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Série : The L Word
Création : 01.03.2010 à 07h36
Auteur : mjo15
Statut : Terminée
saison 2 2pisode "lacheté" si l'accident de voiture avait été....
Cette fanfic compte déjà 45 paragraphes
Los Angeles
Shane se réveille un peu groggy, la nuit avait été longue, boîte de nuit, avec Carmen aux platines, elle l’avait ramenée à la maison après la soirée, et le reste de la nuit s’était avérée court, Carmen se montrant plus que gourmande et dans une forme olympique. Reprenant peu à peu pied dans la réalité, elle se tourna et embrassa tendrement la jeune femme dormant à ses côtés. Son regard se porta sur le dessin à l’encre de chine que Bette lui avait offerte. Elle se souvenait de ce samedi-là. Le lendemain du départ de Bette , Kit à la demande de sa soeur les avaient réunies chez Bette. En entrant chacune fut surprise de voir les murs nus, chaque meuble de la pièce était recouvert d’une housse blanche, elles comprirent vite que la propriétaire avait déserté les lieues. Sur la table de la pièce principale étaient posé différents paquets, une enveloppe désignant à chacune le présent de leur amie.
C’est dans un silence religieux, que Shane et les autres ouvrirent les mystérieux paquets. Celui de Shane était une esquisse à l’encre de chine, dans un cadre en métal chromé, il représentait un étang un peu brumeux, près du bord, un cygne noir d’une grande majesté semblait flotter sur l’eau, Il émanait de cette image une grande sérénité. Sur un bristol, écrit à la machine : “Le vilain petit canard est devenu le plus beau des Cygnes”, il portait la signature manuscrite de Bette. Ce cadeau la toucha en plein coeur, pour une fois, elle sentie les larmes lui piquer les yeux. La toile de Dana était plus grande, c’était une toile à l’aérographe, hyper réaliste, elle représentait une jeune femme, sportive levant une coupe, rayonnante de joie, sur le bristol, Dana pu lire “ Bats toi, la victoire viendra, et surtout prend soin d’Alice.”
À cette lecture, Dana regarda Alice avec une infinie tendresse et murmura silencieusement : je te le promets.
Le paquet pour Alice était lui aussi d’assez grande dimension, Alice l’ouvrit rapidement et resta sans voix. Le tableau représentait la “Toile” qu’Alice avait derrière son bureau, mais cette représentation était un peu particulière, chaque nom et chaque ligne étaient stylisés dans une typographie différente en collage de différentes matières, papier, lamelle de bois, morceau de miroir et carton, le tout faisant un ensemble coloré, et joyeux. Shane, Carmen et Dana se rapprochèrent d’Alice pour admirer cette magnifique oeuvre.
C: Wouah ! Alice c’est splendide.
S: Et tu vas le mettre ou ?
D: On va décrocher nos croûtes.
Alice lue le bristol, et des larmes montèrent à ses yeux.
A: M...., Bette pourquoi es-tu partie ?
Kit déplia doucement son cadeau, il y avait enveloppé dans du papier de soie les aquarelles de la mère de Bette, le petit mot disait ; je te les confie, elles sont mon bien le plus précieux en dessous Bette avait rajouté un mot manuscrit : “je reviendrai”.
Paris
La première semaine fut éprouvante. Bette était perdue et son Français un peu rouillé. Chaque jour apportait son lot d’incident qui la déstabilisait davantage. Avec l’aide de Marina, elle s’accrocha et doucement pris le rythme. Tous les matins, Marina l’accompagnait à l’institut, les matinées étaient réservées à l’apprentissage du braille, et une partie de l’après -midi à “s’inscrire” dans l’espace. Elle apprenait ainsi à éviter les nombreux pièges de la vie courante pour les non-voyants. Elle apprenait à “voir” avec ses autres sens, comment découvrir un visage avec ses mains, écouter avec concentration et déterminer une position, une taille chez les uns et les autres, sentir et reconnaître chaque personne dans une pièce. Goûter et découvrir les aliments. Sa vie assez routinière et bien remplie ne lui laisser pas le temps de penser à son avenir qu’elle savait incertain. C’était une vie sans lendemain.
Bette avait fini sa cession, elle emprunta le couloir de la sortie quand une voix qu’elle connaissait bien l’interpella, c’était un des professeurs.
P: Bette, il y a une cession découverte de la sculpture, ça t’intéresse ?
B c’est quand ?
P: Maintenant
B : Non, je ne peux pas, Marina doit m’attendre.
P: va y, je pense que tu vas aimer, je préviens Marina et après je te raccompagne, quand penses-tu ?
Bette encore un peu hésitante
-Ok c’est ou ?
P- Salle 4.
Bette se dirigea vers la salle 4, elle connaissait les lieux par coeur et toutes les salles portaient le numéro en braille. Elle frappa et ouvrit la porte.
B: Bonjour, c’est la salle de sculpture ?
Un homme assez grand -selon Bette- se dirigea vers elle, lui prit le bras et la conduisit près d’un tabouret.
H: Bonjour, mon nom est Stéphane. Asseyez vous, je vous apporte le matériel.
B: le matériel ? la surprise se devinait dans sa voix.
S: oui, je vous initie à la sculpture, ça vous tente.
B: sans rien voir, je ne suis pas certaine que le résultat soit joli, joli.répondit -elle avec un grand sourire.
S: - Vous allez être surprise, bon je vous montre.
