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Série : The L Word
Création : 11.01.2009 à 17h14
Auteur : Thea1
Statut : Terminée
TLW au temps de la Guerre de Cent Ans. En hommage à mon personnage historique préféré, ainsi qu'à un pays que j'aime énormément.
Cette fanfic compte déjà 267 paragraphes
- Mais qu'est-ce qui te prend mon trésor, je viens de traverser tout le pays, risquant ma vie à bien des reprises, pour toi Tina?! s'exclama Elisabeth en tenant sa joue qui enflait.
. Tu m'avais juré de ne jamais me laisser et qu'as-tu fait? Tu m'as abandonnée Bette, et là tu penses pouvoir revenir le sourire aux lèvres comme si rien ne s'était jamais passé!
- Mais Tina c'est mon père mourant qui m'a faite mandé, qu'étais-je censée devoir faire? T'emmener? Tous les soldats anglois t'auraient tuée sans la moindre hésitation.
- Exactement, et la prochaine fois qu'un membre de ta famille en appellera à nouveau à toi, tu me feras revivre cet enfer auquel je ne survivrai pas une seconde fois. Je ne sais d'ailleurs déjà pas comment j'ai tenu jusqu'à aujourd'hui? Tu te dois aux tiens mon amour, c'est comme ça, c'est la vie. Va-t-en les retrouver, tant qu'il est encore temps!
- Ma famille? Il ne me reste plus que toi et Angelica, je n'ai plus aucune raison de devoir partir, jamais.
Martine la regarda surprise et intriguée.
- Qui est Angelica?
- C'est moi! cria une fillette qui vint spontanément se jeter dans les jambes de la française en courant.
- Je suis désolée Bette, elle ne voulait pas rester avec moi, lança Alice sur le seuil de la chapelle.
Martine, attendrie, la pris dans ses bras. Angelica, passant ses bras autour du cou de la servante:
- C'est toi, l'amoureuse de ma grande sœur, alors?!
Tina sourit et fit signe à Bette de s'approcher et laissa enfin libre cours à leur amour de s'exprimer en l'embrassant tendrement.
Je tourne en rond
Tu sais que quelques fois je me sens seule et perdue
Est ce que tu me regardera
Je tourne en rond
Tu sais que quelque fois je me sens loin de toi
Dis est ce que tu te souviendras de moi
Je tourne en rond
Sur la terre entière je me sens abandonnée
Dis est ce que tout ça va changer
Je tourne en rond
Pour habiter ma solitude de mon mieux
Moi qui ne sais qu'être deux
Je tourne en rond sans toi
Tu sais que quelque fois j'ai peur de toi
Je tourne en rond sans toi
Tu sais que quelque fois j'ai peur de moi
Turn around
Every now and then I get a little bit restless and I dream of something wild
Turn around
Every now and then I get a little bit helpless and I'm crying like a child in your arms
Turn around
Every now and then I get a little bit angry and I know I've got to get out and cry
Turn around
Every now and then I get a little bit terrified but then I see the look in your eyes
Je tourne en rond sans toi
Tu sais que quelques fois j'ai peur de toi
Je tourne en rond sans toi
Tu sais que quelques fois j'ai peur de moi
Et j'ai tant besoin de toi
Et j'ai tant besoin de ta voix
Je veux tomber dans tes bras
Je voudrais marcher dans tes pas
On invente les règles du jeu
Quand on est tous les deux
Ensemble nous irons jusqu'au bout du chemin
Je tiendrai dans ton ombre
Si tu me prends la main
Retiens moi si je sombre je suis ta prisonnière
Si loin de notre monde j'ai la tête à l'envers
J'ai vraiment besoin de toi
Si demain commençait ce soir
Si demain commençait ce soir
Il était une fois une femme amoureuse
Peut-être un p'tit peu trop rêveuse
Tant pis si j'en pleure tu as tous les droits sur mon cœur
Si demain commençait ce soir
Once upon a time there was light in my life
But now there's only love in the dark
Nothing I can say
A total eclipse of the heart
A total eclipse of the heart
Et j'ai tant besoin de toi
Et j'ai tant besoin de ta voix
Et je veux tomber dans tes bras
Je voudrais marcher dans tes pas
On invente les règles du jeu
Quand on est tous les deux
Together we can take it to the end of the line
Your love is like a shadow on me all of the time (all of the time)
Retiens moi si je sombre je suis ta prisonnière
Si loin de notre monde j'ai la tête à l'envers
I really need you tonight
Forever's gonna start tonight
Si demain commençait ce soir
Il était une fois une femme amoureuse
Peut être un p'tit peu trop rêveuse
Tant pis si j'en pleure tu as tous les droits sur mon cœur
Total eclipse of the heart
Si demain commençait ce soir
Regarde moi droit dans le cœur
« Si demain (Turn around) » interprété par Bonnie Tyler & Kareen Antonn
Compiègne
Charles assigna Jeanne à résidence au château de Sully-sur-Loire en lui défendant strictement toute action belliqueuse.
