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Série : The L Word
Création : 11.01.2009 à 17h14
Auteur : Thea1
Statut : Terminée
TLW au temps de la Guerre de Cent Ans. En hommage à mon personnage historique préféré, ainsi qu'à un pays que j'aime énormément.
Cette fanfic compte déjà 267 paragraphes
Je vois la mort qui arrive
Mystérieuse mais attirante...
Je vois une souffrance éternelle
Telle une incision dans ce corps si pâle...
Ma vie était faite
D'agonies insoutenables...
La Solitude était
Ma seule perspective...
La lassitude, goût amer de déjà-vu,
Hantait mon esprit attristé...
Délaissé de vive joie...
Perdu dans un monde parallèle,
Je rêvais de m'engouffrer
Dans un abîme obscur...
C'est l'ombre de la mort
Qui donne du relief à la vie...
Or, c'est bel et bien la mort
Que je choisis ici...
Que je découvre ici bas
Au-delà de mes transes...
C'est l'ombre de la mort
Qui donne du relief à la vie...
Mais c'est pourtant bien la vie
Que je rejette amèrement,
Que j'abhorre ici bas...
Au-delà de toute souffrance...
Sans relief et sans vie,
Telle une ombre d'espoir,
Une larme seule
Au milieu des flammes...
Alors que le Sinistre décor agonisait
J'aimerais oublier que j'ai vécu...
« Assombrissement de l'âme » interprété par Dark Sanctuary
- Tasha, mais qu’est-ce que tu fais encore ici, allons, dépêche-toi le sacre va commencer sous peu là !
- Je n’irai pas Tina, je n’ai aucune raison d’y assister, d’autant plus qu’en tant qu’esclave je n’ai aucune chance de pouvoir voir le roi et encore moins d’entrer dans la cathédrale, alors pourquoi risquer de rouvrir mes plaies en me mêlant à la foule. Non, Tina, en ce jour, je vais me contenter de dormir en paix, loin des tracas du monde.
- Bien, comme tu veux, mais alors je suppose que tu ne verras aucun inconvénient que je revête la robe que dame Alice m’a donnée pour toi pour l’occasion.
- Mon Alice a fait quoi ?! demandais-je cette fois-ci totalement réveillée.
Je ne l’avais plus revu depuis le supplice, elle n’était pas venu me voir avec els autres à mon réveil et voilà qu’elle m’offrait une robe pour assister au sacre.
- Nous pourrons nous tenir dans la petite chapelle latérale du fond de la cathédrale, ce qui nous permettra d’écouter la cérémonie, faute d’avoir une bonne vision du rituel.
La robe que dame Alice m’avait fait porter était magnifique, de couleurs noire et bleu foncé, s’unissant parfaitement à ma silhouette et à ma couleur de ma peau. Je la passai en deux temps, trois mouvements et pris Martine par la main.
- Allez viens, il ne faudrait pas qu’on rate le début !
- Qui est Tina ?
- C’est l’amoureuse de ma grande sœur, répondit innocemment Angelica.
- Tu veux dire une très bonne amie je suppose ? insista encore cette voix à proximité d’Elisabeth qui eut beaucoup de peine à regagner un état conscient.
- Une très très grande amie alors… Je peux avoir des tartines au miel ? dévia-t-elle habillement la conversation.
- Ma sœur, je ne vous remercierai jamais assez pour tout ce que vous avez fait pour nous… Mais nous devons nous en aller au plus vite… Aie mon bras !
L’angloise se laissa retomber sur le coussin qu’on avait placé sous sa tête et remarqua qu’on lui avait placé son bras en écharpe.
- Vous n’irez nulle part ainsi, alors restez tranquille et expliquez-moi pourquoi vous cherchez à tout prix à regagner la Champagne, une terre qui vous est hostile ?
Ne sachant pas quoi dire à la mère supérieure, Bette resta muette.
- En oubliant que ceci va à l’encontre de tout principe et de toute morale, cela doit vraiment être le grand amour pour que vous risquiez ainsi votre vie et votre âme.
- Quel principe et quelle morale saurait être plus importante que l’amour ? Saint Augustin lui-même n’a-t-il pas dit : Quand on aime, ou bien l’on n’a point de peine, ou bien l’on aime jusqu’à aimer sa peine ? Puisque ma vie et mon âme c’est elle, nulle peine ne saurait être plus grande que d’être séparée d’elle. Si je dois être punie pour cela, alors soit, dénoncez-moi ma sœur.
