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Série : The L Word
Création : 21.11.2008 à 11h29
Auteur : awywy
Statut : Terminée
Episode 4/4
Cette fanfic compte déjà 125 paragraphes
Une fois réfugiée dans sa voiture, Tina s'empara de son portable. Impossible de joindre Bette.
Elle appela Alice. 'Décroche Al, s'il te plait décroche !', pensa t-elle. Enfin, on daigna répondre à ses appels.
_ Alice ! Dis moi que Bette et Angie sont au Planet ?!
_ Heu non !
_ Fait chier ! Et Kit ? Elle est là ?
_ Non.
_ Fait chier ! Tu peux me retrouver chez toi dans une demi d'heure ?
_ Je suis chez moi !
_ Hein ? Qu'est ce que tu fiches à la maison ? Attends ça veut dire que tu ne sais pas si elles sont au Planet ??
_ Quand je disais non, c'était pour te dire que je n'en savais rien.
_ Tu es au lit ? Tu es malade ? Pourquoi t'es pas au Planet ?
_ C'est quoi cette histoire d'Angie et Bette au Planet ? Tu les as perdu dans le centre commercial ?
_ Bette est venue chercher Angie à la crèche en début d'après midi, et là elle réponds pas à mes appels !
_ Pourquoi tu paniques comme cela ? Tu ne penses pas qu'elle ait kidnappé sa fille ? Vous êtes ridicule. Je tourne le dos 1 jour et c'est le délire.
_ À ce propos, non pas que je me plains mais comment se fait-il qu'on ait plus eu de tes nouvelles depuis hier soir ? J'étais persuadé que tu allais plus nous lâcher ? Tu as reçu un coup sur la tête ?
_ Tais toi et ramène tes fesses ici. Et je me renseigne auprès de Bonel pour toi. Oh, approvisionne moi en glace sur le chemin, j'ai vidé mon stock.
Jardin d'enfant, West Hollywood, fin après midi
Angélica venait de passer ces dernières heures à jouer dans l'aire de jeu. Descendant du trébuchet, elle se dirigea une énième fois vers le cheval à ressort. C'était encore le seul jeu qu'elle n'avait pas encore essayé. Et pour cause, il était pris d'assaut à chaque fois qu'un enfant s'en lassait. Elle s'approcha et s'étonna de reconnaître le même petit garçon de tout à l'heure.
_ Encore toi ? C'est à mon tour, dit-elle.
_ Non, je n'ai pas fini, reviens plus tard, répondit Terry.
Oui, c'est exactement ce qu'il lui répétait à chaque fois. Elle décida qu'elle ne voulait plus attendre. Elle saisit Terry par la manche de sa chemise et tira dessus, histoire de lui dire qu'elle ne partirait pas cette fois. Terry s'irrita de l'insistance de la petite fille. Estimant sa taille, il descendit ensuite de son jouet et de toute sa hauteur essaya de la faire fuir.
_ Tu veux vraiment le cheval ? toisa-il en se mettant sur la pointe des pieds.
Mais il trouva plus fort que lui quand Angie de toutes ses forces le poussa des deux mains pour l'écarter du cheval. Sous l'effet de surprise, il perdit le peu d'équilibre qu'il avait et se retrouva fesses dans le sable.
_ Oui, nargua Angie avant de monter sur le cheval.
Un peu plus loin, sur un banc, une maman écarquilla ses yeux en voyant son fils dans le sable, poussé qui plus est par une fille plus petite que lui. ' Désolée !' entendit-elle dire sur le banc d'à coté. Elle se tourna vers une femme dans un tailleur impeccable, cheveux bruns bouclés, de grands yeux marron, une peau merveilleusement hâlée ; de toute évidence le portrait grandeur nature de la petite fille.
_ Oh ne vous en faite pas. Bien pour elle. Mon fils est un véritable chenapan qui terrorise toute sa classe et je vois qu'il a trouvé à qui parler ! Félicitation, au contraire. Vivian Chaze !
_ Bette Porter, ravie de faire votre connaissance.
_ Votre fille est ravissante. Je comprends mieux maintenant que je vous ai vu !
_ C'est gentil !
_ Vous êtes nouvelle dans le quartier ? J'y suis pratiquement tous les jours ici et je ne vous avais pas vu auparavant.
_ J'ai juste profité d'une demi journée de libre pour la passer avec Angie. J'avais pensé à Disneyland, mais en passant Angie a insisté, j'avoue que je ne connaissais pas, c'est récent ?
_ Pas vraiment, sourit Vivian. Encore un de ces snobs, pensa t-elle. Angélina ? C'est adorable, ajouta t-elle.
_ Angélica, précisa Bette.
_ Terrence pour mon petit monstre. Regardez comme ils s'entendent maintenant.
Effectivement, Angie et Terry ne se quittaient plus, ils étaient repartis ensemble à l'abordage du grand bateau en bois.
_ Les enfants oublient vite, tant qu'ils peuvent continuer à jouer, commenta Vivian.
_ Oui, si seulement les adultes pouvaient en faire de même, dit Bette presque à elle-même.
_ Pardon ?
_ Je disais que ça ne m'étonne guère : Angie n'a pas de petits cousins ; elle est habituellement entourée d'adulte. Elle a particulièrement une bonne affinité avec des camarades plus grands. C'est pour cela qu'elle choisit de ne s'amuser qu'avec eux.
_ Oh je vois. Dites, samedi prochain, nous organisons un goûter à la maison. Si vous êtes disponible nous serions ravis de vous accueillir, vous et Angie. Rien de spécial, c'est une occasion de réunir les différents enfants du quartier ensemble. Nous le faisons à tour de rôle entre parents.
_ Je serais en voyage d'affaire cette semaine, mais c'est une excellente idée.
_ Angie peut venir avec son père, si vous le désirez, il n'y a pas de souci.
_ Je dois en discuter avec ma partenaire d'abord. En tout cas merci pour l'invitation.
_ Votre partenaire ? demanda perplexe Vivian, se demandant quel est le rapport avec son boulot.
_ Ma compagne, l'autre mère d'Angie, expliqua Bette en la regardant dans les yeux.
_ Oh !
_ Et l'invitation tient toujours, rajouta Vivian la surprise passée.
_ Désolée, c'est juste qu'on nous a ancré de tel stéréotype, que parfois on prend tout pour vérité. Mais whoa, si j'avais su, sans aucun doute qu'un je comprends de tel choix et deux, je referais volontiers un autre choix de ma vie. Pitié, rassurez moi, dites moi que vous êtes la seule exception. Je sais nous sommes à West Hollywood, mais pour une première rencontre, je suis tombée sur le gros lot !!
Pour la première fois de la journée, Bette se mit à sourire. Le ton de Vivian était plaisantin, contrastant avec le sérieux de son visage.
_ Vous êtes gentille Vivian !
_ Tenez, elle lui nota son adresse et son téléphone sur un papier, parlez en à votre 'partenaire' et si jamais vous pouvez vous libérez finalement, vous seriez tout trois les bienvenus !
_ Merci Vivian. Comptez sur moi pour vous tenir au courant quelle que soit sa réponse.
Angie et Terry arrivèrent vers leurs mères respectives. Tandis que Bette installa Angie sur ses genoux, Vivian rassembla ses affaires et bientôt mère et fils firent leur au revoir.
_ Maman, j'ai soif, réclama Angie.
Bette était impressionnée. Voilà des heures qu'elles s'amusent dans ce jardin, et sa fille ne montre aucun signe de fatigue. Pourtant elle n'a pas fait sa sieste aujourd'hui. Elle va avoir droit à une courte soirée. Car il ne faisait aucun doute qu'Angie allait lui réclamer de retourner à son aire de jeu aussitôt sa tasse finie. Effectivement, à la dernière goutte, Angie s'apprêtait déjà à sauter par terre quand Bette la replaça sur ses genoux.
_ Où tu penses repartir comme cela mon cœur ? Tu n'es pas fatiguée ? Tu ne veux pas qu'on aille voir tata kit au Planet pour un grand verre de chocolat plutôt ?
_ Encore un peu maman ? Je veux retourner au toboggan ! On n'a pas ça à la maison !
_ Non c'est vrai, mais il y a autre chose de tellement mieux à la maison !
