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Série : Criminal Minds
Création : 15.05.2011 à 01h56
Auteur : Ptitsirene
Statut : Terminée
« Voici la suite de "De la haine à l'amour". J'espère que ça vous plaira et n'hésitez pas à laisser des commentaires ;) » Ptitsirene
Cette fanfic compte déjà 20 paragraphes
« La vérité d'un homme, c'est d'abord ce qu'il cache. » Albert Camus
Les ambulanciers la transportèrent à l’hôpital le plus proche, Hotch les suivit en voiture. En chemin, il appela ses co-équipiers pour les prévenir et laissa un message à ceux qu’il ne put joindre. Il attendit ensuite en salle d’attente qu’un médecin lui donne des nouvelles de la jeune femme. Il avait peur et se sentir impuissant à l’aider le rendait fou. Cette incertitude le rendait fou. Au moment où il pensait que ça ne pourrait pas être pire, il se rendit compte qu’il avait son sang sur les mains. Il resta un long instant à fixer ses mains lorsqu’il entendit qu’on l’appelait : Mogan et Reid venaient d’arriver. Il leur dit ce qu’il savait (c’est-à-dire quasiment rien) et les laissa le temps d’aller aux toilettes. Une fois seul, il frotta ses mains jusqu’à ce que les dernières traces de sang disparaissent et se passa un peu d’eau froide sur le visage. Il rejoignit ensuite ses collègues. L’attente fut silencieuse. Enfin, un médecin vint leur donner des nouvelles.
Médecin : « Agent Hotchner ? »
Hotch : « Oui ! Comment va-t-elle ? »
Médecin : « Melle Lyell va s’en sortir, ça paraissait pire que ça ne l’était en réalité.»
Les 3 agents poussèrent un long soupir de soulagement. Ils commencèrent à se détendre un peu sauf Hotch qui se faisait toujours du souci.
Hotch : « Qu’est-ce qu’elle a exactement ? Est-ce qu’on peut la voir ? »
Médecin : « Tout ce que je peux vous dire c’est qu’elle a des multiples ecchymoses, et quelques blessures plus graves mais sa vie n’est pas en danger. Pour l’instant il vaudrait mieux que vous la laissiez se reposer, vous devriez pouvoir la voir demain dans l’après-midi. »
Hotch : « Est-ce qu’elle s’est réveillée ? A-t’ elle dit quelque chose ?»
Médecin : « Oui elle s’est réveillée mais elle était très agitée et assez incohérente donc nous lui avons administré des calmants afin qu’elle dorme un peu… Elle était épuisée, il semblerait qu’elle n’ait pas dormi depuis un certain temps. »
Hotch : « Nous étions sur une affaire donc nous n’avons pas beaucoup dormi ces derniers jours. »
Médecin : « Dans son cas je dirais plutôt que ça fait quelques mois qu’elle n’a pas fait une vraie nuit… Bien je vais vous laisser j’ai d’autres patients qui m’attendent. »
Hotch entraînant le médecin un peu plus loin : « Juste une dernière question Docteur : est-ce qu’elle a été violée ? Il faudrait que je sache pour l’enquête… »
Il se détestait de poser cette question mais il le fallait, il n’avait pas le choix.
Médecin : « Je suis vraiment désolé mais je ne peux rien vous dire sans mandat ou bien sans le consentement de Melle Lyell. »
Hotch : « Je comprends merci Docteur. »
De retour dans la salle d’attente, Hotch dit à Morgan et Reid de rentrer se reposer. Les deux agents refusèrent mais leur chef le leur ordonna en précisant qu’ils ne pourraient rien faire de plus cette nuit. Il quitta lui aussi l’hôpital mais ne prit pas la direction de son domicile : il retournait chez Lyell pour essayer de mieux comprendre ce qui s’était passé.
Il entra de nouveau dans l’appartement 4C et se trouva dans le couloir : à sa droite, il y avait la cuisine qui communiquait avec le salon. Il se dirigea vers celui-ci et remarqua au passage un verre posé sur le plan de travail de la cuisine. Arrivé dans le salon, la première chose qui le frappa fut l’absence quasi-totale de traces de lutte : mis-à-part quelques traces de sang et un fauteuil renversé, rien n’indiquait une quelconque bagarre. Il suivit les taches de sang qui formaient une piste qui le mena jusqu’à sa chambre. Il entra et les souvenirs affluèrent : il revit Lucy allongée et inconsciente, les pompiers arriver et l’emmener… Hotch sentit la colère monter en lui : quoiqu’il arrive, l’équipe allait retrouver celui ou celle qui avait fait ça. Le profiler en lui reprit le dessus et il se mit à étudier la pièce. Il y avait beaucoup plus de signes de lutte : de nombreuses traces de sang, les draps du lit étaient défaits, la chaise devant la coiffeuse était renversée et les produits de beauté qui se trouvaient dessus étaient éparpillés, sur le sol pour certains. Il nota un détail qu’il n’avait pas vu quelques heures auparavant : l’arme de service de Lucy était posée sur le meuble à tiroir juste à côté de la porte. Durant toute son inspection, Hotch avait pris des photos afin de pouvoir les étudier de retour au bureau.
