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Série : The L Word
Création : 29.05.2008 à 17h39
Auteur : Thea1
Statut : Terminée
Tibette entre injustice, peine capitale, mépris. Fiction entre Prison Break et un Policier classique.
Cette fanfic compte déjà 41 paragraphes
Je devais dîner avec Eric, mon fiancé, ce soir-là. J’essayai de rester concentrée sur ce qu’il me disait, mais mon esprit vagabondait ailleurs.
Eric : Tina, mais qu’est-ce que tu as, les préparatifs de notre mariage ne t’intéressent donc pas ?
Moi arrachée à mes pensées : Quoi, oui bien sûr que le mariage m’intéresse, c’est juste qu’en ce moment, je m’occupe d’une affaire délicate qui requiert toute mon attention.
Eric : L’affaire Porter, oui, j’en ai entendu parler. Tu ferais mieux de laisser tomber, dans moins d’un mois ce ne sera plus un problème.
La froideur de ses propos me glaça le sang. Comment pouvait-on faire si peu cas de la vie d’un être humain.
Moi offusquée : Comment oses-tu dire cela, tu ne la connais même pas ?!
Eric : Je n’en ai pas besoin, cette femme a été reconnue coupable à deux reprises, cela est suffisant pour moi. Lorsqu’on a un triple meurtre sur la conscience, on ne mérite pas de vivre, c’est aussi simple que ça.
Moi haussant le ton : Simple ?! On envoi une personne dans le couloir de la mort, et pour toi c’est simple ?! Comment ai-je pu être aussi aveugle ?!
Ma colère était telle que j’ai arraché ma bague de fiançailles de mon annuaire et la lui ai jeté à la figure avant de prendre mon manteau et de m’en aller. Qu’une fois dehors, je réalisai ce que je venais de faire et les conséquences qu’il m’en faudrait porter, mais pour la première fois de ma vie, j’avais l’impression d’être totalement libre et de choisir pleinement ma vie. Bien sûr, j’ignorai ce que l’avenir me réservait, mais je savais que ce serait l’accomplissement de toute ma vie.
Le lendemain, je suis allée voir l’inspecteur qui avait procédé à l’arrestation de Bette.
Moi : Merci de me recevoir monsieur Lahaye.
Inspecteur Lahaye reluquant mes formes : Tout le plaisir est pour moi mademoiselle Kennard. J’ai appris que c’est vous qui représentez Porter en appel.
Moi sèchement : Je suis l’avocate de mademoiselle Bette Porter en effet et j’aurais besoin de quelques compléments d’informations.
Il ne s’attendait visiblement pas à ce que j’aie autant de répondant, alors que c’était ma première affaire depuis que j’avais réussi l’examen du barreau de l’état de Californie.
Moi directe : Après l’avoir arrêté cette nuit, avez-vous demandé à un médecin de lui faire une prise de sang pour déterminer clairement quel genre de substance elle avait avalé ce soir-là ?
Inspecteur Lahaye visiblement mal à l’aise : C’était parfaitement inutile, elle empestait l’alcool à des kilomètres et de surcroît nous n’avons trouvé que ses empreintes sur l’arme du crime, ainsi que dans l’habitacle, hormis celle de la victime évidemment.
Moi réfléchissant un moment : Etrange, mademoiselle Porter conduisait cette voiture depuis près de deux ans et vous n’avez trouvé d’empreintes que d’elle et de la victime, ça ne tient pas debout.
Moi autoritaire : J’exige que vous fassiez parvenir toutes les preuves à convictions au laboratoire indépendant que vous indiquera mon cabinet !
Il se contenta de hocher la tête, trop conscient que l’enquête avait été bâclée. J’espérais juste que Monsieur Grisham me suivrait dans mes démarches.
Ca faisait trois jours et trois nuits que j’avais rompu mes fiançailles avec Eric. Je sentais que mes parents désapprouvaient totalement mon comportement, mais il se gardaient bien de me dire quoi que ce soit. Trois nuits que je rêvais sans relâche à cette mystérieuse femme, trois nuits que je ressentais sa main sur mon avant-bras, son regard plongeant dans le mien, ses lèvres voluptueuses qui m’hypnotisaient, ainsi que le souvenir de son parfum qui remplissait ma chambre de manière enivrante. Pourquoi continuer à me voiler la face, à quoi bon, je le savais, j’étais en train de tomber amoureuse d’une femme, une repris de justice, accusée de plusieurs meurtres sanglants. J’étais sur le point de renier tous mes principes d’éducations et de professions et cela se résumait en un seul mot, un seul nom : Bette, Bette Porter.