Angie fonça ses sourcils. Sérieusement elle était en train de fouiller dans sa mémoire ce qu'elle avait de plus amusant qu'un toboggan dans sa chambre. Bette éclata en rire en voyant la mine de sa fille. Ce qui rendit Angie plus perplexe encore. Bette l'embrassa au front.
_ D'accord ma puce, juste un instant alors. Après maman T va s'inquiéter de ne pas nous retrouver. Mais tu donnes à maman B un gros câlin avant ?
La petite fille s'exécuta et aussitôt repartie sous le regard attendri de sa mère. Elle n'a jamais bien su lui refuser quoique ce soit. Et certainement pas quand elle lui arborait cette expression si irrésistible, si semblable à son autre mère. Certes, Angie était une sorte de mini elle dans son ensemble, mais elle a surtout hérité du joli regard noisette de Tina. Elle sortit son téléphone et écouta ses messages.
Alice appartement,
Tassée dans son canapé, Alice dégustait un gros pot de glace tout en regardant son amie faire les cent pas dans son salon.
_ Où peuvent-elles bien être ? maugréa Tina.
_ Je suis allée chez moi, chez elle. Nada. Niet. Que dalle. Rappelle Bonel ! Peut-être qu'elles sont arrivées au Planet entre temps ?
_ Il va me sonner si jamais Bette se pointe au Planet. Relax Tee, il y a tellement de jardin dans la ville. Elle a peut-être juste envie de passer un peu de temps avec sa fille avant Paris ?
_ Si tu avais vu sa tête ce matin quand Angie s'est mise à nous raconter combien elle s'est amusée chez Em...Sarah. Combien sa chambre est grande, combien la piscine est plus grande, la tonne de jouet qu'il y avait..... j'ai bien cru qu'elle n'allait plus parvenir à se contenir.
_ Disneyland !
_ Hein ?
_ Oui, il n'y a pas mieux que Disneyland pour faire oublier à un enfant n'importe quel autre endroit extraordinaire.
Tina soupira. C'est tellement Bette d'agir ainsi.
_ Ça n'a jamais effleuré son esprit puéril de me tenir informé de ses plans ? Surtout quand ça concerne notre fille !
C'est alors qu'elle aperçut un dossier avec le nom d'Emma et le tampon confidentiel par dessus.
_ Qu'est ce que c'est ? demanda t-elle.
_ Oh, je t'avais parlé de mes doutes sur Emma ? J'avais à l'époque demandée à Tasha de faire une recherche pour moi. Rassures toi, j'ai rien trouvé de plus que la police. Juste des dépositions, des notes de service, des relevés de banque, reçu de caution... rien de croustillants.
Tina n'écoutait plus trop Alice. Un détail attira son attention. Une même signature, sur plusieurs feuilles lui semblait familière. Des formulaires de garant ? Un chèque de caution ?
Le téléphone d'Alice sonna. Nerveusement, elle se contorsionna pour lire l'identité de l'écran. Et laissa sonner sans y répondre. Levant les yeux de son dossier, Tina remarqua l'étrange comportement de son amie.
_ Tu filtres tes appels ? Qui c'est ? s'étonna Tina.
_ D'ailleurs, pourquoi tu es dans ton appartement, dans ton pyjama en plein après midi, et à avaler autant de glace ? Il arrive bien tard ton traumatisme post rupture !
_ N'importe quoi !
Intriguée, Tina jeta le dossier sur la table. Elle attrapa un siège et se mit face à Alice. Bras croisés, elle fixa son amie dans les yeux.
_ Quoi ? s'irrita Alice.
_ Crache le morceau Al.
_ Je ne sais pas de quoi tu parles !
_ Quelle bêtise as-tu bien pu faire encore ?
_ Pourquoi tu dis encore ? Je n'ai rien de miss catastrophe.
_ Tu as rencontré quelqu'un ?
_ Allo ? J'étais au Nevada.
_ C'est cette Mélinda qui te harcèle ?
_ Mélinda qui ?
_ Hmm, rétention d'information ? Pourquoi n'a-t-on plus eu de tes nouvelles depuis hier soir ?
_ J'ai pensé que ça ne regardait que vous, que je n'avais pas à m'immiscer dans votre vie de couple !
_ Fas-ci-nant !
_ Tu t'es cogné la tête ? Tu as fait une overdose de glace ? Tasha t'a remonté les bretelles ? Tu veux recoller avec Tasha ? Tu te caches dans ton appart ? Une ex ex ? Es tu rentrée de la nuit ? Tu as baisé hier soir ? Tu l'as payé ? C'était un bon coup ? Abus d'alcool ? Je la connais ? débita Tina après une pause.
_ Non, oui, non, non, oui, non, non, oui, noon, ouiii, non, oui.
Tina essayait encore de relier les réponses à la bonne question quand une sonnerie se fit entendre. Il y a un moyen plus rapide d'avoir ses réponses, pensa Tina. Leur regard se croisa et elle sut que ses pensées ont été lues. D'un coup, les deux amies bondissent de leur siège pour atteindre en premier le téléphone. Tina fut la plus rapide, mais sa victoire ne dura que l'espace d'une seconde. Le temps qu'Alice, toute détermination dehors la plaquer sans ménagement au sol pour lui arracher son téléphone des mains.
_ Aie, cria Tina en s'écrasant face sur le tapis.
Se retournant, elle trouva une Alice triomphante, de retour sur son canapé lui agitant son téléphone de la main avant de le ranger dans sa poche. Elle la laissa savourer sa victoire, se contentant de frotter ses genoux meurtris.
_ Tss..tss même pas en rêve TK ! nargua Alice.
_ Tu sais que le rugby est un sport national en Angleterre ?
Tina sourit en voyant la nervosité la gagnait. Elle est donc sur la bonne voie. La première chose qu'elle avait faite était de vérifier l'identifiant. Bien lui en a pris. Elle a juste lu un bout, mais dans ces connaissances, il n'y en a pas beaucoup qui se termine par 'na'.
_ Donc toi et Helena ? Vraiment ? ajouta t-elle.
Pour seule réponse, Alice se précipita sous les couvertures et s'y cacha. Tina s'approcha et s'assit sur le canapé. Elle tenta de lui retirer la couverture de la tête mais rencontra une résistance. Elle se contenta de la rassurer en lui caressant ses bras.
_ Hé, personnellement je trouve que c'est....bien !
_ Tu trouves ? dit Alice timidement en émergeant à moitié son visage.
_ Tu veux en parler ? Je peux t'aider tu sais. De par mon statut d'ex ?
_ Tu vois, c'est exactement ça mon problème, exclama Alice rejetant la couverture, et en se relevant pour se caler assise, au fin fond du canapé. .
_ Que je sois sortie avec Helena ?
_ Non, mais cette spirale de coucher avec les ex d'une copine ou de copiner avec des ex des unes et des autres. Bref, c'est malsain. C'est comme évoluer dans un cercle incestueux !
_ C'est juste pour cette raison que tu l'évites ?
_ Tu connais Helena et son fantasme pour les femmes enceintes. Et si c'est tout ce qu'elle a vu en moi ? Un fantasme passager, parce que crois moi, j'ai pas du tout l'intention de rester éternellement enceinte !
_ Tu exagères. A t'entendre, Helena est bonne pour des séances de psy !
_ Elle en suit ! Enfin, elle en suivait et d'accord pas pour ce soucis. Bref, je ne pense pas ce que soit une bonne idée entre elle et moi.
_ Et elle, elle en pense quoi ? Ne me dis pas que vous en avez même pas discuté ensemble ?
_ Je me suis enfuie au petit matin, avoua t-elle pas fière.
_ Oui, mais apparemment vu qu'elle ne cesse de t'appeler....écoute, je pense toujours que c'est une tournure merveilleuse. Je sais qu'elle tient énormément à toi, et toi de même. C'est naturel de développer des sentiments plus profonds. Elle peut être à la fois ton amie, ta confidente, et ton amante. N'est ce pas idéal ? Pourquoi ne pas se donner une chance mutuellement ? Tu as cent pour cent mon soutien en tout cas !
_ Tu te rappelles comment ça s'est terminé la dernière fois que j'ai sacrifier mon amitié pour l'amour ? Dépression et tragédie grecque.
_ Qu'est ce que tu insinues ? Que tu es responsable de sa maladie ?
_ Non, que je...
Le portable de Tina lui annonça l'arrivée d'un message. Tina s'y précipita dessus.
