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Echoes, Silence, Anger & Pain

Série : One Tree Hill
Création : 22.06.2011 à 19h48
Auteur : brathan576 
Statut : Terminée

« Partie II, co-écrite avec Nanouee. Bonne lecture.  » brathan576 

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Bonsoir,

Voici la deuxième partie de notre fiction Echoes, Silence, Anger & Pain.

En espérant que vous serez nombreux à suivre cette partie, nous vous souhaitons une très bonne lecture.

Plongez à nouveau dans ce roadtrip dont l'issue est des plus incertaines...

 

Deb' & Sam


brathan576  (22.06.2011 à 19:51)

Musique

 

Peyton – Californie – Juin 2008

 

Et le silence habite mes journées, toutes sans exceptions. Il m’arrive de me demander si ce n’était pas écrit, si ce n’était pas ma destinée d’être éternellement plongée dans le silence, entourée par des mélodies qui ne pouvaient fracasser la muraille pour s’y engouffrer, des mélodies que j’avais chéries et qui aujourd’hui m’étaient interdites, comme le rire de mon enfant ou la voix de mon amour, des notes qui nous définissent, qui peuvent nous élever et nous achever. Mais les échos furent remplacés par ce pesant face à face avec moi-même, tandis que l’amour que j’avais cultivé tant d’années avait disparu ; à la place un profond sentiment de colère s’était installé définitivement. C’est étonnant de constater qu’il faut si peu de temps pour changer une vie, quelques secondes pendant lesquels nos rêves nous échappent, quelques minutes pendant lesquels l’amour s’enfuit, quelques heures pendant lesquels un homme décide de la vie de ceux qui l’entourent, une seule décision, une seule vie qui en bouleverse d’autres. Et nos vies s’entrecroisent, nos destins se mêlent, certains entrent sur ma route, tandis que d’autres s’en échappent, certaines mains se frôlent et d’autres se perdent, quelques instants seulement, comme ce furtif moment où nos yeux se sont croisés avant que la voix de Brooke ne raisonne, juste une seconde qui allait tout bouleverser, la vie ne tient finalement qu’à cela, qu’au temps qui nous est offert, ce temps que nous cultivons, que nous pouvons aimer et haïr et j’ai les yeux fixé sur l’horloge encore une fois, l’heure de la rediffusion du spot approche. Je suis installée dans le fauteuil près de la fenêtre et mes yeux passent frénétiquement de l’aiguille à l’écran, de l’écran à l’aiguille, comme si ce manège pouvait calmer les tremblements de mes mains et cette crainte de l’appel quotidien de Nathan, quelques mots où ne figureront que des excuses, non personne ne les avait vu, personne n’avait entrevu le visage de ma fille sous sa cascade de cheveux d’ébène, comme s’ils n’existaient plus, comme si le temps qui m’avait manqué l’avait aidé à faire disparaître ce que je chérissais le plus au monde et quand la carillon de l’entrée sonna une fois de plus, je ne répondis pas. Des dizaines de journalistes s’étaient pressés chez moi depuis deux jours, mais je n’avais plus rien à dire, plus aucun mot ne serait assez fort, je leur avais ouvert mon cœur et chaque jour je devais supporter ma voix qui s’élevait dans ma maison vide, une voix qui appelait les cendres à renaître et c’était un supplice de revoir sans cesse les mêmes images, de les imaginer sur la route et de comprendre enfin qu’il ne reviendra pas en arrière, qu’il ne me la rendra pas, ce fut la triste conclusion que je découvrais deux jours après la première diffusion, il allait me punir jusqu'à la fin…

 

-Peyton ? Ouvrez-moi, je sais que vous êtes là ! S’exclama une voix étouffée derrière le battant.

 

Je me levais doucement, les yeux toujours fixés sur la télévision, ne lui tournant le dos que pour faire jouer la poignée qui me dévoila le visage inquiet de Nathan. Il passa en revue mon jean déchiré et mon tee shirt délavé avant de remonter vers mon visage, un visage vide de toute expression, il n’y avait rien à détailler aujourd’hui, pas même une horrible musique de fond qui lui aurait indiqué que j’allais mal. Il poussa le battant, entra et directement son regard balaya la pièce en désordre avant de retrouver l’image affolante du spot qui démarrait avec la voix anonyme qui maintenant ne l’était plus. Je pris place sans un mot et il en fit de même, les mains serrées et la respiration lourde. Les images défilèrent mais mon cœur restait vide, sec, plus aucun soubresaut, pas même un tremblement, ma voix ne me faisait plus aucun effet, elle voguait autour de nous sans nous atteindre à présent. Peut être qu’elle ne m’atteignit plus, mais Nathan resta à fixer mon visage sur l’écran comme s’il essayait d’y déceler un mystère, mais il n’y avait aucun mystère à dévoiler, j’avais perdu la trace de mon enfant ; mon ex mari, celui qui m’avait aimé et chéri, m’avait trahi et je me sentais seule, je me sentais vide, rien que ces qualificatifs et nous nous perdions tous dans cet amas de souffrance, lui autant que moi, car maintenant qu’il était entré sur ma route il n’y avait plus aucun espoir de la quitter et, au fond de nous, quelque chose s’était brusquement réveillée, peut-être qu’au début ce ne fut que de la pitié, ou de la sollicitude, mais maintenant ce n’était plus le cas, l’amour n’a pas qu’une forme, et une femme ne donne pas son cœur à un seul homme pour toute son existence, et je ne le donnerais jamais plus entièrement. Il relâcha brusquement l’air qu’il contenait dans ses poumons comme s’il s’était interdit de respirer tout ce temps et je me retournais vers lui, étonnée. Le silence n’habitait jamais nos entrevues habituellement, comme s’il le redoutait alors que je l’appelais de toutes mes forces pour essayer de me remémorer ces images du passé qui s’envolaient.

 

-Pourquoi vous ne me parlez pas aujourd’hui ? Pas d’excuses ?

-En fait, j’attendais que le spot prenne fin… Expliqua t-il, confus.

-C’était inutile Nathan, je ne le regarde que d’un œil, je n’entends ma voix que d’une oreille.

-Je suis désolé mais…

-Nous y voilà enfin, les excuses que vous me servez quotidiennement viennent d’arriver !

-Le sarcasme déforme vos traits Peyton.

-Qui s’en souci ? Qui se souci de mes éclats de voix, de mes désirs et de mes envies ? Certainement pas l’homme qui a partagé ma vie pendant 10 ans ! Alors, repris-je, pourquoi êtes-vous désolé aujourd’hui ?

-Je ne suis pas venu ces derniers jours, mais j’avais mes raisons.

-Je le comprends tout à fait.

-Je crois que nous devrions laisser une distance entre nous, murmura-t-il, au dîner c’était une erreur de m’être rapproché de vous de la sorte.

-Bien entendu que cela en était une, fis-je en me levant pour m’éloigner de lui, et de sa présence. Pas d’excuses.

-Comme vous voulez, dit-il en baissant la tête et je le fixais quelques secondes.

 

Serait-il possible que j’aie imaginé tout cela ? Son regard, sa main sur ma joue, si cela avait été un rêve, rien n’aurait été bouleversé, alors qu’il avait crée quelque chose entre nous sans même s’en rendre compte, son discours sonnait faux, son regard était devenu fuyant, il n’avait pas envie de maintenir cette froideur entre nous, il avait juste peur d’oublier que son cœur battait pour une autre et, au fond de moi, je m’interdisais tout cela, le bonheur, l’amour, le désir, je n’en avais pas le droit, tant que je n’aurais pas retrouvé ma fille, ma vie ne sera plus que cela, d’étonnantes journées de silence où la musique fusait par-ci par-là, comme si je me punissais de n’avoir rien vu, comme si je me punissais de ne pas l’avoir sauvé. Et le silence perdura jusqu'à ce qu’il prenne son courage à deux mains et qu’il affronte à nouveau l’éclat de mes yeux sombres.

 

-Lucas a laissé plus de traces qu’il n’y parait, lâcha-t-il soudain, et je me demandais s’il parlait des traces dans ce pays ou dans mon cœur. Mais il a du voir le spot car il a fait ce que j’attendais de lui, il a paniqué et nous allons le coincer.

 

J’attendais qu’il poursuivre mais il se contenta de me fixer et se leva brusquement pour se diriger vers la stéréo, celle qui ne diffusait rien aujourd’hui, et il y plaça un cd, sorti de sa poche. Je restais pensive, le temps de laisser la mélodie m’imprégner, et il se retourna, adossé à la table.

 

-D’habitude, il y a une musique pour accompagner toutes nos discussions.

-Le silence vous pèse Nathan ? Demandais-je et une fois de plus il détourna le regard.

-J’ai commencé à passer certains des Cds que vous avez produits, Brooke se demande ce qui m’arrive…

-Vous avez goûté à l’inconnu, fis-je, et la vie ne devrait jamais être silencieuse.

-Elle n’a pas le temps d’acheter de nouveaux Cds, en fait elle s’en moque pas mal, mais toute cette semaine je n’ai fais que cela, j’ai acheté de nouvelles mélodies pour ma vie et tout me semble différent, comme si je voyais un endroit à la lumière du jour et qu’il me paraissait sordide.

-Entre le jour et la nuit, il y a tout un monde.

-Il s’est enfuit dans la nuit en laissant la chambre d’hôtel intact, il a emporté quelques affaires, mais le principal est là.

-Pardon ? Fis-je soudain, ramenée à la réalité, comme si ce langage codé sur la musique était notre écho.

-Lucas ! La réceptionniste d’un hôtel en bord de route m’a appelé hier matin, mais je voulais me renseigner avant de vous informer et, bien sur, organiser mon voyage !

-Je suis perdue…

-Il a prit peur, il s’est enfuit, mais je vais le pister. Sophia reviendra Peyton !

-Vous promettez ? Ce n’est pas dans vos habitudes.

-Non, mais pour vous, je peux le faire, murmura-t-il et sa voix me parvint malgré la musique qui se jouait autour de nous. La réceptionniste m’a promis de laisser la chambre intacte le temps que j’arrive et je collecterais tous les indices avant de me mettre en route !

-Nous !

-Pardon ?

-Vous ne croyez quand même pas que je vais attendre ici et écouter tous les nouveaux CD que vous vous êtes offert pendant que vous allez jouer superman sur les routes ? Pas question !

-Mais Peyton… Vous et moi ?

-Oui, vous et moi ! C’est à prendre ou à laisser, je veux être là quand nous retrouverons Lucas, je veux être là pour serrer ma fille dans mes bras, je ne veux pas qu’un étranger soit la première personne qui la consolera après cette cavale, cela doit être moi tout simplement.

-Mais et votre travail ? Fit-il comme s’il cherchait des excuses pour que nous ne soyons pas seul sur la route et fébrilement il chercha une cigarette dans son paquet cabossé.

-Vous me voyez ? Je traîne toute la journée en jean, je mange de la glace dans le carton installée devant des dessins animés ou je me fais des plats minables aux micro-ondes qui refroidissent pendant que je regarde sans cesse ce spot ! Je ne travail plus depuis des semaines Nathan !

-Oui… Eh bien, ce serait dangereux pour vous, un point c’est tout, conclut-il en tirant une bouffée qu’il rejeta avant d’écraser sa cigarette à peine consumée. Non ! Je devrais arrêter !

-Oui vous avez trouvé la femme qui vous tuera, la cigarette est votre perte, plaisantais-je, certains hommes s’enchaînent par le mariage, vous c’est la dépendance.

-Vous pouvez parlez ! Cette maison est un vrai capharnaüm. Je croyais que le sermon de Haley vous avait réveillé !

-Je croyais que nous devions partir…

-Pas question de vous emmener au Nouveau Mexique !

-Le Nouveau Mexique ? Hurlais-je et il recula, confus.

-Oui, bredouilla-t-il et je ruminais.

-Il doit déjà être au Texas maintenant ! Il se dirige vers Tree Hill, c’est évident ! Pourquoi ne pas aller l’attendre chez sa mère directement ? Fis-je en osant le sarcasme et il se dandina d’un pied sur l’autre.

