut-être que je me suis trompé, que je ne devrais pas être ici. Imagine les problèmes qu’il risque d’avoir.
- Jack, dit doucement Peyton en posant sa main sur celle du jeune homme, je sais que c’est ton meilleur ami, mais pense à cette jeune fille… (Pause) Et si tu t’es trompé, tu auras fait part de tes doutes à la police, et ils pourront vérifier que Nathan n’y est pour rien. »
Jack ne répondit rien pendant quelques secondes puis, en regardant Peyton :
« - Et si je ne me suis pas trompé ? »
Peyton le regarda, pleine d’amour.
« - Alors, je serai là »
« - Jack Jaglieski ? »
Celui-ci et Peyton se levèrent avant de serrer la main de l’agent.
« - Venez avec moi. »
Il les conduisit alors dans une salle, la salle voisine où étaient Brooke et Lucas.
« - Donc, dites-moi ce que vous savez, reprit l’agent en s’asseyant. »
Jack regarda Peyton, qui lui donna sa force par un simple regard, puis répondit :
« - Parfait, reprit Haley une larme coulant sur sa joue. Parce que je préférerais vraiment qu’on s’en sorte, tous les deux. »
Elle essuya maladroitement sa joue, souffla puis se tourna vers Nathan :
« - Vous n’êtes pas d’accord?
- Si, je suis d’accord… murmura Nathan. Je… Je vais peut-être vous paraître gonflé ; mais je ne veux pas que vous pleuriez, je n’aime pas quand vous pleurez. »
« - Donc, vous pensez que votre ami a enlevé Haley James ?
- Je… Je n’ai pas dit ça, disons que j’ai des doutes, répondit Jack. »
L’agent regarda le jeune homme assis en face de lui puis reprit :
« - Ecoutez, la vie d’une jeune fille est en jeu. Alors, il va falloir me dire exactement ce que vous avez vu, et entendu. »
Peyton posa sa main sur celle de Jack et lui sourit .
« - N’oublie pas ce que je t’ai dit… »
Jack la regarda, puis leurs mains entrelacées et finalement, fit face à l’agent.
« - J’ai entendu des pleurs hier après-midi, mais je n’ai rien vu. Et… j’ai des doutes parce qu’il était à la fête et qu’on ne l’a pas retrouvé à la fin, dit-il précipitamment.
« - C’est tout ? demanda l’agent, suspicieux.
Jack baissa les yeux, sembla hésiter, puis répondit :
« - Il venait de se faire licencier et… il avait bu. »
Brooke et Lucas étaient toujours assis l’un à côté de l’autre, en silence. Leurs mains étaient toujours liées, bercées par leur amour.
Puis, soudain :
« - Tu crois qu’ils vont la retrouver ? demanda doucement Brooke. »
Lucas se tut, il avait renoncé à dire que tout irait bien, il n’en savait rien, mais il l’espérait. Il avait confiance. Alors, pour toute réponse, il passa son bras autour des épaules de Brooke et la serra contre lui. Et, tous les deux, ils fermèrent les yeux.
Haley rit entre ses larmes.
« - Oui, en effet, je vous trouve un peu gonflé. »
Nathan esquissa un sourire puis se leva :
« - Je reviens. »
Quelques instants plus tard, il se rassit, elle était toujours là, et il lui tendit un mouchoir.
« - Tenez. »
Haley regarda le mouchoir, hésita et puis finalement, le prit.
« - Merci. »
Haley essuya ses larmes et se moucha. Elle regarda alors devant elle, le mouchoir dans sa main, et reprit :
« - Je vous trouve un peu gonflé. Mais je préfère ça que de me sentir menacée… »
L’agent regarda attentivement Jack puis demanda :
« - Quelle est son adresse ? »
A cette parole, Peyton pressa un peu plus la main de Jack et celui-ci répondit, scellant le sort de son meilleur ami, sans le savoir.
Brooke et Lucas étaient toujours l’un contre l’autre, partageant leur force, leurs espoirs, lorsque tout à coup, la porte s’ouvrit. Le couple ouvrit les yeux et se redressa . Et l’agent déclara alors :
« - On sait peut-être où est votre amie. »
Brooke écarquilla les yeux, puis regarda Lucas. Elle eut du mal à respirer, Haley allait être retrouvée, elle serait de nouveau avec eux. Et des larmes de bonheur, de soulagement, vinrent naître sur son visage. Lucas, trop sonné, trop heureux, la serra dans ses bras, fermant les yeux. Haley allait être retrouvée, Haley allait être retrouvée…
Nathan sourit, puis reprit quelques secondes plus tard :
« - Vous vouliez savoir qui était votre ravisseur… »
Haley tourna la tête vers lui.