_ Ne me dis pas que c'est Helena ? s'inquiéta Alice.
_ Non, c'est juste ma meilleure moitié !
_ Que dit-elle ? demanda t-elle en voyant Tina foncer ses sourcils.
_ Elle va déposer Angie chez Kit pour qu'on puisse discuter ce soir à la maison.
_ Tu vois que tu as sur réagis tout à l'heure.
_ Al ?
_ Non, plus de tergiversation. Tu aimes Bette, un point c'est tout !
_ Non non, en fait je dois te dire quelque chose. Concernant Helena. Je pense que tu vas le savoir tôt ou tard de toute façon.
_ Jane a changé d'avis ? plaisanta Alice.
_ J'ai revu Dylan. Ou dois je dire qu'elle est venue à moi !
_ Quoi ? Elle a le culot de se pointer chez Shaolin en plus ? Tu crois qu'elle a eu vent du legs que Peggy a effectué ? Elle rêve si elle pense qu'on va la laisser jouer les chercheuses d'or une fois de plus !
_ Il y a un autre souci. Elle est dans notre équipe !
_ Shaolin l'a engagé ? Vu que tu quittes Shaolin, je ne vois pas le problème ?
_ Equipe ! Camp ! Terrain ! Elle chasse sur nos terres !!!!!
_ ..... QUOAAAAAAAAAAA ?
_ Je ne connais pas ses intentions, mais je te garantie qu'elle manigance quelque chose. Elle s'est servie de ma DP pour m'atteindre. Dieu sait qui elle veut atteindre à travers moi !
_ Qui d'autre qu' Helena ? Toi et Shaolin c'est fini. Elle sort avec Sam ?
_ Non attends, il y a une chance qu'elle veut peut être faire partie du projet Cooper ?! Sa carrière n'a jamais décollé, et j'aurais tout un département à diriger !
_ Oh putain Tee, c'est un merdier total déjà, Dylan en plus maintenant ??
_ Ça change rien pour toi et Helena. Je voulais juste que tu le saches. Dylan, je m'en occupe. Pas question une seule seconde qu'elle nous joue un de ses tours !
_ Oh non, si c'est pas un signe du destin ça ? Tout va de nouveau se répéter !
_ Qu'est ce que tu racontes Al, t'es ridicule ! Qu'est ce qui te fait peur ? C'est cela qui t'effraie réellement ? Laisse moi te demander quelque chose : avec le recul, as-tu vraiment regretter d'avoir vécu ces moments de bonheur avec Dana ? Même si ça a été bref ? Penses tu que Dana t'a sciemment blessé ?
_ Non, bien sur que non, tu le sais bien !
_ C'est pareil pour Helena. Tu veux passer à coté d'une belle histoire juste parce qu'il y a un semblant de similitude ? C'est tout à fait logique de questionner une nouvelle relation. Mais donne toi de bonne raison et ne compare pas ce qui n'est pas comparable ! Ça te rassurerais que je parle à Helena d'abord ?
_ Tee, je ne peux pas ! Je...ça va se répéter ! Je ne veux pas. Je ne suis pas prête à revivre ça !
_ Shh ! Alice, calme toi, shhh, je suis là !
Tina s'empressa de l'entourer de ses bras pour la rassurer. Elle ne s'était pas rendue compte à l'époque tellement elle était empêtré dans ses propres soucis, mais cette rupture puis la disparition de Dana sera toujours une blessure pour son amie. L'espace d'un instant, elle compris qu'une seule personne pouvait déclencher chez elle une même réaction. Elle l'avait toujours su. Alice la repoussa lorsque la sonnette de l'appartement retentit. Alice lui fit signe de ne faire aucun bruit, espérant ainsi faire partir l'intrus.
_ Je sais que tu es là Alice, ta mini est en bas ! Alice ! cria Tasha à travers la porte tout en la cognant.
Tina attendit la permission d'Alice avant de laisser entrer Tasha.
_ Salut !
_ Tina ? Qu'est ce que tu fais ici ? Je veux dire...Alice va bien ?
_ Juste une fausse alerte, rien de grave, entre je t'en prie !
_ Une fausse alerte ? répéta Tasha. 'Le bébé ? 'Ce qui expliquerait la présence de Tina, pensa t-elle.
Elle pénétra dans le salon, et s'étonna de trouver une Alice, traits tirés, et qui semble avoir campé son canapé depuis des jours entiers vu la pagaille autours.
_ Des soucis Tash ? questionna Alice.
_ On dirait que vous revenez d'un week-end en enfer !? Vous n'avez pas l'air dans votre assiette les filles ! Vous êtes sure que ça va ?
Alice répondit oui tandis que Tina avoua un non. Les deux amies sur le canapé se regardèrent une seconde avant de fixer toute deux Tasha. Cette fois ci Tina sortit un non alors que Alice émit un oui. Silence.
_ D'accord, je peux savoir ce qu'il se passe exactement ? C'est oui pour qui, c'est non pour qui ? s'inquiéta Tasha.
_ Où est passé toute la bande ? J'en reviens et il n'y a plus personne qui traîne au Planet ? Même pas kit. Apparemment, je suis la seule à n'être pas au courant de quelque chose ! expliqua Tasha.
_ Je rêve, tu serais en train de me dire que tu es à la recherche de petits potins ? ironisa Alice.
_ Je suis sérieuse alice. Je me suis inquiétée. Et par-dessus le marché, aucune d'entre vous ne daigne répondre aux appels ! J'étais sur le point de lancer un avis de recherche !
_ Oui tu as raison Tasha, excuse nous, on a eu un week-end plein de surprise, justifia Tina.
_ Et pas vraiment reposant, j'étais juste passée vérifier Alice...heu parce que Alice a eu soudainement un coup de pompe, mais ça va aller hein Al ?
_ Pas vraiment, mais oui pas de soucis Tasha ! Je suis contente de te voir, tu nous a manqué tu sais !
_ Ouais ? répondit sceptiquement Tasha.
_ Est-ce que ça a un rapport avec Jenny ?
_ Jenny ? s'étonnèrent Tina et Alice.
_ Oui, il s'est passée un drôle de truc samedi : sa éditrice est arrivée comme un ouragan au Planet. Elle a exigé de voir Jenny et ne nous a pas cru quand Bonel et moi nous lui avons dit qu'elle était au Nevada. À ce qui parait elle aurait campé tout le week-end au café, et ce matin je peux vous dire qu'elle y était encore ! Vous n'êtes vraiment pas au courant ?
_ Pas la moindre, dit Tina.
_ Elle ne t'a rien dit de plus ? De quelle urgence il s'agissait ? s'enquit Alice.
_ Elle a juste parlé d'une histoire de script volé !
_ Oh mon dieu, on lui a volé son script ? paniqua Tina.
_ Comment peut-on volé un script quand l'imprimerie en a sorti des millions déjà ? remarqua Alice.
_ Bah tu sais de nos jours, on trouve tout sur internet, bien avant la sortie officielle, répondit Tasha.
_ Donc, tu es venue à la pêche au scoop ? Je savais que tu ne faisais que semblant de détester mes potins ! s'exclama Alice.
_ Heu nooon, je voulais discuter avec toi à propos d'un truc, mais ça peut attendre si vous êtes occupées ? ! Et son regard passa de Tina à Alice.
_ Je vais vous laisser discuter, lança Tina en se levant.
_ Non, tu peux rester. Ne te sens pas obligé de partir, dit Tasha.
_ Ne t'inquiète pas. Je devais filer chez Kit de toute façon. Al ? Tu fais heu comme on a dit ? Pas de hmmdécisionimpulsivehein ? dit-elle d'un trait.
_ C'était quoi ça ? demanda Tasha une fois Tina partie.
_ Je ne pense pas que tu veux le savoir, soupira Alice.
_ Teste moi ?
_ Tout ce que je peux te dire c'est que rien n'a été planifié ! J'ai toujours été honnête avec toi !
Silence. Tout le week-end, elle n'a pas réussi à penser à autre chose que Alice enceinte. Quand ? Qui ? Pourquoi ? Et toutes sortes d'autres questions. Elle pensait pouvoir arranger une occasion pour en discuter avec Alice. Mais petit déjeuner, déjeuner, goûter, tous les quatre heures, ses passages au Planet ont été bredouille. Personne ne serait ce pour infirmer ou confirmer cette histoire de grossesse. Ne voulant pas cogiter une nuit de plus, elle s'était mise en quête de la chercher dans toute la ville s'il le fallait. Par chance, elle a commencé par son appartement. Elle avait tellement de question sans réponse dans sa tête, qu'elle ne savait même plus par quoi commencer. Il y a des signes indicateurs comme ces pots de glace. Elle a eu une envie ? Ses sauts d'humeur. La présence de Tina.
