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Condamnée Amor

Série : The L Word
Création : 29.05.2008 à 17h39
Auteur : Thea1 
Statut : Terminée

Tibette entre injustice, peine capitale, mépris. Fiction entre Prison Break et un Policier classique.

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Prologue selon Charles Baudelaire.

 

Horloge! Dieu sinistre, effrayant, impassible,
Dont le doigt nous menace et nous dit: « Souviens-toi! »
Les vibrantes Douleurs dans ton coeur plein d'effroi
Se planteront bientôt comme dans une cible;

 

Le Plaisir vaporeux fuira vers l'horizon
Ainsi qu'une sylphide au fond de la coulisse;
Chaque instant te dévore un morceau du délice
À chaque homme accordé pour toute sa saison.

 

Trois mille six cents fois par heure, la Seconde
Chuchote: « Souviens-toi! » Rapide, avec sa voix
D'insecte, Maintenant dit: Je suis Autrefois,
Et j'ai pompé ta vie avec ma trompe immonde!

 

 « Remember! Souviens-toi! Prodigue! Esto memor! »
(Mon gosier de métal parle toutes les langues.)
Les minutes, mortel folâtre, sont des gangues
Qu'il ne faut pas lâcher sans en extraire l'or!

 

 « Souviens-toi » que le Temps est un joueur avide
Qui gagne sans tricher, à tout coup! C’est la loi.
Le jour décroît; la nuit augmente; « souviens-toi! »
Le gouffre a toujours soif; la clepsydre se vide.

 

Tantôt sonnera l'heure où le divin Hasard,
Où l'auguste Vertu, ton épouse encor vierge,
Où le Repentir même (oh! la dernière auberge!),
Où tout te dira « Meurs, vieux lâche! Il est trop tard! »


Thea1  (29.05.2008 à 17:41)

C’était mon premier jour chez Grisham & CO. Mes amis m’enviaient d’avoir été choisie par le plus grand cabinet d’avocats de tout Los Angeles en me disant :

« Wow Tina, tu as vraiment beaucoup de chance, moi j’ai juste trouver une place de simple assistant juridique, et encore pour du droit fiscal, ce qui n’est vraiment pas intéressant. »

Je me demande s’ils m’envieraient encore aujourd’hui, alors que le gouverneur a refusé sa grâce à ma cliente. Probablement que non, mais puisqu’ils ne m’adressent plus la parole, je n’ai pas la possibilité de le savoir vraiment.

Je disais donc que je m’étais levée très tôt ce matin-là. Ma mère m’avait préparée comme souvent un café bien noir et un croissant au beurre. Et ouais, à cette époque je vivais encore avec elle pour l’aider à prendre soin de mon beau-père alors atteint d’un cancer. J’étais la seule de ma génération de vivre encore à la maison et bien des copines se moquaient de moi, mais moi je me disais qu’il serai toujours bien assez temps de me prendre un petit appartement une fois ma première grande affaire bouclée.

Mary à mon arrivée : Mademoiselle Kennard, quelle joie de vous compter enfin parmi nous. Veuillez me suivre.

Je lui emboîte le pas.

Mary enthousiaste : Voici votre bureau, j’espère vraiment que vous allez vous plaire avec nous.

Moi en voyant la classe de mes quartiers : Assurément madame, mais je vous en prie, appelez-moi Tina.

Mary : Seulement si vous laissez tomber le madame, je suis Mary. Bien, dès que tu auras fini de t’installer, monsieur le directeur voudrait te voir.

Si j’avais su quelle affaire épineuse, monsieur Grisham allait me confier ce jour-là, je pense que j’aurais pris mes jambes à mon cou. Ou peut-être pas finalement.


Thea1  (29.05.2008 à 17:42)

Monsieur Grisham d’un grand sourire : Tina, enfin vous voilà, bienvenue à bord.

Moi : Merci, je me réjouis tellement de travailler avec vous. C’est un grand honneur.

