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Série : The L Word
Création : 29.05.2008 à 17h39
Auteur : Thea1
Statut : Terminée
Tibette entre injustice, peine capitale, mépris. Fiction entre Prison Break et un Policier classique.
Cette fanfic compte déjà 41 paragraphes
Moi allongée dans les bras de Bette : Je savais que ce serait magnifique, mais même mes plus beaux rêves n’auraient su égaler la réalité.
Bette une larme au coin de l’oeil : En deux ans, je m’y étais habituée d’être abandonnée de tous. Je croyais mon cœur mort depuis longtemps, alors qu’il n’était en fait qu’endormi.
C’était la première fois que Bette exprimait sa peur et rien que le fait qu’elle osait la partager avec moi me fit l’aimer encore davantage. Mais le temps nous était compté, alors je dus me forcer à me reconcentrer sur le travail.
Moi me rhabillant : Bette, est-ce que tu te souviens de qui est monté à bord de ta voiture les jours qui ont précédé le meurtre ?
Bette surprise : Il faudrait que je réfléchisse, car ma mémoire des événements précédent le carnage contient toujours est encore beaucoup d’ombres pour moi, le psy dit que certains souvenirs sont à jamais perdu.
Moi posant ma main sur son épaules : Je sais que c’est très difficile pour toi bébé, mais j’ai besoin de tous les éléments pour découvrir la vérité.
Nous nous assîmes l’une en face de l’autre et Bette commença son récit.
Bette sous le coup de l’émotion : A l’époque, je partageais ma vie avec une certaine Alice. C’était une amante et surtout une amie extraordinaire, mais elle était amoureuse depuis des années de sa meilleure amie Dana, alors j’ai consenti, non sans regrets, à ce qu’elle reprenne sa liberté.
Moi un peu jalouse, mais intéressée par toute chose concernant la vie de Bette : Et ont-elles vécues heureuses ensemble ?
Bette ravalant sa salive : Oui, oh que oui, c’était l’amour fou, la passion à ne plus finir, mais un jour le diagnostic est tombé, Dana souffrait d’un cancer du sein déjà très avancé. Ils n’ont rien pu faire et ces chiens ne m’ont même pas laissé aller la voir sur son lit de mort, j’ai dû attendre l’enterrement pour la voir une dernière fois dans son cercueil.
Moi caressant ses mains : As-tu revu Alice depuis ?
Bette secouant la tête : Non, tout comme mes autres amis depuis d’ailleurs.
Moi : Parle-moi d’eux ?
Bette : Tout d’abord il y a Marina, une femme splendide qui dirige le Planet, un café la journée transformé en boite de nuit le soir et son amante Jenny, une jeune écrivain qui est arrivé en ville l’année où ma vie a basculé. Ma sœur Kit d’ailleurs travaille pour Marina au Planet.
Moi : Pourquoi ne vient-elle pas te voir ?
Bette : C’est compliqué, disons que c’est en partie à cause de notre relation respective avec notre père qui d’ailleurs est mort depuis.
Moi : Donc, Alice, Dana, Marina, Jenny, Kit et toi étiez des amies inséparables.
Bette : En effet, mais il ne faut pas oublier Shane.
Soudain, comme par enchantement, Bette souriait de toutes ses dents.
Bette : Elle était la plus jeune de la bande et un vrai Casanova, toujours entourée des plus belles filles. Elle avait beaucoup galéré dans la vie, mais cachait un cœur gros comme ça sous des traits plutôt durs. Autodidacte, elle est aujourd’hui une coiffeuse accomplie avec son propre salon. Elle était la seule à être comme une sœur pour moi.
Moi : Toutes ses personnes se sont retrouvés à un moment ou à un autre à bord de ta voiture ?
Bette : En effet, mais c’est impossible que l’une d’entre elle puisse être le coupable.
Moi : Tu a raison, tu étais bien trop souvent avec elles, pour que le mobil tienne la route. Parle-moi de tes collègues de travail, ainsi que de tes élèves.
