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Série : The L Word
Création : 20.08.2008 à 14h49
Auteur : tlwnany
Statut : Terminée
Suite de fascination, Tibette vie leur amour sur un fil, Bette hésitante entre la raison et la chair…
Cette fanfic compte déjà 64 paragraphes
Chapitre 41
Je me tournais pour rendre le portable à Shane, et découvris qu'elle était en train de dessiner sur un morceau de papier. Me penchant, je regardais au dessus de son épaule, elle traçait une longue salle rectangulaire dotée au fond d'une section plus étroite et carrée ; des lattes de plancher qui couvraient le sol ; aux murs des lignes marquant les séparations entre les miroirs qui filaient le long des parois ; à hauteur de taille, un ruban, celui dont Tom avait précisé qu'il était doré...
-C'est un studio de danse, déclarais-je
-tu connais cette pièce ? demanda Shane
Shane se remit au travail, faisant rapidement une sortie de secours au fond de la salle, puis la stéréo et la télévision posée sur une table dans le coin droit devant.
-ça ressemble à un endroit où j'ai pris des cours de danse quand j'étais adolescente. Là étaient les toilettes, poursuivais-je en posant le doigt sur la section la plus étroite. La chaîne se trouvait à gauche, pas à droite et elle était plus vieille, il n'y avait pas de télé à l'époque...
-es-tu certaine qu'il s'agisse du même lieu ? insista Shane
-non pas du tout. J'imagine que toutes ces salles se ressemblent...les miroirs, la barre... disons juste que c'est très familier
-aurais-tu une raison de retourner là-bas ?
-non je n'y ai pas mis les pieds depuis presque une quinzaine d'années
-aucun lien actuel entre toi et cet endroit, alors ?
-non aucun
Shane se mit à dessiner l'autre pièce, les contours de la pièce vague, la faible lueur de l'écran allumé... n'avaient pas permis à Tom de distinguer grand-chose...moi je marchais de long en large, soulevais les rideaux, fonçais dans l'autre pièce pour hurler mon angoisse.
Chapitre 42
Il était maintenant deux heures du matin, Shane était sur le canapé, j'observais par dessus son épaule ce qu'elle était en train de dessiner.
-Tom m'a appelée, lança Shane
-il a vu quelque chose de neuf ? demandais-je
-oui, pour une raison inconnue, elle est revenue dans la salle à la vidéo, mais il fait jour maintenant
J'étudiais le croquis, une pièce carrée avec un plafond bas aux poutres apparentes, le sol était recouvert d'une moquette sombre à motifs, il y avait une vaste cheminée en pierre, la télévision et le magnétoscope posés en équilibre sur une table.
-le téléphone se trouve là, murmurais-je en indiquant l'endroit du doigt
Ses yeux me dévisagèrent, comment ? tu...
-c'est la maison de ma mère
Le téléphone sonna..., Shane lui expliqua la situation ....
-Tina ? me lança-t-elle, je la regardais avec hébétement, Bette embarque à l'instant, m'annonça-t-elle elle atterrira ce matin vers 10h
-ouf plus beaucoup de temps à tenir avant qu'elle ne soit là
-mais en revanche je dois m'assurer de temps à autre de la protection de ta mère, alors toi tu resteras sagement ici, et tu n'en bougeras pas,
Ces mots me calmaient un temps soit peu, mais je fus distraite par un nouvel appel. Shane parut surprise, je m'étais déjà approchée, main tendue, priant pour ce que fut ma mère...
Chapitre 43
-Allo ? Elle est juste là, je vous la passe
-Allô ? Maman ?
Je me tus soudainement étonnée qu'elle ne m'eut pas encore interrompue
-Maman ?
-n'ajoute rien tant que je ne t'en aurai pas donné la permission
Cette voix là était aussi étrangère qu'inattendue, elle parlait vite et l'air détendu.
-bon je n'ai pas envie de faire de mal à ta mère, alors obéis-moi au doigt et à l'œil, et il ne lui arrivera rien, elle fit une pause de quelques secondes tandis que je me pétrifiais d'horreur, très bien me félicita-t-elle maintenant, dis « maman reste où tu es »
-maman où tu es ?
-j'ai l'impression que ça va être difficile, reprit-elle, sur un ton amusé, léger et amical, et si tu t'isolais, histoire que l'expression de ton visage ne gâche pas tout ? pendant que tu changes de pièce dis « maman, s'il te plait écoute moi »
-maman s'il te plait écoute moi, suppliais-je, en me dirigeant lentement vers la chambre, consciente des yeux inquiets de Shane dans mon dos, je fermais la porte en luttant contre la terreur qui bloquait mon esprit.