-Peut-être devriez-vous essayer la dépendance au lieu du mariage Peyton…

 

Je le regardais quelques instants, offusquée, et j’explosais de rire devant sa mine confite. Il se détendit et sortie une nouvelle cigarette, puis m’en tendit une, amusé.

-Finalement, j’arrêterais plus tard, expliqua-t-il en tirant une bouffée avec plaisir.

-Et moi je ne commencerais jamais. Ni dépendance, ni mariage.

-Pour le mariage c’est déjà fait et la corde fut rude !

-Laissez-moi venir Nathan ! Ne jouez pas à ce fameux superman qui sauve le monde et accessoirement la dame en détresse qui pleure sur son épaule viril.

-Viril ? Intéressant…Vous ronflez ?

-Bien sur que non !

-Alors je fixe les règles ! Fit-il, satisfait, et changea de disque, diffusant une musique rock que je connaissais par cœur. Nous n’avons plus beaucoup de temps donc…

-Time is running out ? Parfaite métaphore, j’applaudis des deux mains !

-Emmenez votre collection et j’emmène la mienne, débita-t-il en parlant des CD et je lui souris, revigorée. Nous prendrons l’avion dans exactement… 4 heures, alors valises légères, aucune robe ou froufrous quelconque, à la limite votre Ipod et encore.

-Nous n’allons pas affronter la cambrousse, plaisantais-je et il sourit.

-Qui sait, acheva-t-il en scrutant la fenêtre avant de murmurer : Je ne devrais pas faire cela.

-Pourquoi ?

-Vous m’avez engagé pour retrouver votre fille, pas pour vous balader à travers tout le pays entouré de musique rock.

-Vous êtes tout à fait ce dont j’ai besoin en ce moment Nathan, fis-je gravement, de musique rock et d’inconnu, tous ces visages qui s’apitoient sur mon pauvre sort me rendent dingue et je ne vous cache pas que j’ai eu ma dose d’apitoiement, j’en étais encore à ce stade avant votre arrivée, mais cette nouvelle me redonne espoir, et je vous ai offert mon vrai sourire, que demander d’autres à part retrouver ma fille ? Il n’y a plus qu’elle qui manque sur mon chemin, vous êtes déjà entré sur le mien, je n’ai rien à craindre.

-Et si nous n’y arrivons pas ? Et si cette promesse était une erreur ? Fit-il brusquement, ramené à la réalité.

 

Je restais silencieuse les yeux fermés et je revis le petit visage souriant de Sophia, seulement il s’éloignait, se dissipait dans l’ombre, et je me sentais encore plus seule, seule la main chaude de Nathan réveillait la vie en moi, un inconnu qui était entré dans ma vie quand Lucas avait décidé d’en faire un enfer, et étrangement, il m’avait apporté quelque chose d’unique, un sentiment qui n’était jamais venu au monde avant lui. Mais peut-être qu’il n’y avait que la souffrance qui puisse faire naître le véritable amour, celui qui n’a pas besoin d’être révélé, celui qui n’a pas besoin d’effusions mais qui vit tout de même au fond des êtres qui le cultivent, et je me sentais différente, je n’étais plus la Peyton qui croyait aux contes de fées, qui pensait que son premier amour durerait toujours. Je n’était plus qu’une femme qui se retrouvais dans un tunnel sans fin avec, à ses cotés, ceux qui voulaient bien l’aider à retrouver la lumière, je les comptais sur les doigts d’une main, mais je savais que je leur en serais toujours reconnaissante, jusqu'à la fin de ma vie je m’en souviendrais, et au moment où j’ouvris les yeux, je ne vis que le regard saphir de Nathan posé sur moi,  il n’osa pas s’approcher plus mais je sentie une douce chaleur m’envahir et je lui souris.

 

-Je serais prête dans 30 minutes, prenez ce CD ainsi que tous les autres, nous allons prendre un avion et louer une voiture par la suite, une voiture avec lecteur CD, je les chercherais jusqu’en Alaska s’il le faut mais Lucas n’aura jamais la garde de ma fille, jamais aussi longtemps que je pourrais l’en empêcher.

-Je vous attends, fit-il avec un sourire et je me dirigeais vers l’escalier quand soudain un détail me retint.

-Et Brooke ? Et votre valise ?

-Brooke est prévenu, répliqua t-il, ce qui ne l’a pas dérangé puisque son défilé lui prend les trois quart de son temps, mais elle m’a remis quelque chose pour vous, un tee shirt avec la photo de Lucas et Sophia ainsi que les coordonnées qui l’accompagnent. Elle vous a fait une promesse et je savais qu’elle la tiendrait, ce tee shirt est dans ma valise qui se trouve dans le coffre, acheva t-il, satisfait de voir l’incrédulité se peindre sur mes traits.

-Rapide !

-Toujours, plaisanta-t-il avant de faire les gros yeux. Alors Peyton ? 28 minutes !

 

Je me retirais dans l’escalier, un sourire angélique accroché à mes lèvres, mais je le chassais brusquement en me rendant compte, je réagissais comme une collégienne, ce n’était pas un rendez vous, ce n’était pas une partie de plaisir, ni un voyage d’agrément, c’était toute ma vie qui se jouait dans cette minuscule chambre d’hôtel, et je préparais ma valise sommairement en omettant d’essuyer les larmes qui vinrent inonder mes jours, pourvu que nous arrivions à temps…

Je la bouclais et descendit l’escalier pour retrouver Nathan devant le spot, la chaîne le repassait encore une fois, et une ombre s’était installée sur son visage, une ombre qu’il ne put faire disparaître à mon arrivée, elle semblait imprimée en lui, comme en moi, et il chercha ma valise, frôlant ma main au passage, mais aucun de nous ne révéla la méprise et il éteignit le poste avant de prendre les clés de la maison sur la petite table de l’entrée. J’avais mis dans ma valise le doudou oublié de Sophia et je comptais bien lui donner une fois qu’elle retrouverait mes bras, je pouvais presque la sentir m’étreindre et c’est avec ce nouveau souffle que Nathan claqua la porte de la maison, la laissant dans l’ombre, tandis que nous marchions vers la lumière. Je m’installais à ses cotés dans la voiture et je me demandais un instant si Brooke était au courant de ma présence, et j’en déduis que ce n’était pas le cas, puisqu’il n’avait pas décidé de m’emmener à la base, et je craignais sa réaction, allait-elle se rendre compte du changement qui s’opérait chez Nathan, ou trop occupée par sa vie trépidante, ne verrait-elle que ce qui l’arrangeait ? Mais je ne la connaissais après tout que par les récits de Nathan et un jugement semblait impossible, tous les amours ne se ressemblaient pas, toutes les vies étaient différentes, mais peut-être que quelque part dans le monde une autre mère attendait que l’homme avec qui elle souhaitait vivre sa vie entière lui rende son enfant, peut-être que quelque part dans le monde une femme se demandait si l’homme qu’elle avait choisie était fait pour partager sa route, toutes les existences étaient paradoxales, mais si j’avais raison, si nous prenions le mauvais chemin, alors nous étions perdus pour toujours.

Il démarra sans me jeter un coup d’œil, soudain renfrogné, les mains crispées sur le volant et j’étudiais son profil, Lucas avait la même façon de crisper ses mains quand il était contrarié, le même mouvement brusque en changeant les vitesses. Dire que j’avais passé dix ans de ma vie avec un homme et qu’en l’espace de deux mois j’avais oublié jusqu'à ces petits détails qui m’avaient fait l’aimer, des détails que je trouvais chez un autre et qui m’agaçaient, je ne voulais pas que Nathan lui ressemble, surtout pas. Car si j’avais appris une chose de tout cela c’était bien que la haine et l’amour sont trop proches pour s’ignorer comme des sœurs ennemies, entre l’une et l’autre il n’y avait qu’un pas, alors qu’entre moi et Lucas il y avait un abîme, c’était au-delà de la haine, plus fort encore, et chaque fois que je voyais son visage s’animer dans ma mémoire je rêvais de mettre fin à sa vie comme il avait mis fin à la mienne en la plongeant dans l’ombre, mais d’une toute autre façon. Je chassais ses idées noires et Nathan daigna enfin me sourire quand nous dépassâmes le panneau annonçant la sortie vers l’aéroport. Je me redressais sur mon siège et retint mon souffle en me demandait où cette escapade allait bien nous mener…

 


nanouee  (22.06.2011 à 19:55)

Musique

 

Lucas- Texas - Juin 2008

 

Pourquoi Peyton ? Pourquoi ce maudit spot télévisé ? Elle ne me laisse aucune alternative. Je suis tout seul désormais. Il faut que je me débrouille sans cette précieuse carte pour arriver en Caroline du Nord dans les plus brefs délais. J'y arriverai même si pour cela nous devrons passer nuit et jour dans cette voiture. Mon pied appuie progressivement sur la pédale d'accélérateur et nous voilà à nouveau lancés dans cette course folle. Cette course aveugle.

J'emprunterai à présent les autoroutes en évitant par tous les moyens d'être repéré par les autorités. Plus de petites routes de campagne. Plus de détours. Le temps nous est compté. Nous sommes pris dans une course contre la montre effrénée. Et l'issue nous est encore inconnue. Sophia pour l'instant dort à l'arrière. Mais qu'est ce que je vais bien pouvoir lui dire lorsqu'elle ouvrira les yeux et qu'elle réalisera que sa mère n'est pas avec nous ? Elle l'a vue. Ses boucles blondes, son sourire triste et ses yeux brillants. Elle a ressenti son désespoir. Elle sait que j'ai fait quelque chose de mal. Une petite fille sent ces choses là. Sophia est intelligente. Et quand elle voit sa mère pleurer à la télévision, elle sait que quelque chose ne tourne pas rond. Sa mère lui manque. C'est plus qu'évident. En un sens, elle me manque à moi aussi. Revoir son visage m'a fait penser à tout ce qu'on a vécu ensemble. Tout le mal que je lui ai fait. Toutes les mauvaises décisions qui m'ont conduit ici, au fin fond du Texas, en pleine nuit, dans ma voiture à rouler et rouler encore. Peut-être trouver le bout du tunnel. Pour toutes ces raisons je sais qu'un jour, j'irai brûler en enfer. Mais avant que ma dernière heure ne sonne, je dois me battre corps et âme pour ma petite fille. Elle tout ce que j'ai, tout ce qu'il me reste. Elle est la seule chose qui permet de me raccrocher au soupçon de vie qu'il me reste. Avant toute cette histoire, Peyton et moi formions la famille idéale. Nous avions une vie parfaite. Et jamais je ne pourrai me pardonner d'avoir tout détruit. Si seulement je pouvais remonter le temps...

Je jette un coup d'œil au siège arrière. Sophia dort toujours mais commence à s'agiter. Le moment où je devrais affronter ses superbes yeux de petite fille approche. La fatigue commence à se faire sentir mais si je m'arrête maintenant, je perdrai trop de temps. Or je ne peux pas me permettre ce luxe. Pour la première fois, le mot "fugitif" vient à mon esprit. Qu'est ce qu'un fugitif ? Le dictionnaire dit la chose suivante : Personne si fuit. Et je fuis. Je suis un fugitif. Je cherche à fuir mes erreurs, mon passé. Ce passé si loin de moi. Je ne suis plus la même personne et je ne le serai probablement plus jamais. L'époque heureuse de ma vie est révolue. Et Peyton. Je sais très bien à quel point j'ai pu la faire souffrir. Je sais qu'elle pleure tous les soirs car je lui ai enlevé sa fille. Cette petite fille qui était le couronnement de plusieurs années de vie commune harmonieuse. Cette perfection est si loin que je ne sais même plus à quel point elle ressemble. Vous savez, quand vous tenez dans vos bras, une femme merveilleuse, une petite fille qui l'est tout autant, vous pensez que le monde n'a plus rien à vous offrir. Que vous avez tout pour être heureux. Mais quand on vous enlève ce que vous possédez, le monde perd ses couleurs. Vous commencez à vivre dans le noir. Les ténèbres vous entourent. Le bonheur vous quitte. Voilà ce qui m'a conduit sur cette route.