_ Je le sais Alice.
_ Hein ?
_ Si c'était pour la raison pour laquelle tu as voulu rompre, tu te trompes. Tu aurais dû en discuter avec moi, je l'aurais accepté. Peu importe maintenant. Le passé est passé. Je sais que je t'aime assez pour ne pas en tenir compte. On peut rebâtir notre couple. Une famille. Je t'assure que ça ne me dérange pas du tout.
_ Je ne comprends pas ! Attends comment tu l'as su ? Et tu es prête à me reprendre malgré tout ?
_ Tu ne ressens plus rien pour moi?
_ Tash, ne me parle pas de sentiment, c'est compliqué en ce moment ! Mais bien sur que je tiens à toi.
_ Alors, c'est tout ce dont j'ai besoin de savoir. Tu avais raison, j'étais dans une sorte d'égarement, j'étais tellement angoissée par rapport à ma place dans la société, je ne me suis pas préoccupée de tes envies. Je n'avais effectivement aucune idée de tes désirs de maternité. Tu as parfaitement réagis. Notre rupture m'a ouvert les yeux. Je te propose juste une alternative. Tu peux compter sur moi, pour quoi que ce soit. Je veux être présente à chacune des étapes. À toi le choix final !
_ Alternative ? Je ne sais pas Tash ! Je n'ai pas encore parlé à Helena.
_ Je ne me mettrais pas entre vous : je comprends que son amitié est importante pour toi. Quand je vois combien elle a été merveilleuse avec toi, te soutenant sans réserve...je comprends que tu ne veules pas gâcher ta relation avec elle !
_ Non je ne veux pas. Je la sais sous pression aussi.
_ Tu as peur de la blesser ? Je te promets de lui en parler, elle n'a rien à craindre de mon support à tes cotés.
_ Tu n'as rien à te reprocher Tasha. Je ne te reproche rien. Tu ne pouvais pas le deviner si moi-même je ne t'en avais pas parlé ! Et je n'étais pas non plus d'un bon soutien à ton égard. Je suis contente que tu ne le prennes pas mal. Après tout, on a rompu il n'y a pas longtemps et j'avais un peu peur que tu crois que ça a été planifié, que nous l'avons fait derrière ton dos !
_ J'avoue que je me suis posée des milliers de question. L'essentiel maintenant est que tu me laisses m'occuper de toi, de tout !
_ Peut être que je devrais laisser Tina lui parler ? Tu sais, elles ont une sorte de connexion à elles.
_ Tu me fais confiance ? C'est toi ma priorité, tu dois éviter toute situation stressante dans ton état. Je vais m'occuper de tout. Je vais arranger les choses avec Helena, d'accord ?
_ Je ne sais quoi dire Tash ! C'est bizarre même d'en discuter avec toi, tu es sure que tu es à l'aise avec tout ça ?
_ Je veux que tu saches que tu peux compter sur moi !
Kit appartement, fin de journée
Allongée sur le ventre, la tête entre ses mains, ses jouets en désordre tout autour d'elle, Angélica fixait l'écran de télévision. Par moment, elle détailla à haute voix ce qu'elle voyait à sa tante Kit, occupée dans une autre pièce. Alertée par sa sonnette, Kit sortit de la salle de bain et traversa le salon, un peu amusée de trouver sa nièce dans une même position.
_ Oh qui ça peut être ma puce ? demanda t-elle dans le vide, tellement Angie était absorbée.
_ Maman T, s'exclama Kit en ouvrant la porte.
Au nom de sa mère, Angie détourna sa tête de la télévision. Apercevant Tina, elle se précipita vers elle.
_ Mamaaaaaaaan !
Tina l'attrapa dans sa course pour la soulever dans ses bras.
_ Mon petit bébé ! dit Tina en l'embrassant partout.
_ Je ne suis pas un bébé, répondit Angie entre deux chatouilles.
_ Oh si tu seras toujours mon bébé ! Bonsoir Kit !
_ Tu as dîner ? J'ai ce qu'il faut !
_ Bette n'est pas là ?
_ James l'a appelé en urgence et elle a filé depuis ! Elle m'avait dit t'avoir laissé un message !?
_ Oui j'ai bien eu son message. Désolée pour le dérangement Kit.
_ Dis pas de sottise, c'est toujours un plaisir d'avoir ma nièce préférée avec moi ! Hein Angie ?
_ Splash tata Kit ?
_ On va dîner d'abord trésor, après maman T va jouer splash avec toi.
_ Va ranger tes jouets maintenant mon ange, dit Tina en la déposant par terre.
_ Merci Kit.
Plus tard, à table
_ Tournigay !
_ Tourniquet ma puce.
_ Tourniquai ?
_ Tour-ni-quet, répéta Tina
_ Ok. On peut avoir ça à la maison ?
_ Non.
_ Un toboggan alors ?
_ C'est toujours non Angie.
_ Pourquoi non ?
_ J'ai bien peur que la maison ne soit pas assez grande, mon cœur !
_ Oui mais Alex travaille à la maison, elle va trouver de la place? Maman B dit que Alex peut agrandir la maison ! insista Angie.
_ On peut effectivement trouver de la place pour ton toboggan, mais ça veut dire aussi qu'on doit enlever un peu de place dans ta chambre. Ce qu'on peut faire, c'est d'enlever la grande caisse en bois, tu sais celle où tu entasses tous tes jouets. Après oui, tu pourras avoir ton toboggan !
_ Ah bon ? Et on mettra où mes jouets ? s'inquièta Angie. Elle aimait bien avoir accès à ses jouets près de son lit.
_ Tu es une grande fille maintenant, tu vas avoir un grand toboggan donc on va donner tous tes autres jouets à d'autres bébé, d'accord ?
Mais en voyant le visage de sa fille, yeux écarquillés d'horreur, Tina n'avait pas besoin d'entendre sa réponse. Il n'y avait qu'un seul moyen de briser l'obstination de sa fille : argumenter avec logique. Enfin aussi logique qu'une fillette de 3 ans puisse être. Et chaque jour, elle s'émerveillait de toutes les ruses qu'elle puisse trouver.
_ Où est maman B ?
_ Ah ah, intervient Kit.
_ Voilà la ruse de mettre les mamans en conflit, ajouta t-elle juste pour Tina.
Tina sourit. Effectivement, c'était le premier réflexe d'angie quand elle n'obtenait pas ce qu'elle voulait d'une maman. Elle le demandait à son autre mère.
_ Tu es contente d'avoir maman B juste pour toi aujourd'hui ?
_ Oui. On y retourne demain ? Tu peux venir aussi tu sais !
_ Bien tentée ma chérie, mais demain tu retourne à la crèche, n'est ce pas tata Kit ?
_ Absolument, confirma Kit.
_ Tu as finie Angie ? Tu peux aller jouer un peu pendant que maman et tata nettoient. Et après je vais te donner ton bain !
_ D'accord !
Tina la déposa par terre et immédiatement elle partie en courant vers la télévision.
_ On peut dire que Bette a obtenu ce qu'elle voulait : que Angie oublie son formidable week-end chez Emma !
_ Tina, tu exagères, et je ne dis pas cela parce qu'elle est ma sœur ! Elle a juste voulu passer un moment avec sa fille. Et regarde comme ça a enchanté Angie !
_ Oui, dit Tina songeuse.
_ Kit ? Je peux te confesser quelque chose ?
_ Tina, je ne crois pas que j'ai envie d'entendre ça ! Bette est ma seule famille, et malgré tous ses défauts, elle restera toujours ma petite sœur ! Ce que je sais, c'est qu'il y a une chose qui est profondément ancrée en elle. Cette chose, c'est son amour pour toi. Un jour elle m'a avoué qu'elle a toujours aimé que toi. Même pendant votre période noire, elle a toujours espéré qu'un jour tu lui reviennes ! Savais tu qu'à chacun de tes appels, de vos réunions, elle rentrait déçue ? C'était plus fort qu'elle, elle ne pouvait s'empêcher de croire à la fin de sa 'punition' !