Lorsqu’il eut fini, il appela la police et attendit leur arrivée. Il expliqua alors à l’inspecteur de service ce qui s’était passé ainsi que son identité et celle de Lucy. Il réussit à le convaincre de faire appel à leurs services pour cette enquête étant donné qu’elle concernait l’une des leurs. Il était 5 heures du matin lorsqu’il rentra enfin chez lui. Il dormi 2 petites heures avant de se lever pour aller retrouver ses collègues au bureau : à 8 heures, tout le monde était arrivé et ils se regroupèrent en salle de conférence pour commencer leurs investigations.
Hotch commença la réunion en leur demandant si tout le monde voulait aider, ce à quoi ils répondirent tous par l’affirmative. Il leur dit alors qu’il avait parlé à la police qui leur laissait le champ libre : en échange, la police arrêtera le suspect et se chargera de le poursuivre. Il continua en leur racontant ce qui s’était passé puis il leur montra les photos.
Hocth : « Ok alors on va se répartir le travail : Morgan et Rossi, étudiez les photos et allez chez Lyell si besoin. Reid, avec Seaver étudiez les rapports du labo au fur et à mesure qu’ils arriveront. Garcia, tu te souviens des recherches que je t’avais interdites de faire ? Fais-les ! »
Rossi : « Et toi Hotch ? »
Hotch : « Strauss veut me voir… Ensuite je fais le point avec vous et j’irai interroger Lyell à l’hôpital.»
Reid : « Vous croyez qu’elle sait pour hier ? »
Hotch : « Je vais très vite le savoir.»
Il laissa ses collègues travailler et se rendit dans le bureau de sa supérieure, le chef de section Strauss. C’était une femme sévère qui se sentait menacée par lui et qui tentait de lui mettre des bâtons dans les roues à chaque occasion. Il se demandait ce qu’elle allait encore pouvoir lui faire…
Hotch en frappant à la porte du bureau « Vous vouliez me voir Madame ? »
Strauss : « Agent Hotchner, entrez et fermez la porte derrière vous. »
Elle attendit qu’il s’exécute puis repris la parole.
Strauss : « Asseyez-vous je vous prie. Je souhaitais vous parler de la manière dont s’est finie votre dernière affaire, notamment du fait que l’agent Lyell ait été agressée et que l’agent Rossi ait abattu le suspect. Et en arrivant ce matin, j’apprends que cette même agent Lyell a été attaquée hier soir à son domicile et que c’est vous, son supérieur, qui avez appelé une ambulance depuis chez elle au beau milieu de la nuit. Je suis sûre que vous avez de très bonnes explications à tout ça et j’ai hâte de les entendre agent Hotchner. »
Hotch s’attendait à ses questions et aussi (un peu) à ses insinuations mais il était fatigué et une longue journée l’attendait. Il fut donc direct avec sa supérieure.
Hotch : « Pour ce qui est de l’affaire, tout est dans le rapport que vous avez certainement lu. Je ne vois pas ce que je pourrais ajouter : tout a été fait dans les règles et dans la légalité. »
Strauss : « Il manque le rapport de l’agent Lyell qui est la principale concernée et qui s’est retrouvée seule avec le suspect un long moment. C’est d’ailleurs sûrement ce que vous faisiez hier soir chez elle à 1h du matin : vous l’aidiez à rédiger son rapport ! »
Hotch supportait très mal le ton ironique qu’avait pris Strauss pour lui balancer sa dernière phrase. Il était aussi dégoûté qu’elle ne lui ait toujours pas demandé de nouvelles de Lucy et il commençait à perdre patience…
Hotch s’énervant « Bien que cela ne vous regarde absolument pas, la raison pour laquelle j’étais chez Lyell est que je me faisais du souci pour elle étant donné qu’elle avait été agressée dans la soirée et qu’elle avait refusé d’aller à l’hôpital. Quant à son agression à son appartement, je n’en sais pas plus pour le moment. L’agent Lyell va relativement bien étant donné les circonstances, c’est gentil à vous de le demander, et la police locale nous a demandé notre assistance que nous allons bien entendu leur accorder. »
Strauss : menaçante « Faîtes attention agent Hotchner, ma patience a des limites ! Je ne vous permets pas de me parler de la sorte ni de sous-entendre que je me fiche du sort de votre collègue. Je veux que vous me teniez au courant de l’avancée de votre enquête et je veux voir l’agent Lyell dans mon bureau aussi vite que possible, suis-je bien claire ? »
Hotch : « Très claire Madame. D’autres questions ? »
Strauss : « Non vous pouvez disposer. »
Hotch sortit de cet entretien furieux contre sa chef. Décidément, elle ne manquait pas de toupet : après tout ce qu’il avait donné pour ce travail… Enfin, il avait d’autres choses plus urgentes à faire : il lui fallait obtenir un mandat du juge pour le dossier médical de Lucy avant d’aller interroger cette dernière. Il ne voulait pas s’en servir mais si jamais Lucy refusait de les laisser le consulter, il faudrait qu’il l’utilise… Connaissant l’agent Lyell, elle allait adorer ça! De toute façon ils n’en étaient pas encore là. Il appela le juge et obtint ce qu’il demandait.
