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Série : The L Word
Création : 01.04.2008 à 20h26
Auteur : Thea1
Statut : Terminée
Une aventure à la Howard Carter pour nos amies de TLW
Cette fanfic compte déjà 53 paragraphes
Prologue
Je suis la dernière survivante d’un âge d’or. Non, celui qu’on atteint par la force des armes, mais celui qu’on créé par la puissance du cœur. Bastethotep, la fille d’Isis, a été mon guide et mon maître et c’est grâce à elle que j’ai trouvé l’amour de ma vie. Je n’étais personne, une simple prostituée de la ville de Thèbes que les hommes s’arrachent pour quelques pièces de bronze, avant de les jeter comme un ostraca usagé. Mais Bastethotep la Grande vit en moi un garde du corps personnel, un vizir et un architecte accompli. J’ai mis tout mon savoir faire et tout mon amour dans la réalisation de sa dernière demeure à proximité de ses pères dans la nécropole de millions d’années. J’ai respecté à la lettre ses dernières volontés, accomplissant ainsi la rectitude de Maât. Il est grand temps pour moi de les rejoindre, toutes, dans l’éternel demeure d’Osiris. Papyrus de Sétépenrê
Dr. Hawas : Ecoutez, je sais que vous avez été l’élève de plusieurs grands égyptologues que je respecte, mais le musée du Caire ne peut pas continuer à financer votre projet de fouilles simplement pour vos beaux yeux. Il nous faut des résultats et en trois ans, vous n’avez pas découvert la moindre pierre pouvant étayé votre théorie. Je persiste dans mes affirmations, que ce papyrus est un faut. Aucune généalogie, même partielle, que nous avons trouvée en deux siècles, ne mentionne cette mystérieuse Reine. Bastethotep, non mais quelle idée aussi de se réclamer de la déesse chatte comme nom de trône, la lionne Sekhmet d’accord, mais pas cette petite déesse du foyer. Vous avez juste à la fin du mois pour congédier vos ouvriers et me rendre votre badge, me suis-je bien fait comprendre.
Sur quoi je me rendis à Guizèh, comme à chaque fois que j’étais contrariée. Les grandes pyramides, immuables à la rigueur du temps, me calment et me réconfortent comme sait si bien le faire ma mère. Encore des cars remplis de touristes qui pensent connaître ce pays, mais dont le mystère leur échappent totalement. Je rêve de trouver un jour, une équipe venue d’Europe, du Japon ou des Etats-Unis qui saura prendre le temps de s’arrêter et de contempler vraiment ce qui est important et dont le Nil et le pays qu’il fait naître proclame à chaque instant.
Inconnue m’abordant : Alors vous aussi, vous n’aimez pas vous mêler à la foule ?
Je me retourne surprise. Devant moi se tient une très belle femme d’environ trente-cinq ans. Elle est assise sur un bloc de calcaire, ayant certainement appartenu jadis à la grande pyramide de Kheops, avec un bloque de papier sur les genoux.
Moi : J’ignorais qu’on pouvait encore prendre le temps de dessiner au temps de la photographie numérique. On dirait les gravures de David Roberts en plus moderne. Vous avez beaucoup de talent.
Inconnue : Merci. Je me présente Bette Porter.
Elle me tend sa main que je m’empresse de serrer pour me présenter à mon tour.
Moi : Excusez-moi mon audace, mais que fait une aussi belle femme que vous, seule au milieu du désert ?
Bette un sourire crispé : Disons que je suis tombée amoureuse de la femme qu’il ne fallait pas et une catastrophe en entraînant une autre, j’ai préféré tout quitter pour venir trouver le repos de l’âme dans le pays qui me fascine et dont je ressent l’appel depuis que je suis toute petite. Vous devez me trouver ridicule ?
Moi tentant de cacher au mieux ma surprise : Non, je trouve même que vous n’auriez pu choisir un meilleure pays que l’Egypte pour apaiser votre cœur et votre âme.
Cette rencontre inattendue et spontanée allait changer ma vie à jamais.
