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Série : The L Word
Création : 27.10.2009 à 18h33
Auteur : Thea1
Statut : Terminée
Volupté, drame, intrigues, sensualité, batailles, sexe, trahisons, amour etc. sur un fond homérique
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Le Mont Olympe était en feu. Un grondement sourd se fit entendre jusqu’aux confins des Cyclades.
- Cela ne peut plus durer mon divin frère! lança Poséidon en pénétrant précipitamment dans la plus vaste demeure des dieux.
- Je ne compte plus les âmes de nos plus vaillants guerriers qui errent au fond du Styx! renchérit Hadès.
- Elles se moquent de nous. A chaque journée qui passe, leur nouvelle reine devient plus puissante, dit Ares en rajustant son casque.
- Elles ne tarderont pas à s'attaquer à nos favoris, tel le prince Thésée, voir ton fils Hercule, noble père, crut bon d'ajouter Apollon.
- Aux armes! crièrent-ils en chœur.
- Voyons mes frères, pourquoi tant de haine et de violence? Faites comme moi, retirez-vous aux jardins des Hespérides ou règnent l'amour et la sensualité, lança Eros de sa voix langoureuse avant de s'envoler.
- Je peux influencer leur pythie, puisque je préside aux oracles, dit Apollon en bombant le torse.
- Je déchainerai les enfers...
- Et moi les mers...
- Enfin j'aurai ma revanche sur ma sœur Athéna!
- Faites ce que vous avez à faire, réagit enfin Zeus en se levant de son trône, mais gardons-nous d'en informer nos épouses, sinon je serai impitoyable.
Comme pour accentuer ses dires, Zeus lança ses foudres sur la montagne à en faire fondre ses neiges éternelles.
XIIIème siècle avant notre ère sur les bords de la mer noire.
La jeune reine du peuple libre s'émerveillait des jeux de sa petite sœur Antiobet qu'elle surnommait affectueusement Bette.
La petite princesse, du haut de ses trois ans, s'intéressait a tout, et bien des fois la nourrice Marina devait intervenir pour empêcher l'enfant de toucher aux armes et aux objets sacrés et précieux.
- Te voilà bien essoufflée ma chère amie. Ma sœur a-t-elle encore mis de la peinture destinée au temple? dit la reine en souriant à ce souvenir.
Cela faisait à peine quelques jours, que la princesse avait jugé bon d'orner de ses graffitis, la robe de la noble monture de sa royale sœur.
- C'est Gaia, les douleurs de l'enfantement ont commencé, et ça s'annonce mal!
- Va chercher Jenny! ordonna-t-elle en sortant précipitamment de sa tente.
Mais malgré toute leur "magie" et leur grand savoir, ni la reine guerrière, ni la prophétesse ne purent arrêter l'hémorragie de la mère épuisée. Marina enveloppa le nourrisson qui poussa ses premiers cris.
- C'est une fille, robuste et farouche, comme sa mère, dit la nourrice.
- Bats-toi vaillante guerrière ! tenta une ultime fois la reine de conjurer la mort.
- Son nom est… Myrina... dit celle-ci dans un dernier souffle.
Kitra et Jenny se regardèrent comme paralysées devant le nom choisi par Gaia.
- Le malheur est sur nous ! Noyons-la tout de suite, sinon c'en est la fin du peuple libre!
- Silence! Comment oses-tu parler ainsi contre l'une de nos sœurs?
- Mais l’oracle? se justifia Jenny.
- Je ne remets pas tes prophéties en question, mais il t'est déjà arrivé de te tromper dans leurs interprétations… Par la grande déesse, personne n'attentera à la vie de cet enfant, me suis-je bien faite comprendre?!
- Et pour Myrina que fait-on, car nos sœurs réagiront forcément au nom de notre première souveraine, continua de s'inquiéter la voyante.
- Personne n'a besoin de le savoir.
- Expliques-toi Marina?
- Il n'y a personne d'autre que nous ici, alors appelons-la simplement Tina et n'en parlons plus.
- Ta sagesse nous illumine toujours autant ma chère, oui, faisons cela.
Elles scellèrent un pacte, mais cela serait-il suffisant pour conjurer l'oracle d'Apollon?
Durant plus de douze ans, Jenny avait veillé à ce que la princesse et la jeune et prometteuse guerrière ne se rencontrent pas.
En Crète, le Prince Thésée venait de vaincre le monstrueux Minotaure et arpentait, accompagne de ses hommes, sur le chemin du retour les vastes contrées de la mer Egée.
Il n'y avait plus de doute désormais, à son retour a Athènes, il épouserait Phèdre et monterait sur le trône.
Bette avait un sens inné pour développer de nouvelles façons de gérer les ressources nécessaires à la survie du peuple libre qui croissait, car vivant dans une paix relative, depuis que sa sœur ainée avait succédé à leur mère.
Elle s'enquérait justement d'un nouveau système d'irrigation depuis les eaux du Thermodon vers leurs terres, accompagnée de sa compagne de jeu Alice et de sa garde personnelle composée des guerrières Shane et Helena, lorsqu'un petit contingent d'hommes leur tomba dessus.
- L'amour, c'est pour les faibles! lança Tina en portant ses coups vers Dana, sa partenaire d'entraînement.
- Tu ne sais pas de quoi tu parles. Au prochain solstice d'été Alice sera mienne et dans moins d'un an, elle donnera naissance à de nombreuses filles, aussi belles que leur mère! rétorqua Dana en esquivant habillement.
- Et avec toi tes filles n'auront rien en commun, tu parles d'un bienfait ! Nul homme ne saurait t'égaler mon amie. La vie est bien cruelle, mais le jour vient ou nos sœurs n'auront plus à subir l'infamie du solstice.
