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Série : The L Word
Création : 21.11.2008 à 11h29
Auteur : awywy
Statut : Terminée
Episode 4/4
Cette fanfic compte déjà 125 paragraphes
6h plus tard, aéroport LAX
Certes, elle avait organisé cette petite excursion au Nevada, mais c'était censé être deux jours de fête non stop, de joie et de bonheur. Or la voilà depuis 12H sans répit, à jouer les médiatrices en jonglant avec les contrariétés de chacune. C'était comme si une contagion de mauvaise humeur avait affecté tout le groupe. Difficile aussi de coller les morceaux d'autres, surtout quand les personnes concernées mettent du sien pour vous rendre la tâche encore plus difficile.
Elle était parvenue à piéger Helena et Jane dans une même pièce mais en vain. Jane, inflexible a confirmé sa décision de rompre. Comme Tina continuait à faire l'indécise, il suffisait pensait alors Alice de pousser Bette à entreprendre. C'est à croire qu'elle le faisait exprès, mais Jenny a aussitôt ruiné ses plans d'apaiser un résidu de ressentiments. À peine Bette avait-elle mis un pied dans la salle à manger que Jenny s'est fait un devoir de lui faire un briefing, convaincue qu'il était injuste que tout le monde sauf elle soit au courant. Difficile ensuite de savoir laquelle des informations a le plus accentué sa colère ; celle où Emma est une amie perdue de longue date de Tina ou celle où elles auraient passé la nuit à se remémorer des souvenirs d'enfance ? Et quand Tina daigna enfin sortir de sa chambre, elle prit grand soin d'éviter de se retrouver seule avec Bette ou Emma.
Comble de tout, elle même a eu un mot avec Shane qui prenait le parti de Jenny envers et contre tous. 'Maudite Jenny', se dit Alice. ' Tout cela est de sa faute. Elle et son don de fréquenter de nuisible personne !'.
Faire un safari en tricycle aurait été moins stressant que ces quelques heures dans l'avion qui les ramenait à LA. Mettre de la distance entre Bette et Emma tout d'abord. Garder un œil sur Helena qui enchaînait depuis ce matin un peu trop de verre. Puis, expliquer à Jenny pourquoi elle n'avait plus sa place près de l'hublot. Convaincre Kit de ne pas quitter Tina d'une semelle. Shane s'occupant de coincer Bette dans le dernier rang. Et elle enfin, fit de même avec Emma trois rangées plus loin.
Alice pensait son calvaire terminé à l'atterrissage. Plus que quelques minutes, et elle aura réussi à confiner la troisième guerre mondiale. Plus que quelque minutes et officiellement le week-end sera terminé. Et elle serait libérée de cette responsabilité de ramener tout le monde sain et sauf à la maison. Et juste au moment où elle pensait avoir réussi l'impossible, la trêve s'acheva.
_ Bien, Helena et Jane dans un taxi. Jenny et Emma dans un autre. Shane et Jane dans un troisième. Et le reste avec moi et mini.
_ N'importe quoi Alice, protesta Jenny. Shane et moi on va dans la même direction. On peut déposer Kit sur le chemin. Combien de fois faut-il que Jane dise qu'elle ne veut plus d'Helena avant que tu cesses de les empiler ensemble ? Par contre, Emma n'est pas loin de chez Tina, pourquoi elles ne rentreraient pas ensemble elles ?
_ Tu veux que je prenne Bette, Tina et Emma ensemble ? s'étonna Alice.
_ Quoi les filles, vous n'allez pas vous crêper le chignon dans un espace confiné comme une mini voiture quand même ? Nous sommes toutes des adultes non ? insista Jenny à l'intention des concernées.
_ Si elle monte dans la mini ce sera sans moi ! annonça Bette.
_ Bette ? sermonna Tina.
_ D'ailleurs, Tina et moi, nous allons prenne un taxi, comme ce qui a été prévu, continua Bette en ignorant la remarque de Tina.
_ Ah oui ? Et depuis quand a-t-on décidé ça ?
_ À l'instant, lui répondit-elle.
_ En fait, je ne vous en faite pas pour moi, mon chauffeur est déjà là, intervient Emma. Et je peux même déposer celle qui veule ! Tina ?
'Comme par hasard', pensa Bette.
_ Elle ne veut pas, affirma Bette. Faisant signe à Alice de montrer le chemin, allons y Al, dépose nous juste au Planet pour que je puisse récupérer ma voiture.
Mais Tina ne fit aucun mouvement pour les suivre. La voiture d'Emma arriva et cette dernière l'invita à y monter dedans. Bette se retourna.
_ Tee ? s'inquiéta t-elle.
Mais Tina n'était plus d'humeur à supporter les caprices de Bette ni de qui que ce soit d'ailleurs. Elle passa rapidement son regard de Bette à Emma. Elles attendaient qu'elle choisisse son camp. S'exaspérant de devoir faire un choix, Tina opta pour une troisième solution. Elle doubla Helena et s'engouffra dans son taxi, s'installa à l'autre bout de la banquette tout en laissant la porte ouverte. C'est Emma la plus prompt à réagir. Elle suivit Tina dans le taxi et referma la porte. Et le taxi partie en trombe.
_ Porter ! cria Alice. Reste pas planter là, elle vient d'enlever Tina !
Bette se contenta de la regarder impassible.
_ Je me charge d'elle. Va, suit les comme cela tu nous renseignera où elles sont parties, intervint Kit.
Alors que Alice se précipita dans le parking, Kit doubla Helena et poussa sa sœur dans le taxi qui arrivait.
_ Tu peux me dire ce qui ne va pas chez toi soeurette ? On va au Planet chercher ta voiture puis tu vas me faire le plaisir d'aller récupérer Tina, tu m'entends ?
Pour toute réponse, Bette se contenta d'ordonner au chauffeur un changement de direction en lui donnant son adresse.
_ Mais qu'est ce que tu fiches ?
_ Je veux rentrer chez moi !
_ Quoi ?
_ Je rentre à la maison, répéta Bette.
Plus tard
_ Vas y, je t'attends ici, lança Alice à Tina.
_ Je n'ai pas besoin de chaperon Alice. Si tu veux jouer les baby-sitters, va rejoindre ton amie. Dieu sait quelle bêtise elle est capable de faire. Et crois moi, Kit n'est pas de taille. Alors si tu veux vraiment être utile, commence par aller me la surveiller, ok ?
