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Série : The L Word
Création : 29.05.2008 à 17h39
Auteur : Thea1
Statut : Terminée
Tibette entre injustice, peine capitale, mépris. Fiction entre Prison Break et un Policier classique.
Cette fanfic compte déjà 41 paragraphes
Alice entrant dans mon bureau : Tu voulais me voir Tina ?
Moi l’embrassant : Oui, assieds-toi, merci d’être venue aussi vite.
Alice : Il ne reste que trois jours, alors ça passe avant mon reportage.
Moi sérieuse : Promets-moi que tout ce que nous allons nous dire ne sortira pas de cette pièce, pour Bette.
Alice solennellement : Sur ma vie, je le jure !
Son côté théâtral m’arracha un sourire et je lui expliquai mes découvertes des septante-deux dernières heures. Mary se joignit à nous.
Alice : C’est dément, qui pourrait exercer une telle intimidation sur une femme de la trempe de Jodie Lerner ?
Moi : Un membre haut placé du gouvernement, je n’ai aucune autre explication.
Alice assoiffée de sensations : Ca pourrait bien devenir le scoop du siècle si le gouvernement est mêlé à tout ça.
Mary nous rappelant sur terre : Holà, vous ne trouvez pas que vous allez un peu vite en conclusion ?! Si tu lui montrais le tableau Tina.
Moi lui montrant l’œuvre : D’après le mot que Jodie m’a laissé à l’arrière du cadre, il s’agirait là de la dernière œuvre de Nadia Karella, peinte les jours précédents sa mort et remise à Jodie le jour du drame avec la précision qu’il ne fallait le remettre à personne d’autre qu’à Bette.
Alice intriguée : Mais Jodie n’a jamais pu le faire, car Bette n’allait plus jamais pouvoir être seule avec elle. Quelle toile étrange, je ne savais pas que l’art égyptien était encore enseigné de nos jours?
Moi : Cet œuvre n’a rien à voir avec son plan d’étude, je pense que c’est une énigme, car on n’a jamais vu Anubis, le dieu de la momification, représenté sous des traits féminins.
Mary : Ni embaumant les déesses Nephtys et Isis d’ailleurs, représentant probablement la mère et la tante de Nadia.
Alice avec assurance : Je parie tout ce que j’ai que c’est la clef du mystère.
Moi : Qu’est-ce qui te fait dire ça ?
Alice : Nadia n’a pas utilisé ce langage au hasard, Bette a écrit sa thèse sur l’art pharaonique et en particulier sur le mythe osirien. Elle seule saura le déchiffrer.
Moi déçue : Ce qui fait que pour l’instant nous ne sommes pas plus avancés qu’avant.
Bette était dans un piteux état lorsque je vins la voir le même soir.
Bette se jetant dans mes bras : Dieu merci, tu es là !
Moi sentant la colère monter : Que lui avez-vous fait espèce d’ordures ?!
Gardien qui avait l’habitude d’être mon souffre douleur : Ils ont procédé à une simulation pour vérifier que tout soit fonctionnelle pour après-demain.
Je vis dans son regard qu’il trouvait tout ce procédé abjecte et qu’il luttait pour continuer à faire malgré tout le métier qui était le sien. J’étais hors de moi, mais en même temps j’admirais son courage et sa droiture.
Gardien bienveillant : Restez auprès d’elle jusqu’à l’appel.
L’appel était à 20H45, ce qui nous laissait trois bonnes heures au lieu des soixante minutes habituelles.
Moi intriguée : Pourquoi tant de générosité ?
Il s’en alla sans répondre, en évitant soigneusement d’affronter mon regard.
Réconforter Bette, consoler Bette, tout partager avec Bette, aimer Bette, m’offrir corps et âme à Bette, imprégner chaque recoin de mon être de la présence de Bette, m’unir à Bette jusqu’à la fusion de nos corps, nos âmes et nos esprits, n’être qu’un avec Bette, voilà tout ce qui comptait vraiment en ce moment précis, mais également pour l’ensemble de toute ma vie. Vivre l’éternité l’instant d’un orgasme, recréer l’univers l’instant d’un orgasme, être sans le moindre défaut l’instant d’un orgasme. Tout n’était que passion, tendresse, fougue, délicatesse, instincts primaires, contemplation transcendante, l’amour sous toutes ces formes, à en avoir le souffle coupé.
J’y avais songé toute la nuit, il ne restait que vingt-neuf heures à vivre à Bette et cela était tout simplement inconcevable, jamais je ne l’accepterai, jamais je m’y résoudrai, jamais, jamais…
Mme Kennard m’accueillant pour le petit déjeuner : Bonjour Tina, bien dormi ?
Moi mentant : Ca va aller maman, ne t’inquiète pas.
Le silence s’installa rapidement autour de la table, car on n’avait plus grand-chose à nous dire depuis des semaines.
