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Série : The L Word
Création : 09.07.2008 à 11h23
Auteur : Thea1
Statut : Terminée
Dernière partie complétant Condamnée Amor et Peine Capitole
Cette fanfic compte déjà 34 paragraphes
Prologue selon L’échafaud de Victor Hugo.
C'était fini.
Splendide, étincelant, superbe.
Luisant sur la cité comme la faulx sur l'herbe,
Large acier dont le jour faisait une clarté,
Ayant je ne sais quoi dans sa tranquillité
De l'éblouissement du triangle mystique,
Pareil à la lueur au fond d'un temple antique,
Le fatal couperet relevé triomphait.
II n'avait rien gardé de ce qu'il avait fait.
Qu'une petite tache imperceptible et rouge.
Le bourreau s'en était retourné dans son bouge ;
Et la peine de mort, remmenant ses valets,
Juges, prêtres, était rentrée en son palais,
Avec son tombereau terrible dont la roue,
Silencieuse, laisse un sillon dans la boue,
Qui se remplit de sang sitôt qu'elle a passé.
La foule disait : bien ! car l'homme est insensé,
Et ceux qui suivent tout, et dont c'est la manière,
Suivent même ce char et même cette ornière.
J'étais là. Je pensais.
Le couchant empourprait
Le grave Hôtel de Ville aux luttes toujours prêt,
Entre Hier qu'il médite et Demain dont il rêve.
L'échafaud achevait, resté seul sur la Grève,
La journée, en voyant expirer le soleil.
Le crépuscule vint, aux fantômes pareil.
Et j'étais toujours là, je regardais la hache,
La nuit, la ville immense et la petite tache.
A mesure qu'au fond du firmament obscur
L'obscurité croissait comme un effrayant mur,
L'échafaud, bloc hideux de charpentes funèbres,
S'emplissait de noirceur et devenait ténèbres ;
Les horloges sonnaient, non l'heure, mais le glas
Et toujours, sur l'acier, quoique le coutelas
Ne fût plus qu'une forme épouvantable et sombre
La rougeur de la tache apparaissait dans l'ombre.
Un astre, le premier qu'on aperçoit le soir,
Pendant que je songeais, montait dans le ciel noir.
Sa lumière rendait l'échafaud plus difforme.
L'astre se répétait dans le triangle énorme ;
II y jetait ainsi qu'en un lac son reflet,
Lueur mystérieuse et sacrée; il semblait
Que sur la hache horrible ; aux meurtres coutumière,
L'astre laissait tomber sa larme de lumière.
Son rayon, comme un dard qui heurte et rebondit,
Frappait le fer d'un choc lumineux ; on eût dit
Qu'on voyait rejaillir l'étoile de la hache.
Comme un charbon tombant qui d'un feu se détache,
II se répercutait dans ce miroir d'effroi ;
Sur la justice humaine et sur l'humaine loi
De l'éternité calme auguste éclaboussure.
Est-ce au ciel que ce fer a fait une blessure.
Pensai-je ?
Sur qui donc frappe l'homme hagard ?
Quel est donc ton mystère, ô glaive?
Et mon regard
Errait, ne voyant plus rien qu'à travers un voile,
De la goutte de sang à la goutte d'étoile.
Shane entra timidement dans ce bar hyper branché de la haute société politique de la capitale. Il y avait bon nombre de délégués au pouvoir, des sénateurs et autres députés. Shane se faufila à travers la foule intense et l’aperçut enfin. Curieusement Carmen ne se trouvait pas en train de discuter avec ses confrères, mais derrière la table du DJ en train de diriger les platines d’une main de fer. Ce côté plus décontracte de la porte parole de la maison blanche serrait sans doute la flèche la plus meurtrière jamais décrochée par Cupidon en direction du cœur de Shane.
Shane s’approchant : Je pensais qu’une bière était de mise.
Carmen lui souriant : Pile poil celle que j’aime.
Shane : Tu es plutôt douée, à L.A. tu ferais fureur.
Carmen : C’est sûr qu’ici les gens sont plutôt coincés, mais plus la nuit avance, plus l’alcool les dégourdit, déchaîne, de manière plus que choquante parfois.
Shane riant : Alors heureusement que le peuple ne voit pas tout ce que font ses élus.
Carmen appelant quelqu’un pour la remplacer : Et si on prenait une table.
La complicité s’installa immédiatement entre les deux femmes et Shane devait se faire violence pour ne pas perdre l’objectif des yeux.
