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Série : The L Word
Création : 11.01.2009 à 17h14
Auteur : Thea1
Statut : Terminée
TLW au temps de la Guerre de Cent Ans. En hommage à mon personnage historique préféré, ainsi qu'à un pays que j'aime énormément.
Cette fanfic compte déjà 267 paragraphes
Martine se serra tout contre Elisabeth, qui comme nous regardait, la plaine aux alentours des Tourelles s’embraser et la Loire devenir rouge sang, comme le fut jadis le Nil sous la houlette et le bâton de Moïse.
- It’s my father, dit Bette en reniflant, mais en s’appliquant à cacher fièrement ses émotions.
Mon cœur se serra pour elle, car malgré sa noble ascendance, elle n’était pas moins femme, sujette à l’opprobre et à la souffrance, exactement comme moi.
Instinctivement, je les pris toutes deux dans mes bras pour les consoler, alors que l’horreur en face de la ville redoubla de plus belle.
C’était incroyable, tout réussissait à l’armée française, déjà les premiers soldats réussirent à atteindre le sommet des remparts, alors que les anglois tentèrent gauchement de verser encore leurs dernières réserves d’huile bouillante sur les assaillants.
Shane pris dans la houle atteignit à son tour le rempart au haut d’une échelle, lorsqu’un archer tapis près de la tour arma son arme. Jeanne toujours bien protégée par les boucliers de ses soldats le vit et lança subitement sa monture au galop pour prévenir son capitaine.
- Shane, attention !
Celui-ci se baissa juste à temps et la flèche ne fit que frôler son bras, tandis qu’une seconde flèche fut tirée, en direction de la pucelle cette fois-ci.
On aurait dit que la terre se mit subitement à trembler sous nos pieds, que la lune et les étoiles venaient de s’effondrer sur la terre. Ou était-ce juste une mauvaise blague de la part des dieux ?
Subitement l’univers s’arrêta, une seconde où il fut en suspens, comme s’il devait choisir de continuer ou de s’effondrer.
L’ensemble de nos regards se tournèrent vers la pucelle, plus belle que l’archange Michel lui-même sur sa jument blanche, subitement transpercée de part en part par cette immonde flèche tout droit issu des flammes de l’enfer.
- You killed my wife, s’éclaffa Falstaff du haut des remparts en congratulant l’archer qui venait de désarçonné l’espoir de tout un peuple.
Rapidement des clameurs montèrent du sein de notre armée, les rangs se rompirent et les soldats déjà sur les murailles furent projetés dans le vide.
La panique gagna nos cœurs aussi rapidement que Jeanne s’effondra au sol, alors que son cheval agonisant l’écrasa dans la boue en roulant sur son flanc.
- Killed them all, cria encore le capitaine anglois, alors que Shane se précipita vers Jeanne pour la dégager de là.
L'angoisse me gagna, ainsi que Martine et Elisabeth. Impossible de savoir si c'était grave, si elle était encore en vie même. Comment allions nous remporter cette fichue bataille sans le concours de Jeanne ?
Le doute et la frustration de n'être au milieu de la mêlée à leurs côtés me révolta et je ne puis m'empêcher de hurler contre ces maudits anglois.
- Qu'est-ce qui va nous arriver si jamais nous perdons ? demanda Tina apeurée.
- Ne t'inquiète pas mon amour, personne ne te touchera, répondit le plus calmement possible Bette.
J'avais envie de hurler : « Oui, mais nous alors ! » mais je m'en gardai, l'heure était bien trop grave pour me permettre de montrer ma peur de la mort et de ma jalousie envers leur amour si parfait.
Il fallait désormais espérer contre toute espérance pour la survie de Jeanne. Mais n'avait-elle pas annoncé elle-même ces choses en parlant de ne pas craindre le jour où le sang coulerait sur l'autel de la mère patrie ?
Shane affolée se précipita vers Jeanne qui gisait dans son propre sang et la boue encore à peine consciente.
- Mon amour je t'en prie, non ?! chuchota Shane en la serrant contre son cœur.
- Il faut briser la pointe de la flèche, lui dit Jeanne à peine audible.
- La blessure est trop proche de ton cœur et tu risquerais de te vider entièrement de ton sang.
- Mon sang ne coule dans mes veines que pour la France, alors si tu m'aimes fait ce que je te dis, par pitié, dit-elle en s'évanouissant.
- La Hire, aide-moi à retirer son armure et brise-moi cette satané pointe de flèche, afin que je la retire !
Le grand capitaine hésita, mais devant la détermination de Shane, il conclue que celui-ci savait ce qu'il faisait, et obtempéra.
