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Série : The L Word
Création : 22.08.2008 à 17h12
Auteur : awywy
Statut : Terminée
Episode 3 - saison 6 virtuelle
Cette fanfic compte déjà 95 paragraphes
_ Tina ?
_ Oui ?
_ J'y ai beaucoup réfléchi, tu sais.
_ Et ?
Bette arrêta leur rotation. Son visage est devenu sérieux. Elles se retrouvèrent face à face. Tina devint anxieuse. Elle sentit Bette lui prendre ses mains dans les siennes.
_ Je veux que tu acceptes l'offre de Cooper.
_ Parce que ?
_ J'ai déjà eu ma chance et je souhaite à mon tour te soutenir professionnellement. Tu mériterais de saisir cette opportunité !
_ Je m'en fous de Cooper. Et il n'y a pas de règle dans notre couple qui dit que l'une de nous doit se sacrifier à tour de rôle.
_ Il ne s'agit pas de sacrifice. Pas pour ma part. Mes priorités ont changé. Ce n'est juste qu'un travail. Tant que ça a un rapport avec l'art, ça me suffit. Je veux être présente pour toi, pour Angie, pour le bébé. Notre famille, c'est ma priorité. Je vais refuser la fondation Peabody.
_ À cause d'Helena ?
_ Entre autre. Mais tu avais raison sur un point. Je ne vais pas prendre de risque inutile pour ma grossesse. Je vais aussi démissionner du CU. Je veux pouvoir disposer librement de mon emploi du temps. Je pensais rouvrir ma galerie, une petite pour commencer.
_ On a une autre solution qui nous permettrait d'accepter nos offres respectives : on pourrait déposer un dossier d'adoption ? Devant l'air surpris de Bette, Tina s'expliqua. Non, j'ai juste eu l'idée ce matin quand tu as parlé de Emma et d'Angie !
_ Oui, ça pourrait être une option, mais pour plus tard ? Là, j'ai envie de maternité tant que c'est possible encore: des millions de femme sont actives pendant leur grossesse. Pourquoi pas nous ?
_ Tu es vraiment décidé, n'est ce pas ? Je ne sais pas si on ne tente pas un peu le diable !? On vient de retrouver un certain équilibre, une stabilité dans notre relation. Je ne supporterais pas de revivre une fausse couche. Je trouve que tu prends trop à cœur cette histoire de bébé. Tu sais comme moi, le temps qu'il nous a fallu avant que je tombe enceinte la première fois. C'est juste que je ne veux pas que tu ais à souffrir d'une déception pour avoir tant espérer.
_ Je le sais, je t'assure je le sais. C'est pour cela, qu'on va mettre toutes les chances de notre coté. Je serais plus que attentive, je serais entourée de personnels extra qualifiés s'il le faut. Pas question de bassin d'accouchement, soit disant une bien belle idiotie, pas de musée à diriger ni de département à gérer. Et définitivement non à la fondation.
_ Je peux te dire quelque chose ?
_ Tu peux me dire tout ce que tu veux.
_ Je trouve que tu as changé. Ce n'est pas un reproche. Tu sais ce qui m'a vraiment fait peur avec la fondation ? Tu es Bette Porter, la Bette Porter que tout WestHo se damnerait pour une seule nuit avec toi. Et d'un coup, Peggy t'offre non seulement d'asseoir ta renommée mais en plus elle te donne du pouvoir ! Puissance et gloire, sacrée combinaison, c'est plus WestHo qui m'inquiète mais, tout le pays, le globe même. Dieu sait combien il y a de sénateur Grisham dehors prête à se jeter à tes pieds. Je ne sais pas si j'aurais les moyens et la force de pourfendre toutes ces prédatrices.
_ Toi aussi tu as changé. Tu es beaucoup plus sûre de toi, plus forte. Et tu as su garder en toi cette gentillesse, cette loyauté qui te caractérise. Parfois, ça me fait peur que tu sembles si indépendante. Je me dis que tu n'avais plus besoin de moi. Je ne saurais t'expliquer pourquoi j'ai craqué avec Candide, mais je ne conçois pas une seconde refaire la même erreur ; plus jamais je considérerais ton amour pour acquis ; tous les jours je m'efforcerais de te montrer que tu as eu raison de croire en nous à nouveau.
_ C'est une bonne chose qu'on ait 'mûri' ensemble tout en gardant cette affection qu'on a l'une pour l'autre ?