Bette était descendue au même hôtel que moi, le Zoser, nom du pharaon pour lequel le plus illustre médecin et architecte Imhotep érigea la première pyramide sur le plateau de Saqqarah. Son regard était vide, plongé dans ses dessins du jour et un verre de bourbon. Elle ne semble voir, ni ressentir la présence de quiconque, même pas de la belle danseuse du ventre qui se meut sur un rythme soutenu. Je m’approche.
Moi : Pour quelqu’un qui apprécie les femmes, vous m’avez l’air bien absente devant ce spectacle magnifique.
Bette sursautant : Tu es descendu au même endroit que moi ? Je veux dire vous.
Moi lui souriant : Laissons tomber le vous, le tu m’iras tout aussi bien, si ce n’est mieux. En effet, j’aime beaucoup le cadre qui me rappelle toujours mon tout premier séjour en Egypte. Mais je ne vais pas pouvoir en profiter longtemps, je repars pour Louxor demain matin.
Bette : Je n’ai pas encore eu l’occasion de visiter le sud du pays. Il parait que c’est magnifique.
Moi : Oui, la Haute-Egypte est grandiose. Si tu veux je t’emmène, je dirige des fouilles dans la Vallée des Rois.
Bette dont le visage s’illumine enfin : Tu es sérieuse ?!
Moi : Seulement, si tu arrêtes de te noyer dans des bouteilles de bourbon. Puis en plaisantant Essaie l’eau du Nil à l’occasion.
Bette riant presque : C’est promis.
Je ne sais pourquoi je l’ai emmenée, une intuition, une sorte de sixième sens sans doute. Je n’avais jamais proposé à quiconque, en dehors de la communauté scientifique évidemment, de m’accompagner sur mon lieu de travail, mais Bette était différente.
Alors que la prière du matin s’achève, les premiers rayons du soleil qui dorent la montagne thébaine commencent à redonner vie à la vallée où les plus illustres monarques de l’histoire ont trouvé un repos éternel, du moins en théorie.
Moi : Regarde-moi ces vautours, ils n’ont aucun respect, aucune décence.
Bette son crayon à la main : Il doit bien y avoir des gens biens parmi eux.
Moi : Toutankhamon, Toutankhamon, il n’y a que lui les intéresse, et en plus ils sont prêts à payer trois fois plus cher pour voir la plus petite cache de la vallée.
Bette montrant un groupe du doigt : On dirait que ces américains sont sur le point de te contredire ma chère.
Moi de mauvaise foi : Thoutmosis III ou Ramsès VI alors.
Bette secouant la tête : Encore raté, non, il me semble que c’est KV14.
Moi presque sur les fesses : Ca fait à peine quelques jours qu’on s’est rencontré et déjà tu te moques de moi.
Bette faussement offusquée : Je n’oserai.
Intriguées, nous nous approchons de ce groupe composé exclusivement de femmes, les unes plus belles que les autres.
Bette : Tu as vu la belle blonde qui les accompagne.
Moi : Laquelle, je te signale qu’il y en a deux.
Bette remarquant ce détail : La plus âgée des deux.
Moi devant son regard hypnotisé : Oui, ben vaudrait mieux l’oublier tout de suite. Je te signale que l’adolescente qui les accompagne vient de l’appeler maman et qu’elle porte une alliance à son annuaire gauche !
Moi : Herou nefer ! Salam aleikum ! Bonjour, soyez les bienvenues. Excusez ma curiosité, mais qu’est-ce qui vous pousse à vouloir visiter cette tombe ?
Alice : En fait, on voulait voir la tombe de Hatshepsout, mais puisque la visite y est interdite.
Moi sèchement : Alors vous vous rabattez sur la petite reine de la XIXème dynastie.
Tina : Oh non, nous savons que Taousert était un illustre pharaon également.
Dana : Est-ce vrai qu’elle s’est faite enterrée avec un autre ?
Moi surprise de leurs connaissances : En effet, avec le fondateur de la XXème dynastie, le pharaon Sethnakht.
Shane une sucette à la bouche : Son amant sans doute. Heureusement que je ne vis pas à cette époque, aucune tombe n’aurait été assez grande.
Angie devant mon regard perplexe : Tante Shane pense qu’on n’aurait jamais pu construire assez de pièces pour l’enterrer avec toutes les femmes dont elle a brisé le cœur.
