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Série : The L Word
Création : 11.01.2009 à 17h14
Auteur : Thea1
Statut : Terminée
TLW au temps de la Guerre de Cent Ans. En hommage à mon personnage historique préféré, ainsi qu'à un pays que j'aime énormément.
Cette fanfic compte déjà 267 paragraphes
Un épais rideau de flèches anglois s’abattit soudain sur l’armée d’Orléans. Les boucliers se levèrent instinctivement, mais point assez rapidement pour tous.
Hommes et montures furent blessés et se retrouvèrent pêle-mêle dans la boue, car il avait plu dans la nuit. Les animaux touchés et agonisant tentèrent de fuir, se débarrassant de leurs cavaliers dans de grandes ruades, les piétinant au sol.
- Reformez les rangs soldats, reformez les rangs ! ordonna Shane pour tenter de retrouver une bonne coalition entre ses troupes.
Mais c’était peine perdue, les français se faisaient massacrés comme du bétail.
- Gilles, il faut sortir nos hommes de là ! hurla Alençon.
Gilles de Rais, d’habitude le dernier à se retirer du combat, obtempéra et fit sonner la retraite. Les trois capitaines protégèrent au mieux l’armée qui se repliait de leurs boucliers.
Déjà les anglois crièrent victoire.
C’est alors qu’un vent violent se leva et apporta avec lui un son semblable à celui que ferrait un million de cavaliers sur leurs montures. Les soldats en fuite levèrent les yeux et virent le cheval blanc de Jeanne s’élancer vers eux à la tête des troupes de La Hire.
Cette fois plus de doute possible, elle était bien cette guerrière unique venue d’un autre âge sur son cheval ailé aux mords et aux éperons d’or. Ensemble ils ne touchaient plus le sol et volaient comme une myriade d’anges à notre secours.
La chimère angloise qui nous avait effrayé, torturé, maltraité et massacré pendant près d’un siècle allait assurément vivre ses derniers jours sous son courroux et son incroyable courage.
Son étendard brillait dans l’éclat du soleil déjà haut, plus vif que la luminosité de l’étoile qui était apparu en orient aux rois mages il y a de ceci plus de quatorze siècles. Comme eux jadis, le gros de l’armée se retourna sur ses pas et à son commandement s’élança vers les murs des Augustins.
A leur approche la terre trembla et la poussière s’élevant devant eux engloba l’armée tel un voile, le ciel semblait chavirer, le soleil et la lune ne brillaient plus et les étoiles perdirent leur éclat.
Tel un linceul il recouvra le couvent, les anglois redevinrent poussière.
Als die Sonne den Tag verliess
Den Finger am Abzug
Die Flüsse im Dreck
Die Augen fest verschlossen,
Die Seele verkrampft
Die Erinnerung gefressen,
Die Zukunft voller Angst
Ein Engel am Tor der Hölle
Luzifer im Paradies
Eine Jungfrau flüstert meinen Namen
In nomine patris, fili et spiritus sancti Amen
Lass mein Licht noch brennen
Und gib mir deinen Namen
Seid Still und lasset mich leben
Nur diesen Augenblick
Nur noch einen Moment
Dann nehmt mich mit
Lasst mich noch beten
Lasst mich noch einmal fliehen
Ich komme zurück zu euch
Aber niemals zum Teufel
In nomine patris, fili et spiritus sancti Amen
Wer schickt nach mir ?
Ich bin doch nicht blind
Und doch, ich kann nichts mehr sehen
Es ist soweit, habe ich recht ?
Darf ich noch etwas sagen ?
Hört mir noch jemand zu ?
Hat es noch ein Gewicht ?
Wer kann mich jetzt noch spüren ?
Ist es geschehen ?
Ist es vorbei ?
Ist es geschehen ?
« Requiem » interpété par Lacrimosa
Lorsque le soleil quitta le jour
Le doigt sur la détente
Les fleuves dans la saleté
Les yeux solidement fermés
L’âme en crampes
Le souvenir bouffé
L’avenir plein de crainte
Un ange au portail de l’enfer
Lucifer au paradis
Une pucelle murmure mon nom
Au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit Amen
Laisse encore brûler ma lumière
Et donne-moi ton nom
Faites silence et laissez-moi vivre
Juste cet instant
Juste encore un moment
Puis emmenez-moi
Laissez-moi encore prier
Laissez-moi fuir encore une fois
Je reviendrai vers vous
Mais jamais au diable
Au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit Amen
Qui envoie après moi?
Je ne suis quand même pas aveugle
Et pourtant, je ne peux plus rien voir
On y est, ai-je raison?