Sur ce, Tina lui ferma la porte du manoir au nez.
' Fait chier', jura Alice. 'Si Mahomet ne va pas à la montagne alors la montagne ira à Mahomet !'. Elle alluma son portable. 'Putain ! 20 appels manqués !'. Elle regarda vite fait, ce n'était pas Kit, ouf ! Helena ? Que se passe t-il encore ? Elle essaya de la joindre mais tombait à chaque fois sur son répondeur. 'Tant pis', se dit-elle. 'Sauvons ce couple là d'abord !'. Elle appela Bette. Répondeur de nouveau.
" Bette, je sais que tu es à la maison. Décroche moi ce putain de téléphone! Tant pis que tu ne veux pas écouter ce que j'ai a te dire, je te le dis quand même. Je viens de la déposer chez Emma. Puis elle m'a renvoyé. C'est un truc que je ne peux pas le faire à ta place. Veux tu bien te battre et venir récupérer ta femme? Bon dieu, ravale ta fierté et va la supplier. Pas demain ni dans 2 ans. Maintenant ! Si d'ici cinq minutes tu ne m'as pas rappelé, je débarque te botter les fesses. Et je plaisante pas !"
Alice s'en voulait un peu de ne lui avoir pas tout dit. Aucune chance de voir Bette débarquer ici si elle le savait. Une pieuse omission pour le bien de tous.
Sur le chemin vers chez Bette, elle appela Kit pour avoir les dernières nouvelles.
_ Non, non tu n'as pas besoin de venir. Tina me l'a promis. Je vais juste faire un saut chez Betty, histoire de prolonger son agonie. Je te garantie qu'elle va retenir cette leçon ! Ah attends Kit, j'ai un appel.
Allo ? Qui c'est ? Cindi ? Hein ? Oui, tu as bien fait j'arrive de suite.
Kit ? Non c'est rien, juste un demi tour sauvage que je viens de faire. Ne t'inquiète pas, je suis une as du volant. Changement de programme. Je dois filer au Shebar. Tu penses qu'on peut laisser Bette sans surveillance un instant ?
Shebar, plus tard
Cindi attendait Alice devant l'entrée.
_ Depuis combien de temps est-elle là ? demanda Alice.
_ Le barman me dit qu'elle était là depuis 1h quand je l'ai trouvé. Mais je la soupçonne d'avoir fait une tournée de tous les bars du club !
_ Elle y est encore ?
_ J'ai libéré une salle VIP, mais elle refuse d'y aller. Et je ne voulais pas prendre le risque qu'elle aille dans un autre club. Au moins ici, on peut la surveiller. Mais je ne pourrais pas la contenir davantage. Je n'ai pas réussi à joindre Shane. Et j'ai vu qu'elle avait cherché à te joindre sur son portable. Que se passe t-il ? Ça m'a l'air sérieux !
_ Merci Cindi, je m'occupe d'elle.
_ Pas de souci. Prends en grand soin, s'il te plait !
Cindi lui montra l'endroit exact où se trouvait Helena. Elle était carrément derrière le bar, et le moins qu'on pouvait dire, c'est qu'elle ne servait pas la clientèle mais vraiment que elle-même.
_ Helena ?
_ Aliiiiiiiiiiiiiice ! cria t-elle. Où étais tu donc passé ? Je t'ai appelé de toute la soirée ! Hey regarde ça !
Et Helena se mis à balancer une bouteille en l'air qui évidemment se fracassa par terre.
_ Oh mon dieu, paniqua Alice.
Elle l'attrapa vite fait pour la sortir du bar au grand soulagement de la barman.
_ D'accord Flanagan, et si on rentrait à la maison maintenant ?
_ Non non Al je m'amuse à fond ici. Je t'assure j'ai réussi tout à l'heure. Et Val m'a appris comment shaker aussi, je te montre ?
Alice jeta un œil à Val, qui lui fit non de la tête. C'était autant de bouteille cassée que d'essai tenté. Entourant son amie de ses bras, Alice commença à l'entraîner vers la sortie.
_ Qu'est ce que tu fais Alice. Non je veux rester, je ne suis même pas encore aller sur la piste de danse !
_ Tu m'étonnes, collée que t'étais aux bars !
D'un coup, Helena s'arrêta de marcher et fit une de ces têtes.
_ Al, je vais germer ! Faut que j'aille aux toilettes.
Elle se libéra de l'étreinte d'Alice pour y aller, mais cette dernière croyant à une ruse la retint par la main et la ramena de force vers elle. Bien mal lui a prit car ce fut le mouvement de trop pour Helena qui ne put se retenir et régurgita sur tout le torse de son amie.
_ Arghhhhhhhhhhhhh Helena, c'est dégeu !
La foule s'éloigna instinctivement des deux femmes, les laissant dans un cercle avec une certaine distance de sécurité autour d'elle. Retrouvant un semblant de lucidité, Helena emmena Alice vers une salle privée, demandant que l'équipe de nettoyage vienne rapidement faire leur travail. Tant bien que mal, les deux amies s'enfermèrent dans la salle. Loin du bruit et des spots de lumière, Helena s'écroula sur le canapé. La tension redescendue, la réalité se rappela brusquement à elle. Un mal de tête. Une sensation de bouche sèche et de nouveau une envie de nausée. Elle ferma ses yeux et essaya un massage de ses tempes. Sans succès. La sensation d'une serviette mouillée sur son front la soulagea un peu. Elle ouvrit les yeux sur une Alice tout juste sortit de la douche, et qui lui tenait la serviette. Elle était habillée d'un blouson doré aux manches noires, trop grande pour elle et un pantalon noir ultra moulant.
_ C'est ridicule, dit Helena en rigolant. Tu es ridicule dans ce costume Al. Ne te montre jamais sur une piste de danse du Shebar dans cette tenue là.
_ Je n'ai pas trop le choix, c'est tout ce que Cindi avait sous la main. Et la faute de qui si je suis ridicule ?
_ Excuse moi ! J'ai un peu abusé de l'alcool je crois !
_ Ça va pas mieux ? demanda un ton inquiet Alice.
_ Oui, juste la gueule de bois 6h à l'avance !
