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Série : The L Word
Création : 11.01.2009 à 17h14
Auteur : Thea1
Statut : Terminée
TLW au temps de la Guerre de Cent Ans. En hommage à mon personnage historique préféré, ainsi qu'à un pays que j'aime énormément.
Cette fanfic compte déjà 267 paragraphes
On se reverra
Dans ce monde et au-delà
Demain ou bien ailleurs
Pour le pire ou le meilleur
On se reverra
Jamais on ne s'oubliera
Aussi dur que la croix
Je sais qu'on se reverra...
Je n'oublie jamais un visage
Ni l'émotion qu'il m'a laissée
Au cours de tous mes longs voyages
J'en ai croisé des amitiés
Jamais un visage ne s'oublie
Qu'il ait souri, qu'il ait pleuré
Il est là pour la vie
Comme un instant d'éternité
On se reverra
Dans ce monde et au-delà
Demain ou bien ailleurs
Pour le pire ou le meilleur
On se reverra
Jamais on ne s'oubliera
Aussi dur que la croix
Je sais qu'on se reverra...
Longtemps après le temps efface
Les ennemis, les faux-semblants
Les murs d'argent, les murs de glace
Qui sont les bons et les méchants?
Les trahisons, les coups du sort
J'en ai connu et j'en connais
Qui a raison ou tort?
Ça, on ne le saura jamais
On se reverra
Dans ce monde et au-delà
Demain ou bien ailleurs
Pour le pire ou le meilleur
On se reverra
Jamais on ne s'oubliera
Aussi dur que la croix
Je sais qu'on se reverra...
On se reverra
Jamais on ne s'oubliera
Aussi dur que la croix
Je sais qu'on se reverra...
« On se reverra » interprété par Michel Sardou
De retour à Sully-sur-Loire, nous fûmes accueillis en grands apparats.
- Gilles, La Hire, que nous vaut cet accueil ?
- C’est pour la pucelle, le roi donne une fête en son honneur ce soir.
- On parle déjà d’adoubement.
- Une femme chevalier ? s’étonna Shane qui reçut un coup de coude dans l’estomac de la part de sa compagne.
- N’est-ce pas extraordinaire Tasha, enfin le roi va élever Jeanne au rang qui aurait dû lui revenir dès sa naissance.
- Le roi en quelque sorte redresse les erreurs de la nature, répondis-je, non sans un certain dépit que dame Alice ne sembla point percevoir.
- Exactement très chère.
- Titre aussi glorieux soit-il ne saurait couvrir traitrise et simple manant peut avoir cœur aussi noble que roi. Les hommes regardent aux apparences, bien souvent trompeuses, alors que Dieu, lui regarde aux cœurs. Je te l’assure baronne, mieux vaut être simple gueux au cœur pur, que roi en traitrise.
Il était rare que Jeanne s’adresse avec son autorité naturelle à Alice, mais là, ça lui avait semblé nécessaire.
- Je disais juste que Jeanne en avait le mérite. Où est le mal ?! me dit-elle visiblement contrariée.
- Nulle part maitresse, nulle part.
Nous fûmes conduits dans la salle du trône où siégeaient majestueusement Charles et la reine Marie.
- Approche Jeanne, voyons, n’aies pas peur !
Jeanne s’approcha et s’agenouilla devant le couple royal. Le roi fit signe au héraut de lire l’acte officiel conférant son nouveau titre de noblesse à Jeanne, ainsi qu’à sa famille.
- Charles, par la grâce de Dieu roi de France, pour perpétuelle mémoire. A cette fin de glorifier les très abondantes et insignes faveurs dont le Très-Haut nous a comblé, et que, nous l'espérons, sa divine miséricorde daignera nous continuer, par le moyen et le concours éclatant de la Pucelle, notre chère et bien aimée Jeanne d'Arc, de Domrémy, et pour célébrer à la fois les mérites de ladite Pucelle et les louanges divines, nous estimons convenable et opportun de l'élever, elle et toute sa parenté, aux honneurs et dignités de notre majesté royale, de sorte que, illustrée par la grâce divine, elle laisse à sa race un souvenir précieux de notre royale libéralité, et que la gloire de Dieu ainsi que la renommée de tant de bienfaits se perpétue et s'accroisse dans tous les siècles. C'est pourquoi nous faisons savoir à tous, présents et à venir, que, eu égard à ce que dessus, considérant en outre les agréables, nombreux et recommandables services que Jeanne la Pucelle a déjà rendus et rendra à l'avenir, nous l'espérons, à nous et à notre royaume, et pour autres certaines causes à ce nous mouvant, nous avons anobli ladite Pucelle, Jacques d'Arc dudit lieu de Domremy et Isabeau sa femme, ses père et mère, Jacquemin et Jean d'Arc et Pierre Pierrelot ses frères, et toute sa parenté et lignage, et, en faveur et contemplation d'icelle Jeanne, toute leur postérité mâle et femelle, née et à naître, en légitime mariage, et par les présentes, de notre grâce spéciale, certaine science et puissance, les anoblissons et déclarons nobles; voulant que ladite Pucelle, lesdits Jacques, Isabeau, Jacquemin, Jean et Pierre, et toute la postérité et lignage de ladite Pucelle ainsi que les enfants d'eux, nés et à naître, soient par tous tenus et réputés nobles, dans leurs actes, en justice et hors justice, et qu'ils jouissent et usent paisiblement des privilèges, franchises, prérogatives et autres droits, dont sont accoutumés de jouir, en notre royaume, les autres nobles, extraits de noble lignée, lesquels et leur dite postérité nous faisons participer à la condition des autres nobles de notre royaume, nés de noble race, nonobstant qu'ils n'aient, comme dit est, une origine noble, et qu'ils soient peut-être d'autre condition que de condition libre.*
- Reçois cet anneau en guise de ma gratitude et de celle de tout le peuple français.