Vers minuit, lorsque l’envie et la passion se firent trop ressentir, Carmen invita Shane à se rendre chez elle. Tout le long que dura le trajet en taxi, Shane se demandait comment elle pourrait résister à Carmen et lui avouer qui elle était en réalité.
Carmen en passant la porte : Je te sers un verre, une bière ?
Shane toujours perdue dans ses pensées : Plutôt un gin, double et sec.
Carmen apporta les verres au salon où Shane s’était installée sur le divan. Elle trouva les lèvres de Shane dont le baiser l’avait électrocutée de part en part.
Shane hélant devant ce baiser de feu : Carmen… Carmen…
Carmen comprenant que s’était sérieux : Oups, ça a l’air grave là, et si tu m’expliquais tout cela calmement ?!
Shane embarrassée, mais directe : C’est moi qui ai permis à Bette Porter de s’évader !
Shane s’attendait à une violente réaction, une menace d’appeler les flics, mais rien ne vint.
Carmen surprise, mais point déstabilisée : J’imagine que tu avais une bonne raison de le faire, quelle est-elle ?
Au même instant sur les marches du Lincoln Mémorial.
Alice blottie contre Tasha : J’ai peur, c’est fou ça, j’ai provoqué un accident bidon, fais évader une condamnée à mort, violée la sépulture d’une fille de sénateur au milieu de la nuit, franchis le système de sécurité de la maison blanche, et c’est maintenant que j’ai le plus peur.
Tasha se voulant rassurante : Ne t’en fait pas, tout se passera bien je te le promets, en plus, j’ai fait ce genre de choses des dizaines de fois et en Irak je me suis sortie de situations bien plus désespérées.
Alice la regardant dans les yeux : Et si c’était la fois de trop, je ne supporterai pas de te perdre comme j’ai perdu Dana.
Tasha réalisant qu’il s’agissait là d’un déclaration d’amour : Je t’aime Alice.
Elles échangèrent un long baiser passionné, alors que la lune se reflétait à la pointe de l’obélisque dans le canal juste à leurs pieds.
Moi me perdant une fois de plus dans le regard de Bette : Quoi, qu’est-ce qu’il y a bébé ?
Bette caressant ma joue avec tendresse : Tu es tellement belle après l’amour que je pourrais t’admirer des heures durant.
Moi ravissant ses lèvres : Bette, quand tout ceci sera terminé, je veux faire ma vie avec toi.
Bette caressant mes seins : Pour toujours ?
Moi l’entraînant dans un nouvel échange de passion : Mieux que ça, pour l'éternité!
Shane au bout de trois heures de récit : Le temps presse Carmen, nous pensons que Karella et ses sbires agiront aujourd’hui, profitant que le président soit serré de près par la foule.
Carmen : Le problème c’est que le président se rendra directement au Lincoln Mémorial, d’où il prononcera son discours à onze heures, en rentrant de la conférence de paix au Proche-Orient.
Shane contrariée : Du coup ce sera encore le Jamais qui sera accusé de l’assassinat du président et notre pays sombrera dans une dizaine de nouvelles guerres, chouette comme perspective !
Carmen : Je vois que tu es de nature optimiste, mais dis-moi, ta Tasha Williams ne connaîtrait pas des gens de confiance pour assurer la protection du président en toute sécurité ?!
Shane haussant les épaules : J’en sais rien, peut-être !
Carmen : Et si on allait le lui demander ?
Shane : Ok, mais pas avant que j’aie fait ceci!
Elle embrassa Carmen comme elle n’avait jamais embrassé personne avant elle et celle-ci s’abandonna totalement à sa nouvelle amante.
Shane nous réveillant : Debout la dedans, on a du pain sur la planche !
Alice, Tasha, Bette et moi-même nous réveillâmes en sursaut, incapable de cacher notre nudité à temps dans le lit où je me trouvais, ni dans celui situé de l’autre côté de la pièce.
Shane sur sa lancée : Wow, mesdames, quel spectacle ! Je dois dire qu’en temps normal j’aurais apprécié, mais là il y a urgence.
Tasha devant la mine déconfite de Alice : Allez rigole chérie, ce n’est pas si grave, elles auraient bien fini par l’apprendre de toute manière.
Alice esquivant : Ca n’a rien à voir, j’étais juste en plein rêve torride avec Angelina Jolie. Puis d’abord, c’est quelle heure ?!
Carmen s’initiant : Quatre heure trente-deux à quelques secondes prêt.
