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Série : The L Word
Création : 27.10.2009 à 18h33
Auteur : Thea1
Statut : Terminée
Volupté, drame, intrigues, sensualité, batailles, sexe, trahisons, amour etc. sur un fond homérique
Cette fanfic compte déjà 42 paragraphes
La jeunesse de tout temps insouciante se croit invulnérable, toute puissante et éternelle, mais voilà, c’est justement pour ses qualités là, qu’elle se trouve sur les fronts de guerre, et investie de ses idéaux, au centre du malheur, indéniablement seule.
La princesse et la jeune guerrière, après avoir attaché solidement leur amie en hypothermie et en plein délire sur la jument, lancèrent Syna au galop vers Themiscyra, dont l’inséparable de Tina connaissait parfaitement le chemin, où elles savaient que Marina, Jenny et Kitra s’occuperaient d’elle.
- Le ciel devient plus clair, regardes Tina comme c’est beau, on en oublierait presque la tragédie qui vient de frapper mon peuple. Perdre Dana d’une maladie incurable, inconnue et foudroyante, c’est inacceptable. Une guerrière de sa trempe aurait dû mourir aux chants d’honneur d’une grande et significative bataille, pas comme ca… pas comme ca…
Tina se joignit à Bette qui s’était assise sur un tronc d’arbre mort.
- J’ai rarement vu Cassiopée et Andromède aussi flamboyantes que cette nuit, nos grandes reines du passé veilleront sur Alice et les enfants qu’elle porte, c’est forcé, jamais elles n’accepteront que quatre de nos sœurs arpentent les eaux du Styx en moins de trois jours en temps de paix.
La princesse lui sourit et Tina passa son bras autour de ses épaules pour lui insuffler sa force en murmurant doucement :
- Alice vivra… je te le promets… Alice vivra…
Lorsque Dana eut fini de plaider sa cause auprès des déesses s’ensuivit un long moment de silence. Nymphes, muses, sirènes et même les autres déesses se retirèrent peu à peu de la proximité du trône, sur lequel était toujours assise la reine de l’Olympe, le regard froid et impassible. La guerrière sentait la crainte qui s’était soudain emparé de l’ensemble des femmes présentes, mais téméraire, Dana resta debout face à la mère des dieux.
Devant tant de témérité, Héra, au lieu de piquer l’une de ses colères légendaires, éclata subitement de rire et fit signe à Dana de venir s’assoir à côté d’elle.
La dernière mortelle a avoir osé s’assoir sur le trône d’Héra avait été Europe que la reine avait transformée en vache pour avoir osé séduire son mari Zeus, mais Dana estimait n’avoir rien à craindre, puisque rien à se reprocher et accepta l’invitation de la déesse.
- Ta grandeur d’âme t’honore mon amie, nous toutes ici présente avons une dette envers toi et les tiens, et nous veillerons à la survie de ton peuple, tu as la parole d’Héra. Maintenant rejoins le sous-monde avec Perséphone, je m’arrangerais pour que tu puisses demeurer auprès d’elle lorsqu’elle reviendra dans ce jardin, le printemps prochain.
Ca avait été la nuit la plus angoissante de leur jeune vie, et en même temps cette nuit avait eu un goût d’infini pour Bette et Tina. Ca avait été comme un rêve et pourtant rien n’avait jamais été aussi réel, là-bas dans la forêt, alors que la nature avait revêtu son manteau de sommeil, elles étaient nées ensemble à l’éveil d’une vie qui défiait la mort elle-même.
La princesse ferma les yeux et se retrouva instantanément la tête contre le cœur de la femme qui faisait battre le sien. La lune argentée se reflétait dans ce regard, son regard, si intense que lors de leur rencontre. Tina avait sourit en murmurant « on ne vit qu’une fois » avant de se pencher vers elle pour ravir délicatement ses lèvres.
Tant de douceur en cette prometteuse guerrière, effrontée et farouche au combat, et tellement tendre lorsqu’elles se retrouvaient en cachette dans leur grotte, cette grotte que la déesse de la lune, la grande Artémis, leur avait offerte cette même nuit.
Soudés à jamais par un désir ardent, leurs corps en formèrent rapidement plus qu’un. Tina était son âme sœur, son tout, et qu’importe si l’univers entier allaient sans doute se liguer bientôt contre ça, cela n’y changerait rien, il y a des réalités qui dépassent la réalité elle-même.
- Alors Altesse, encore perdue dans vos pensées ?
