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Série : Criminal Minds
Création : 19.05.2011 à 11h28
Auteur : Highland
Statut : Terminée
« L’équipe de la BAU doit retrouver Emily Prentiss avant que Ian Doyle ne l’attrape. » Highland
Cette fanfic compte déjà 8 paragraphes
-Titre : UNE PERSONNE TANT CONVOITEE (partie 2)
-Notes : SPOILERS SAISON 6, NOTAMMENT A PARTIR DE L’EPISODE 13 !! Donc si vous n’avez pas encore suivi la saison et que vous voulez garder le suspense, il vaut mieux que vous ne lisiez pas cette fic.
Cette fic est la deuxième partie de « Une personne tant convoitée ».
Bien qu’il soit conseillé de lire la première partie pour connaître les détails concernant les évènements qui vont se produire dans cette fic, je vais cependant vous faire un résumé qui j’espère sera compréhensible.
Précédemment, dans « Une personne convoitée »
-Près de deux ans se sont écoulés…
-JJ, qui revenait d’un séminaire à Los Angeles, s’est fait kidnapper par Ian Doyle. Ce dernier la torture pour découvrir où elle a remis les passeports à Emily Prentiss.
-L’équipe de la BAU découvre que JJ est aux mains de Doyle et par la même occasion, Hotch révèle la vérité au sujet d’Emily, à savoir qu’elle est toujours en vie et que JJ ainsi que deux membres de la CIA, dont l’un vient d’être tué, ont participé à sa relocalisation.
-JJ finit par avouer qu’elle a revu Emily à Paris, après que Doyle ait menacé de tuer son fils et son fiancé.
-La BAU retrouve JJ choquée par ce qu’elle a fait.
-Une course contre la montre s’en suit pour retrouver Emily, quête qui s’avère d’autant plus compliquée que celle-ci a délaissé ses passeports pour acquérir une nouvelle identité. Mais l’équipe de profilers réussissent à avoir une piste en supposant qu’Emily est allée vivre là où Declan et Louise Jones sont, et qu’elle a peut-être fait appel à un contact. Le contact suspecté est un agent de la DGSE, François Damanier, qui a travaillé sur une mission avec Emily quand elle était encore à la CIA.
-La BAU fait appel également à Clyde Easter, des services de renseignements Britanniques et ancien coéquipier d’Emily, qui apporte une piste qui supporte l’hypothèse de l’équipe, qui s’apprête à s’envoler pour Paris.
-Nous découvrons qu’Emily a un compagnon et une petite fille, et qu’elle a rendez-vous avec François Damanier non loin de l’Arc de Triomphe pour lui faire part de ses doutes quant au retour d’Ian Doyle après qu’elle ait appris que l’un des agents de la CIA qui l’avait aidée est mort.
… Emily et François Damanier continuaient leur discussion, assis sur un banc, avec la silhouette de l’Arc de Triomphe au loin derrière eux.
-Damanier : Je n’ai pas trouvé grand-chose sur tes amis de la BAU, mais aucun agent du FBI n’est mort ces derniers jours, ce qui est plutôt bon signe. Par contre, un avis de recherche a été réactivé sur Ian Doyle. Tu avais raison de t’inquiéter.
-Emily, effondrée : Il est de retour… Il va me retrouver…
-Damanier : Et comment ?? Il ne sait même pas que tu as changé deux fois d’identité !
-Emily : Il est plein de ressources. Croies-moi. Ce n’est qu’une question de temps avant qu’il ne débarque à Paris. Paul, Alexandra, Louise et Declan son en danger… Toi aussi.
-Damanier : Je n’ai pas peur de lui.
-Emily : Tu devrais…
-Damanier : Ecoute-moi, Emily. Il y a longtemps, je t’avais fait la promesse de t’aider si tu en avais besoin. Je compte bien tenir cette promesse et ce, jusqu’au bout, quoi qu’il arrive. Tu ne pourras pas faire grand-chose toute seule, même avec tes armes. Tu ne te débarrasseras pas de moi aussi facilement.
-Emily : Merci, François.
-Damanier : On va tous les protéger.
François posa une main sur l’épaule d’Emily, pour l’assurer qu’elle pourrait compter sur lui.
Bureau du FBI, Quantico, Mercredi, fin d’après-midi :
Aaron, Dave, Derek, Spencer, Penelope et Ashley, accompagnés de Clyde Easter, se dirigeaient, bagage à la main, vers les ascenseurs pour s’envoler vers la France. Sur le chemin, Clyde, qui marchait en tête avec Aaron, lui disait :
-Easter : Notre contact là-bas sera l’agent Noémie Legrand. Elle dirige un des services de la DGSE… Un avis de recherche a été lancé sur Doyle… Bien que j’aie le pressentiment qu’il va réussir à contourner les contrôles…
-Aaron : Il est doué pour échapper aux autorités… JJ ???
Le groupe d’agents s’arrêta, surpris, à quelques mètres des ascenseurs. L’agent Jennifer Jareau se dressait devant eux. Son visage portait encore les stigmates des coups de Doyle, et laissait paraître visiblement la fatigue et la douleur physique et morale qui avaient pris d’assaut la jeune femme ces derniers jours. JJ avait un bandage sur le front et une attelle immobilisait sa main gauche. Spencer s’exprima :
-Spencer : Je croyais que tu devais rester à l’hôpital…
-JJ : Je me suis enfuie. Il était hors de question que je passe un deuxième jour entier à roupiller…
Elle jeta un coup d’œil furtif en direction du sol pour voir les bagages que ses collègues tenaient. Elle reprit :
-JJ : Vous allez à Paris, n’est-ce pas ?
-Aaron : Oui…
-JJ, sur un ton ferme : Je viens avec vous.
-Aaron : Tu es encore faible… Et Henry et Will ont besoin de toi…
C’était sans compter sur la détermination de JJ.
-JJ : A cause de moi, Emily est en danger, alors je viens, Hotch, que vous le vouliez ou non. Will comprend. Et puis si jamais je ne me sens pas bien, il y a des médecins à Paris… Mais je viens.
Aaron regarda Dave qui fit une moue signifiant qu’il avait intérêt à ne pas laisser JJ à Washington. Aaron finit par accepter, en réalité, il n’avait pas vraiment le choix.
-Aaron : Ravi de te revoir.
« Celui qui dit un mensonge ne prévoit point le travail qu’il entrepend ;
car il faudra qu’il en invente mille autres pour soutenir le premier »
Alexander Pope
Bureau de la DGSE, Paris, Jeudi matin :
L’agent François Damanier longeait les bureaux d’un des services de l’agence des renseignements Français. Il était légèrement intrigué. Alors qu’il avançait, certains membres du personnel de ce service le regardaient, avec interrogation. François détestait ce genre de regard. Il avait l’impression d’être un objet d’exposition. Heureusement pour lui, il arriva vite au niveau de la porte d’un bureau. Il frappa puis entra. Il y découvrit à l’intérieur, quatre femmes et cinq hommes. Il ne reconnut qu’une personne, en la personne de la femme qui était assise au bureau et qui feuilletait un dossier. François s’adressa à cette femme :
-Damanier : Bonjour, agent Legrand. Mon chef m’a dit que vous désiriez me voir.
-Legrand : Merci d’être venu aussi vite, agent Damanier.
Au plus grand étonnement de Damanier, Legrand se mit soudainement à parler en Anglais.
-Legrand : Je vous présente les agents Hotchner, Rossi, Morgan, Seaver, Jareau, le docteur Reid et mademoiselle Garcia, du FBI, et l’agent Easter, du SIS Britannique. J’ai reçu un coup de fil du SIS, de la CIA et du FBI. Ces organisations nous ont demandé notre aide pour arrêter un terroriste répondant au nom d’Ian Doyle, en fuite depuis deux ans. Il s’avère que vous seriez en possession d’informations capitales pour la réussite de cette opération, agent Damanier.
A l’annonce des noms des visiteurs, Damanier sut exactement de quoi il en retournait. Cependant, il resta neutre. Il se tourna vers le groupe du FBI et du SIS.
-Damanier : En quoi puis-je vous aider ?
-Aaron : Agent Damanier, nous sommes venus en France pour retrouver une de nos amies que vous connaissez. Il s’agit de l’agent Emily Prentiss.
-Damanier : Ça fait un bail que je ne l’ai pas vue…
Damanier avait bien évidemment menti. L’homme le plus jeune du groupe s’adressa à lui.
-Spencer : Nous sommes ici pour l’aider car il y a un dangereux terroriste qui veut la tuer. Elle vous a sûrement dit de vous taire, pour nous protéger. Mais je vous en prie, elle est en danger de mort. Elle a déjà essayé de nous protéger en affrontant seule Doyle, et ça a mal tourné. Cette fois-ci, nous ferons tout pour que cela ne se reproduise plus. Nous ne voulons pas la perdre. S’il vous plaît, aidez-nous. Aidez-là, parce qu’elle ne pourra pas lutter toute seule. Nous avons parcouru des milliers de kilomètres pour elle. Je vous en supplie, si vous savez quoi que ce soit, aidez-nous.
Damanier regarda ce jeune Américain. S’il avait continué, il aurait sûrement versé une larme. François comprit que cet homme, tout comme ses collègues, tenait énormément à Emily, et qu’il était prêt à l’aider quel que soit le danger. François réfléchit un court instant. Il connaissait l’histoire d’Emily. Elle était une femme forte, mais aussi forte soit-elle, elle ne pourrait pas combattre et protéger cinq vies dont la sienne par elle-même. Elle s’isolait au maximum pour écarter le plus de monde possible de ce danger. Mais elle avait quand même besoin de renfort. On a toujours besoin de renfort, en particulier pour les situations les plus critiques, et en particulier si l’ennemi est puissant. Emily lui en voudrait certainement pour avoir parlé à ses amis du FBI et du SIS qu’elle affectionnait, mais cette petite trahison était nécessaire. François Damanier répondit à la demande de Reid :
-Damanier : Emily va m’en vouloir pour avoir cafté, mais c’est pour son bien…
Il n’imagina pas l’intensité de la joie et du soulagement que chacun des étrangers devant lui éprouva à sa phrase.
Domicile d’Emily et Paul, Paris :
Les situations de crise étaient toujours très difficiles à gérer. Elle le savait bien. Cependant, à la différence des situations sensibles auxquelles elle avait du faire face dans sa vie antérieure, celles qui impliquaient sa famille revêtaient un aspect différent. Emily Prentiss devait absolument éloigner Paul et Alexandra, mais elle devait faire preuve de beaucoup de tact pour ne pas intriguer et effrayer son compagnon, ce qui s’avérait très complexe, d’autant plus que celui-ci venait de refuser sa proposition, et lui en donnait les raisons, dans le salon.
-Paul : Jessica, je ne peux pas partir comme ça ! Je travaille sur un important projet d’acquisition depuis des mois. Que va penser mon patron si je lui annonce que j’ai décidé de partir subitement en congé sabbatique ?
-Emily/Jessica : Tu t’es sué pour lui. T’accorder le repos serait la moindre des choses qu’il puisse faire pour toi.
-Paul : Hein ?? Non ! Enfin, le Canada… C’est… Pourquoi cette soudaine envie de s’exiler ??? Tu ne te plais pas à Paris ?
-Emily/Jessica : Ce n’est pas ça…
Emily fut sauvée par les pleurs de son bébé qui s’élevèrent de sa chambre.
-Paul : J’y vais.
Paul s’éclipsa. Emily était dans l’impasse. Elle ne put réfléchir davantage car la sonnerie de la porte d’entrée retentit, réveillant en elle ses peurs profondes. La jeune femme se précipita sur le sac à main qu’elle avait posé sur une commode. Elle en sortit un pistolet et s’approcha silencieusement du judas. Ce qu’elle vit la choqua, dans le positif car elle ouvrit la porte. Elle se retrouva en face de François Damanier, Aaron Hotchner, David Rossi et Clyde Easter. Emily prononça, en regardant ses visiteurs, sûrement pour confirmer ce qu’elle voyait :
-Emily : Hotch ?!?! Rossi ?!?! Easter ?!?!
Emily fusilla aussitôt François du regard. Celui-ci se justifia, dans la langue de Shakespeare :
-Damanier : Désolé, Emily. Mais il le fallait… D’ailleurs, ils ne m’auraient pas lâché avant de t’avoir revue…
Aaron lui dit, avec beaucoup d’émotion dans la voix :
-Aaron : Ça fait du bien de te voir, Emily…
Personne n’avait remarqué le retour de Paul dans le salon avec la petite Alexandra dans les bras. Le père indiqua sa présence par une expression de profonde incompréhension, en Anglais :
-Paul : Excusez-moi, mais pourquoi est-ce que vous venez de l’appeler Emily ?? Elle s’appelle Jessica… (Son visage se figea quand il vit le pistolet dans la main d’Emily) Nom d’un chien, mais d’où est-ce que tu sors ça ??!??!
Emily ou Jessica regarda alternativement Paul et ses visiteurs. Les choses n’allaient pas en se simplifiant. Dave lui demanda alors :
-David : Il ne sait rien ??
-Paul : Qu’est-ce que je ne sais pas ?!!?? Jessica ??!?! Qui sont ces hommes ??!?!! Pourquoi tu as une arme dans la main ?!!?!
Paul était complètement déboussolé. Et il n’était pas au bout de ses peines, pensa Emily…
… Plus tard, toujours dans le salon, Paul était affalé dans le canapé, avec Alexandra. Il se remettait du choc provoqué par la déferlante de révélations qu’il venait de prendre en pleine figure. Emily était à côté de lui sur le canapé, tandis que les trois autres hommes étaient restés debout. Aaron, piqué par sa curiosité, s’était approché d’une commode et observait discrètement les cadres photo qui trônaient dessus. Emily, quant à elle, osait à peine regarder Paul. Celui-ci, bien que bouleversé, retrouva l’usage de la parole. Il fit des reproches à Emily.