_ Allonge toi un peu, ça ira mieux.
Délicatement, elle allongea son amie sur le canapé avant de lui remettre la serviette sur le front. Elle retira son blouson qu'elle l'étendit sur le haut d'Helena.
_ Essaye de fermer les yeux, de dormir un peu, je te promets que tu iras mieux demain !
_ Tu restes avec moi ?
_ Oui bien sur !
_ Je ne suis même pas digne d'être sa doublure ! dit Helena après un moment de silence.
_ Qu'est ce que tu racontes ?
_ Elles finissent tous par s'apercevoir qu'il n'y a qu'une seule et unique Bette Porter. Je suis même sure que mère voit en elle, la fille qu'elle a toujours voulue, en lieu et place de la bonne à rien que je suis ! Et quand enfin, je rencontre une personne qui s'intéresse pour ce que je suis, que fait-elle de mieux ? M'accuser d'harcèlement sexuel et m'extorquer de l'argent. Je sais que c'est capricieux de le penser, mais cette fortune, ça m'a pourri plus la vie qu'autre chose. Comment suis-je sensée avoir foi en l'autre. Toujours il y aurait ce petit doute en moi. M'aime t-elle pour ma fortune ? Mon nom ? Mon groupe d'amie ?
_ Chuuut ! Ne dis pas de bêtise ! J'ai survécu à Dana. Et toi, tu survivras à cette petite rupture. De toi à moi, elle ne sait pas ce qu'elle perd. Et ne pense même pas t'exiler à New York ou ailleurs. Tu nous connais, on risque fort de te suivre parce qu'on te t'abandonnera pas. Jamais.
_ Juste au moment où je croyais trouver la personne qui ne me ferait plus douter ! Pourquoi a-t-il fallu qu'elle soit si sincère ?
_ Là c'est toi qui est ridicule Helena ! Tu sais ce qu'on va faire demain ? Shane et moi, nous allons t'emmener dans un club de streap-tease. Crois moi, il n'y a pas mieux comme transition.
_ Ah bon ?
_ Oui. A nous les bons cotés du célibat. Mais en attendant, tu vas me fermer ces beaux yeux, là maintenant. Dors un peu, je vais te ramener un verre d'eau. Tu as soif ? D'accord, je reviens vite fait.
Cinq minutes plus tard, Alice revint dans la salle, bouteille d'eau, un encas et tube d'aspirine sur un plateau. Elle le déposa sur la petite table basse avant de s'approcher pour vérifier l'état d'Helena. Elle semblait dormir paisiblement. Elle lui ôta la serviette humide du front et délicatement remis quelques mèches en place.
_ Helena, murmura t-elle.
Elle attendit qu'Helena ouvrit ses yeux pour continuer.
_ Bois encore un verre puis je te ramène, d'accord ?
_ J'ai soif, répondit-elle.
Alice l'aida à se relever et alla lui chercher le verre d'eau.
_ Je parie que tu n'as rien avaler depuis le brunch. Combien de verre as tu avalé le ventre vide ?
_ Je n'ai vraiment pas faim. Juste besoin de m'allonger un peu.
Elle avala d'un trait le verre et se recoucha.
_ D'accord. Alice regarda autours. On a l'air bien isolé. Je n'entends même pas la musique du club. Quoique, ce n'est pas ce qui va t'empêcher de pioncer ! Tu as toujours mal à la tête ? Cindi m'a filé de l'aspirine !?
_ Non, pas pour l'instant. Ça va mieux.
_ Bien !
_ Alice ?
_ Mmm ?
_ Merci d'avoir toujours été là pour moi ! Je ne sais pas ce que j'aurais fait sans toi, ton soutien. A chaque fois que j'ai eu des bas, tu étais là pour m'aider : ma rupture avec Tina, Dylan, mère, Catherine...Je suis chanceuse de t'avoir comme amie.
_ Et j'ai bien l'intention de veiller sur toi encore et encore. Tu n'as pas le choix, tu n'as pas fini d'entendre mes potins quotidiens !
_ Je les adore, rigola Helena.
_ Oui j'adore ton accent anglais aussi.
Sourire au visage, Helena ferma de nouveau ses yeux. Elle se sentit soulagée, comme si on lui avait ôté un fardeau de ses épaules. Bercée par les paroles d'Alice, elle ressentait un moment de quiétude. Il y a bien longtemps qu'elle ne s'est sentie en paix avec elle-même.
Alice lui parlait de ces anglais qu'elle avait rencontré, comment elle trouvait exagéré leur manière, leur politesse et surtout leur habitude culinaire. Elle ajustait le son de sa voix, baissant d'un ton au fur et à mesure, jusqu'à ne plus entendre une respiration régulière d'Helena. Elle observa son visage endormi en silence. ' Comment une si belle personne peut-elle nourrir autant de complexe !', pensa t-elle.
_ Crois moi, j'ai été avec Bette Porter, et tu n'as rien à lui envier, chuchota Alice.
Délicatement, elle lui dégagea quelques mèches de cheveux ; du dos de sa main, elle lui caressa son visage, ses doigts s'attardant sur son menton. Elle se rapprocha doucement, se pencha et déposa un chaste baiser sur son front. Se reculant, elle s'aperçoit qu'Helena avait rouvert ses yeux. Elles se sourirent. Helena lui attrapa sa main, la ramena vers son visage pour y déposer un baiser. Elles regardèrent leurs mains jouer ensemble puis s'entremêler.
_ Je me sens bien, murmura Helena.
_ Ah oui ?
Pour toute réponse, Helena leva son autre main vers son visage. Lentement, elle encouragea Alice à se baisser. Elles échangèrent un léger baiser et restèrent à s'observer, à peine quelques centimètres de distance entre elle. L'une et l'autre n'osaient dire mot, de peur de briser ce magique instant. Finalement, Helena prit l'initiative de l'embrasser. Un lent et doux baiser. Comme si elle voulait savourer ou prolonger cette agréable sensation qui l'envahissait. Petit à petit, la réaction d'Alice se fit plus intense. Elle parvint sans briser leur étreinte à se positionner sur le canapé au dessus d'Helena. Et les deux femmes émirent un même cri de plaisir lorsque leurs corps se touchèrent. Prenant sur elle, Alice dégagea son visage un instant.