Le roi offrit entre autres choses, une nouvelle épée, six robes des tissages les plus fins et deux purs sang à la pucelle.
* Extrait du texte original de la lettre d’anoblissement de Jeanne d’Arc, dite du Lys.
- Tasha, puis-je te déranger quelques instants ?
Je levai les yeux du treillis de Jeanne dont j’étais en train de réparer les mailles. Quelle ne fut pas ma surprise de voir dame Alice sur le pas de la porte, me tendant un bouquet de fleurs des champs fraichement cueilli.
- Tu sais bien maîtresse que pour toi je suis toujours disponible.
- Justement, c’est bien ça le problème Tasha…
Je la regardai perdue…
- Jamais tu ne te révoltes, jamais tu n’oses me reprendre, tu accepte absolument tout venant de moi, alors même que je ne cesse de te maltraiter.
- Ne sois pas aussi sévère avec toi mon Alice, auprès de toi, je n’ai jamais manqué de rien.
Nous nous étions dangereusement rapprochées, au point que je sentis son souffle sur mon visage. Je soutins malgré tout son regard, dont l’intensité devint pourtant presque insoutenable.
Soudain, je crus rêver, Alice s’empara de mes lèvres, de manière hésitante, puis de façon plus passionnée lorsque je répondis à son baiser. Mon bras passa automatiquement dans son dos pour l’attirer encore plus à moi, lorsque…
- Non… Tasha… je ne peux pas… je suis désolée… c’est de ma faute… tiens… elles sont pour toi…
Elle s’éloigna plus vite qu’un éclair, me laissant seule, perdue, avec son bouquet entre les mains.
Ce soir-là, le roi s’adonnait à une joute verbale en compagnie de ses capitaines pour le plus grand plaisir de ces dames.
- « De Metz » rapporte-moi ce que le bon peuple de France dit de moi.
- Le roi ne saurait être un sujet, votre majesté.
La cours rit de bon cœur aux traits d’esprit de Shane, lorsque Jeanne se joignit à eux.
- J’aurais moi aussi une question à vous soumettre bon roi.
- Ah, Jeanne à une devinette pour nous, voilà qui tombe bien. Nous vous écoutons très chère.
- Que diriez-vous d’un boulanger qui tranche son pain avant de le mettre au four ?
Le roi réfléchit un instant et haussa les épaules.
- Je ne sais pas, que c’est un mauvais boulanger sans doute.
- Et que diriez-vous d’un roi qui dilapide ses terres, alors que d’autres versent leur sang pour les unifier ?
Charles lança un regard noir à la pucelle et la convia immédiatement dans la pièce annexe.
- Qu’est-ce qui te prend Jeanne !
- Dites-le-moi vous-même bon roi.
Elle lui tendit plusieurs lettres émanant de diverses villes de l’est du royaume.
- C’est le prix à payer pour votre débâcle aux portes de Paris, je pensais déjà que le tribut à payer serait bien plus élevé.
- Au duc de Bourgogne, vous n’y pensez pas mon Seigneur. Il n’a aucun droit en terre de France. Compiègne vous appartient par la volonté du Tout-puissant, ainsi que la Lorraine et la Champagne dans leur intégralité. La Bourgogne elle-même est vôtre, ne l’avez-vous toujours point compris ?
- Sans doute très chère, mais pour l’instant je ne peux pas tenir plus de positions. Ce qui presse est de bouter l’anglois hors de France, la Bourgogne peut attendre.
- C’est votre royaume bon roi, faites comme bon vous semble, mais sachez que la volonté de Dieu finira toujours par s’accomplir. A chacun d’entre nous à savoir si nous voulons entre dans ses plans ou non, mais ses vastes dessins finissent toujours par s’accomplir et certainement les nôtres. Permettez-moi de néanmoins porter secours au bon peuple de Compiègne.