-Paul : Tu m’avais dit qu’un meurtrier avait essayé de t’assassiner et que tu étais venue à Paris pour recommencer une nouvelle vie… Aujourd’hui, j’apprends que tu es un ancien agent du FBI et de la CIA, qu’un terroriste te recherche et que ton nom n’est pas Jessica Denis, mais Emily Prentiss ?!?!??! … Et je suppose que tu n’es pas non plus orpheline …
Emily répondit sans le regarder.
-Emily : En effet…
-Paul : Est-ce que je dois m’attendre à ce qu’il y ait un mari et un enfant cachés ?
Cette fois-ci, Emily leva les yeux vers lui.
-Emily : Non. Il n’y a que toi et Alexandra… Je suis désolée, Paul…
Emily voulut lui prendre la main mais Paul se leva comme si Emily était sur le point de le contaminer par un virus rien qu’en le touchant. Il déversa le flot de déception qui pesait sur lui :
-Paul : Tu m’as menti sur tout, alors que moi, je t’ai fait confiance ! Je ne sais même plus qui tu es ! Et maintenant, Alexandra et moi sommes en danger ! Comment as-tu pu nous mêler à ça ??... Je vais dans la chambre.
Paul préféra s’isoler car regarder cette femme qu’il aimait était devenu trop dur. Un silence désagréable envahit le salon. Clyde s’assit auprès d’Emily et lui remonta le moral.
-Easter : Je suis désolé qu’il ait du l’apprendre de cette façon…
-Emily, fataliste : C’était inévitable… J’aurai du tout lui dire depuis longtemps…
-Easter : Il y a certaines vérités qui sont dures à supporter… Paul s’en remettra… Il faut juste qu’il encaisse.
Emily retrouva sa détermination et dit :
-Emily : Que fait-on pour Doyle, à présent ?
-David : Il te cherche parce qu’il a besoin de toi pour retrouver Declan… Au fait, comment est-il au courant que Declan est vivant ?
-Emily : Et bien… Je lui ai dit.
David, Aaron et Clyde dévisagèrent Emily, ahuris qu’elle ait été à l’origine de cette fuite.
-Easter : Mais pourquoi ???
-Emily : Je savais que vous (Elle regarda furtivement les trois hommes) viendrez… A vrai dire, je ne sais pas pourquoi j’ai commis cette erreur… Je pensais qu’on allait mettre fin à sa cavale une bonne fois pour toutes, alors je lui ai fait une faveur…
-Aaron, désolé : Mais nous sommes arrivés trop tard… Est-ce que Declan vit à Paris ?
-Emily : Oui. Louise et lui ont une meilleure vie…
-Aaron : Alors il faut les mettre sous surveillance…
-Emily : Il va falloir leur expliquer la situation, mais je ne veux pas perturber Declan…
-David : Aucun d’entre eux n’est au courant que Doyle est revenu ?
-Emily : Non. Ni que je suis à Paris. Je les ai seulement surveillés de loin... De temps à autre, je m’assurais que tout allait bien pour eux…
-David, à Damanier : Est-ce vous qui vous êtes occupé des nouveaux papiers de Louise et Declan ?
-Damanier : Oui, c’est moi.
-Emily : Il m’a aussi donné de nouveaux papiers…
-Aaron : Comment Carr a-t-il su que tu avais changé d’identité ?
-Emily : En cas d’urgence, on communiquait sur un forum, sur Internet.
-Aaron : Bon. On va retourner à la DGSE…
-Emily : Et Declan et Louise ?
-Aaron : L’équipe attend ton retour avec impatience, Emily…
-Emily : Ah oui, bien sûr…
-Damanier : Je vais les surveiller en vous attendant. Vous me rejoindrez pour tout leur expliquer après les retrouvailles.
-Aaron, à Emily : On va aussi mettre ta famille sous protection.
Emily réalisa pleinement la spirale infernale qui venait de se former autour d’elle. Le cauchemar recommençait.
Quartier général de la DGSE, Paris, Jeudi, milieu d’après-midi :
Spencer Reid, Penelope Garcia, Ashley Seaver, Derek Morgan et Jennifer Jareau trépignaient d’impatience dans le service de Noémie Legrand. Ashley, qui faisait face à l’entrée, donna un petit coup de coude à Derek pour lui indiquer que les personnes qu’ils attendaient étaient enfin arrivées. Chacun des membres de la BAU resté à la DGSE tourna la tête vers le seuil du service, et en resta figé comme un piquet, tant l’émotion était forte. Emily Prentiss, qu’ils avaient crue décédée, s’avançait vers eux, suivie par Aaron, David, Clyde et cet homme avec un berceau. Mais les membres du FBI n’avaient d’yeux que pour Emily. La scène paraissait presqu’irréelle, comme sortie tout droit d’un songe. Les agents et l’analyste mirent plusieurs secondes pour prendre conscience qu’Emily était bel et bien devant eux, en pleine forme. Finalement, Penelope fut la première à réagir en sautant au cou d’Emily pour la serrer fort contre elle, des larmes de bonheur aux yeux.
-Penelope : Emily ! Emily !! Emily !!! Tu m’as tellement manquée !!! Je suis si heureuse de te voir !!!!
Les yeux d’Emily s’embuèrent de larmes d’émotion. Cette réaction physique se manifesta chez les autres membres qui l’avaient attendue.
-Emily : Toi aussi tu m’as manquée, Garcia…
-Penelope : Ne nous refais plus jamais un truc pareil !!!!
L’ordre de Penelope traduisait plus sa joie extrême et inespérée de revoir son amie que son sentiment d’avoir été trompée. Garcia se poussa ensuite pour laisser ses coéquipiers prendre Emily dans leurs bras. Les retrouvailles furent très intenses. Spencer pleura à chaudes larmes sur l’épaule d’Emily, en hoquetant :
-Spencer : Tu es en vie !... Tu es en vie !
Le tour de Derek arriva. Il fut suivi par Ashley. JJ arriva en dernier. Emily s’inquiéta en voyant le visage creusé par la fatigue de son amie. Devant son regard interrogateur et soucieux, JJ se contenta de dire, pour ne pas gâcher ce bel évènement :
-JJ : Une longue histoire, mais t’en fais pas pour moi.
Après qu’Emily et JJ se soient séparées, Garcia prêta enfin une grande attention à cet homme qui tenait ce berceau et qui s’était mis à l’écart. Penelope demanda à voix basse à Emily :
-Penelope : Emily, qui est cet homme ?
Emily se retourna vers Paul et fit les présentations.
-Emily : Les amis, je vous présente Paul Bressac et notre fille, Alexandra.
Paul, par politesse, s’approcha du groupe. Emily continua.
-Emily : Paul, Alexandra, voici Jennifer Jareau, Ashley Seaver, Derek Morgan, Spencer Reid et Penelope Garcia.
-Paul, au groupe : Bonjour.
-Penelope : Nous sommes enchantés de faire votre connaissance…
Les amis d’Emily s’émerveillèrent devant le petit bébé.
-Penelope : Bonjour ma petite. Je suis honorée de faire ta connaissance !
-JJ : Quel petit chou…
-Ashley : Quel âge a-t-elle ?
-Emily : Deux mois et demi.
-Spencer : Elle est adorable…
-Derek : Emily Prentiss mariée et mère de famille, quel changement !
-Paul : On n’est pas marié.
Paul avait transmis cette information avec un ton distant et froid. Il ne regardait pas non plus Emily, ne pouvant soutenir son regard. JJ, Penelope, Ashley, Spencer et Derek sentirent le malaise entre Emily et Paul, malaise engendré par la situation. David intervint et invita Paul :
-David : Laissez-moi vous offrir quelque chose à boire, monsieur Bressac.
David accompagna Paul et Alexandra dans une salle de repos. Paul se laissa guider sans accorder le moindre contact visuel à Emily.
-Spencer : Il est encore bouleversé par cette histoire…
-Emily : C’est loin de s’arranger…
-Penelope : Ça s’arrangera… Mais toi, tu as intérêt à tout nous raconter ! Je veux tout savoir ! Comment vous vous êtes rencontrés, comment est le « French kiss »…
-Emily : Le « French kiss » ?
-Penelope : J’ai entendu dire que les Frenchies avaient une façon unique d’embrasser…
Tout le monde sourit à cette remarque. Du Penelope tout craché.
-Emily : Promis, vous connaîtrez toute l’histoire…
-Aaron : Mais d’abord, il faut trouver Doyle…
-Emily : En parlant de trouver Doyle… Comment lui a-t-il su que j’étais encore en vie ?
Emily jeta un regard interrogateur à ses collègues. JJ fut la seule à détourner les yeux…
… Un peu plus tard, l’équipe de la BAU, sans David, faisait un résumé à Emily, dans une salle de réunion.
-Ashley : … Daniels a amené Doyle à Barston, la chef des archives, pour qu’elle lui donne des renseignements sur les fichiers Valhalla et ton dossier personnel. Doyle voulait agir dans la discrétion pour trouver des indices sur son fils, c’est pourquoi il ne les a pas piratés…
-Derek : … Il a découvert le nom de Carr dans le dossier Valhalla. Comme il connaissait le nom de tous les agents qui avaient participé à cette mission, il s’est posé des questions. Il a eu accès à son dossier via Barston et a appris qu’il s’était déjà occupé de missions de protection de témoins et d’agents…
-Spencer : … Il a compris que tu étais encore en vie et que Carr s’était chargé de te procurer une nouvelle identité. Il l’a kidnappé et torturé à mort. Comme Carr n’avait rien dit, Doyle a fait enterrer son corps dans les Appalaches et s’est servi de Daniels pour voler des fichiers de la CIA et les cacher chez Carr pour qu’on croie qu’il était un traître…
-Aaron : … Entretemps, Doyle n’a pas abandonné son projet. Il a forcé Daniels à pirater l’historique des appels de Carr pendant la période où tu es partie. C’est là qu’il a découvert que Carr avait appelé JJ deux fois et que JJ était un ancien membre de notre équipe et membre du Département d’Etat…
-Spencer : Il l’a kidnappée et torturée pour qu’elle lui révèle le lieu où elle t’avait remis tes passeports. Comme Carr n’avait pas passé d’autres appels vers des correspondants inconnus, Doyle en est arrivé à cette conclusion…
-JJ : … Et j’ai parlé.
Emily dévisagea JJ avec incompréhension. JJ baissa les yeux, de honte. Derek apporta l’élément que JJ avait sciemment omis de dire tant elle était rongée par la culpabilité.
-Derek : Après avoir torturé JJ, Doyle a fait pression en menaçant de tuer Will et Henry.
Emily ne put qu’éprouver de la compassion pour JJ quand elle prit connaissance du dilemme auquel elle avait été confrontée.
-Emily : Tu n’avais pas le choix, JJ… J’espère que Will et Henry vont bien.
-JJ : Oui… Mais à cause de moi, c’est ta famille qui est dans la ligne de mire…
-Emily : Tu n’as absolument rien à te reprocher… Je suppose que Doyle n’a pas fait ça tout seul… Il a du avoir de l’aide, non ?
-JJ : Il en avait une… J’ai vu un de ses complices. Il assistait Doyle pendant mes tortures… Mais Doyle le traitait plus comme son égal que comme son subordonné… Il était grand, la trentaine, blond… Doyle l’a appelé Seamus…
Cette description et le prénom ravivèrent les souvenirs d’Emily.
-Emily : Seamus Keane.
-Derek : Tu le connais ?
-Emily : Je ne suis pas sûre qu’il s’agisse bien de lui, mais c’est possible… Doyle a recruté Keane il y a des années. Il est rapidement monté en grade, et Doyle l’appréciait. Après l’arrestation de Doyle, Keane a disparu… On n’a toujours aucune nouvelle de Doyle ?
-Ashley : S’il est arrivé en France, alors il a été très discret.
-Emily : On pourrait lui tendre un piège… Il me veut, alors je n’ai qu’à me présenter à lui…
-Aaron : C’est très risqué…
-Emily : Vous êtes là, je n’aurai rien à craindre…
-Aaron : Je préfère quand même utiliser cette option en dernier recours. Pour l’instant, recherchons tous les appuis que Doyle peut avoir en France, et vérifions si Keane est bien avec lui… Mais avant tout, il faut rendre visite à Louise et Declan.
Dans un immeuble, centre ville de Paris :
Declan avait bien grandi depuis l’époque où il avait habité dans cette villa en Toscane. A présent, il vivait dans un appartement à l’intérieur charmant. Declan s’était métamorphosé en jeune adolescent bien bâti d’à peine quinze ans. Il avait opté pour une coupe très courte. Le jeune garçon se dirigeait vers la porte d’entrée pour l’ouvrir, après avoir entendu la sonnerie. Quelle fut sa surprise en voyant cette femme aux yeux marrons et cheveux noirs, accompagnée de deux hommes. Quelle fut sa surprise en voyant cette femme qui avait partagé sa vie le temps d’une courte période, dans cette villa, en Toscane. Quelle fut sa surprise en voyant cette femme avec laquelle il avait joué. Cette femme qu’il n’avait plus jamais revue après cet étrange jeu dans lequel, après avoir ligoté sa mère et lui et lancé de la peinture rouge sur le mur, elle leur avait demandé de fermer les yeux et de ne plus bouger. Il y a des visages qu’on n’oublie jamais, et le visage de cette femme en faisait partie. Declan était heureux de revoir ce visage. Il s’exprima, en Anglais, langue qu’il avait utilisée pour communiquer avec elle.
-Declan : Lauren !! C’est bien toi ??
-Emily/Lauren : Salut, Declan.
Declan serra dans ses bras avec beaucoup d’enthousiasme et de tendresse Lauren. Il s’écarta ensuite pour crier vers l’intérieur de la maison.
-Declan : Maman !!!! Lauren est là !!!!! …
… Un instant plus tard, Emily, Aaron, François et Declan s’étaient installés dans un canapé et des fauteuils du salon. Louise déposait des rafraichissements sur la table basse. Les visiteurs la remercièrent. Declan était très ravi de revoir Emily et lui racontait sa vie.