« - Il s’appelle Nathan. Je m’appelle Nathan. »
Une camionnette crissa sur le goudron dans un bruit strident. Les portes de derrière s’ouvrirent alors brusquement d’où un homme sortit agilement.
« - Allez, allez, on se dépêche !»
L’ordre fut aussitôt exécuté et d’autres hommes sortirent rapidement du camion.
« - Vers l‘immeuble ! souffla-t-il. »
Les snipers pénétrèrent alors dans l’immeuble, et s’engagèrent dans l’escalier. Leurs chaussures martelaient le sol tandis que leurs mains tenaient des armes, qu’ils agitaient une fois sur les côtés, une fois devant eux.
Haley ne dit rien d’abord, puis murmura, comme pour elle :
« - Nathan…
- Et je suis désolé. ( Pause) Je suis vraiment désolé. »
Mais Haley ne répondit rien.
Les snipers continuaient leur course lorsqu’enfin, il arrivèrent devant une porte, au deuxième étage. Deux hommes se placèrent sur les côtés de l’entrée tandis que l’agent principal se positionna devant celle-ci. Il échangea alors un regard avec ses hommes.
« - Allez-y, sourit Nathan. Retrouvez vos proches. Et j’espère qu’un jour, vous pourrez me comprendre, juste me comprendre… »
Haley se leva alors doucement et se dirigea vers la porte. Mais soudain, elle s’arrêta avant de faire face à Nathan.
« - Je ne peux pas vous comprendre. »
Nathan détourna le regard, il ne pouvait pas la blâmer, lui-même ne pouvait pas, mais…
« - Mais je peux vous pardonner, continua Haley. Et je vous pardonne. Je vous pardonne, Nathan. »
Nathan releva la tête et regarda Haley, un regard intense. Puis, ils se sourirent.
L’agent vérifia son arme, poussa un soupir, et frappa.
« - Police, il y a quelqu’un ? »
Haley et Nathan se regardaient toujours lorsqu’ils entendirent ce bruit, cette voix. Mais aucun ne réagit, ils se regardaient toujours, un regard toujours aussi intense.
« - Vous devriez aller, murmura Nathan. C’est pour vous. »
Mais Haley ne bougea pas.
Aucune réponse. L’agent regarda ses hommes, puis recula et regarda attentivement la porte, puis l’enfonça. Alors, tous les snipers chargèrent leurs armes.
« - Police ! »
Les agents pénétrèrent précipitamment dans l’appartement. Ils étaient là.
« - Eloignez-vous d’elle ! cria l’agent.»
Une jeune fille était debout, à côté du canapé tandis qu’un jeune homme était assis. Ils se regardaient.
« - J’ai dit, éloignez-vous d’elle ! C’est un ordre ! »
L’agent, suivi des autres, avançait lentement, l’arme dirigée vers le jeune homme, dirigée vers Nathan.
« - Pour la dernière fois, éloignez-vous d’elle… »
Haley regardait Nathan, et lui sourit.
Alors…
Alors…
Alors…
Alors, doucement, Nathan voulut se lever, il devait affronter ses actes, les assumer.
« - Eloignez-vous d’elle… Eloignez-vous d’elle… murmura l’agent. »
Nathan commença alors à se lever, il allait se rendre. Il allait assumer les conséquences de ses actes.
« - Qu’es-ce que ?... souffla l’agent. »
Et, ne comprenant pas que Nathan allait se rendre, pensant qu’il allait essayer de s’enfuir, pendant qu’il allait faire du mal à Haley, il tira.
Musique: Run by Snow Patrol
https://www.youtube.com/watch?v=83ITQsLv8Es&feature=fvst
Et, ne comprenant pas que Nathan allait se rendre, pensant qu’il allait essayer de s’enfuir, pendant qu’il allait faire du mal à Haley, il tira.
Un bruit, un cri, et puis, plus rien...
Et soudain, le temps s'arrêta....
La balle continuait sa trajectoire tandis que Nathan se levait, sous le regard des snipers, sous le regard d'Haley. Ils se regardaient. Ils se rassuraient. Ils se comprenaient.
Mais soudain, comme une goutte de pluie dans un ciel ensoleillé, comme une larme sur une joue, la balle arriva...
Et soudain, il cessa de se lever... Comme si quelque chose l'en empêchait.
Et soudain, il se sentit défaillir. Comme si la force lui manquait.