Bette : Au CAC je travaillais pour un certain Franklin et j’avais mon assistant personnel James qui m’a suivi lorsque j’ai été viré.
Moi : Etait-il amoureux de toi ?
Bette : Je le pense, mais en même temps il savait d’entrer de jeux qu’il ‘y aurait jamais rien entre lui et moi. C’est un excellent assistant, mais bien trop dépendant pour imaginer une telle machination. Je devais chaque jour lui laisser une liste des tâches à faire, qu’il suivait alors à la lettre. Au collège il y avait évidemment Phyllis Kroll la directrice et Jodie Lerner la célèbre artiste qui enseignait dans notre établissement, mais aucune d’entre elles n’avaient d’intérêt de vouloir du mal à Nadia ou à moi. D’ailleurs Nadia n’était même pas élève de Jodie, car elle détestait la sculpture moderne.
Je n’eus plus de temps de poser plus de questions à mon amour, car déjà le gardien pressait Bette à regagner sa cellule.
Dix jours avaient passé depuis ma première visite à la prison et le brouillard s’épaississait de plus en plus autour de l’affaire Porter comme l’appelait tous les journalistes du pays. Je détestais ça, ils me suivaient partout en posant des questions sans le moindre intérêt, tout en me gênant passablement dans l’avancement de mon enquête. C’est alors qu’une journaliste sortit du lot en me posant enfin une vraie question.
Journaliste devant le cabinet Grisham & CO : Que pensez-vous de la candidature à la vice-présidence de l’ancien sénateur Karella, annoncée officiellement par la maison blanche ce matin ?
Je n’avais pas tellement suivi la politique ces temps-ci, mais le nom me fit sursauter et je me demandais si c’était une coïncidence, à dix jours de la date fixée pour l’exécution de Bette.
Moi tout bas : Pouvons-nous nous voir en tête à tête mademoiselle ?
Journaliste surprise que je cédé enfin à l’un d’entre eux : Pieszecki, Alice Pieszecki. Au Planet dans une heure, ça vous va ?
Moi ne laissant rien paraître de ma surprise, mais enfin le destin semblait me sourire un peu : J’y serai, vous pouvez compter sur moi.
Je pénétrais pour la première fois dans le café où, depuis des années, se réunissaient les meilleures amies de Bette. L’ambiance en cette fin de matinée y était plutôt calme. Des étudiants y révisaient leur cours, d’autres lisaient un livre, ou prenaient simplement un bain de soleil sur la terrasse. Marina se tenait derrière le comptoir et discutait avec son adjointe que j’identifiai tout de suite comme étant Kit la soeur aînée de Bette.
Alice m’appelant : Mademoiselle Kennard, par ici !
Je me dirigeai vers une table du fond où m’attendait mon interlocutrice.
Alice intriguée : Alors dites-moi, ça fait passé une semaine que vous refusez de répondre aux médias, pourquoi moi ?
Moi amusée par le caractère intempestif de mon vis-à-vis : Peut-être parce que malgré ces presque trois années écoulées, vous vous surprenez encore à douter, me trompe-je ?
Alice baissant les yeux, démasquée : Alors vous aussi vous continuer à l’aimer ?
Je ne répondis pas, inutile de donner trop d’infos personnelles à la presse pour l’instant.
Moi changeant de sujet : Pourquoi n’allez-vous pas la voir ?
Alice : Depuis la mort de ma compagne Dana, c’est très dur et je ne supporterai pas de devoir la voir mourir elle aussi. Je sais que c’est très égoïste comme attitude, mais je préfère garder mes distances pour me protéger.
Moi touchée par sa sincérité : Vous voulez bien me présenter à ses autres amis ?
Alice directe : Ben, venez ce soir, elles seront toutes là.
Moi ne m’attendant pas à une telle invitation : Avec plaisir, mais rien de professionnel d’accord ?
Alice légèrement contrariée : D’accord.
Le soir même, je fis enfin mon entrée au sein de la tribu pour ne jamais plus en sortir.
Alice m’accueillant chaleureusement : Tina, tu es venue, viens que je te présente.