-Declan : … Je fais du scoutisme… Avec mes camarades, on rend souvent visite aux personnes âgées dans les maisons de retraite pour leur tenir compagnie. On joue aux cartes ou aux jeux de société avec elles. On leur fait la lecture... On vend aussi plein de choses pour récolter des fonds pour venir en aide à des enfants en Afrique…
Louise compléta, avec fierté :
-Louise : Declan est en plus un très bon élève à l’école ! Il a terminé premier de sa classe ce semestre !
Emily ressentait une certaine émotion en découvrant la nouvelle vie de Declan, bien plus belle, douce et remplie de meilleures perspectives que la vie de violence et de meurtres que son père avait prévue pour lui.
-Emily : C’est magnifique…
-Declan : Tu sais, Lauren, c’était marrant ce qu’on a fait à Boston…
Declan faisait référence au stratagème de fausse mort mis au point par Emily il y a des années pour protéger Louise et lui. Emily fit un sourire forcé. Louise reprit la discussion, comprenant que la présence d’Emily et de ses accompagnateurs ne devaient pas être due au hasard.
-Louise : Mais dis-moi, Declan, n’es-tu pas censé aller à ton cours de rugby ?
-Damanier : Je vais l’accompagner…
-Declan : Faut pas vous déranger pour moi, monsieur Damanier…
-Emily : Non, François sera ravi de le faire.
Emily regarda furtivement Louise qui saisit la nécessité de faire accompagner Declan.
-Louise : Allez, Declan, profite-en.
-Declan : D’accord. (A Emily) C’était cool de te revoir ! Tu seras là quand je reviendrai ?
-Emily/Lauren : Bien sûr !
Declan fut content de cette réponse. Il prit son sac qui traînait sur le sol et s’en alla avec Damanier, laissant Louise avec Emily et Aaron. Une fois que le claquement de la porte retentit, Louise s’exprima :
-Louise : C’est à propos d’Ian Doyle, n’est-ce pas ?
-Emily : Malheureusement, oui. Il s’est échappé de prison et a appris que Declan était toujours en vie. Il se peut qu’il soit à Paris.
-Louise : Il va falloir qu’on se cache à nouveau ? Declan est bien ici… Grâce à vous…
Emily sourit. Ce fut Aaron qui répondit.
-Aaron : Non, pour l’instant, vous n’aurez pas à vous cacher. Des agents de la DGSE viendront veiller sur vous.
-Louise : Dois-je dire à Declan qu’il s’agit de son père ?
-Emily : Pas encore. Ne vous inquiétez pas, j’ai une explication en réserve pour lui justifier cette surveillance.
Louise se cala dans son fauteuil, soucieuse. La parfaite nouvelle vie à laquelle Declan et elle s’étaient habitués venait de prendre un tournant qu’elle redoutait.
Bureau de la DGSE, Vendredi matin :
Penelope discutait avec JJ, Derek et Clyde dans une salle de réunion.
-Clyde : D’après Interpol, Seamus Keane dirigerait un important réseau de trafic de drogue en Europe. Malheureusement, les autorités disposent de peu de preuves pour l’inculper…
-Penelope : J’ai obtenu le même constat en farfouillant ses activités aux Etats-Unis. Apparemment, il est en train de s’implanter sur le marché Américain et est très discret.
-JJ : Est-ce qu’on sait s’il est venu à Paris ?
-Penelope : Je n’ai trouvé aucun achat de billet à son nom.
-Derek : Il a du utiliser un nom d’emprunt…
-JJ : Ou des moyens moins conventionnels…
-Penelope : Qu’est-ce qu’on va faire ?
-Clyde : Doyle est très attaché à ses racines Irlandaises. Cela doit être aussi la même chose pour Keane…
-JJ : Ça va être fastidieux de surveiller tous les Irlandais qui sont à Paris…
-Derek, en réflexion : Mais on peut commencer avec les bars Irlandais…
Dans un parc, quelque part dans Paris, pendant ce temps :
Alexandra et Paul Bressac avaient été placés sous protection rapprochée. Trois agents Français suivaient de près la famille. Un autre agent, Américain, en la personne de David Rossi, avait décidé de rejoindre le dispositif pour discuter avec Paul. Celui-ci avait voulu faire prendre un peu d’air à sa fille, qu’il avait allongée dans une poussette. En même temps qu’il marchait dans ce parc avec ses gardes du corps, Paul exprimait à David ses sentiments vis-à-vis des secrets que lui avait cachés Emily.
-Paul : Toute notre relation s’est construite sur des mensonges. Comment voulez-vous que je puisse lui pardonner ? Elle m’a trahi, agent Rossi.
-David : Il y a parfois des secrets tellement lourds qu’il est impossible de les révéler… Si vous aviez tout su dès le début, vous l’auriez peut-être regardée différemment… Vous auriez peut-être fui…
Paul regarda David, en pensant à cette explication. L’agent avait raison. Paul n’aurait pas pu affirmer la réaction qu’il aurait eue si les choses avaient été ainsi. Mais la déception revint.
-Paul : Oui mais maintenant, il s’avère qu’Alexandra et moi sommes dans une position délicate…
-David : C’est vrai. Mais vous n’avez pas passé ces deux dernières années à vous poser des questions, à vivre dans la peur. D’après ce que j’ai pu voir, vous avez été heureux. Vous avez eu un enfant…
-Paul : Oui, j’ai été heureux plus que je ne l’avais jamais été… Je vois pourquoi Jessica… Euh, Emily, fumait… Elle disait qu’elle avait vécu une période stressante… Elle a arrêté, mais elle a repris récemment… Mais cela n’excuse en rien ce qu’elle m’a fait. Elle m’a fait croire qu’elle était une autre femme que ce qu’elle était vraiment !
-David : Elle a changé de nom. Elle a inventé un passé. On peut changer son nom, inventer une histoire pour rendre les choses moins douloureuses, mais on ne peut jamais changer la personne qu’on est. Emily reste la femme dont vous êtes tombé amoureux. Elle reste la mère de votre fille. Elle n’a pas feint les sentiments qu’elle avait pour vous et Alexandra. Elle n’a pas feint sa façon d’être… Et c’est ce qui vous a attiré vers elle…
Paul se laissa entraîner dans ses souvenirs.
-Paul : Son côté aventurier m’a plu…
… Quelques années plus tôt, Paul arrivait dans le couloir d’un immeuble. Il était sorti tard de son travail, et était par conséquent venu directement de son bureau, avec son costume et sa sacoche. Emily lisait un livre, adossée au mur, à quelques mètres de la porte d’entrée d’une salle. Paul l’interrompit dans sa lecture pour lui poser une question.
-Paul : Excusez-moi madame… Est-ce que vous attendez le cours de tango de Pierre Carré ?
-Emily : Oui monsieur.
-Paul : Merci.
Paul semblait gêné de se trouver dans cet endroit. Emily le perçut immédiatement et approfondit l’échange.
-Emily : Est-ce que ça va ? Vous avez l’air mal à l’aise…
-Paul : C’est que… Je ne suis pas censé être ici… C’est ridicule. Je ferai mieux de partir.
-Emily : Le tango vous terrorise à ce point ?
-Paul : C’est plutôt la danse, en général… Je ne sais pas danser…. Ma sœur m’a inscrite dans ce cours pour que je m’évade du boulot… Sous entendu, pour que j’aie une vie sociale… Mais mon travail est très exigeant… Enfin, c’est l’excuse que j’ai inventée pour justifier mon célibat… Et là, je me retrouve dans un cours de tango, l’une des danses les plus sensuelles qui existent ! Vous imaginez un peu le tableau ? Un handicapé des relations sociales et aussi raide qu’un piquet, au milieu de couples entraînés par une musique invitant à la sensualité et à l’amour !
-Emily : Si cela peut vous rassurer, vous n’êtes pas le seul à être venu sans partenaire…
-Paul : Vous êtes seule, vous aussi ??
-Emily : Et oui… Pour m’aérer l’esprit. Vous savez, vous devriez essayer. Vous ne savez pas danser ? Raison de plus pour venir ! Je n’y connais rien au tango, moi non plus. Mais toute nouvelle expérience vaut la peine d’être tentée, non ? Enfin, sauf celles qui mettraient votre vie en danger, bien sûr… Mais là, c’est de la danse…
-Paul : Je vais être ridicule.
-Emily : Si vous voulez, on peut se mettre ensemble, comme ça, vous ne serez pas le seul à vous sentir ridicule…
-Paul : Je risque de vous écraser les pieds…
-Emily : Je saurai m’en remettre… Allez, ne me dîtes pas que vous préférez vous défiler…
-Paul : Hé, j’ai ma fierté ! J’accepte votre proposition, chère future cavalière…
-Emily : Ce cours de tango va être très intéressant.
-Paul : Je le sens aussi… Au fait, moi, c’est Paul.
Paul tendit sa main droite vers Emily qui la serra.
-Emily : Enchantée. Moi, c’est Jessica…
… Paul continua sur la liste des qualités qu’il appréciait chez Emily.
-Paul : … Elle avait raison. Il suffisait d’essayer… Elle est à la fois fonceuse mais réfléchie… Drôle… Attentionnée… Généreuse… Sexy… On mince, si vous saviez…
Paul était tellement plongé dans ses pensées qu’il en avait oublié la présence de David qui l’arrêta avant qu’il ne dévoile des éléments privés et perturbants.
-David : Oui merci ! Je pense avoir saisi.
Paul se ressaisit avant de faire une gaffe. Il regarda David, un peu gêné. En face, un jeune couple faisait son jogging et se rapprochait de Paul et David. L’agent du FBI vit l’homme et la femme mettre simultanément une main dans leur survêtement. Ces gestes éveillèrent aussitôt les doutes de David. Malheureusement, il n’eut pas assez de temps pour réagir, et les agents Français non plus. Les deux joggeurs abattirent les agents Français. David dégaina son arme mais ne put faire usage d’elle car une balle vint rapidement se loger dans son dos, au niveau de l’épaule droite. David tomba à l’avant, comprenant qu’un complice (ou plusieurs) venait de l’arrière. David eut honte d’avoir été piégé comme un débutant avant de sombrer dans l’inconscience sur le sol.
Dans un hôpital, un peu plus tard :
Spencer, JJ, Ashley, Penelope et Emily patientaient dans la salle d’attente du service de chirurgie.
Emily était la seule qui était restée debout pour faire les cent pas. Elle était terrorisée. Elle s’énerva.
-Emily : Pourquoi est-ce que les médecins mettent autant de temps ??? Pourquoi est-ce que Derek et Hotch n’ont toujours pas appelé ?? ? Pourquoi est-ce qu’ils m’ont forcée à rester ici ??? Je devrais être sur le terrain !!!
Spencer se leva pour apaiser Emily avant qu’elle n’explose.
-Spencer : Emily, essaye de te calmer…
Spencer n’avait pas prévu que c’était lui qui ferait exploser Emily.
-Emily : Je ne peux pas me calmer !!! Doyle vient d’enlever ma famille !!! Je devrais être dehors à rattraper cet enfoiré !!!!
Cette fureur fit sursauter les trois autres femmes de l’équipe. Penelope se leva pour parler à Emily.
-Penelope : Ma chérie, Rossi est le mieux placé pour nous raconter ce qui s’est passé. Hotch et Derek ont voulu que tu restes avec Rossi…
-Emily : Et s’il ne s’en sortait pas ?
-Spencer : Ne pense pas à ça…
-Emily : Je ne peux pas… Parce que s’il meurt, on n’aura pas d’indices… Et si on n’a pas d’indices, on ne retrouvera pas Paul et Alexandra… Et si ma famille meurt, je meurs…
Emily était à deux doigts de fondre en larmes. Penelope la prit dans ses bras.
-Penelope : On sera plus fort que lui…
Spencer remarqua l’arrivée de Derek et Hotch.
-Spencer : Ils sont revenus…
Emily se détacha de Penelope. JJ et Ashley quittèrent leur siège. Hélas, Aaron et Derek n’apportèrent pas de bonnes nouvelles.
-Aaron : Doyle n’a pas kidnappé que Paul et Alexandra. Il a aussi enlevé Declan. Il a laissé Louise.
-Derek : Il y avait deux commandos. Un pour Paul et Alexandra, un autre pour Declan. Les ravisseurs ont tué tous les agents. Rossi est le seul survivant.
-Ashley : Attendez. Ils ont fait ça en plein jour, aux yeux de tous ??
-Aaron : Oui. Ils sont repartis dans des véhicules. Ça s’est passé tellement vite que les témoignages que nous avons diffèrent… On n’a aucune indication sur les plaques d’immatriculation…
Le visage d’Aaron s’assombrit. Tous ses collègues firent demi-tour pour comprendre que le changement d’expression d’Aaron était du à l’arrivée du chirurgien. Emily s’empressa de demander en Français :
-Emily : Comment va-t-il, docteur ?
-Chirurgien : Il s’en remettra vite. Néanmoins, je souhaiterais le garder encore vingt quatre heures.
-Emily : Peut-on le voir ?
-Chirurgien : Oui, mais il est encore sous anesthésie. Quand il se réveillera, ne le surmenez pas trop.
-Emily : Merci, docteur.
Le docteur hocha la tête et s’éloigna. Emily rapporta les paroles du médecin à ses anciens coéquipiers.
Quelque part en Ile de France, Vendredi, après-midi :
Declan avait été installé dans une chambre. Il était assis sur le lit, apeuré. Il entendit alors la porte s’ouvrir et vit un homme qu’il connaissait bien mais qu’il n’avait pas vu depuis de longues années. Son visage s’illumina.
-Declan : Papa ??
Ian Doyle regarda tendrement son petit garçon, devenu à présent un jeune adolescent.
-Doyle : Bonjour, Declan.