- Ta mission semble s’arrêter là. Désormais Dieu a confié au roi de finir le travail. Il est temps pour toi de profiter de la vie.
- Non mes amies, Orléans, Patay, Reims et même Paris étaient de la rigolade à côté de ce qui m’attend encore.
- Ne nous dis pas que tu songes vraiment à t’attaquer à la forteresse de Bedford à Rouen ?!
Jeanne ne répondit pas à l’angloise, mais son regard plongeant sur l’horizon en dit long.
- Et avec quelle armée ? Jeanne c’est de la folie ! s’exclama Shane.
- Une armée qui n’est pas de ce monde.
Nous restions un moment silencieux, car nous ne comprenions une fois de plus pas ce que la pucelle chercha à nous faire comprendre. Alice rompit le silence.
- Et si en attendant que le roi ait fini ses pourparlers ridicules avec la Bourgogne, nous rentrions au pays ?
- Ce sera un plaisir pour Bette, sa sœur et moi-même d’être accueillies par la baronne de Vaucouleurs sur ses terres et d’y rencontrer enfin la famille de Jeanne.
Je pense que ça arrangeait bien le roi que nous nous éloignons plusieurs semaines de la cours, ainsi qu’à Philippe qui nous accorda un libre passage sur ses terres pour l’occasion.
- Ce n’est pas normal, tout cela ne me dit rien qui vaille Jeanne, vaudrait mieux rebrousser chemin.
- T’inquiète pas Shane, mon heure n’est pas encore venue.
Son heure, que voulait-elle dire par là ? Mais personne n’osa demander d’explications, étais-je la seule à percevoir un malheur dans les paroles de Jeanne désormais. Elisabeth et Martine ne se quittait plus, tout comme Shane et Carmen, sur laquelle le capitaine veillait jalousement.
Ma maîtresse était acclamée dans chaque village dépendant de la bonne ville de Vaucouleurs dans laquelle elle entra en héroïne de la guerre plus qu’en tant que simple baronne.
Nous gardâmes un instant de silence en hommage de messire Robert tombé sous l’assaut bourguignonne un an auparavant, afin d’assurer à la patrie de Jeanne et de nous tous de rester française.
- Nous rejoindrons Domrémy demain mes amies, en attendons, je vais vous faire couler de bons bains et nous faire servir un repas chaud.
Les domestiques nous préparèrent de succulentes omelettes en précisant que c’était selon les dernières volontés du bon baron, ce qui étonna grandement les membres non-lorrains de notre étrange petite famille.
- C’est parce que la présence de Jeanne en ces murs, força mon père à se priver d’œufs pendant des semaines, car les poules se refusèrent de pondre jusqu’au jour où il accepta de nous laisser chevaucher vers Chinon.
Ce souvenir conté par dame Alice nous fit rire aux éclats jusque tard dans la nuit.
- Il se fait tard, nous devrions aller nous coucher, car nous avons encore bon chemin à parcourir demain, dit Shane un sourire sous-entendu à sa compagne, ce qui n’échappe évidemment à personne.
- Tasha, tu as vraiment un don avec les enfants, avec moi elle ne daigne jamais s’endormir, et voici qu’elle dort encore contre ton épaule.
- Bette tu devrais nous la laisser et te retirer auprès de Tina, nous veillerons sur elle, promis.
- Merci Alice, mais je ne voudrais pas vous importuner.
Nous lui fîmes toutes deux un clin d’œil sous-entendu, alors qu’elle s’éclipsa avec son amour de toujours et qu’Alice et moi restions encore un peu au coin du feu.
- Je suis ravie que nos amies soient enfin heureuses, lâcha-t-elle dans un soupir.
- Parle-moi d’elle, qu’est-ce qui faisait d’elle quelqu’un d’aussi unique à tes yeux ?
Ma question me surpris autant qu’elle, mais à quelque part je pressentais qu’il était important que je le sache, que je connaisse les raisons qui avaient fait que Alice s’éprenne autant de la belle napolitaine. Subitement ses yeux s’illuminèrent.
