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Série : Criminal Minds
Création : 15.05.2011 à 01h56
Auteur : Ptitsirene
Statut : Terminée
« Voici la suite de "De la haine à l'amour". J'espère que ça vous plaira et n'hésitez pas à laisser des commentaires ;) » Ptitsirene
Cette fanfic compte déjà 20 paragraphes
Le lendemain matin, Hotch arriva au bureau les traits tirés. Il était vraiment fatigué et il voulait que tout ça se termine afin de moins s’inquiéter pour l’agent Lyell. Lucy… Lorsqu’il l’avait laissée ce matin, elle dormait encore paisiblement. Il repensait à la nuit dernière alors que ses pas l’amenaient automatiquement vers son bureau. Il était à peine rentré quand Morgan vint lui poser des questions à propos du témoignage de Lucy. Il lui répondit qu’elle n’avait pas voulu parler mais qu’il avait quand même avancé et qu’il leur expliquerait en salle de réunion. Avant, il devait passer voir Garcia. Il se rendit dans le bureau de son analyste.
Hotch : « Garcia, tu as avancé sur le passé de Lyell ? »
Garcia : « Pas vraiment monsieur mais je fais tout ce que je peux. »
Hotch : « D’accord alors j’ai obtenu un mandat pour son dossier médical. Je l’ai déjà lu mais j’aurais besoin que tu cherches tout ce qui aurait pu m’échapper. »
Garcia : « Comme quoi ? »
Hotch : « Tu constateras qu’elle a pas mal séjourné à l’hôpital ces dernières années alors vois si tu trouves qui l’a amenée, qui était présent au même moment, ce genre de choses. »
Garcia : « Pas de problèmes monsieur. Autre chose ? »
Hotch : « Oui concentre-toi sur sa vie personnelle présente et passée. Est-ce qu’elle voit quelqu’un, est-ce qu’elle voyait quelqu’un ces dernières années, fiançailles, mariage, aventure… J’ai besoin de tout savoir. »
Garcia : « Je n’aime pas faire ça, ça me gêne… C’est vraiment nécessaire ? Pourquoi ne pas le lui demander directement ? »
Hotch : « Garcia je déteste ça mais c’est pour elle qu’on le fait, pour la protéger… Elle refuse de nous parler et veut qu’on laisse tomber alors on n’a pas le choix : on l’aidera qu’elle le veuille ou non. »
Garcia sentait que son patron était aussi malheureux qu’elle de faire ça et puis elle le connaissait : jamais il ne se permettrait ce genre d’intrusion dans la vie privée de l’un de ses agents si cela n’était pas absolument nécessaire.
Hotch : « Oh et j’allais oublier, une dernière chose : tu ne dois parler de ce que tu vas voir dans ce dossier avec personne et ne le montrer à personne. Et cela comprend aussi les membres de l’équipe : seuls toi et moi allons le voir, c’est bien compris ? »
Garcia : « Oui monsieur c’est très clair. »
Elle commençait sérieusement à se demander ce qu’avait bien pu lire son patron pour ne pas vouloir que le reste de l’équipe puisse le consulter. Elle se mit au travail et obtint rapidement sa réponse. Elle avait beaucoup de peine pour Lucy et se disait après avoir lu l’intégralité du dossier qu’elle avait beaucoup souffert. Elle commença ensuite à creuser autour du rapport et dans la vie personnelle de Lucy…
Hotch rejoignit l’équipe en salle de conférence et commença la réunion.
Hotch : « Je vais commencer si vous permettez. L’agent Lyell a refusé de me parler, et en fait de nous parler à tous : elle dit que si nous voulons arrêter son agresseur, on va devoir se débrouiller sans elle. Mais, j’ai quand même réussi à avoir accès à son dossier médical. L’agent Lyell m’a expressément demandé de ne pas vous le montrer donc je vais vous dire ce que j’ai trouvé dedans. Elle a été admise à l’hôpital 11 fois en 5ans, dont 10 ces 3 dernières années pour des motifs improbables ou bien des chutes à répétition. »
Il leur lança un regard lourd de sens.
Rossi : désolé « Elle était battue… »
Hotch : « Oui et je pense que c’est également ce qui s’est passé récemment. Reid, Seaver, vous avez du nouveau ? »
Reid : « Le sang appartient à Lucy et à un homme non identifié. »
Seaver : « L’ADN prélevé sur le verre est le même que celui du sang. »
Morgan : dégoûté « Alors il la frappe et puis bois un coup parce que ça lui a donné soif ?!? »
Rossi : « Ou bien elle lui offre à boire quand il arrive. »
Seaver : « Hotch, on a besoin du témoignage de Lyell, on n’avance pas ! »
Hotch : « Je sais… Je m’en occupe. »
Morgan : « Si vous voulez on va lui parler à l’hôpital, on sait jamais peut-être a-t ’elle changé d’avis… »
Hotch : « C’est inutile Morgan. »
Rossi : « Ce n’est pas une si mauvaise idée, Seaver pourrait l’accompagner… »
Hotch avait l’air embarrassé et cherchait un moyen de noyer le poisson. Les autres profilers le voyaient très bien et ils ne comprenaient pas. Finalement, il leur dit la vérité.
Hotch : « En réalité, elle n’est plus à l’hôpital. Elle en est partie hier soir contre l’avis des médecins. »
Reid : « Et vous savez où est-ce qu’elle est ? »
Hotch gêné « En fait oui… Elle est chez moi. »
Cette annonce fit l’effet d’une bombe auprès de ses collègues. Ils le regardèrent avec une certaine surprise mêlée de curiosité.
Hotch : « C’est plus sûr pour elle et les médecins voulaient que quelqu’un la surveille… »
Il ne savait pas pourquoi il ressentait le besoin de se justifier comme ça… Peut-être à cause de la nuit dernière… Un sourire furtif apparu sur son visage lorsqu’il y repensa.
Morgan : « Hotch, vous devriez faire attention… »
Hotch : « Stop Morgan ! Je t’arrête tout de suite je sais ce que je fais et ce n’est pas matière à discussion ! »
Hotch avait interrompu Morgan avec autorité. La discussion était visiblement close. Le portable du chef d’équipe sonna.
Hotch : « Vas-y Garcia, tu es sur haut-parleur. »
Garcia : « Je n’ai rien trouvé à propos de ce que vous m’avez demandé sur le dossier médical de Lyell. En revanche, il semblerait bien qu’elle voyait quelqu’un ces dernières années. »
Seaver : « Comment tu peux le savoir ? »
Garcia : « Alors ses relevés de téléphone montrent des appels fréquents vers un portable prépayé et elle s’est mise à tout acheter par deux. Oh et elle prenait aussi la pilule jusqu’à il y a 2 ans. »
Rossi : « Rappelle-moi de ne jamais rien te cacher Garcia.»