Chapitre 44 :
- Très bien tu es seule ? Réponds par oui ou par non.
- Oui.
- Tout a fonctionné bien mieux que ce à quoi je m'attendais, c'est tellement plus facile, tu ne trouves pas ? Moins de suspens, moins d'anxiété pour toi.
Je ne réagis pas.
- Maintenant, écoute-moi très attentivement. Tu vas fausser compagnie à ton amie. Tu crois en être capable ? Réponds par oui ou par non.
- Non.
- Comme c'est fâcheux ! J'espérais que tu le montrerais un peu plus inventive, penses-tu que tu parviendrais à te débarrasser d'elle, si la vie de ta mère en dépendait ?
-Oui.
- C'est déjà mieux, je devine que ce ne sera pas facile, mais si j'ai le moindre soupçon d'une présence à tes côtés, ta mère risque fortement de partir.
- Oui, chuchotais-je d'une voix brisée.
- Bravo Tina ! Alors voici tes instructions, tu vas venir chez ta mère, près du téléphone, tu trouveras un numéro. Appelle-le et je t'indiquerai où te rendre.
J'avais déjà deviné où et comment tout cela se terminerait. Néanmoins, je suivrai ses instructions à la lettre.
- Compris ?
- Oui.
- Avant midi, s'il te plaît, je n'ai pas toute la journée devant moi, il est extrêmement important que tes amis n'apprennent rien de la conversation. Répète après moi : Merci maman. Je t'écoute.
- Merci maman
Je tâchais de lutter contre les larmes qui commençaient à couler.
- Dis « Je t'aime maman ». Vas-y maintenant.
- Je t'aime maman
- Au revoir Tina. Il me tarde de te retrouver
Elle raccrocha, je gardais l'appareil collé à mon oreille, tétanisée par la peur, incapable de dénouer mes doigts. Je mis plusieurs secondes à reprendre le contrôle de moi-même...
Chapitre 45 :
Lentement, mes idées commencèrent à briser l'épais mur de douleur, à former un plan. Je n'avais plus le choix désormais, sinon celui de me rendre dans la salle aux miroirs pour y mourir. Je n'avais aucune garantie que je servirais seulement le faible espoir que Jodie se satisferait d'avoir gagné la partie, d'avoir vaincu Bette. La détresse me serrait le cœur. Je n'étais pas en mesure de marchander, je n'avais rien à offrir ni à refuser qui puisse l'influencer. J'étais coincée.
Je refoulais ma terreur du mieux possible. Ma décision était prise. Inutile de perdre du temps à se lamenter sur ce qui en ressortirait. Il était indispensable que je sois maîtresse de moi devant Shane, lui échapper était essentiel. Je ravalais mon affolement, ce n'était pas le moment. A la place, je me concentrais sur mon évasion. Shane patientait dans le salon, sûrement curieuse. J'avais cependant un dernier deuil à faire avant de la rejoindre. J'étais en effet obligée d'admettre que je ne reverrai plus jamais Bette. Même pas un bref aperçu de son visage à emporter avec moi dans la salle aux miroirs. J'allais la blesser, je ne lui dirai pas au revoir. Je m'autorisais à fondre en larmes.
Un peu plus tard, je sortis me ressaisir et affronter Shane. Mon expression parut inquiétante, je m'empressais de parler avant qu'elle ne me pose des questions. Je n'étais pas en état d'improviser.
-Ma mère est soucieuse, elle souhaitait rentrer à la maison, mais tout va bien, je l'en ai dissuadée.
- Je veillerais à ce qu'elle soit saine et sauve, Tina, tranquillise-toi.
Je me détournais. Impossible de lui montrer mon visage. Je découvris alors un calepin sur le bureau, je m'en approchais, concoctant déjà un plan. Il y avait également des enveloppes qui seraient pratiques.
- Shane, lançais-je en m'évertuant à garder une voix égale, si j'écris une lettre à ma mère, tu voudras bien la lui remettre ? Tu n'auras qu'à la laisser chez elle.
- Bien sûr Tina, je comptais descendre payer la note et prendre un peu l'air, mais toi tu ne bouges pas d'ici.
Son ton était prudent. Elle pressentait que j'étais à deux doigts de craquer. Je repartis vers la chambre.
Bette, écrivis-je la main tremblante, mes mots étaient à peine lisibles. Je t'aime et je suis vraiment désolée. Elle tient ma mère et je dois tenter quelque chose. Je suis consciente des risques. Je suis tellement, tellement désolée. N'en veux pas à Shane, si j'arrive à la semer, ça sera un miracle. Remercie-la de ma part, s'il te plaît. Et je t'en pris, je t'en supplie, ne la cherche pas, c'est ce qu'elle veut je crois. Je ne supporterais pas que quelqu'un court à sa perte à cause de moi, surtout toi. Comprends-moi bien, c'est la seule chose que je peux te demander maintenant. Fais le pour moi. Je t'aime, pardonne moi.