Je suis presque à la frontière entre le Texas et l'Arkansas et je pense que si je continue à rouler, demain vers midi nous arriverons à Little Rock. Il ne me restera plus que le Tennessee et enfin la Caroline du Nord à traverser. J'ai tellement hâte d'y être mais d'un côté, j'ai peur de ce que je trouverai là bas. Oui, j'ai peur mais je crois que cette peur est une pression bénéfique pour moi. Elle me pousse dans mes derniers retranchements et à trouver la force de ne pas me rendre dans le premier commissariat de police et de me rendre. Seulement je ne sais pas si je possède encore cette force. Mon cœur s'est tellement endurci depuis ma séparation d'avec Peyton. Il s'est fermé depuis que le juge a prononcé le jugement en sa faveur.

Je sais que me ressasser sans arrêt toute cette histoire ne me fait pas du bien mais j'ai besoin de me dire que j'étais quelqu'un de bien avant de me transformer en ce monstre sans cœur et sans scrupules que je vois à chaque fois que je me regarde dans le rétroviseur. J'ai une mine fatiguée et la couleur sombre de mes cheveux ne fait qu'accentuer ce côté morbide. J'ai l'air d'un fantôme. Moi qui étais si plein de vie, enthousiaste, je me referme sur moi-même. C'est comme si j'étais mort à l'intérieur. Mes réflexes d'humain n'existent plus. Je suis devenu un robot. Avec un cœur de glace. La seule et unique personne capable de me faire redevenir un être normal pour quelques instants est la petite fille à l'arrière. Elle fait fondre mon cœur et me fait me comporter comme un papa gâteau. En parlant d'elle, elle se réveille enfin alors que les premiers rayons du soleil éclaire cette longue route. Elle ouvrit difficilement les yeux et s'écria :

- Maman !
- Calme toi ma puce. Papa est là, lui répondis-je en lui tendant la main mais sans détourner le regard de la route.
- Mais je veux Maman ! Je veux qu'elle soit là, je veux rentrer à la maison.
- On ne peut pas encore rentrer, mon bébé. On est trop prêt du but pour abandonner.
-Je m'en fiche, lâcha-t-elle en pleurant.


Comment est-il possible que ma fille de 5 ans puisse ma parler avec autant de désinvolture. J'en restai bouche bée.

- Papa je veux rentrer. J'ai vu Maman hier soir et elle répétait mon nom. Je suis petite mais pas idiote. Elle pleurait parce qu'on est parti. Alors il faut qu'on rentre pour qu'elle ne soit plus triste.
- Ça n'est pas aussi simple, mon cœur. Papa a fait beaucoup de mal à Maman. Il ne peut pas revenir comme si de rien n'était.
-Mais moi alors !
-Ma puce, écoutes moi. Quand on sera chez Grand-mère Karen, tout ira mieux. Le juge qui t'avait confié à Maman devra revoir son jugement et on pourra être ensemble, d'accord.
- Je te déteste, murmura-t-elle avant de tourner la tête
.

Mes yeux se remplirent de larmes puis elles coulèrent silencieusement tandis que les kilomètres défilaient. Ils défilèrent de plus en plus vite. Plus vite j'arriverait plus vite je pourrais régler tout mes problèmes et plus vite, je retrouverai une vie normale. Avec Sophia. Je sais que Peyton ne fera plus jamais partie de ma vie mais Sophia elle oui. J'ai tout perdu. Mais je ne perdrai pas ma fille à nouveau. Mes mains se crispent dur le volant en repensant aux derniers mots de Sophia. "Je te déteste." Comment une enfant de 5 ans peut -elle détester son père ? Je vais vous le dire. Parce qu'il l'a arraché à la douceur d'un foyer stable. Parce qu'il la traîne de ville en ville, d'états en états dans l'espoir de trouver un juge qui sera de son côté. Parce qu'il l'empêche de voir sa mère. Parce qu'à 5 ans, elle a déjà vécu plus de choses qu'un adulte dans toute sa vie. Elle a déjà connu la peur, la fuite, la tristesse, le désespoir. Toutes ces choses qui devraient lui être inconnues. Mais pourtant qu'elle ne connaît que trop bien...


brathan576  (22.06.2011 à 20:00)

Musique

Peyton – Nouveau Mexique – Juin 2008

 

 

Si l’adage s’avère vrai, alors j’en suis l’exemple parfait. Il est dit que nous changeons avec les endroits que nous fréquentons, qu’ils ont une influence sur nous, qu’ils nous transforment autant que les personnes que nous rencontrons et je crois que c’est à présent une vérité pour moi. Les paysages défilent et je m’étire doucement, encore engourdie par les quelques heures que j’ai passé dans l’avion, le regarde vissé au hublot, comme si toutes les réponses se trouvaient dans ses nuages qui s’entrecroisaient, parfaite image de ce que nous vivons ici bas. Mais il n’y avait pas de réponse, ni dans l’immensité du ciel, ni dans les paysages qui s’emmêlaient derrière la vitre et tandis que Nathan conduisait doucement vers l’hôtel, j’écoutais en boucle la même chanson, comme si, elle aussi, devait nous sauver alors que nous devions justement apprendre à le faire nous même. Je serrais l’ourson de Sophia sur ma poitrine, comme pour me donner du courage et Nathan obliqua vers la sortie, toujours dans notre silence musical, quelque chose que nous avions appris à aimer et à cultiver comme si les paroles étaient les mots que nous n’arrivions pas à prononcer et quand « Don’t Go Away » retentit, je ne pensais plus qu’à Lucas et à la dernière fois que je l’avais aperçu, la dernière fois où il m’avait juré qu’elle brûlerait en moi, cette douleur sourde qui nous broyait tous le cœur un jour et ce moment était arrivé, je vivais avec elle, elle vivait avec moi, comme des sœurs inséparables, comme l’amour et la haine, et Nathan posa doucement une main sur la mienne pour me ramener à la réalité. Il se gara sur le parking d’un minuscule petit hôtel miteux en bord d’autoroute et nous restâmes immobiles pour fixer la façade. De vieux néons marchaient encore de jour, des portes étaient mal fermés, des fenêtres enduites de crasse et la petite entrée me faisait plus penser à une porcherie qu’à un endroit où les voyageurs passaient la nuit. Je soupirais et déposais l’ourson dans mon sac à main avant de sortir et de claquer bruyamment la porte, ce qui attira les rares clients sur les fenêtres, des rideaux s’écartèrent, des visages rencontrent le mien, tout en silence, puis plus rien, je baissais la tête vers le sol et marchais doucement vers l’entrée, la main de Nathan installée dans mon dos comme pour me redonner confiance, mais comment le pourrais-je en sachant que Sophia avait dormit ici, qu’elle était encore ballotter à travers le pays dans ces immondes motels ? Je retins mon souffle jusqu'à ce que nous passions la porte pour rejoindre un petit vestibule qui me sembla plus propre que l’extérieur et je me détendis légèrement, scrutant le visage de la femme qui se trouvait derrière le comptoir et qui posait sur moi des yeux ahuris.

 

-Vous êtes la femme de la télévision ! S’exclama-t-elle, et je grimaçais un sourire forcé. Dès que j’ai vu le spot, j’ai appelé monsieur…Je ne me souviens plus de son nom.

-Nathan… Murmurais-je affolée, elle ne se souvient plus de votre nom, comme peut-elle nous aider ?

-Lee ! S’exclama t-il en ignorant ma question et il s’approcha d’elle.

 

Elle lui sourit et battit des cils à son approche. Je contenais tant bien que mal ma fureur en ignorant son flirt flagrant avec Nathan et je le rejoignis pour remettre les choses au clair, nous n’étions pas en vacances, loin de là.

 

-Pouvons-nous voir la chambre s’il vous plait, fis-je sur un ton cassant et elle se redressa brusquement, les yeux toujours braqués sur Nathan qui sembla s’amuser de son manège.

-Bien entendu, fit-elle en sortant de son comptoir pour se lancer dans un monologue qui m’agaça d’autant plus qu’elle posa son bras sur celui de Nathan. Il n’a pas payé sa chambre, poursuivit-elle avec un regard dans ma direction, c’est une perte importante pour nous.

-Oui, vous ne devez pas avoir beaucoup de clients, lâchais-je et elle releva le menton comme si je l’avais giflé.

-C’est la basse saison madame !

-Juin ? Enfin bref…

-Oui donc je disais qu’il est partit précipitamment en laissant beaucoup de ses affaires, je n’ai touché à rien bien entendu, je voulais que les autorités compétentes s’en chargent, dit-elle en lorgnant sur Nathan, et je me mordis la lèvre. Voici les clés, c’est au bout du couloir à gauche, la 33. Je vous laisse ici, à grand regret d’ailleurs, mais mes clients m’attendent.

-Quelle basse saison prolifique Madame !

 

Elle grogna et Nathan me jeta un regard amusé avant de m’entraîner dans le couloir sombre qui menait à la chambre 33. Nous arrivâmes devant la porte et Nathan fit jouer la clé dans la serrure avant de nous offrir un spectacle affligeant, un matelas vide de draps, des tapis usés jusqu'à la corde, une fenêtre entrouverte qui ne devait plus fermer depuis longtemps, un bureau en désordre et des vêtements qui jonchaient le sol. Il me tendit la clé avant de déclarer qu’il allait interroger la réceptionniste.

 

-Vous aller me laisser seule pour aller discuter avec cette greluche qui flirte avec vous ? Fis-je, offusquée, et il en sourit tendrement.

-Si elle flirte avec moi je pourrais peut-être lui tirer des informations, alors que vos phrase vexantes, malgré tout totalement délicieuses, ne nous ont amené nulle part. La diplomatie ma chère.

-Je le suis avec ceux qui le méritent. Voyez comment elle m’a accueille ? « Vous êtes la femme de la télévision ? » imitais-je et il se retint de rire ouvertement.

-Vous êtes toute rouge !

-C’est l’indignation, fis-je en reprenant mon souffle.

-Je sais être irrésistible quand il le faut, dit-il en me faisant un clin d’œil, puis il redevint sérieux et scruta la chambre le regard sombre. En fait je voudrais surtout que vous soyez seule avec tout cela, après tout c’est votre vie…

-Oui murmurais-je, et il posa une main sur mon épaule, notre premier contact depuis qu’il avait avoué son erreur au dîner passé.

 

Je sursautais presque et il du le sentir car il murmura des excuses en se retirant dans le couloir, comme s’il courait, comme s’il me fuyait et je soupirais en regardant l’ombre de son corps se mouvoir et disparaître. Je me retournais alors vers la chambre, le cœur battant, ne sachant comment faire pour ne pas me laisser submerger par ce qu’elle dégageait, un départ précipité, un voyant de télévision allumé, signe qu’il devait regarder le spot quand une nouvelle folie l’avait fait s’enfuir, emportant dans ses bras ce que je chérissais le plus, et finalement j’entrais calmement, la main sur le cœur, oppressée par l’air chargé et j’ouvris les fenêtre pour laisser le vent y pénétrer. Je me retournais vers le lit et il me semblait les voir allongés là, leurs visages sereins plongés dans le sommeil, puis j’allumais la télévision et ma voix retentit brusquement dans la pièce, comme si même le destin m’aidait à les revoir, à les sentir, je pouvais imaginer le visage de Lucas, la peur dans ses yeux, le spot avait du le terrifier, et complètement sous le coup de sa folle colère, il avait du commettre l’irréparable, une nouvelle fuite, elle avait du avoir peur et je n’étais pas là, tout ce temps je n’étais pas là, elle n’avait plus mes bras pour la bercer, elle n’avait plus mes baisers pour la calmer, elle ne m’avait plus et je ne l’avais plus, le vide au fond de mon cœur se réveilla et son visage dansa devant mes yeux, des cris, des appels, un sanglot et ce fut finit, la lutte s’achevait là, il l’avait emmené encore plus loin, il l’avait arraché à mes bras, comme on l’avait jadis arraché à mon corps, il l’avait éloigné de mon cœur comme il l’avait éloigné de ma vie et j’avais si peur qu’elle ne me reconnaisse plus si ce manège perdurait, j’avais peur qu’elle oublie ce mot si simple que les enfants apprenait souvent en premier : maman. Parce qu’il n’y a rien de plus précieux que l’amour maternelle, car il n’y aura jamais rien de plus fort, jamais rien de plus douloureux, car toute notre vie ils feront partis de nous, c’est le poids que nous avons choisie de porter quand nous les avons aimé, quand ils ont vu le jour et qu’ils ont reposés dans nos bras. C’est une douce blessure, un paradoxe que d’aimer cet être plus que tous les autres, même quand il devient adulte, même quand il s’en va, même quand il nous déçoit et que nous le voyons sous un autre jour, il reste toujours le souvenir de son premier sourire, de son premier rire, de son premier mot et je ne l’entendais plus m’appeler, je ne l’entendais plus prononcer ce mot qui fut son premier et c’est ma blessure, nous n’acceptons jamais leurs départs, par amour ou par dépendance, car nous le sommes tout autant qu’ils le sont de nous jusqu'à la fin de notre vie.