Le tutoiement me semblait normal venant d’Alice et j’étais heureuse de la découvrir sous un jour plus relaxe et libéré. Nous nous approchâmes d’un petit groupe de très belles femmes.
Alice : Kit, Marina, Jenny et Shane, laissez-moi vous présenter Tina Kennard, l’avocate de notre Bette adorée.
Moi surprise : Ne me dites pas que vous êtes toutes convaincues de l’innocence de ma cliente ?
Marina directe : Evidemment que nous les sommes, il ne saurait en être autrement.
Jenny cherchant la petite bête : Je ne partage pas leur assurance, je reste sceptique.
Kit outrée : Ma sœur est loin d’être un enfant de cœur, mais ça ne fait pas d’elle une meurtrière, compris !
Shane sirotant une bière : Et même si elle avait fait ce dont on l’accuse, ce dont je doute, jamais nous ne trahirions son amitié. La famille, c’est sacré !
Je sus immédiatement que Shane serait mon plus précieux allié au cas où ça devait tourner au vinaigre.
Sept jours, il ne restait que sept jours et je n’avais rien, que dalle. Ces quelques erreurs commises lors de l’instruction n’étaient pas suffisantes pour que le juge suspende l’exécution et une grâce accordée par le gouverneur n’existait que dans les plus fous de mes rêves.
Monsieur Grisham : Mais au fait, que savons-nous exactement de la victime ?
Moi : Vous voulez dire, des victimes.
Monsieur Grisham : La fille du sénateur Karella est la seule où il existe réellement des preuves contre mademoiselle Porter, les deux autres victimes font partie du dossier uniquement par corrélation des faits pour même mode opératoire, mais la présence de votre cliente sur les lieux du crime n’a jamais été prouvée. Alors, que savez-vous de Nadia Karella ?
Moi haussant les épaules : A vrai dire, pas grand-chose, à part qu’elle était la fille de l’actuel candidat à la vice-présidence et l’assistante de Bette Porter.
Monsieur Grisham : Apprenez Tina que les victimes nous apprennent souvent plus sur l’affaire que les accusés.
Moi reconnaissante : Merci de votre précieux conseil, je m’y mets immédiatement.
Monsieur Grisham me faisant un clin d’œil : Mary va faire ces recherches pour vous, tandis que vous vous enquériez auprès de votre cliente, ça fait une semaine que vous ne vous êtes pas vues.
Je sortis rapidement de son bureau, le visage rouge pourpre et cela jusqu’aux oreilles.
Retrouver Bette raviva tant d’émotions en moi : Amour, passion, volupté, tendresse, rêve, espoir, mais également de profondes angoisses et une panique comme j’en avais jamais connue au par avant que j’eus l’impression d’étouffer.
Bette me berçant contre son cœur : Respire mon amour, ça va passer, respire.
Moi en sanglots : J’ai tellement peur de ne pas y arriver bébé.
Bette déposant un baiser sur chacune de mes larmes : Ne te tracasse pas inutilement Ti, tu n’y es pour rien.
Moi un rire nerveux : Tu es incroyable, comment fais-tu ça, c’est à moi de te rassurer et non l’inverse.
Bette calmement : J’ai eu tout le temps de me révolter, de crier à l’injustice, à frapper dans les mur à en avoir les mains et le front en sang, j’ai fait la paix avec moi-même, Dieu et même les hommes, je suis prête.
Moi caressant son visage : Tu es l’amour de ma vie.
Bette m’embrassant : Et toi le mien, mais il faut me promettre que tu continueras à vivre pleinement une fois que je serai partie. Ne te contente pas simplement de survivre Tina, danse, chante, aime, envoie-toi en l’air, porte les enfants de l’amour, si tu as une fille, donne-lui mon prénom, ainsi je serai toujours auprès de toi.
Je m’accrochai à elle pour y puiser la force nécessaire pour supporter d’écouter jusqu’au bout ses dernières volontés, car c’était important que je les respecter à la lettre, même si tout en moi si refusait.