- C'est un sacrifice nécessaire pour la survie du peuple libre, ça ne remet pas notre amour en question, se défendit Dana en portant à son tour l'attaque.
- Moi je ne supporterai jamais qu'un homme touche à la femme que j'aime, alors je préfère rester seule!
- De toute manière, jamais personne voudra de quelqu'un tel que toi, intervint Kelly, l'éternelle rivale de Tina.
- Et pourquoi cela?
- Mais regardes-toi, tu ignores tout de la beauté, et tu es plus insupportable que tous les hommes réunis ! Qui voudrait partager l'existence d'une furie telle que toi?!
Les yeux de Tina s'injectèrent de sang, et elle se jeta poings serrés sur celle qui venait de l'offenser.
Voyant que ça allait tourner au drame, Dana appela Carmen, leur maître d'armes et l'une des plus grandes guerrières de leur génération, à la rescousse, et ensemble, elles séparèrent les deux jeunes femmes.
- J'aurai ma revanche! menaça Kelly en s'éloignant.
- J'attends qu’à voir ça! hurla Tina, lorsqu'un cri retentit dans les airs.
Les deux guerrières s'étaient immédiatement placées de manière à couvrir la princesse et Alice, puis elles tirèrent les flèches de leurs fourreaux plus vite que l'éclair. Les cinq hommes semblaient surpris d'une telle résistance, mais ne laissèrent rien paraitre.
- Helena, on va être débordée ! hurla Shane.
- Laissez-moi et mettez-la à l'abri ! s'en mêla Alice.
- Il en est hors de question ! se défendit Bette.
- Cette beauté m'appartient ! lança celui dont la chevelure était d’un rouge flamboyant.
- A votre guise, votre Altesse, répondirent ses compagnons.
La bataille était vraiment très mal engagée pour les membres du peuple libre. C'est alors que deux magnifiques montures surgirent de nulle part pour les épauler.
Les flèches tirées par Carmen et Dana transpercèrent deux grecs, alors que Shane et Helena pourfendirent de leurs glaives le crâne d'un troisième.
Étrangement une flèche inconnue transperça à son tour les airs pour blesser au cou le dernier garde de leur prince, qui s'enfuyait en menaçant Bette et ses sœurs de toutes sortes de représailles.
- Poursuivons-le, il est inconcevable qu'on lui laisse la vie sauve ! retentit la voix de la jeune Tina.
- Négatif, ce serait entrer en guerre avec Athènes, tempéra Carmen, dont l'avis fut partagé par les autres guerrière.
Tina chercha à contester leur décision, lorsque son regard croisa le regard de Bette.
- Mais...
- Tina, ne t'ai-je pas enseigné nos coutumes?! la réprimanda Carmen intérieurement amusée.
- Euh... oui... excusez-moi votre Altesse, bredouilla-t-elle en descendant de cheval.
Bette avait senti les battements de son cœur s'emballer, au point d'en avoir le souffle coupé, mais dans sa dignité naturelle, elle sut mieux le cacher que la jeune guerrière.
- Si tu voyais ta tête ma pauvre, ria Dana en prenant Alice auprès d’elle.
Tina voulut se défendre, mais Bette lui prit le bras en la gratifiant de son plus beau sourire.
- Belle flèche Tina! Aurais-tu la gentillesse de me reconduire en ville s’il te plait.
La princesse voulait chevaucher avec elle, cela semblait plus qu'irréel à Tina, mais elle n'osa demander qu'on la pince, de crainte que tout ceci soit néanmoins vrai.
Ses genoux tremblaient tellement maintenant, qu'elle dût se rattraper à sa monture.
- Avec joie princesse, finit-elle par réussir à articuler.
Tina tendit sa main à Bette qui s'élança aussi agilement qu'un félin pour se placer derrière elle. Ce simple contact physique avait déclenché chez Tina des sensations inconnues, et voilà que la princesse posa ses mains sur ses hanches en se collant à elle, alors que les quatre cavalières lancèrent leurs montures au galop à travers champs.
Bette plaça son visage à la hauteur de celui de la jeune femme, prétextant vouloir admirer les vastes terres du peuple libre, alors qu’en réalité c'était pour s'enivrer du parfum de celle, qui éveilla tous ses sens.
Une telle proximité était insoutenable pour Tina, qui dût faire un effort surhumain pour garder le contrôle de sa jument. Et lorsqu'elle sentit le souffle de Bette près de son oreille, suivi d'un baiser brûlant dans le cou, elle se mordit la lèvre pour étouffer le râle de plaisir qui voulait s'emparer d'elle.
Lorsque les quatre magnifiques montures entrèrent, crinières flottant au vent, dans la ville de Themiscyra au soleil couchant, on aurait juré que c'était le char d'Apollon-Hélios lui-même qui venait à la rencontre du peuple libre.
Voyant Tina et la princesse ensemble, la pythie leva les mains au ciel, en récitant toutes les incantations qu'elle connaissait pour conjurer le mauvais œil, puis elle se précipita auprès de la reine.
- Majesté!... Majesté!... Je vous avais prévenue... Désormais le sort de notre peuple est scellé... Malédiction!... Malédiction!...
Jugeant inutile d'essayer de raisonner Jenny, Kitra sortit de sa tente pour voir de ses propres yeux l'étrange cortège venant vers elle. Elle fronça un instant les sourcils, mais tenta au mieux de ne rien laisser paraitre.
- Que c'est-il passe Shane?
La guerrière lui fit le récit des événements de manière précise et contrit, sans s'encombrer de détails narratifs, ce qui convenait parfaitement à la reine.