Garcia : amusée « De toute façon vous ne pourriez pas.»
Morgan : « Ecoute Princesse, il nous faut un nom. »
Garcia : « C’est justement là que ça cloche mon chou. J’ai rien et pourtant j’ai tout essayé ! Il n’est nulle part fait mention d’un nom. »
Hotch : « Tu en es sûre ? »
Garcia : « J’ai tout revérifié 2 fois. »
Reid : « Je suppose que travailler à la NSA doit rendre méfiant et qu’elle a voulu cacher sa vie privée à ses collègues… »
Hotch interrompant Reid « Ou bien à ses supérieurs ! Garcia, tu as réussi à en savoir plus sur son boulot ? »
Garcia : « Non monsieur, ils ne sont pas très coopératifs. »
Hotch : « D’accord, je pense qu’il est temps d’aller interroger son supérieur. David, tu viens avec moi ? »
Hotch raccrocha son téléphone.
Morgan : « Vous pensez qu’elle avait une relation avec un de ses collègues ? »
Hotch : « Ça expliquerait toutes ces cachotteries et surtout le niveau qu’elles ont atteint : ils n’ont fait aucune erreur. »
Seaver : « Deux personnes travaillent à la NSA sauraient définitivement comment s’y prendre. »
Hotch et Rossi partirent interroger l’ancien supérieur de Lyell pendant que les autres continuaient de regarder la vie de Lucy au microscope.
Pendant ce temps, Lucy se réveilla seule dans le lit de Hotch. Elle se demandait si tout ceci était vraiment arrivé ou bien si elle avait rêvé. La réponse à sa question était que l’autre côté du lit était défait et qu’elle pouvait sentir l’odeur de Hotch sur elle. Elle sourit en repensant à cette nuit, qui était la meilleure qu’elle avait passée depuis bien longtemps. Enfin surtout la deuxième partie… Elle s’était sentie tellement en sécurité et protégée dans ses bras…Elle lui faisait confiance ce qui était devenu une chose rare ces dernières années. Puis la réalité la rattrapa brusquement : elle avait passé la nuit avec son patron ! D’accord ils n’avaient fait que dormir ensemble, enlacés… Oh mon dieu, mais qu’est-ce qui lui avait pris hier ?!? C’était son supérieur à la fin, mais à quoi elle pensait ! Les relations entre agents sont interdites, elle était pourtant bien placée pour le savoir !!! Bon ça ne servait à rien de paniquer maintenant, il fallait qu’elle attende qu’il rentre pour en parler avec lui. Elle se prenait sûrement la tête pour rien, après tout ce n’était pas si grave…
Elle décida de de lever et de s’occuper. Elle trouva un petit mot laissé par Hotch épinglé sur le frigo.
« Lucy, je suis parti au bureau. J’essaierai de ne pas rentrer tard : il faut qu’on parle. »
Cette dernière phrase la perturbait parce qu’ assez évasive : il y principalement 2 choses dont il aurait pu vouloir parler, et aucune des deux ne plaisait à Lucy… Bon puisqu’elle était de repos forcé, il allait falloir s’occuper… Elle décida de prendre un livre pour faire passer le temps.
Hotch et Rossi trouvèrent l’homme qu’ils voulaient interroger dans son bureau. Ils se présentèrent et Hotch eut un instant d’hésitation.
Hotch : « Agent Conway, c’est ça ? »
Conway : « Tout à fait et vous êtes ? »
Hotch : « Agents Hotchner et Rossi du FBI. Nous aurions quelques questions à vous poser au sujet d’une de vos anciennes collaboratrices. »
Conway : « L’agent Lyell je suppose étant donné que nous nous sommes croisés à l’hôpital agent Hotchner. »
Hotch : « En effet. Sur quoi travaillait Lyell dans votre équipe ? »
Conway : « Tout ce que je peux vous dire c’est qu’on enquêtait sur certains réseaux terroristes. »
James Conway était grand, blond et il avait l’air d’être assez sportif et de prendre pas mal soin de lui.
Rossi : « Avait-elle des ennemis ? Quelqu’un lui en voulait-il en particulier ? »
Conway : « Elle s’est fait quelques ennemis lorsqu’elle était infiltrée mais on les a arrêtés depuis. »
Rossi : « Y a-t-il une personne que nous pourrions interroger ici qui était proche d’elle, avec qui elle avait de très bonnes relations ? »
Conway : « Elle n’est pas très liante, vous avez dû vous en rendre compte… Elle n’avait pas vraiment d’amis, c’est plutôt quelqu’un de renfermé et de solitaire. Je ne sais pas si je devrais vous en parler mais elle a souffert de dépression la dernière année où elle était avec nous et je n’osais pas trop lui confier de missions importantes à cause de sa fragilité psychologique… C’est dommage qu’elle manque de caractère, c’est un bon agent autrement. »
Conway n’avait pas cessé de sourire un instant pendant leur entrevue et il paraissait particulièrement antipathique à Hotch.
Hotch : « Lui connaissiez-vous un petit ami ou bien une relation amoureuse ? »
Conway : « Non, absolument pas ! Je veux dire, avec ce travail vous comprenez, il est difficile d’avoir une vie privée. »
Rossi : avec un sourire « Oui, nous le savons. »
Hotch : « Elle a travaillé sous vos ordres pendant combien de temps ? »
Conway : « En réalité j’ai été promu chef d’équipe à la mort de notre patron donc environ 1 an. »
Hotch : « Merci pour votre temps, nous n’allons pas vous déranger plus longtemps. »
Conway : « J’espère avoir pu vous aider. Au revoir messieurs. »
Ils sortirent du bureau et Hotch demanda ses impressions à son collègue.