- Vous avez raison mon enfant, la mesure de l’amour, c’est d’aimer sans mesure. Je dois adresser un courrier au monastère de Poissy, aussi je vous placerez sous la garde de mon meilleure coursier et de son escorte jusque là. Que le ciel vous bénisse et vous garde.
La prime était déjà bien entamée lorsque nous arrivions à Notre-Dame. Les moines apportèrent en procession la sainte ampoule à l’archevêque Renault de Chartres qui allait enfin sacrer notre légitime souverain.
- La place que le roi nous octroie est fantastique, on y voit parfaitement l’autel et les prélats du royaume qui sont réunis autour. Charles te dois énormément Tasha.
- Il doit bien plus encore à Jeanne et à Shane, ce sont eux qui lui ont sauvé la vie à maintes reprises, moi c’est juste un coup de chance si je suis encore là, Tina.
- Regardes comme Jeanne est belle dans sa longue robe rouge et sa bannière illumine toute la nef.
Je détournai un instant mes yeux de mon amour pour contempler notre jeune pucelle à qui les vêtements de femme allaient à merveille en effet, puis mon regard fut à nouveau attiré inexorablement vers Alice qui se tenait auprès des grands du royaume.
Soudain, les trompettes et les cors retentirent et Charles, vêtu tout juste d’un simple pantalon, d’une tunique de soie et d’une chemise ouverte sur la poitrine, avança au milieu de l’allée centrale, seul, bien que les capitaines gardèrent un œil vigilant sur lui à chaque pas.
Sa noblesse de cœur et d’esprit ne fit aucun doute, même vêtu tel un simple manant, quoi qu’en disent ses ennemis, il est indéniablement le roi de France.
J’ignorais quels étaient les usages de pareille cérémonie, mais Martine s’empressa de me les expliquer, surtout qu’elle connaissait la fonction de la plus part des grands dignitaires rassemblés en ce jour.
- Le chambellan va d’abord le chausser de sandales pourpres, semés de lys d’or. Mais je me demande qui va lui mettre les éperons d’or puisque le duc de Bourgogne s’est allié à l’ennemi ?
- Regarde, on dirait que c’est Jeanne qui s’en charge !
En effet, jamais aucune femme n’avait jusqu’alors participé à pareille cérémonie, mais Jeanne était différente à tout point de vue. Puis Regnault le ceint de l’épée qu’il tira du fourreau pour la lui donner entre les mains. Charles la confia à son maréchal avant de s’agenouiller devant l’archevêque qui allait l’oindre avec la crème issue de la sainte ampoule en ces mots :
- Toi Charles, l’unique parmi tous les princes de la terre, excelles dans ta lourde tâche, par le glorieux privilège d’être oint d’une huile envoyée des cieux.
Il l’oint sur la tête, la poitrine, entre les épaules et les jointures des bras. Alors l’assemblée entonna l’antiphone auquel je me joignis :
- Ils ont oint Salomon roi ! Ils ont oint Salomon roi ! Ils ont oint Salomon roi !
C’était une cérémonie hors du temps, hors du monde, comme si on touchait un coin de paradis à cette heure précise. Lorsque le chambellan déposa sur les épaules du roi une tunique de pourpre et une chlamyde, le regard d’Alice croisa le mien et je me mis subitement à espérer contre toute espérance.
Je vis à peine Regnault remettre le sceptre et la verge dans les mains de Charles, désormais septième du nom, et lorsqu’il plaça la couronne incrusté de pierres étincelantes sur sa tête, je couronnais mon amour de cette parure. Elle était mon destin, je le savais, rien ne servait à me battre contre ça, je vivrai, souffrirai et mourrai d’amour pour elle.
Les pairs conduisirent Charles vers le trône surélevé dans le chœur revêtu et orné de tapisseries luxueuses, afin que toute l’assemblée puisse le contempler dans sa majesté.
Puis à la fin de la messe, on lui donna une couronne plus légère et le roi sortit sur le parvis au bras de Jeanne, entouré de ses vaillants capitaines. La foule rassemblée, bien que nous vivions juillet, s’exclama dans l’allégresse :
- Noël, Noël, Noël !
O cari me mi amo
In morento impera
Cora me sentori
In movante ora
O cari me mi amo
In morento ave
O pero menti o
In peri menti ora
O peri menti o
In peri menta ora
Champions...
« The Champions » interprété par ERA
Paris
Shane ne se lassait jamais d’admirer le corps parfait de son amante, bougeant au rythme des tambourins dans une aisance presque surnaturelle.