Il rejoignit alors les autres membres de l’équipe. En voyant son air renfrogné, ils se doutèrent que le rendez-vous de Hotch n’avait pas été ce qu’on appelle une partie de plaisir aussi ils ne posèrent pas de questions.Il commença à interroger ses collègues pour avoir leurs avis. Du côté de Reid et Seaver, rien de vraiment nouveau, les analyses étaient en cours. Tout ce qu’ils avaient appris c’est que la plupart du sang retrouvé dans l’apartement était du groupe sanguin de Lucy, mais il y avait aussi quelques traces dans la chambre qui étaient d’un autre groupe. Ils savaient donc que Lucy avait dû, d’une façon ou d’une autre, faire saigner son agresseur. Garcia était restée étrangement silencieuse jusqu’ici.
Hotch : « Garcia, où en sont tes recherches ? »
Garcia : « Pas très loin monsieur, j’en ai bien peur… »
Hotch : « Comment ça ? »
Garcia : « Et bien je n’ai rien trouvé en France et à son arrivée aux Etats-Unis, elle a étudié la biologie et la psychologie ainsi que la criminologie en parallèle. A la fin de ses études, elle entre à la NSA et là j’ai rien… Enfin si, j’ai une adresse précédente à Washington. »
Hotch : « La NSA a tout verrouillé c’est ça ? »
Garcia : « Il semblerait monsieur, on n’a aucune trace de ses activités durant ces 5 dernières années… Ah il semblerait que j’ai parlé trop vite ! J’ai réussi à trouver le nom de son supérieur lorsqu’elle est partie : il s’agit de James Conway. Il a 35 ans et dirige une unité de la NSA. »
Hotch : « Très bien merci Garcia. Continue de fouiller ! »
Il nota ce nom et pensa qu’il irait lui poser quelques questions plus tard. Il demanda ensuite leurs conclusions à Rossi et Morgan. Il avait déjà la sienne mais il voulait comparer avec celle de ses collègues.
Morgan : « Alors l’impression générale que donnent les photos, c’est que la décoration et le mobilier sont extrêmement réduits. La seule photo qu’on voit est une photo de sa famille avant que ses parents ne divorcent. Elle vient probablement d’emménager et ne semble pas très proche de ses parents. »
Rossi : « Il n’y a pas de marques d’effraction. Donc soit il a les clés, soit elle l’a laissé entrer. Je pense qu’elle connaissait la personne qui a fait ça étant donné qu’il n’y a aucun signe de lutte dans l’entrée. Ils ont ensuite dû se diriger vers le salon. »
Morgan : « Là, elle a toujours confiance et ne se débat pas. Jusqu’au moment où quelque chose tourne mal. Les traces de sang du salon appartiennent à Lucy donc il l’agresse et l’assomme probablement avant de la transporter dans la chambre. »
Rossi : «Lyell s’est certainement réveillée et ils se sont battus. On retrouve donc des taches d’un sang qui n’est pas le sien. Pourquoi n’a-t-elle pas attrapé son arme ? Le fait qu’elle soit posée là à sa vue peux être une torture psychologique : elle peut la voir mais pas l’atteindre. »
Morgan : « Je n’ai remarqué personne quand je l’ai déposée mais elle semblait avoir encore très mal à la tête, ses mouvements étaient lents et mal coordonnés. C’est peut-être pour ça qu’elle ne s’est pas plus défendue. »
Hotch : « Vous venez de confirmer ce que je pensais déjà. Donc elle connaît son agresseur et lui fait assez confiance pour le laisser entrer… On a vraiment besoin de fouiller son passé ! »
Hotch réunit alors l’ensemble de l’équipe et les remercia pour leur aide. Il savait qu’ils étaient tous fatigués alors bien qu’il ne soit que 14 heures, il leur dit de rentrer chez eux. En ce qui le concernait, le plus dur restait à faire : il allait devoir interroger Lucy…
De son côté, Lucy reprit conscience à l’hôpital. Elle se rappelait de la nuit dernière, son agression, une voix qui ressemblait à celle de Hotch qui lui parlait, son premier réveil à l’hôpital… Mais ça lui paraissait si confus, comme dans un rêve. Elle entendit une voix familière à côté d’elle et ouvrit les yeux. Lorsqu’elle vit l’homme à côté d’elle, elle comprit que ce cauchemar n’en était malheureusement pas un.