Rossi : dubitatif « Lyell, manquer de caractère et ne pas supporter la pression psychologique ? »
Hotch : « Ou comment décrédibiliser quelqu’un en 30 secondes…Et tu as vu sa réaction quand on a parlé d’une relation amoureuse ? »
Rossi : « Oui : il a répondu beaucoup trop vite et trop catégoriquement étant donné qu’elle est solitaire et proche de personne. »
Hotch : « Il s’est contredit et il ne semblait pas sincère… En plus il était à l’hôpital avec Lucy quand je suis arrivé et elle a eu l’air soulagé. »
Rossi : « Lucy, hein ? »
Hotch : s’énervant «Bon écoute David, tu ne vas pas t’y mettre aussi ? »
Rossi : « Hotch, ne t’énerve pas on s’inquiète juste pour vous deux. Vous savez que les relations entre agents sont interdites ? »
Hotch : « Ça ne te regarde pas mais puisque tu en parles, il n’y a rien entre l’agent Lyell et moi ! »
Rossi : « Pas à moi Hotch, tu n’arriveras pas à me faire croire que tu n’éprouves rien pour elle ! »
Hotch ne répondit rien et monta en voiture. Rossi en fit de même et ils appelèrent Garcia pour lui dire de chercher aussi des informations sur ce James Conway. Lorsqu’ils rentrèrent au bureau, Hotch dit à tout le monde de rentrer chez eux et qu’ils reprendraient demain. Morgan informa son chef que Strauss le cherchait et voulait le voir ainsi que Lyell. Ce dernier fit la grimace et remercia son collègue. Il prit ensuite la direction de son domicile : il fallait absolument qu’il fasse parler Lucy.
Lorsqu’il ouvrit la porte de son appartement, une délicieuse odeur l’enivra. Lucy sortit de la cuisine avec un tablier et le salua. Elle était un peu gênée mais ne voulait pas aborder le sujet la première. Hotch la détailla : elle avait mis un pantalon noir avec un haut bleu ciel dos-nu. Lorsqu’elle se tourna vers la cuisine, il put voir des marques bleues sur ses omoplates. Ses cheveux étaient négligemment relevés en chignon et quelques boucles tombaient sur son visage. Elle semblait très occupée alors Hotch posa ses affaires et la rejoint dans la cuisine.
Hotch : « Comment s’est passée votre journée ? »
La jeune femme sursauta, ce qui confirmait la nervosité que son patron avait sentie chez elle en arrivant. Elle lui répondit néanmoins, tout en continuant de trancher le concombre qu’elle voulait faire en salade. Hotch était surpris de l’habileté avec laquelle elle contournait l’obstacle que représentait son poignet cassé pour la vie quotidienne.
Lucy : « Bien j’ai lu un peu et ensuite j’ai préparé le dîner. Et vous ? »
Hotch : « J’ai parlé à votre ancien supérieur James Conway. »
Lucy poussa un petit cri de surprise et jura. Hotch se précipita vers elle alors qu’elle se mettait au-dessus de l’évier. Il vit un mince filet de sang couler de son doigt.
Hotch : « Est-ce que tout va bien ? »
Lucy : agacée « Ce n’est rien du tout… Vous avez des pansements ? »
Ils soignèrent son doigt et reprirent leur conversation.
Hotch : « Il m’a dit des choses plutôt surprenantes sur vous. Des choses à me dire à son propos ? »
Lucy impassible : « Non, rien du tout. Je vous ai déjà dit que je ne voulais pas en parler. »
Elle continuait de couper le concombre en évitant soigneusement son regard. Hotch sentit la frustration monter en lui. Il s’approcha de Lucy et arrêta ses gestes. Il lui prit le couteau des mains et la força à se tourner vers lui.
Hotch : « Lucy, ça suffit maintenant il va falloir que vous parliez ! Comment peut-on vous aider si vous ne vous confiez pas à nous ?!? »
Lucy : en colère « S’il-vous-plait lâchez moi ! »
Sa voix s’était brisée et Hotch, qui la tenait fermement par les épaules, continua à lui mettre la pression.
Hotch : « Tant que vous ne parlerez pas, jamais il ne s’arrêtera et jamais il ne vous lâchera. Montrez-lui que vous êtes la plus forte et que vous avez tourné la page ! »
Lucy : « Non, ne faîtes pas ça… »
Elle essayait toujours de lui échapper et elle avait les larmes aux yeux. Hotch n’avait qu’une seule envie, tout arrêter et la prendre dans ses bras. Mais c’était pour elle qu’il devait le faire, et peu importait si elle lui en voulait ensuite.
Hotch : « J’ai lu votre dossier médical, tout votre dossier… »
Lucy l’interrompit et on pouvait sentir le désespoir dans sa voix.
Lucy : « Je vous en supplie, stop ! »
Hotch : « Je sais que vous avez souffert et je sais aussi ce que vous avez dû faire. Vous avez peur, je comprends, mais il faut qu’il paye pour ce qu’il vous a fait ! »
Elle laissa libre cours à ses larmes qui roulaient en silence le long de ses joues. Elle s’assit dans le canapé et se mura dans le silence, le regard dans le vague. Hotch jura à son tour et sortit faire un tour à pied. Il s’en voulait tellement de l’avoir poussée dans ses retranchements : maintenant elle ne parlait même plus, quel profiler ! Lorsqu’il fut calmé, il retourna à son appartement. Il retrouva Lucy dans la même position où il l’avait laissée. Elle lui faisait tellement de peine. Il s’assit à côté d’elle et ne dit rien, se contentant d’être là si elle en avait besoin.
Lucy : « C’est vrai : j’ai peur de ce qu’il pourrait faire. A moi comme à vous, à vous tous. Il lui en faudrait si peu pour me briser, et puis ce serait votre tour. Ceux qui ont essayé ont fini mutés en Alaska ou bien dans l’Idaho… Je n'en vaux pas le coup, Hotch… »
Ses paroles lui brisèrent le cœur, et il n’était pas d’accord. Il la prit dans ses bras et lui murmura dans le cou.
Hotch : « Bien sûr que vous en valez la peine. »
Elle se blottit un peu plus contre lui. Il avait l’étrange pouvoir de la calmer et de l’apaiser. Elle respirait son parfum et elle se sentait tout simplement bien. Hotch s’écarta un peu d’elle et la regarda droit dans les yeux. Il s’approcha tout doucement de Lucy, comme pour ne pas l’effrayer, et posa ses lèvres sur les siennes. Lucy lui rendit son baiser, au départ très léger et ensuite de plus en plus intense. Hotch avait posé une de ses mains sur sa joue, pendant que l’autre parcourait d’abord ses épaules pour ensuite descendre le long de son dos et enfin se poser sur sa hanche. Elle avait noué ses bras autour de son cou et se serrait contre lui...
Le lendemain, Hotch était le premier en salle de réunion. Ses collègues le rejoignirent aux environs de 9 heures, et il leur dit qu’il était sur la bonne voie pour avoir le témoignage de Lyell. Seaver et Rossi échangèrent un regard lourd de sens que vit Hotch mais qu’il préféra ignorer. Ils allaient continuer leur discussion lorsque Strauss arriva.
