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Série : The L Word
Création : 15.09.2008 à 22h01
Auteur : Thea1
Statut : Terminée
Cross-over avec Private Practice et Grey's Anatomy, particulièrement centré sur Tibette et Callie-Erica
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6) Le collectionneur
Un jour, alors que le petit garçon vint voir son si précieux navire, il vit un homme en grande discussion avec l’antiquaire. Cet homme pointait régulièrement son doigt sur le Principessa et le petit garçon sentait la panique l’envahir, il était sans aucun doute ici pour l’acheter et l’emmener loin de lui. Il s’approcha de la vitrine et y colla son front pour mieux voir ce qui se passait à l’intérieur. L’antiquaire était sur le point de contracter le marché avec son acheteur potentiel lorsqu’il vit le petit garçon.
- Ecoutez monsieur, je comprends que ce modèle unique vous intéresse, mais je dois réfléchir. Le mieux serait que vous reveniez me voir demain.
L’homme était visiblement contrarié, mais tenta malgré tout de faire bonne figure.
- Vous savez, j’ai la plus grande collection de navires loin à la ronde et le Principessa est vraiment un très bel exemplaire que je tiens absolument à ajouter à mes autres pièces. Votre prix sera le mien.
Sur quoi l’antiquaire l’accompagna jusqu’à la porte du magasin. Le collectionneur s’en alla sans mot dire, sans même voir l’enfant qui, les yeux humides, observait toujours et encore son bateau. Les yeux noirs de l’antiquaire rencontrèrent pour la première fois les yeux bleus du petit homme avec un regard légèrement plus doux. Il lui tendit son mouchoir pour essuyer ses larmes qui perlaient encore le long de ses cils et de ses joues.
- Monsieur, je sais que je ne suis qu’un enfant, que c’est de ma faute si le Principessa s’est retrouvé tout seul au milieu du lac parce que je l’ai trop poussé. Vous et moi savons que je n’arriverai jamais à avoir suffisamment d’argent pour vous racheter le Principessa, même si je m’y efforce de toutes mes forces. Monsieur, ne pouvez-vous pas m’en faire cadeau ? Je vous en supplie.
Quoi de plus magnifique que l'innocence d'un enfant. Ca ne se résume pas à la foi en un père noël qui escalade une cheminée pour apporter ses cadeaux, ou à la petite souris qui laisse quelques pièces en échange de vos dents de lait. Non, l'innocence d'un enfant c'est de n'avoir encore jamais eu à douter de la bonté des adultes, c'est s'émerveiller sans cesse de la création, autant dans les petites que dans les grandes choses, et de croire que le monde est profondément bon, juste et beau. Que donnerait-on pour retrouver cette innocence trop tôt perdue? Mais toutes les richesses du monde n'y suffiraient pas, et pourtant, un simple regard posé sur un enfant qui dort du sommeil du juste nous résonscilie avec ce paradis perdu. L'innocence y apparait comme l'enfance de l'art, le commencement, mais également la fin de toute chose.
Bette passa sa mains dans les cheveux de sa fille endormie en repensant à ce que madame Jones lui avait dit quelques heureus plus tôt.
Mme Jones: Ecoutez mademoiselle Porter, je comprends que tout ceci soit extrêmement pénible pour vous, mais étant donné que mademoiselle Kennard ne désire plus partager votre vie, aucun tribunal n'accédera à votre demmande d'adoption pour les jumeaux. Evidemment vous pouvez toujours essayer, mais ce ne serait qu'une perte de temps et d'argent inutile.
Pensée de Bette: Personne ne peut comprende ce que c'est de devoir se battre pour pouvoir avoir un donneur, de tellement désirer ses enfants, qu'on est prêt à tout pour eux avant même qu'ils soient conçus, de les aimer de tout son être, alors qu'on ne discerne encore rien à l'échographie. Quoi qu'il arrive, ce sont et ce seront mes enfants à tout jamais.
Bette s'assit à son bureau où elle se mit à écrire à la lueur d'une bougie, alors qu'un chant d'amour, d'un vieux disque datant de ses études en France, retentissait doucement dans la pièce.