Lucy en colère « Qu’est-ce que tu fais ici ? Comment oses-tu ? »
Homme avec un sourire moqueur « Je suis la personne à prévenir en cas d’urgence, tu te souviens ? J’espère que tu apprécies autant que moi l’ironie de la situation. »
Il rit alors franchement ce qui dégoûta Lucy encore plus.
Lucy : « Va-t’en immédiatement sinon… »
Homme : « Sinon quoi ? Tu vas appeler la police ? Oh non attends encore mieux : appelle un de tes nouveaux copains du FBI ! » dit-il en lui coupant la parole.
Il était en colère et Lucy voulait éviter de l’énerver encore plus alors elle ne répondit rien. Il reprit alors la parole.
Homme : « Maintenant que nous sommes sur la même longueur d’onde, tu vas gentiment signer un formulaire de décharge et venir avec moi. »
Lucy ahurie « Tu plaisantes j’espère ? C’est hors de question ! Tu n’as plus d’emprise sur moi, c‘est fini et après ce qui s’est passé hier, n’y compte même pas. »
Homme : « C’est là que tu as tort mon ange… On va reprendre là où on en était avant que tu ne me trahisses en m’abandonnant ! »
Elle essaya d’appeler une infirmière mais il était plus rapide et il lui attrapa le poignet qui n’était pas blessé.
Lucy : « Arrête lâche moi tu me fais mal ! »
Homme : « N’y pense même pas tu es à moi… »
Il allait continuer sa phrase lorsqu’ils entendirent frapper à la porte. Il lâcha immédiatement la jeune femme qui invita la personne de l’autre côté de la porte à entrer. C’est alors qu’ils virent Hotch entrer.
Hotch : « Vous êtes réveillée ! »dit-il avec un air soulagé qui s’effaça immédiatement pour laisser place à l’étonnement et à la gêne. « Oh excusez-moi j’ignorais que vous n’étiez pas seule…Je peux repasser si vous voulez. »
Lucy : « Au contraire Hotch restez, il allait justement s’en aller. »
L’homme fit un grand sourire et se pencha pour l’embrasser sur la joue.
Homme : « C’est vrai j’ai un million de choses à faire ! Fais bien attention à toi ! A bientôt. »
Lucy fut la seule à percevoir la menace dans sa voix douce et son sourire. Elle eut froid dans le dos et se dit que ça ne finirait jamais.
L’homme salua Hotch et quitta la chambre. Lucy fit son possible pour ne pas avoir l’air trop soulagé du départ de son visiteur.
Hotch curieux « Qui était-ce ? »
Lucy : « Personne d’important. Il semblerait que je doive doublement vous remercier Monsieur. »
La jeune femme éludait la question et changeait volontairement de sujet. Hotch le savait et il se demandait pourquoi. Il choisit de ne pas la brusquer et accepta ce changement de conversation.
Hotch : « Et pourquoi ça agent Lyell ? »
Lucy : « Pour avoir dit à Morgan de me ramener chez moi hier soir et pour m’avoir amenée ici ensuite. Alors je vous remercie vraiment Hotch. D’ailleurs vous pouvez m’appeler Lucy, c’est comme ça que tout le monde m’a toujours appelée. Je déteste qu’on m’appelle par mon nom de famille. »
Elle lui sourit et il pouvait lire beaucoup de gratitude dans son regard. Ils restèrent un petit moment à se regarder dans les yeux, chacun essayant de deviner les pensées de l’autre. Hotch brisa le silence en premier.
Hotch : « Comment vous sentez-vous ? »
Il s’inquiétait sincèrement pour elle. Après ce qu’elle avait subi avec Teller et puis l’agression dans son propre appartement… Lucy semblait si fragile sur ce lit d’hôpital : son poignet gauche était plâtré, elle avait aussi un hématome au niveau de la pommette et la lèvre fendue. Tout cela s’ajoutait aux marques laissées sur son cou par Teller. Elle avait l’air de tenir le choc psychologiquement, ce qui laissait Hotch perplexe. N’importe qui aurait craqué mais elle semblait à peine touchée.
Lucy : « Relativement bien. Je n’irais pas courir un marathon mais ça va. »
Sa réponse le tira tout à coup de ses pensées.