Je m’installais sur le lit, me renversait en arrière, étreignant dans mes bras le coussin où l’odeur de Sophia flottait encore, j’humais cette douceâtre fragrance, celle de ses cheveux, et j’en trouvais quelques uns sur le lit, des cheveux noirs corbeau, ce n’était plus les siens mais peu m’importait, ils avaient son odeur tout simplement et c’est ainsi que Nathan me trouva, il resta d’abord sur le pas de la porte pour m’observer et j’essuyais mes larmes, il n’y avait pas de mélodie pour cette scène là, pas de douces paroles, pas d’échos bienfaisants, juste le silence et le vent qui s’acharnait au dehors, et quand le spot fut achevé et que mon image disparut de l’écran je soupirais, lasse. Il s’installa sur le lit et voulu me prendre l’oreiller des mains, mais ce fut comme s’il me l’arrachait à nouveau et je le retins fermement sur mon cœur, pas cette fois-ci non, pas cette fois-ci. Il passa un bras autour de mes épaules et je gardais les yeux dans le vide, accrochée au malheureux coussin que je déchirais avec mes ongles. Il posa sa main sur la mienne, desserrant l’étreinte et je finie par le lâcher en sanglotant, je n’avais pas été à la hauteur, je ne l’avais pas protégé de son propre père et je m’en voulais, je savais qu’il ne lui ferait jamais de mal, il l’aimait trop pour cela, mais il lui en avait fait inconsciemment en l’arrachant à moi, elle devrait avoir le droit de continuer à m’appeler, j’étais sa mère, c’était la seule chose qu’il ne pourrait jamais changer, à la vie à la mort pour toujours, un serment gravé, car le sang ne ment pas, comme l’amour, mais l’amour peut parfois se jouer de nous, et les serments les plus solides se perdent dans le vent, comme le rire de Sophia ou les yeux étincelants de Lucas, tous les amours se perdent, sauf l’amour maternel, jamais celui-ci ne s’efface, il est trop solide pour s’effondrer et je réitérais ma promesse, à la vie à la mort, jusqu’au bout du monde, pour toujours…

C’est la voix de la réceptionniste qui nous ramena à la réalité, Nathan ôta sa main de mon épaule, comme s’il venait de se rendre compte qu’il avait laissé ses sentiments le guider, alors que je n’avais presque pas sentie sa brûlure, j’étais absorbée par l’écran en me demandant dans combien de temps le spot referait son apparition, je le connaissais par cœur, je pouvais, les yeux fermés, en réciter les moindres mélodies. Elle entra, tout à coup gênée de nous interrompre, mais son regarde se posa sur Nathan, et elle reprit sa pose aguicheuse qui me donnait la nausée.

 

- Souhaitez-vous manger quelque chose monsieur Lee ? Demanda-t-elle sans me jeter un regard. Il y a un restaurant au sous sol !

-Un restaurant ? Fis-je sarcastique, mais Nathan sourit avant de répondre lui-même.

-Non merci Dolorès.

 

Et elle s’en fut comme elle était venue, une ombre, rien de plus. Je me tournais vers lui et il m’offrit son plus beau sourire. Les larmes avaient quitté mes joues, mais je ne me sentais pas en paix pour autant.

 

-Qu’y a-t-il ?

-Dolorès ?

-Eh bien oui, c’était le seul moyen d’obtenir des informations, ne croyez pas que je n’ai pas remarqué son manège !

-Bien, au moins vous ne vous êtes pas laissé gruger.

-Ce n’est pas du tout mon genre de femme, répliqua-t-il en se levant pour passer la pièce au crible.

 

Il poussa les rideaux, ramassa les vêtements oubliés, les papiers, les reçus de cartes bancaires et posa le tout sur le lit pour l’examiner. De mon coté, je me levais péniblement pour gagner le bureau où je trouvais à ses pieds une carte routière barbouillée. Je la posais à plat sur le plan de travail et remarquais les annotations, l’écriture de Lucas, aucun doute n’était permis. Il avait entouré les villes, tracé son itinéraire au stylo rouge, fait des croix dans les stations essences et tout cela le menait tout droit en Caroline du Nord. Je fixais la carte, silencieuse, jusqu'à ce que l’ombre de Nathan se rapproche et qu’il lance un regard par-dessus mon épaule. Il m’arracha brusquement la carte des mains, un grand sourire aux lèvres, mais je me détournais vers la fenêtre, ils étaient déjà loin, comment savoir que nous ne nous trompions pas de route, comment retrouver deux personnes dans ce pays qui en comptait des millions, comme garder cet espoir alors que plus les jours passaient et plus je tombais dans la désillusion, c’était inévitable, malgré ma détermination, malgré ma force, il y avait quelque chose que je ne pouvais pas combattre, je n’étais pas Dieu, je ne le serais jamais, je n’étais qu’un être sur des milliards qui avait cet espoir au fond de son cœur, cet espoir que la nature humaine n’était pas définitivement corrompue, mais Lucas avait l’air prêt à tout, jusqu’au bout du monde, jusqu'à la fin, cela devait être sa promesse, et qui étais-je pour la briser ? Personne.

  

-Je vous avais bien dit qu’il laissait plus de traces qu’il n’y paraissait, lança-t-il, heureux de ma découverte.

-Que vous a-t-elle dit Nathan ? Fis-je en le fixant et son sourire s’évanoui.

-Il était là il y 3 jours.

-Il peut déjà être en Louisiane, c’est une course contre la montre, c’est tout simplement impossible, conclus-je, il sera à Tree Hill avant même que nous puissions prendre la route.

-Il a passé un coup de fil deux jours avant la diffusion du spot, apparemment il serait tombé en panne non loin de là et les pièces manquaient au garagiste qui devait les commander. Ils ont donc passé deux jours ici, ils devaient partir le lendemain matin selon la réceptionniste, mais au lieu de cela, il a quitté les lieux avec Sophia la nuit, juste après avoir vu le spot semble-t-il.

-Karen…

-C’est probable qu’il ait appelé sa mère à ce moment là, mais sans dire un mot.

-Quelle fantastique façon de tenir un motel : L’espionnage. Fis-je sarcastique ce qui ne lui échappa pas.

-Nous pouvons la remercier, sans ses détails, nous serions perdus.

-Une ola pour Dolorès, m’exclamais-je et il me sourit.

-En tout cas, s’il lui a bien téléphoné, il n’a pas prononcé un mot, il a du avoir peur des conséquences. Il a simplement raccroché…

-Mais c’est vers Tree Hill qu’il roule, la carte le prouve.

-Il a entouré toutes les villes et tous les états qu’il allait traverser. Il l’a probablement oublié et doit s’en mordre les doigts, il devait savoir qu’elle le reconnaîtrait après la diffusion du spot, que tout le monde le pourrait dans ce bourg.

-Il lui a vraiment teint les cheveux Nathan, murmurais-je comme si je venais à peine de l’apprendre, j’ai pensé que ce n’était qu’une méprise mais il a osé, il a recouvert ses boucles blondes avec cette horreur…

-Il a eu peur, tout le monde a peur un jour, répondit-il sur le même ton et je lui fis face.

-Vous aussi ?

-Moi aussi…

 

Puis il jeta son regard sur la carte avant de repasser la pièce au crible, tout à coup envahit par la tristesse, et quand il parla, sa voix sembla venir d’outre tombe, un murmure rauque qui me fit reculer.

 

-J’ai peur de ne pas être à la hauteur, de ne pas être l’homme qu’il vous faut pour cette bataille là, j’ai peur d’échouer, de ne pas vous aider à retrouver Sophia, et j’ai peur de rentrer chez moi. Je ne sais plus où j’en suis, si la femme avec laquelle je vis est celle qui est faite pour moi, si la vie que nous menons n’est pas une méprise, j’ai peur de tout, même de l’avenir, et je me sens aussi vulnérable par moment, et vous… Vous êtes là, et je me dois de vous aider à ne pas vous noyer, mais la vague semble trop haute pour nous, et si nous devions nous noyer tous les deux ?

-Nathan…

-Ne dites rien, je sais bien que c’est ridicule, mais je veux vous protéger, vous êtes entré dans ma vie d’une façon si étrange avec vos grands yeux inondés de larmes, puis j’ai vu votre sourire et quelque chose s’est réveillé.

-Chez moi aussi…

-Mais Lucas est là, il est dans votre cœur, il est entre nous. Brooke est dans ma vie depuis si longtemps que je croyais que cela allait de soit, que rien ne devait changer, mais il n’y a pas de mélodie avec elle, aucune musique pour accompagner nos rires ou nos pleurs, il n’y a rien, juste des ombres et de doux moments oubliés, je ne sais pas ce que tout cela signifie, cela fait si peu de temps que nous nous connaissons, mais j’ai besoin de vos mélodies Peyton, elles raisonnent en moi, c’est comme un écho, je l’entends tous les jours, cela m’est devenu essentiel.

-Lucas est encore là, et il le sera toujours, mais ce qui m’importe c’est elle, Nathan. Juste elle. J’ai besoin d’elle, comme j’ai besoin de mes mélodies, c’est ce qui me fait vivre, l’amour sous toutes ces formes, qu’importe s’il est voué à s’écrouler un jour, pour le moment j’en ressens le besoin. Et je ne sais pas ce que cela signifie, mais moi aussi j’ai besoin de vous dans ma vie, vous y êtes entré d’une telle façon, j’avais les yeux fixés sur cette maudite horloge et le temps s’est arrêté quelques secondes, je vous voyais comme un ange gardien, comme un sauveur…

-Et si je ne l’étais pas ? Fit-il les yeux brillants, je peux échouer, nous pouvons échouer…

-Nous survivrons. Mais sans elle je ne survivrais pas.

-Et sans mes nouvelles mélodies, je serais perdue, conclut-il et il se rapprocha, faisant tomber toutes les barrières entre nous.

 

Je secouais la tête, je n’avais que cette carte à l’esprit, que cet itinéraire qui m’éloignait d’elle, et malgré son regard posé sur moi, je ne pouvais chasser l’image de Lucas de mon esprit, comment pouvait-on aimer une personne pendant dix ans, sans même la connaître ? Car il me faisait l’effet d’un étranger, mais un étranger sans écho, jamais il n’avait réveillé cela en moi, jamais il n’avait pu voir ce coté là de ma personnalité, la détermination, la force, je n’en avais pas eu besoin jusqu'à présent, mais pour elle j’étais prête à tout, même à détruire son monde si cela me permettait de dormir en paix. Il était si près de moi que je sentais son souffle sur ma joue, juste quelques secondes où je le laissais s’approcher, pas plus, quelque secondes pour sentir sa chaleur, pour entendre ses murmures et ce serait finit, j’en avais besoin, j’avais besoin de cette folie dans ma vie, cet inconnu qui m’avait tant apporté en si peu de temps, et quand ses mains étreignirent mes épaules, je ne pu que murmurer en secouant la tête, aucun mot ne serait assez fort pour le repousser, aucun geste ne serait assez puissant pour combattre la marée qui m’envahissait, elle venait au monde dans mon cœur, traversant tout mon corps, faisant trembler mes jambes, je me sentais si faible que je gémis doucement. Il se pencha et son souffle caressa mes lèvres sans les toucher, son visage frôla le mien et ce fut tout, quelques secondes, mais elles allaient changer une partie de ma vie. Il recula, les yeux toujours clos, comme s’il venait de se rendre compte qu’il avait été aussi proche de mon cœur que de mon corps, comme s’il venait de voir mon visage et celui de Brooke s’entremêler, et ce du être le cas, car il enleva ses mains de mes épaules pour les laisser pendre le long de son corps, vidé de ses forces comme je l’étais…

 

-Je suis désolée, fis-je.