- Et maintenant mettons-là à l'abri pour nous occuper de cette vilaine plaie.
La Hire porta la pucelle loin du conflit, elle semblait si légère dans ses bras, comme une plume, mais une plume valant tout l'or du monde.
- Gilles, on est en train de se faire massacrer ! hurla pour la seconde fois dans la même journée Alençon.
En effet, la chute de Jeanne avait causé le désarroi total dans les rangs français qui désormais tombèrent plus vite que des mouches sous les tirs des archers et arbalétriers anglois.
- Gilles !
De Rais n'avait nul envie de se retirer encore, mais il dût convenir que pour aujourd'hui c'en serait trop pour ses hommes, alors à contrecœur, il fit sonner la retraite encore une bonne heure avant la tombé du jour.
L'angoisse était omniprésente dans notre camp, car cette nuit allait se jouer notre destins à tous et nous le savions.
Pouvait-on survivre à pareille blessure ?
Cala la notte
La luna brilla
Lei mormora nel buio
Il nome d'un altro
Bramae passione, l'alma accende
Maundub-bio mi viene
I say another prayer in the night
Alcielo sale
Rottoil silenzio
Nel cor il desir agli angeli svela
L'amorsem bra forte
Ce'doal dolore
Maundubbio
Mi miene
I say another prayer in the night
Destatiamor, guardami ben
Parli di lui nei sogni tuoi
Al trove sei?
Che vedior su?
Vacuo viso l'ombradi me?
Cala la notte
La luna brilla lei
Mormora nel buio
Il nome d'un altro
We shared emotions
Found new horizons,
but now doubt pervades me
I say another prayer in the night.
« Prayer In The Night » interprété par Amici Forever
La nuit tombe
La lune est grise
Elle murmure dans l'obscurité
Le nom d'un Autre
Désir d'ardente passion, l'âme s'allume
Mais un doute me vient
Je dis une autre prière dans la nuit
Elle monte au ciel
Je romps le silence
Dans le cœur le désir aux anges se dévoile
L'amour semble fort
Je cède à la douleur
Mais un doute
Me vient
Je dis une autre prière dans la nuit
Elle réveille ton amour, il me protège bien
Tu parles de lui dans mes songes
Où te trouves-tu?
Qui veille sur nous?
Dans le vide où je visualise mon ombre?
La nuit tombe
La lune est grise
Elle murmure dans l'obscurité
Le nom d'un Autre
Nous partageons des émotions
Trouvons de nouveaux horizons
Mais maintenant le doute nous guette
Je dis une autre prière dans la nuit
(Traduction libre)
Orléans : Le miracle
Martine était allongée contre le sein d'Elisabeth, toutes deux incapables de s'endormir. S'aimer comme si c'était la dernière fois ? Même ceci, elles ne purent l'envisager, alors elles demeurèrent simplement là, serrées l'une contre l'autre, en attente qu'on statue de leur sort dans les lieux très haut.
De mon côté, j'avais trainé dans les cuisines où l'ont parlait du bâtard qui envisageait sérieusement une évacuation d'urgence de sa ville. Mais vers où aller, Tours, Chinon ou même Bourges ? A quoi bon, si Orléans tombait aucune ville de tout le royaume ne résisterait plus de quelques semaines.
- Il faut aller voir, dit subitement Tina aux alentours de minuits.
Bette la regarda perplexe, mais l'aventure de tenter de regagner le camp à l'extérieur des murs la tentait assez et s'il fallait mourir, autant que ca soit dans l'action.
C'est ainsi qu'elles m'embarquèrent dans un plan plus que fou, mais qui me permettrait au moins de mettre enfin à profit mes nombreuses insomnies.
Je subtilisai quelques cordes dans les écuries, alors que Martine et Elisabeth recherchèrent le meilleure endroit du rempart où nous laisser glisser le long de la muraille loin de la vue des gardiens et des archers anglois qui s'amusèrent souvent de lancer une salve de flèches enflammées.
- Ca y est, j'ai trouvé, le gardien proche de la porte de Bourgogne est vraiment très lent et pas trop réveillé, il lui faut en moyenne une dizaine ne minutes pour passer d'une tour à l'autre, ca devrait être suffisant, annonça Martine fièrement.
Je voulus les assurer pendant qu'elles se laissèrent glisser le long de la paroi, mais Elisabeth insista pour le faire elle-même et devant le caractère de l'angloise, je n'eus qu'à m'incliner.
Nous gagnâmes le petit surplomb au-dessus des douves sans trop de problème.