Hotch : « Je sais que c’est difficile mais nous enquêtons sur votre agression alors pourriez-vous me parler d’hier soir ? Que s’est-il passé ? »
Lucy paniquée « Qui ça nous ? »
Hotch surpris « L’équipe bien sûr. Vous ne croyiez tout de même pas qu’on allait rester en dehors de cette enquête ?!? »
Lucy déterminée « Oh mais si et c’est justement ce que vous allez faire : rester en dehors de ça ! »
Hotch : « C’est hors de question et il va falloir vous y faire : on va retrouver le malade qui vous a fait ça. Aidez-nous s’il-vous plaît. »
Lucy : « Je suis vraiment désolée Hotch mais je ne vous parlerai pas. Il s’en prendra à chacun d’entre vous, il commencera par détruire vos carrières, il n’hésitera pas ! Ecoutez-moi et laissez tomber ! »
Son ton s’était fait suppliant et Hotch su quelle était cette impression bizarre qu’il avait eu en la voyant.
Hotch : « Alors c’est ça, vous avez peur… On est capables de se défendre ne vous en faîtes pas pour ça et vous ne serez pas tranquille tant qu’on n’aura pas arrêté le coupable. J’ai besoin de votre autorisation pour consulter le rapport du médecin sur l’agression. »
Lucy : « Non. Vous voulez l’arrêter, parfait, mais ce sera sans moi. Je ne témoignerai pas. »dit-elle les larmes aux yeux.
Hotch résigné « Très bien, dans ce cas vous n’allez pas aimer ça... J’ai un mandat pour accéder à votre dossier médical, Lucy. Je ne voulais pas m’en servir mais vous ne me laissez pas le choix… Des choses à me dire avant que je ne le consulte ? »
Lucy fondit en larmes et Hotch se détesta de lui faire ça. Il essaya de la raisonner mais elle continuait de pleurer. Elle réussit à se calmer un peu et à parler.
Lucy : « Et qui aura accès à mon dossier ? »
Hotch : « Seulement les membres de l’équipe. »
Lucy se sentait humiliée, elle avait honte et aurait juste souhaité disparaître.
Lucy : « Non Hotch je vous en supplie, personne ne doit voir ça. Promettez-moi que vous ne le montrerez à personne ! »
Hotch : « Tout ce que je peux vous promettre c’est que je le montrerai seulement à Rossi et uniquement si besoin est. »
Elle espérait de toutes ses forces que ce n’était qu’un affreux cauchemar et qu’elle allait se réveiller… Malheureusement, tout ceci était vrai.
Lucy : « Je suis fatiguée je voudrais me reposer maintenant. »
Elle se tourna vers la fenêtre et Hotch comprit qu’elle voulait qu’il parte.
Hotch : « Très bien je vous laisse. Appelez-moi en cas de besoin. »
Il sortit et au moment où il fermait la porte, il entendit la jeune femme sangloter.
Hotch était épuisé mais il obtint quand même le dossier médical de Lucy avant de rentrer chez lui. Il était environ 17 heures lorsqu’il rentra à son appartement. Il avait pris une copie du dossier qu’ils avaient sur l’agression de leur jeune collègue afin de l’étudier dans la soirée. Il devait bien l’avouer, ils n’avaient pas grand-chose et Lucy refusait de les aider…Il fallait absolument qu’elle change d’avis, son témoignage était essentiel !
En attendant de trouver comment l’amener à parler, il décida de commencer par étudier le rapport médical sur l’agression de la veille. Le médecin avait photographié les nombreux hématomes et ecchymoses disséminés sur tout le corps de la jeune femme. Il était aussi noté que son poignet gauche était cassé et qu’elle avait une légère entorse à la cheville droite. Enfin, Hotch ne fut pas surpris en voyant les photos des marques de strangulation mais il pouvait éliminer cet élément étant donné qu’il savait déjà qui en était responsable. Il fut finalement soulagé de lire qu’il n’y avait aucune trace pouvant laisser penser que la jeune femme ait été violée. Au moins il lui avait épargné ça… Il débutait son étude du dossier médical de la jeune femme lorsqu’il s’aperçut que Lucy était allée à l’hôpital une dizaine de fois ces 3 dernières années. Il entrevoyait ce qui était réellement en train de se passer et il n’aimait pas ça du tout.
Il allait regarder de plus près chacune des hospitalisations de Lyell lorsque son téléphone portable sonna. Il répondit distraitement : « Hotchner… Pardon ? C’est pas vrai ! J’arrive je serai là dans une demi-heure en attendant retenez là ! ». Il attrapa ses clés de voiture ainsi que sa veste et partit de chez lui précipitamment. Lorsqu’il arriva à l’hôpital, il trouva Lyell en pleine dispute avec son médecin. Elle le vit et passa instantanément de l’agacement à la colère froide.