Monsieur Grisham en riant : Voyons, voyons pas trop de politesses entre nous. Vous avez terminée première de votre promotion, vous avez donc amplement mérité d’être là.

Puis reprenant plus sérieusement : J’ai un dossier qui m’a été commis d’office par la cours d’appel de l’état de la Californie dont je voudrais que vous vous en chargiez.

Moi impressionnée : Oui, bien sûr, de quoi s’agit-il ?

Monsieur Grisham mal à l’aise : Un triple meurtre avec aggravations. Je sais que c’est beaucoup vous demander pour une première affaire, mais vu que chaque citoyen a le droit d’être entendu et défendu. Surtout ne vous tracassez pas si vous perdez l’affaire, car il est totalement impossible de lui éviter la peine capitale. Mais si cela est trop difficile pour vous, je comprendrais.

Moi prenant le dossier : Je savais qu’en exerçant en Californie je pouvais être confronté à ce genre de cas, ne vous en faites pas pour moi, je saurais être à la hauteur de vos exigences.

Plus tard dans mon bureau en feuilletant ce dossier de près de deux milles pages : Mais bon sang, qu’est-ce qui m’a pris ? A force de vouloir monter toujours plus haut, tu vas finir par te brûler les ailes ma vieille. Et tout d’abord, c’est qui cette Bette Porter ?


Thea1  (29.05.2008 à 17:42)

L’atmosphère était électrique autour de la table du dîner ce soir là.

M. Kennard : Tina, penses-tu vraiment que c’est une bonne idée de charger encore plus ta mère en acceptant de défendre ce dossier.

J’aimais mon beau-père, dont j’avais d’ailleurs pris le nom de famille à ma majorité, puisqu’il était le seul père que je n’avais jamais connu, mais sa manière qu’il avait de toujours tout faire reposer sur mes épaules me déplaisait fortement. Je ne voulais pas le blesser, ni le contrarier, surtout à cause de son état de santé et l’amour infaillible que lui portait ma mère, mais il y avait des moments où s’était trop.

Moi : C’est mon métier papa, alors il faudra vous y faire. En plus je te signale que c’est votre génération qui a voulu maintenir la peine capitale dans notre état, alors que bien d’autres états de notre pays l’ont aboli. Et en plus, là n’est pas la question, je défends la cause de n’importe quel individu, quelque soit les faits qui lui sont reprochés, c’est la base d’un bon fonctionnement d’une société.

M. Kennard : Et la presse, tu y as pensé, tu seras à la une de toutes les chaînes nationales et de tous les quotidiens jusqu’à ce qu’on lui ait injecté sa dose létale. Tu es prête à affronter cela ?

Moi m’emportant : Non, évidemment que non, comment veux-tu que je sois prête à cela, mais ce n’est pas une raison suffisante pour pas faire mon devoir d’avocate et de simple être humain.

Mme Kennard : Bon, est-ce qu’on pourrait savourer ce repas de famille dans la bonne humeur pour fêter le premier jour de Tina dans son nouveau travail.

J’avais envie de hurler qu’il n’y avait rien à fêter, mais je savais que ça ferait énormément de mal à ma mère, ce que je ne voulais pas, alors je me suis forcée à avaler le repas qu’elle avait préparé en mon honneur, malgré le fait que mon estomac était tellement noué que je risquais de tout vomir à chaque bouchée.


Thea1  (29.05.2008 à 17:43)

Je me souviens que je n’avais pas dormi de la nuit cette nuit-là, j’étais bien trop angoissée en vue de ma première visite à la prison de l’état de Californie à Los Angeles où ma mandate était placée sous haute surveillance. Après avoir signé tous les formulaires d’entrées qui n’en finissaient plus et d’avoir été fouillée au corps à trois reprises, on m’a conduite dans une petite salle qui avait comme seul mobilier une table et deux chaises. C’est ici que j’allais pouvoir parler à la femme qui allait transformer ma vie à jamais. Je me souviens de son entrée en ma présence comme si c’était hier. Elle marchait prostrée, de manière que je ne vis d’abord que ses cheveux, de magnifiques cheveux bouclés noires qui lui tombaient en dessous des épaules. Elle était vêtue des vêtements carcéraux standard, d’un orange vif, portant des chaînes aux pieds et aux mains, d’une couleur de peau dorée. Elle me faisait l’effet d’un animal qu’on menait à l’abattoir. J’étais pétrifiée devant une telle décadence humaine.