_ Je ne pense pas que ce soit une bonne idée.
Pour seule réponse, Helena s'empara de nouveau de ses lèvres. Et la passion les emporta.
Bette maison, fin de soirée
Bette se réveilla en sursaut. Ses yeux se refermèrent aussitôt, ébloui par toute cette luminosité. Un bref regard autour d'elle et elle se souvint où elle était. Chez elle. Toute seule. Depuis combien de temps s'est-elle assouplie ici, sur le comptoir de la cuisine ? Elle regarda dehors par la fenêtre, il faisait nuit encore. Pourquoi s'est-elle réveillée ? Elle fixa la bouteille de whisky à moitié vide devant elle, et soupira. Elle venait de gagner une bonne migraine pour demain matin. Etrangement, elle se trouva lucide. Elle était déjà en train d'organiser mentalement sa journée de demain. Faire ce qu'elle devait faire. C'est alors qu'elle entendit le bruit d'un claquement de portière dans l'allée. Voilà donc ce qui l'a réveillé : le bruit de moteur d'une voiture. Alice a donc mis sa menace à exécution. 'Mais si elle pense pouvoir m'atteindre si facilement, elle se trompe', pensa Bette un sourire en coin. C'est avec un certain plaisir qu'elle vit la poignée de la porte tourner dans le vide. Bette était fière d'elle-même. A peine avait-elle entendu Alice dire qu'elle venait lui botter les fesses, la seule pensée sensée qu'elle a eu dans son état était d'aller tout simplement verrouiller toutes les portes de la maison. Mais son sourire céda vite la place à la contrariété quand la porte s'ouvrit quand même ! Quelle ne fut sa surprise de voir Tina entrer, un air contrarié, et une Angélica endormie dans ses bras.
Tina était sur le point d' exploser son mécontentement quand l'expression d'étonnement de Bette la stoppa.
_ Tu ne t'attendais pas à ce que je rentre à la maison, n'est ce pas ? dit-elle tout bas pour ne pas réveiller sa fille.
_ Je...heu...non, enfin si, bredouilla Bette.
_ Alice ne t'a pas prévenu ?
_ Alice ?
Bette nota mentalement d'aller l'étrangler de ses propres mains demain matin. 'Putain d'Alice !' hurla t-elle intérieurement. La douce voix de Tina la ramena à la réalité.
_ C'est quoi ton problème avec mon appartement ? Voyant que Bette était encore plus perplexe. Je serais rentrée plus tôt si je n'avais pas du faire un détour par Venise. On était supposée rester dans mon appartement le temps des travaux, tu te rappelles ?
Apparemment non, car pour la première fois de la soirée, Bette venait de s'apercevoir que sa maison était en chantier. Les murs étaient recouverts de films protecteurs, ses tableaux décrochés, des draps sur le canapé.....
Alors qu'elle regardait son environnement, Tina passa devant elle pour se diriger vers leur chambre. Elle s'arrêta un instant pour regarder des débris de verre au pied du buffet. Elle se retourna et questionna en silence Bette.
_ Heu, je oui... je vais nettoyer ça, dit Bette.
Et Tina repartie de nouveau vers la chambre, toujours sans un mot.
_ Tee ?
Elle pensait avoir des visions, dû à son état d'ébriété, mais c'était vraiment Tina. Elle se devait de faire quelque chose. Tout en l'appelant gentiment, elle la suivit vers la chambre. Enfin, Tina daigna se retourner et la regarder dans les yeux. Elle voyait qu'elle était encore en colère contre elle. Mais que devait-elle faire pour l'apaiser ? Elle était tellement soulagée qu'elle soit là, à la maison. Elle tendit une main vers Angélica. Mais à sa surprise, Tina recula et sa main tomba dans le vide.
_ Non.
Bette prit peur tout à coup. Ce que remarqua Tina.
_ Pas dans ton état, précisa Tina.
Et elle rentra dans la chambre laissant une Bette incapable de réagir. La porte se referma devant elle. Devait-elle insister ? Elle prit la résolution d'aller d'abord nettoyer les morceaux de verre. Ce serait plus prudent avec une Angélica dans les parages. Ensuite aller se passer un peu d'eau froide sur le visage.
Cinq minutes plus tard, elle se retrouva au même endroit. Elle frappa timidement à la porte.
_ Tee ? murmura t-elle.
La porte s'ouvrit et Tina lui mit dans ses bras une couverture et son oreiller par-dessus.
_ Je suis certes rentrée à la maison, mais ne va pas croire pour autant que j'accepte tes conditions. Je suis revenue pour le bien d'Angélica. Toi et moi, nous avons besoin de discuter. Mais sûrement pas ce soir. Je te veux dans ton état normal. Tu penses pouvoir être sobre une journée ?
_ Tu sais bien que je ferais n'importe quoi pour toi !
_ Bonne nuit Bette.
Elle lui ferma de nouveau la porte au nez. Bette soupira. Front adossé à la porte, elle se dit qu'elle avait crié victoire trop vite. Elle avait besoin de toute sa clarté en vue de cette confrontation. Epuisée, elle se dirigea vers le canapé.
Bette maison, lundi matin
Comme elle lui a manqué ! Tina était assise sur la table basse depuis un moment à admirer la forme allongée sur le canapé. Elle s'était levée pour venir la réveiller. Alex et son équipe ne devaient plus tarder. Surtout, elle ne voulait pas que Angélica se rende compte de ce qu'il se passe entre ses parents. D'un mouvement de la main, elle lui effleura sa joue, traça le contour de son visage si paisible. Plus que jamais, elle ne comprenait pas ses doutes. Pourquoi d'un coup, ce qui faisait partie du charme de Bette était devenue un agacement à ses yeux. Parce que indéniablement, elle l'aimait, elle la désirait. Encore. Ce que ses yeux contemplaient, son corps le réclamait. Une infime contraction, et Tina sait qu'elle allait se réveiller. Elle se recula et essaya de se ressaisir. Tant qu'elle n'aurait pas évacué ce doute en elle, il était préférable de maintenir une certaine distance entre elles.
Bette ouvrit ses yeux. Voyant Tina à ses cotés, elle se redressa. Trop brusquement. Immédiatement, un mal de tête s'empara d'elle.