Et soudain, Haley réprima un cri. Alors que leurs yeux étaient toujours plongés les uns dans les autres.
Et soudain, il tomba... Et, Nathan cessa de regarder Haley.
...
"- Mer... souffla l'agent."
Il baissa alors son arme et se précipita vers le corps du jeune homme.
"- Appelez une ambulance! cria-t-il à ses hommes. Puis à Nathan- Monsieur, vous m'entendez? Est-ce que vous m'entendez? Monsieur? Monsieur..."
Nathan était allongé par terre, il se sentait perdu, sa vue se brouillait. Que s'était-il passé?... Il essaya de se relever, mais sans y arriver. Il essuya de parler, mais ce n'étaient que des murmures.
"- Mademoiselle, vous allez bien? Mademoiselle?"
Haley regardait le corps inerte de Nathan, sans pouvoir parler. Elle ne pouvait pas détacher ses yeux de ce corps, de son ravisseur, de lui.
"- Mademoiselle?"
Mais Haley ne réagissait toujours pas, ses yeux étaient toujours rivés sur le coprs allongé...
Nathan chercha alors quelque chose du regard, quelque chose qu'il connaissait, ou plutôt quelqu'un...
Et là, il la vit. Elle le regardait, bouleversée, apeurée, inquiète?...
Mais l'agent prit à ce moment les épaules de la jeune fille pour l'obliger à le regarder.
"- Est-ce que vous allez bien?"
Haley le regarda, sans comprendre ce qu'il se passait. Elle ouvrit la bouche pour parler mais aucun son n'en sortit.
"- Venez, on va sortir d'ici... murmura l'agent en lui prenant le bras."
"- Non... murmura-t-elle."
L'agent s'arrêta et suivit alors le regard de la jeune fille.
"- Monsieur? Monsieur?..."
Nathan remua la tête, sa vue se brouillait, tout tournait autour de lui...
Haley regarda Nathan, puis d'une voix à peine audible:
"-Est-ce qu'il va s'en sortir?
- On verra plus tard, mais pour l'instant, il faut qu'on y aille..."
L'agent reprit alors le bras d'Haley, elle se laissa faire, trop sonnée pour protester encore, mais les yeux toujours rivés sur Nathan.
Celui-ci, toujours allongé, toujours blessé, voyait flou. A chaque seconde qui passait, sa vue se brouillait un peu plus. Et puis, à un moment, lorsqu' Haley partit, il n'y eut plus rien...
Musique: The promise by Tracy Chapman
https://www.youtube.com/watch?v=MvC77iWO648
Celui-ci, toujours allongé, toujours blessé, voyait flou. A chaque seconde qui passait, sa vue se brouillait un peu plus. Et puis, à un moment, lorsqu' Haley partit, il n'y eut plus rien...
Le policier et Haley avançaient lentement, s’éloignant lentement de l’appartement de Nathan. Il lui tenait le bras pour la soutenir, elle pouvant à peine marcher, sonnée par ce qui venait de se passer: elle libérée, et Nathan blessé… Elle ne savait même pas si c‘était grave. Tout s’était passé si vite, il avait seulement voulu se rendre; mais ils l’avaient blessé, peut-être tué… Elle ne savait pas, on l’avait entraîné hors de la pièce; lui laissant à peine le temps de réagir, de voir comment il allait. Tellement de pensées se bousculaient dans son esprit, il ne pouvait pas mourir… Non…
Peu à peu, ils descendaient l’escalier; et peu à peu, la liberté se rapprochait pour Haley. Cette liberté qu’elle avait tant souhaitée ces derniers jours...
Et enfin; et enfin, ils atteignirent la porte de l’immeuble, il faisait nuit. Haley soupira profondément, tout en fermant les yeux; c’était la première fois qu’elle allait dehors depuis qu‘elle avait été enlevée, depuis qu’elle n’était plus enfermée, qu’elle n’était plus en danger. Mais… l’avait-elle déjà été?… Ses yeux lui piquèrent.
Et, à ce moment-là, alors que le policier la conduisait vers un fourgon, des cris.
Haley s’arrêta, se retourna, regarda devant elle, essayant de savoir d‘où ils venaient. Et là, sa meilleure amie; et son meilleur ami.
« - Haley! »
Brooke et Lucas, les larmes aux yeux, de bonheur, de soulagement, la regardaient. Un regard d’amour, de tendresse.
La jeune fille, les voyant, eut soudain du mal à respirer, son cœur battait à tout rompre, et alors que des larmes commencèrent à couler sur ses joues, de plus en plus nombreuses, de plus en plus fort, elle s’avança vers eux, de plus en plus vite, jusqu’à en courir; elle courut, elle courut de toute ses forces, retrouver enfin ce sentiment de protection, de sécurité.