Declan sauta de joie sur son père qui versa quelques larmes de bonheur. Il avait enfin réalisé son rêve le plus cher. Il avait retrouvé son fils. Doyle savoura cette accolade. Un instant plus tard, Declan se détacha de son père et lui dit :
-Declan : Je suis si heureux de te voir !! Il y a des méchants qui nous ont attaqués, maman, moi, et nos amis. Tu m’as retrouvé !! On va pouvoir rentrer à la maison et revoir maman !! Et tu sais quoi ?? Lauren est à Paris !! Je l’ai revue hier !! C’était génial !! On va pouvoir tous se retrouver, comme au bon vieux temps…
Doyle dut afficher un sourire forcé. Declan ne se doutait pas un seul instant que son père était à l’origine de cette attaque. Ian sut que la transformation prendrait du temps, mais qu’importe. L’essentiel était qu’il avait retrouvé son fils. Doyle joua quand même le jeu.
-Doyle : Oui, nous reverrons maman et Lauren… Mais que dirais-tu de passer quelques jours entre hommes avant de rentrer ? Ta mère sera d’accord, j’en suis sûr…
-Declan : Ouais, super ! Mais il faudra inventer une bonne excuse pour l’école…
-Doyle : Nous trouverons bien.
Doyle caressa les cheveux de Declan pour le taquiner. Declan sourit, heureux à la perspective de passer un peu de temps avec son père. C’est alors que des pleurs résonnèrent. Declan en fut troublé.
-Declan : On dirait un bébé…
-Doyle : Ça doit être le bébé de mon ami…
-Declan : Oh, je pourrai le voir ?
-Doyle : Pourquoi pas ? Mais pas tout de suite… Il est malade…
-Declan : Oh, le pauvre…
Doyle regarda Declan. Il fallait absolument qu’il change de chambre pour oublier ce bébé, qui bien sûr, n’était nullement le bébé de son ami, mais celui de la femme qu’il détestait…
… Ian Doyle se trouvait dans un couloir qui menait à plusieurs pièces. Il entra dans l’une d’entre elles et se retrouva en tête à tête avec Paul. Ce dernier était attaché à une chaise. Doyle salua Paul dans la langue de Shakespeare :
-Doyle : Je suis content de faire votre connaissance, monsieur Bressac.
-Paul : Où est ma fille ??!!?!?
-Doyle : Elle va bien, rassurez-vous… Elle est très mignonne…
-Paul : Si vous la touchez…
-Doyle : Elle n’a rien à craindre. Je n’ai rien contre elle… Ni contre vous… Par contre, pour ce qui est de votre compagne, c’est une toute autre histoire.
-Paul : Elle m’a tout raconté. Vous êtes un terroriste.
-Doyle : Vous prenez encore sa défense…
-Paul : Vous ne vous attendiez tout de même pas à ce que je prenne la vôtre ?!
-Doyle : Alors vous n’avez toujours pas compris qui elle est réellement… Je vais vous le dire. C’est une menteuse. Une manipulatrice. Elle utilise les gens pour satisfaire son propre intérêt, sans n’éprouver aucune pitié. Elle vous a dit que je suis un terroriste… Vous a-t-elle raconté qu’elle n’avait pas hésité à me séduire et coucher avec moi, et ce, plus d’une fois, pour mieux m’approcher ? Elle a pris mon cœur, a joué avec, avant de le briser. Quel genre de femme peut s’amuser avec la vie des gens ? Elle a fait pareil avec vous. Elle s’est jouée de vous. Elle vous a menti sur tout. En fin de compte, vous ne connaissez rien d’elle. Elle vous a attiré dans ses filets pour votre argent. Et quand elle se sera bien servie, elle vous jettera à la poubelle comme un vulgaire déchet et s’en ira avec votre fille… D’ailleurs, êtes-vous sûr d’être le père de cette petite ?
La tentative de lavage de cerveau de Doyle sur Paul ne produisit pas l’effet escompté.
-Paul : Emily m’aime pour ce que je suis ! C’est vous, le menteur et le manipulateur ! Vous avez tué des gens !
-Doyle : Ne soyez pas si naïf… Vous pensez vraiment qu’elle se l’est jouée « peace and love » à la CIA ? Elle aussi, a abattu froidement des gens… Pour ses missions… Pour ses intérêts… Elle n’en à rien à foutre de la vie des gens… La preuve : vous êtes ici, alors qu’elle, elle est dehors.
-Paul, avec férocité : Elle viendra ! Et elle règlera votre compte !
-Doyle : Ou c’est moi qui règlerai son compte… Et croyez-moi, ça sera d’une violence inouïe.
Doyle regarda Paul une dernière fois avant de partir. Paul était mortifié par la nature des sévices que Doyle avait prévu de faire subir à la femme de sa vie.
Bureau de la DGSE, Samedi :
Spencer Reid et François Damanier discutaient dans un des couloirs du quartier général de la DGSE. Damanier renseignait Reid sur l’évolution de l’enquête.
-Damanier : Pour le moment, nous n’avons obtenu aucun résultat pour les portraits-robots des joggeurs que l’agent Rossi a vus. Ni du côté d’Interpol, ni du côté des stups de la police, et encore moins du côté des bars…
-Spencer : Il est encore tôt…
-Damanier : Comment diable Doyle a-t-il réussi à trouver aussi vite Declan ? Et aussi Emily ? Il n’est quand même pas aussi puissant pour avoir des contacts dans les agences de renseignements !
Spencer s’arrêta soudain. Il venait de comprendre.
-Spencer : Il nous a suivis !
-Damanier : Vous n’êtes pas sérieux !?!?
-Spencer : Comment aurait-il pu découvrir l’existence de Paul et Alexandra et savoir qu’ils seraient dans ce parc sinon ? A Washington, il nous a appelés pour qu’on localise le lieu où l’agent Jareau avait été retenu. Il savait qu’Emily était à Paris. Il nous a attendus et après, nous a filés…
-Damanier : Le fumier !
Spencer regarda Damanier. Lui aussi pestait intérieurement.
Merci ou toutes celles et tous ceux qui m'ont laissee un commentaire!
Ravie que cette histoire vous plaise !
Voici une suite!
Quelque part en Ile de France, Mardi :
Ian Doyle s’était installé avec Declan dans le grand salon d’une demeure située dans une zone forestière. Le père et le fils jouaient aux cartes autour de la table. Ian expliquait les principes de base du poker, en Anglais :
-Doyle : Le secret de la réussite est de ne pas montrer tes émotions. Tu dois rester impassible et observer attentivement tes adversaires. Pour détecter leurs réactions.
-Declan : Ça a l’air compliqué, tout ça… Je préfère le rugby…
-Doyle : Le poker est une question d’observation et de stratégie. Comme le rugby. C’est moins physique, je te l’accorde, mais le principe est le même. Tu étudies comment joue ton adversaire. Tu repères ses faiblesses et t’appuies dessus pour te frayer un chemin sur son terrain. Au rugby, tu marques un essai. Au poker, tu gagnes de l’argent. On a déjà fait pas mal de rugby ces derniers jours, mais si tu veux, on pourra se faire quelques mêlées après quelques parties de poker. Changer d’activité serait bien, non ?
-Declan : Ok, ça marche… Je veux bien tenter le poker…
Doyle fut satisfait de cette réponse. Sa bonne humeur s’estompa cependant quand Seamus apparut, le visage soucieux. Ian dit à son fils :
-Doyle : Declan, reste dans le salon, tu veux bien ? J’ai une affaire à régler mais je reviens vite.
Declan fit « oui » de la tête. Ian se leva et partit résoudre son affaire avec Seamus. Declan prit les cartes pour les battre, en attendant le retour de son père…
… Declan commençait vraiment à s’ennuyer à mélanger ses cartes. Il consulta sa montre. L’affaire de son père devait être compliquée pour qu’il mette autant de temps. Le jeune garçon voulut se dégourdir les jambes. Pourquoi ne pas faire quelques pas dehors ? Declan céda à la tentation. Il sortit du salon pour respirer l’air frais du bois qui s’étendait sur des kilomètres autour de la maison. Une assez grande maison, d’ailleurs. Un parfait petit coin de paradis. Le jeune adolescent s’aventura un peu plus en profondeur. Il était en train de marcher et d’admirer les arbres se dressant majestueusement quand il entendit une voix masculine suppliante. Declan ne résista pas à la curiosité et s’approcha du lieu d’où provenait la voix, lieu situé à proximité de l’endroit où il se trouvait actuellement. En s’approchant, Declan pouvait entendre :
-Voix : Ecoutez, les gars, c’était un malentendu… Je ne lui aurais rien dit de plus… Je vous le jure ! On peut trouver un arrangement, pas vrai ? Allez…
Declan se cacha derrière un arbre. Il vit l’homme qui venait de parler. Il était debout, encerclé par des hommes, et dont deux, devant lui, que Declan connaissait bien pour être son père et l’homme qui les avait interrompus dans leur partie de poker. Cet homme disait à son père :
-Seamus : Je me suis dit que tu voudrais régler ce problème toi-même, Ian.
-Doyle : Je t’en remercie, Seamus. (A l’homme qui suppliait) Tu n’aurais pas du parler.
Doyle sortit de son blouson un pistolet et tira plusieurs fois sur l’homme. Declan bondit de peur. Il voulut fuir mais il se cogna contre un homme qui avait été assigné à la surveillance des environs du règlement de compte…
… Ian Doyle fut surpris de voir le garde arriver avec son fils.
-Doyle : Declan ! Je t’avais dit de rester dans le salon !
Declan était profondément traumatisé par la scène dont il venait d’être le témoin. Il jeta un coup d’œil au corps du défunt. Seamus se plaça dans son champ de vision pour faire barrage, mais c’était inutile. Declan venait de prendre conscience d’une réalité qu’il n’aurait jamais pu envisager avant de voir ce qu’il venait de voir. Declan venait de perdre toute la joie d’avoir retrouvé son père et toute sa confiance en lui. Il exprima ses sentiments envers Ian, les larmes aux yeux, tant la désillusion était gigantesque :
-Declan : Tu as tué cet homme ! Je t’ai vu ! C’est inhumain !
-Doyle : Mon fils, je vais t’expliquer…
-Declan : M’expliquer quoi ???
-Doyle : Un soldat doit parfois avoir recours aux armes pour se défendre…
-Declan : Se défendre ??!!?! Il ne t’avait même pas menacé !!! Tu l’as carrément exécuté !!!! Tu es un tueur !!!! Lauren m’avait dit que tu avais du te cacher car des méchants voulaient te faire du mal… Que tu t’étais caché et que maman et moi devions faire pareil pour que ces méchants ne viennent pas nous attaquer… Mais c’est toi, le méchant !!!!
Les enfants comprenaient parfois trop vite et trop bien les vérités que les adultes transformaient pour les rendre moins pénibles. Doyle prit conscience que son rêve venait de s’écrouler. Il ordonna au garde qui tenait Declan :
-Doyle : Ramenez-le dans la maison, s’il vous plaît…
Le garde raccompagna Declan dans la demeure. Doyle était effondré. Seamus essaya de le rassurer :
-Seamus : Il est encore tôt… Il s’y habituera…
Ian avait déjà réalisé qu’il était trop tard.
-Doyle : Comment veux-tu qu’il devienne l’un des nôtres alors que son rêve est d’aider les autres ? J’ai perdu mon fils… Je l’ai perdu il y a bien longtemps, en réalité… A cause de cette femme…
-Seamus : Que veux-tu faire ?
-Doyle : Elle a détruit ma vie, alors je vais détruire la sienne, plus vite que prévu…
Doyle avait prononcé cette phrase avec la plus grande détermination qu’il ait jamais manifestée.
Quartier général de la DGSE, Mercredi:
François pénétra en trombe dans la salle de réunion pour annoncer une grande nouvelle à Aaron et Emily.
-Damanier : Des gendarmes viennent de trouver Declan sur une aire de repos près de Saint Germain en Laye !! Ils sont sur le chemin !!
-Emily, à Aaron : Je vais prévenir Louise.
Cette nouvelle raviva la flamme de l’espoir dans chacune des personnes présentes…
… Plus tard, Derek et Ashley rejoignirent Aaron et Emily qui sortaient de la salle de réunion. Les nouveaux arrivés purent apercevoir Declan et Louise dans la salle, en compagnie de Penelope et JJ. Derek demanda à Aaron et Emily :
-Derek : Comment va Declan ?
-Emily : Il est encore très choqué par ce qu’il vient de découvrir sur son père… J’aurai préféré ne jamais avoir à le lui dire…
-Ashley : Et Paul et Alexandra ?
-Aaron : Ils étaient avec Declan dans la même maison, dans la forêt. Declan ne les a pas vus, mais il a entendu des pleurs de bébé, alors on pense qu’il s’agissait d’Alexandra.
-Derek : Pourquoi Doyle a-t-il relâché Declan ??
-Aaron : C’est un mystère…
A ce moment là, Clyde arriva en trombe.
-Easter : On a une adresse !
Les agents se tournèrent vers Clyde.
-Easter : Il y a une maison dans la forêt de Saint Germain, à quarante cinq minutes de l’endroit où Declan a été retrouvé. Le propriétaire est Michael O’Garan. Il a passé dix ans en prison pour trafic de drogue et cette maison est un héritage de sa grand-mère décédée l’année dernière.
Le visage d’Emily changea radicalement. Elle allait enfin revoir sa famille. Toutefois, un autre sentiment l’envahi. Cette péripétie semblait trop belle pour être vraie.
Quelque part, en Ile de France, Mercredi après-midi :
Un groupe d’intervention avait été formé pour investir le repère d’Ian Doyle et Seamus Keane et libérer
Paul et Alexandra. Le groupe s’était scindé en plusieurs unités pour plus d’efficacité pour appréhender les ravisseurs. Emily faisait équipe avec Derek en ce moment, et étaient accompagnés de quatre agents Français. Emily et son coéquipier pressaient le pas, tout en essayant de rester discrets. C’est alors que Derek, qui précédait l’unité, s’arrêta, perplexe. Ceux qui le suivaient l’imitèrent, aussi perturbés que lui. Emily renifla et s’interrogea en Anglais sur la nature de ce qu’elle sentait.
-Emily : Qu’est-ce que c’est que cette odeur ???
Un agent Français apporta la réponse.