- Il me semble parfois que tu es dotée d’une paire d’ailes invisibles dont je ne peux qu’imaginer les contours. Tu es tellement belle !
Ses mains se posèrent naturellement sur les hanches de la jeune femme et tout en l’embrassant dans le cou, elle la conduisit vers la couche. Ses lèvres ne semblaient jamais être satisfaites de l’exploration du corps de Carmen, toujours une nouvelle parcelle de peau à déguster tel un met raffiné, toujours un nouveau frisson à faire jaillir. Tant de volupté et de désir dans leurs gestes, leurs regards, qu’elles passèrent une fois de plus, toute la nuit à s’aimer.
- Shane…
- Mmh ?...
- Je t’aime !
C’est étrange comme ces trois petits mots par moment peuvent donner l’impression d’une gifle. La bohémienne avait dit cela avec une telle profondeur que Shane prit peur, car l’image de Jeanne hantait toujours encore ses rêves les plus inavoués.
- Pourquoi ? murmura-t-elle inaudiblement.
Les jardins de Châteaudun, l’une des cités administrées par le bâtard d’Orléans, étaient d’une extrême beauté et après plusieurs campagnes victorieuses menées par Carles, toujours avec Jeanne à ses côtés, nous nous y reposions quelques jours avant de prendre d’assaut la capitale toujours aux mains des bourguignons.
Je m’y baladais, pensant être seule, dans la chaleur étouffante de midi, lorsque je tombai sur elle.
- Désolée maitresse, j’ignorais que tu étais là. Je ne voulais pas t’importuner.
Je fis mine de me retirer, mais Alice me retint.
- Tu ne m’importunes pas Tasha… tu veux bien faire quelques pas avec moi ?
- Je suis à tes ordres maîtresse, m’empressais-je de répondre.
- Ah laissons ça, veux-tu, je suis lasse des « maîtresse » par-ci, de « ma dame » par-là, ne puis-je donc être considérée autrement qu’en baronne de Vaucouleurs ? Ne puis-je être juste une femme ordinaire qui pleure son amour entourée de ses amis ?!
Je pus me mordre la lèvre juste à temps avant de dire une bêtise du genre : « Vos désirs sont des ordres… ». Cependant je ne sus quoi dire d’autre, alors je me contentai de traverser le parc à sa hauteur dans le silence. Je fus surprise que ma simple présence l’éloigne quelque peu de ses idées noires, d’autant plus lorsqu’Alice se mit à parler de nos jeux d’enfance à la cour de son père, là-bas, dans notre bien-aimée Lorraine.
- Tu te souviens de la fois où j’ai désobéi à père pour participer aux fêtes de mai dans le village de Jeanne, alors que les bourguignons étaient à deux doigts d’attaquer le village avant de s’en prendre à la bonne ville de Neufchâteau. J’étais vraiment innocente et inconsciente à cette époque, me lança-t-elle en riant.
Oh oui je me souvenais de ce jour, alors qu’Alice était âgée tout juste d’une douzaine d’années. Elle m’avait demandé de lui tisser des nattes avec ses longs cheveux blonds et y piquer des dizaines de fleurs, car elle voulait être la plus belle en allant avec les autres jeunes filles à l’arbre aux fées dans le Bois-Chenu.
- De toutes tu étais la plus belle et ta robe flottait au vent lorsque vous dansiez, c’était extraordinaire.
- Oui, c’était un instant magique… mais père t’a fait fouetter pour m’avoir aidé, alors que c’était uniquement sur mon insistance que tu avais cédé… je suis désolée Tasha…
- Ce n’est rien, je ne m’en souvenais même plus, et défense d’être triste, d’accord !
- Serais-tu en train de me donner des ordres ?! me lança-t-elle en m’attrapant le bras pour me faire rouler au sol comme si nous avions encore l’âge d’antan. Evidemment que je me laissai pas faire et dans cette joute nous trébuchions toutes deux… dans la fontaine…
- Je… je suis désolée… vraiment désolée…, m’excusais-je confuse, mais Alice ne sembla s’en formaliser, au contraire, elle éclata de rire tout en plaçant ma tête une fois de plus sous l’eau, avant de rire de plus belle.
- A ce bain était le bienvenu, tu ne trouves pas ?!
- Si, lui répondis-je, alors que nous sortions de l’eau sous le regard médusé de Martine et d’autres servantes accourues en entendant nos cris.