Et enfin, Haley arriva à leur hauteur; et enfin, ils la prirent dans leurs bras; et enfin, ils furent réunis.
Lucas prit son visage en coupe pour la regarder, pour la regarder comme il ne l’avait jamais fait, comme s’il la voyait pour la première fois depuis des années, comme s’il avait cru ne jamais la revoir…
Ses pleurs l’empêchaient de parler, de penser mais après quelques instants, il parvint à murmurer:
« - On… On a eu tellement peur pour toi… On a cru… »
Ses paroles furent de nouveau coupées, ne pouvant pas continuer.
Haley acquiesça de la tête, toujours en larmes.
« - Je sais… Je sais… Moi aussi…
- Chut, souffla-t-il, l’étreignant de nouveau. C’est fini maintenant, c’est fini… »
Haley laissa échapper un dernier sanglot, dans les bras de ses meilleurs amis.
Et, alors qu’ils restaient ainsi, un policier vint les voir.
« - Je suis désolé… Mais on doit vous examiner, et prendre votre déposition… »
Haley le regarda, puis dit:
« - Je n’ai rien. »
Et alors que policier allait riposter, un son se fit entendre, le son d’une ambulance…
Les ambulanciers descendirent à toute allure du véhicule, tout en sortant un brancard, et des médicaments.
Lucas et Brooke les regardèrent d’abord intrigués, puis inquiets.
« - Il t’est arrivé quelque chose? Tu as mal? demanda Lucas paniqué.
- Non, non, répondit Haley doucement, ne pouvant pas détacher son regard des ambulanciers. C’est lui… reprit-elle après une pause. Ils lui ont tiré dessus… (Pause) Pourtant, il…
- Chut…, l’interrompit doucement Lucas. C’est fini maintenant… »
Haley acquiesça lentement, dans les bras de Brooke.
Soudain, un couple ne cessant de fixer l’immeuble et l’ambulance, demanda, paniqué, au policier:
« - Où est Nathan? Il… Il va bien? Pourquoi n’est-il pas sorti?…Répondez! »
Le ton de Jack trahissait son désespoir, tandis que Peyton ne disait plus mot, regardait simplement Haley, Brooke, Lucas, l’immeuble, et l’ambulance…
Les ambulanciers rentrèrent dans l’immeuble.
Musique: Heartless by The Fray
https://www.youtube.com/watch?v=ssfJDOZyASU
Quatre hommes, vêtues d’épaisses vestes bleues, les protégeant du froid, sortirent de l’ambulance. Deux d’entre eux portaient chacun un grand sac tandis que les deux autres se chargeaient du brancard.
Les sirènes de la police, des ambulances, avaient attiré la foule et cette-ci se pressait, intriguée, se demandant ce qu’il s’était passé.
Ils pouvaient voir une jeune fille blonde, assisse sur le bord d’une ambulance, le regard dans le vague…
Les ambulanciers entrèrent alors dans l’immeuble rapidement.
Ils grimpèrent les escaliers quatre à quatre.
« - Vite, plus vite! »
Enfin, ils arrivèrent au troisième étage. La porte de l’appartement était ouverte. Les deux policiers, restés à la porte, se reculèrent.
Haley était assise, les yeux dans le vague. Elle ne savait plus, elle était tellement perdue. Toutes ces personnes qui voulaient l’examiner, qui lui posaient des questions. Heureusement, Brooke et Lucas, étaient avec elle, chacun lui tenant la main.
Ils ne la quittaient plus des yeux, comme s’ils avaient peur qu’elle ne parte de nouveau…
Nathan était allongé par terre, près du canapé, inconscient.
A côté, le policier qui avait tiré…
« - Poussez-vous! S’exclama l’ambulancier. »
Il s’agenouilla aussitôt et posa son index et son majeur sur le cou de Nathan.
« - On a un pouls! Depuis combien de temps est-il inconscient? Reprit-il à l’adresse du policier.
- Je… je ne sais pas, quelques minutes, répondit-t-il, perdu. »
« - Mademoiselle, je suis désolé, mais on doit prendre votre déposition… »
Haley leva les yeux vers le policier, sans le regarder vraiment.
« - Je comprends. »
Elle serra plus fort les mains de ses amis.
Les ambulanciers étaient autour de Nathan, le premier examina la plaie, situé entre la poitrine et l’épaule, et grimaça.