-Agent : On dirait… Ça sent le brûlé…
Derek le regarda, puis regarda Emily. Il assista au blêmissement de celle-ci qui lâcha :
-Emily : Oh non… !!
Sans crier gare, elle piqua un sprint, abandonnant ses collègues. Derek réagit :
-Derek : Emily !! Attends !!
Rien à faire, Emily le distançait avec une longueur étonnante lui et les autres agents. Derek s’empressa de la rattraper…
… Emily sortit de la pénombre de la forêt et atterrit à l’arrière de la maison. Elle resta clouée d’horreur en voyant cette chose immonde qui se dressait devant elle. Elle réalisa le drame qu’elle redoutait depuis tant de jours. L’odeur de brûlé s’échappait d’une sorte de bucher. Les flammes s’élevaient avec force dans les airs. Des flammes qui n’engloutissaient pas que des bouts de bois. Emily ne put faire le moindre mouvement. Deux hommes apparurent sur le côté, avec chacun une arme. Ils virent Emily et l’un d’eux la nargua avec cette métaphore cruelle :
-Homme : Joli barbecue, n’est-ce pas ?
Emily avait seulement tourné la tête vers lui, mais n’avait nullement réagi à l’arme qui la visait. Ce fut Derek qui riposta avant qu’Emily ne soit touchée. Ses balles atteignirent les deux hommes qui s’écroulèrent. Les détonations eurent un impact sur Emily dans la mesure où, en regardant le feu, elle se mit à dire :
-Emily : Paul, Alexandra… !!
Elle voulut se précipiter vers le bucher mais Derek lui barra la route, non pas qu’il ne voulait pas sauver Paul et Alexandra, au contraire, il aurait tout fait pour, mais en cet instant précis, il était trop tard. Paul et Alexandra ne pouvaient plus être sauvés. Emily ne semblait pas encore le saisir, ou bien elle l’avait saisi mais cet automatisme la poussait à encore tenter quelque chose. Derek se plaça devant son amie qui essayait de le repousser en hurlant :
-Emily : LAISSE-MOI PASSER !!! JE DOIS LES SAUVER !!!!
Derek dit, les larmes aux yeux, en même temps qu’il la maîtrisait car elle se débattait pour un espoir futile :
-Derek : Emily !! C’est trop tard… Ils sont… On ne peut plus rien faire…
Emily poussa un puissant cri de détresse et de malheur à faire déraciner tous les arbres de la forêt, en même temps qu’elle tombait à genoux sur le sol, dans les bras de Derek :
-Emily : NONNNNNNN !!!!!!!!!! NONNNNNNNNNNN !!!!!!!!!!!!!!!! NONNNNNNNNNNNNNNN !!!!!!!!!!!!!
Derek n’avait jamais imaginé son amie être capable de pousser un tel cri. Il eut l’impression que son cœur se fendait en deux, dans le sens propre du terme.
Aaron et François arrivèrent d’un côté avec leur équipe, du même que celui des deux hommes qui avaient tenté de tuer Emily. Ashley et Clyde, d’un autre côté. Chaque unité resta sans voix devant la scène. Devant le feu. Devant Emily qui se vidait en pleurs sur Derek. Chaque personne comprit l’horreur de la situation. Deux innocents venaient d’être immolés. Personne ne bougeait, choquée par cette atrocité. Derek fut le seul à garder un peu de lucidité et cria :
-Derek : Eteignez ce feu, s’il vous plaît !!!
Des agents Français se précipitèrent pour atténuer l’intensité du feu avec leur veste, tandis que d’autres partaient dans la maison chercher des récipients à remplir d’eau. Dans les bras de Derek, Emily continuait de pleurer. Son cœur s’était brisé en un million de morceaux. Son corps s’était brisé en un million de morceaux. Elle ne sentait plus une parcelle de son enveloppe corporelle. La douleur était trop grande et insupportable. Aaron et Ashley s’approchèrent de Derek et Emily. Aaron tenait un petit ours en peluche marron qu’il avait ramassé de la poche de l’un des deux hommes. Emily le vit et d’un geste tremblant, elle le prit pour le serrer fort contre sa poitrine. Elle s’enlisa de plus belle dans les larmes. Ni Derek, ni Aaron, ni Ashley ne purent retenir leurs larmes devant cette femme en deuil. Perdre toute sa famille était ce qu’il y avait de pire. Voir les corps de son bébé et de son père se consumer dans un bucher était encore pire que tout.
Quartier général de la DGSE, Paris :
L’équipe de la BAU qui avait assisté au drame dans la forêt de Saint Germain était rentrée dans les locaux des services de renseignements Français, avec Emily. Cette dernière s’était rapidement isolée dans une salle de réunion. Hotch était venu la soutenir dans cette épouvantable épreuve. Il s’était assis à ses côtés, à la table, et la regardait fixer ce petit ours en peluche, seule chose qui lui restait de sa fille Alexandra. Cette intimité et proximité furent deux facteurs propices aux confidences, et l’ours en peluche en constitua le point de départ.
-Emily : Paul l’avait acheté après ma première échographie, pour qu’il soit le premier ami de notre bébé… Il était si excité et heureux à l’idée de devenir papa… Parfois, j’avais l’impression que c’était lui qui était enceinte…
-Aaron : Tous les futurs papas ont tendance à être euphoriques en attendant le jour J…
Aaron esquissa un sourire car il s’était reconnu dans cette description. Emily aussi, esquissa un sourire.
-Emily : Paul n’a pas échappé à la règle… Il était tellement drôle et touchant à voir… Il a pleuré quand Alexandra est arrivée… Moi aussi. Quand j’ai tenu ma petite fille dans mes bras pour la première fois, j’ai su qu’il existait encore des miracles et j’ai su à quel point la vie pouvait être magnifique. Je ne m’étais jamais sentie aussi heureuse de toute mon existence… Tout est allé si vite… Paul, Alexandra… La plus belle période de ma vie… Qui s’est terminée si vite… En un claquement de doigts… (Des larmes ruisselèrent sur son visage) Il m’a tout pris… Je nage dans un véritable cauchemar… Cela ne finira donc jamais ??
Emily s’arrêta quelques secondes, avant de reprendre, avec un visage grave.
-Emily : Tout est de ma faute, Hotch.
-Aaron : Ne dis pas ça…
-Emily : Comment ai-je pu être aussi stupide et égoïste pour jouer avec la vie de deux êtres innocents ?? Je les ai coincés dans un piège mortel ! Tout ça, parce que j’ai eu la lubie de vouloir être heureuse !
-Aaron : Il n’y a rien de mal à vouloir être heureux… A vouloir une vie normale…
-Emily : Sauf que je ne peux pas avoir une vie normale quand je suis obligée de vivre dans le mensonge ! Quelle inconscience ! Je n’ai pensé qu’à ma petite personne. J’ai retenu un homme si bon dans une vie de risques alors qu’il aurait du avoir une vie saine et sûre… J’ai détruit deux vies…
Aaron se dut d’intervenir pour mettre fin à ce discours injuste qu’Emily était en train de s’infliger, sous le coup de la douleur et de la culpabilité. Il lui prit la main pour la stopper dans ces auto reproches totalement infondés.
-Aaron : Emily. Cesse de t’accuser. Tu n’es nullement stupide et égoïste. Tu n’as pas détruit deux vies. Au contraire, tu en as embellis une et tu en as créée une. Donner la vie est la chose la plus belle et la plus généreuse qui soit. Tu as mis au monde une magnifique petite fille parce que tu aimais tellement son père et parce que tu avais tellement d’amour à donner à cet enfant et à son père. Je n’ai pas eu la chance de mieux connaître Paul, mais j’ai vu vos photos. Il était évident que tu avais fait de lui l’homme le plus heureux du monde en l’aimant et en lui donnant une famille. Non seulement tu as amené le bonheur dans la vie de deux personnes, mais tu as aussi veillé sur la vie de deux autres. Tu avais sauvé Louise et Declan il y a des années, et tu es revenue pour eux. Grâce à toi, Declan deviendra un homme droit. Tu as fait don de ton amour et de ton courage pour ces quatre personnes. Tu peux être fière de toi. Je suis fier de toi. Parce que tu es une femme qui n’hésiterait pas à se sacrifier pour sauver ceux auxquels elle tient et ceux qui sont dans le besoin. Tu es une femme au grand cœur, intelligente et courageuse. Ne l’oublie jamais.
Emily regarda Aaron. Ses paroles venaient de la toucher. Elle n’était peut-être pas aussi abjecte qu’elle le pensait…
… Dans la salle open space du service, Ashley rejoignit Derek qui fulminait en son for intérieur devant une Penelope impuissante à le calmer.
-Ashley : Toujours aucune trace de Doyle ou Keane, malgré les barrages et l’alerte.
-Penelope : Et qu’a donné la fouille de la maison ?
-Ashley : Rien du tout.
-Derek : On a encore laissé échapper Doyle… On était censé sauver Emily, et au lieu de ça, on a laissé ce bâtard massacrer sa famille… Même la chevalière de Paul était en train de fondre… Ce Doyle commence vraiment à me taper sur le système !
Derek donna un coup de poing sur la table, geste dérisoire pour exprimer sa colère.
Bureau de la DGSE, Dimanche, milieu de journée :
David était sorti de l’hôpital depuis quelques jours mais avait du mettre au repos son bras droit dans un repose-bras. Il était en train de longer un couloir du quartier général de la DGSE quand il entendit une voix féminine qu’il connaissait insulter ce qui devait être un distributeur dans une salle de repos. David s’approcha et vit JJ donner un coup de pied dans un distributeur de friandises. David intervint sur un ton léger :
-David : Que t’a donc fait cette machine pour recevoir ce traitement ?
Il s’avança tandis que JJ lui répondait :
-JJ : La barre de chocolat que je voulais est restée coincée.
-David : Oh, je vois.
L’homme utilisa son bras valide pour manipuler l’appareil. La barre tomba enfin et JJ prit son chocolat.
-JJ : Merci, Rossi.
Rossi n’était pas dupe. JJ était de nature très calme. Qu’elle s’énerve au point de frapper une machine signifiait que quelque chose la rongeait, et David savait très bien de quoi il s’agissait.
-David : Je te croyais chez Emily avec Garcia et Seaver…
-JJ : Je suis partie… Je n’en pouvais plus de rester dans la même pièce que la femme dont j’ai causé la mort de la famille.
Cet aveu empêcha JJ d’ouvrir sa friandise. Elle continua :
-JJ : Emily m’a dit de ne pas me sentir coupable… Elle est incroyable. J’ai tué sa famille et elle, elle me dit que ce n’est pas de ma faute. Si j’étais elle, je me serai jetée à mon coup pour m’étrangler…
-David : Emily t’a dit cela parce que c’est vrai. Tu n’es pas responsable de la mort de Paul et Alexandra.
-JJ : Rossi. J’ai dis à Doyle où j’avais vu Emily. Il nous a attendu à Paris et nous a suivis. J’ai tout déclenché. Si je n’avais pas parlé…
-David : Will et Henry seraient morts à l’heure qu’il est. Tu n’avais aucune possibilité d’agir autrement. Quoique tu aurais fait, quelqu’un en aurait souffert.
-JJ : Je le sais. Pourtant, je ne peux l’accepter. A cause de moi, Emily passe ses journées à ne rien faire, à part vider des paquets de cigarettes. Elle aurait pu faire de même avec des bouteilles d’alcool si Garcia, Seaver et moi ne les avions pas vidées à temps. Emily passe ses nuits à sangloter. Elle essaye d’être discrète, mais on l’entend, et c’est horrible. Elle n’arrête pas de faire des cauchemars, en revivant ce qu’elle a vu là-bas. Du coup, elle a arrêté de dormir. Je ne l’avais jamais vue dans un tel état… D’habitude, elle pétille… Je me suis sentie indigne de rester avec elle. Je suis coupable, Rossi.
-David : Alors nous aussi. Moi en premier.
-JJ : Je sais que vous voulez…
-David : On serait arrivé plus tôt pour toi, Doyle n’aurait rien su. On l’aurait arrêté et Emily vivrait heureuse avec sa famille. J’aurai réagi plus vite, Paul et Alexandra n’auraient pas été enlevés.
-JJ : Vous n’étiez pas en position de force, Rossi.
-David : Toi non plus. Tu as été confrontée à un choix impossible à faire. Le seul coupable, c’est Doyle. Tu comprends ?
-JJ, fataliste : Même l’arrêter à présent n’a plus de signification… Ca ne fera pas revenir Paul et Alexandra Bressac.
JJ regarda David et s’éloigna, sûrement pour s’isoler. David la vit s’en aller et comprit que JJ portait en elle un poids qu’il serait très difficile d’ôter.
Domicile d’Emily, Paris :
Ashley Seaver regardait des photos sur une commode quand Emily arriva. La jeune femme avait des cernes béantes sous les yeux, cernes creusées par le chagrin, le deuil, l’épuisement physique et moral. Elle avait le regard vide, amputé de toute expression. Heureusement, elle s’exprimait encore comme en témoigna sa remarque sur la photo qu’Ashley contemplait.
-Emily : Quand Alexandra a eu un mois, je l’ai emmenée voir mes collègues.
-Ashley : Ils ont l’air d’être très contents de poser avec elle…
-Emily : J’ai eu la chance de trouver ce boulot à la bibliothèque… Le personnel y est très sympa… Il m’a vite intégrée…
Ashley murmura :
-Ashley : Comme moi, avec vous…
Emily avait entendu le murmure d’Ashley et lui dit :
-Emily : Et d’après ce que je vois, tu as fait ton chemin…
-Ashley : J’ai eu de bons professeurs. Tu en fais partie… Même si ça a été court.
Emily sourit. C’était la première fois depuis des jours qu’elle souriait, même si ce sourire fut de courte durée.
-Emily : Désolée de t’avoir abandonnée dans ton apprentissage aussi prématurément.