Voix: Y a-t-il quelque part un ruisseau d'eau pure? N'existe-t-il pas cet amour qui dure? Le bonheur est-il bref comme un orage en ciel d'été? Celui qui sait tout ça est homme plus heureux que moi...
Contre toute attente, Erica avait passé une bonne journée aux côtés de Mark. Ensemble ils avaient accompli un miracle depuis, en sauvant la vie à leur patiente. En rentrant chez elle vers 23H, elle ne put s’empêcher de prendre le combiné pour appeler sa dulcinée.
Callie se précipitant sur le téléphone : Erica… oui… je sors de la douche à l’instant…
Erica s’allongea sur lit, imaginant Callie tout juste vêtu d’un peignoir d’hôtel.
Callie ressentant la même chose : Et toi, qu’est-ce que tu portes... ton négligé en satin noir… hum…
Elle se laissa à son tour tomber sur le lit, désirant le corps et l’âme de la femme à l’autre bout du fil plus que tout au monde.
Erica faisant le geste : Laisse-moi défaire ton peignoir, afin de contempler ton corps magnifique.
Callie imaginant le regard d’Erica sur elle : Embrasse-moi bébé… j’ai besoin de ressentir tes lèvres posées sur moi…
Erica dans un souffle court : Je te promets d’en recouvrir chaque parcelle de ton corps…
Callie ferma les yeux et automatiquement sa main s’approcha de son intimité.
Erica entendant le souffle de plus en plus saccadée de sa partenaire : Es-tu bien en train de faire ce que j’imagine que tu fais…
Callie se laissant aller totalement à son plaisir : Je ne sais pas de quoi tu parles…
Erica dans un sourire : Surtout n’oublie pas que c’est mes doigts et mes lèvres qui sont posés sur toi en ce moment…
Callie dans un premier râle : Comment le pourrais-je… viens… viens… unis-toi à moi mon amour…
Erica submergée par le même plaisir : Je suis là… je suis totalement à toi… bébé…
Callie fut secouée dans ses entrailles par un premier orgasme, ensuite elles inversèrent les rôles et passèrent la nuit entière au téléphone.
Mes chers enfants,
Il y a quelque chose que je dois vous dire avant que vous ne vous aventuriez dans l’immensité du monde. Vous y trouverez du bon et du mauvais, mais tellement de surprises, alors embrassez la vie à bras grand ouverts.
Le chemin de la vie est long et raide, parfois vous devrez courir, parfois vous devrez ramper. Mais je serai là chaque fois que vous aurez besoin de moi, car mon amour pour vous ne mourra jamais.
Maintenez vos yeux et vos cœurs grands ouverts, ne soyez pas effrayés de vivre pleinement, car bien que le future change chaque matin, la vie a tant à vous offrir.
Et si un jour vous devriez vous égarer, je me laisserai trouver le long de votre chemin. Je serai là lorsque vous aurez besoin de moi, car mon amour pour vous ne mourra jamais.
Vous donnez à mon existence un visage souriant et apaisé, et personne d’autre ne pourra jamais vous remplacer. Je vous aimerai jusqu’aux étoiles au-dessus de vous. Toutes quitteront le ciel un jour, mais mon amour pour vous est éternel et ne mourra jamais.
Votre maman Bette
Bette avait peu dormi cette nuit-là, du coup elle était en retard pour le traditionnel rendez-vous du Planet pour y prendre le petit déjeuner au moins une fois par semaine avec ses amies. En plus, aujourd’hui était un jour un peu particulier, car Callie et Addison avaient donné leur aval pour que Tina sorte de l’hôpital et aille vivre avec Tasha et Alice jusqu’à l’accouchement. Lorsque Bette arriva, Alice était à nouveau dans un grand discours vantant ses mérites et prétendant que Tina faisait vraiment la plus grande erreur de sa vie en ne tentant pas d’arranger les choses avec Bette.
Bette gentiment, mais fermement : Vous êtes bien sympas les filles, mais vous vous trompez sur moi, je suis loin d’être aussi géniale que vous semblez le penser.
Alice voulu répliquer, mais Tasha lui fit signe de se taire, et Shane et Kit invitèrent Bette à prendre place.
Bette poursuivant : Vous voyez en moi une femme forte, intelligente, cultivée, belle, généreuse, aimable, en un mot, le parti idéal.