« - Il faut l’emmener tout de suite à l’hôpital. »
John lui fit une piqûre et disposa de nombreux fils sur son corps, afin de les relier à la machine. Il observa alors les battements du cœur.
« - On doit se grouiller. »
Les médecins acquiescèrent mais alors que John comptait jusqu ‘à trois, le cœur s’emballa…
« - Merde! Sors les palettes! »
Haley répondait aux questions du policier machinalement. Non, il ne lui avait rien fait. Non, il n’avait pas été violent. Non, elle ne le connaissait pas.
Les questions se succédaient, mais elle était tellement fatiguée…
L’agitation régnait tandis que Nathan était inconscient. Où il était-il? Que se passait-il? Il ne savait pas, il ne savait plus. Il se sentait soudain si las, si fatigué… Il voulait juste que tout s’arrête, qu’on le laisse seul. Mais pourquoi ne partaient-ils pas? Pourquoi s’agitaient-ils tous? Et pourquoi cet air inquiet?
Nathan se sentait partir…
« - Charge à 300! »
Son corps se souleva.
« - Pas de changement, charge à 300! »
Mais que se passait-il? Nathan se sentait… étrange. Comme si quelque chose en lui était parti… Et soudain, Nathan se souvint.
« - Charge à 350!
- 350. »
Nathan se souvint, du mal qu’il avait fait, de l’enlèvement, du mensonge, des pleurs… Comment, comment avait-il pu? Il ne méritait plus rien, il voulait juste ne plus rien ressentir, toute cette culpabilité. Toute cette souffrance…
« - Pas de changements. »
John soupira et regarda le corps de Nathan.
« - On n’a plus le temps, on l’emmène à l’hôpital. Je fais un massage. »
Les ambulanciers débranchèrent la machine en quelques secondes.
« - A 3! 1! 2! 3! »
Ils soulevèrent le corps de Nathan sur le brancard.
« - C’est bon! Allez, on y va! »
Et pendant qu’ils sortaient de l’appartement, John commença la massage, en échangeant un regard d’inquiétude.
Pour la première fois depuis des jours, le silence régnait dans le Boston Hospital. En effet, les urgentistes avaient été débordés par un carambolage, qui avait fait de nombreux blessés.
Une dizaine d’ambulances s’était garée en trombe devant l’hôpital, et les blessés, souvent gravement, n’avaient cessé d’affluer. Les médecins avaient sauvé des vies, quelques vies… Mais désormais, le calme était revenu…
Mark claqua la porte du vestiaire. Il fit les cent pas, tourna en rond dans la pièce. Il voulait frapper quelque chose, n’importe quoi, se libérer de cette colère. Pourquoi? Pourquoi n’avait-il pas pu résorber ce caillot? Pourquoi?…
Il laissa échapper un grognement, il détestait cela, il détestait prendre une vie. Il venait ici, tous les jours, essayant de se convaincre que personne ne mourrait aujourd’hui, que les opérations ne seraient pas synonyme de décès.
Mais aujourd’hui, cela n’avait pas été le cas…
Il sentit de nouveau la rage monter en lui, et frappa alors violemment son casier.
Une fois, puis de nouveau…
Il réprima un cri de douleur et regarda sa main, qui le lançait. Son front se posa doucement sur le casier, Mark ferma les yeux et soupira doucement.
« - Mark… »
Une femme d’une trentaine d’années, la taille moyenne, les cheveux châtains, le regarda compatissante. Elle referma ensuite la porte derrière elle et s’approcha doucement du docteur.
« - Mark, ça va? »
Ce dernier ne dit mot. Lucie posa une main réconfortante sur son dos.
« - Ce n’est pas de ta faute…
- Ah oui? répliqua-t-il sur le ton de l’ironie. Il était dans mon bloc, j’étais responsable de lui.
- Je sais…, soupira Lucie. Mais tu as fait tout ce que tu as pu, et tu le sais. »
Un silence s’installa entre les deux collègues et amis. Mark se retourna alors et lui fit face. Il regardait dans le vague, dans ses pensées, tandis que Lucie était silencieuse. Puis, après quelques secondes, Mark expliqua:
« - Il y a des jours où c’est plus dur, c’est tellement fatiguant de côtoyer la mort, de la provoquer…
- Non, Mark. Ecoute-moi, répliqua Lucie en prenant ses mains dans les siennes. » Elle le força à la regarder.
« - Je sais que ça te touche, c’est normal, c’est dur pour nous tous.» Elle se tut.