-Pour une fois ce n’est pas moi qui m’excuse, plaisanta-t-il et son regard retrouva sa brillance.

-Partons, nous avons de la route à faire, conclus-je et je reculais, consciente que mon corps était prêt à s’abandonner, alors que mon cœur était encore partagé.

-Peyton, je…Je pensais chaque mot.

-Moi aussi Nathan mais le fait est que je ne peux pas, et je ne pourrais sans doute jamais, et vous non plus, lui rappelais-je, et il se redressa, conscient de notre erreur.

-Qui sait ce que l’avenir nous réserve.

-Je veux juste retrouver ma fille, et que Lucas sorte de ma vie.

-Qu’il sorte de votre cœur aussi, acheva-t-il, m’ôtant les mots de la bouche.

-Vous aimez Brooke, c’est certain, c’est une mauvaise passade voilà tout.

-Oui, murmura-t-il en prenant la carte dans ses mains tremblantes.

-Quel est notre prochain arrêt ? Demandais-je pour détourner la conversation mais j’en tremblais encore.

-Aucun, lâchât-il. Le mieux est d’aller directement chez Karen.

-Vous plaisantez ?

-Non, car si nous suivons cette carte, nous serons toujours en retard, alors que si nous allons à Tree Hill nous l’attendrons de pied ferme et il ne pourra pas reculer.

-Qui vous dit que Karen nous aidera ? C’est son fils tout de même.

-Son fils est un fugitif, assena Nathan avant de sortir de sa poche ce qui ressemblait à un mandat d’arrêt. Il est recherché pour enlèvement. Bien entendu il devra être jugé en Californie, selon les lois de l’état et c’est pour cela que nous devons le retrouver vite, la police locale nous aidera à l’extrader.

-J’ai besoin de m’asseoir, murmurais-je et je me laissais tomber sur le lit.

 

La tête me tournait et je portais une main à mon cœur qui s’emballait. C’était officiel maintenant, ce n’était plus une bataille entre lui et moi pour notre fille, c’était une bataille juridique entre les Usa et lui, était-il au courant de cette menace ? Où croyait-il qu’il serait impuni toute sa vie ? La voix de Nathan raisonna dans la pièce mais je ne l’entendais plus, juste quelques bribes me parvirent, ce document lui permettait de faire valoir la loi de Californie à Tree Hill, Lucas n’avait aucune chance de faire rejuger l’affaire en Caroline du Nord. Mais n’allait-il pas s’enfuir ailleurs ? N’allait-il pas l’emmener encore plus loin de peur de rendre des comptes à la justice et pire à moi-même ? Mais Nathan me rassura et cette fois ci je l’écoutais, les yeux baissés sur mes mains, nouées entre elles sur mes genoux.

 

-Il ne peut pas le savoir Peyton, faites-moi confiance.

-Il suffirait qu’il allume une télévision pour le savoir, et alors je ne la reverrais jamais hurlais-je soudain, tremblante. Je le connais bien, quand il se sent menacé il fuit, c’est la seule chose qui s’avère une vérité après toutes ces années de mariage. J’ai vécu avec un inconnu qui m’a volé mon enfant, qui a fait de ma vie un enfer, qui m’a mis sur votre chemin…

-Nous sommes tous des étrangers, dit-il en secouant la tête. Nous ne les connaissons jamais vraiment, comment savoir de quoi ils sont capables quand le malheur s’abat ?

-De tout ! Il est capable de tout, maintenant je le sais, ce n’est pas seulement sa vengeance contre moi, c’est toute sa vie qu’il joue, elle s’est écroulée et il n’a plus rien, plus personne pour l’aider à la reconstruire, juste Sophia…Il l’apprendra Nathan, et il l’emmènera encore plus loin, n’ importe où dans le monde.

-Non, cette information n’a pas été divulguée et ne le sera jamais, sauf face à lui. Les journalistes ne peuvent pas l’apprendre.

-Les journalistes apprennent toujours tout Nathan.

-Il est déterminé à rentrer à Tree Hill par le plus court chemin, il est obnubilé par son objectif, il ne verra rien d’autre, j’en suis persuadé.

-Encore une promesse ? Fis-je aigrement, et il prit place à mes cotés.

-Nous allons rendre cette voiture, nous n’en aurons pas besoin, et prendre le premier avion pour la Caroline du Nord. Je contacterais Karen au plus vite pour lui expliquer la marche à suivre au cas où Lucas l’appelle vraiment, il se rapproche,  il va avoir besoin de savoir que sa mère le soutient. Dites-moi que vous me faites confiance Peyton ? J’ai besoin de l’entendre…

 

Je restais immobile quelques secondes, les yeux perdus dans le vide, je vis le visage déterminé de Nathan, puis celui de Lucas s’immisça entre nous, suivi du petit minois de Sophia, elle me souriait, tendait sa petite main vers moi, avec un cri muet accroché aux lèvres ; maman ; maman, et je ne l’entendais plus, je ne le ressentais plus, elle était trop loin de moi, mais elle ne serait jamais trop loin de mon cœur, et j’espérais qu’elle sentait encore mon amour, qu’elle entendait encore ma voix, je priais pour cela toutes les nuits, je priais pour qu’elle ne m’oublie jamais, et doucement je rouvris les yeux en hochant la tête devant le regard inquiet de Nathan.

 

-J’ai confiance en vous, fis-je avant de rectifier, en toi.

 

Il me sourit et j’eu le sentiment d’avoir entrevu son véritable sourire, celui qu’il n’offrait qu’à peu de monde, seulement à ceux qui avaient réussi à pénétrer son cœur, et à cet instant je savais que quoi qu’il puisse advenir de nous à l’avenir, il avait sa place dans le mien, qu’importe la forme de cet amour, qu’importe sa finalité, il avait commencé dans l’ombre, il avait vu le jour malgré nous, et même si je le niais, même si je ne m’en sentais pas encore capable, je pouvais presque m’imaginer prononcer ces mots que je n’avais murmurés qu’à une seule personne sur cette terre, une seule sur des millions qui m’avait aussi brisé le cœur, il avait fait quelques pas avec moi, il était entré dans la danse, et maintenant toutes mes mélodies l’accompagnaient, elles raisonnaient dans sa vie comme elles raisonnaient dans la mienne, étonnant paradoxe qui laisse penser qu’au fond, certains êtres étaient juste fait pour être mis en présence et que parfois le destin capricieux mettait du temps avant de les réunir…

Il hocha la tête et prit ma main dans la sienne, s’accrochant solidement au risque d’être emporté par une autre marée, et nous quittâmes la chambre sans repasser par la réception, le plan serré contre mon cœur, c’était ma dernière carte contre Lucas, je serais à Tree Hill quand il arrivera, je l’attendrais, je serais son pire cauchemar, son pire souvenir, je ne le laisserais jamais oublier la blessure qu’il avait fait brûler en moi, d’abord en reniant nos engagements, puis en kidnappant notre enfant, non jamais plus il ne dormira sur ses deux oreilles…

 


nanouee  (22.06.2011 à 20:05)

Lucas - Tennessee - Juillet 2008

 

Plus que quelques jours. La fin de notre fuite approche. Sophia ne me parle plus tellement, seulement lorsque c'est nécessaire. Elle demande sa mère à chaque arrêt que nous faisons. Et comme nous ne nous arrêtons plus aussi souvent la fatigue se fait plus que sentir. Une nuit, je me suis même garé sur le bas-côté pour dormir ne serait-ce que deux ou trois heures. Toutes les routes se ressemblent. Les paysages me sont à présent étrangers. Je ne me concentre que sur la route qui s'étend devant moi et le compteur kilométrique qui défile. Il fait une chaleur épouvantable. Mes chemises sont sales et commencent à sentir très fort. Je ne supporte plus cette situation. D'ici quelques jours, nous pourrons nous reposer et retrouver une apparence normale chez ma mère. Elle sera là. Je l'appellerai une fois que je serai arrivé en Caroline. Il ne faut rien précipiter. Je ne pense pas avoir d'autres problèmes mais en cavale on n'est jamais sûr de rien. Chaque jour est une victoire après une épreuve. C'est un combat de tous les instants. Un combat pour survivre. Un combat permanent qui déterminera chaque parcelle de notre vie future. Et je dois gagner ce combat. Je ne me montrerai plus faible. La faiblesse est pour ceux qui n'ont pas de but dans la vie. J'ai un but. Et quoiqu'il arrive, je dois l'atteindre. Je dois surmonter tous les obstacles qui se dresseront sur ma route. Les balayer. Faire abstraction d'eux. Ne pas les laisser m'atteindre. Par tous les moyens, les oublier et rester concentrer sur mon but. Cela est plus que nécessaire. C'est vital. La moindre erreur nous sera fatale. Donc il ne doit pas avoir d'erreur. Et la faiblesse est une erreur.

Je continue à conduire dans le silence le plus complet. Mes yeux sont rivés sur l'horizon. De temps en temps je jette un coup d'œil au siège arrière. Et lorsque mon regard croise celui de Sophia, elle tourne la tête et soupire. Puis elle serre son ours et lui murmure des paroles réconfortantes à l'oreille. Je crois qu'en essayant de rassurer cette peluche, elle veut se rassurer elle-même. Nous devrons bientôt faire une halte dans une station service. La prochaine sur la route fera l'affaire. Il me reste assez d'argent liquide pour faire le plein d'essence et de quoi tenir encore quelques jours sur la route.

Environ 20 kilomètres plus tard, une station se dessine au bord de la route. Il y a deux voitures déjà présentes mais si je fais vite, ils n'auront pas le temps de me reconnaître. J'en ai pour 2 minutes pas plus. Je n'ai jamais été aussi stressé de ma vie. Le moindre faux pas pourrait... Je dois raser les murs. Aucun contact. Une ombre. Je suis invisible. Je me gare dans le parking et Sophia se tourne vers moi.

- Maman est là dis ?
- Non mon cœur.
- Mais tu avais promis qu'on serait bientôt tous les trois réunis.
- Et je tiendrai ma promesse, lui dis-je pour la calmer.
- Tu ne tiens jamais tes promesses.
- Sophia essaye de comprendre !
- Mais je ne veux pas comprendre. Je veux retrouver ma chambre, mes amies, ma maîtresse, je veux retrouver Maman, hurla-t-elle à bout de forces.
- Calme toi. Parle moins fort s'il te plait.
- Papa, je veux rentrer.
- Plus que quelques jours, je te le promets.
- Arrêtes de faire des promesses !
- Je la tiendrai celle là. Et tu sais pourquoi ?
- Non, pourquoi ?
- Parce que Papa est malheureux de savoir qu'il t'a déçu. Le cœur de Papa est triste, tu sais comme quand Bubulle est mort ?
- Bubulle mon poisson ?
- Oui, ton poisson. Tu étais très triste quand il est allé au paradis des poissons. Et bien Papa ressent presque la même chose. Et Papa a peur.
- Mais tu n'as jamais eu peur.
- Maintenant ma puce, j'ai peur. Parce que j'ai l'impression que je ne suis pas un bon père pour toi.
- Mais tu es un super Papa, le meilleur au monde. Seulement, arrêtes de faire des promesses que tu ne tiens pas parce là, t'es plus le meilleur Papa du monde.
-Aurais-je droit à un gros câlin de la part de la meilleure petite fille de tout l'univers ?
- Ça dépend. Tu m'achèteras des bonbons ?
- Sophia...
-Un câlin, un bonbon.
- Marché conclu princesse. Allez viens là.