Tina ne put retenir ses larmes et elle tomba dans les bras accueillants de Kit.
_ Oh Kit, je suis désolée de lui avoir causé tant de peine ! Je pensais avoir digéré sa trahison, je ne me suis même pas rendu compte que j'ai voulu qu'elle souffre autant que j'avais souffert ! Si tu savais comme je m'en veux d'avoir ainsi agit !
_ Shh, c'est du passé ! Tu connais Bette ? Aux yeux de tous, elle se force à paraître invincible, mais au fond, elle est comme nous tous, elle a ses moments de faiblesse. La seule fois où j'ai vu sa carapace se fissurer, je me rappelle encore. Elle ne voulait pas le reconnaître mais elle a eu un 'papa blues' juste après que vous ayez appris que tu étais enceinte la première fois ! Elle s'était mise toute seule toute cette pression, ça m'a fait presque peur de la voir dans cet état!
_ Que dis tu ? Elle ne m'en a jamais parlé ! C'était quand exactement ?
_ Heu, je ne sais plus. La fois où elle m'avait accompagné pour voir David ! Quelques jours après votre fête sur un bateau il me semble ! Je pense qu'elle ne voulait pas t'embêter avec ses petits soucis. Ce n'était pas bien méchant !
_ Assez méchant pour la faire tomber dans les bras de Candace !
_ Non, non, elle ne connaissait pas Candace encore non ? Je croyais que c'était ta... heu fausse couche qui avait déclenché sa 'folie' du moment !?
Toute pensive, Tina ne se rendit pas compte que Kit attendait sa réponse. Elle la reprit dans ses bras, et dans une nouvelle énergie la serra très fort.
_ Merci Kit ! Je te promets qu'on ne va pas tomber dans nos travers. Bette et moi, nous allons avoir une très longue conversation. Je te promets que personne ne va souffrir cette fois ci !
_ Kit, tu peux m'en dire plus ?
Bette maison, soirée
Angélica s'endormit presque immédiatement après son bain. Et Tina ne s'attarda pas davantage, remerciant Kit de leur garder Angie pour la nuit. Elle ne s'étonna guère de voir que Bette n'était pas encore rentrée. Choisir de passer son après midi avec sa fille au lieu de boucler ses paperasses avant un voyage d'affaire avait un coût : celui de prolonger sa journée de travail !
Assise dans la cuisine sur le tabouret de bar, elle s'était positionnée de façon à être face à la porte. Sur le comptoir devant elle, une bouteille était ouverte. Elle pensait que cela l'aiderait à se relaxer un peu. Jambes croisées, elle avait un bras sous sa poitrine tandis que l'autre tenait son verre de vin. Elle l'avait à peine touché, absorbée qu'elle était par ses pensées. Il s'est produit tellement de chose en si peu de temps. Au fur et à mesure où elle se repassait sa journée en boucle, tout ce qui semblait confusion hier, l'est de moins en moins. Peu à peu le brouillard se dissipait. C'était comme si ses actions avaient trouvé un sens. Tout devenait clair. Enfin.
Bette jeta un dernier coup d'œil à son tableau de bord avant de couper le moteur. 20H30. C'est bien la voiture de Tina qui est garée juste devant la sienne, alors pourquoi la maison est-elle plongée dans le noir ? Soit Tina s'est endormie, soit elle est partie chez ses voisines ! Et dans les deux cas, Bette ne ressentait que agacement. Qu'espérait-elle après tout ? Que Tina soit à la maison à attendre sagement son retour ? Qu'elle lui préparerait ses bons petits plats ? Qu'elle lui prêterait une oreille compatissante de sa journée de travail ? Toutes ces fois où elle était rentrée tard du CAC, elle ne s'était jamais vraiment préoccupée de son sort. Il fallait juste qu'elle termine son travail avant. Elle se rendit compte que la dynamisme d'alors ne pouvait que nuire à leur couple. Elle soupira quand elle s'aperçu qu'elle jouait machinalement avec son alliance. Tout ne s'est pas passée comme elle l'espérait. Force est de constater que toutes ses bonnes intentions n'ont pas suffit à retourner cette tendance conflictuelle entre elles. Et si Tina décide qu'elle méritait mieux qu'elle ? Elle refoula vite fait cette pensée. C'est à elle de lui prouver le contraire. Si elle est capable de soutirer des fonds, de prêcher pour son budget auprès des crétins fortunés, il n'y a pas de raison qu'elle ne puisse laisser son égo de coté pour une simple discussion avec la femme de sa vie !
Respirant un bon coup, elle se décida à sortir du cocon de sa voiture. Soit, pensa t-elle, elle ne peut pas changer le passé, mais elle ne laisserait pas qui que ce soit lui 'voler' mon futur ! Elle opta d'aller l'attendre à la maison plutôt que d'aller la chercher chez Jenny.
Bien lui en a prit d'allumer la lumière en rentrant, elle sursauta en voyant Tina assise à la cuisine. Et elle perdit presque toute son assurance en voyant le visage grave de Tina. Chose qui ne lui arrivait pas souvent, elle sentait l'enjeux lui paralysait ses moyens. Ce qu'elle ne se doutait pas c'était que Tina essayait de s'adapter à cette soudaine luminosité.
_ Je...je te croyais chez Jenny, dit-elle timidement.
_ Tu as dîné ?
_ Pardon ? s'étonna Bette.
_ Je suppose que tu n'as pas pris le temps de déjeuner non plus ? Je t'ai emporté quelque chose, tu veux que je te le réchauffe maintenant ?
Complètement troublée par l'attitude amicale de Tina, elle marmonna une phrase incompréhensible mais dont on pouvait deviner un sens proche de ' je n'ai pas faim mais si ça peut te faire plaisir'. Elle se donna un peu de temps en déposant ses affaires sur la table à manger. Tina n'avait pas bougé d'un centimètre, toujours assise sur son siège. Elle l'observait. Ne disant plus mot. Son calme intimida Bette. Elle s'attendait à plus d'agressivité : se pouvait-il donc qu'elle ait sur-dramatisé leur situation ? Ou est ce qu'elle a déjà pris sa décision ? Le cœur battant, elle se rapprocha. Leurs regards se croisèrent. Elle crut déceler chez Tina un début de rougeur. C'est bon signe si elle parvenait encore par sa proximité à lui provoquer un quelconque effet. Elle lui prit son verre des mains et le déposa sur le comptoir.
_ Tu disais me vouloir sobre, je te veux dans un même état !
_ Tu ne m'impressionnes pas Bette ! affirma Tina.
Elle s'était levée d'un bond de son siège. S'éloignant un instant avant de revenir à la charge. Même avec le peu de connaissance qu'elle a du langage du corps, Bette comprit que la partie est engagée, le round d'observation est terminé. Tina est en passe de déverser sur elle toute sa colère. Plus question de retenue.
_ La moindre des choses aurait été de me prévenir ; un simple putain de coup de fil pour que je ne m'inquiète pas ! Non, au lieu de cela, je me suis ridiculisée auprès de Roberta. Elle doit me prendre pour une sorte d'hystérique du boulot, qui se défoule sur la première personne qu'elle croise ; et de surcroît, incapable de gérer l'emploi du temps de sa fille. Je l'ai traité d'incompétence, je l'ai menacé de la poursuivre en justice et j'étais même à deux doigts d'appeler la police, car je croyais qu'ils ont égaré Angie. Ce n'est pas drôle Bette ! Et maintenant, elle est persuadée que l'une de nous cherche à enlever Angie pour la soustraire à l'autre ! C'était humiliant : et je te signale que je dois déposer ou récupérer Angie à cette même crèche encore un bout de temps!
_ Tu as raison, je suis désolée de ne pas t'avoir prévenu. J'ai juste voulu passé un petit moment avec Angie, j'ai pas vu le temps passé ! Ta fille est inexhaustible, c'est incroyable, et ... elle m'a terriblement manqué. Je serais plus que ravie de la déposer et la récupérer le temps qu'il te faudra pour te remettre de Roberta ! Encore une fois, je suis désolée ?
_ Elle s'est presque endormie pendant son bain. Je suis contente que tu ais pu prendre sur ton temps pour t'amuser avec elle. Tu as énormément de boulot à rattraper ?