_ Ho hooo ! gémit-elle, les deux mains sur sa tête.
_ Bienvenue sur Terre, dit Tina, en lui tendant un verre d'eau et de l'aspirine qu'elle avait préparé.
_ Merci. Quelle heure est-il ?
_ Alex ne va plus tarder. Tu te sens capable d'aller réveiller Angie ?
_ Donnes moi juste une minute, le temps que ça s'arrête de tourner !
Tina se leva et collecta couverture et oreiller. Elle ne put s'empêcher de lui caresser les cheveux.
_ Allez faire votre toilette, je vous prépare le petit déjeuner en attendant, proposa t-elle.
_ Pancake ? demanda Bette ingénument.
_ Pancake, dit Tina en souriant. Il y a des moments où elle ne parvient pas à distinguer sa fille de son autre mère.
Attablées dans le patio, loin du vacarme des ouvriers, la petite famille dégusta ....des œufs brouillés. N'étant pas supposé vivre dans la maison, il n'y avait aucune provision. A peine restait-il le strict minimum pour Angélica, à savoir des briques de lait chocolaté. Et déguster est un euphémisme. Angélica assise sur sa chaise haute en bout de table était occupée à raconter à ses mères son formidable week-end, qu'elle s'amusait plus avec son assiette que autre chose. Tina et Bette, assises face à face, ignoraient complètement les leur. Elles faisaient mine d'écouter leur fille alors qu'en fait elles s'épiaient sans grande discrétion. L'une scrutait attentivement l'autre pendant qu'elle encourageait le monologue d'Angie, et brusquement les yeux fuyaient lorsque leurs regards se croisaient.
_ Maman, je peux ?
_ Pardon ma puce, tu disais ? demanda Bette.
_ Je peux y retourner jouer ? répéta Angie.
_ Oui bien sur, chérie. Mais il faut que maman demande d'abord à tatasha si elle est libre pour jouer avec toi.
_ Non maman, pas tatasha. Chez Sarah !
_ Chérie, finis vite tes œufs sinon maman B va être en retard, intervient Tina.
Bette attrapa sa brique de lait et se tassant sur sa chaise, l'aspira à grand bruit. Ce qui fit rire Angélica, qui se dépêcha d'en faire de même, la moue en moins.
_ Angie !! Bravo maman B, s'irrita Tina.
Elle gronda sa fille sur les manières à respecter à table, sans succès jusqu'au moment où elle se mit à gronder maman B aussi. Mère et fille, arrêtèrent alors leur comportement puéril et terminèrent leur brique en silence. Satisfait de son autorité, Tina s'adossa à sa chaise, attrapa sa brique et savoura ce soudain silence. Brique entre ses mains, paille dans la bouche, Angie passa son regard d'une mère à l'autre. Quelque chose l'intriguait. Elle n'eut pas le temps de cogiter parce que Bette se leva pour la prendre dans ses bras.
_ Bien ma puce, on va y aller. Tu fais un gros câlin à maman T ?
La petite fille s'exécuta, toujours dans les bras de Bette.
_ Tu vas me manquer mon bébé, je passerais te prendre cette après-midi, dit Tina en embrassant sa frimousse.
Bette la replaça dans ses bras et d'un trait se dirigea vers sa voiture. Angie dubitative, secouait sa petite main vers Tina. Elle trouvait bizarre que ses parents ne se soient pas fait de câlin de toute la matinée.
Kroll Résidence, hall d'entrée, fin de matinée
_ Shane ? Qu'est ce que tu fais là ? On avait rendez vous ? Enfin je veux dire que tu n'es pas supposé avoir une affaire...heu un boulot je veux dire ! bafouilla Molly.
_ C'était ma pause déjeuner, et puis je me suis dis pourquoi ne pas te prendre au mot ! Et me voilà pour voir si vous êtes dispo pour déjeuner ensemble.
_ Ah oui ? Tu es de nouveau 'pote' avec ma mère ?
_ Non, par vous je parlais de toi et ton fiancé ! Je suis désolée, j'ai pas retenu son nom ? C'est.... ?
_ Ah lui ? C'est normal je ne te l'ai pas dit.
_ Ok.
_ Ok.
_ Alors ?
_ Heu, il n'est pas en ville. Un truc à régler en dehors de la ville. Dans une autre ville. Une autre fois ?
_ Non, non je voulais dire son nom ?
_ Pourquoi tu veux soudainement connaître son nom ? Je doute fort que tu le connaisses si tu veux mon avis !
_ Quoi Molly, c'est quoi cette possessivité ? Je vais bien finir par connaître son nom, à moins que .... je ne serais pas invité à la fête ?
_ Quelle fête ? Ah le mariage ? Heu oui....ça ne se fera pas à LA.
_ J'ai un passeport. Ça se passera où ?
_ C'est un interrogatoire ? Qu'est ce que tu veux Shane ?
_ Toi.
_ Hein ? T'es complètement folle ! Va t'en s'il te plait, je ne suis pas d'humeur.
Sur ce, comme pour lui montrer qu'elle en a fini avec cette conversation, elle lui tourna le dos et se dirigea vers une porte. Mais Shane la rattrapa et lui bloqua le passage.
_ J'en ai marre qu'on prenne des décisions à ma place. Qui je dois larguer, qui je dois aimer ! Je comprends que mes actions passées ne parlent pas pour moi, mais ça ne signifie pas que je commettrais ces erreurs encore et encore. Il n'y a pas un jour où je regrette d'avoir fait ce choix. J'aurais dû y croire, avoir confiance en moi, en nous. J'ai eu cette faiblesse de laisser les autres me voir au travers de ma réputation, leur donner raison que je suis cette incapable sociale ou émotionnel. Je sais apprendre de mes erreurs. Je sais maintenant qu'être infidèle, n'est pas une tare familiale. J'ai à me faire pardonner. Mais pas pour une histoire terminée. Je ne veux pas retourner dans le passé. Je veux bâtir un futur où quand je regarderais en arrière, je n'aurais aucun regret. Si aujourd'hui je te laisse partir encore alors oui, je sais que mes résolutions auront échouées. Je ferais preuve de patience, je ferais tout ce qui sera en mon pouvoir pour regagner ton cœur. C'est pas mon truc les relations durables. C'est comme un enfant qui apprend à marcher. Il chute puis il se relève. J'ai flippé une fois, ça ne veut pas dire que je flipperais tout le temps. Et j'ai trouvé en toi, la personne qui me donnera cette force de résister à mes démons. Je suis amoureuse folle de toi. Je n'ai jamais eu à faire la cour à qui que ce soit, pour toi, je suis prête à le faire. Je prendrais le temps qu'il faudra, je serais la meilleure des soupirants que tu puisses imaginer. J'ai besoin que tu me donnes une seconde chance même si j'ai été nul avec toi. Je ne le serais plus. S'il le faut, je prendrais des cours du soir, j'aurais mon brevet de fidélité, mon bac fidélité et même une thèse de fidélité...