Moi rompant enfin le silence : J’ai une question à vous poser et j’aimerais beaucoup que vous y répondiez sans détour ?
M. Kennard surpris : Si nous le pouvons, nous y répondrons.
Moi le plus neutre possible : Jusqu’où seriez-vous prêts à aller par amour ?
Mme Kennard surprise : Tu veux te remettre avec Eric, c’est ça ?
M. Kennard devant mon regard inflexible : Je pense que tant qu’on nuit à personne, aussi loin que notre cœur nous pousse à le faire.
Mme Kennard confirmant les propos de son mari : On n’a jamais tord, si on agit par amour.
Je leur offrit mon plus beau sourire, les embrassa et m’en alla affronter cette journée fatidique.
Shane m’accueillant au Wax : Hé Tina, c’est la première fois que tu viens me voir. Tu veux une nouvelle coupe de cheveux ?
Moi regardant autour de moi : C’est fort sympathique ton salon de coiffure et la piste de skate dehors est grandiose. Tu n’as pas de clients ?
Shane me passant l’accolade : Non, rarement aux heures de midi, mais sinon c’est bondé, autant à l’intérieur qu’à l’extérieur, à la sortie de l’école, tous les mômes viennent ici, c’est comme un refuge pour eux.
Je découvris un tout autre côté de Shane rempli de générosité et d’abandon de soi.
Moi gênée : En fait, j’aurais besoin de toi pour une chose quelque peu délicate.
Shane me fixant : Ca y est alors, enfin quelqu’un se décide à la faire évader, mieux vaut tard que jamais. Quel est ton plan, que veux-tu que je fasse ?
Moi un sourire crispé devant tant de clairvoyance : Le gardien qui s’occupe d’elle m’a laissé un mot sur le pare-brise de ma voiture hier soir. Apparemment Bette sera conduite à l’hôpital demain matin à 7H pour un dernier bilan de santé, avant son injection létale prévue à midi. Il m’a laissé un plan de l’itinéraire emprunté, ainsi qu’une adresse où quelqu’un nous attendra pour franchir les frontières de l’état.
Shane: Et peut-on lui faire confiance à ce gardien ?
Moi : Je crois que oui, et de toute manière, on n’a pas d’autre choix.
Shane : Tu as raison, mais il nous faudra de l’aide supplémentaire. Je propose de demander à Alice et Marina de nous aider à simuler un accident sur la route de façon à obliger le véhicule pénitencier à s’arrêter à cet endroit précisément.
Elle pointa l’angle d’une rue du doigt.
Moi perplexe : Est-ce vraiment nécessaire de les mêlées à cela ?
Shane résolue : Ne te tracasse pas, elles ne feront rien de répréhensible et en moins de vingt-quatre heures, les flics les laisserons tranquilles, puisqu’elles ne sauront rien.
Moi : Et pour Kit et Jenny ?
Shane directe : Il faudra faire comprendre à Marina et Alice que c’est trop dangereux de les impliquer, Jenny est loin d’être convaincue de l’innocence de Bette et Kit s’inquiéterait beaucoup trop pour garder la tête froide. Bien je vais dire à Françoise que le salon est sous ses ordres et on se met au travail tout de suite, dix-neuf heures, c’est court pour organiser une évasion.
Moi clairvoyante à mon tour : Mais heureusement que tu y as déjà songé par le passé.
En voyant Shane prendre la direction des opérations, je compris qu’il n’y avait plus de retour possible. J’aurais dirigé une affaire, une seule affaire avant de perdre mon droit d’exercer en tant qu’avocate, mes parents allaient être surveillée de prêts après ça et je ne pourrais plus les contacter, et lorsqu’ils auront appris que je me suis amouraché d’une femme, ils ne voudront plus me parler de toute manière. Nous allions cavaler pendant des mois, voir des années, sans savoir si un jour nous pourrons nous blanchir, est-ce que l’amour de Bette valait vraiment que je prenne autant de risques ? Quelle question, évidemment que oui, si ce n’était pas par amour qu’on entreprend pareille folie, alors pour quoi, je me le demande. C’est juste la peur qui me faisait résonné ainsi, mais le cœur a des raisons que la raison ignore, et lui il avait pris sa décision depuis longtemps. Nous étions convenue avec Shane que nous n’informerions pas Bette de nos projets, car il était inutile de lui donner de faux espoirs, car tout pouvait tourner au désastre à chaque instant. Ce soir-là j’allais la voir, comme pour une dernière nuit d’amour avant la mort et Shane informait Alice et Marina de notre projet.
Gardien m’accueillant d’une phrase sibylline : L’amour grandit dans la contrainte…
Moi lui souriant : …et s’épanouit dans la liberté.
Bette m’embrassant : Qu’est-ce que ça veut dire Ti ?