Lorsque je suis retournée à la prison, Bette m’attendait déjà, souriante et étonnamment sans chaînes entravant ses membres.
Moi émue : Que me vaut ce sourire ?
Bette souriant de plus belle : J’ai entendu tout ce que tu as entrepris pour moi. En trois jours, tu en as fait plus pour moi que le monde entier en a fait en plus de deux ans. Je veux que tu saches Tina que même si tu n’arrives pas à me sortir de là à temps, tu resteras la femme la plus extraordinaire qu’il m’a été donnée de rencontrer.
Je pris instinctivement les mains jointes de Bette entre mes mains.
Moi touchée : Ne fais pas ça Bette, ne fait pas celle qui me dit adieu, alors que je viens à peine de la trouver.
Bette se levant : Vingt-six jours, six cent vingt-quatre heures, trente-sept mille quatre cent quarante minutes et je te fais grâce des secondes. Quel genre d’avenir est-ce, dis-le moi ?! Je n’ai rien à offrir, rien à espérer, ne perds pas ton temps avec moi Tina.
Je me suis levée d’un bond, l’ai saisie par la taille, l’obligeant à me faire face. Nos fronts se touchèrent, nos regards se perdaient dans les yeux de l’autre, et nos respirations s’accéléraient au rythme de nos coeurs. Je me demande qui d’entre nous tremblait le plus et qui avait le plus peur, étonnamment je crois que c’était Bette, car elle semblait tellement surprise par mon audace, que c’est moi qui finit par sceller nos lèvres. Une vague de chaleur et de bien-être envahit tout mon être, Bette me saisit à la taille pour m’attirer encore plus à elle, afin que nos corps épousent totalement la forme de l’autre. Je ne sais pendant combien de temps nous nous sommes embrassées, le temps n’existait plus et l’espace d’une courte éternité, nous oubliâmes l’épée de Damoclès qui était encore et toujours dangereusement suspendue au-dessus de nos têtes.
Bette se retirant : Ce n’est pas bien Tina, où cela nous mènera-t-il ?
Moi : Aucune idée, tout ce que je sais c’est que c’est plus fort que moi et que si je ne le fais pas je le regretterai toute ma vie.
Bette m’embrassant avec passion : Je pensais ne plus jamais pouvoir ressentir cela pour quelqu’un.
Ses mains se frayaient un chemin sous ma blouse, alors que moi-même je m’attaquais à la fermeture-éclair de son uniforme carcérale. Bette me porta sur la table, c’est alors qu’on frappa à la porte.
Gardien criant : Le temps de visite est écoulée mesdames !
Bette jurant : Bordel, c’est pas vrai, pas moyen d’être tranquille dans cette piaule !
Moi encore sous le coup de ces nouvelles sensations fortes : Je veillerai à ce qu’on nous dérange pas la prochaine fois.
Bette alors que je franchis la porte pour m’en aller : Prends soin de toi, je t’aime Tina.
Moi me retournant surprise et touchée : Moi aussi je t’aime Bette, et qu’importe ce que ça coûtera, je vais te sortir de là, j’en fais le serment.
Le lendemain matin, je n’avais qu’une seule envie, courir à la prison pour me retrouver dans les bras de Bette, mais je savais que ce ne serait pas lui rendre service. Il me fallait continuer mon enquête au plus vite. Monsieur Grisham consentit à poursuivre dans mes investigations en approuvant ma demande d’analyse des preuves scientifiques par le laboratoire qui était affilié au cabinet depuis le début de son existence. Il m’appela d’ailleurs dans son bureau ce matin-là.
Monsieur Grisham : Je vous en prie, asseyez-vous Tina. Mary vous voulez bien nous apporter deux cafés.
Mary s’exécutant : Tout de suite monsieur.
Monsieur Grisham sérieux : J’ai reçu un téléphone de l’ex-sénateur Karella ce matin.
Moi avalant mon café de travers : Le père de Nadia, que voulait-il ?
Monsieur Grisham : Que vous laissiez tomber l’affaire Tina.
Moi blanche de peur : Et que lui avez-vous dit ?
Monsieur Grisham pas dupe : Que ce passe-t-il Tina, on dirait que cette affaire représente plus à vos yeux qu’une simple affaire ?
Moi rassemblant mon courage : Répondez d’abord à ma question et je vous dirai ce qu’il en est ensuite.
Monsieur Grisham fermement : Toute ma vie je me suis mis au service de la loi Tina et ce n’est pas aujourd’hui que cela va changer. J’ai vu le premier contre rendu des analyses et je suis d’accord avec vous, la manière dont a été mené cette enquête, ainsi que la défense de Bette Porter est absolument inadmissible. Je ne vais pas me laisser dicter ma conduite par une personne qui a été sénateur alors que vous n’étiez même pas née, et même s’il s’agissait du président en personne, je n’agirai pas différemment.