- Excuse-moi Marina, mais je n’imaginais pas qu’une naissance pouvait prendre autant de temps. Comment fais-tu pour endurer cela à chaque fois ?
- Figures-toi que je me pose la question à chaque fois, mais lorsque je vois la petite tête d’une des merveilleuses petites sœurs se joindre à notre grande famille, alors je sais que les dieux m’ont confié l’une des taches les plus importantes qui existe sur terre. Mais viens, vois par toi-même.
- Tu veux dire que… ?
La voie de bête se tue, trop chargée en émotions. Elle suivit la nourrice qui lui montra deux nourrissons allongés dans un berceau.
- Je te présente Adonia et Kara.
Jamais la nourrice n’avait vu Bette aussi émue, alors qu’elle l’avait pourtant élevé, tout comme sa sœur, la reine, d’ailleurs.
- « Beauté » et « Pureté » je n’aurais pas choisis de noms plus appropriés. Et comment va la maman ?
- Alice va bien, t’inquiète pas pour elle, mais il va lui falloir beaucoup de repos pour récupérer ses forces et enfin s’occuper de sa famille.
Les crocus percèrent la dernière couche de neige et les journées se faisaient de plus en plus douces. Les jumelles s’épanouissaient telle la nymphe Chloris face à la douce brise du Zéphyr. Alice s’était levée pour la première fois depuis des mois pour emmener Adonia et Kara admirer les beautés d’un printemps nouveau. C’était étrange, elle qui avait pensé ne plus jamais trouver la force de vivre, s’étonnait maintenant que l’hiver n’était pas éternel, du moins pour ses filles, car en ce qui la concernait, Alice pris la décision de survivre uniquement par amour envers Dana, mais qu’on ne vienne surtout pas lui dire d’essayer de refaire sa vie.
Héra avait tenu sa promesse, Perséphone était de retour au jardin des Hespérides.
Un an passa et voici qu’était venu le jour le plus important de l’existence de Tina. Les guerrières du peuple libre s’étaient toutes rassemblées à l’ouest de Themiscyra où avaient lieu depuis l’aube des temps, les épreuves d’initiation que seules les plus fortes réussissaient.
La première épreuve était le tir à l’arc. Jenny apporta l’arc fait de deux cornes de chèvres attachées ensemble, un nerf de bœuf tenant lieu de corde. Kelly, l’éternelle rivale de Tina, banda l’arc la première et sans trembler décrocha une flèche qui se planta en plein cœur de la cible en peau de cerf, située à une centaine de pas.
- Kelly est vraiment douée, lança la reine à sa sœur encore plus tendue que les concurrentes elles-mêmes.
C’était au tour de Tina qui ferma un instant les yeux en pensant très fort à sa bien-aimée, bandit l’arc de toutes ses forces, et lâcha sa flèche qui vient se planter juste à côté de celle de Kelly.
- Qu’on recule la cible de vingt pas !
- Tu feras mieux d’abandonner, tu n’es pas de taille ma pauvre, dit Kelly après avoir une fois encore atteint la cible.
Tina ne répondit pas, elle savait pertinemment qu’elle n’avait encore jamais atteint une cible à cette distance. Elle pensa à nouveau très fort à Bette, et une fois encore, elle fit jeu égal avec sa rivale.
- Cela ne se peut pas, la Déesse ne peut laisser se produire une telle chose, murmura Jenny.
- Il faut un vainqueur à l’épreuve, reculez encore la cible de vingt pas !
- La princesse Antiobet sera mienne, et tu ne pourras rien y faire. Regarde !
Pratiquement sans effort, la flèche de Kelly atteignit une troisième fois la cible.
Tina se concentra un long moment, mais sa flèche rata la cible de peu et finit sa course dans les flots noirs du Thermodon. Une explosion de joie parcourut les rangs des guerrières, Kelly avait remporté la première épreuve.
- Bette qu’est-ce que tu as ? demanda Alice soudain inquiète devant le visage livide de son amie.
- Oh non, ne me dit pas que c’est Tina, la mystérieuse inconnue que tu pars voir en douce dans la forêt plusieurs fois par semaine, en prétendant me tenir compagnie.
La princesse baisse le regard sans répondre.
- Mais Bette, c’est de la folie, tu es promise à Kelly depuis toujours !
- Pour autant qu’elle réussisse les épreuves d’initiation.
- Elle les réussira haut la main et tu le sais bien. Je pensais te couvrir pour une amourette de jeunesse, mais pas avec Tina, l’unique femme de tout le peuple libre que Kitra t’a explicitement défendu de fréquenter en dehors des cérémonies officielles.
