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Série : The L Word
Création : 11.01.2009 à 17h14
Auteur : Thea1
Statut : Terminée
TLW au temps de la Guerre de Cent Ans. En hommage à mon personnage historique préféré, ainsi qu'à un pays que j'aime énormément.
Cette fanfic compte déjà 267 paragraphes
Le coup de poing était parti plus vite que l’éclair. La Hire fut tellement abasourdi qu’il n’eut même pas la présence d’esprit de réagir face au regard et la poigne de son commandant en chef.
- Sachez que je ne tolérerai ni blasphème, ni sorcellerie, ni prostitution dans mon armée, est-ce bien clair ?!
Elle les fixa sévèrement un à un, et chaque capitaine sut quelle abomination le désignait. Gilles fit disparaitre les grigris qu’il portait autour du cou, alors qu’une femme à demi-vêtue sortit précipitamment de la tente d’Alençon.
Les soldats se levèrent comme un seul homme en ce début d’après-midi du mercredi 5 mai 1429.
Un peu en retrait, en compagnie de Martine et Elisabeth, j’observai la splendide charge de la cavalerie française.
L’étendard blanc, flottant au vent, menait nos troupes en pointant droit sur l’ennemi.
On aurait dit que le cri de guerre poussé par Jeanne avait fait sortir les morts de la terre. Etions-nous arrivés au jour du jugement dernier ?
Le tonnerre résonnait sous les sabots des chevaux, alors que les foudres des archers adverses tentaient d’arrêter la horde sauvage qui s’abattait sur eux.
Mais l’étendard de la pucelle venait d’ouvrir le dernier verrou des portes de l’enfer aux anglois.
Confutatis maledictis
Flammis acribus addictis
Voca me cum benedictis
Oro supplex et acclinis
Cor contritum quasi cinis
Gere curam mei finis
« Confutatis » extrait du requiem de Mozart
Après avoir réprouvé les maudits
De leur avoir assigné le feu cruel
Appelez-moi parmi les élus
Prosterné, je vous supplie
Le cœur brisé, comme réduit en cendres
Prenez soin de mon heure dernière
(Traduction libre)
Le capitaine Falstaff et ses hommes, alors qu’ils venaient à peine d’arriver à Orléans pour renforcer l’avant-poste anglois, ne s’attendaient nullement à une réaction si fulgurante et inattendue de la part des derniers chevaliers français.
La bastide de Saint-Loup tomba en quelques heures seulement, ne laissant aucun repli possible à nos adversaires, ainsi seuls quelques chanceux en réchappèrent, dont leur capitaine.
Enfin, je vis Jeanne mettre pied à terre dans le soleil couchant, aussi rouge vermeil que le sang qui maculait l’emplacement où la bataille avait fait rage.
Soldats anglois et français gisaient désarticulés, tels des pantins sur le sol, tandis que des lambeaux de chair tapissaient les murs. Déjà les rats et les chiens accoururent pour dévorer les corps encore chauds.
L’odeur qui s’élevait dans la nuit, mélange de sang, de sueur et d’urine, souleva tellement le cœur de la jeune femme, qu’elle fut prise de convulsions et en vomit ses entrailles.
Nous nous mîmes à courir pour lui venir en aide, mais l’une des bohémiennes qui s’occupaient de nos blessés, fut plus rapide. Je la reconnus immédiatement, il s’agissait de la fameuse Carmen, qui dansait à Tours.
- Que faisons-nous des prisonniers? demanda Alençon.
- Tuons les tous ! répondirent en chœur Gilles et La Hire.
- Non ! cria Jeanne avec le peu de force qui lui restait.
- Shane.
- Prenez leurs armures et leurs armes et laissez les rentrer chez eux, dit le preux chevalier avec fermeté.
Puis se tournant vers les anglois, qui frissonnaient et claquaient des dents de peur, il ajouta :
- Dites à vos gens, que tout anglois, qui déposera les armes devant le légitime souverain de France et son armée, pourra regagner sain et sauf son île et sa patrie.