Lucy avec un regard noir « Qu’est-ce que vous faîtes ici ? »
Hotch : « Votre médecin m’a appelé quand vous avez voulu partir. »
Lucy : « J’en ai assez maintenant que tout le monde me traite comme une gamine ! Je suis adulte et capable de prendre mes propres décisions, alors cessez tous autant que vous êtes d’essayer de contrôler ma vie !!! J’ai décidé de quitter cet hôpital ce soir et vous ne m’en empêcherez pas, est-ce que je suis assez claire ?!? »
Les deux hommes ne savaient pas comment réagir face à Lucy qui venait de leur hurler dessus et qui tremblait maintenant de rage.
Hotch : « Lucy arrêtez de hurler, aucun de nous n’est sourd »dit-il avec autorité. La jeune femme sembla se calmer un peu et il s’adressa alors au médecin : « Y a-t’ il une raison particulière qui nécessite qu’elle reste hospitalisée ? »
Médecin : « Nous craignons toujours une hémorragie interne suite aux nombreux coups qu’elle a reçus. Nous voudrions la garder en observation encore 24 heures. »
Lucy : fatiguée et énervée « Mais je vais bien alors laissez-moi rentrer chez moi ! »
Hotch voyait bien qu’il n’arriverait pas à raisonner sa collègue qui était déterminée, pour ne pas dire complètement bornée. Il eut alors l’idée d’un compromis.
Hotch au médecin : « Et si elle venait chez moi et que je la surveillais, elle ne serait pas seule et je vous la ramènerais en cas de problème. »
Médecin : résigné « Je suppose que c’est mieux que rien… »
Lucy était abasourdie par ce qu’elle venait d’entendre… Il ne pouvait pas être sérieux ! Pourtant son visage ne trahissait aucune forme de plaisanterie. Lucy signa une décharge et elle quitta l’hôpital avec son supérieur qui l’escorta jusqu’à sa voiture. Avant de sortir du bâtiment, Hotch mit sa veste sur les épaules de Lucy étant donné que celle-ci n’était vêtue que d’un pyjama de l’hôpital. Les infirmières lui avaient immobilisée la cheville aussi elle était capable de marcher. Lorsqu’ils furent tous les deux installés, elle voulut en avoir le cœur net.
Lucy : « Hotch ? Vous me ramenez chez moi, n’est-ce pas ? »
Hotch : « Sûrement pas ! Vous avez entendu le médecin, je dois vous surveiller et de toute façon votre appartement n’est pas un endroit sûr. Etant donné ce que j’ai découvert et votre refus de parler, il est possible que ce qui est arrivé hier se reproduise alors vous venez chez moi. »
Lucy : « Je suis capable de me défendre et pour la dernière fois ce soir je vais bien ! »
Hotch : dubitatif « Avec un poignet cassé et une cheville foulée ? Par pitié pour une fois écoutez ce qu’on vous dit et arrêtez de vous rebeller contre tous ceux qui veulent vous aider… »
Hotch était las de devoir lutter avec elle. Si seulement leurs relations pouvaient être plus simples… Il ignorait pourquoi elle se comportait comme ça avec lui alors qu’avec le reste de l’équipe tout allait pour le mieux. Probablement un problème avec l’autorité mais il allait falloir que ça cesse.
Lucy : résignée « Très bien je viens chez vous mais est-ce qu’on pourrait au moins passer à mon appartement pour que je récupère quelques affaires s’il-vous-plaît ? »
Hotch accepta et ils prirent donc la direction du domicile de Lyell. Lucy entra la première et Hotch, resté un peu en arrière, observait ses gestes et ses réactions. La jeune femme s’immobilisa au moment où elle pénétrait dans sa chambre. Les souvenirs affluèrent dans sa mémoire, il lui hurlait dessus et puis avant qu’elle ait compris ce qui se passait, il lui avait sauté dessus elle s’était réveillée sur son lit et... La main de Hotch se posant sur son épaule la ramena à la réalité.
Hotch : « Tout va bien Lucy ? »
Lucy : « Oui.»
Elle avait murmuré sa réponse et semblait bloquée à l’entrée de la pièce. Puis elle se remit en mouvement en ouvrant son placard. Elle en sortit un petit sac de voyage qu’elle commença à remplir. Son supérieur la regardait faire lorsqu’il la vit se figer une fois encore. Au moment où il allait lui demander ce qu’elle avait, elle se dirigea vers la salle de bains à toute vitesse. Elle revint au bout de quelques minutes avec l’air contrarié et une petite trousse de toilette à la main.