Moi d’une voix tremblante : Ôtez-lui ses chaînes.

Le gardien lui retira les chaînes qui réduisaient la mobilité de ces jambes et fit mine de s’en aller.

Moi renchérissant : Celles des mains aussi.

Gardien : Pardonnez-moi mademoiselle, mais je ne pense pas que ce soit une bonne idée, cet individu est dangereux.

Moi agressive : Laissez-moi en être juge et contentez-vous de faire ce que je vous dis !

Il s’exécuta à contre cœur en grommelant quelque chose devant lui. Ce fut la première fois qu’elle leva les yeux sur moi, son regard transperça littéralement mon cœur.


Thea1  (29.05.2008 à 17:43)

Bette un regard rempli de reconnaissance : Merci, mes poignets commençaient à me faire atrocement souffrir. Mais dites-moi, vous n’avez donc pas peur de moi ?

Moi : Ca dépend, qu’en dites-vous, dois-je avoir peur ?

Bette secouant la tête : Ma parole n’a plus aucune valeur, alors à quoi bon, ce que je dirai ne fera aucune différence de toute façon.

Je n’avais jamais rencontrée une personne aussi détruite intérieurement qu’elle et je crois que c’est à ce moment précis que je me suis jurée de découvrir toute la vérité dans cette affaire, sans pour autant exclure que Bette Porter soit coupable.

Moi : Soit, sachez que même si je suis la seule personne qui accorde encore de la valeur à vos propos, ça m’est complètement égale. Je ne laisserai rien ni personne influencer mon opinion !

Bette me souriant pour la première fois : Je ne sais pas pourquoi, mais je sens que je peux vous faire confiance.

Moi : Si vous me racontiez ce qui s’est passé ce soir là, et qu’elles étaient vos relations avec les victimes.


Thea1  (29.05.2008 à 17:43)

Bette  faisant appel à sa mémoire : J’ai de la peine à me souvenir, il y a tellement d’incohérences dans ma tête, trop d’images floues et qui n’ont pas de sens pour moi.

Moi : Le dossier mentionne que vous empestiez l’alcool lorsqu’on vous a retrouvé ce matin-là, cela pourrait expliquer vos absences.

Bette : Je sais que ça semble difficile à croire, mais je suis certaine de ne pas avoir bu ce soir là. Je ne bois jamais plus que de raison, et sûrement pas avant de prendre le volant de ma voiture. Je sais trop ce que ça fait, ma sœur a passé par là.

Moi perplexe : Bien, alors racontez-moi tout ce dont vous vous souvenez, on fera le tri par la suite tout en essayant d’établir une chronologie des faits.

Bette prenant ma main dans la sienne : Merci de ne pas me ranger directement au banc des menteurs comme l’ont fait vos prédécesseurs.

J’aurais dû retirer ma main, car ce n’était pas professionnel, mais ce contact physique nous semblait nécessaire à toutes les deux et tellement naturel.


Thea1  (29.05.2008 à 18:03)

Bette calmement : Je travaillai depuis quatre mois à l’école d’art, après m’être fait mettre à la porte par le CAC, le California Art Center. J’étais débordée par le boulot qui m’incombait en tant que proviseur. La directrice Phyllis Kroll m’a alors conseillée de prendre un assistant pour m’aider dans ma tâche.

Moi : Et vous avez nommée Nadia Karella à ce poste. Pourquoi votre choix s’est-il porté sur elle plutôt que sur quelqu’un d’autres ?