-Ashley : Tu n’avais pas eu le choix… Ca n’a pas été facile… Tu étais la première collègue que je perdais… Pour le reste de l’équipe, ça a été encore plus dur… Tu leur as beaucoup manqués. Malgré ce drame, ils ont été géniaux avec moi, alors que je venais d’arriver… Ils auraient pu réagir différemment… J’arrivais et toi, tu partais… Ils auraient pu me voir comme la nouvelle qui profitait du départ de leur amie pour s’imposer… Ils ont été supers…
Penelope fit son apparition. Elle sortait de la cuisine dans laquelle elle avait mijoté un plat. Elle portait encore un tablier de cuisine. Elle s’exclama, pleine de bonne humeur :
-Penelope : Mesdames, votre repas est avancé !
-Ashley : Ca sent très bon… J’ai hâte de déguster !
-Emily : Au fait, où est JJ ?
-Penelope, perdant sa bonne humeur : Elle est repartie à la DGSE…
Emily en comprit la raison.
-Emily : Elle se sent encore coupable… Je comprends. Vous pourrez lui dire que j’ai apprécié qu’elle soit venue ? D’ailleurs, il me semble que je ne vous ai pas remerciées…
-Penelope : Tu n’as pas à nous remercier…
-Emily : Si. Votre présence à mes côtés pendant cette épreuve représente beaucoup pour moi. Merci.
-Penelope : Ma chérie, tu sais que tu peux compter sur nous. Tu n’as qu’un mot à dire et nous viendrons. Nous serons toujours là.
Penelope serra Emily dans ses bras pour lui apporter un peu de chaleur, avant de finir :
-Penelope : Je resterai à tes côtés autant de temps que tu voudras.
Cette chaleur humaine fit beaucoup de bien à Emily. Après que Penelope se soit détachée d’Emily, les trois femmes partirent, direction la cuisine.
Bureau de la DGSE, Lundi matin :
David Rossi regardait nonchalamment l’écran d’un ordinateur portable, presque sans espoir, dans la salle open space, quand JJ et Spencer arrivèrent près de lui.
-Spencer : On n’a toujours rien ?
-David : On ne fait qu’attendre… C’est frustrant.
JJ, qui faisait face à l’entrée du service, annonça à ses collègues que cette attente venait de s’achever.
-JJ : Rossi, ils ont retrouvé votre joggeur !
David et Spencer se focalisèrent sur l’entrée. Noémie Legrand, qui dirigeait le service, venait d’arriver avec quatre hommes qui maintenaient fermement le faux joggeur qui avait participé au kidnapping de Paul et Alexandra et dont le visage avait pu être décrit par David. Les agents de Legrand firent assoir le prisonnier sur une chaise, en retrait, pendant que Noémie mettait les Américains au courant des circonstances de l’arrestation du suspect.
-Legrand : La surveillance des pubs Irlandais s’est avérée payante. Votre suspect a eu la mauvaise idée de venir fêter l’anniversaire de son ami dans un bar… Il s’appelle Stephane Melchior. Je vous le mets dans une salle d’interrogatoire. Je vous préviens, il est solide.
-David : Pas assez pour nous… Merci, agent Legrand.
-JJ : Je vais prévenir les autres.
David regarda Melchior avec haine. Il comptait bien briser cet homme par tous les moyens. Melchior provoqua David du regard en lui faisant un signe de la main, avec un sourire plein d’hypocrisie.
Bureau de la DGSE, début d’après-midi:
Aaron Hotchner, David Rossi et Derek Morgan sortirent furieux de la salle d’interrogatoire dans laquelle ils avaient mis la pression sur Stephane Melchior. Les trois hommes de la BAU étaient en état de profonde colère envers eux-mêmes, ce qui inquiéta Spencer, JJ, Clyde et François qui les attendaient dehors. Spencer réalisa que la frustration de ses collègues était due à une résistance inattendue de la part de Melchior.
-Spencer : Il résiste toujours…
-Derek : On a tout tenté, mais il est coriace… Ça fait des heures, mais il n’a pas parlé…
-Aaron : Sauf pour nous insulter…
-JJ : Il va falloir qu’on trouve quelque chose… Il est notre seule piste vers Keane et Doyle…
-David : Qu’est-ce que tu proposes ?
Emily surprit tout le monde en répondant, alors qu’elle arrivait avec Penelope et Ashley :
-Emily : Laissez-moi lui parler seul à seul. Je saurai lui faire cracher le morceau.
-JJ, avec une pointe d’appréhension de la réponse dans la voix : Comment ?
-Emily : J’ai… Mes méthodes.
Aaron émis un doute sur cette option.
-Aaron : Quel genre de méthode ?
-Emily : Vous n’avez rien à craindre… S’il vous plaît. Accordez-moi quelques minutes et il parlera.
-Easter : Laissez-là, agent Hotchner.
Aaron hésita, puis donna finalement son accord par un signe de tête affirmatif.
Bureau de la DGSE, salle d’interrogatoire :
Stephane Melchior vit la porte s’ouvrir et Emily rentrer. Il soupira, avec condescendance, en Anglais :
-Melchior : C’est la meilleure… Voilà qu’ils m’envoient une gonzesse…
Emily ne daigna pas répondre. Elle se contenta de sortir un trousseau rectangulaire noir qu’elle posa au centre de la table. Melchior la regarda faire, nullement impressionné. Il manifestait même une grande décontraction. Ensuite, Prentiss s’assit sur la table et sortit de son portefeuille une photo qu’elle posa sur la table, juste sous les yeux de Melchior qui resta impassible. Emily parla, avec un calme déconcertant :
-Emily : Ils s’appelaient Paul et Alexandra. Tes amis et toi les avez kidnappés et transformés en torches vivantes. Ma fille avait à peine trois mois…
- Melchior : Votre ami, l’agent Rossi, aurait du mieux les surveiller…
-Emily : Ne rejette pas la faute sur lui. C’est toi qui as massacré ma famille.
-Melchior : Et qu’est-ce que tu vas me faire, ma jolie ? Me griffer ? Tu sais que notre conversation est enregistrée…
-Emily : J’ai fait éteindre les appareils d’écoute…
Emily fit un sourire énigmatique. Elle se leva et se positionna derrière Stephane. Elle se pencha sur son oreille gauche pour lui murmurer clairement :
-Emily : Tu vas souffrir… Je vais t’emmener dans un endroit…
Emily se lança dans la description du châtiment qu’elle avait prévu pour Stephane. Au fur et à mesure de l’exposé, Melchior perdit sa décontraction. Il blêmit et fut pris d’épouvante. Il cria, totalement terrifié :
-Melchior : Vous êtes folle !!! Vous ne pouvez pas faire ça !!! Vous avez des lois à respecter !!!
Emily répondit, avec une sérénité dérangeante et en se déplaçant autour de la table :
-Emily : Eux (elle tourna la tête en direction de la porte de la salle pour faire allusion aux agents qui patientaient dehors) oui. Moi, disons que je suis en free-lance…
-Melchior : Vous bluffez !
Il essayait de s’en convaincre, mais il n’y croyait pas vraiment lui-même.
-Emily : Vois toi-même.
Elle déplia le paquet rectangulaire. Expression d’horreur de Stephane en découvrant le contenu. Il regarda Emily. Son visage était maléfique. L’homme revint rapidement sur le contenu du paquet, puis à nouveau sur Emily. Il n’y avait aucun doute. Cette femme était plus que sérieuse. Melchior gigota et tenta de trouver un compromis pour apaiser Emily.
-Melchior : Attendez… On n’est pas obligé d’en venir à de telles extrémités… On peut trouver un arrangement, n’est-ce pas ? Qu’est-ce que vous voulez ? Je peux vous donner pas mal de choses…
-Emily : Je ne veux qu’une chose : savoir où sont Keane et Doyle.
-Melchior : Si je parle, ils vont me tuer…
-Emily : Si tu ne parles pas, c’est moi qui vais te tuer.
Melchior revit le paquet. Aucune échappatoire n’était possible, et cette femme semblait prête à exécuter ce qu’elle lui avait chuchoté à l’oreille. A côté de cela, Melchior prit conscience que la punition de Keane et Doyle serait très douce…
… Pendant ce temps, Aaron attendait loin dehors, avec les autres. Aaron ne quittait pas la salle d’interrogatoire des yeux. Clyde s’en était rendu compte et lui dit :
-Easter : Il y a deux ans, je vous avais dit que le seul moyen d’arrêter Doyle était de lui mettre une balle entre ses deux yeux vous-même…
-Aaron : Et je vous avais répondu que je ne pouvais pas faire ça…
-Easter : Il faut se montrer aussi impitoyable que Doyle, ce qui implique parfois de recourir à certaines méthodes…
-Aaron : Elle risque de le regretter… Je ne veux pas que ça la hante…
-Clyde : Elle a vu son compagnon et sa fille se consumer dans un feu… C’est ça qui la hantera.
Aaron ne répondit rien car il venait d’apercevoir Emily sortir de la salle. Toutes les personnes qui l’attendaient retinrent leur souffle. Emily, une fois devant eux, leur apprit :
-Emily : Keane et Doyle se cachent dans un immeuble dans le sud de Paris. Le 90 rue Lutèce… Hotch, est-ce que vous pouvez y aller sans moi ? … Je ne me sens plus la force…
Emily semblait effectivement vidée de ses forces. Hotch mit une main sur son épaule et lui dit :
-Aaron : On reviendra avec lui.
Bureau de la DGSE, plus tard :
Stephane Melchior était encore traumatisé par le tête à tête qu’il avait eu avec Prentiss. Il tapait du pied et jouait avec ses doigts. Il bondit presque de sa chaise quand JJ pénétra dans la salle d’interrogatoire. Stephane lui dit tout le bien qu’il pensait d’Emily :
-Melchior : Votre amie… Elle est complètement cinglée !!!!!!! Faut l’envoyer à l’hôpital psychiatrique !!!!!!!!!
Jennifer ne montra aucune compassion pour cet homme. Au contraire, quoiqu’Emily lui ait dit, Jennifer éprouva de la fierté en voyant dans quel état son amie avait retourné Melchior.
-JJ : C’est vous qu’on devrait envoyer à l’hôpital psychiatrique pour vous en êtes pris à un bébé.
-Melchior : Je n’ai fais qu’obéir aux ordres !!!
-JJ : Vous auriez du vous montrer plus intelligent, quoique je ne pense pas que vous ayez une telle capacité. Keane et Doyle vont couler, et vous aussi.
-Melchior : Je connais l’histoire. Ils vous ont déjà échappé… Un entrepôt, c’est grand, vous savez ?
JJ fut troublée par le mot « entrepôt ». Elle fronça les sourcils.
-JJ : Pourquoi vous me parlez d’entrepôt ?? Le 90 rue Lutèce est un immeuble d’habitation…
Cette fois-ci, ce fut au tour de Stephane d’être troublé.
-Melchior : C’est quoi, le 90 rue Lutèce ??
JJ se montra menaçante.
-JJ : Si jamais vous nous avez bernés…
-Melchior : Non !!!! Avec ce qu’elle a menacé de me faire ?!!???!?!!?? Je lui ai dit que mon patron et Doyle étaient dans un entrepôt, au Nord Est de Paris !!
JJ comprit enfin pourquoi Emily avait préféré ne pas accompagner Hotch. Contrairement à ce qu’elle lui avait avancé, elle avait toujours ses forces, mais elle avait prévu de les mettre à contribution dans un autre lieu que le 90 rue Lutèce…
… David fut brusquement tiré de ses pensées par la voix de Jareau.
-JJ: Emily nous a mentis! Elle nous a donnés une fausse adresse !!
-David : Quoi ?? Mais pourquoi ??... (La réponse vint aussi vite qu’était venue la question) Elle est allée l’affronter toute seule…
Spencer et Penelope apparurent ensemble à cet instant. Jennifer les harcela presque :
-JJ : Vous n’êtes pas avec Emily ???
-Spencer : Elle est rentrée chez elle… On doit la rappeler quand…
David ne laissa même pas le temps à Spencer de finir sa phrase.
-David : Prentiss nous a envoyés vers une mauvaise adresse pour se charger elle-même de Doyle.
-Penelope : Quoi ??!!????!!? C’est du suicide !!!!!! Il est sûrement avec Keane et ses sbires !!!!!!!
-David : J’appelle Hotch immédiatement ! On n’a pas de temps à perdre !
Dans les environs d’un entrepôt, dans la région Parisienne :
Emily gara sa voiture à plusieurs mètres de l’entrepôt que lui avait indiqué Stephane Melchior. Elle venait de couper le contact quand elle reçut un appel. Elle eut une petite idée de l’identité de celui qui l’appelait et le numéro qui s’afficha sur l’écran du cellulaire confirma son intuition. Emily décrocha et présenta ses excuses à son interlocuteur :
-Emily : Je suis désolée de vous avoir menti, Hotch.
De son côté, Hotch avait appelé Emily de l’intérieur d’une voiture conduite par François Damanier. Aaron était à sa droite. Clyde, Ashley et Derek étaient les passagers. Hotch répondit à Emily :
-Aaron : Ce n’est rien. Je sais pourquoi tu l’as fait, et croie-moi, je le comprends mieux que personne. Mais s’il te plaît, attends-nous. Laisse-nous t’aider.
-Emily : Vous avez déjà pris assez de risques pour moi. Cette fois-ci, je dois le faire seule. Doyle est à moi.
-Aaron : Tu t’es battue seule la dernière fois et ça s’est mal passé…
-Emily : Je ne le raterai pas, cette fois-ci.
-Aaron : Comment peux-tu en être aussi sûre ? Je t’en prie, ne prends pas ce risque, il te reste encore…
Aaron avait voulu trouvé un argument, mais il fut incapable d’énumérer un élément qui prouverait à Emily qu’elle avait encore de quoi s’accrocher à la vie. C’est elle qui compléta sa phrase :
-Emily : … Rien du tout. Il ne me reste plus rien, Hotch. J’ai tout perdu, alors ma vie n’a plus d’importance…
Aaron tenta de la dissuader de ce fait, bien qu’il pouvait comprendre ce qu’Emily ressentait en ce moment. Perdre sa famille était la chose la plus affreuse qui puisse arriver. Aaron avait perdu Haley. Il avait failli perdre Jack. Dieu merci, son fils avait échappé au sort de sa mère car Aaron savait que si cela n’avait pas été le cas, il n’aurait certainement pas pu y survivre. Toutefois, il fallait qu’il trouve un contre argument pour garder Emily en vie.