Tina la reprenant : Angie !
Moi : Je vois, mais Taousert et Sethnakht n’étaient pas amants. Ils étaient justes très âgés en atteignant la fonction suprême, et comme ils savaient que le temps leur était compté, ils ont décidé de faire construire une seule tombe pour deux.
Angie émerveillée : C’est ingénieux, mais laissez-moi vous présenter toute la tribu : Mes tantes Shane, Alice et Dana l’ancienne championne de tennis, ma mère Tina et moi c’est Angelica, mais vous pouvez m’appeler Angie.
Moi : Enchantée de faire votre connaissance, je m’appelle Thea et mon amie qui a vraisemblablement perdu l’usage de la parole c’est Bette.
Celle-ci me lance un regard foudroyant.
Ca fait longtemps que je n’ai pas éprouvé autant de plaisir à jouer au guide touristique. Elles sont toutes si passionnées.
Angie en sortant : C’est quoi ces marques sur le pilier d’entrée ?
Moi : Ce sont les sceaux des différents pharaons qui ont procédé à des restaurations dans la vallée, car vois-tu en dehors des intempéries, il existait déjà de nombreux des pilleurs de tombes à leur époque.
Ange se penche pour ôter un peu de sable : C’est qui le pharaon à la fleur ?
Bette aussi surprise que moi : Ce n’est pas le nénuphar dont tu me parlais ?
Dana alarmée : Qu’est-ce qui t’arrive, tu ne te sens pas bien ?!
Moi mêlant pleurs et rires : Par Isis, c’est le sceaux de Bastethotep !
Shane nonchalante : Et qu’est-ce que ça a de si exceptionnel ?
Bette parlant pour moi : Thea a passé sa vie à chercher une seconde preuve de l’existence de cette reine.
Tina mélancolique : Ma fille est un faiseur de miracles, la preuve, je suis toujours en vie.
Angie prenant la main de sa mère : Maman, je t’ai déjà dit de ne pas parler comme ça.
Alice s’emballant : Vous vous rendez compte, ça pourrait devenir la plus grande découverte depuis Carter et son roitelet, et nous y jouerions les premiers rôles.
Dana au sourire moqueur : Alice et ses rêves de chasse au trésor.
Le soleil avait atteint son zénith et ses rayons frappaient le désert sur le point de s’embraser dans une fournaise. Bette était rentré à l’hôtel Isis avec nos nouvelles amies, tandis que je finissais de fermer mon chantier de fouilles, sans oublier toutefois de prendre quelques clichés du sceau de ma mystérieuse Reine. Lorsque je rentre à l’hôtel vers 17H, je les retrouve au bord de la piscine. Shane drague une fille, sans se soucier la moindre du monde qu’on est en terre islamique, Alice et Dana se disputent comme à leur habitude, tout en jouant aux cartes avec Angie et Bette est en grande discussion avec Tina.
Angie m’appelle : Hé Thea, tu viens faire un tour dans l’eau avec moi, ces fainéantes ne pensent qu’à bronzer !
Moi en entrant dans l’eau rafraîchissante à la fois pour mon corps que pour mon cerveau : Je n’ai pas le choix on dirait.
Angie saute dans la piscine en éclaboussant tout le monde et rit aux éclats, ça me réchauffe un peu le cœur.
Moi après quelques brasses : Pourquoi ta maman semble si triste ?
Angie : Parce que papa a été tué dans une fusillade à Hollywood il y a deux ans.
Moi peinée : Je suis sincèrement désolée, je l’ignorai.
Angie : Il ne faut pas. Après son sevrage de médicaments, ces amies et moi avons pensé lui offrir ce voyage en Egypte pour réaliser son plus grand rêve, du moins en partie.
Moi me sentant soudain concernée : Quelle est l’autre partie ?
Angie : Produire son propre film, de préférence mêlant aventure et amour, mais il faut bien trop d’argent pour cela.
Une idée folle traversa à ce moment mon esprit.
Moi : Quel est le programme de votre séjour ?
Angie soupirant : Trois jours ici à Louxor et ensuite dix jours à Hurghada.