_ Tout ce qu'on pourra faire ensemble ne peut être que bon.
_ C'est si bon d'être dans tes bras. Et si on poursuivait cette discussion demain ? Que pense tu de plutôt finir la soirée.....à batifoler ?
_ Ici ?
_ Non, ne choquons pas plus la pauvre Emma. Viens, allons baptiser nos nouveaux draps !
_ Attends, j'ai quelque chose à te demander.
Tina l'avait prit par la main pour l'entraîner dans leur chambre quand Bette l'avait retenu et ramené vers elle. Tina resta perplexe. C'est si peu Bette de décliner leur jeu amoureux et de préférer prolonger une conversation à la place. Qu'y a-t-il de si important qui ne peut attendre demain ? Devant l'anxiété affichée, Bette tenta de la rassurer par un de ces irrésistibles sourires. Elle plongea sa main dans la poche de son pantalon et lui présenta l'instant d'après son poing fermé.
_ Quoi, tu veux que je devine ce que tu avais dans ta poche ?
Bette fit non de la tête.
_ Que je dise la formule magique ?
Bette haussa les épaules.
_ Je t'aime ?
_ Tu es en train de déclarer à mon poing que tu l'aimes ?
_ Je pourrais même déclarer à chaque parcelle de ton corps combien je les aime !
_ Bien tenté, mais c'est pas ça. Essaye encore ?
_ Abracadabra ?
_ Sésame ouvre toi ?
À chaque fois, Bette baissa son bras quand la réponse ne lui convenait pas. Avant de lui donner l'occasion de se retrouver carrément par terre, Tina changea de tactique. Elle se pencha et donna un baiser humide au poing. Se relevant, elle défia Bette du regard. Une seconde d'hésitation et Bette décida ouvrir sa paume. Au moment où Tina se rendit compte de ce qu'elle voyait, des larmes lui montèrent aux yeux. Si un sourire radieux apparaissait sur son visage, celui qu'avait Bette la minute d'avant avait disparu. Elle venait de se rendre compte que Tina s'était mépris de son geste. 'Merde, merde, merde', se dit-elle. ' Comment faire maintenant ?' Dans sa paume, se trouvait une alliance. Plus exactement sa bague. Celle qu'elles s'étaient échangées peu de temps après leur rencontre. Celle qu'elle avait dû enlever depuis l'affaire Candice. Et apparemment, les yeux emboués de larmes, Tina ne voyait qu'une bague. Pas leur bague.
_ Oh Bette !
_ Non, non, coupa Bette. C'est juste nos anciennes alliances !
_ Quoi ? Je...je comprends pas !
_ Tee, c'est ma bague, celle qu'on avait échangé des années avant. Je voulais te demander si tu avais toujours la tienne !? Durant ta semaine à Vancouver, je n'ai pas réussi à la retrouver dans tes affaires. Et puis, si tu étais d'accord, je voulais qu'on la remette à nouveau à nos doigts !
_ Oh !
Bette posa sa paume sur son visage. Elle lui offrit de nouveau son éclatant sourire. D'un mouvement délicat, elle lui essuya ses larmes.
_ Je te l'avais proposé tellement de fois. Et tu l'avais toujours refusé, pour cette raison idiote que je n'ai jamais approuvée. Je n'osais plus y croire ! Mais si tu me dis que tu es prête à reconsidérer cette raison, sois en sure je te le proposerais, à nouveau ! Je t'aime tant !
_ Ah ! Elle essaya de cacher sa déception. Oui bien sur, j'ai encore ma bague. D'habitude elle est dans un coin de ma boite à bijoux. Mais je l'emmène toujours avec moi dans mes déplacements. C'est bête, mais parfois j'ai besoin de la voir ou de la toucher. C'est un peu comme si tu étais avec moi ! Je vais la chercher.