Alice tout bas, mais suffisamment fort pour qu’on l’entende : Ouais, malgré le monstre de contrôle que tu es évidemment.
Bette un sourire crispé : Justement, vous vous pensez sans cesse que ce trait de caractère prouve que je maîtrise le monde qui m’entoure, mais ce n’est que de la poudre aux yeux que je jette pour me protéger moi-même. En réalité je suis bien loin de maîtriser mon existence. J’ai sans cesse peur de mal faire, alors je suis tranchante dans mes propos et mes actions, afin de ne pas donner l’impression de tergiverser. Je n’ose pas donner l’impression que j’hésite, mais ce n’est pas envers les autres que j’agis ainsi, mais pour me protéger moi, mais souvent à cause de cela mon entourage me prend pour quelqu’un de distant et de dur même, sans parler que cette attitude blesse et fait souffrir autour de moi, sans même que je m’en rende compte.
Shane intervenant : Mais Bette, tu as le droit d’être telle que tu es, à nous de t’aimer dans ton entité propre.
Bette un rire noir : Arrête Shane, je sais très bien que vous toutes ici réunies vous vous taisez souvent devant mon caractère pour ne pas me blesser, pour ne pas que je me morfonde de peur de vous perdre. Je suis butée c’est vrai, mais en même temps j’apprécie qu’on me le dise, même si sur le moment je ne le reconnaîtrait sans doute jamais, j’y réfléchi très souvent ensuite. Vous pensez que Tina m’abandonne, mais ce n’est pas vrai, c’est moi qui l’est abandonnée bien avant, oubliant mes promesses envers elle et les siens, n’allant pas au bout des tâches qu’on et elle m’avait confiées. Jusqu’à présent je n’ai vu dans son attitude que le rejet qu’elle éprouvait pour moi, parce que je ne pouvais pas le comprendre, mais désormais je sais que c’est autre chose, que je n’ai pas encore identifié exactement, mais en tout cas c’est la seule manière pour elle de se reconstruire. Alors je vous en prie, soyez nos amies envers et contre tout, autant les siennes que les miennes, car Tina et moi sommes suffisamment adultes pour vous éviter de prendre parti et aussi pour nous comporter honorablement, malgré la cruauté des circonstances.
Tina avait le cœur léger ce matin-là au réveil. Après de trois longues semaines passées en cette chambre d’hôpital qui lui apparaissait de plus en plus comme une prison, malgré les nombreuses visites qu’elle y recevait, elle allait enfin pouvoir reprendre sa vie en main.
Angie courant pour se jeter dans ses bras : Maman, maman !
Tina ayant de la peine à tenir sur ses jambes : Doucement mon ange.
Angie se serrant contre elle : Tu m’as beaucoup manqué maman.
Tina riant : Toi aussi ma puce, et puis tu as encore grandi depuis la dernière fois que je t’ai vu.
Angie fièrement : C’est vrai ?!
Tasha entrant confuse : Je suis désolée Tina, mais elle court plus vite que moi.
Tina lui souriant : Et ben, si c’est comme ça que tu comptes rattraper les voyous, ce n’est pas rassurant pour la population. Mais je connais une personne qui sera ravie de travailler à ta remise en forme.
Addison derrière elles : Et en plus, c’est un vrai tyran, avec elle plus de sucreries et au moins quinze kilomètres par jour.
Callie faisant semblant d’être vexée : N’écoute pas tout ce qu’elles disent, je suis pire.
Tout le monde éclata de rire, alors que Alice arriva une fois de plus la dernière, se demandant bien pourquoi personne ne prit la parole pour lui expliquer se qui se passait.
Shane et Helena avaient fini les préparatifs chez Alice et Tasha pour y accueillir Tina dignement, ainsi que pour veiller sur le petit Jonathan. Elles s’étaient employées à faire de la place dans les placards du bas de la chambre d’amis pour faciliter l’accès vers ses affaires, étant donné que Tina se déplaçait toujours encore en chaise roulante.
Shane déposant Jonathan dans les bras de Tina : Bienvenue à la maison Tina.
Tina les larmes aux yeux : C’est magnifiques tout ce que vous avez fait pour moi les filles.