« - Mais pense à toutes ces vies que tu as sauvées lors de cet accident, de cette petite fille, sourit-elle. »
Mark esquissa un sourire en se remémorant ce moment. Une jeune fille d’à peine huit ans avait été gravement blessée dans l’accident, et il l’avait sauvée, après une longue opération.
Il se souvenait du regard des parents quand il leur avait annoncé que leur fille était sauvée, et que tout irait bien désormais. Cette lueur dans leur yeux, cette gratitude… Oui, cela avait été un grand moment pour lui. C’était pour cela qu’il était devenu médecin.
Lucie se réjouit de voir un sourire sur le visage de son ami. Puis, elle reprit, doucement:
« - Tu as sauvé beaucoup plus de vies que tu n’en as enlevées, Mark, car tu es un très bon médecin, dit-elle sincère. »
Mark lui sourit reconnaissant de cette discussion, de ce réconfort.
Pourtant, en repensant à son après-midi, à ce jeune homme, son regard s’assombrit.
« - Il était tellement jeune…
- Je sais, compatit la jeune femme.
- 21 ans… »
Musique: River flows in you by Yiruma
https://www.youtube.com/watch?v=t1-Y6HqHqy8
Les alarmes des véhicules clignotaient toujours, faisant un bruit assourdissant. La foule regardait encore, pressée, tandis que les policiers notaient des indices, des dépositions.
Et dans toute cette agitation, Haley était là, au milieu de tout, de rien. On ne lui posait plus de questions désormais, elle avait vaguement entendu des médecins les réprimander, plaidant qu’elle devait se reposer.
Oui, elle était si fatiguée…
Elle n’y arrivait maintenant que grâce au soutien de ses amis, leurs mains pressées contre les siennes.
L’agitation était toujours présente, mais Haley n’était plus là.
Et soudain, la foule se pencha un peu plus, cria un peu plus. Que se passait-il? Les journalistes essayaient de franchir les barrages de police. Tout le monde voulait savoir.
Et à cet instant, le brancard surgit de l’immeuble. Vite, très vite. John massait toujours le cœur avec force.
Les flashs, les questions, les cris.
Haley releva les yeux.
Pourquoi cette foule voulait-elle savoir? Pourquoi les empêchaient-t-ils de s’approcher de lui? De le voir? Lui tenir la main?
…
Pourquoi avait-il fait quelque chose d’aussi stupide? Oh, pourquoi…
« - Répondez! »
Jack cria, agrippa le col du policier.
« - Répondez! »
Il criait, ne voulait plus le lâcher, voulait le frapper. Pourquoi ne lui répondait-il pas? Pourquoi?… Toutes ces questions…
Et tout à coup, il sentit une main légère, fragile, sur son bras.
« - Jack… »
Non, il ne la regarderait pas, il ne pouvait pas. Il continua de fixer le policier, avec rage, avec tristesse.
« - Jack… , insista Peyton. »
Jack regardait le policier.
Cette voix… si triste.
Il regardait le policier.
Puis, doucement, très lentement, il tourna la tête.
Mon Dieu, qu’elle était belle.
Ses yeux verts le regardaient, ses boucles blondes encadraient son visage.
Peyton le suppliait, les larmes aux yeux.
Jack la regarda.
La serrer contre lui. C’était tout ce qu’il désirait.
Et, peu à peu, il desserra le col du policier.
Toute cette agitation…
Haley releva les yeux.
Le brancard se dirigeait vers l’ambulance.
Lucas pressa un peu plus sa main.
Nathan…
« - Jack… »
Peyton prit la main de son petit ami.
Le brancard roulait, devant eux.
Nathan!
Lucie sourit à Mark, voulait lui donner la force de continuer cette journée. Perdre un patient n’était jamais facile, enlever une vie.
Ils se levaient le matin, priant que pour que ce soit une meilleure journée; mais le soir, se couchaient, voulant tout faire pour oublier…
Heureusement, parfois; souvent, ces journées étaient synonymes de vie.
Et c’était pour cela qu’ils étaient devenus médecins. Un sourire.
Soudain, leurs bipers sonnèrent simultanément.
Tout s’arrêta. Jack n’entendait plus rien, ne voyait plus rien. Seulement son meilleur ami.
Nathan, blessé, inconscient.
Lucas voulait le frapper, le tuer. L’avoir privé de sa meilleure amie, avoir fait pleuré sa meilleure amie…
Brooke étouffa un sanglot. C’était donc lui… Il leur avait fait tant de mal, tellement peur… Et maintenant, il était blessé.
Peyton porta la main à sa bouche. Ses yeux grands ouverts, accueillant toujours des larmes. Comment était-ce possible? Elle étreignit la main de Jack.