_ Hé, c'est une réplique à moi. Je sais ce qu'est un copyright !
_ Tu ne devais pas m'embrasser pour que j'arrête de débiter ?
_ Je ne m'y attendais pas. Je ne m'y attendais plus.
_ Je te demande juste la permission de te prouver que j'ai changé.
_ Shane, je ne sais pas. Il y a tellement de chose à prendre en compte.
_ On peut au moins être honnête l'une envers l'autre ? Molly la regarda perplexe. Y a-t-il un fiancé ?
_ Tu as l'intention de le provoquer en duel ?
Pour seule réponse, Shane tendit ses mains, paumes ouvertes. Molly hésita. Puis elle posa ses mains dessus. Shane referma les siennes, les serra un instant avant de les amener vers sa bouche pour y déposer un baiser. Tout était si soudain. Elle avait perdue tout espoir d'une telle situation : Shane s'apercevant de son erreur et revenant vers elle. Ne devait-elle pas saisir cette opportunité ?
_ Il n'y a pas de fiancé, avoua Molly. Mais....
Shane posa un doigt sur ses lèvres.
_ Je sais, dit-elle. J'ai quelque chose à te montrer, tu veux bien venir voir ?
Au Wax,
Elles étaient devant le Wax. Shane pensive, fixait l'enseigne.
_ J'aurais tellement voulu que tu sois présente pour l'inauguration, dit tristement Shane, sans un regard vers Molly.
_ Je n'avais pas le droit d'échouer, d'abandonner. C'était ma bouée de sauvetage. Ma chance d'accomplir enfin quelque chose de solide dans ma vie. C'est comme un défi que je me suis lancé. Si je pouvais réussir ça, elle agita vaguement sa main devant elle, il n'y a pas de raison que je ne parvienne pas à m'épanouir. Lentement elle se tourna vers Molly. Et c'était aussi mon espoir de te reconquérir. Pour la première fois, je ne le vois pas comme un piége ; être dans une relation, c'était d'être emprisonné. Avec toi, je ne le ressens pas ainsi. Je me surprends à nous imaginer toi et moi sous un même toit, en famille heureuse. Elle avait un grand sourire sur le visage. Et rien qu'à y penser, je me sens merveilleusement bien. J'ai réaménagé le Wax, en réservant une partie habitable. J'ai fait un dernier achat d'ameublement ce matin. J'ai eu du mal, mais je suis fière de l'avoir monter moi-même. C'était important pour moi. J'avais juste prévu une chambre et un bureau pour commencer. Je ne voulais pas trop prendre sur l'espace commercial, pour que la clientèle soit à l'aise. J'ai choisi le rose en peinture, je ne sais pas, ça me rappelle un peu de toi.
Shane s'arrêta de parler lorsque Molly lui attrapa ses deux mains dans les siennes.
_ Et si tu me faisais une visite guidée ? demanda t-elle émue.
La visite dura plus longtemps que prévu, sous l'insistance de la clientèle, Shane a dû faire quelque touche et retouche par ci par là. Enfin, Shane lui montra le coin qu'elle s'était réservée. A sa surprise, la pièce ne comportait que des cartons. Apparemment, les meubles sont arrivés depuis un moment, mais Shane n'avait pas encore décidé d'emménager. Il n'y avait rien à dire, c'était une pièce vide. Shane lui montra une porte.
_ Ça devait être mon bureau, mais j'ai changé d'avis, dit Shane en ouvrant la porte.
_ J'espère sincèrement que le modèle que j'ai pris va te plaire, ajouta t-elle en invitant Molly à y pénétrant la première.
C'était la dernière chose que Molly pouvait imaginer. Incrédule, son regard passa du centre de la pièce à Shane et vice versa. Un peu déroutée du quasi silence de Molly depuis ce matin, Shane n'osait pas trop la bousculer. C'était vraiment trop d'information d'un coup ? Elle se dirigea vers le berceau.
_ Je ne savais pas ce qui fallait prendre. J'ai demandé au vendeur de me donner sa meilleure vente du moment et je n'ai pas pu me décider sur un donc j'ai pris les trois, confessa Shane.
Molly n'en croyait toujours pas ses yeux. Elle s'attendait à voir d'une pièce pour bureau, un bureau ! Au lieu de cela, elle était devant un lit à barreau, un berceau et un couffin. Côte à côte. Au centre de la pièce. S'approchant du lit, elle testa machinalement la solidité.
_ Et tu l'as monté toi-même ? demanda Molly.
Elle n'avait pas trouvé autre chose de moins stupide à dire. Elle était incapable de parler avec logique. Pas quand elle était entrée dans le surréel ! Shane qui a pris la peine de transformer son bureau en nurserie, de monter elle-même un meuble alors qu'elle laissé en plan sa chambre. Elle était consciente que son silence la déroutait. Mais c'était comme si elle n'était pas capable de parler. Elle avait peur de dire une bêtise qui gâcherait ce moment.
Sa main se promena sur le berceau. Shane posa la sienne par-dessus et la serra légèrement. Leurs regards se croisèrent. Elle savait que Shane n'attendait qu'un mot d'elle. Même si elle le désirait tout autant qu'elle, elle ne pouvait pas donner son accord. Pas tout de suite. Sa décision n'engageait pas qu'elle. Mais aussi ce petit être en elle. Et elle se devait de prendre la meilleure décision possible. Pas une qui serait impulsive.
_ Je voulais juste que tu le saches. Que je serais là pour toi, quelque soit ta décision. Que je ferais ce qui sera en mon pouvoir et tu ne le regretteras pas, affirma Shane.