Helena lui indiquant la chambre : Attends, tu n’as encore rien vu.
Alice précisant : C’est Bette qui a fait un premier tri de tes affaires, afin que tu ne manques de rien le temps que tu vivras sous notre toit.
Devant cette révélation, Tina eut soudain un flash-back : Bette et elle parlant sur leur terrasse de l’éventualité d’avoir un second enfant.
Tasha alarmée : Tina, ça va, tu ne te sens pas bien ?
Tina cachant au mieux son trouble : Ce n’est rien, juste l’émotion.
La tribu resta encore le temps du repas agrémenté par les pitreries habituelles de Angelica qui fut reconduite par Shane auprès de Bette par la suite.
7) Le dilemme de l’antiquaire
Cette nuit, l’antiquaire n’arriva pas à trouver le sommeil, tellement il était tiraillé à l’intérieur de lui-même. Evidemment, en toute logique il devait vendre le Principessa au grand collectionneur. Non seulement à cause du côté financier, mais surtout parce que lui saurait en prendre soin, puisque habitué avec tous ses autres navires de grande valeur. Pourtant, l’antiquaire savait aussi que pour lui le trois-mâts ne représentait guère plus qu’une pièce supplémentaire à sa déjà très vaste collection, alors que pour le petit garçon, le Principessa demeurait l’unique, auquel il avait fait don de tout son amour. Evidemment que l’enfant ne serait pas le meilleur garant du bien-être du modèle réduit, et qu’il ne résisterait sans doute pas à le repousser sur les flots, bien que certainement avec beaucoup, beaucoup plus de prudence cette fois-ci. Finalement, comment savoir si le joyau devait naviguer pour son bien ou demeurer à l’abri dans une vitrine ? Sans oublier que c’était bien le petit garçon qui avait rénové la perle, il n’y avait aucun doute dans son esprit à ce propos, même s’il ne l’avait jamais directement reconnu devant l’enfant.
Déjà le cocorico du coq se fit entendre et les premiers rayons de soleil entrèrent dans sa chambre. Il se leva sans pour autant avoir tranché la question qui l’avait gardé éveillé durant toute la nuit. Il prit sa douche, son petit déjeuner et s’en alla vers son magasin où l’attendait silencieusement le Principessa, merveilleusement éclairé par un rayon de soleil et brillant de mille feux.
FIN
Bette fut profondément heurtée par la fin abrupte du livre qu’elle lisait à Angelica depuis des semaines maintenant. Comment diable l’histoire pouvait-elle s’achever ainsi ?
Bette jetant le livre sur le lit, frustrée : C’est pas possible, l’éditeur de ce bouquin aurait au moins pu s’assurer qu’il soit complet !
Angie surprise par de sa réaction : Pourquoi tu t’énerves maman ?
Bette se reprenant : Je suis désolée mon ange, mais il manque la fin de l’histoire.
Angie lui faisant de grands yeux : Le monsieur va rendre le bateau au petit garçon. L’histoire est finie et je trouve qu’elle est très jolie.
Bette fondant devant l’innocence de son enfant : Tu as raison mon ange. Allez viens dans mes bras, faire un gros, gros câlin.
Angelica s’exécuta le sourire aux lèvres, tout en prenant soin d’effacer de ses mains les quelques larmes qui avaient coulées le long des joues de sa maman. Bette emporta le livre dans sa chambre où elle découvrit une dernière note laissée par l’auteur :
Si tu étais à la place de l’antiquaire, que ferais-tu ?
(Nous voilà donc au point crucial de ma fiction, le point de non retour, le moment précis au l’étymologie exacte du mot « crise de vie » refait surface. Désormais il convient de faire un choix qui va influencer tout notre avenir. Je m’en vais vous proposer deux options parmi bien d’autres pour nos amies Tina et Bette.
Une première, idéale, un peu vue au travers de cette innocence de l’enfance que nous gardons j’espère tous un peu enfuit dans un recoin de notre âme, mais qui nous semble difficile d’accès et une seconde, malheureusement bien plus réaliste, comme le dirait l’esprit d’adulte qui a depuis pris place dans nos raisonnements quotidien jusqu’à notre cœur.)