Moi ne pouvant lui expliquer le sens caché : C’est une citation de Gérard Bauer, un célèbre chroniqueur français.
Bette m’enlaçant : J’ignorai que tu parlais français.
Moi me laissant aller : Oh, mais je parle bien d’autres langues.
C’était étrange de se dire que c’était probablement la dernière fois qu’on se faisait l’amour, le corps de Bette tremblait sous mes doigts comme jamais et je n’étais guère en meilleur état.
Bette se sentant obligée de me rassurer : Tout ira bien Tina, ce n’est qu’un mauvais moment à passer et puis nous nous retrouverons je te le jure, mais le plus tard possible, lorsque tu auras mené une vie comblée de réussites et d’amour.
Moi me blottissant contre son sein : Je suis comblée, je n’ai besoin de rien d’autre, car à quoi me servirait-il d’avoir les richesses et la gloire, si je n’ai pas l’amour, or l’amour c’est toi.
Bette hésitant un moment : J’ai quelque chose à te demander mon amour, mais tu es libre de refuser si c’est trop dure pour toi, je comprendras.
Moi : Dis-moi, je ferrais absolument tout pour toi, tu le sais bien.
Bette : J’aimerai que tu restes auprès de moi jusqu’à la fin, que je rende mon dernier souffle sous ton baiser, que mon cœur cesse de battre sous tes doigts, que mon dernier regard soi posé sur toi.
Moi devant faire un effort surhumain pour ne pas m’effondrer : Compte sur moi, je serai là, quoi qu’il arrive.
J’étais attendue chez Alice, je devais y aller le cœur lourd. La chanson qui passait en ce moment à la radio disait exactement ce que je ressentais.
Radio : Mon dieu que c'est dur de voir mourir sa vie. O oui le plus malheureux c'est celui qui reste et celui qui reste c'est moi. Oui le plus malheureux c'est celui qui reste et celui qui reste c'est moi. (Extrait de Celui qui reste, Joe Dassin)
Nous avions travaillé toute la nuit, ne laissant rien au hasard. Alice avait fait un relevé exact du trafic à ces heures, grâce aux statistiques auquel elle avait accès au boulot. Marina s’était occupé des voitures, la sienne et celle d’Alice pour l’accident, puis de deux autres véhicules de locations que nous avions positionnée à deux endroits différents, selon le besoin, car il faut toujours avoir un plan de secours. J’ignore où Shane s’est procuré les armes, mais je préfère l’ignorer. Le matériel qui devait être à double était impressionnant : Liquidités, Marina nous avait accordé encore une sacré rallonge supplémentaire, cartes routières détaillées de l’ensemble du pays, fringues de tout genre, matériel de coiffure comme de la teinture, mais aussi perruque et autres artifices de déguisement, chaussures, cordes, estagnons d’essence doublant pratiquement la capacité du réservoir, kit de survie, nourriture, tantes, portables neufs et téléphones mobiles avec numéro non répertorié, etc. A six heures trente nous étions toutes à notre poste, ne restait plus qu’à attendre le passage du véhicule pénitencier.
Nous avions décidé d’agir sur le chemin de retour de l’hôpital, afin de disposer plus de temps avant que l’alerte soit donné, car il y avait plus d’une heure de trajet entre l’hôpital et la prison et avec le trafic matinal pratiquement deux. A 7H38, le véhicule passa devant moi, je donna le signale, afin qu’Alice et Marina fabriquent leur accident trois rues plus loin. Comme escompté, le chauffeur ralentit devant la détresse de deux splendides jeunes femmes, Shane en profita pour attaquer le fourgon à main armée et en lançant une grenade de gaz lacrymogène dans l’habitacle. Le gardien nous donna un dernier coup de main en déverrouillant la porte arrière avant de perdre connaissance à son tour.
Moi montant à l’arrière : Bette, suis-moi !
Bette se précipitant dehors malgré ses entraves aux quatre membres : Je parie que c’est encore une idée de Shane !
Shane me lançant les clefs pour lui ôter les chaînes : Tu te trompes, c’est celle de ta dulcinée !
Nous traversâmes le cimetière d’Evergreen à la course pour atteindre la nationale 60, car inutile de vouloir tenter de quitter la ville par l’une des autoroutes. Nous atteignâmes la jeep stationnée à Wellington Heights sans encombre.
Shane au volant : Planque-toi sous les couvertures Bette !
Shane roulait le plus calmement possible vers l’est de la ville, car il fallait absolument éviter d’attirer l’attention sur nous.
Moi tendue : C’est bizarre, personne n’a tenté de nous intercepter ?
Shane fataliste : Les gens sont bien trop occupe par leur propre personne pour empêcher une évasion. Je crois qu’il est temps d’appeler ton contact Tina, pour qu’on sache enfin vers où nous sommes censées nous diriger.