_ Non, ça ira, je pourrais les terminer à temps. Si j'avais le choix, j'aurais reporté ce déplacement. Phyllis n'est pas très coopérative en ce moment et je ne veux pas lui donner une raison de me mettre dans une quelconque liste noire.
_ Il n'y a aucune raison que reporter quoi que ce soit. Je pense même que c'est l'occasion pour nous de faire un point. D'absorber tout ce vient de nous arriver.
_ Tu... tu as besoin de tout un océan entre nous ?
_ Bette ? Ce que tu as vu à Shaolin...
_ Ce n'est pas grave Tee.
_ Ce n'est pas grave ? Qu'est ce que ça veut dire ?
_ Je sais que Sam n'est pas exactement une menace. Je pourrais te dire que ce n'est pas futé de ta part d'utiliser Sam une deuxième fois pour m'atteindre mais après tout, tu ne savais pas que j'allais venir te voir !
_ Non je ne savais pas. Et si tu ne t'étais pas enfuie, tu aurais su qu'elle était juste venue m'annoncer qu'elle a rencontré quelqu'un, je la félicitais !
_ Ok.
_ Et toi, que faisais tu la bas alors ?
_ Je t'ai amené des fleurs ! Qu'est ce que tu crois que je pouvais vouloir d'autre ?
_ Qu'est ce que j'en sais vu que tu envoies même des fleurs à ta dévergondée d'assistante !?
_ Hein? Tu délires, tu mélanges tout et n'importe quoi ! C'est un reproche ?
_ Non bien sur que non ! Tu ne trouveras aucune part de moi qui te reprocherait de telle attention ! Ce que je voulais dire c'était que c'était à moi en fait, de te conforter, rien ne...
_ Tee....est ce que tu m'aimes encore ?
_ Quoi ? Bien sur que je t'aime. N'en doute jamais, jamais !
_ Alors écoutes, ça me suffit ! Je ne peux pas te reprocher d'avoir des admiratrices, tu es une superbe femme, attirante, intelligente. Je dois ajouter à cela que tu es une personne d'une grande intégrité et bonté, et si compatissante. Mais pour autant, si la première venue s'imagine qu'elle puisse te changer et que je vais rester les bras croisés, elle se trompe. Je ne suis pas prête de te laisser partir. Jamais. Toi et Angie, vous représentez ce qu'il y a de plus chère dans ma vie. Je ferais tout mon possible pour la préserver et la protéger. Je n'abandonnerais pas, je me battrais pour toi, pour ma famille.
_ Oh Bette ! Je n'ai pas changé, Angie et toi, vous représentez tout autant pour moi, si ce n'est plus!
_ Vraiment ? Tu as de drôle de façon de le prouver. Parce que de toute apparence, tu es de nous deux la seule à questionner notre avenir. J'ai du mal à te suivre Tina, dis moi exactement à quoi tu joues ?
_ Ce n'est pas un jeu. Je ne m'amuse pas à mettre en péril à tout ce qu'on essaye de rebâtir. Je sais, j'ai l'air de ne plus être vraiment moi-même dernièrement mais je te jure je suis toujours celle qui s'est offert à toi, corps et âme.
_ Est-ce qu'il s'agit d'une sorte de test ?
_ Soit plus claire !
_ Sam aujourd'hui. Emma hier. Helena le jour d'avant. Qui d'autre vas-tu sortir de ton chapeau pour demain ?
_ Dans d'autres circonstance, je me sentirais flattée tu sais. Je ne te savais si peu en sécurité dans notre relation. T'ai-je donné un quelconque signe de doute nous concernant ?
_ Emma n'est pas ce que tu crois. Tellement d'année ce sont passées depuis ce camp de scout. Elle nous a tous trompé, Jenny la première ! Son véritable but c'est toi !
_ Tu te sens menacer par Emma ?
_ Je ne lui fais pas confiance. Qui sait exactement ce qu'elle nous cache encore !?
_ Je sais me défendre Bette !
_ Je peux te défendre aussi ! Tu ne peux pas exiger de moi de rester à l'écart quand il s'agit de notre famille. Je suis autant concernée que toi. Que ça te plaise ou non, je ne laisserais personne la menacer !
_ En fait tu es en train d'estimer que je suis un danger pour ma propre famille? Que je cherche à la détruire ? C'est pas parce que tu as choisi ce chemin que forcement je vais le suivre !
_ Ça c'est mesquin ! Quoi, tu vas me le rappeler sans cesse, cette erreur à chacune de nos disputes ?
_ Non, tu as raison. Je suis désolée. C'est hors de propos !
_ Merci !
_ Pour te répondre, non, je ne cherche à tester personne ! Jamais il me viendra à l'esprit de risquer ma famille pour me prouver que je peux te faire confiance ou que tu puisses me faire confiance. J'ai certainement fais un erreur de jugement, je ne me cherche pas d'excuse, mais c'était beaucoup à assimilé en si peu de temps. Je ne me suis jamais retrouvé dans cette situation, et j'avoue que j'ai perdu un peu le sens de la réalité. Attends, ne m'interromps pas s'il te plait, je te promets que tu comprendras tout. Elle attendit l'accord de Bette avant de poursuivre. Oui, Emma m'a clairement fait comprendre qu'elle voulait plus qu'une amitié avec moi. Non, je ne l'ai pas rembarré. Oui, j'ai flirté en retour avec elle. Oui, je te l'ai sciemment caché. Oui, je me sentais attirée par elle. Non, nous n'avons eu aucun contact physique avant le Nevada. Oui je savais à un moment que ce n'était pas toi que j'embrassais. Non, je ne la désire pas. Oui je l'ai repoussé immédiatement. Non, je ne savais pas qu'elle était cette amie d'enfance. Oui je l'aimais. Oui j'ai douté à ce moment là. Oui je t'ai failli à cet instant. Non, jamais j'ai pensé te quitter. Tu veux savoir maintenant quelle est cette erreur que j'ai commise ?
_ Juste une ? ironisa Bette.
_ Je me suis surestimée.
Une fois de plus, Bette était perdue. Pourquoi Tina ne venait-elle pas directement au fait ? Cherche t-elle à l'embrouiller ? À l'écouter lui avouer comment elle et Emma ont flirté derrière son dos, elle avait tressailli. Elle n'avait pas eu aussi mal depuis la fois où elle l'avait surpris dans les bras d'Henry. Elle s'est reprise lorsque Tina avait ensuite confié ne pas désirer Emma. Mais bordel, quel rapport avec ses capacités maintenant ? Et puis de quoi parlait-elle exactement ? Surestimer dans quel domaine ?
_ J'ai flanché. En 2 temps 3 mouvements, nous nous sommes remises ensemble, j'ai emménagé chez nous, nous sommes inscrite dans une agence d'adoption, on a un chantier à la maison, j'ai obtenu une promotion fulgurante, tu acceptes de porter notre deuxième enfant, tu démissionnes dans la foulée.
_ Ça n'a pas aucun sens Tina ! Que dois je comprendre ? Nous avons été séparé 3 ans, et tu penses malgré tout que tout cela est trop rapide ? C'est ce que tu essayes de me dire ?
_ Pourquoi tu ne m'a jamais parlé de ton 'papa blues' ?
_ Papa quoi ?
_ Notre séparation n'était pas due à Candace. Enfin si, ça a joué un rôle, mais ce que je veux dire, c'est avant tout notre manque de communication qui nous a séparé.
_ Tina, on a eu des milliers de fois cette conversation. Je t'assure que je n'éprouve pas l'envie de m'épancher une fois de plus dessus, là tout de suite !
_ D'un coup, je me suis vue avec un fardeau sur moi. Pendant que tu rêvassais à ton projet de galerie, je ne voyais que pression : pression financière, à moi la charge totale de notre famille en expansion. Pression émotionnelle : comment vais-je vivre ta grossesse ? Serais je à la hauteur ? Saurais je gérée équilibrer ce travail avec toi à surveiller ? Pression sociale : Cooper m'a donné un département de A à Z à gérer. Je ne l'ai jamais fait, en suis-je capable ? Ne te méprends pas, je ne dis pas que je regrette toutes nos décisions à ce propos. Au contraire, j'aurais exactement fait les même choix si c'était à refaire. Il n'y a rien que je désire plus que d'avoir un nouvel enfant avec toi et m'épanouir dans mon travail. C'est juste une partie en moi, une infirme partie qui a crié 'au feu' comme à l'époque où on refusait le progrès industriel : la peur ! Je sais, j'aurais dû t'en parler, me confier à toi. Là entre en jeu Emma. À ses cotés, j'ai eu l'impression de parvenir à contrôler cette peur. Je la connaissais à peine mais en même temps sa présence m'apaisait. Je sais ce que tu te dis ! Tu penses que le fait qu'on a été proche dans notre enfance, explique mon magnétisme à son égard. Je l'ai cru aussi quand elle m'a révélé qui elle était.