Strauss : « Agent Hotchner, où en est votre enquête ? »
Hotch : « On avance plutôt bien Madame. »
Strauss : dubitative « Ah oui ? Dans ce cas, pourquoi ne pas m’avoir fait un rapport ? Je vous avais pourtant dit que je voulais vous voir ainsi que Lyell… Mais ce n’est pas grave, on peut faire ça tout de suite, où est-elle ? »
Hotch aurait parié qu’elle connaissait déjà la réponse à cette question… Il se trouvait en difficulté et essayait de formuler sa réponse de manière à ce qu’elle ne paraisse pas trop suspecte…
Hotch : « En fait l’agent Lyell est… »
Lucy : «En retard ! Je suis désolée Monsieur je suis passée chercher du café pour toute l’équipe. Bonjour Madame. »
Hotch était aussi surpris que Strauss de la voir ici, mais il était aussi soulagé.
Strauss : « Bien, vous n’ignorez pas que je vous veux tous les deux dans mon bureau. »
Lucy : « Non Madame, et je viendrai bien sûr aujourd’hui mais il faut que je voie quelques petites choses avec l’équipe, si vous le permettez. »
Strauss : soupçonneuse « Oui mais soyez brève. Agent Hotchner, vous l’accompagnerez, je veux vous voir tous les deux. »
Strauss partit et tous les profilers regardèrent Lucy avec surprise.
Rossi : « Agent Lyell, content de voir que vous allez mieux ! »
Lucy : « Merci Agent Rossi. Oh et une précision : appelez-moi Lucy s’il-vous-plait ! »
Morgan : « Dans ce cas, ravi que vous soyez de retour parmi nous Lucy ! »
Ils l’accueillirent tous avec un petit mot gentil ou une accolade. Hotch l’entraîna vers son bureau pour lui parler. Lucy avait quand même eu le temps de noter le regard compatissant de Garcia.
Elle avait remis la même tenue que la veille ce qui le fit sourire.
Hotch : étonné « Qu’est-ce que vous faîtes ici ? »
Lucy : « Je travaille ici je vous signale ! »
Hotch : « Oui mais si vous êtes venue, c’est qu’il y a une raison… Je suis profiler je te rappelle ! »
Lucy : avec un sourire « On se tutoie maintenant ? »
Hotch : « Après ce qui s’est passé hier soir, je pense qu’on peut. Tu ne crois pas ? »
Lucy : riant « Si bien sûr. Bon pour en revenir à la raison de ma présence, j’ai décidé de témoigner. Tu sais je n’ai pas beaucoup dormi la nuit dernière… »
Hotch : l’interrompant « Je sais, je plaide coupable… »
Il sourit en repensant à la nuit précédente. Les souvenirs affluèrent aussi pour Lucy.
Flashback :
Ils s’embrassaient sur le canapé. Ses mains parcouraient tout son corps pendant qu’elle lui retirait sa cravate. Ils sentaient le désir monter en eux au fur et à mesure que les baisers se faisaient de plus en plus intenses. Lucy était perdue : sa raison lui disait de ne pas le faire mais elle n’arrivait pas à s’arrêter. Son corps répondait à chacune de ses caresses, comme s’il vibrait sous ses mains, et lorsque ses baisers descendirent le long de son cou elle s’abandonna. Ils étaient maintenant étendus sur le sofa et leurs respirations étaient haletantes. Hotch s’arrêta brusquement et Lucy le regarda surprise.
Hotch : « Non, attends ! Tu peux encore faire marche arrière. Si tu veux arrêter maintenant, je comprendrais. Tu es sûre que c’est ce que tu veux ? »
Elle lui avait répondu par un baiser langoureux et passionné pendant lequel elle s’était collée à lui. Il lui sourit alors et se releva. Pour la deuxième fois, il la prit dans ses bras et la porta jusqu’au lit dans sa chambre.
Ils se sourirent d’un air entendu et elle reprit la parole.
Lucy : « Non, je ne faisais pas référence à ça… J’ai beaucoup réfléchis et je vais vous dire ce qui s’est passé. Mais à une condition : je ne veux pas que tu sois là. »
Hotch : estomaqué « Pardon ? Et pourquoi ça ? »
Lucy : « Je ne supporterai pas de croiser ton regard, je n’y arriverai pas si tu es présent. Je suis désolée. »
Hotch : « Tu sais que je lirai la transcription de toute façon ? »
Lucy : « D’accord, tu pourras assister à ma déposition, mais uniquement derrière la vitre sans tain dans la salle d’observation. Une dernière chose, qui a vu mon dossier médical ?»
Hotch : « Uniquement Garcia et moi. Pourquoi ? »
Lucy : « J’ai vu son regard… »
Il la conduisit vers la salle d’interrogatoire. Il rejoignit ensuite les autres pour leur dire que Lucy souhaitait parler. Morgan et Seaver furent désignés pour prendre sa déposition après que Rossi ait dit qu’il ne souhaitait qu’observer. En réalité, il avait reçu un SMS de Lucy lui demandant de rester avec Hotch en salle d’observation. Ils commencèrent alors à prendre le témoignage de Lucy.
Morgan et Seaver étaient face à Lucy qui attendait qu’ils lui posent des questions. Morgan commença.
Morgan : « Est-ce que vous pouvez me dire ce qui s’est passé chez vous quand vous avez été agressée il y a 2 jours ? »
Lucy : « Vous m’avez déposée chez moi après l’affaire à Washington. J’étais fatiguée et j’avais très mal à la tête ce qui fait que je ne l’ai pas vu tout de suite. Il m’attendait sur le pas de ma porte et il m’a dit qu’il voulait juste qu’on parle. Je n’avais pas vraiment le choix : si je rentrais, il rentrait forcément avec moi. J’ai accepté et je l’ai conduit au salon. Il m’a demandé un verre d’eau parce qu’il m’avait attendu longtemps, et jusqu’ici tout allait très bien. Il s’est excusé pour tout et m’a promis qu’il ne recommencerait pas si seulement je voulais bien lui laisser une autre chance, qu’il m’aimait encore et qu’il était vraiment désolé. J’avais déjà entendu ça tellement de fois, je lui ai répondu que j’avais tourné la page et qu’il devrait en faire de même, que c’était définitivement terminé entre nous… Ça cognait dans ma tête et j’avais du mal à me concentrer. Il s’est énervé et a commencé à me hurler dessus, il criait que je n’étais qu’une trainée, que je l’avais abandonné et qu’il n’avait jamais pu me faire confiance, qu’il se demandait combien de membres de l’équipe m’étaient passés dessus… Je lui ai demandé de partir et il s’est jeté sur moi. Il a commencé à me frapper et j’ai perdu connaissance… Lorsque je me suis réveillée, j’étais sur mon lit et… »
Seaver : « Prenez votre temps… Vous voulez qu’on fasse une pause ? »
Lucy : « Non, ça va aller. »
Lucy avait du mal à parler et sa vue était brouillée par les larmes qu’elle ne voulait pas laisser couler. De l’autre côté du miroir, Hotch essayait de ne rien montrer mais s’il avait pu, il serait entré pour la soutenir et la calmer. Mais il savait qu’elle ne le permettrait pas et puis il n’avait pas le droit. Rossi sentait sa détresse mais il ne pouvait rien faire non plus. Lucy reprit son récit des évènements.