_ Merci.
Ce fut tout ce que Molly put dire. Juste un mot. Mais dans ses yeux, l'espoir venait de se raviver. Elle mit ses mains sur son visage et doucement déposa un léger baiser.
_ Merci de me faire sentir spéciale, ajouta t-elle.
Shaolin Studio, Tina bureau, début après midi
Toc Toc !
_ Entrez, lança Tina.
Levant sa tête de ses cartons, la porte s'ouvrit sur une Samantha Makarejev tout sourire.
_ Salut Tina !
_ Hé Sam !? Quelle belle surprise ! Entre donc !
_ Je te dérange ? Tu fais tes cartons ? Alors la rumeur disait vrai ?
Tina contourna son bureau et prit Sam dans ses bras.
_ Tu ne peux pas savoir comme ça me fait plaisir de voir un visage amical ici. Dieu merci, plus que 4 jours à tenir ! Se reculant pour l'examiner. Regarde toi, c'est quoi ce magnifique bronzage ! Et ce sourire beat ! Pas besoin de te demander si c'était de bonnes vacances ? Je la connais ?
Sam s'installa sur une des chaises tandis que Tina se recula pour s'appuyer sur le bord de son bureau.
_ Je n'arrive toujours pas à croire que ça m'est arrivé ! Elle est belle, intelligente, sensible, talentueuse. Je ne pense pas que tu la connaisses, mais sait-on jamais, ne sommes nous pas dans un petit monde surtout dans notre métier !?
_ Ah oui ? Elle est dans le cinéma ?
_ Elle t'adore déjà ! Quand je lui ai parlé de ma chef, elle a absolument tenu à la rencontrer. Elle est là ; elle a croisé une connaissance, elle ne va plus tarder. Elle avait l'air de connaître le studio déjà. Bref, je n'en doute pas, tu vas être impressionnée.
_ Je suis surtout contente pour toi Sam. Prête à te remettre au boulot ? Tu es sur un projet en ce moment ?
_ Pas vraiment, mais j'ai une réunion demain matin j'en saurais plus. Ce ne sera plus pareil sans toi dans les parages ! Aaron a été assez idiot de te laisser partir ?
_ Il n'a pas trop eu le choix ! Mais je t'assure qu'il ne se prive pas de me montrer le profonds crétin qu'il est depuis !
_ Oh je l'imagine très bien.
_ Sam ? On ne devrait pas en parler ici, mais ça te dirait de venir avec moi ?
_ Sérieuse ?
_ Je ne te le proposerais pas si c'était sans issue, mais le projet de Cooper mérite sa chance. Et j'ai besoin de techniciens de talent. Plus que tout, j'ai besoin de personne de confiance pour m'épauler. Depuis le fiasco 'lez girls', ma liste s'est quelque peu réduite.
_ Je pense que tu devrais m'en parler plus longuement. Ce soir ? Que dirais tu d'un dîner à quatre ? Toi et Bette, avec moi et Dylan.
_ Heu... je ne peux pas ce soir. Je vois avec Bette et je te tiens au courant ?
_ Des soucis avec Bette ?
_ Rien de grave. Enfin je l'espère.
_ Et tu penses que c'est avisée de me proposer de te suivre ?
_ Pourquoi ? Non non, je t'assure, je pense sincèrement que tu es la meilleure dans ton domaine. Aucune arrière pensée de ma part et certainement rien à voir avec Bette. Je ne pensais même pas pouvoir te revoir ici avant mon départ !
_ Relax Tina, je plaisantais. Je ne comprends toujours pas comment une femme aussi déterminée que toi peut autant balbutier à ce point quant il s'agit de Bette. Et apparemment vice versa. J'ai eu écho du Hammer. J'aurais pas aimé être à sa place !
_ Oh ça ?! Oui, à son grand désespoir ça risque de la poursuivre encore un bout de temps !
_ Quoiqu'il en soit, je suis flattée que tu ais pensé à moi ! Tu n'imagines pas combien de fois j'ai pu rêvé que tu viennes me débaucher !
_ Hahaha, ce n'est pas pour demain Sam ! Elle lui montra son alliance. C'est pour réduite à néant un quelconque résidu d'espoir !
_ Aucune chance j'ai ce qu'il faut, sourit Sam. Je vais aller te chercher ma moitié sur le champ. Je crois qu'elle s'est perdue !
_ Sam ? Elle lui ouvra ses bras. Merci de m'avoir rappelé à telle point je tenais à elle. Je tiens à elle, rectifia t-elle.
_ Contente de t'avoir aidé...une fois de plus, ironisa Sam.
_ Je ne me fais pas de soucis pour vous. Vous vous retrouverez toujours, ajouta t-elle.
Prise dans leur embrassade, les deux femmes n'entendirent pas le léger frappement à la porte. Le cœur de Tina s'accéléra quand elle vit la porte s'ouvrit sur un large sourire de Bette, un bouquet de fleur dans les bras. Sourire qui se réduisit de moitié quand celle-ci vit qu'elle était dans les bras d'une autre. Sourire totalement disparu quand la personne qui tenait sa Tina dans les bras se retourna face à elle.
_ Bette ? Qu'est ce que tu fais là ? put dire Tina.
Mais Bette resta silencieuse. Son regard passa de l'une à l'autre.
_ Heu, ravie de te revoir Bette, dit Sam en lui tendant sa main.
Il n'était pas difficile d'imaginer que sous son apparence d'indifférence, Bette bouillonnait de l'intérieur.
_ Amuse toi bien, dit-elle directement à Tina.
Elle jeta son bouquet dans la corbeille et tournant les talons, quitta la pièce rapidement.
_ Merde, jura Tina.
_ Excuse moi Sam, ajouta t-elle avant de courir derrière Bette.
_ Bette ? cria t-elle.
Elle était sur le point de la rattraper quand d'un coup une personne lui barra le passage.
_ Que ? Excusez moi poussez vous s'il vous plait !
Elle allait couper court à ses excuses et s'apprêtait à écarter la malheureuse de son chemin, quand deux mains puissantes la serrèrent aux bras, la maintenant sur place.
_ Tina ? Que je suis contente de te revoir. Je n'arrive pas à croire que tu es toujours chez Shaolin !
Au son de cette voix familière, Tina se força à regarder son visage.