Bette essayant de plaisanter : Je pense que son tailleur et son décolleté ne comptent pas comme réponse.

Moi sentant la chaleur envahir mes joues : J’ai bien peur que non, en effet.

Bette : Nadia n’était pas mon élève la plus douée, mais elle savait prendre des initiatives en respectant ma vision de l’art et c’est cela que j’appréciai le plus chez elle.

Moi : Tout en étant fort jolie, était elle intéressée ?

Bette offusquée : Evidemment, comme plus de la moitié de mes élèves, mais ce n’est pas pour autant que j’ai cédé à ses avances. Je sais restée professionnelle dans mon travail mademoiselle Kennard.

Moi ne me laissant pas déboussolée pour autant : Alors pourquoi l’avoir raccompagnée ce soir-là ?

Bette : Elle voulait parler boulot, alors je me suis dite ok. En y repensant, je me dis que c’était une belle bêtise d’avoir accepté, mais rien ne me permettait d’imaginer ce qui allait arriver.


Thea1  (29.05.2008 à 18:20)

Après le récit de Bette, je m’étais sentie obligée de faire une pause et d’aller respirer de l’air pur à l’extérieur. C’était une fuite, non à cause de la difficulté du dossier, ni à cause de la sentence imminente sans le moindre retour possible, mais uniquement à cause de cette femme. L’imaginer faisant l’amour à cette Nadia dans sa voiture me déchirait littéralement l’âme.

Je pensais : Pourquoi cela t’affecte-t-il autant ma vieille ? C’est son mode de vie et non le tient. Toi tu es fiancée à un beau jeune homme qui d’ici peu sera ton mari. Elle, c’est juste un fantasme qui s’estompera avec le temps, et en plus tu n’es pas là pour ça, tu es son avocate, la seule chose qui t’incombe c’est lui éviter la mort, mais quoi qu’il arrive elle restera alors toute ça vie durant derrière les barreaux. Ne sacrifie pas toute ta vie pour une chimère.

Une fois ressaisie et ayant pris toutes les résolutions du monde, je retournai dans la fosse aux lions, ou plutôt la fosse de la lionne


Thea1  (30.05.2008 à 09:59)

Bette : Je suis désolée Tina, je ne voulais pas te faire de mal en te racontant tout ça.

J’étais surprise par ce tutoiement soudain, mais cela ne me dérangeait pas, au contraire même.

Moi enchaînant pour ne pas montrer mon trouble : Et que s’est-il passé en suite ?

Bette : Je me suis réveillée avec un mal de tête terrible, un poignard que je n’avais jamais vu avant dans ma main et je baignais littéralement dans le sang. J’ai levé les yeux et j’ai vu Nadia, sa trachée était tellement mutilée que je pensais que sa tête allait se détacher de son corps. J’étais paniquée, je ne savais pas quoi faire, puis cette odeur immonde, c’était tellement insupportable que j’ai du perdre connaissance un moment.

Je voyais sur son visage que ce souvenir lui était affreusement pénible et qu’il devait certainement l’empêcher de dormir chaque nuit depuis sans exception.

Bette : Puis les flics sont arrivés et m’ont enfermée comme un vulgaire chien. Par la suite ils m’ont accusés de deux autres meurtres qui se serraient soi-disant déroulés de la même manière. Deux jeunes femmes dont je n’avais jamais entendu parler avant, mais toutes deux étudiant les arts.

Moi jetant un œil au protocole d’arrestation : T’ont-ils fait une prise de sang pour confirmer ton état d’ivresse ?

Bette surprise également par mon tutoiement soudaine : Euh, non, pas à mon souvenir, mais je ne peux jurer de rien, j’étais tellement mal.

Je venais de trouver mon tout premier point d’investigation. C’était maigre, mais toutefois mieux que rien.


Thea1  (30.05.2008 à 13:46)

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