Puis-je encore dire quelque chose?
Quelqu’un m’écoute-t-il encore?
Est-ce que ca a encore du poids?
Qui peut encore me ressentir maintenant?
Est-ce arrivé?
Est-ce passé?
Est-ce arrivé?
(Traduction libre)
En moins de deux la présence de Jeanne au combat avait inversé les forces. Les portes du couvent des Augustins se brisèrent comme un vulgaire fagot de bois sec qu’on ramasse en forêt et qu’on lance dans la cheminée pour allumer les grandes bûches qui chauffent les maisons toute la nuit.
Avant les douze coups de midi, la bataille fut remportée par l’armée armagnacs. Les anglois survivants se refugièrent derrière les hautes murailles de leur dernière bastide : les imprenables Tourelles.
- Dans mes bras soldats ! lança La Hire d’un rire jovial en soulevant la pucelle de ses bras forts.
- C’était vraiment du gâteau, ajouta Gille en se léchant les doigts maculés de sang.
- La ville va nous faire un tel triomphe, que je pourrai avoir toutes les demoiselles que je veux! s’exclama Alençon.
- Oui, nous avons mérité un bon moment de repos, finit Shane.
Jeanne regarda tour à tour ses capitaines, puis s’en alla au devant de l’armée munie de son épée, sa bannière et tenant sa monture par la bride.
A sa vue, les soldats reformèrent immédiatement les rangs, alors que les bohémiens, aidés des femmes, venaient en aide aux victimes.
La pucelle les regarda avec bienveillance avant de se lancer dans un discours qui résonnera encore dans mil ans.
- Vaillants, gentils soldats ! Peuple de France ! En ce jour, ton ennemi a été jugé trop léger dans la balance de justice de ton Dieu. Aujourd’hui, il paiera pour ses crimes envers tes femmes, tes enfants, tes hommes et ton légitime souverain.
Regarde bien ces tours infranchissables, autrefois prises par trahison, car elles tomberont à tes pieds pour laver l’honneur bafoué du royaume des lys. N’aies crainte, car la victoire est tienne de toute éternité ! Pousse un cri de guerre comme on en entendra plus en terre de France pendant mil ans !
Arme-toi de ton amour, de ta droiture et de ta piété, afin que lorsque ton sang coulera sur l’autel de ta mère patrie, tu obtiennes la justice promise à tes pères ! Lève tes yeux, héritage de Saint Louis, et vois l’armée des cieux rejoindre tes rangs.
Moi, Jeanne la pucelle, venue au-devant de toi par la volonté divine, je te donnerai, en son nom, grande victoire, afin que toute la terre reconnaisse que tu es un peuple libre. Et les anglois auront beau s’attacher aux nuages pour fuir, ils seront tous mis à terre, et leur sang fertilisera tes plaines.
Vaillants, gentils soldats ! Peuple de France ! En ce jour, la victoire est tienne !!!
- Par tous les saints, qu’est-ce qu’elle fiche encore ?!
- Je crois qu’elle lance l’assaut contre les Tourelles, répondit furtivement Shane à La Hire.
- Cette gonzesse à vraiment de la suite dans les idées, mais personnellement ca me va! cria Gilles en empoignant son bouclier et sa lance.
- Faudra encore attendre pour te rendre au bordel d’Orléans mon vieux, se moqua La Hire du jeune Alençon qui grogna quelque chose d’incompréhensible.
Les quatre capitaines rejoignirent l’armée qui se dirigea inexorablement vers la bastide que les anglois appelaient non sans humour « Londres ».
Les anglois, surpris que la pucelle donne si rapidement suite à son attaque du matin, ne prirent pas la peine de défendre le pont qui reliait la bastide à la rive nord de la Loire.
Les grandes tours d’assaut remplie chacune de quarante soldats se déployèrent sur le flanc des Tourelles. Les archers anglois tentèrent de repousser la horde qui se ruait vers eux, mais déjà les premières échelles, pour lesquelles les charpentiers furent grassement payés, atteignirent la muraille.
- La Hire, vous voilà enfin, renflouez les douves et défoncez-moi la herse !
Le capitaine fut surpris et impressionné par les connaissances militaires de la pucelle et lui dit de bonne humeur.
- Vos désirs sont des ordres ma dame.
Les choses allaient manifestement trop vite pour les anglois qui commençaient à paniquer en délaissant leurs postes de combat.
- It’s a witch ! s’écrièrent-ils de toute part.
- Shut up ! s’écria Lord Talbot en abattant deux ou trois archers de son propre camp pour bien signifier à son armée qu’il ne tolérerait aucune désertion dans ses rangs.