Elle se précipita dans sa chambre. Elle s'attendait presque à ce que Bette la suive pour voir où elle l'avait caché. Mais non. Tant mieux d'ailleurs, ça lui laissait un peu de temps de se reprendre. Elle se trouvait idiote d'avoir cru que c'était une demande en mariage. En même temps, elle était déçue que ce n'en soit pas une ! 'C'est vrai quoi, le mariage est si conventionnel, si propre au paradigme hétérosexuel. Certes, mais il n'y a que des imbéciles qui ne changent pas d'avis, n'est ce pas ?'. Elle sortit la bague de son écrin. À la lumière, elle l'admira sous tous les angles. À l'intérieur, on pouvait lire l'inscription, Tout mon amour, Elizabeth J. Porter. Elle le porta à ses lèvres puis s'essuya le visage avant de repartir dans le patio. Bette était au même endroit, droite comme un i, mains derrière son dos. ' Pourvu que je ne lui ai pas mis la pression', pensa Tina. Elle se mit devant elle et lui présenta sa bague. Calmement, Bette la prit dans ses doigts et l'examina comme l'avait fait Tina tout à l'heure. Leurs regards se croisèrent.
_ Ecoute Betty, ce n'est pas du tout ce que tu as cru ! Je ne veux pas que tu te sentes obliger de...
_ Ça n'a jamais été une obligation. Au contraire c'est mon plus grand plaisir.
À la surprise de Tina, Bette posa un genou à terre et d'une main lui présenta sa bague.
_ Tina Kennard, voulez vous me faire l'honneur de devenir mon épouse ? J'aurais préféré t'offrir un cadre plus idyllique pour cette occasion, mais je ne voulais pas te décevoir une seconde de plus. Je me suis promis de faire tout mon possible pour te rendre heureuse. Si tel est ton désir, ceci est ma demande. Je ne saurais te dire combien tu es mon rêve devenu réalité. Accorde moi ce privilège de te prouver que je serais toujours tienne. Veux tu devenir ma femme ?
_ Oh Betty, tu me rends heureuse déjà, je n'ai pas besoin de romantisme. Je ne veux que toi.
_ C'est oui alors ?
_ Un grand OUI !
Bette se releva en la soulevant et se mit à tournoyer ensemble
_ Betty, je vais tomber !
Bette la déposa et lui offrit de son autre main une rose.
_ Désolée, dans ma hâte, je n'ai pu en arracher qu'une !
_ Et tu t'es coupée en plus. Elle lui prit son doigt et suça la goutte de sang. Et dire que tu ne voulais pas que je plante des rosiers !
Bette lui prit sa main gauche, se pencha pour déposer un baiser sur son annuaire avant de lui glisser la bague au doigt.
_ Madame Tina Kennard Porter, je promets de vous chérir jusqu'à la fin des temps.
Jenny maison, au même moment, cuisine
La maison est calme. Les enfants sont endormies. Jenny était en train de préparer du café, essayant de faire le moins de bruit possible. Quelle soirée excitante se dit-elle. Il suffit d'un rien pour tout bascule d'un coup. Que de tragédies. Et pour une fois, elle n'était nullement concernée. Le départ précipité de certain a mis fin à son spectacle. Qui eut cru que Papi et Kit ensemble ? Que Helena a la manie de passer derrière Betty ? Que Kit se tape le père et le fils ? Et que dire de Shane ? Allez comprendre pourquoi elle déchaîne autant de passion malgré sa réputation. À son retour à la maison, elle se promit d'en discuter sérieusement avec elle. Mais là, tout de suite, elle ne se sent concernée que par un drame à venir. Attrapant un plateau, elle y déposa tasses et cafetière, et se dirigea vers le studio. Il était temps de faire tomber les masques, et de jouer cartes sur table. Sur le chemin, elle aperçut ses voisines en train de s'embrasser près de la piscine. ' Oui mes amies, profitez en, car demain est un autre jour !' pensa t-elle.
Elle s'approcha du studio, la porte était ouverte. Emma lui faisait dos, trop occupée à épier entre les stores. Jenny se recula referma à moitié la porte avant de frapper doucement dessus.
_ Emma ? dit-elle doucement.
_ Entrez ma chère, entendit-elle.
Elle compta jusqu'à cinq et ouvrit la porte. Emma était près de son lit en train de défaire sa couverture.
_ Belle soirée, n'est ce pas ? dit elle avant en se retournant.
Jenny déposa le plateau sur la table et se plaça à l'endroit même où elle avait surpris Emma. Ecartant deux lamelles du doigt, elle pouvait voir Bette et Tina blotties l'une contre l'autre en train de danser sur elles même. Elle entendit Emma s'approcher de la table et servir le café dans les tasses. Se retournant, elle l'observa. Emma lui tendit sa tasse, visage souriant.