Lucy : « J’étais sur le lit et il cherchait quelque chose dans le tiroir de la table de nuit. J’ai aperçu mon arme sur le meuble près de la porte et j’ai essayé de l’atteindre, mais j’étais faible et il m’a vue. Je me suis foulée la cheville en essayant de me débattre. Il m’a frappée encore et encore. Il s’est arrêté et m’a murmuré à l’oreille « Regarde ton arme, regarde-la bien parce que tu ne l’atteindras jamais ! Tu es à moi et rien qu’à moi tu m’entends ! D’ailleurs on va s’amuser un peu tous les deux mon amour… » J’essayais de me défendre mais il était beaucoup trop fort et plus je me débattais, plus fort il me frappait. »
Les larmes avaient débordé et roulaient en silence sur ses joues. Elle semblait revivre tout ce qui s’était passé en même temps qu’elle le racontait et Morgan éprouvait un mélange de peine, de dégoût et de colère.
Morgan : « C’est tout ce dont vous vous souvenez ? »
Lucy : « Non. Il a commencé à déchirer ma robe et à passer ses mains partout sur mon corps. Je me suis mise à pleurer et à le supplier de ne pas faire ça. Ça l’a fait beaucoup rire. Il n’arrêtait pas de dire qu’il avait tous les droits sur moi et que s’il ne pouvait pas m’avoir alors personne ne le pourrait. Il m’a aussi dit qu’il avait fait attention à ne pas trop m’amocher le visage parce que quand je reviendrais chez lui, il voulait que je sois belle. »
Hotch étouffait, il ne supportait pas d’entendre tout ça en plus de ce qu’il avait lu dans le dossier. Il était en colère et Rossi lui posa une main sur l’épaule pour essayer de le calmer.
Seaver : « Qui vous a fait tout ça ? »
Lucy : « Mon ex fiancé. »
Morgan : « Ce n’était pas la première fois j’imagine ? »
Lucy : avec un petit rire amer « Non, c’est arrivé une dizaine de fois en trois ans. »
Morgan : « Donc il était violent et vous battait… Est-ce qu’il vous déjà forcée à avoir des relations sexuelles ? »
Lucy : éludant « On était fiancés alors… »
Seaver : « Vous savez que ce n’est pas une réponse. »
Lucy : désespérée « Je sais… Oui, la réponse à votre question est oui. »
Elle se triturait nerveusement les mains et ne tenait pas en place sur sa chaise. Elle était très mal à l’aise. Hotch n’en supporta pas davantage et il sortit en claquant la porte. Rossi le suivit pour s’assurer qu’il allait bien. Lucy entendit la porte et se prit la tête dans les mains, gênée par son plâtre. Ses larmes redoublèrent et elle s’en voulait beaucoup : elle aurait mieux fait de se taire au lieu de faire souffrir Hotch.
Lucy : murmurant « Je suis désolée… »
Seaver : « Lucy, il nous faut un nom. »
Lucy continuait de murmurer qu’elle était désolée, les yeux baissés et refusant de regarder qui que ce soit. Morgan se leva et s’accroupit près d’elle. Il lui releva la tête.
Morgan : « Je sais que c’est dur, mais il nous faut son nom. Il faut qu’on l’arrête pour vous rendre justice, alors il faut que vous soyez forte. »
Lucy : « James Conway. »
Morgan : « Votre ancien patron à la NSA? »
Lucy hocha la tête mais rectifia : « Au début, nous étions collègues. Lorsque j’ai démissionné et que je suis partie, on était ensemble depuis 4 ans et il était également mon supérieur depuis 1 an. Il était chargé de me transmettre les informations et les ordres lorsque j’étais en mission. Ma vie dépendait de lui et j’avais une confiance aveugle. On est tombés amoureux et avant que je m’en rende compte, nous étions fiancés et je dépendais totalement de lui. Je ne voyais que par lui, ma vie tournait autour de lui. J’étais entièrement sous sa coupe. Il a commencé à être jaloux environ un an après le début de notre histoire et c’est là qu’il est devenu violent… Je pensais que le problème venait de moi, il pouvait être tellement charmant et adorable parfois. Il disait que je n’étais bonne à rien et que sans lui je n’étais rien. J’ai fini par le croire aussi. Et puis un jour, j’ai compris qu’il ne m’apporterait jamais rien de bon et j’ai envoyé ma démission à son supérieur. Le jour où elle a été acceptée, je suis rentrée chez nous prendre quelques affaires et je me suis enfuie. »
Morgan et Seaver échangèrent un regard : quoiqu’il soit arrivé, il fallait que ça ait été un véritable électrochoc pour que Lucy décide de s’enfuir…
Seaver : « Merci Lucy, on va vous ramener chez vous. »
Hotch entra à ce moment. Il était tendu et il s’adressa à Lucy.
Hotch : « Nous avons autre chose à faire avant. »
Lucy évitait soigneusement le regard de son patron ce qui l’agaçait.
Lucy : « Strauss nous attend. »
Elle se leva et sortit de la salle, toujours en regardant le sol. Elle ne dit rien durant tout le trajet jusqu’au bureau de leur chef de section. Hotch se rendait compte qu’elle évitait tout contact avec lui, mais il préférait en parler avec elle plus tard pour éviter de rajouter à son stress dont elle avait déjà eu son compte. Ils se présentèrent comme convenu au bureau de Strauss qui les reçut ensemble.
Strauss : « Eh bien, vous avoir tous les deux dans mon bureau n’aura pas été chose facile, c’est le moins qu’on puisse dire ! Je pense que vous vous douter des raisons qui m’ont poussée à vous convoquer ? »
Lucy : « C’est à propos de mon agression lors de notre dernière affaire, et je suppose également à propos de l’incident à mon domicile. »
Strauss : « Tout à fait agent Lyell : je vous écoute. »
Lucy prit une grande inspiration et rassembla ce qui lui restait d’énergie et de patience afin de répondre à sa chef.