Haley regarda le brancard avancer, tellement vite ou tellement lentement, elle ne savait plus.
Cet homme, allongé dont elle avait eu si peur, cet homme qui l’avait enlevée, qui l’avait frappée. La peur n’était pas partie, elle était toujours bien présente en elle. Un frisson parcourut son corps. Allait-il s’en sortir?…
« - A trois! 1, 2, 3! »
Le brancard prit enfin place dans l’ambulance.
Et doucement, les regards de Jack et Haley se croisèrent.
Mark et Lucy, vêtus d’une blouse, attendaient devant l’hôpital, silencieusement. Ce dernier, tendu, massa son cou, tout en lui faisant effectuer une rotation.
L’alarme de l’ambulance se fit entendre.
« - Qu’est-ce qu’on a? cria Mark en ouvrant la porte.
« - Homme blessé par balle, inconscient depuis 10 minutes, on a commencé le massage. »
Le brancard fut posé sur le sol.
John, qui continuait le massage, fit part des constantes vitales à Mark, tandis que Lucie lisait le dossier.
Mark approuva et regarda l’homme allongé.
« - Il a l’air jeune, grimaça-t-il. Quel âge a-t-il? »
Lucie le regarda et répondit:
« - 21ans »
Et juste par le regard, elle le soutint. Il pouvait le faire.
Mark poussa un soupir pour se donner du courage et s’exclama:
« - On y va! »
Et tandis qu’ils poussaient le brancard, les deux amis échangèrent un regard.
Musique: Open your eyes by Snow patrol
https://www.youtube.com/watch?v=H1XUbJEPShE&feature=fvst
Et tandis qu’ils poussaient le brancard, les deux amis échangèrent un regard.
Il était 16 heures et le soleil, resplendissent dans le ciel bleu malgré le froid, entamait maintenant son chemin vers l’ouest.
Haley sentit un rayon sur son visage, et ferma les yeux. Cette sensation de douce chaleur l’apaisa aussitôt. Et pourtant, le froid était présent, tout comme la mort…
Les seules couleurs de l’hôpital, tout immaculé de blanc, se trouvaient dans la salle d’attente, sans doute pour faciliter la lourde tâche des familles, de les empêcher d’avoir peur…
En effet, elle disposait de canapés bleus autour de tables en verre sur lesquelles reposaient tous types de magazines. Des aquarelles avait été accrochées aux murs, pour la plupart de couleur rose.
A côté de la porte, se trouvaient des distributeurs de boissons et de nourriture, gratuits.
Tout était donc prévu pour apaiser les familles et amis qui attendaient, angoissés, des nouvelles d’un proche, d’un être aimé.
Et aujourd’hui, c’était le cas, entre autres, d’un jeune couple.
Ils étaient arrivés paniqués à l’hôpital, mais l’infirmière n’ayant pas plus d’informations pour le moment, on les avait invité à s’installer dans cette salle.
C’est donc nerveux que le jeune homme y pénétra, suivi de sa petite amie, une magnifique jeune femme blonde aux yeux verts. Celle-ci semblait moins agitée que son compagnon, mais cela n’était qu’apparence. Elle devait contrôler ses propres émotions pour mieux le soutenir.
Peyton invita donc Jack à s’asseoir, malgré les réticences de celui-ci.
« - Jack, rien ne sert de rester debout pendant des heures… »
Le jeune homme acquiesça finalement, les yeux dans le vague, et s’exécuta. Peyton prit alors sa main affectueusement et lui sourit tendrement.
Et l’attente commença…
Tandis que le silence régnait dans la salle d’attente, l’agitation elle, était bien présente dans la salle d’opération. Nathan avait perdu bien trop de sang et Marc faisait tout son possible pour que celui-ci s’en sorte, vivant…
Puis, au milieu de ce silence, et de cette agitation, se fit entendre l’alarme d’une ambulance.
Celle-ci crissa devant l’hôpital, et deux médecins ouvrirent les portes aussitôt.
« -Jeune femme de 21ans, victime de…
- Je peux marcher! Le coupa Haley, en se dégageant. »
L’ambulancier continua, sans lui accorder un regard:
« - Victime d’un enlèvement. Elle est encore confuse. Pas de blessures graves, malgré une tension élevée et une légère commotion à la tête. »
Il regarda Haley, qui se débattait pour ne pas s’allonger sur un brancard.
« - On est surtout inquiets pour des blessures psychologiques, reprit-il. »
A ces mots, la jeune fille lui jeta un regard noir.