_ Dylan ? dit-elle tout choquée.
_ Ah chérie te voilà, j'allais justement te chercher !
Dylan libéra Tina pour prendre Sam dans ses bras. Elles s'embrassèrent devant une Tina incrédule. Elle parvient finalement à se ressaisir. Jetant un regard par-dessus les tourtereaux, elle soupira. Plus aucun signe de Bette. 'Merde, merde merde et merde !' pesta t-elle contre elle-même avant de reporter toute son attention au couple devant elle.
_ Chérie, ma chef Tina Kennard. Tina, voici mon amie Dylan Moreland.
Crèche d'Angélica, fin après midi
Des milliers de question se bousculaient dans sa tête. Que venait faire Bette à Shaolin ? Elle avait amené des fleurs.... Que peut signifier cette soudaine réapparition de Dylan ? En a-t-elle après Helena encore ? Ou cherche t-elle plutôt une opportunité d'intégrer le projet Cooper ? Dans les deux cas, il n'y avait pas de doute pour Tina qu'elle s'est servie de Sam pour l'approcher. Et elle n'aimait pas du tout, mais vraiment pas du tout la tournure des évènements. Sam était devenue une amie et c'est si rare dans ce métier ; elle était décidé à ne pas laisser une usurpatrice telle Dylan la manipuler ou pire la blesser. Aussi a-t-elle passé tout l'après midi en leur compagnie dans le but de la démasquer. Ce ne fut pas brillant : non seulement elle n'a pas pu mettre Sam en garde contre le passé de son 'chérie' mais en plus Dylan est parvenue avec brio à esquiver son inquisition. Résultat, les journées se suivent et se ressemblent : fiasco sur fiaso !
Et comble de tout maintenant, la puéricultrice lui annonce qu'ils ont 'égaré' sa fille. Elle est partie chercher la directrice qui saura mieux lui expliquer la situation. Elle était arrivée certes un peu en retard au centre, mais ce n'était pas une raison de refourguer des enfants à n'importe quel parent. Et si il y a avait eu échange d'enfant, il devait lui en restait au moins un en otage pour espérer récupérer sa fille plus tard. Hors, la classe d'Angélica est vide ! C'est n'importe quoi cette crèche. Elle va faire une demande de changement dès son retour à la maison. Rien à foutre de leur programme unique d'art et de musique !
_ Madame Kennard, salua la directrice en lui tendant sa main.
_ Madame Winfield, répondit automatiquement Tina.
Alors qu'elle s'attendait à se retrouver face à un visage inquiet, affolé voire rongé de remord, l'indifférence de la directrice l'irrita au plus haut point. C'était la goutte de trop à toute cette tension accumulée. Elle perdit son calme et de bon cœur se défoula sur la personne devant elle. Sans retenue, elle coupa sèchement madame Winfield dans son explication.
_ Où diable est donc ma fille ? Comment se fait-il qu'un établissement de votre renommé puisse commettre de telle négligence ? J'espère dans votre intérêt qu'elle soit encore quelque part dans le centre. Saine et sauf. Je vous garantie que je vais vous coller mon avocat au cul, et comptez sur moi pour informer les autres parents de vos incompétences. C'est inadmissible qu'un enfant de 3 ans puisse échapper à votre surveillance. Je me fiche que vous retournez tout le centre sens dessus dessous, mais j'exige que vous me rendiez ma fille sur le champ. Ou vous me voyez obligé d'avertir les forces de l'ordre. Vous m'avez compris ?
_ Madame Kennard, comme j'essayais de vous expliquer, j'ai été surprise que Elaine soit venue me voir au sujet d'Angie. Maintenant si vous me dites que vous n'étiez pas au courant, j'admet comprendre qu'une telle nouvelle puisse vous affoler. Mais je vous assure que nous avons suivi les procédures requises et qu'il n'était pas dans notre compétence d'empêcher des enlèvements de ce type. Evidemment, nous sommes à votre entière disposition pour le nécessaire quand à une déposition...
_ Attendez attendez, la coupa de nouveau Tina. Mais de quoi donc parlez vous ? Vous avez remis ma fille à qui exactement ?
_ Son autre mère. Madame Porter avait une autorisation comme l'exige le centre. En aucun autre cas, nous aurions sinon laissé un enfant partir avec une personne non déclarée dans son dossier.
_ Quoi ? Bette Porter ? Comment ? Quand ?
_ En début d'après midi. C'était une heure inhabituelle, donc j'ai été personnellement appelé pour autoriser la sortie d'Angélica. Madame Porter m'avait assuré que c'était un cas exceptionnel, une urgence familiale. Je n'avais aucune raison de vous appeler alors, comme je vous l'ai dit, vous-même, madame Bette et Kit Porter ont l'autorisation.
_ Oh !
C'est tout ce que Tina trouva à dire, comprenant soudainement le fin mot de l'affaire et par la même occasion, la situation délicate où elle s'est mise.
_ Malheureusement, sans un document officiel, nous ne sommes pas en mesure de retirer à madame Porter cette autorisation. N'ayez aucune crainte, ni de retirer la vôtre d'ailleurs.
_ Non non ça ira. Ecoutez Roberta, je suis vraiment désolée de causer autant d'ennui. Vous savez quoi ? Ça vient de me revenir ; Bette m'en avait parlé, et c'est vrai qu'elle devait venir récupérer Angie plus tôt aujourd'hui. J'ai été tellement occupé au bureau que ça m'avait passé à coté. Le stress et les délais à respecter, bref, j'étais persuadée que c'était demain. Ne vous inquiétez pas, vous avez eu raison bien sur, de lui remettre Angie. Les autorisations restent telle quelle, il n'y a pas de souci. Mes excuses encore. Merci d'être si compréhensive. Au revoir.
Et elle partit presque en fuyant. ' Merde, merde, merde et merde. Journée de merde !' hurla t-elle intérieurement.
Roberta Winfield la regarda s'éloigner, perplexe. Un regard jeté à Elaine, et elle sut qu'elle n'aura pas plus d'explication de sa part ; toutes deux se demandaient encore ce qui venait de se passer. Elle soupira, se rappelant qu'il s'agissait de la petite Angélica : plus que jamais, le fruit ne tombe jamais loin de l'arbre, pensa t-elle.