- Dona était une femme très cultivée et jamais je n’aurais pensé qu’elle puisse avoir le moindre intérêt pour quelqu’un comme moi. Ses courtisans en voulaient plus à sa couronne et à son pays que réellement partagés sa vie ou sa bien-aimée île de Capri. Leur présence l’importunait, et dès le premier jour j’aperçu comme elle les faisait fuir en prétextant maladresses de tout genre. Lorsque Jeanne a reconnu Charles au milieu de la foule, elle a volontairement versé son verre de vin sur Louise la sœur de la reine pour que tous les hommes s’empressent auprès d’elle. Elle était non seulement belle, mais fascinante et remplie d’un humour qui bien que ne seyant pas aux bonnes mœurs me combla de bonheur à chaque fois que j’entendais sa voix. Je n’aurais jamais songé pouvoir me faire aimée de quelqu’un comme elle… Oh Tasha, une seule étreinte dans ses bras aurait fait tout mon bonheur, et la vie m’a offert bien plus que cela… et pourtant je pleure, car ce fut trop bref, trop intense, trop inachevé…
Qui était la duchesse et qui était la servante ? Nul n’aurait pu le dire cette nuit là, encore qu’on se soit trompé. Martine demeurait près de la fenêtre et ses cheveux reflétaient comme par magie les rayons d’or de l’astre de la nuit.
- Je n’ai jamais cru à la madone… jusqu’à ce jour…
L’angloise, qui ne s’était jamais agenouillée devant personne, se laissa tomber sur le sol, enlaçant les jambes de ses bras et laissant aller sa tête contre le ventre de son amante.
Un désir ardent, encore caché par sa robe, monta en Tina, alors que Bette feignit de ne le remarquer, juste pour savourer pleinement l’instant présent. Pourtant ses mains, comme attirées par une force surhumaine, se frayèrent un chemin vers l’intimité qui n’eut qu’une envie, rendre prisonnier ses doigts.
Qu’importe qu’on ne trouva pas sous cette robe douce dentelle de Flandres, quel tissu égalerait la douceur de cette peau, quel parfum aussi subtil que l’odeur de l’envie, nulle fortune, nul titre de noblesse, nul prestige ne vaut l’amour qu’elles éprouvèrent l’une pour l’autre.
Bette se perdit sous le modeste jupon, goûtant au nectar des dieux, offrant le plaisir ultime à la femme qui hantait ses rêves là-bas et ici, avant de remonter le long de ce corps de perfection vers ses lèvres rouges sang, au goût enivrant plus que le meilleur des vins.
Tina fit glisser sa robe sur le sol, alors que Bette, se dévêtant sensuellement, l’attira sur le lit. Car aussi belles robes fussent-elle, pour des amantes, la plus belle des parures ne put être que celle du pli de leurs draps.
Trois lieues séparaient Domrémy du chef-lieu de la baronnie. L’allée flanquée d’arbres calcinés par les attaques répétés, donna l’aspect des paysages de récit du biclarel, comme on en fit souvent référence en ces terres retirées du royaume.
- Dire que la dernière fois que j'ai emprunté cette route, je l’ai arpenté seule, sans rien dire à mon père, de crainte qu’il ne me l’interdise.
- Tu crains que ta famille t’en veuille ?
Ca me semblait étrange que Jeanne puisse avoir peur de quoi que ce soit, mais cet aveu la rendit soudain à nouveau plus humaine à nos yeux.
- Non, je sais que mon père m’accordera son pardon.
- Mais alors, pourquoi tant d’inquiétude sur ton visage ? demanda Carmen.
- Il va m’enfermer avec ma grande sœur Catherine pour que je file et couds comme l’exige ma condition. Or il est impératif que je reparte en France, dès que mes voix me le commanderont.
- Oh ne t’inquiète pas, avec les charmes de nous toutes, nous devrions aisément le convaincre, après tout, ce n’est qu’un homme, sans t’offenser Shane, lança Alice.
- Pas de souci, répondit celui-ci d’un air amusé.
Les oiseaux chantaient, les troupeaux paissaient tranquillement, le son des flots de la Meuse berçaient toute la région, un jour sans le moindre combat à l’horizon. Vraiment cette journée s’annonçait magnifique.
N. A. : J’ai eu la joie de parcourir ce tracé en mars 2000 et je pense que rien n’y a changé depuis l’époque de Jeanne, si ce n’est qu’on y sème et moissonne désormais avec des machines. Je me souviens d’a avoir été surprise par la pluie, et qu’un aimable paysan m’emmena les trois derniers kilomètres sur son tracteur.
Jacques d’Arc travaillait dans les champs, lorsque levant les yeux, il vit une étrange troupe s’approcher du village. Même si ça faisait près de deux ans qu’il ne l’avait pas vu, il la reconnut immédiatement.