 

 Musique


Elle se détacha et se jeta presque dans mes bras. Je la serrai aussi fort que possible parce que j'avais le sentiment qu'elle pouvait m'échapper à chaque instant. Qu'elle pouvait s'évanouir dans la nature. Il fallait que je la garde précieusement tout contre moi. Je ne sais pas combien de temps nous sommes restés ainsi, l'un contre l'autre. Mais cela m'a redonné confiance en moi. Comment un si petit bout puisse être aussi intelligente est forte ? Ma propre progéniture m'étonnera toujours.

- Alors ma puce, Papa va juste sortir quelques minutes pour faire le plein. Tu vas rester sagement dans la voiture et Papa fermera les portes pour que tu n'ais pas peur d'accord ?
- Et je ne parle à personne je sais. Mais dépêche toi Papa.
- À vos ordres, mon caporal, lui fis-je en riant.


Elle me tendit son petit poing comme un rappeur. Je tapai mon poing doucement contre le sien puis sorti de la voiture. Elle m'adressa un dernier sourire avant de s'installer à nouveau dans son siège. Je verrouillai les portes puis me dirigea vers la pompe. Je m'avançai à pas de velours. Les clients du magasin avaient les yeux rivés sur l'écran de télévision. Au départ, je n'y fis pas attention. Mais des yeux verts attirèrent mon attention. Peyton... Et puis un mandat d'arrêt. Non je rêve. Pourquoi ?

Mes poins se serrèrent d'eux mêmes. Ma respiration sa bloqua. Mes membres se mirent à trembler. Mon corps ne m'obéissait plus. Sans même réfléchir, je me dirigeai vers la cabine téléphone d'à côté. Nerveusement, j'introduisis la monnaie puis composa pour la première fois depuis mon départ, le numéro de chez moi. Durant un bref instant, le silence fut mon seul compagnon mais ensuite, le bip de tonalité se fit entendre. Une fois, puis deux, puis trois puis quatre. Toujours ce même son irritant. Le répondeur ne se déclancha pas. Pendant de longues minutes, je restai là à attendre une réponse qui ne viendrait pas. Reprenant mes esprits, je raccrochai puis composai un autre numéro. Celui-ci me conduira peut-être à la réponse que je cherche. Appuyé lourdement contre la porte vitrée, j'attendais. Mon regard dévia l'espace d'un instant vers la voiture. Sophia restait tranquille. Une voix féminine me ramena à la réalité.

- Allô, fit-elle.

Je ne répondis pas. Ma respiration s'accéléra, mon pouls également. De grosses gouttes de sueur s'échappèrent de mon front. Mes mains devinrent moites.

-Allô, répéta - t-elle. Je sais qu'il y a quelqu'un, je vous entends respirer.

Je ne peux pas prononcer le moindre mot. Je ne sais pas si je dois raccrocher ou pas. Que dois-je faire ?


brathan576  (22.06.2011 à 20:09)

Musique

 

Peyton – Caroline du Nord – Juillet 2008



 Les visages qui ont animé une partie de notre vie ne nous quittent jamais, qu’importe si ils nous semblent lointains, ils s’installent, créent leurs empreintes et nous transforment. Ils peuvent apparaître à n’importe quel moment pour nous rappeler un souvenir, pour faire revivre une voix ou un rire, ceux qui ont traversé notre vie ne seront jamais inutile, ils nous ont offert tout un panel, l’amour, l’amitié, la force, ce qu’ils nous ont donné est inimitable, et en échange ils ont eu une partie de notre cœur pour toujours. C’est ce que j’ai fais toute ma vie, j’ai donné une partie de mon cœur à tous les êtres qui ont choisie de vivre à mes cotés, à tout ceux qui en ont fait de même, et l’un d’entre eux m’avait si durement trahie que je doutais de pouvoir un jour retrouver cette sérénité qui naît de la confiance acquise, comment savoir qu’un autre cœur ne va pas se détourner du mien et faire naître en moi d’autres brûlures ? C’était l’enjeu de la vie et je ne pouvais pas y échapper, encore moins aujourd’hui…


Sa main est posée sur la mienne, et il la presse doucement, fixant le perron de la maison. Elle s’étale devant nous, jetant son ombre sur nos visages, sur nos vies, comme un fantôme de notre passé, mais elle n’est rien de tout cela, juste l’antre qui abrite la seule femme qui pouvait nous aider à changer la finalité de notre histoire. L’air s’échappe de mes poumons, et dans ma main droite, l’ourson de Sophia est en bonne place, je ne l’ai pas lâché un instant, pas même dans l’avion, et j’avais attiré les regards curieux des passagers. Je m’en moquais bien, je voulais me sentir proche d’elle, c’était la seule chose qu’il me restait ici, la seule chose qui devait lui manquer comme elle me manquait, elle avait du le laisser derrière elle, mais je me jurais de ne jamais la laisser derrière moi, jamais plus. Tree Hill était pareil à mon souvenir, je n’y étais venue qu’une seule fois, pour notre mariage. Ses relations avec sa mère avaient longtemps été conflictuelle mais là, il avait besoin d’elle, et au fond de mon cœur je savais qu’elle ne pourrait pas le lui refuser, ma crainte augmentait d’autant plus qu’une mère ne renie jamais son propre enfant, même pas par déception, alors que nous pouvons être si durs avec nos parents, nous pouvons leur en vouloir si longtemps pour des méprises, nous n’avons pas l’amour inconditionnel qu’ils nous portent. Nathan s’était doucement engagé dans l’allée mais avant même que nous ne descendions de voiture, elle s’encadra dans l’embrasure de la porte, les bras serrés sur sa poitrine et la tête basse. Je l’observais et elle daigna enfin croiser mon regard, j’ouvris la portière, posais un pied au sol, et déposais l’ourson sur le siège avec un dernier regard protecteur.

L’orage se rapprochait de nous, le ciel grondait et les nuages doucement s’amoncelaient au dessus de nous. Nathan me poussa vers l’entrée, sentant les premières gouttes sur son visage. Je ne sentis rien, je ne fis que fixer le visage de Karen, il semblait impassible comme si elle ne pouvait rien ressentir, ou comme si elle se l’interdisait, et Nathan nous observa nous faire face en silence, pas un mot, pas un geste, deux femmes face à face, deux femmes qui possédaient un lien inaltérable avec le même homme, deux mères qui voulaient protéger leur enfant, mais nous ne pouvions pas toutes les deux gagner cette bataille, je la jaugeais comme un adversaire, je plaçais en elle les derniers espoirs que je pouvais cultiver, et cela me semblait presque incongrue à ce moment même, lui demander de m’aider à arrêter son propre fils serait presque un crime…


-Bonjour madame Scott, Nathan Lee, vous vous souvenez de moi ? Demanda t-il en lui tendant une main qu’elle serra sans me quitter des yeux. Pouvons nous entrer ?

Il avait brisé la glace, mais je restais toujours immobile, lèvres closes, que pouvais-je lui dire ? Je ne pouvais que la supplier de m’aider, de renoncer à sauver son fils du gouffre qui l’attendait, mais je n’osais pas, et son regard soudain s’adoucit, elle hocha la tête et nous ouvrit sa porte. Je ne voulais pas entrer dans cette maison ou tout me rappelait Lucas, je ne voulais pas voir toutes les photos aux murs et entendre cette femme pleurer, je ne voulais pas voir sa douleur, celle qu’elle cachait sous son visage impénétrable, mais je l’avais entrevue quand elle avait baissé sa garde, quelque chose au fond de ses yeux qui me faisait sentir qu’elle était prête à renoncer, qu’elle était prête à se ranger de notre coté. Mon cœur battit la chamade quand je retrouvais le vaste salon ou la cheminée installée dans un coin était recouverte de photographies en tout genre, Lucas pour la plupart, son père, puis une autre qui attira mon attention, celle de notre mariage, et avant même de m’asseoir j’allais me poster devant elle, épiant les visages heureux qui s’offraient à moi. Avions-nous été ces personnes souriantes à leur futur bonheur ? Avions-nous été un jour si confiant que rien n’aurait pu nous détourner de notre route ? Je ne laissais pas les larmes couler sur mes joues, je ne le voulais plus, Lucas ne devrait plus tarder, tout ceci devait prendre fin, le plus vite possible…


-Elle est à la même place depuis 6 ans Peyton, s’exclama Karen et je sursautais au son de sa voix, j’en avais oublié le timbre et la douceur.

-Tout a changé, fis-je plus durement que je ne l’aurais voulu et j’entendis Nathan se racler la gorge.


Je me retournais vivement, et vint m’installer à leurs cotés sur les canapés. Elle continuait de me fixer, et je me demandais quand j’aurais le courage de lui dire ce que j’attendais d’elle, quand j’aurais le courage de lui raconter ce que son fils m’avait fait. Nathan posa une main sur mon épaule, et Karen nous épia un petit sourire aux coin des lèvres avant de servir une tasse de café à chacun dans ce silence qui n’était pas bienfaisant, aucune mélodie, aucun écho, juste un pesant face à face qui me rendait nerveuse, mes mains étaient moites, mon cœur battait la chamade, et pourtant j’offrais l’image même de l’indifférence, je ne voulais pas pleurer sur son épaule, je ne voulais pas me laisser attendrir, je voulais paraître forte mais je ne l’étais pas. Elle but une gorgée, j’en fis de même et enfin elle parla, ses premiers mots furent des excuses. Tout le monde n’avait que cela à m’offrir, des excuses et des sourires compatissant, mais je ne l’interrompis pas, je la laissais se libérer du poids qui pesait sur son cœur, elle en avait bien le droit…


-C’est mon fils, mais mon fils n’aurait jamais pu faire cela, à moins d’être devenu fou. Je le connais par cœur, je lui ai tout donné, il était ma raison de vivre, j’ai tant voulu faire de lui quelqu’un d’honorable que j’ai dû me tromper, j’ai du faire une erreur à un moment donné, c’est ma faute Peyton.

-Vous n’y êtes pour rien madame Scott, fit Nathan doucement. Personne ne pouvait prévoir.
-J’ai vécu toutes ces années avec un inconnu Karen, une personne qui m’a promis monts et merveilles, et qui a fait de ma vie un enfer sur terre, mais ce qui est le plus terrible là dedans, c’est que j’y croyais, j’y croyais à ce conte de fée sans calèche, il ne devait pas s’achever, et je ne devrais pas être ici pour vous supplier de m’aider à mettre votre propre fils en prison, tout est de sa faute, il fait souffrir tout ceux qui l’approche, et je veux que tout cela cesse
, murmurais-je, secouée, je ne sais pas ce qu’il va advenir de nous, mais vous êtes une mère, et ma fille a disparu Karen, il m’a enlevé mon enfant, c’est sa façon à lui de se venger, je lui en veux tant de n’avoir pas su respecter ce que nous avions construit, et j’aurais peut-être pu lui pardonner un jour son infidélité si il n’avait pas commis cet acte, mais c’est à présent impardonnable. Nous savons qu’il se dirige vers Tree Hill, il a laissé une carte dans un vieux motel avant de le quitter précipitamment, il attend votre soutient…

 -Pourquoi vient-il ici ? Demanda t-elle nerveusement en se tordant les mains.
-Il veut faire en sorte que l’affaire soit rejugée ici-même avec les lois de cet état, assena Nathan et Karen s’immobilisa, horrifiée.

-En a-t-il le droit ?

-Oui et non…

-Le juge lui a alloué un droit de visite, mais c’est en Californie, et les lois changent, il savait ce qu’il faisait madame Scott, faite-moi confiance, j’ai vu beaucoup de père enlever leurs enfants et disparaître dans la nature, en croyant que la justice les avait floués.

-Je… Je ne sais pas quoi te dire Peyton, bredouilla t-elle en se tournant vers moi, et si il ne vient pas chez moi, ou plutôt si il vient que dois-je faire ? C’est mon fils, je l’aime, je ne peux pas le trahir…

 -Il m’a trahis, il a enlevé mon enfant, vous ne pouvez pas le protéger ! M’écriais-je soudain paniquée.