Moi soulagée : Je vous remercie du fond du cœur Monsieur.
Monsieur Grisham attendant visiblement une réponse de ma part : Et ?
Moi ressentant le besoin d’en parler à quelqu’un : Je l’aime.
Monsieur Grisham était resté silencieux devant mon aveu, puis il dit : Pensez-vous pouvoir assurer sa défense au mieux de ses intérêts en vue de votre relation particulière avec elle ?
Moi surprise par son calme : Je pense que l’amour que je lui porte est sa meilleure chance et oui, je crois être capable de défendre la justice, malgré le sentiment qui nous lie.
Monsieur Grisham : Même si vous découvrez sa culpabilité ?
Moi : Si elle s’avère coupable, alors tout n’aura été que mensonges, et le lien qui nous unit n’aura même pas besoin de se rompre, car il n’aura jamais existé.
Monsieur Grisham pensif : Je voudrai avoir une telle assurance lorsque je parle de ma femme. Allez-y maintenant et sortez-là de ce trou à rats !
Moi me mettant au garde à vous : A vos ordres patron !
Il me tendit le dossier que j’allai immédiatement étudier dans mon bureau.
Tout dans les résultats d’analyses faisaient penser à une machination. Non seulement on n’avait pas fait de prise de sang à Bette lors de son arrestation, mais l’odeur d’alcool venait essentiellement de ses vêtements imbibés de Tequila et de Malibu, sans pour autant dire combien elle en avait ingurgité elle-même. On avait retrouvé trois bouteilles vides sur le siège arrière. Les empruntes de Bette sur l’arme du crime se trouvaient effectivement sur le manche du couteau, mais visiblement elle avait du tenir l’arme de la manière dont on tient un couteau de cuisine, c'est-à-dire la lame pointée vers le haut, et non de façon à poignarder quelqu’un avec al lame dirigée vers le bas. J’en conclue que paniquée elle avait dû le ramasser, voir même en vue de se défendre contre quelqu’un, car une infime trace de sang d’une tierce personne y avait été trouvée par les scientifiques, mais malheureusement il appartenait à quelqu’un inconnu des services de police. Mais ce qui m’intriguait encore davantage, c’est qu’on avait retrouvé des traces de javel dans l’habitacle, alors que Bette affirmait n’avoir pas nettoyé l’intérieure de sa voiture depuis des mois. Seulement voilà, si on n’avait nettoyé l’intérieur de la voiture après le crime, il devrait avoir des incohérences dans les traces de sang, or il n’en était rien. Se pouvait-il alors que le meurtre eu été prémédité que la voiture fut nettoyée dans la journée précédant le meurtre ? Pourquoi prendre tant de précautions, à moins que le meurtrier ait été passager de Bette à une occasion quelconque ?
En arrivant à la prison ce soir-là, je fus surprise d’être conduite dans une autre pièce pour rencontrer Bette.
Gardien devant mon regard inquisiteur : C’est une décision du directeur, à la demande de votre patron Monsieur Grisham.
J’entrai dans la pièce indiquée, étonnamment bien équipée. On aurait dit une chambre d’un hôtel de seconde zone avec une petite table de travail, deux chaises et chose magnifique un lit. Je souris en me demandais qu’est-ce que Monsieur Grisham avait bien pu inventé pour qu’on nous laisse la chambre réservée en principe aux visites conjugales, car je savais qu’il n’aurait jamais trahi le secret, il était bien trop droit pour cela. Je m’assis sur le bord du lit, attendant impatiemment l’arrivée de Bette.
Gardien introduisant Bette : Vous avez une heure.
La situation me parut soudainement tellement absurde. Comme si l’amour ou la justice pouvait se quantifier en heures, en minutes ou même en secondes. Je sais que le pauvre gardien ne faisait que son travail, mais Dieu me pardonne, je le haïssais sur le moment.
Bette détendant l’atmosphère: Wow, une heure avec la plus belle femme de l’univers, quel luxe !
Elle s’approcha et s’agenouilla pour se mettre à ma hauteur.
Bette un sourire coquin : C’est sûr que le lit de ma cellule n’aurait pas pu rivaliser avec celui-ci.
Comment pouvait-elle encore plaisanter dans la situation qui était la sienne ? Mes appréhensions s’envolèrent d’un seul coup, n’ayant qu’un seul désir, Bette. Les lèvres de Bette, la langue de Bette, les seins de Bette, le corps de Bette, le sexe de Bette, l’âme de Bette.