Jeanne tomba à genou au milieu des corps anglois et français entremêlées et se mit à pleurer amèrement.
Alors que nous rentrions dans Orléans en soutenant Jeanne au mieux, Shane resta en compagnie de Carmen pour l’aider à sauver les hommes qui pouvaient encore l’être et à soulager au mieux les souffrances des mourants.
- J’ignorai que les bohémiens connaissaient la médecine ?
- Tout remède vient de la nature ne le sais-tu donc pas ?! Il faut l’écouter et s’unir à elle pour la comprendre. Mais ce n’est pas au bas de tes remparts de pierres qu’elle parle, lui répondit la va-nu-pieds d’une grimace sous-entendue.
Shane lui sourit légèrement, soudain comme apaisé au milieu de ce paysage de désolations et de cris étouffés.
Jeanne ne prit pas même le temps de se laver ou d’ôter son armure, ni même de saluer le bâtard qui vint à notre rencontre, et se dirigea tout droit vers la cathédrale Sainte-Croix pour s’y agenouiller devant l’autel.
Elisabeth, Martine et moi nous regardions perdues.
- C’est une magnifique victoire fillette, tu devrais faire la fête et non te laisser abattre ainsi, lui dit La Hire avec une pointe de douceur dans sa voix habituellement si rustre.
- Le peuple te réclame pour te porter en triomphe, ajouta Alençon.
- De toute manière, c’était bien fait pour leurs gueules. Tu les avais avertis, non ? Les anglois méritent tous de mourir comme ceux d’aujourd’hui ! lança Gilles sous le regard approbateur des deux autres.
Jeanne se releva dignement, essuya les larmes de ses yeux et nous fit face.
- Mes seigneurs, est-ce donc là réellement ce que vous pensez ?
Le regard de la pucelle se fit plus dur.
- Si je vous comprends bien, ceux et celles qui se battent et meurent pour l’Angleterre sont moins nobles et valeureux que vous, grands chevaliers de la fleur de lys.
Elle avait lâché la fin de sa phrase sans oublier d’y mettre une pointe de moquerie.
- Je pensais que vous aviez suivi les plus hautes formations de notre royaume, alors comment se fait-il que moi qui ne sait distinguer le A du B je dusse vous enseigner ces choses ?
Gilles voulu répliquer, mais La Hire l’arrêta d’un coup de coude dans l’estomac.
- Où étaient Talbot, Bedford, les autres ducs anglois et le roi Henry lui-même aujourd’hui ?
Jeanne laissa place à un instant de silence avant de poursuivre.
- Car ce sont bien eux, n’est-ce pas, les responsables de ce bain de sang et non les pauvres fidèles qui, persuadés que leurs dirigeants agissent avec l’approbation divine, les suivent. Ne vous méprenez pas capitaines, si vous n’agissez que pour obtenir pouvoir, gloire et fortune, alors le même sort qui leur est réservé vous guette !
Puis elle sortit du lieu saint, nous laissant seuls avec notre honte.
When I'm feeling down in this world of madness
You comfort all my sadness, you soothe away my pain
'Cause these are trying times, filled with so much sorrow
I wonder if tomorrow will bring a brighter day
Why do the angels cry?
Why doesn't love survive?
Why do we all just pretend?
Why do the angels cry?
Innocent children die
When will it all ever end?
Ever end ?
Close your eyes and dream, and visualise a rainbow
Oh a place where you can pray for peace and harmony
Search your heart and find a higher meaning
Let this be the start, a brand new beginning
Oh talking 'bout peace and harmony
Oh...
(Why do the angels cry?) Why do they cry?
(Why doesn't love survive?)
(Why do we all) just pretend?
Why do the angels cry?
Innocent children die
When will it all ever end?
Ever end ?
« Why do the angels cry » interprété par Annet Artani