- Pierre, rentre à la maison et dis à ta mère que nous avons de la visite !
- Qui sont ces gens père ?
- Ta sœur et ses hommes. Mais n’en dis rien à ta mère, que ce soit une surprise.
Isabelle se mit immédiatement au fourneau et dressa la table sous le porche de l’humble ferme encore en reconstruction depuis les dernières attaques bourguignonnes. A quelques pas de là, nous laissâmes Jeanne se présenter seule à sa mère.
- Maman.
- Mon Dieu, Jeanne !... Le Seigneur enfin a entendu mes prières…
Nous fûmes toutes aussi émues que mère et fille lors de ces retrouvailles poignantes. Isabelle relâchant l’étreinte d’avec sa fille, leva les yeux vers nous d’un regard étonné.
- Je te pensais escortée par des soldats en armes et non par des femmes.
Jeanne sourit à cette remarque et s’empressa de nous présenter à sa famille.
- Il n’est point femmes plus valeureuses dans tout le royaume après vous ma mère !
Pendant ce temps, en territoire neutre, à la frontière du duché de Bourgogne, Charles profita de notre absence pour solliciter une entrevue à Philippe.
- Salutations à toi mon royal cousin. Je constate que la pucelle ne t’a point accompagné.
- Je l’ai renvoyée auprès de sa mère, afin qu’elle n’interfère plus dans mes affaires.
- Cela me convient, car je n’ai nul temps à perdre avec une enfant ou une femme, et ta sainte a le malheur d’être les deux.
- Trêve de discours, et dis-moi plutôt ce que tu veux en échange de notre bien-aimée capitale ?
- Voyez-vous ça, le roi veut marchander Paris dans laquelle Bedford vient tout juste de couronner son baronnet roi de France et de la Terre d’Angle.
- Dis-moi ton prix.
- Je ne veux plus être coupé de mes terres en Flandres, restitue-moi les villes que tu m’as prise en Champagne et ça ira.
- Ces villes sont à Jeanne. Mais soit, je t’accorde une trêve de soixante jours durant lesquels tu pourras t’emparer des villes qui t’intéresse sans que je n’intervienne.
- Les villes appelleront leur sauveuse à la rescousse, à moins que ce soit ce que tu espères.
Le roi ne répondit pas.
- Je constate que tu n’es plus le petit roi des Bourges mon royal cousin, te voilà devenu aussi vil que ta mère. L’anglois n’a qu'à bien se tenir ! C’est toujours un plaisir de faire affaire avec toi grand roi.
Charles venait d’atteindre ce qu’il cherchait, que Philippe commence à préférer commercer avec lui plutôt qu’avec Bedford.
Les trois semaines que nous passâmes à Domrémy, que les villageois surnommaient déjà Domrémy-la-Pucelle, figurent parmi les plus heureuses de nos vies. Tout le monde voulut voir l’héroïne d’Orléans, qui resta fidèle à elle-même, aidant son père aux champs, sa mère au fourneau, ouï messe matin et soir, et parla avec simplicité aux gens de son peuple de ses voyages et des vastes dessins du Créateur pour le royaume des lys.
Alice proposa à Elisabeth et Martine de s’installer à Vaucouleurs et d’y administrer la région en son nom durant son absence, car Alice voulut retourner auprès du roi où était selon elle sa place. La petite famille accepta avec gratitude.
Le temps des adieux vint trop vite, mais Jeanne savait que le pays avait encore besoin de nous, et ce qui ne manqua pas de me surprendre, elle prétendit que moi aussi une grand destinée m’attendait encore. Comme d’habitude, je la crus sur parole, alors que tout en moi était en proie au doute.
- Tu sais ce que je pense de tout ceci Jeanne ?!
- En effet père, et si ce n’était pas absolument nécessaire, je ne partirais point. En vérité, si je pouvais choisir, je resterais auprès de vous.
Jacques sentit de l’appréhension dans la voix de sa fille, alors il la prit dans ses bras.
- Pendant longtemps j’ai maudit Dieu pour m’avoir donné encore une fille en ces temps difficiles, mais aujourd’hui je suis très fière que tu sois ma fille. Va hardiment Jeanne, et ne crains rien ni personne, car le Seigneur est avec toi ma fille, ne l’oublie pas !
- Je ne te décevrais pas papa.
Isabelle pleura, mais ne tenta pas non plus de dissuader Jeanne.
- Vous qui êtes ses amies, surtout veillez bien sur ma fille.
- Nous vous le promettons madame, avons-nous répondu en chœur.