_ Mais ?
_ Je voulais te prévenir à son sujet, ses intentions. Si j'ai baissé mes barrières en sa compagnie, c'est parce qu'elle a su faire rejaillir en moi ce sentiment d'être aimé, d'être protégé. Si j'ai eu comme un blocage, c'était parce que j'étais tiraillé entre d'un coté tout mon amour pour toi et l'apaisement de mes peurs que Emma me procurait de l'autre. Elle vit Bette frémir. Avec elle, je parvenais à retrouver une harmonie en moi. En tout point c'était cette sensation qui m'envahissait quand notre histoire a commencé, il y a dix ans de cela. Tu as toujours été la seule personne capable de me calmer, mon roc dans mes moments de doute. Mais ce que je ressentais, ces peurs, elles étaient reliées à notre avenir, je ne pouvais pas t'en parler. D'une manière ou d'une autre, je savais que tu serais blessée si je les avais partagé avec toi. Tu étais tellement exalter par cette idée de grossesse, je ne voulais surtout pas que tu imagines que je ne désirais pas que tu portes notre enfant.
_ Donc, moi je te mettais une pression et elle, elle parvenait à t'apaiser ?
_ Il n'est pas question un seul instant d'elle. Il a toujours été question de toi et moi. La pression, je me suis mise toute seule. L'apaisement, je l'ai trouvé en toi, par son intermédiaire. C'était une coïncidence extraordinaire, elle était, en tout point une sorte de réplique. Me retrouver en sa compagnie, je me suis cru, dix ans auparavant, avec toi, à nos débuts. Tous ses gestes, ses paroles, au moindre détail, tout ce qu'elle faisait, mon esprit enregistrait toi.
_ Tu es en train de me dire que tu l'as prise pour moi ?
_ C'était mon combat intérieur. Au fond de moi, je savais mes peurs injustifiées, et si passer un peu de temps avec Emma me permettait de les affronter, j'ai estimé que le jeu en valait la chandelle. Je ne me suis pas rendu compte que par la même occasion j'étais en train de t'exclure. Et je te demande pardon. Je te promets que ça n'arrivera plus jamais !
_ Emma n'a jamais été une menace ? C'est juste que je n'étais pas à la hauteur de tes espérances ?
_ Non, je suis la seule coupable dans l'histoire. J'ai pas su géré mes émotions, et je nous ai créée un souci : je nous ai éloignée l'une de l'autre. Bette leva un sourcil. Pardon, je me suis éloignée de toi. C'est vrai que toi, tu as su restée à mes cotés. Tu préfères ça ?
_ Je... je ne sais pas Tina. Je ne sais pas quoi te dire. Je t'avoue que je m'attendais à pire de cette discussion avec toi. Je te mentirais si je te disais que je ne suis pas soulagée surtout. Peut-être que tu as raison : on a besoin de souffler chacune de notre coté. Peut-être que nous avons brûlé des étapes ? Tu n'es pas en train de me raconter tout cela juste pour que je parte l'esprit tranquille ?
_ Je ne ressens rien pour Emma. Rien qui soit comparable à ce que je peux éprouver pour toi. Tu ne vas pas te débarrasser de moi aussi facilement !
_ Et oui je veux un deuxième bébé avec toi. Et je veux que ce soit toi qui le portes, ajouta Tina.
_ Dois je comprendre que tu ne cesseras pas pour autant de voir Emma ?
_ Je ne sais quoi te dire de plus pour te rassurer de mes intentions. Qu'attends tu de moi ? Que je vive en recluse pendant tes absences ?
_ Non, bien sur que non. Je suis une parfaite imbécile parfois, mais oui, je sais aussi que je peux avoir confiance en toi. Une confiance totale !
_ Vraiment ?
_ Vraiment ! Promet moi juste que tu seras prudente avec elle ?
_ Promis.
_ Alors on est... plus fâchées ? Comme cela ?
_ Pas tout à fait.
_ Ah ?
_ Je veux que tu sois honnête avec moi. J'ai besoin de savoir quelque chose.
_ Je t'écoute.
_ Pourquoi tu as embrassée Jane ?
_ Pardon ?
_ Pourquoi- as-tu embrassée Jane ?
_ Tu étais là, heu, en résumé Jane était juste là au moment endroit au mauvais moment !
_ Non, tu ne m'as pas comprise. Pourquoi tu l'as fait ?
_ Je te l'ai dit, c'était juste une question d'accessibilité ; j'aurais pu tout aussi bien embrasser Jenny sur le moment si tout le reste avait reculer à ce moment là ! Toi tu ne t'es pas gêné d'avoir embrassé et Helena et Emma et Alice, alors ne montes pas si vite sur tes grands chevaux !
Au moment même où elle finissait sa phrase, Bette sut qu'elle venait de dire une bêtise. Et le changement d'attitude de Tina le lui confirma. Le mécontentement se lisait sur tout son visage, et les belles paroles étaient déjà oubliées.
_ Alors ça va être comme cela dorénavant ? Ou dois je dire ça a toujours été comme cela entre nous ! Pare que je t'aurais fait du mal, que obligatoirement ça te donne le droit de me faire mal à ton tour ??
_ Je ne vois pas de quoi tu parles !
_ Ne joue pas les idiotes avec moi, Bette ! Tu sais exactement de quoi je parle.
_ Bien sur que non. Tu sors un fait hors contexte. Je te rappelle que cette nuit là, nous avions tous un peu abusée du mélange d'alcool et d'herbe.
_ Bah oui, réfugie toi derrière des excuses !
_ Qu'est ce que tu voulais que je te dise ? Oui, j'ai embrassé sciemment Jane ? Que j'avais envie d'elle ? Que j'étais en manque ? Que ses lèvres étaient douces ? Que la passio...
À sa grande surprise, Tina s'était jetée sur elle et par un baiser ardent l'avait tu. Automatiquement elle l'entoura de ses bras, et sous son assaut fut forcée de reculer. Violement Tina la poussa contre le mur. Un petit mélange de cri de plaisir et de douleur s'échappa d'elle. Mais elle profita de cette distraction pour prendre les devants. Une bataille de bouche s'engagea pour la dominance. Un duel de langue commença. Les deux femmes étaient dans une sorte de symbiose, on ne distinguait plus la séparation entre les deux visages, elles se savouraient mutuellement et à grand bruit. Sans aucune retenue, on entendait que les smacks de leurs baisers. Au diable la décence, elles étaient seules chez elles après tout.
_ On doit cesser cette spirale destructrice, haleta Tina entre deux répits.
_ Oui, cessons de nous faire du mal, s'essouffla Bette.
_ Tu dois retourner voir Dan ! Dit Tina tout en lui retirant sa veste.
_ D'accord, tu viens avec moi, répliqua Bette.
_ Je ne veux pas que tu crois que notre discussion soit terminée pour autant.
_ Demain. On reprends demain matin !
Dans ses rêves le plus fous, elle n'aurait jamais pu imaginer que leur querelle puisse devenir physique, dans le bon sens du terme. Elle s'était imaginée les pires scénarios : Tina lui avouant son amour pour Emma, ou encore Tina lui annonçant qu'elle la quittait définitivement ! Non, au lieu de cela, elle a obtenu une Tina la dévorant avec passion. Un dénouement inattendu qui semblait avoir découplé leur ardeur. À moins que ce ne soit la perspective de mettre fin à toute cette tension accumulée, cette frustration forcée. Quoi qu'il en soit, les voilà durant de longues minutes à s'embrasser avidement. Comme signe de leur désir, leurs mains ne purent s'empêcher de caresser le corps de l'autre. Et très bientôt, leur petit jeu s'intensifia. Le désir les consuma. Il leur fallait plus. Les vêtements étaient devenus une barrière.