 -Je…Je ne peux pas le rejeter Peyton, murmura-t-elle.

-Vous ne le rejetez pas madame, argumenta Nathan calmement en emprisonnant ma main tremblante. Il va venir, nous en sommes persuadés, j’ai en ma possession une feuille qui indique qu’il est recherché dans tous les Usa pour enlèvement. La police locale en a une copie, quand il viendra à Tree Hill nous serons en mesure de l’arrêter et de l’extrader pour qu’il soit juger en Californie.

 -Vous me demandez d’accueillir mon fils chez moi pour que vous puissiez mieux l’arrêter ?

-Je vous demande de nous aider à réparer cette erreur Karen, vous nous le devez bien, je vous en prie, fis-je et elle secoua la tête.

 -Je t’aime comme si tu étais ma fille Peyton, mais Lucas ne me le pardonnera jamais…
-Vous pouvez le faire, coupais-je, il vous suffit de regarder au fond de votre cœur de mère, et si votre mari vous avait enlevé Lucas quand il était petit ? Comment auriez-vous réagis ? N’auriez-vous pas tout fait pour le retrouver ? Je remuerais ciel et terre Karen, et si vous ne nous aidez pas, nous trouverons un autre moyen, mais il payera, il payera pour cette blessure là…

-La haine est difficile à cultiver Peyton, elle vous ronge, et au final il n’y a plus rien pour vous sauver.

-Peu m’importe ! Sans Sophia je n’ai plus rien à sauver, fis-je et elle secoua la tête encore une fois, les mains serrées sur ses genoux.

-Lucas me haïra…

 -Madame Scott? S’impatienta Nathan, et elle le fixa étrangement.

-Vous ne pouvez pas comprendre ! Avez-vous des enfants ?

-Non, mais…

-Ne la regardez pas ainsi, elle ne vous donnera jamais son cœur entièrement, il est déjà brisé, murmura t-elle en passant du visage de Nathan au mien mais nous restâmes silencieux. Je sais ce que tu ressens Peyton, j’aurais fais n’importe quoi pour mon fils, mais pensez à un arrangement à l’amiable je vous en prie, c’est tout ce que je vous demande, il l’a fait sur un coup de tête, il ne pensait qu’à Sophia pas aux conséquences.

-Il a pensé à sa vengeance, assenais-je, et pour cela il mérite bien d’être jugé. Il a vu le spot, il a lu les journaux et pourtant il n’a pas ralentis, je suis sure qu’il a accéléré, que sa colère en a été renforcée, je l’ai peut-être banni de ma vie mais je ne l’ai pas chassé de mon cœur, je le connais, je pourrais l’entendre pester sur la route, je pourrais l’entendre comme si il était ici près de nous…


Elle allait ouvrir la bouche mais la sonnerie stridente du téléphone nous secoua. Mon cœur s’accéléra et Nathan se leva brusquement en même temps que Karen qui répondit promptement. Je fermais les yeux, j’étais persuadée que c’était Lucas, je l’avais senti, tout mon corps en tremblait, et je n’entendis pas les murmures de Nathan qui posait une main sur mon épaule, je n’entendis que la voix de Karen qui me parvint, tremblante quand elle prononça son nom. J’aurais voulu me lever et hurler toute cette colère que je gardais au fond de moi, j’aurais voulu le haïr encore plus, le maudire de m’avoir précipité dans cet enfer mais je restais muette à l’affût des battements de mon cœur et des murmures de Karen. Quand tout à coup la voix de Lucas envahie la pièce, Nathan avait actionné le haut parleur…


-Maman ? J’ai besoin de toi, c’est le moment…

-Où es-tu ? Demanda t-elle, et Nathan s’approcha de moi, m’aidant à me lever tout en posant un doigt sur mes lèvres.

-Tu es seule ?

-Oui mon chéri, mais qu’est-ce qui s’est passé ? Qu’as-tu fais ?

-Je suis désolé pour tout cela, vraiment, fit-il d’une voix étouffée, et Nathan resserra son étreinte, passant un bras autour de mes épaules.

 

Je tremblais de tout mon corps, entendre cette voix qui avait traversé mes cauchemars tous ces mois me secouait, je revoyais son visage, et j’avais l’impression de pouvoir le toucher, de pouvoir le sentir près de moi. Karen se mit à pleurer doucement et Nathan murmura des mots doux à mon oreille pour me calmer, mais rien n’y faisait, je voulais lui parler, je voulais entendre la voix de ma fille, qu’elle m’appelle maman, cela faisait si longtemps ; trop longtemps. Un silence s’installa au bout du fil et je cru qu’il avait raccroché, qu’il avait senti ma présence ici, que c’était tout, la fin de mes espoirs, la fin de toute une partie de ma vie, et j’aurais voulu hurler pour libérer la tension mais la main de Nathan se posa instinctivement sur mes lèvres, comme si il pouvait le sentir lui aussi…


-Je ne vais pas tarder maman, il faut que tu m’aides, Peyton ne doit pas le savoir, murmura t-il et derrière lui, des bruits d’agitations me parvinrent.

-Où es-tu ? Répéta t-elle, lasse. Comment as-tu pu enlever ton propre enfant ?

-Elle a besoin de moi maman, un juge ne pouvait décider du jour au lendemain qu’elle devait grandir sans moi…

 -Elle a besoin de sa mère Lucas…

-Maman ! Entendis-je soudain dans le haut parleur et je voulu quitter les bras de Nathan pour m’élancer vers le téléphone mais il me retint.

-Chut, fit Lucas et la voix s’en fut. Elle est agitée aujourd’hui, le voyage fut interminable, je ne suis pas loin maman, plus que deux jours et je pourrais enfin faire rejuger l’affaire ici.

-A quoi pensais-tu enfin ? Demanda t-elle soudain furieuse, et je me retint de pleurer, je n’écoutais, je n’entendais que la voix de Sophia, encore et encore.

-Peyton m’a brisé le cœur en demandant le divorce et en obtenant la garde totale de notre fille… Nous devions l’élever ensemble ! Un juge me donnera raison…Maman ? Je t’en prie n’appelle pas la police, fais le pour moi, j’ai voulu t’appeler une centaine de fois, mais j’ai renoncé.

-Lucas, tu sais que je t’aime mais…

-Non je t’en prie, tu es tout ce qu’il me reste avec Sophia, ne me rejette pas !
-Je ne le pourrais jamais, pleura t-elle, mais tu es recherché ; il y a un mandat contre toi.

-Je sais, répondit-il tristement, mais je ne veux pas abandonner maintenant, Peyton peut engager qui elle veut, rien ne changera, je veux avoir la garde de ma fille.

-Salop, murmurais-je et Nathan posa brusquement sa main sur ma bouche le cœur battant.

-Maman ? Tu es bien seule ? Je veux que personne ne soit au courant.

-J’ai fais tomber mon livre ce n’est rien, inventa-t-elle la main sur le cœur.

-Dans quelques jours… Trois tout au plus. Je t’appellerais la veille pour que tu ne sois pas prise au dépourvue.

-Les voisins te verront, argumenta Karen, mais il chassa ce détail.

-Personne ne peut nous reconnaître, je…

-Papa ? A qui parles-tu ?


Musique

 

Ma respiration se fit de plus en plus lourde, et l’étreinte de Nathan se fortifia. Ses bras puissants entouraient mes épaules, son visage était collé au mien, mais je ne pouvais que fixer le visage larmoyant de Karen, ses yeux rougis, et sa main serrée sur un mouchoir blanc, elle était l’image même du désespoir, alors qu’en moi, il n’y avait que cette colère prête à tout détruire, cette colère qui m’aidait à survivre, qui m’aidait à avancer, qui ne me laissait pas sombrer, comme le corps de Nathan contre le mien, un soutien solide, mais Karen avait raison, la haine allait me détruire, elle allait emporter tout ce qu’il y avait de bon en moi, tout jusqu'à ma capacité à aimer et à laisser les autres m’aimer…


-A personne ma chérie, va chercher ton ourson, nous allons reprendre la route, fit Lucas, et j’entendis Sophia ronchonner.

-Lucas ? Appel-moi… Promis ?

-Oui maman… Merci, je savais que tu serais là pour nous.

-Je serais toujours là, dit-elle tristement.

-Je t’aime, et pardonne moi, s’écria-t-il avant de raccrocher brusquement.

 

Karen posa le combiné, et se leva péniblement sans nous accorder un regard. Un silence s’établit entre nous, et elle releva brusquement les yeux, je rencontrais son regard brouillé et ma colère se transforma en désespoir, mes paupières ne purent plus contenir mes larmes, et je les laissais s’écouler après leur avoir longtemps interdit d’exister. Nathan m’appela et posa une main dans mon dos pour me conduire à la porte, mais mon souffle se bloqua soudain dans ma gorge et je fis volte face, sans même un mot, me pressant vers la porte que j’arrachais presque de ses gonds pour sentir l’air frais sur mon visage, je dévalais les marches et courut jusqu'à en perdre haleine, poursuivit par les pas de Nathan, il entrait dans toutes mes mélodies, même dans les marches funèbres, un pas après l’autre, il m’appelait, il criait, et derrière lui l’image fantomatique de Karen devait s’encadrer dans la porte comme un éternel adieu. Je courrais si vite que le sang battait dans mes oreilles, que ma respiration devenait un supplice, et la pluie que je n’avais pas sentie ruisseler sur mon visage plaqua ma chevelure sur mon front et je du la chasser pour y voir clair, le vent se déchaînait, les éclairs éclataient dans le ciel, et les larmes qui glissaient sur nous me glaçait le sang. Je l’entendais encore et encore, sa voix était devenue ma mélodie, il n’y avait aucune musique pour cette scène là, aucun autre froissement que ses murmures lointains, quelques secondes où tout pouvait changer, le visage de Karen s’effaça, je la rejetais de ma mémoire comme j’aurais voulu rejeter celui de Lucas, mais l’amour et la haine sont des sœurs éternelles, jamais elles ne se dissociaient, et je le ressentais, j’aurais le cœur brisé pour toujours, même si la finalité de notre vie devait être à l’image de tous mes anciens rêves de conte de fées envolés, je vivrais toujours avec ces quelques mois pendant lesquels j’avais vu ma vie s’écrouler…Les gouttes martelaient le sol et je ne cessais d’avancer, comme si je voulais braver la tempête et gagner cette bataille contre le temps, celle que je menais depuis des mois, les yeux fixés à une horloge qui n’avançait pas assez vite pour Lucas, et beaucoup trop vite pour moi, plongée dans mon monde, ou chaque parole a un échos. Le silence était aussi une mélodie, seulement elle n’était présente que pour ceux qui la jouait, que pour ceux qui voulaient bien l’entendre, et il continuait à courir derrière moi sans s’arrêter un instant, je pouvais entendre ces pas et son souffle, cet inconnu qui était entré dans ma vie allait la changer pour toujours, cet inconnu qui n’en était plus un à présent et à qui j’avais confié une grande partie de mon cœur en miette, avec peut-être l’espoir secret qu’il m’aide à le réparer un beau jour. Sans m’en rendre compte j’arrivais au motel ou nous avions loué une chambre la veille en arrivant en ville, je courais dans sa direction depuis de longues minutes, je n’étais pas perdue, tout avait un sens, et je ralentissais sans regarder derrière moi, mais je savais qu’il était là, qu’il ne m’avait pas abandonné un seul instant, qu’il avait ressenti toute ma douleur, les battements désordonnés de mon cœur, et cette horrible sensation d’impuissance qui m’étreignait chaque jour. Et je poussais la porte de notre chambre, prête à me jeter sur le lit tant mes jambes tremblaient, mais je n’en eu pas l’occasion, il claque bruyamment la porte dans son dos, avant de s’approcher, tout au aussi mouillé que moi, ses cheveux lui barraient le front, et ses yeux étincelaient…

-Tu es complètement folle Peyton ! Nous avons du faire deux kilomètres sous la pluie comme des imbéciles !