Lucy : « En ce qui concerne la première agression, je vais remettre mon rapport cet après-midi à l’agent Hotchner et il confirmera tout ce qui a pu être noté dans les précédents compte-rendu. Quant à la deuxième, ma déposition a été enregistrée aujourd’hui Madame. Elle confirmera sans aucun doute les preuves déjà accumulées par toute l’équipe. »
Strauss : « Très bien, quelque chose à ajouter agent Hotchner ? »
Hotch : « Seulement que nous pensons procéder à l’arrestation du suspect cet après-midi même étant donné que nous avons un dossier très solide. »
Strauss : « Une dernière chose : j’ai cru comprendre que vous habitiez chez l’agent Hotchner agent Lyell. Est-ce vrai ? »
Lucy : « Oui Madame, mais c’est provisoire. L’agent Hotchner m’a très gentiment offert l’hospitalité à ma sortie de l’hôpital alors que je ne pouvais pas rentrer chez moi. »
Strauss : « Dans ce cas, je vais être extrêmement claire : la fraternisation entre agents du FBI est formellement interdite, et cela vaut évidemment aussi pour vous deux. Si je venais à apprendre une relation autre que professionnelle ou amicale, l’un de vous devra démissionner. M’avez-vous comprise ? »
Hotch : « Oui Madame. »
Lucy : « Bien sûr Madame. »
Strauss : « Alors ce sera tout. Vous pouvez disposer… »
Ils sortirent du bureau de leur supérieure et un silence pesant régnait entre les deux collègues et maintenant amants. Hotch vit une salle de conférence vide et entraîna Lucy à l’intérieur en lui attrapant le bras.
Lucy : « Hé mais qu’est-ce qui te prends ??? »
Hotch : « J’ai ma petite idée sur ce qui ne va pas et je crois qu’il faut qu’on parle. »
Lucy : agacée « Ce n’est ni le lieu ni le moment pour avoir une conversation personnelle. »
Lucy refusait toujours de croiser le regard de Hotch, et cela ne faisait qu’augmenter la frustration de celui-ci.
Hotch : « Au contraire je crois qu’on doit discuter et maintenant. Quel est le problème ? »
Lucy : « Il n’y a aucun problème. »
Elle détourna la tête et Hotch lui caressa la joue. La jeune femme frémit et échappa à cette marque d’affection.
Hotch : « D’accord, il n’y a aucun problème alors pourquoi ne me regardes-tu pas dans les yeux ? Et comment se fait-il que je ne puisse pas te toucher ? »
Lucy : « Je suis désolée… »
Elle s’enfonçait de plus en plus dans le silence et Hotch la força à le regarder.
Hotch : « De quoi ? »
Lucy : « De tout ça, j’aurais mieux fait de ne rien dire… Pourquoi n’ai-je pas pu me taire tout simplement ? De toute façon je finis toujours par faire souffrir tout le monde autour de moi, tu ne devrais pas perdre ton temps avec moi, je suis toxique. »
Hotch : « Eh, écoute-moi bien parce que c’est important. Rien de ce qui s’est passé n’est de ta faute, d’accord. Je sais que tu n’as jamais voulu que ça arrive. Tu as bien fait de parler, pour toi, pour pouvoir passer à autre chose. Alors arrête de t’en vouloir pour tout et sans arrêt. Il faut que tu comprennes que c’est chez lui que ça ne tourne pas rond et que tu n’as rien fait de mal. »
Il l’attira contre lui mais ils se séparèrent rapidement de peur qu’on ne les voie. Ils retournèrent à leurs bureaux respectifs de la BAU.
Lucy rédigea son rapport à son bureau afin que le dossier soit clos une bonne fois pour toutes. Le reste de l’équipe était réuni dans la salle de conférence et mettait en place l’opération pour arrêter et interroger James Conway. Elle termina son rapport en une demi-heure et alla trouver Hotch pour le lui remettre. Il lui dit alors que Jack devait rentrer dans l’après-midi avec Jessica mais qu’il rentrerait probablement tard et il lui demanda donc de les accueillir. Lucy ne semblait pas très à l’aise aussi Hotch la rassura en lui disant qu’il allait appeler Jessica pour la prévenir et qu’il n’y aurait aucun problème. La jeune femme accepta et voulu partir. Hotch insista pour qu’un agent la raccompagne mais elle refusa, préférant prendre un taxi.
Lorsqu’elle partit, ils se répartirent les rôles. Ils avaient obtenus un mandat d’arrêt à l’encontre de Conway ainsi que deux mandats de perquisition : un pour son appartement et l’autre pour son bureau à la NSA. Ils récapitulèrent ce qu’ils devaient chercher : un t-shirt de l’université de Princeton, une chaîne en or avec une croix en or elle aussi et des sous-vêtements en dentelle ivoires ainsi que tout ce qui pourrait avoir un rapport avec l’agression. Morgan allait accompagner Hotch à la NSA pendant que Reid, Seaver et Rossi iraient au domicile de Conway.
Rossi accompagné de ses deux collègues arriva le premier à destination. Ils frappèrent mais personne ne répondit. Ils demandèrent donc au concierge d’ouvrir la porte de l’appartement. Une voisine sortit de son appartement pour demander ce qu’il se passait. Seaver répondit à la vieille dame de rentrer chez elle, qu’ils étaient du FBI et que tout allait bien. Elle rentra alors dans son appartement, laissant les profilers commencer leurs recherches. Conway semblait être quelqu’un de très ordonné. Ils prévinrent leurs collègues que Conway n’était pas chez lui. Reid fouilla la salle de bain pendant que Rossi s’occupait du salon et Seaver du salon.
Seaver : « Il n’a vraiment pas accepté la rupture : il y a un nombre impressionnant de photos de Lucy ou bien d’eux ensemble… »
Reid : « En effet de mon côté j’ai deux brosses à dents, du maquillage et d’autres produits de beauté féminins… C’est comme si elle allait revenir demain, rien n’a bougé ! »
Rossi : « J’ai trouvé le t-shirt de Lucy ! Il y a beaucoup de vêtements de femme, il ne doutait visiblement pas de son retour. Ah et je pense que ce sont les sous-vêtements que nous recherchons. »
Il emballait ses trouvailles au fur et à mesure car elles étaient considérées comme des pièces à conviction.
Seaver : « Je n’ai rien trouvé dans le salon. »
Reid : « J’ai mis la main sur le collier de Lucy dans une boîte à bijoux dans la salle de bains. »
Rossi : « Ok, on appelle Morgan et Hotch. »
Rossi prit son téléphone et appela Morgan.
Rossi : « Morgan on a retrouvé les affaires manquantes de Lucy chez Conway. Et vous de votre côté ?... Quoi ?!? Depuis combien de temps ? On se retrouve là-bas ! »
Reid : « Un problème ? »
Rossi : « On fonce chez Hotch je vous expliquerai en route ! »
Ils coururent jusqu’à la voiture et démarrèrent en trombe.