Moi : Ca n’a pas l’air de t’enchanter ?
Angie : Bof, la mer ça va deux jours, mais après on s’ennuie à mourir.
Moi riant : Tu as raison. Et si on changeait tout ça ?
Angie ébahie : Mais comment ?
Moi un clin d’œil : Laisse-moi faire.
Je m’étais retiré deux heures dans ma chambre pour me reposer un peu avant le dîner qu’on ne prend ici que vers 21H pour profiter d’un peu de fraîcheur sur l’une des nombreuse terrasse longeant la rive du Nil lorsque Bette vint me trouver dans ma chambre l’air encore plus déconfit que la première fois que je l’avais vu.
Bette au bord des larmes : Décidément, je suis maudite. J’ai l’air forte et dure, mais si je donne cette image de moi en réalité c’est pour me protéger.
Moi un peu sévère : Il lui faudra beaucoup de temps et tu devras te battre pour elle avec tout ton cœur, toute ton âme et toute ta force, et encore, le résultat n’est pas garanti, car la première règle de l’amour c’est le respect de la liberté et des choix de chacun, même si parfois cette liberté signifie « non ». A mon avis, tu n’es pas prête pour ça Bette, alors laisses tomber avant que cela ne te détruise définitivement.
Bette effarée par mes propos : Ecoute, je sais qu’elle est hétéro, qu’elle est veuve et qu’elle a une fille de quatorze ans, et aussi que je ne dois rien attendre d’elle. Tout ce que je veux c’est lui redonner goût à la vie, lui arracher un sourire, qu’elle éclate de rire sans vraiment savoir pourquoi, c’est tout.
Moi un sourire intérieur : Mais elles vont nous quitté après-demain et chacune d’entre nous reprendra sa vie, seule.
Bette résignée : Je sais. Qu’est-ce que tu veux, parfois on désire l’impossible.
Les paroles de Sétépenrê résonnèrent dans ma tête : Je suis la dernière survivante d’un âge d’or. Non, celui qu’on atteint par la force des armes, mais celui qu’on créé par la puissance du cœur.
Moi regardant ma montre : Dépêchons-nous, on n’a déjà quinze minutes de retard et elles doivent nous attendre.
J’observai les grands navires de croisières qui se laissaient bercer par les flots du dieu fleuve, comme cherchant une réponse venant d’un autre temps ou des sources innombrable du Nil. J’observai Tina et Bette tout en essayant de ne pas perdre le fil de la discussion interminable amorcée par Alice. Il y avait quelque chose entre elles d’unique et d’indéfinissable, un lien, une symbiose irréelle, qui n’a de pareil que les lois régissant l’univers. Les anciens l’auraient sans doute appelé Maât.
Tina m’arrachant à mes pensées : Qu’as-tu vu pour te faire sourire ainsi Thea ?
Moi encore dans la lune : Maât.
Tina souriant : Et, porte-t-elle effectivement une plume d’autruche sur la tête ?
Moi imaginant Tina et Bette avec un tel attribut sur le crâne : Excusez-moi, j’étais ailleurs.
Tina : Je vous envie, vous savez, le métier que vous exercer était mon métier de rêve en étant enfant, mais mes parents disaient que c’était un métier de crève-la-faim et qu’il valait mieux pour moi de faire des études de marketing et de gestion.
Moi après avoir regardé attentivement Angie et Bette : Dites-moi Tina, vous tenez réellement à vous mêlé aux touristes d’Hurghada ?
Shane devant l’hésitation de Tina : C’est ton cadeau d’anniversaire…
Alice : Ouais, alors c’est toi qui décide.
Tina encouragée par Dana et Angie : Qu’as-tu à me proposer ?
Moi faisant une grimace : Ben, ce qu’Alice a dit, une chasse au trésor et la visite des plus beaux sites de mon pays.
Tina un sourire jusqu’aux oreilles, puis se ravisant : Oui, mais, et les frais supplémentaires que ça va occasionner.
Toutes en même temps que moi : Ce n’est pas un problème.
Angie me sauta au cou et Bette me gratifia d’un clin d’œil et d’un merci silencieux qui m’apaisa enfin de la perte de mon chantier.