Partie 3 - Qu’une enfant
Je me souviens de ce 12 janvier.
Ce jour là Amilton est apparu, une petite fille dans les bras. Surpris devant le corps inerte de l’enfant, Max le questionna sèchement :
- Qui est-ce ?
- Ce sera la numéro 1.
Voilà, nous avions face à nous la première 4400 : Maïa Rutledge. 6 ans.
Pourquoi elle ? Parce qu’elle était là, présente au bon instant, seule. C’est ce que nous a rétorqué Amilton.
Maïa, un si joli prénom, un visage d’ange, un être modifié à jamais. Un banal numéro pour faciliter son recensement dans notre base de données, voici son destin, ici.
Je me souviens avoir ressenti un douloureux pincement au cœur ce jour là. Ce sera la seule fois. A chaque autre, je ne cesserais de me dire que tout cela permettra un avenir meilleur. Me le répéter encore et encore, autant de fois qu’il le faut comme pour me convaincre du bienfait de mon acte.
Il a été décidé que Maïa aurait des dons de prédiction. De nouveau cette même question : Pourquoi ? Nous avons jugé intéressant de doter une personne de cette faculté, ainsi elle jouerait un rôle préventif, rôle fondamental dans notre projet. En informant de ces visions, les hommes auraient dors et déjà une longueur d’avance sur le Temps (dans ce programme, tout est question de Temps !). Ensuite reste plus qu’aux hommes de faire ce qu’il faut pour éviter que l’événement est lieu.
La parole d’un enfant a plus de valeur que celle d’un adulte, cela nous arrangeait davantage encore. Nul ne pouvait alors ignorer les dires de Maïa.
Sauf que Maïa s’est rapidement adaptée à sa nouvelle vie : les gens qui l’entourent, pas toujours fiables… ses visions et leurs conséquences…
Maïa a dès lors inhibé volontairement une partie de ce qu’elle est aujourd’hui. En cachant certaines de ses visions, elle a obstrué le canal qui nous relie à vous. Certains de nos messages de prévention ne sont pas parvenus jusqu’à vous.
La menace qui pèse sur l’humanité poursuit son chemin.
Marley
- FIN -