- Tu crois vraiment que c’est un caprice pour m’opposer à la prêtresse ou à ma sœur, tu crois vraiment que j’ai choisi délibérément de tomber amoureuse de l’unique qui me sera à jamais interdite ! s’emporta Bette, en prenant néanmoins garde de ne pas hausser trop la voix.
Alice secoue la tête en se concentrant sur la seconde épreuve qui se déroule sous leurs yeux, une course à cheval.
Les amazones avaient pour leurs montures une véritable dévotion, prétendant avoir été les premières à domestiquer le cheval. Elles montaient leurs juments à cru, sans les atteler à des chars comme les autres peuples de leur époque.
Kelly comptait déjà comme étant la meilleure cavalière qu’il n’y ait jamais eu parmi le peuple libre, mais Tina ne s’avouerait pas vaincue pour autant.
- Seules les balises de parcours vous donneront des indications sur le trajet et les obstacles à surmonter, alors un conseil, restez particulièrement attentives et ne pensez pas trop vite à la victoire, dit encore Jenny s’apprêtant à abaisser son bâton de cérémonie pour donner le signal de départ.
- Je te reverrai à l’arrivée ! lança Kelly avec un mauvais sourire.
- Je t’y attendrai ! répondit Tina fièrement.
Elle caressa l’encolure de Syna qu’elle sentait aussi tendue qu’elle, comme si sa jument était consciente de l’enjeu pour l’avenir même du peuple libre dont dépendait cette course.
- Je compte sur toi mon inséparable, nous devons l’emporter !
La grande prêtresse abaissa son bâton, Tina et Kelly s’élancèrent sous le rugissement incessant de la foule rassemblée.
Elles traversèrent d’abord une longue étendue de rochers blancs et gris, battue par les vents, qui longeait la falaise, avant de s’enfoncer dans l’épaisse forêt. Kelly écumait de rage de ne pas réussir à distancer Tina et le faisait savoir à sa jument l’excitant de son fouet et de sa voix.
Une poussière noire montait autour d’elles, comme un nuage annonciateur d’orage. La progression se faisait de plus en plus difficile. Constamment, elles étaient griffées par les ronces et les épines, et leurs deux montures commençaient à s’essouffler.
- Ecarte-toi ! hurla Kelly.
- Pas question !
- Tu l’auras voulu !
Kelly s’approcha plus près de Tina pour la cravacher, mais celle-ci parvint à saisir le fouet des mains de sa rivale et tira de toutes ses forces pour la déséquilibrer. Emportée par sa monture, Kelly perdit l’équilibre, ce qui laissa le temps à Tina de s’imposer sous les cris des guerrières.
- Elle a triché. Tout le monde a pu voir qu’elle m’a frappée !
- N’importe quoi, c’est toi qui as voulu me frapper, je n’ai fait que me défendre !
- Cela suffit, Tina a remporté la course. Que la volonté de la grande déesse soit respectée, vous vous présenterez toutes deux devant elle, intervint Kitra avec autorité.
Jenny se tourna vers Tina en lui murmurant tout bas :
- Tu regretteras ta victoire, crois-moi tu la regretteras.
Toutes les guerrières s’étaient retrouvées dans le temple de la Déesse-mère, qui, à la différence du temple de Themiscyra, était un temple en pierre, bâti à ciel ouvert, au cœur même de la forêt.
- Que les postulantes s’avancent ! s’écria Jenny.
Personne ne savait en quoi constituait la dernière épreuve d’initiation, on parlait de mutilations, de souffrance qui dépassait les limites humaines, ce qui n’empêcha pas Kelly et Tina d’obéir immédiatement.
- Prenez ces feuilles de laurier, mâchez-les lentement.
Elles s’exécutèrent en silence. Très vite, Tina se sentit comme étourdie, la peur la prit un instant, l’avait-on empoisonnée, mais la sensation se transforma, elle avait subitement comme l’impression de flotter dans les airs et d’y reconnaitre les nymphes et le visage de la déesse de la lune.
- O grande déesse, reine bénie des cieux, mère de tout ce que porte la terre, source de toute vie, vois ces deux postulantes qui se présentent devant toi pour t’offrir ce qu’elles ont de plus précieux, plus précieux même que leur vie. Procédons au sacrifice ! commanda la prêtresse.
On amena les deux montures et Jenny tendit un glaive couvert de sang séché à Tina.
- A toi de commencer !