Il se plaça derrière elle et lui prit les mains les guidant vers une matière douce et humide.
Il sentait bon et semblait un peu plus grand qu’elle, elle sentait le souffle de cet homme sur son cou. Cette proximité la gênait, elle se déplaça légèrement augmentant ainsi la distance.
S: - si vous vous écartez trop de moi, je ne pourrai pas vous guider.
Il se rapprocha.
S: pas de panique, je ne chasse pas la gente féminine, mon type c’est plutôt le mâle avec tablette de chocolat
lui sussurat-il à l’oreille.
B: Donc aucune concurrence !
Ils éclatèrent de rire à l’unisson et se remirent au travail. Elle n’avait pas vu passer les heures, ce travail l’avait totalement absorbée et pour la première fois depuis longtemps elle était sereine et en paix.
Depuis lors, Bette travaillait chaque jour des heures entières, Stéphane l’a raccompagnée et restait souvent dîner le soir, ils parlaient de tout et de rien, et la plupart du temps, ils discutaient d’art jusque loin dans la nuit. Marina regarda Bette et sourit. Il faisait nuit, on était au mois de mai, l’air était doux, la ville lumière scintillait et Bette revivait... un peu.
Bette est donc bien installée dans cet avion qui la ramène chez elle.
Finalement, l’éloignement lui a fait le plus grand bien ,même si, au départ, elle pensait ne jamais revenir. Elle était dans un tel désespoir!
Marina l’a beaucoup aidée ainsi que toutes les personnes qu’elle a fréquentées. Elles se conduisaient avec elle d’une façon naturelle!
Elle se sent bien dans sa peau. Elle a retrouvé la paix intérieure, la sérénité.
Elle n’a qu’un regret: ne pas avoir pu profiter des merveilles de Paris!
Dans quelques heures, elle sera de retour aux U.S.A.!
Un mystérieux sourire illumine son visage: « oh! Tina, mon amour, être en toi encore une fois, une fois seulement, ce serait un tel bonheur!!! »
Elle n’est pas seule dans cet avion.
Stéphane l’accompagne. Il a envie de faire reconnaître son travail de sculpteur à l’étranger.
Bette vient de lui en fournir l’occasion.
Stéphane : si tu profitais de ce long vol pour me parler un peu de tes amies laissées à Los Angelès, de ta maison, du travail que tu effectuais là-bas, de ta grande sœur, de Tina et, surtout, des circonstances exactes qui ont entraîné cet accident.
Bette: Kit est propriétaire d’un bar très fréquenté. Je l’aime beaucoup. Je lui avais promis de revenir un jour. C’est ce que je suis entrain de faire mais, je ne l’ai pas prévenue, ni personne d’autre d’ailleurs!
Ensuite vient Alice . Nous étions ensemble quelques temps puis nous sommes devenues de grandes amies. Elle était en couple avec Dana, joueuse de tennis réputée. Je dis ‘’était’’ car je ne sais rien d’elles depuis ma fuite en avant.
Puis, ma préférée, Shane que je considère comme ma petite sœur. Elle me connaît très bien .Nous nous comprenons à demi-mots. Elle a une grande expérience de la vie, ne la surnomme-t-on pas ’’maître Yoda’’? Elle vivait avec Carmen.
Quant à Tina, des larmes lui montent aux yeux, je ne sais pas si je vais avoir le courage de t’en parler. La douleur est encore tellement vive au fond de moi!!!
Je l’ai perdue et tout est de ma faute!
Stéphane : Bette, n’oublie pas que tu as décidé d’entreprendre ce voyage avec la ferme intention de la reconquérir!
Quand nous avons quitté Paris, tu te sentais assez forte pour tout affronter! Ne panique pas maintenant, ne baisse pas les bras! Ton amour est là, tout près! Mets les choses au clair dans ton esprit une fois pour toutes et va de l’avant!
N’aies pas peur de me raconter, ne suis-je pas ton ami, ton confident?
Tina et moi, nous nous aimions depuis huit ans. Nous menions une vie de couple idéale : beaucoup de tendresse, d’amour entre nous, des nuits de folies, des voyages superbes… Nos amies nous admiraient, nous enviaient cette longévité.
Mais il nous manquait quelque chose pour que notre bonheur soit total : un bébé.
Tina s’est trouvée enceinte, malheureusement, la grossesse n’est pas allée à son terme! Tina a perdu le bébé.
C’est à partir de ce jour là que tout est allé de mal en pis. Nous n’avions plus rien à nous dire. Ce n’étaient que disputes incessantes pour des futilités.
Tina s’éloignait peu à peu…
Et moi, j’avais des soucis au musée. J’étais stressée, angoissée. La perte du bébé m’avait beaucoup affectée.
J'ai cédé à la tentation! J'ai trompé Tina avec Candace!
Elle ne me l’a jamais pardonné. Puis, un avocat s’est mêlé de notre histoire et a réclamé la séparation…
Tina n’a rien trouvé à redire à cela!
C’est en sortant de cette réunion désastreuse , complètement anéantie, je venais de tout perdre, que l’accident s’est produit. Je roulais trop vite, les yeux brouillés par les larmes, j’ai raté un virage.
Je t’épargne les jours de souffrance, clouée sur ce lit d’hôpital, l’effroi ressenti en apprenant que j’étais aveugle, que je ne pourrais plus admirer les tableaux, les couchers de soleil, les visages, les oiseaux…
J’étais infirme, dépendante de tout le monde!