Tina.
Je pliais soigneusement l'enveloppe. Elle finirait par la trouver. J'espérais qu'elle se rangerait à mes raisons, ne serait-ce que cette fois. Ensuite je fermais soigneusement mon cœur.
Chapitre 46
La terreur, le désespoir, mon cœur brisé en mille morceaux, tout cela avait pris moins de temps que ce que j'avais prévu pour me sauter à la figure. Désormais les minutes, s'écoulaient plus lentement que d'ordinnaire.j'avais peur de me trouver dans la même pièce, qu'elle devine...Et j'avais peur de la fuir
-Shane ?
Elle tourna la tête, et ses pupilles se fixèrent sur moi
-oui ?
-du nouveau ?
-non rien, dis-moi tu veux un petit déjeuner ?
-non merci, je mangerai à ton retour
-ok
Tirant l'enveloppe blanche de ma poche, je la posai sur les genoux de Shane, elle me regarda
-ma lettre précisais-je
Elle acquiesça et la glissa dans sa poche, Bette L'aurait bien assez tôt
Les minutes s'écoulèrent, nous rapprochant de l'heure fatidique .Chaque parti de mon corps paraissait sentir espérer la prochaine arrivée de Bette. C'était une émotion assez stupéfiante et difficile à supporter.je me surpris à me chercher des excuses pour rester, pour l'apercevoir une dernière fois avant de me sauver
-bien Tina, Bette devrais plus tarder, elle part en direction de la maison de ta mère, je vais la rejoindre, enfin je serais là avant elle...Je te le répéterai jamais assez mais tu ne bouge pas d'ici, ok ?
-oui Shane
-je reviens vite avec Bette promis
Chapitre 47
Dès que la porte fut refermée sur moi, je me préparai avec méthode en me concentrant sur chaque détail...
Je filai à toute vitesse, j'atteignis les ascenseurs et glissai ma main entre les portes, par bonheur il descendait, je me faufilai entres des personnes agacés.
Aussitôt que les portes se rouvrire,je me ruai dehors je ralentis devant les agents de sécurité postés près des portes d'entrer, puis repartis de plus belle en sortant, en me retournant je vis Shane courbés contre le comptoir pour régler la note surement. Il n'y avait pas un taxi en vue sur le long du trottoir bondé, par chance un taxi je lui donner mon adresse indiquer sur un papier, je me perdis dans la contemplation de la ville, je ne pus m'empêcher d'imaginer Bette debout devant le salon, pleine de haine, de désespoir, lorsqu'elle aurait repéré ma trace. Je m'interdis de pleurer, j'avais encore du pain sur la planche
-je suis extrêmement préssé, ajoutais-je
-je ne peux pas aller plus vite, hurla le chauffeur
Je jetai un billet sur le siège avant
-ça suffira ?
-pas de problème
Je m'adossai contre la banquette arrière, bras croisés sur les genoux.la ville familière défilait derrière la vitre, mais je n'y prêtais aucune attention trop occupée à garder le contrôle de mes nerfs. J'étais bien décidée à ne pas craquer maintenant que mon plan avait fonctionnée. Mon destin était tracée je courrais face à la mort, bref au lieu de paniquer, je fermai les yeux et passé les vingt minutes que dura le trajet en compagnie de Bette...
Je rêvais que j'étais restée à l'hôtel pour accueillir Bette, elle aurait fendu la pièce avec grâce et aisance, toujours aussi téméraire, je me serrais jeter dans ses bras de marbre avec un immense sentiment de sécurité. Je me demandais où nous serions nous aller, dans un endroit frais pour qu'elle puis sortir au grand jour, pu dans un endroit chaud où nous aurions lézardée ensemble au soleil. Je l'imaginai sur la plage sa peau étincelante comme la mer, nous serions restées autant de temps que nécéssaire, ça n'aurait pas d'importance, être coincée sur une plage ensoleillé avec elle aurait été une sorte de paradis sur terre. J'aurais pu lui parler à l'infinis, sans jamais dormir, sans jamais la quitter, son visage m'apparaissait de façon si claire à présent...j'entendais presque sa voix, je sentais ses caresses douce et chaleureuse et malgré l'horreur et le désespoir je fus heureuse l'espace d'un instant. Plongée dans la rêverie qui me permettait d'oublier la réalité, j'avais perdu la notion du temps
-hé quel numéro ?