- Tu es libre de faire ce qui te semble juste mon amie, mais je ne pourrais point te donner d’armée.
- Soit, j’irai donc seule.
Son parfum était encore sur mon visage, comme des pétales de roses qui s’attardaient sur mes lèvres. Je n’avais pourtant pas rêvé, c’était bien elle qui m’avait embrassée, et même si elle s’était retirée confuse, cela m’ôtait une part de ma souffrance de savoir que l’élan venait d’elle.
- C’est de la folie Jeanne, tu ne peux rien pour Guillaume et les habitants de Compiègne !
- Tu ne comprends pas Shane, ces gens m’ont fait confiance lorsque je leur ai dit qu’ils vivraient mieux sous la protection de Charles, et là je laisserai un nouveau malheur s’abattre sur eux, juste pour me mettre à l’abri.
Jeanne et Shane entrant dans nos appartements venaient de m’arracher violemment à mes pensées.
- Ton roi te trahi et toi tu ne le vois pas !
- Mon roi ne fait rien qui ne lui soit accordé de par mon conseil.
- Dans ce cas, je me ferai un devoir de t’empêcher d’y aller, de te protéger contre toi-même, dussais-je t’enfermer poings et pieds liés !
- Cela suffit « De Metz » ! Si vous êtes capitaine de France, je le suis du royaume d’en-haut, tâchez de ne point l’oublier.
- Dans ce cas, je serai votre bras-droit ma dame.
- Ainsi que nous toutes ! s’exclamèrent Carmen et Alice à mes côtés.
Carmen et Shane étaient partis en éclaireurs évoluer les forces en place, alors qu’Alice et moi attendions auprès de Jeanne qui donnait ses instructions aux volontaires, une petite centaine de soldats ayant déjà combattu à Orléans.
- Braves parmi les braves, ayez l’assurance que la bonne ville de Compiègne appartient à notre légitime souverain. Soyez hardis, mais point téméraires mes amis ! Capitaine, à quelle résistance devons-nous nous attendre ?
- Une armée égale à la notre, noble et vaillante pucelle, mais avec les troupes de Guillaume, nous la prendrons sur deux flancs, ce qui nous donnera la victoire !
Jeanne nous adressa son habituel regard de détermination et de bonté avant de donner le signe pour l’assaut en élevant une fois de plus sa bannière vers les cieux.
- Pour le France et pour le roi !
Nous reprîmes tous en chœur en déferlant au pas de charge sur les bourguignons :
- Pour la France et pour le roi !
Comme à chaque fois, la stratégie et l’audace militaire de la pucelle étaient parfaites. Même si les forces en place aux portes de la ville étaient équivalent, il suffisait à Guillaume de Flavy, le gouverneur, de commander ses archers du haut des remparts de la dite ville, pour ainsi prendre les bourguignons à revers. « De Metz » leur donna le signal et c’est à ce moment précis que tout bascula.
- Ce n’est pas possible, ils tirent sur nos hommes. Trahison, trahison ! cria dame Alice.
Nos hommes tombèrent soudain comme des mouches et Carmen et moi avions tant à faire au milieu des soldats blessés que nous pûmes en sauver qu’une poignée.
- Shane, fais sonner la retraite et conduis nos homme en sécurité !
Déjà la vierge de Lorraine, l’espérance de toute une nation, fut encerclée par l’ennemi et le bon capitaine se rua sur eux pour lui porter secours.
- Shane, si tu es mon ami, fais ce que je te dis !
Shane obtempéra, alors que la frayeur s’était emparée de son visage. Jeanne se trouvant à ma hauteur lâcha sa bannière, afin de tirer une ultime fois son épée. Je m’empressai de ramasser cette bannière si chère à nos cœurs avant qu’elle ne fût piétinée par les chevaux. Je tentai de protéger la pucelle, mais ce fut en vain, déjà elle fut désarçonnée.
Je vis une dizaine d’hommes s’emparer d’elle… une vive douleur me transperça le crâne… je cherchai une dernière fois du regard mon amour… et puis… plus rien… le néant…
Would you know my name
If I saw you in heaven?
Would you feel the same
If I saw you in heaven?
I must be strong and carry on
'Cause I know I don't belong here in heaven...
Would you hold my hand
If I saw you in heaven?
Would you help me stand
If I saw you in heaven?
I'll find my way through night and day
'Cause I know I just can't stay here in heaven...
Time can bring you down, time can bend your knees
Time can break your heart, have you begging please...
Beyond the door there's peace I'm sure
And I know there'll be no more tears in heaven...
Would you know my name
If I saw you in heaven?
Would you feel the same
If I saw you in heaven?
I must be strong and carry on
'Cause I know I don't belong here in heaven...
« Tears in heaven » interprété par Eric Clapton