Lucy : « Hotch, qu’avez-vous pris chez moi pour votre enquête ? »
Hotch : « Je n’ai pas la liste en tête mais pas grand-chose, les draps du lit, un verre dans la cuisine et quelques coussins. Pourquoi, il manque quelque chose? »
La jeune femme ne répondit rien et faisait son sac aussi vite que son poignet plâtré le lui permettait. Soudain, Hotch en eut assez de ce silence et décida de confronter Lucy.
Hotch : « Lucy, répondez-moi s’il-vous plaît ! Qu’est-ce qui a disparu ? »
Lucy : « Mon parfum, mon lait hydratant pour le corps, le vieux t-shirt de mon université dont je me sers de pyjama et que j’ai porté cette semaine et quelques-uns de mes sous-vêtements… Oh et aussi un collier qui appartenait à ma grandmère et auquel je tenais beaucoup. »
Elle était tellement fatiguée, elle se sentait de plus en plus faible et la pièce commença à tourner autour d’elle. Hotch vit la jeune femme pâlir et ses appuis se faire moins sûrs. Il la prit par le bras et la fit asseoir sur le lit.
Hotch : « Vous n’avez pas l’air bien je vais vous ramener à l’hôpital ce sera plus prudent. »
Lucy : « Non je vous assure que ce n’est pas la peine je vais bien, j’ai juste eu un coup de chaud. »
Elle lui offrit un vague sourire mais c’était le mieux qu’elle pouvait faire à cet instant. Lucy avait repris des couleurs alors Hotch acquiesça. Ils partirent en direction de l’appartement de celui-ci. Arrivés sur place, Hotch lui fit faire un tour rapide de l’appartement avant de préparer le dîner : il n’avait pas encore mangé et il commençait à avoir faim. Il hésita longtemps sur ce qu’il allait faire puis se décida et prépara un plat de spaghetti à la carbonara. Il espérait que Lucy aimait ça. Elle était allée prendre une douche pendant qu’il s’occupait du repas. D’ailleurs malgré les désagréments dus à son poignet fracturé, elle s’en était plutôt bien tirée. Lorsqu’elle quitta la salle de bain, Hotch finissait de mettre la table. Elle portait un t-shirt et un pantalon de jogging qu’elle avait été obligée d’emprunter à son patron car dans la précipitation, elle avait oublié de prendre une tenue pour la nuit. Elle voulut l’aider mais il refusa et lui dit de s’installer.
Ils dinèrent en parlant de tout et de rien. Lorsqu’ils en arrivèrent à parler de leurs familles, Lucy était mal-à l’aise et Hotch aussi. Il lui parla de son frère Sean mais surtout de son fils Jack. Il en était très fier et il le décrivait comme un petit garçon adorable. Lucy quant à elle parla de son père américain avec qui elle entretenait de très bonnes relations mais qu’elle ne voyait plus depuis son entrée à la NSA et de sa mère qui vivait en France et dont elle n’était pas très proche non plus. Ils terminèrent de manger vers 21H30 et Lucy insista pour aider Hotch à débarrasser.
Il mit la vaisselle dans le lave-vaisselle et il prépara le canapé pour la nuit. Lyell voulait prendre le canapé car elle ne voulait « surtout pas le déranger ». C’était ridicule et Hotch refusa : elle sortait à peine de l’hôpital c’était à lui de prendre le canapé ! Il partit préparer la chambre et 15 minutes plus tard, il allait dire à Lucy que tout était prêt mais il la trouva endormie sur le canapé. Il sourit et se dit que même dans son sommeil, il fallait qu’elle ait le dernier mot. Il la prit doucement dans ses bras et la porta jusqu’au lit. Il la déposa avec précaution afin de ne pas la réveiller car il se rappelait les paroles du médecin à propos du sommeil de la jeune femme. Il retourna dans le salon après l’avoir bordée et décida de regarder de plus près le contenu de ce dossier médical qu’elle tenait absolument à leur cacher.
Jusqu’à il y a 5 ans, rien de notable si ce n’est une blessure due au sport pendant ses années de fac mais rien de vraiment intéressant. Puis elle entre à la NSA et elle est hospitalisée une première fois à la suite d’une mission qui a mal tournée. Les déclarations qu’elle a faites correspondent avec ses blessures et c’est tout ce qui apparaît les deux premières années. Ensuite, changement radical : elle accumule les blessures et hospitalisations en tout genre… Il y a deux chutes dans les escaliers, une chute de vélo, une blessure liée au bricolage, une rencontre malheureuse avec une porte qui lui vaut un bras cassé... En tout, elle avait terminée aux urgences 11 fois en l’espace de 5 ans. Il était écrit que 4 de ses visites pouvaient être attribuées à son travail à la NSA : ça laissait quand même un nombre important de blessures pour une seule personne.