-Excuse moi je… Commençais-je puis j’éclatais soudain de rire, un rire nerveux qui secouait mes épaules comme mes anciens sanglots.

-Et maintenant c’est drôle… Nous allons attraper la mort, et ma voiture est restée chez ta belle mère ! Comment je vais faire pour la récupérer ? Et nous ne devons pas oublier Lucas !

-Lucas ? Mon ex mari fugitif qui a enlevé ma fille? Ah non je ne l’avais pas oublié, fis-je cynique, et ta précieuse voiture ne s’en ira pas sans toi. Elle n’a pas encore de supers pouvoirs.

-Bravo Peyton, le sarcasme c’est fantastique, c’est quelque chose que j’adore chez toi !

-Tu aimes tout chez moi, tu m’aimes moi…

-Non, dit-il avec un petit sourire tout en avançant soudain et je reculais pour rencontrer le mur.

-Tu as perdu la tête ! Hurlais-je mais il plaqua mes mains le long de mon corps.
-Non c’est toi, tu nous as entraîné sous la pluie sur un coup de tête, comme une gamine capricieuse !

-Capricieuse ? Fis-je les yeux brillants, imbécile !

-C’est ce que tu aimes chez moi, tu m’aime moi…

-Non, murmurais-je et il se pencha pour m’embrasser.


Ses lèvres frôlèrent les miennes, puis ses mains vinrent rencontrer mon corps, s’apposant sur mes hanches pour les coller aux siennes. Je ne savais plus ou j’étais, ni ce que je faisais. J’aurais du être dévasté par le refus de Karen, j’aurais du être hanté par le visage de Lucas et les murmures de ma fille, mais je ne pouvais que sentir les lèvres de Nathan descendre dans mon cou, sans lui opposer de résistance. J’avais assez sacrifié mon bonheur pour que celui des autres s’épanouisse, maintenant que le dénouement était proche je pouvais ressentir cette envie, ce désir de me retrouver, de redevenir celle que j’étais avant que les larmes ne coulent sur mes joues pour inonder mon cœur. La tristesse peut irrémédiablement faire partie de notre vie, il suffit de l’alimenter et de lui redonner vie à chaque fois qu’elle semble s’éteindre, la tristesse porte bien son nom, car même quand nous ne la voyions pas, elle est là, insidieuse dans les cœurs, caché par un sourire de circonstance dont le monde se contentera honteusement… Ses mains défirent les boutons de mon chemisier, et je le laissais faire quand il dévoila mes seins, et jeta le tissu au sol avant de m’arracher au mur pour m’entraîner vers le lit, mes mains jouaient dans ses cheveux, et mes lèvres, furieuses, parcouraient chaque centimètre de sa peau avant de défaire sa ceinture, pressé de le sentir contre moi, pressé que l’étincelle vienne vraiment au monde, même si notre avenir était incertain, même si cette flamme pouvait tous nous entraîner en enfer, je n’y pensais plus, je ne pensais plus à rien, la tristesse s’était envolée, un sourire s’épanouissait sur mes lèvres, et celui-ci était vrai, ce n’était pas une chimère, mes yeux devaient briller à la lueur des éclairs, et mon corps tout entier frissonnait, j’attendais qu’enfin il fasse partie de moi, j’attendais de savoir si c’était mon cœur qui m’avait guidé ou tout simplement mon corps qui lui répondait avidement. La chaleur m’envahit alors, et je n’entendis bientôt plus que nos soupirs, et nos murmures, ses lèvres étaient collées à mon oreille, et ses mains restaient sur mes hanches, guidant notre mélodie de son premier credo à sa finalité, et je le laissais faire, la colère que j’avais ressenti pour Lucas avait disparu, le désir que j’avais ressenti pour Nathan s’était exacerbé, je ne voyais plus que lui, je ne voulais plus que lui, bientôt tout ceci ne sera plus qu’un mauvais souvenir, Sophia sera auprès de moi, et je pourrais espérer ce renouveau, dans les bras de Nathan ou non…
La pluie s’abattait sur le toit et notre rythme s’accéléra, ses mains trouvèrent les miennes, et il les étendit au dessus de ma tête, profondément entrelacées, indéfectible, une étreinte sans serment, sans promesse, avec juste cette magnifique musique qui était née de la tristesse, celle que les visages ressassent et que les cœurs tentent d’oublier, l’orage nous accompagnait, il grondait encore et la pénombre de cette fin d’après midi nous envahissait, nos vêtements jonchaient le sol et les notes se firent entendre, la mélodie qui portait notre nom était là, entre nous, et ce n’était pas mon corps qui le désirait, c’était mon cœur qui l’aimait. La musique semblait nous envahir, pas un mot, pas un échos dans la pièce mais elle jouait dans ma tête, elle volait autour de nous, elle poussait ses lèvres vers mon cou, vers mes seins, jusqu'à ce que je ferme les yeux, bercé par elle, la pluie sur le toit, le plaisir qui criait en moi et ce silence qui l’accompagnait, ce silence qui nous définissait, nous étions les seuls à l’apprécier, les seuls à l’aimer, et c’est au creux de ses murmures que je me sentis revivre...


nanouee  (22.06.2011 à 20:14)

Musique

 

Lucas- Caroline du Nord - Juillet 2008

 

Il faut que j'arrive au plus vite.

Ma mère sera là pour nous, j'en suis sûr. Quand je l'ai eu au téléphone elle a dit qu'elle nous aiderait. Ce qui n'est pas le cas d'Haley. Elle me prend pour un monstre. Elle m'a même raccroché au nez après qu'elle m'a dit que si j'allait en enfer, cela lui serait égal. Elle ne comprend pas. J'ai beau lui expliquer que je n'ai pas eu le choix, elle ne voulait pas m'écouter. Elle est restée sur l'idée que je ne suis qu'un malade qui se sert de sa fille pour obtenir une revanche sur son ex -femme. Elle a tort. Je lui ai fait remarqué ouvertement mais rien. Quoiqu'il en soit, cet épisode ne m'a pas détourné da mon but. Je suis presque à Tree Hill. Plus qu'une centaine de mètres.

Ces arbres je les reconnais. Les maisons se dessinent peu à peu dans la nuit. Des blanches, des rouges, même la maison verte du vieil Harold est toujours là. La lumière de mes phares éclaire à présent l'immense panneau « Bienvenue à Tree Hill ». Des souvenirs se bousculent dans ma tête. Un flot continu de moments de joie, de peine, d'accès de colère, de moments d'égarement et de doute. Toute ma vie me revient par flash. Ma vue se brouille. Des larmes chaudes roulent de long de mes joues. Je pleure. Oui, je pleure tout comme Sophia à l'arrière. Elle serrait son nounours contre elle et pleurait. Sa mère lui manque et en un sens elle me manque aussi. J'e n'ai jamais passé autant de temps séparé d'elle. Et je suis le seul fautif. J'ai tout gâché. Elle se met à crier comme si elle sentait le danger imminent.

Je ne veux pas qu'elle crie. Jamais je n'ai souhaité que ma petite fille pleure. J'aurais dû en rester aux droits de visites. Jamais nous n'aurions connu cet enfer. J'ai tout mon détruit. La pierre sur laquelle reposait ma vie n'est qu'un vague galet difforme à présent. Je...

Le choc ! Ce poteau électrique s'est dressé telle une statue de dieux devant les fidèles. J'essaye de l'éviter, mais je ne peux pas. Peut-être au fond de moi, je n'en ai pas envie non plus. Je tente un dernier coup de volant désespéré mais je ne peux éviter l'inévitable. Nous voilà à présent dans les airs, à tourner, comme un manège. Mes membres ne réagissent plus. Mon bébé hurle. De peur, de douleur. Mais toutes ces plaintes me semblent si lointaines. Le seul son qui me parvient nettement est celui de la taule s'écrasant durement sur le sol. Un tour. Puis un deuxième. Encore un autre et puis le trou noir. La voiture retombe une dernière fois dans un fracas assourdissant. Ma tête cogne à plusieurs reprises contre l'habitacle mais je ne sens plus la douleur. Mon dieu, qu'est-ce j'ai fait ? Non, ce n'est pas possible.

Enfin, le véhicule renversé termina sa course sur le bas côté. Je trouvai la force de bouger la main. Inconsiemment je cherche celle de Sophia. Le silence nous enveloppe à cet instant. C'est comme nous étions figés dans le temps. Emprisonnés dans l'antre de la mort. J'essaye par tous les moyens d'atteindre Sophia, de lui montrer qu'elle n'a pas à avoir peur. Papa est là. Ma main ensanglantée rencontra la sienne. Je serre le poing autour de sa main.

- Allez mon bébé, fis-je dans un dernier élan d'espoir. Serre mes doigts ma puce. Je sais que tu peux le faire.

Mais le seul écho qui me revint fut celui de ma propre voix. Mes yeux se fermèrent doucement laissant ma colère s'échapper au travers de timides larmes. Tout ça ne doit être un cauchemar et quand j'ouvrirais les yeux, tout ça n'apparaîtra qu'être un mauvais rêve, une terrifiante illusion de la réalité. Je tourne la tête et ouvre çà nouveau les yeux, en espérant que ce ne soit qu'un mauvais tour que mon esprit me joue. J'aperçois à nouveau le panneau de Tree Hill. Il est à présent éclairé par des lumières rouges. Des sirènes retentissement. Je perds connaissance. Peut-être est -il judicieux que je ne revienne jamais à moi ? Comment pourrais-je me regarder dans un miroir après ça ?

Mon dieu, comment en suis-je arrivé là ?

 

To Be Continued...


brathan576  (22.06.2011 à 20:24)

Nathan et Peyton émergent enfin de leurs songes pour se retrouver face à une réalité dérangeante, rien ne peut les unir, ils ont tous les deux une vie à part, tout un monde et des obligations, Peyton n’attends plus que le retour imminent de Sophia, et Nathan se torture en pensant à Brooke resté à Los Angeles, jusqu’ou leur nuit de folie pourra bien les conduire?

Pendant ce temps les sirènes grondent autour de la voiture en souffrance, le panneau Tree Hill n’était qu’à quelques mètres, le dénouement aurait pu être tout autre, mais Lucas a perdu connaissance, Sophia ne réagit plus, leur vies sont irrémédiablement bouleversées, que va-t-il advenir de cette course contre la montre devenue une course contre la mort ? Lucas toujours inconscient est transporté à l’hôpital avec Sophia, l’état de la petite est critique, personne n’ose se prononcer. Karen est mise aussitôt au courant par la police, et c’est livide qu’elle se dirige vers le motel pour annoncer à Peyton que son fils est revenu, mais qu’il n’y aurait peut être plus rien à sauver…

 

* *

 *

Voici la fin de cette seconde partie, et ci dessus ce qui vous attends dans notre dernière partie jamais publiée à ce jour. C'est donc une suite et fin totalement inédite. J'espère que vous avez apprécié notre vieil élan d'inspiration et que vous aimerez le final qui nous à pris du temps - et de l'énergie. C'est avec un plaisir "triste" que nous l'acheverons le 06 juillet sur hypnoweb, c'était un peu notre bébé, et il faut couper le cordon.

N'hesitez surtout pas à la commenter ci dessous, toutes vos critiques sont les bienvenue.

"Vos enfants ne sont jamais en sécurité, pas même entre vos mains..."

Sam & Deb'


nanouee  (22.06.2011 à 20:31)

Waouh... Attendre jusqu'au 6 juillet... Trop long!

Ceci étant, bravo à vous deux pour cet épisode. Vous écrivez vraiment bien. C'est fluide, l'idée est bonne, la tournure parfaite, la syntaxe au top, l'histoire est captivante, intéressante, belle et éprouvante. Merci de donner autant d'émotions et de plaisir à lire une fiction! Franchement bravo, et pou terminer, je n'ai qu'une chose à dire: ENCORE!!!!


KEZIAH  (22.06.2011 à 20:44)

C'est toujours aussi sympa, j'adore toujours autant, l'histoire est vraiment très belle, j'ai hâte de lire la suite (même si je la connais) et le final (qu eje ne connais pas).


aline2408  (23.06.2011 à 19:44)

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