Bette poursuivant : Dis à Kit qu’elle est la meilleure sœur dont j’ai pu rêver, à Marina et Jenny que je leur souhaite le meilleure pour l’avenir, à Shane que l’amour n’est pas qu’un mirage et que comme moi elle le trouvera au moment où elle n’y pensera même plus, et à Alice qu’elle est et restera pour toujours ma meilleure amie. Je n’ai aucune amertume envers elles, c’est du passé, qu’il n’en reste que l’amour, car c’est la seule chose importante et d’éternelle. Dis-leur que je les aime de tout mon coeur.
Moi affirmative : Elles t’aiment toutes tu sais.
Devant son regard interrogatif, je lui racontai ma rencontre avec Alice, ainsi que la soirée au Planet.
Ce matin j’arrivai au cabinet abattue comme jamais.
Moi stressée : Mary, qu’as-tu découvert sur la famille Karella ?
Mary : Pas grand chose j’en ai peur. Le sénateur est né dans une famille unie, sans histoire, a fait ses études d’économie à Harvard, y a rencontré sa future épouse avec qui, il a eu une fille unique Nadia.
Moi : Il est veuf non, comment sa femme est-elle morte ?
Mary : Un accident de voiture, un soir en rentrant, elle est rentrée dans un des pilier de l’échangeur numéro quatre.
Moi : Avait-elle bu ou pris des cachets ?
Mary : Toxicologie négative, affaire classée. Nadia avait onze ans au moment des faits, puis à l’âge de treize ans, elle a définitivement quitté la demeure familiale pour aller vivre avec sa tante, la sœur de sa mère.
Moi : Pourquoi cela ?
Mary : Le mandat de son père accaparait tout son temps, alors il a jugé que ce serait mieux pour l’éducation de sa fille.
Moi : Un papa model quoi.
Mary hésitante : Il y a pourtant un hic. Lors de sa première interrogation, Nadia affirmait que sa mère s’était suicidée, puis s’est rétractée, mais tu n’en trouveras aucune mention dans le procès verbal.
Moi pensive : Qu’est-ce qui pourrait une femme de sénateur comme elle à se suicider ? Ca n’a aucun sens, et qu’en pense la sœur ?
Mary : Malheureusement elle est décédée d’un cancer des os il y a trois ans, une semaine avant l’assassinat de Nadia pour être précise.
Moi sceptique : Curieuse coïncidence ?
Je me suis levée d’un bond pour sortir précipitamment du bureau.
Mary derrière moi : Où cours-tu ainsi Tina ? !
Moi me retournant : Voir celui qui détient la clef de cette affaire !
En arrivant sur le campus, je rencontrai Phyllis qui me dit que je pourrais trouver James à l’atelier de Jodie. J’entrai sans frapper et qu’elle ne fut pas ma surprise de les voir dans une positions plus que compromettante. Ils s’écartèrent rapidement gênés.
Jodie faussement en colère : On ne vous a jamais appris à frapper ? !
Moi sachant qu’elle tenait à sa réputation d’homosexuelle endurcie : Ne vous inquiétez pas, votre secret est bien gardé avec moi.
James timidement : Même si on n’a rien à vous dire ?
Bette m’avait avertie que James était très réservé, mais là ca ressemblait plus à de la peur qu’à de la timidité.
Moi : Ne vous en faites pas James, tout ira bien.
James se ressaisissant : Chérie, tu veux bien montrer à mademoiselle Kennard ta dernière toile.
Je fus très surprise par sa demande, car Jodie Lerner était mondialement connue pour sa sculpture moderne et géantissime et non pour sa peinture.
Jodie lui faisant un clin d’œil : Bien sûr mon amour, veuillez me suivre Tina.
Ce n’était pas une galerie proprement dit, mais plus des esquisses faite de la main de Jodie pour ses œuvres. Un tableau sortait du lot et attira immédiatement mon regard. James pointa un coin de l’œuvre du doigt où je lus les initiales N.K.
Jodie : Comme promis, elle est à vous.
Moi : Elle est à la fois déroutante et sublime, mille mercis.