-Aaron : Non. Ta vie a de l’importance. Tu as des amis qui tiennent à toi. Ils t’ont déjà perdue une fois. Ils ne veulent pas te perdre une deuxième fois.
-Emily : Dîtes-leur que je suis désolée, Hotch… Et merci pour tout.
Emily ne donna pas à Hotch l’opportunité de répliquer car elle éteignit son téléphone pour s’engager dans le combat. Dans la voiture, Hotch ne put que regarder ses compagnons avec une expression de désolation.
-Aaron : Elle se dirige vers lui… Ça va saigner…
-Damanier : Alors accélérons.
Dans sa voiture, près de l’entrepôt, Emily regarda sa montre et sembla hésiter à s’aventurer seule tout de suite.
Dans un entrepôt, région Parisienne :
Un homme, armé d’un long rifle, descendit l’un des escaliers de service prolongeant les murs extérieurs du bâtiment. Une fois les pieds sur le sol, il marcha droit devant lui. A peine avait-il dépassé un poteau imposant sur sa droite qui soutenait une partie de l’édifice que deux mains s’agrippèrent fermement sur lui et le tirèrent brusquement derrière le poteau. Quelques secondes après, Emily Prentiss sortit de cette cachette, mitraillette automatique à la main, et s’engouffra dans l’entrée la plus proche de l’escalier de service…
… Une deuxième voiture se gara dans les environs de la bâtisse, juste derrière celle d’Emily. Spencer Reid et David Rossi en descendirent, avec ce détail insolite : Reid avait fait office de conducteur alors que de toute sa carrière au FBI, il n’avait pratiquement jamais conduit pour les besoins d’une mission. Aujourd’hui, le jeune surdoué avait du rompre avec cette tradition étant donné que son collègue avait encore son repose-bras, rendant ainsi toute manipulation du volant problématique. Les deux hommes constatèrent que le véhicule d’Emily était vide.
-Spencer : Elle s’est introduite dans le bâtiment. Il faut qu’on y aille !
Spencer voulut se précipiter au secours de son amie, mais Rossi l’arrêta en le retenant par le bras.
-David : On doit attendre les renforts, Reid. Y aller comme ça serait trop dangereux.
Spencer savait que David avait raison. Ils avaient besoin de soutien tactique. Cependant, la seule idée d’attendre en se tournant les pouces était insupportable.
-Spencer : Rossi, il est hors de question que je reste là à patienter pendant qu’Emily se fait assassiner !! Je n’assisterai pas une nouvelle fois à son enterrement !!
-David : Et si on assistait au tient ? Je sais que tu veux l’aider. Moi aussi. Mais je ne veux pas assister à ton enterrement.
-Spencer : Emily n’a pas hésité une seconde à agir malgré les risques quand Benjamin Cyrus me menaçait. Elle n’a pas hésité une seconde à se sacrifier pour nous, avec Ian Doyle.
Spencer était plus déterminé que jamais. David pouvait le lire dans ses yeux. Lui aussi sut qu’il regretterait de ne pas avoir pris d’initiative si Doyle venait à triompher à nouveau. Rossi mit fin à sa rationalité. Il dit, en enlevant son repose-bras :
-David : Hotch nous passera un savon pour avoir désobéi, mais tant pis.
Il dégaina son arme, imité par Spencer, puis les deux hommes coururent en direction du champ de bataille…
… A l’intérieur de l’entrepôt, Emily ouvrit la porte des escaliers qui donnait sur l’un des étages. Elle s’avança avec prudence, ses mains empoignant solidement son arme, vers le carrefour où son couloir rencontrait un autre venant de la droite. En arrivant au croisement, elle vit jaillir, pistolet à la main, son ennemi juré, Ian Doyle. Ce dernier l’accueillit avec ces mots :
-Doyle : Bonjour, joli cœur.
-Emily : Comment ça va, mon tendre ?
-Doyle : Plutôt bien… Tu m’as l’air en forme, pour une morte… Tu es décidément pleine de surprises… Combien de fois es-tu revenue d’entre les morts ?
-Emily : J’ai arrêté de compter…
-Doyle : On pourrait croire que tu es increvable, Emily… D’ailleurs, comment dois-je t’appeler ? Lauren ? Emily ? Jessica ? Tu as tellement de noms qu’on s’y perd…
-Emily : Je dirais que tu as du mal à suivre, Ian…
Emily et Ian n’avaient pas bougé d’un cil. Ils se visaient mutuellement avec leur arme. C’est alors qu’un vacarme de coups de feu retentit d’un coin de l’entrepôt. Malgré la violence du bruit, ni Emily, ni Ian ne fléchit. Ian commenta cependant :
-Doyle : Il semblerait qu’on ait de la compagnie…
… Rossi et Reid n’étaient pas étrangers à la salve de tirs qui résonnait dans l’entrepôt. Ils étaient aux premières loges. Les deux hommes étaient cependant en mauvaise posture. Ils se protégeaient des balles tirées par les hommes de Seamus Keane derrière un mur à l’intersection de deux couloirs. Spencer se tenait derrière David. Les deux agents devaient crier pour communiquer.
-David : J’en ai vu trois !!!
-Spencer : Il faut qu’on s’en débarrasse avant que la cavalerie n’arrive !!! J’aurai un meilleur angle de tir en étant en face !!!
-David : Je te couvre !!! A trois !!!! Un… Deux… Trois !!!!!
David ouvrit le feu tandis que Spencer se jetait sur le côté opposé. Il se releva à la vitesse de la lumière pour soutenir son coéquipier dans ses efforts balistiques…
… Dans un autre endroit de l’entrepôt, Emily ajoutait aux paroles de Doyle :
-Emily : Alors, qu’est-ce qu’on fait ? On se tire dessus ?
-Doyle : C’est la suite la plus logique… Néanmoins, quelque chose me dit qu’aucun d’entre nous n’appuiera sur la détente… Une balle… C’est trop rapide… Trop simple… Trop impersonnel… Pas vrai, ma beauté ?
-Emily : Tu as fait brûler vifs l’homme que j’aimais et notre fille… Il est hors de question que tu meures sans souffrir…
-Doyle : Tu as détruit ma vie… Tu vas payer.
Emily et Ian se défiaient avec haine et rage. Emily lança les hostilités.
-Emily : Qu’est-ce que tu attends ? Viens à moi, chéri.
Simultanément, Prentiss et Doyle jetèrent leur arme sur le sol. Doyle poussa un cri de rage et se jeta tel un lion affamé sur Emily, la propulsant avec lui par terre. Emily réussit à se relever, Ian également. L’homme frappa Emily au visage. La violence du coup envoya la jeune femme contre le mur sur sa droite. Ian saisit l’arrière du col du blouson d’Emily et fit cogner sa tête à plusieurs reprises contre le mur. Il souhaitait ardemment lui éclater littéralement cette partie de son corps. En même temps qu’il lui infligeait cette souffrance, il lui asséna ses reproches :
-Doyle : J’avais tant d’espoirs pour Declan !! Tu me l’as volé !!
Emily réussit à placer entre deux chocs tête contre mur :
-Emily : C’est un bon garçon, aujourd’hui !!
Emily reprit courage et enfonça avec brutalité son coude dans l’estomac de Doyle. Ian la lâcha, sous la douleur fulgurante. Emily le saisit par le col de son blouson et l’attira vers elle pour lui asséner un coup de genou droit dans l’entre deux jambes. Ian hurla et en eut le souffle coupé. Ian reçut rapidement après le coup dans les parties sensibles le poing droit d’Emily dans le visage. Il recula, sans trébucher. A présent, chacun des deux lutteurs avait du sang sur le visage. Emily voulut récidiver avec un nouveau coup de poing droit, mais Ian l’esquiva malgré la douleur encore persistante et réussit à attraper son dos pour l’envoyer contre le mur derrière lui. Emily s’écrasa et tomba. Ian choisit de s’enfuir, en titubant légèrement, sous le hurlement d’Emily :
-Emily : Reviens ici, espèce de lâche !!!!!
Au loin, les coups de feu retentissaient encore…
… De nouveaux acteurs firent leur entrée sur la scène. Parmi eux, Aaron et Clyde, avec quelques hommes du groupe d’intervention. Aaron défonça une porte pour investir les lieux. Ils découvrirent qu’ils arrivaient en plein milieu d’un concert de tirs et furent rapidement accueillis par des balles…
… Emily s’engouffra comme une furie dans la salle où s’était réfugié Doyle. L’Américaine tenait dans sa main droite une matraque électrique. L’Irlandais attaqua l’ancien agent du FBI avec un couteau de chasse cranté, mais Emily l’esquiva à la dernière minute, sans toutefois éviter que la lame ne vienne érafler son bras. Du sang coula de la blessure. Emily abattit son bâton sur son ennemi qui revenait à la charge avec le couteau. Doyle hurla. Emily fonça vers lui, mais il réussit à lui faire une prise pour la déstabiliser. Il lui saisit le bras, se baissa et fit passer le corps de la femme au dessus du sien. Emily se sentit soulever dans les airs et retomber lourdement sur le sol. Elle lâcha sa matraque. Doyle poussa avec son pied l’objet à l’autre bout de la salle. Alors qu’il revenait sur Emily toujours à terre, celle-ci se défendit en faisant tomber sur le sol, à l’arrière, en balayant ses mollets avec sa jambe droite. Doyle perdit le couteau dans sa chute, couteau qui se laissa glisser un peu plus loin. Prentiss se mit au-dessus de Doyle pour l’étrangler, mais Doyle reprit l’avantage en bousculant la jeune femme. Il était maintenant sur elle. Il la frappa au visage et s’arrêta pour dire :
-Doyle : Tu crois que tu vaux mieux que moi, mais toi et moi, on est pareil. Tu n’hésiterais pas à tuer pour ta famille. Comme moi.
Emily, bien que sonnée, rétorqua :
-Emily : Je ne suis pas comme toi ! Nous n’avons strictement rien en commun ! Tu es un terroriste !
Doyle la gifla.
-Doyle : Ne me fais pas croire que tu n’as jamais rien fait de douteux à la CIA ! Tu t’es prostituée pour t’approcher de moi ! Tu n’es qu’une pute ! Si ta famille est morte, c’est à cause de toi !
Doyle enserra le cou de Prentiss avec ses deux mains. Emily sentit l’oxygène commencer à lui manquer cruellement, et ses mouvements pour repousser les mains de Doyle accéléraient ce processus.
-Doyle : Cette fois-ci, j’ai gagné !!!
Emily se débattait mais la situation devenait de plus en plus critique. C’est alors qu’elle vit le couteau à sa gauche. Le couteau que Doyle avait perdu lors de sa chute. Il était là, à sa portée. Emily devait tout tenter. Elle tendit son bras gauche alors que Doyle continuait à répéter « J’ai gagné !! ». La main gauche d’Emily dut lutter pour attraper le couteau. Finalement, après un grand nombre d’essais infructueux, Emily saisit enfin le couteau tant convoité. Elle regarda furieusement Ian et lui planta la lame dans le flanc. Ian stoppa aussitôt son étranglement. Il réalisa ce qui venait de se produire en voyant la lame enfoncée dans sa chair. Il eut un moment de flottement. Emily en profita pour déplacer Doyle sur le côté et se remettre à genoux. Elle retira le couteau et le poignarda à plusieurs reprises, en « dédiant » chacun des nouveaux coups à une personne, avec férocité :
-Emily : Celui-là, c’est pour Alexandra ! … Celui-là, c’est pour Paul ! … Celui-là, c’est pour avoir torturé JJ ! … Celui-là, c’est pour Tsia et Sean ! … Celui-là, c’est pour tous les autres que tu as tués !
Doyle s’écroula sur le dos. Bien qu’il agonisait, il trouva encore la force de dire :
-Doyle : Avoue que tu m’as aimé…
-Emily : Jamais !!
Etait-ce la vérité ?
-Doyle : Tu es comme moi…
Il fit un sourire narquois. La fureur d’Emily brûlait toujours en elle. Elle poignarda encore Doyle. Elle roua son visage de coups, en s’aidant de la crosse du couteau et en criant :
-Emily : Je ne suis pas comme toi !!!! … Et c’est moi qui ai gagné !!!! … Tu entends ?? … J’ai gagné !!!!!!!
Emily frappa encore et encore. Ses mains étaient recouvertes du sang de Doyle. Emily ne pouvait plus s’arrêter. Elle devait absolument déverser sa douleur et sa haine sur cet individu qui la répugnait au plus haut point. Il fallait qu’elle le massacre. Il fallait qu’elle lui répète son échec en lui criant qu’elle avait gagné. Emily aurait pu continuer sur cette cadence sauvage si Aaron Hotchner n’avait pas débarqué dans la salle et ne l’avait pas arrêtée en l’éloignant de Doyle.
-Aaron : Emily !! Emily !! Emily !!!!