Pendant ce temps, Lucy était de retour chez Hotch et attendait, avec nervosité elle devait bien l’avouer, l’arrivée de Jessica avec le petit Jack. Elle s’affairait à ranger et nettoyer l’appartement. Il n’en avait aucun besoin mais cela la détendait. La sonnerie de l’entrée retentit et elle se dirigea vers la porte. Lorsqu’elle l’ouvrit, ce qu’elle découvrit la laissa sans voix. Devant elle se trouvait Jessica, blême et le regard suppliant. Au second plan, elle pouvait voir James Conway qui tenait fermement Jack et qui pointait une arme vers elle.
Conway : « Bonjour mon ange ! Ne tente rien de stupide, je commencerais par le gosse. Tu ne nous invite pas à entrer ? Tu étais mieux éduquée dans mon souvenir… »
Lucy s’effaça et les laissa entrer. Il tenait toujours le petit garçon et ordonna à Jessica de s’asseoir sans bouger. Lucy réfléchissait à toute allure à un moyen de les sortir de là. Conway ne la lâchait pas des yeux et continuait de la menacer de son arme.
Lucy : « James, qu’est-ce que tu veux ? »
Conway : « Mais voyons, c’est toi que je veux évidemment ! »
Lucy voulait gagner du temps et protéger la famille de Hotch. Elle pesait chacun de ses mots pour ne pas l’énerver et essayer de dénouer un peu la situation.
Lucy : « D’accord on va en parler mais d’abord il faut que tu laisses partir Jack et Jessica s’il-te-plaît. Ils n’ont rien à voir là-dedans, c’est entre toi et moi. »
Conway : hurlant « Ne me dis pas ce que j’ai à faire, c’est moi qui contrôle la situation ! »
Il fit très peur à Jack qui se mit à pleurer bruyamment. Cela ne fit que rajouter à la colère de l’homme qui leva la main pour frapper l’enfant. Lucy le vit faire et s’interposa.
Lucy : « Non James ! Ce n’est qu’un enfant ! »
Elle sa plaça entre l’homme et Jack et poussa doucement ce dernier vers Jessica qui était pétrifiée de terreur sur le sofa.
Lucy : « Il a déjà perdu sa mère… Je t’en supplie, laisse-les partir. Nos histoires de couple ne regardent que nous. Je sais que tu aimes les enfants, on en voulait tu te souviens ? Jessica, prends Jack et sortez ! »
Elle lança un bref regard d’encouragement à la tante de Jack qui prit celui-ci dans ses bras et se dirigea vers la sortie. Conway ne bougea pas et dévisageait Lucy d’un drôle d’air. Il pointa son arme sur elle.
Conway : « Comment oses-tu ? Comment oses-tu parler d’enfants ??? »
Lucy : « Je ne comprends pas… »
Conway était plein de colère froide et Lucy savait que c’était à ce moment qu’il était le plus dangereux.
Conway : « Depuis la dernière fois qu’on s’est vus, j’ai regardé ton dossier médical… Je voulais voir ce qu’il contenait à propos de notre rencontre d’il y a quelques jours. Et je suis tombé sur une page très intéressante, tu vois de quoi je parle ? »
Lucy : « Non je t’assure que… »
Il l’interrompit en la giflant violemment et en criant une fois de plus. Lucy se retrouva à terre, sonnée.
Conway : « Arrête de me prendre pour un con !!! Tu l’as tué, tu as tué mon enfant ! »
Lucy : suppliante « Je n’avais pas le choix ! De toute façon tu n’aurais jamais voulu croire qu’il était de toi ! Le jour où j’ai appris que j’étais enceinte, j’étais heureuse et je pensais que tu serais fou de joie quand je te l’annoncerais. Mais ce soir-là, tu m’as dénigrée comme d’habitude, tu m’as accusée de coucher avec la moitié de nos collègues et tu as même fini par me frapper. J’ai compris que tu serais toujours jaloux et que jamais ça n’aurait de fin. Je ne voulais pas élever mon enfant dans la violence alors oui, le lendemain j’ai pris rendez-vous à la clinique et j’ai avorté… »
Hotch arriva au pied de son immeuble lorsqu’il vit Jessica sortir avec Jack dans les bras. Il les intercepta.
Hotch : « Jessica ! Qu’est-ce qui se passe ? Vous allez bien ? »
Il serra son fils contre lui après avoir vérifié qu’il n’était pas blessé.
Jessica : choquée «Il nous a forcés… Il avait une arme ! »
Hotch : « D’accord ça va aller. Il est là-haut avec Lucy ? »
Jessica hocha la tête en signe d’approbation et Hotch lui rendit Jack.
Hotch : « Montez dans ta voiture et n’en sortez pas. »
Il courut jusqu’à son appartement duquel provenaient des cris.
Conway : « Je t’interdis de dire que c’est ma faute ! C’est toi qui l’as tué, tu as tout gâché ! »
Hotch sortit son arme et entra chez lui. Conway braquait son arme sur Lucy et Hotch pointait la sienne sur Conway.
Conway : ricanant « Tiens, agent Hotchner ! On n’attendait plus que vous pour notre petite fête ! »
Hotch : « Posez votre arme tout de suite Conway! »
Conway : souriant «Hors de question. En revanche vous allez poser la vôtre sinon je la tue. Vous savez que j’en suis capable. »
Lucy fit non de la tête à Hotch et le supplia du regard de ne pas le faire. Mais Hotch n’avait pas le choix alors il s’exécuta.
Conway jubilait littéralement d’avoir Lucy et Hotch désarmés à sa merci.
Conway : « Parfait, maintenant on va pouvoir commencer à s’amuser… »
Lucy savait que c’était après elle qu’il en avait donc elle essaya de détourner son attention.