Les médecins acquiescèrent, tout en lisant le dossier.
« - Très bien, on va l’examiner. Mademoiselle, s’il vous plaît, allongez-vous. C’est la procédure de l’hôpital. »
Haley allait répliquer quand son meilleur ami intervint.
« - Haley, tu vas t’allonger tout de suite ou je te porte, le menaça Lucas.
- Oui, Haley, s’il te plait… insista Brooke. »
En voyant le regard de ses amis, la jeune fille abdiqua finalement, tout en marmonnant.
Le brancard commença donc son avancée tandis qu’un des médecins interrogeaient le jeune couple.
« - Vous êtes de la famille?
- Non, ses meilleurs amis.
- Très bien. »
Puis, après un silence:
« - Ca a dû être dur… »
Leurs regards s’assombrirent aussitôt et ils acquiescèrent doucement. Puis, Brooke reprit à voix basse:
« - Tout à l’heure, elle ne parlait pas, elle semblait tellement dans ses pensées…; et maintenant, elle est si agitée. Vous pensez que…?
- Ne vous inquiétez pas, elle a vécu un traumatisme important. On va s’assurer qu’elle va bien physiquement, et ensuite, elle se reposera. Tout ira bien, la rassura-t-il. »
Ils se sourirent.
Jack regardait devant lui, une aquarelle rose était suspendue.
Elle ne présentait pas de forme particulière, mais le jeune homme essayait de savoir ce qu’elle représentait.
Au milieu, se trouvait une forme assez imposante, composée de toutes les variantes imaginables du rose. Celles-ci étaient plus sombres au fur et à mesure que le centre se rapprochait, jusqu’à atteindre le violet.
Et, autour, d’autres couleurs, plus douces, le jaune, le beige et quelque nuance de bleu se mélangeaient harmonieusement.
Finalement, Jack se représentait un tourbillon, profond, qui semblait sans fin, au centre d’un paysage calme, apaisant, où quelques rayons du soleil étaient presque visibles.
Ce qu’ils vivaient actuellement, pensa-t-il amer.
Peyton sentit l’étreinte de Jack se resserrer…
« - Très bien, on va faire des examens maintenant. Vous devez aller dans la salle d’attente, s’il vous plait.
- On ne peut pas rester avec elle? Demanda Lucas, inquiet.
- Non, je suis désolé… Mais ça ne durera pas longtemps, les rassura le médecin. »
Pourtant, Brooke et Lucas ne bougeaient toujours pas, et regardaient Haley. Soudain, le médecin comprit.
« - Ecoutez, je sais que vous ne voulez plus la laisser… Mais elle ne risque rien ici, on sera avec elle. Et dès que c’est fini, on vous appelle. »
Alors, Brooke se précipita vers Haley en la prenant dans ses bras, les larmes aux yeux.
« - On ne sera pas loin, ma chérie; je te le promets. »
Haley répondit à l’étreinte de sa meilleure amie, et sentir cette présence si familière la réconforta.
« - Je t’aime…, reprit Brooke en sanglotant. »
Haley sourit, émue et étreignit ses meilleurs amis encore une fois.
Puis sous leurs yeux, Haley partit une nouvelle fois…
« - Peyton…
- Oui?
‘- Je… commença Jack, hésitant. »
La jeune femme attendit, lui laissant le temps de trouver ses mots.
« - J’ai besoin que tu m’aides à comprendre… son comportement, ce qu’il a fait. Pourquoi; s’il lui a fait du mal. Comment on est arrivés à cette salle d’attente, expliqua-t-il maladroitement. »
Peyton le regarda affectueusement. Ils n’en avaient jamais parlé, pas réellement en tout cas; et ce qu’ils avaient le plus évité, c’était ce qu’avait fait subir Nathan à cette jeune fille. Cela, ils n’osaient pas l’imaginer…
Alors, Peyton commença, pour tenter de trouver des réponses.
Après quelques instants à rester ainsi, Brooke essuya ses larmes maladroitement et prit son téléphone.
« - Je vais appeler Linda et Jim, expliqua-t-elle.
- Je t’attends, répondit Lucas. »
Dans la salle d’opération, plus rien.
L’équipe chirurgicale regardait Marc, qui ne faisait rien, qui ne disait rien. Il n’émit qu’un soupir, luttant contre l’émotion. Il ne pouvait pas; il ne pouvait pas perdre un autre patient, pas aujourd’hui…
Dans la salle d’opération, plus rien; seulement la machine qui émettait un long signal…
A suivre...
(dans quelques jours;))