_ Qu’est ce qui vous tracasse Jenny ? De quoi voulez vous que nous nous parlons ?
_ Tellement de chose. Mes amies. Vous.
_ Vos amies soient ! Mais moi ?
_ Vous perdez votre temps Emma, vous avez du vous en rendre compte qu’elle est inaccessible ?
_ Eclairez ma lanterne, je vous prie !
_ J’ai vraiment cru que vous m’avez choisi pour mes talents d’écriture.
_ Ne soyez pas si dure avec vous-même. Vous avez un don pour l’écriture.
_ Certes, mais je ne suis qu’une parmi tant d’autres. Pourquoi moi, Emma ?
_ Pourquoi pas vous ?
_ Vous savez que je le sais Emma, pourquoi le nier encore ?
_ Que savez vous exactement ?
_ Que votre fichue biographie n’est qu’un prétexte pour vous approcher d’une personne.
_ Pourquoi cette personne ne serait-elle pas vous ?
_ Vous l’avez dit vous-même au dîner. Je cite ‘ Je n’ai pas flirté avec Jenny’. Effectivement, durant ces dernières semaines, vous n’avez rien tenté avec moi.
_ Certes, mais j’ai flirté avec aucune de vos amies aussi ! Qui donc pensez vous que je souhaite atteindre ?
_ Je n’ai pas été des vôtres au château Miraval !
_ Ah, on resserre donc le nombre de cible potentiel ?
_ Pas vraiment. Alice était la première que j’avais éliminée. Nous ne sommes pas vraiment en excellent terme comme vous l’avez pu remarquer. De même pour Tasha. Je la connais à peine.
_ Qui était donc la favorite de votre liste ?
_ Helena, évidemment. Mais vous êtes du même milieu. Vous n’avez pas besoin de moi pour la rencontrer ou l’approcher. Il vous suffisait de participer à ces cocktails mondains.
_ Continuez, c’est passionnant.
_ Il reste Shane. Mais nul besoin de stratagème pour atteindre Shane. C’est une fille facile si je peux le dire. Kit ? N’en parlons pas, jusqu’à ce soir, tout le monde sait qu’elle est la seule hétéro du groupe. Il ne reste que mes charmantes voisines. Alors, Bette ou Tina ? Ah telle est la question.
_ Si on suit votre raisonnement, il suffisait simplement que je joue les mécènes pour accéder à cette chère Bette. Quant à Tina, encore plus facile, je n’avais qu’à produire un de ces films d’auteur.
_ Exact ! Mais j’aime cette idée que je suis une pièce maîtresse de votre diabolique plan. Votre cible est prise. Vous avez besoin d’une approche plus subtile. De l’atteindre par l’intermédiaire d’une proche amie. Et malheureusement pour vous, Bette et moi nous sommes loin d’être proche.
_ Donc, Tina est ma cible ?
_ Ainsi soit-elle !
_ Vous avez oublié un petit détail : je suis hétérosexuelle. Pourquoi je ciblerais une lesbienne ?
_ Tina l’était avant de rencontrer Betty. Je l’étais avant de rencontrer Marina.
_ Vous savez Jenny, vos amies ont tort. Elles ont tort de ne pas vous appréciez à votre juste valeur. C’est tout à votre honneur de les protéger à leur insu. Elles n’ont vu de ‘Lez girls’ qu’une satire de leurs caractères. Seules de véritables amies n’ont pas peur de dire la vérité. Aussi blessante soit-elle. Je suis surprise que vous ne m’ayez pas dénoncé auprès d’elle ? À quoi jouez vous ?
_ Vous essayez de m’amadouer ?
Jenny posa sa tasse, et pensive retourna à la fenêtre. Elle a un choix crucial à faire. Instinctivement, elle regarda à travers les volets. La scène la surprit : Bette agenouillé, semblait montrer quelque chose à Tina. Puis la voix de Tina crier un ‘oui’.
_ Emma ? Ne pensez vous pas que vous faire l’erreur inverse de mes amies ?
_ Pardon ?
_ Certainement qu’elles me sous estiment. Elle lui fit face de nouveau. Mais je suis sûre aussi que de votre coté, vous m’avez sur estimé ! Je vais vous dire en quoi consiste mon jeu. Tout simplement à vous donner raison. Je suis celle qu’il vous faut. Je vais vous aider à atteindre Tina Kennard.
Fin épisode.