L'intervention du chauffeur me tira de mes pensées fantaisistes, effaçant les si jolies rougeurs qui faisaient craquer Bette, l'épouvante triste se rua aussitôt en moi
-7
-Nous y voilà
-merci murmurais-je
Chapitre 48
Inutile d'avoir peur, la maison était vide, je me ruai vers l'entrée et tendis automatiquement la main dans la cachette où elle rangeait ses clés, je déverrouillai la porte à l'intérieure tout était sombre vide, normal. Je courus cers le téléphone, allumant les lampes, sur le tableau blanc en ardoise, tracé d'une petite écriture fine et nette le numéro qu'elle m'avait indiquée. Mes doigts tremblaient tant que je dus m'y reprendre à plusieurs reprises avant d'y arriver, une main vacillante que je portai à mon oreille, il n'y eut qu'une seule tonalité...
-allo, Tina ?lança la voix détendue de Jodi, tu as fait vite, je suis impressionnée
-ma mère va bien ?
-très bien, ne t'inquiète pas elle ne présente aucun intérêt pour moi, sauf si tu n'es pas seule, bien sur
-je le suis
-parfait alors, tu connais le studio de danse qui se trouve dans ton quartier ?
-oui je sais où il se trouve
-à toute suite alors
Je raccrochai, je filai aussitôt, et me propulsai à l'extérieur, je ne m'attardai pas devant la maison, à quoi bon ?elle était vide, elle incarnait l'épouvante et non plus le sanctuaire qu'elle avait pu présenter autrefois, la dernière personne à avoir arpenté les pièces était mon ennemi...
Chapitre 49
J'avais eu l'impression de me trainer, comme si j'vais couru dans un sable, comme incapable de trouver une prise sur le trottoir en beton, je trébuchais à plusieurs reprises, tombai une fois même je m'écorchait les mains en voulant amortir ma chute, titubant pour mieux retomber ensuite. Je me relevai et j'aperçus le studio, tel que je me le rapelais, le parking était désert, les stores tiré. J'étais hors d'haleine, l'épuisement et l'effroi m'avait vidée. M'approchant de la porte vitrée je tournais prudemment la poignée le verrou n'était pas tirée. Le souffle court j'ouvrais le battant, le hall était sombre et désert, frais aussi car l'air conditionnée fonctionnait.la plus grande pièce était sombre et effrayante
La frayeur qui s'empara de moi était si puissante qu'elle me piégea littéralement, je me pétrifiai sur place
A cet instant la voix de ma mère résonna
-Tina ? Tina ?
Je me précipitai cers cette salle, je regardai autour de moi, essayant détecter, l'endroit ou elle se trouvait, elle rit je me retournai brusquement elle était là sur l'écran de télévision, sur cette vidéo elle m'avait crié dessus étant enfant « Tina, Tina ! »Affolée
Chapitre 50
L'écran devint noir...
Je pivotai sur mes talons, elle se tenait immobile, près de la sortie de secours, si figé que je ne l'avais même pas remarqué. Nous nous dévisageâmes longtemps puis elle me sourit, elle me frôla presque en allant reposer l'objet près de la télé. Je l'observais minutieusement
-désolée, Tina, mais il valait mieux que ta mère ne soit pas impliquée tu ne penses pas ?
Elle était courtois, presque gentil, alors je compris, ma mère ne risquait rien, je n'avais jamais été autant terrifiée pars ses yeux rouges sombre enfoncés dans la peau anormalement blême de la créature qui se tenait devant moi
-si répondis-je soulagée
- tu ne me sembles pas furieuse du petit tour que je t'ai jouée ?
-je ne le suis pas
Ma soudaine euphorie me donnait courage, quelle importance, de toute façon ?ça ne serait bientôt fini. Au fond de moi, une petite voix m'avertit pourtant que j'étais à deux doigts de craquer
-comme c'est étrange, tu es sincère
Ses prunelles foncées me jaugeaient avec intérêt .Les iris en était quasiment noirs, bordés d'une trace rubis, elle était assoiffée
-je dois reconnaître ça à ta race, reprit-elle, vous autres humains vous révélez parfois passionnant, tes motivations me désarçonnent on dirait qu'une part de toi n'a aucun instinct de survie...c'est fascinant
Bras croisées elle m'étudiait avec curiosité...
-j'imagine que tu vas me jurer tes grands dieux que Bette te vengeras ?
-non, en tout cas je lui ai demandée de ne pas le faire
-et comment a t-elle réagi-je ne sais pas je lui ai seulement laisse une lettre
-oh une lettre comme c'est romantique ! Respectera-t-elle tes dernières volontés ?ses intonations s'étaient durcies
-je l'espère
-cela t'ennuierait-il beaucoup si je laissais à mon tour une lettre de mon cru à ta chère et tendre Bette ?