A la vue de la porte parole de la maison blanche, Bette était devenue pâle comme un spectre. Je voulus la rassurer, mais Carmen me devança.
Carmen inclinant la tête avec respect : La nation a beaucoup à se faire pardonner mademoiselle Porter. C’est un honneur de vous avoir à mes côtés en pareilles circonstances.
Bette la voix tremblante : Vous, vous n’êtes pas venue pour m’arrêter ?!
Carmen souriant : Je crois qu’il y a plus important à faire pour un bon bout de temps. Shane m’a tout raconté et je la crois.
Shane : Tasha, es-tu une possibilité de faire évacuer le président en cas de problème lors de son speech sur les marches du Lincoln Mémorial ?
Tasha : Je pense que c’est faisable, mais il va me falloir de l’aide.
Carmen : Faites ce qu’il faut capitaine Williams. Vous avez carte blanche aux moyens illimités, mais faîtes vite, car le président arrivera sur le Mall dans six heures !
D’entendre prononcé son grade revitalisa Tasha d’un coup, et elle retrouva rapidement ses réflexes d’ancien militaire professionnel.
Tasha saluant au garde à vous : A vos ordres madame !
Notre chambre de motel se transforma rapidement en Quartier Général dirigé d’une main de fer par Tasha et pour l’heure don bras droit Carmen.
Tasha d’une autorité naturelle : Shane, occupe-toi de rendre Bette méconnaissable, car je ne peut me permettre de me passer de l’aide d’aucune d’entre vous.
Bette outrée : De toute façon, je comptais faire partie de l’équipe, non mais pour qui me prenez-vous, ce n’est pas parce que je n’ai pas voté pour ce président que je vais laisser la nation sombrer dans le chaos !
Tasha sur sa lancée : Carmen a loué deux Lincoln noires, Alice en conduira une et toi Tina l’autre. Il faudra aussi te rendre à 8H30 à l’Union Station pour accueillir deux des meilleurs éléments qui n’ont jamais servi sous mes ordres, ainsi que le colonel Davis.
Alice surprise : Je croyais que c’était elle qui était à l’origine de ton renvoi de l’armée ?!
Tasha : Peut-être, mais c’est aussi un membre de l’État Major le plus intègre qui soit et un excellent militaire de surcroix.
Moi obéissant : Va pour la gare !
En plus de cela, chacune d’entre nous hérita d’une longue liste d’achats qu’il fallait nous procurer au plus vite, comprenant entre autres des armes, des outils de communications sophistiqués, des gilets par balle, etc.
J’avais confectionné une pancarte semblable à celles des agences touristiques sur laquelle j’avais écris : Pour le capitaine Williams. Rapidement trois personnes s’approchèrent de moi. Les voyant vêtus en simple civils, rien ne permettait de les discerner de la foule, comment penser qu’il s’agissait là d’un colonel, d’un lieutenant et d’un sergent de l’armée américaine ayant tous servis dans les services secrets.
Moi : Colonel Davis, Lieutenant George et Sergent McKenzie, merci d’avoir répondu aussi rapidement à l’appel du capitaine Williams.
L’un des hommes : Je suis McKenzie et lui c’est George.
Moi : Désolée, je pensais…
Lieutenant George : Que le plus jeune devait forcément être le sergent, ne vous en faites pas, ça m’arrive toujours.
Colonel Davis à bord de la voiture : Pouvez-vous nous dire de quoi il s’agit mademoiselle Kennard ?
Moi : Appelez-moi Tina. Je pourrais colonel, mais je pense qu’il serait préférable que Tasha vous explique cela elle-même.
Sergent McKenzie : Dans quel guêpier Williams s’est-elle encore fourrée ?
Lieutenant George : À coup sûr du genre mission suicide comme en Irak !
Moi intriguée : Que s’est-il passé là-bas ?
Colonel Davis devant le silence soudain des deux hommes : Ces deux têtes brûlées ont désobéi aux ordres pour terminer d’évacuer la population d’un village sous le feu de l’ennemi, sur quoi leur hélicoptère a été touché par une roquette. Le capitaine Williams leur a sauvé la peau en fonçant dans les rangs adverses à bord de sa jeep, évitant ainsi qu’ils soient capturés par l’armée irakienne.
Je sentis qu’il y avait beaucoup de respect pour Tasha dans la voix du colonel et que d’avoir du renvoyer quelqu’un de son calibre l’avait beaucoup marquée.