Alors soit elle était devenue incroyablement maladroite tout à coup, soit elle était battue… Hotch en était malade. Il savait ce qu’était un homme violent pour l’avoir connu avec son père mais il avait toujours du mal à accepter qu’on puisse faire autant de mal à ceux qu’on aime. Il regarda en détail chaque hospitalisation avec notamment les photos qui accompagnaient certains rapports. Il finit par ne plus les regarder car elles le mettaient en colère. A un moment, il lut une feuille toute seule qui aurait pu passer inaperçue au milieu de tout le reste et il comprit pourquoi Lucy ne voulait pas que quelqu’un lise ce dossier. Il avait lu pas mal de choses dans cette affaire mais cette feuille était sans aucun doute la plus bouleversante. Il finit de lire tout ce que contenait ce dossier et lorsqu’il le referma, il était en mesure d’expliquer certaines choses concernant son comportement.
Il lui restait maintenant à répondre à 2 questions : qui et le rapport avec l’agression de la veille. Il jeta un œil à sa montre : 0h30. Il se coucha sur le canapé et s’endormit presque aussitôt, épuisé physiquement et émotionnellement par les derniers jours…
Il était aux environs de 3 heures du matin lorsqu’il fut réveillé par des cris. Il se passa quelques secondes avant qu’il ne réalise qu’ils provenaient de sa chambre. Il se dirigea rapidement vers celle-ci et ouvrit la porte : la pièce était plongée dans le noir. Il alluma la lumière et découvrit Lucy qui criait et se débattait dans son sommeil. Elle faisait un cauchemar qui semblait particulièrement atroce. Hotch se figea à l’entrée de la chambre et la jeune femme continua de hurler « Non, je t’en supplie ! Pas ça, arrête ! » tout en se débattant. Hotch se précipita vers le lit et la réveilla.
Hotch : « Lucy réveillez-vous, vous faîtes un cauchemar ! Lucy!»
Il l’appelait en la secouant doucement. La jeune femme se réveilla en sursaut et se débattit. Elle était désorientée et n’arrivait plus à respirer. Elle était en pleine crise de panique. Son supérieur essayait de l’apaiser en lui parlant calmement et en lui rappelant l’endroit où elle se trouvait.
Hocth : « Lucy tout va bien ! Regardez-moi ! Vous êtes en sécurité ici, personne ne vous fera le moindre mal. Calmez-vous s’il-vous-plaît… »
Il arriva à accrocher le regard de Lucy qui arrêta de se débattre.
Lucy : « Hotch ? »
Elle semblait surprise et avait parlé avec une voix sourde. Enfin, elle se calma et éclata en sanglots qu’elle ne pouvait contrôler. Hotch lisait sur son visage et dans ses yeux toute la souffrance, la peur et la peine accumulées ces dernières années. Ne résistant pas plus longtemps, il la prit dans ses bras et la serra contre lui. Il lui murmurait des paroles rassurantes de sa voix grave et lui caressait les cheveux. Ils restèrent enlacés de la sorte pendant de longues minutes, jusqu’à ce que la jeune femme cesse de pleurer. Lorsque ses sanglots prirent fin, Lucy lâcha Hotch et se rallongea dans le lit. Il se leva et allait prendre la direction du salon pour se recoucher quand il entendit Lucy l’appeler.
Lucy : « Hotch ? »
Il se retourna pour lui faire face et il vit ses yeux rougis par les larmes.
Hotch : « Oui ? »
Lucy : hésitante « Je… est-ce que… Non rien oubliez. »
Hotch : « Parlez-moi, qu’est-ce qu’il y a ? »
Lucy : « Est-ce que ce serait déplacé si je vous demandais de rester cette nuit ? »
Hotch ne comprenait pas vraiment où elle voulait en venir. Cette fois ce fut à son tour d’être hésitant.
Hotch : « Euh je suis dans la pièce juste à l’autre bout du couloir… »
Lucy : « Non je veux dire rester ici, avec moi… »
Elle avait pris une teinte rouge pivoine en disant ça. Hotch trouva ça mignon et comprit aussi qu’elle était terrifiée.
Hotch : « Oh vous voulez que je reste dans la chambre ? Ça ne me dérange pas mais vous êtes sûre que c’est ce que vous voulez ? »
Elle hocha la tête en signe d’assentiment. Il alla éteindre les lumières puis s’allongea à ses côtés. Lucy s’approcha timidement et posa sa tête au creux de l’épaule de Hotch. Au bout d’un long moment, il entendit la respiration de sa collègue se faire plus lente et plus profonde : elle s’était enfin rendormie. Il poussa un soupir de soulagement et s’endormit aussi en la tenant dans ses bras.