Elle avait besoin de toucher sa peau nue, de la sentir tout contre la sienne. Dans sa manœuvre d'entraîner Tina vers leur chambre sans pour autant rompre leur contact physique, Bette ne parvenait pas à défaire cette chemise sur elle. Bien qu'elle traversait à reculons vers le couloir, Tina par contre avait réussi sans peine à la dévêtir. Le court chemin d'accès vers leur chambre était parsemé de veste par ci, de haut talon par là.
_ Tu tiens beaucoup à ta chemise ? demanda soudainement Bette.
Elle ne chercha pas à déchiffrer sa réponse sous forme de râle. La seconde d'après, au comble de son avidité, elle déchira d'un coup le chemisier qui lui résistait. Les boutons jaillirent dans tous les sens entre elles avant de retomber sur le sol. Le bruit sec de tissus déchiré sembla les ramener à la réalité. Elles stoppèrent d'un coup leur élan : plus aucun mouvement, les bras étaient comme suspendus. Tina la regarda bouche bée. L'incrédibilité se lisait sur son visage. Elle baissa sa tête un instant pour constater les dégâts. L'inquiétude de Bette disparut aussitôt que Tina releva son menton et la fixa de nouveau. Un sourire se dessina. Incrédule oui, mais tellement excitant à la fois ! Sans se réfréner davantage, elle se jeta de tout son poids dans les bras de Bette. Elles reprirent leur fougueux baiser. Sans peine cette fois ci, Bette lui retira sa chemise, parvint aussi à dégrafer son soutien gorge qui rejoignit le sol, tapissé de leurs habits. Elle leva une jambe que Bette s'empressa de caresser avant de la soulever entièrement pour la permettre de l'enfourcher à sa taille. Ainsi enlacer, elle l'emmena vers la chambre. La tête enfouie dans sa nuque, Bette marchait à l'aveuglette.
_ À gauche bébé, lui indiqua Tina.
Elle n'avait aucune idée de quelle gauche elle parlait. Et puis de toute façon elle devait la déposer par terre, ne serait ce que pour se débarrasser de sa jupe. Elle opta pour sa gauche et brusquement, elle plaqua Tina contre le mur du couloir. Profitant de l'effet de surprise et s'aidant d'une jambe pour soutenir le corps de Tina, elle se mit en devoir de finir de la déshabiller. Elle était sur le point de porter une Tina nue sur ses épaules pour l'emporter dans la chambre quand celle-ci se libéra de son étreinte. Pas longtemps, elle était juste parvenue à franchir le seuil de la chambre sur ses deux jambes quand d'un bras puissant autour de sa taille, Bette la ramener vers elle.
_ Où penses tu aller comme cela ma belle ?
Elle la coinça dos contre le mur du couloir, ses bras de part et d'autre de son corps. Profitant de sa position, elle la reluqua de haut en bas.
_ L'une de nous est trop habillée, remarqua Tina.
_ Hun hun, répondit-elle nonchalamment.
Tina allongea ses bras derrière son dos. Elle défit son soutien gorge et le laissa tomber au sol. Bette se recula d'un pas et rapidement déboutonna son pantalon avant de le glissa à ses chevilles et d'un coup sec du pied l'envoyer au loin devant elle, dans la chambre. C'était au tour de Tina de la reluquer de bas en haut. Lentement elle retendit son bras et d'un doigt traça le contour d'un sein, de son auréole, du téton. Et se penchant, sa langue suivit un même chemin. Bette émit un grognement. Ses mains lui caressaient son dos, et irrésistiblement descendaient toujours plus bas jusqu'à sentir la douceur de ses fesses. Elle ne résista pas longtemps à les attraper à pleine paume puis à les pétrir rigoureusement. Se faisant, elle força Tina à se redresser, et implacablement s'empara de nouveau de sa bouche, arrachant un rauque bruyant.
_ Je le veux dur et toi farouche, murmura Tina au creux de son oreille.
Bette ne perdit pas un instant, la retourna brusquement avant de la diriger vers le mur. Tina dû s'aider de ses deux mains pour amortir l'impact, tellement Bette, se frictionnant contre elle, la pressait contre le mur. Elle n'était plus capable de distinguer les différents frissons qui parcouraient tout son corps. Un souffle chaud le long de son cou, une paire de sein qui se frottait à son dos, une main exigeante sur sa poitrine, une caresse le long de sa cuisse ou encore une jambe qui lui écartait les siennes. Elle pensait ne pas pouvoir endurer plus quand soudainement Bette la pénétra de derrière. Elle gémit immédiatement de plaisir. De son autre bras, Bette la serra solidement au niveau de sa taille. Encouragées par ses cris lascifs, elle commença un rythme régulier de va et vient.
_ Oh oui Bette....ouiiii maintenant ! Je vais ...jouir... Beeette !
Peu importe que Bette commence juste à la toucher. Peu importe que Bette marque chaque parcelle de son dos de ses dents. Peu importe que son abandon soit total. Son corps n'était plus que flamme. Elle ne pouvait se contenir davantage. Une dernière pression, un doigt incurvé sur son point g et Tina explosa. Elle cria le nom de sa partenaire aussi fort qu'elle put. Sa libération aurait pu être entendu dans tout le voisinage, seul les vagues de plaisir lui importaient. Petit à petit, elle reprit conscience au son des 'je t'aime' que Bette lui chuchotait en continu. Elle était adossée sur Bette qui la tenait fermement serrée contre elle, cherchant encore à retrouver un second souffle. Le répit fut de courte durée, cette fois ci Bette la plaqua dos contre le mur et s'empara férocement de la bouche un sein après l'autre. Elle la suça, la titilla avec voracité. Satisfaite des râles qu'elle a suscités, elle entama une descente langoureuse. Au grand soulagement de Tina. Son esprit n'avait pas encore recouvré de l'intense orgasme précédent, mais son corps en réclamait déjà un autre. Elle sentait ses jambes se flageoler sous son poids. Et pourtant elle prenait appui déjà sur les épaules d'une Bette maintenant à genoux devant elle, à inhaler son essence.
_ Beette ? mes jambes...peux plus ...tenir debout !
À grand effort, Bette recula sa tête pour la fixer. L'adoration, l'intensité du désir qu'elle lut dans son regard, eurent raison des dernières forces de Tina. Elle commençait à glisser. Bette souleva une jambe et la passa par-dessus son épaule. Se faisant, elle s'ouvrit grand un accès à sa convoitise. Un seul coup de langue, et le corps de Tina vibra de plus belle. Entre deux gémissements, elle la supplia encore et encore de la prendre. C'était peine perdue, Bette se délectait de la savourer avec lenteur. Enfin, elle souleva son autre jambe par-dessus son autre épaule, l'invitant à la chevaucher. Puisant dans ses dernières réserves, Tina se mit en tâche d'onduler dans un même rythme, et très vite Bette mit fin à son supplice.
_ Beeeeeeeeeeeeeeeeette, hurla Tina.
Elle crut défaillir au paroxysme du plaisir. Bette l'attrapa dans sa glissade, et doucement l'allongea sur le sol, l'entourant de ses bras et essayant de la calmer par des mots doux. Elle mit de longues minutes avant de pouvoir rouvrir ses yeux. Bette l'admirait amoureusement.
_ Tu es magnifique, lui dit-elle.
_ C'est toi qui me rends magnifique, répondit Tina.
_ J'ai envie de toi, ajouta t-elle.
Bette sourit. Elle la savait incapable encore d'un moindre mouvement. Tout son corps en entier n'était encore que palpitation. Elle lui caressa sa joue.
_ On a toute la nuit pour nous, souffla Bette.
_ Viens.
Tina s'économisa une longue phrase. Dans de tel moment, point besoin de s'exprimer plus. Un simple mot, un regard ou une expression et elles savent ce que désire l'autre. Bette se redressa et lentement, elle se mit en position. Elle plaça ses genoux de part et autre de son corps et délicatement entama une descente jusqu'à s'asseoir sur son visage. Les deux femmes grognèrent de plaisir au premier contact. Tel un regain d'énergie, exhortée par ses gémissements, Tina la dégusta vivement jusqu'à sa jouissance. Elle pensait l'avoir épuisé en voyant Bette s'abaisser sur elle, mais que nenni, c'était pour mieux la dévorer de nouveaux. Cette fois ci, elles atteignirent l'orgasme simultanément. Enfin assouvie, elles restèrent ainsi allongées l'une sur l'autre. Jamais très longtemps, la faim reprenant vite le dessus. La nuit était effectivement leurs.