Lucy : « Tu voulais qu’on parle alors très bien, je t’écoute. Tu as toute mon attention. »
Elle prononça cette dernière phrase en espérant que Hotch comprenne. Elle espérait surtout qu’il avait un plan…
Conway : « Tu m’as abandonné… Tu es partie sans aucune explication ! »
Lucy : « Je sais, je suis désolée mais j’avais besoin de changement et je n’étais pas sûre que tu l’accepterais. Aujourd’hui je me rends compte de mon erreur. »
Hotch voyait la manœuvre tentée par sa collègue et attendait juste le bon moment pour agir. Il n’avait pas trop le choix, il ne fallait pas qu’il rate son coup sinon Lucy et lui ne s’en sortiraient pas…
Lucy : « J’aimerais qu’on se remette ensemble si tu veux bien. »
Conway : désignant Hotch «Tu te fous de moi ! Et lui ? »
Lucy : « Oublie-le, il n’y a que toi qui comptes pour moi. Il m’a juste fallu un peu de temps pour réaliser que tu es l’homme de ma vie. »
Conway : « Dans ce cas, je pense qu’il te faut ceci. »
Il sortit la bague de fiançailles de la jeune femme et la lui tendit. C’était une espèce de test et elle en était consciente. Elle lui fit alors un sourire et la passa à son doigt. Il s’approcha d’elle et l’embrassa tout en la serrant contre lui. Lucy pensa que c’était un autre test et que rien ne garantissait qu’il ne finisse pas par s’en prendre à elle. Mais il lui fallait du temps. Hotch y vit le meilleur moment pour tenter quelque chose et se jeta sur James Conway afin de lui prendre son arme. Malheureusement, il n’y arriva pas et un coup de feu retentit. Horrifiée, Lucy se retourna et vit Hotch allongé par terre, touché par balle. Elle se précipita vers lui pour voir comment il allait. Elle se rendit rapidement compte qu’il était vivant et conscient. C’est à ce moment qu’une autre détonation retentit.
Lucy ne comprenait pas et regarda autour d’elle. Elle vit Conway se tenir le flanc en sang et pointer son arme sur elle. Le son d’un troisième coup de feu déchira le silence presque irréel de la scène et l’homme laissa tomber son arme, blessé à l’épaule cette fois. Lucy aperçu Morgan en position de tir et comprit que ses collègues étaient arrivés à temps finalement. Ils appelèrent deux ambulances pour les blessés. Lucy tenta une fois encore d’éviter l’hôpital mais n’y parvint pas : Morgan la força à monter dans une ambulance. La jeune femme monta évidemment dans celle de Hotch qui n’avait été touché qu’à l’épaule. On lui annonça également que Conway s’en sortirait. Mais Lucy s’en fichait, elle voulait seulement en finir avec lui et tout oublier. Elle put enfin rentrer chez elle dans la soirée. Tous ses collègues étaient passés la voir en même temps qu’ils allaient voir Hotch. Elle avait un arrêt du médecin de deux semaines mais il fallait qu’elle aille au bureau demain régler quelques détails. On sonna à la porte. Il était 21h passées, qui pouvait bien venir à cette heure ? Elle découvrit Hotch qui tenait Jack par la main.
Lucy : surprise « Hotch ? Mais qu’est-ce que tu fais là ? »
Hotch :: « Jack avait quelque chose à te dire et moi aussi. »
Lucy : « Très bien, entrez tous les deux. »
Elle les conduisit au salon mais Hotch eut le temps d’apercevoir ce qui lui semblait être des bagages.
Hotch : « Vas-y Jack, ne sois pas timide. »
Jack : « Merci d’avoir empêché le méchant monsieur de nous faire mal à Jessica et Moi. »
Lucy : émue « De rien mon bonhomme, c’est normal tu n’as pas à me dire merci. »
Hotch : « Tu vas jouer mon chéri ? Il faut que je parle à Lucy. »
Jack prit le jouet qu il avait amené et s’installa un peu plus loin. Hotch se touna alors vers elle.
Hotch : « Comment vas-tu ? »
Lucy : « Bien et toi, comment vas ton épaule ? »
Hotch : « Ce n’est rien de grave, je serai remis en très peu de temps. »
Un silence gêné s’installa entre les deux agents. Au bout de quelques minutes, Hotch se décida à poser la question qui l’intriguait.
Hotch : « Tu vas quelque part ? »
Lucy ne savait pas trop quoi lui dire, elle ne pensait pas avoir à lui parler en personne.
Lucy : « Oui, je retourne en France. »
Ce fut comme si Hotch recevait un énorme coup de massue sur la tête. Il ne comprenait rien, il ne savait pas comment ils en étaient arrivés là.
Hotch : « Quand ? Tu pars pour longtemps ? »
Lucy : « Mon avion pour Paris est à 15h demain et minimum 3 semaines. J’ai 2 semaines d’arrêt après tout ce qui s’est passé et j’ai obtenu de Strauss une semaine de congé supplémentaire. »
Hotch : « Minimum ? Ça veut dire que tu ne reviendras peut-être pas ? »
Lucy : soupirant « Je n’en sais rien, j’ai besoin de faire une pause, de m’éloigner de tout ça pour pouvoir réfléchir à ce que je veux vraiment. Et puis ça fait longtemps que je n’ai pas vu ma famille en France. »
Hotch : « T’éloigner, de moi y compris je suppose. »
Lucy : « Ecoute, tout est allé très vite entre nous et je ne sais pas si je suis prête ni où ça va nous conduire. Tu as entendu Strauss, elle n’hésitera pas et tu as trop investi dans ton travail pour le risquer. »
Hotch : « Tu décides ça toute seule, je n’ai pas mon mot à dire ! Tu regrettes ce qui s’est passé entre nous ? »
Lucy : « Non mais je te l’ai dit : j’ai besoin de temps pour savoir ce que je veux vraiment. Je suis désolée. »
Elle voyait bien qu’il l’acceptait très mal mais il fallait qu’elle pense d’abord à elle et elle préférait ne pas lui laisser trop d’espoir au cas où elle ne reviendrait pas.
Hotch : « Alors ta décision est prise, il n’y a rien que je puisse faire pour t’empêcher de partir ? »
Lucy : « Probablement que si mais tu ne le feras pas parce que tu sais que c’est ce que je veux et ce dont j’ai besoin : un peu de temps et d’espace. »
Il s’approcha d’elle et ils s’embrassèrent mais ce baiser d’adieu était douloureux pour tous les deux. Ils se séparèrent et elle raccompagna Hotch et son fils. Elle retint ses larmes jusqu’à ce qu’elle ait refermé la porte. Elle passa la nuit suivante à pleurer et ne trouva pas le sommeil. Elle était à son bureau le lendemain aux aurores, profitant de la solitude du petit matin dans ces locaux encore vides. Elle ouvrit son tiroir et y laissa sa plaque ainsi que son arme. Elle fit un détour par le bureau de son patron et y déposa une lettre pour l’équipe expliquant son départ, qu’elle espérait provisoire, ainsi que son rapport sur les derniers évènements. Elle regarda une dernière fois autour d’elle puis partit sans se retourner. Lorsque son avion décolla, elle regarda le sol des Etats-Unis s’éloigner et des larmes lui échappèrent. Elle se dirigeait vers Paris, et bien qu’elle fût contente de retrouver son pays natal, elle se demandait encore si elle avait fait le bon choix.
"Le passé ne meurt jamais complètement pour l'homme. L'homme peut bien l'oublier, mais il le garde toujours en lui." Fustel de Coulanges
FIN