La troisième répétition sortit enfin Emily de son geste barbare. Elle s’aperçut du sang de Doyle qui avait giclé sur ses mains, son visage et ses vêtements. Tout était fini. Elle avait tué cet homme. Elle avait éliminé cet être infâme. Elle avait vengé sa famille. Ian Doyle était parti et ne reviendrait plus jamais. Emily prit conscience de cette réalité. Elle lâcha le couteau. Elle se tourna vers Aaron et fondit en larmes sur lui. Il jeta un coup d’œil au corps sans vie de Doyle et eut un choc en voyant à quel point le combat avait été sans pitié. Cette scène lui rappela également le jour où il avait tué de ses propres mains Foyet, l’homme qui avait traqué son ex femme et son fils et qui avait abattu avec sadisme son ex femme, Haley. Il regarda ensuite Clyde qui était resté debout et qui n’avait l’air nullement atteint par l’état du cadavre de Doyle. Il accorda à Hotch un regard qui signifiait que ce qu’Emily avait fait était la seule chose qu’il fallait faire. C’était probablement la seule solution. Aaron se reconcentra sur Emilly et passa sa main dans son dos. Prentiss déversait des larmes de peur, de souffrance, de soulagement, de souvenir d’une heureuse époque avec sa famille, disparue à tout jamais. Des larmes d’un florilège de sentiments qui s’étaient accumulés en elle depuis tant d’années. Maintenant, tout était fini. Doyle était mort. Mais Paul et Alexandra ne reviendraient plus jamais. Tout était fini, c’était vrai. Mais à quel prix ? …
… Alors que tous les hommes qui gardaient l’entrepôt avaient ouvert le feu sur les autorités, Seamus était le seul en cet instant à avoir choisi de ne pas tirer. Non pas qu’il ne voulait pas se défendre ou qu’il avait peur des autorités, au contraire, il était un homme qui n’avait peur de rien. Il avait arrêté de faire feu car il s’était rendu compte qu’il devait faire autre chose de plus important. Malheureusement, le temps pressait et l’agent Américain qui le poursuivait dans les couloirs ne facilitait pas sa tâche. Seamus Keane courait le plus vite possible, mais Derek Morgan réussit à le rattraper, au plus grand regret de Keane qui comprit qu’il venait d’échouer. Derek sauta sur Seamus et le plaqua à terre. L’agent du FBI se redressa pour dominer Keane en lui disant méchamment :
-Derek : T’as quand même pas cru que j’allais te laisser filer ??
Seamus ne voulut rien répondre. Sa seule réaction fut une grimace. Ashley Seaver arriva à ce moment, accompagnée de deux hommes du groupe d’intervention. Elle s’adressa à Derek :
-Ashley : Tout va bien ?
-Derek, en train de menotter Keane : Oui, ça va…
Un son incongru vint perturber les intervalles de tirs sporadiques qui retentissaient encore dans le bâtiment. Des pleurs. Cet écho troublant laissa Ashley et Derek sans voix pendant un court instant. Chacun des deux agents étaient en train de réaliser la nature de ce bruit.
-Ashley : Des pleurs ????
Derek fit lever sans ménagement Seamus et ordonna aux deux hommes de l’unité d’intervention :
-Derek : Gardez-le, s’il vous plaît.
L’agent confia Keane aux deux hommes et s’aventura avec sa partenaire dans le couloir. Ils s’arrêtèrent devant une salle.
-Ashley : Ça vient de là !
Les deux membres de la BAU se mirent en position, chacun sur un côté. Ashley tourna la poignée et poussa la porte. D’un même mouvement, Ashley et Derek investirent la pièce et furent abasourdis devant la scène qui s’offrait à eux. Derek crut qu’il nageait en plein délire. Il se tourna vers Seaver.
-Derek : Est-ce que tu vois la même chose que moi ??????
-Ashley, ahurie : Ils… Sont… Vivants ???????
Derek n’avait pas rêvé. Alexandra Bressac pleurait dans son berceau à cause du charivari incessant qui avait régné. Son père, Paul Bressac, était à genoux sur le sol, mains et pieds liés, ainsi que la bouche obstruée par du chatterton…
… Aaron encaissait avec incrédulité ce qu’il entendait dans son oreillette. La nouvelle le déboussolait, mais le chef de la BAU reprit ses esprits pour sortir Emily de ses pleurs qu’elle ne contrôlait plus.
-Aaron : Emily ! Ils sont vivants !
Emily releva la tête.
-Emily : Que dîtes-vous… ????
-Aaron, avec un grand sourire : Paul et Alexandra sont vivants !!
-Emily : C’est… Imposs…
-Aaron : Ils le sont ! Ils t’attendent au quatrième étage !
Cette information incroyable stoppa les larmes d’Emily. Cette dernière se leva et courut sans tarder rejoindre sa famille…
… Emily déboulonna dans cette salle et faillit en avoir une crise cardiaque. Etait-ce réel ? Derek et Ashley, qui veillaient sur Paul et Alexandra, lui confirmèrent par un sourire. Derek ajouta :
-Derek : Ils vont bien.
Ashley et lui s’écartèrent pour laisser Emily avancer vers Paul qui berçait Alexandra. Emily mit un peu de temps avant de mesurer le miracle. C’est Paul qui dut la faire réagir :
-Paul : Ta fille réclame un câlin…
Emily consentit enfin à faire un mouvement. Elle prit Alexandra dans ses bras et éclata en sanglots. Des larmes de bonheur intense d’avoir retrouvé les siens. Avec sa main droite, elle serra Paul, en s’exclamant :
-Emily : Vous êtes vivants ! Vous êtes vivants ! Oh, Paul, je suis tellement désolée !... Je te demande pardon !
Paul avait aussi les larmes aux yeux.
-Paul : Non, ne me demande pas pardon… Tu n’as rien fait…
-Emily : J’ai cru que vous étiez morts… A cause de moi… Je vous aime…
-Paul : Nous aussi… Tout ira bien, maintenant…
Derek et Ashley furent rejoints près de l’entrée par David, Spencer et Aaron. Tous étaient sous l’émotion de ces retrouvailles, et interloqués par ce retournement de situation.
-Ashley : Pourquoi Doyle nous a-t-il fait croire qu’ils étaient morts ??
-Spencer: Par vengeance ? Emily avait fait croire que Declan était mort…
-Derek : Œil pour œil, dent pour dent ?
-David : Ça n’a plus d’importance…
Et en effet, en cet instant précis, toute question devenait futile devant ce magnifique tableau représentant une famille à nouveau réunie après tant d’épreuves.
Bureau de la DGSE, dans la salle de réunion :
Emily et Paul s’étaient assis à la table pour se parler. Leur fille Alexandra jouait paisiblement avec son ours en peluche dans son berceau posé sur la table, juste au niveau de ses parents. Paul regarda la fillette puis soupira avant de dire à Emily :
-Paul : Je comprends pourquoi tu n’as rien dit… Comment as-tu fait pour garder tout ça au fond de toi sans exploser ??
-Emily : C’est parce que je vous avais à mes côtés… Je suis désolée que tu aies du tout apprendre aussi vite… Je suis désolée de vous avoir infligés toute cette épreuve…
Paul prit la main d’Emily pour la rassurer.
-Paul : Ne sois pas désolée. Tu n’y es pour rien… Moi aussi, je suis désolé pour avoir été si dur avec toi… L’important, c’est que tout soit terminé.
-Emily : J’ai eu si peur pour vous… Quand j’ai cru que vous étiez morts, j’ai cru mourir.
-Paul : Mais nous sommes là… Ouah, quelle histoire… C’est encore mieux que James Bond…
Emily sourit.
-Emily : Qu’est-ce qu’on fait, maintenant ?
-Paul : Et bien, j’aimerais que tu fasses quelque chose pour moi.
-Emily : Tout ce que tu voudras !
-Paul : J’aimerais que tu me racontes tout sur toi. Ta famille, ton équipe du FBI…
-Emily : Promis ! Plus de secrets.
-Paul : Mais avant tout…
Paul prit la main droite d’Emily et retira la bague qu’elle portait à l’annulaire droit. Une fois le bijou retiré, Paul posa son genou droit sur le sol, devant Emily qui restait bouche bée.
-Paul : Normalement, j’avais prévu de le faire avec une alliance surmontée d’un gros diamant, mais bon, il faut dire que les circonstances sont inhabituelles… (Il reprit son sérieux et regarda Emily droit dans les yeux) Emily... J’ai passé quarante années à attendre celle qui illuminerait mes journées, celle qui me ferait devenir un homme meilleur, celle qui élèverait mes enfants avec moi, celle qui vieillirait avec moi… Et je t’ai rencontrée, à ce cours de danse auquel je ne voulais pas aller parce que je trouvais ça trop ridicule, et surtout parce que je n’avais pas de partenaire… Tu m’as proposé d’être ma partenaire… Et je remercie le ciel d’avoir accepté ta proposition… Parce que tu es celle que j’attendais. Tu as bouleversé ma vie. Tu as fait de moi l’homme le plus heureux. Tu nous rends heureux, Alexandra et moi. Et quoi qu’il arrive, quels que soient tes secrets, je veux être avec toi… Je veux danser avec toi tous les jours… Emily Prentiss, veux-tu être ma cavalière ?
Des larmes d’émotion coulaient des yeux de Paul. Emily ne put retenir ses propres larmes devant une telle demande. Emily répondit :
-Emily : Oui… Oui ! Je veux être ta cavalière !
Paul fit un immense sourire de bonheur. Il plaça la bague autour de l’annulaire gauche d’Emily, puis les deux jeunes gens s’embrassèrent, heureux de s’être retrouvés et heureux à la perspective de se marier. Après le baiser, Emily remarqua que des spectateurs (son équipe du FBI) avaient assisté de loin à la scène en regardant à travers la fenêtre. Elle dit à Paul :
-Emily : Et si on sortait leur annoncer la bonne nouvelle ?
Paul sourit. Le couple se leva. Emily prit Alexandra, Paul le nounours, et la famille quitta la salle pour partager la nouvelle aux amis d’Emily…
... Aaron Hotchner marchait dans le couloir et rejoignit Clyde Easter et François Damanier qui restaient plantés devant l’entrée du service. Arrivé à leur niveau, Aaron découvrit que les deux hommes étaient en train de regarder discrètement JJ, Penelope, Ashley, Derek, Spencer et David qui passaient un agréable moment avec Emily, Paul et Alexandra. Les parents avaient confié leur bébé à Spencer qui semblait savourer bercer l’enfant. Derek agitait avec amusement l’ours en peluche au dessus d’Alexandra qui tendait ses petits bras pour attraper le jouet, sous les sourires de Spencer et Derek, et sous la bienveillance d’Emily dont la main avait été prise d’assaut par JJ, Penelope et Ashley qui regardait la bague à son annulaire gauche et s’étaient lancées dans une discussion qui, bien que très sérieuse, était entrecoupée de sourires. David, quant à lui, discutait avec Paul. Clyde Easter apprit à Hotch :
-Easter : Paul vient de la demander en mariage.
-Aaron : C’est une très bonne nouvelle. Elle le mérite… Merci beaucoup pour votre aide.
Aaron serra la main droite de Clyde puis celle de François. Le Français remarqua qu’Aaron avait l’air préoccupé.
-Damanier : Tout va bien agent Hotchner ?
-Aaron : Je me posais des questions…
Damanier sut quelles étaient ces questions.
-Damanier : Keane nous a appris certaines choses. Doyle a relâché Declan parce qu’il savait qu’il ne deviendrait jamais comme lui. Il a voulu se venger d’Emily en lui faisant croire que sa famille était morte. Il voulait garder Alexandra pour l’élever et la faire devenir comme lui… A défaut d’avoir Declan…
-Easter : Il avait prévu de faire ce qu’Emily lui avait fait, à savoir lui faire croire que sa famille était morte, mais c’est arrivé plus vite qu’escompté… Les hommes de Keane avaient volé les cadavres d’un nourrisson et d’un homme…
-Aaron : Je ne comprends pas… Si Doyle voulait garder Alexandra, pourquoi avoir gardé son père aussi ?
-Damanier : Vous vous posez trop de questions, agent Hotchner…
Hotchner regarda Damanier. Il avait raison. Pourquoi s’embêter à chercher des réponses alors que l’essentiel se trouvait juste sous ses yeux ? Alexandra et Paul étaient vivants. C’était la seule chose qui importait, à partir d’aujourd’hui. Aaron regardait tout ce petit monde converser sur des sujets plus joyeux. Ils avaient retrouvé Emily. Elle était avec eux. Ce tableau était parfait. Clyde, qui avait vu que le regard d’Aaron s’était posé sur Emily, commenta :
-Easter : Elle reviendra dans votre équipe.
-Aaron : Avec tout ce qu’elle vient de vivre, je ne pense pas…
-Easter : Je suis sûr qu’elle reviendra. Peut-être pas demain, mais un jour, elle reviendra. Vous êtes son équipe.
-Aaron : Vous aussi, vous êtes son équipe…
-Easter : Maintenant, c’est vous.
Les trois hommes tournèrent la tête. Emily venait d’arriver. Aaron sentit qu’il était de trop. Il regarda Clyde et François, leur fit un signe de tête, et entra dans le service pour discuter avec son équipe. Damanier félicita Emily pour l’heureuse nouvelle.
-Damanier : Félicitations, Emily.
Damanier serra dans ses bras Emily.
-Emily : Merci.
Ce fut autour de Clyde de prendre Emily dans ses bras.
-Easter : Je ne te voyais pas aussi traditionnelle…
-Emily : Oh, il faut croire que je me suis convertie… Merci pour tout, les gars.
-Damanier : Il n’y a pas de quoi. Tu sais que tu peux compter sur moi.
-Easter : Et sur moi aussi.
Emily fut soudain prise d’un doute.
-Emily : Dîtes… Il… Il est bien mort, n’est-ce pas ?
-Easter : Mort et enterré. Tu n’as plus rien à craindre de lui. Plus personne n’aura à craindre de lui… Grâce à toi, ma belle.
Emily fut rassurée par ces paroles.
-Emily : Et si vous entriez dans la salle au lieu de rester plantés là comme des exclus ?... En fait, ce n’était pas vraiment une question.
Easter et Damanier sourirent et suivirent Emily dans la salle open space. Les trois personnes se mêlèrent au groupe déjà présent.
Des conversations animées, des sourires et des rires fusèrent des quatre coins de ce petit groupe qui s’accordait un bon moment de détente pour décompresser d’une suite de péripéties éprouvante. A présent, le cauchemar était derrière les personnes qui composaient ce groupe. Après les avoir éloignées, le destin les avait à nouveau réunies, pour un avenir plus radieux.
« Les vrais amis sont ceux qui mêlent leur confiance réciproque,
leurs pensées et leurs rêves,
leurs vertus comme leurs bohneurs et leurs souffrances,
libres de se séparer toujours et ne se séparant jamais »
Monseigneur Bougaud
FIN