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Série : The L Word
Création : 16.09.2011 à 18h04
Auteur : Thea1
Statut : Terminée
Fiction indépendante (Merci de ne pas publier sans autorisation)
Cette fanfic compte déjà 111 paragraphes
La minute qui suivi fut sans aucun doute la plus longue de sa vie. Tout défila au ralenti devant ses yeux, alors que son cœur tambourinait dans sa poitrine d'un son sourd menaçant de faire exploser ses tympans.
Sa princesse guerrière d'une foulée rapide atteignit la voiture, dont la portière s'entre-ouvrit lentement.
Comment avaient-ils pu lui faire endurer pareilles blessures, à elle, la personne la plus douce et aimable qu'elle n'avait jamais rencontrée?
Niki serra machinalement ses poings avec l'intention sauvage de cogner Dylan et sa femme comme sur un ring de boxe.
Un rayon de soleil se refléta dans un objet métallique et l'aveugla dans sa course vers l'avant.
Le son de la détente retentit telle une explosion contre la roche et la vallée entière lui fit écho.
Cassandre cria à en cracher ses poumons, bien qu'aucun hurlement quitta sa poitrine en feu.
La balle lancée pratiquement à bout portant fit exploser sa clavicule en traversant son épaule de part en part. Elle fut stoppée dans sa course par cette douleur d'une violence inouïe, avant de tomber à genou sur le bitume devant le canon désormais pointée sur sa tempe.
L'ironie de la Guerre de Troie se déroula une nouvelle fois devant les yeux de sa pythie incomprise. Les dieux une nouvelle fois se moquaient de la belle Cassandre en lui arrachant le cœur par les yeux, l'obligeant à regarder son amour suivre Hadès dans le Tartare.
Elle arracha la porte de l'hélicoptère pour rejoindre sa dulcinée, car même dans la mort, elle se refusait de l'abandonner.
Comment avait-elle pu être aussi stupide et penser pouvoir arrêter Dylan et Françoise sans l'aide de la police? La douleur dans son bras n'était rien en comparaison de celle de son cœur. Elle venait tout juste de trouver l'amour de sa vie et voilà qu'il faudrait déjà la quitter. Niki se maudit intérieurement de temps de bêtise.
Le rotor tournait toujours, pourtant le pas léger qui s'approchait d'elle ne lui échappa pas. Tout en elle voulut hurler à Cassandre de retourner vers l'appareil, mais elle comprenait que trop bien que son âme sœur ne faisait que ce qu'elle aurait elle-même fait, si la situation avait été inversée.
- Après tout, c'est un passage obligé.
Un sourire naquit sur ses lèvres, comme si elle pouvait déjà entrevoir l'éternité passée auprès de Cassandre.
Dans une parfaite quiétude, elle leva les yeux vers son agresseur, en un ultime défi.
Dylan ne s'attendant pas à devoir l'abattre yeux dans les yeux, hésita une fraction de seconde, alors que l'auteur à qui ils avaient volé les idées arrivait déjà à leur hauteur.
Il appuya sur la détente.
Des dizaines de flashs défilèrent devant les yeux de la guide de montagne, et tous étaient en rapport avec le regard émeraude qui avait transformé son existence pour quelques jours. Quelques jours qui valaient bien plus que les trente ans qui avait précédé.
Un dernier « je t'aime » passa ses lèvres en même temps que retentit un cri, et son corps s'affaissa sur la chaussée.

Chapitre 40
La brûlure sur la tempe à laquelle elle s'attendait n'arriva jamais.
Les cris s'intensifièrent, d'une voix bien trop basse pour être celle de Cassandre et des grognements se mêlèrent au vacarme ambiant, puis tout s'enchaina très rapidement.
- Saloperie de chien, vas-tu me lâcher!
Mais les crocs de Vodka s'enfoncèrent encore plus profondément dans son avant-bras. Sous la douleur tout son corps fut entraîné vers la rambarde du pont. Dylan tenta de précipité le husky dans le vide.
Pendant ce temps, Peter avait redécollé avec l'intention, qu'importe les conséquences qu'il encourrait, de poser l'hélicoptère sur le toit de la voiture.
Cassandre observa son amie d'enfance sortir à son tour de l'habitacle et se mettre à courir en ses inverse.
- Oh que non, tu ne vas pas t'en sortir comme ça ma jolie!
Malgré sa foulée encore chancelante depuis la perte de ses quelques orteils, elle arriva rapidement à la hauteur de la femme totalement désorientée.
Niki se ressaisit rapidement et plongea dans les jambes de Dylan qui en tombant lâcha son arme par-dessus le parapet.
- Personne ne touche à mon chien impunément!
Et son poing s'abattit sans retenu sur Dylan qui perdit connaissance, alors qu'à une centaine de mètres sa belle faisait subir le même traitement à Françoise
Les eaux turquoises de Corse plongèrent dans les eaux arctiques glacées au chant des sirènes.
Leurs souffles se mêlèrent un sourire sur les lèvres, alors que Peter alla au devant des policiers.
La vie s'était arrêtée l'espace d'un battement de cœur, et voilà qu'elles contemplaient main dans la main l'aube de la Création divine elle-même.
- Je t'aime !
Ces mots jaillirent simultanément de leurs deux âmes enfin réunies. Niki enroula ses bras autour de Cassandre dans une étreinte puissante, lui glissant à l'oreille:
- Et si on rentrait?
Une main frôla le trou dans son épaule que la balle avait traversée et dont les saignements s'étaient arrêtés.
- Oui, rentrons.
Peter les ramena au chalet pour la veillée de Noël à bord de l'oiseau de fer qui avait bien combattu, sans se prendre trop de rayures, laissant les policiers à leur paperasse qui allait certainement les éloignés de leur famille juste tard dans la nuit.
Chapitre 41
L'odeur de cannelle et de pain d'épice emplissait l'auberge. Le sapin, décoré de milles feux, trônait majestueusement près de la cheminée.
La table était recouverte d'une nappe de fête, et les chandeliers se reflétèrent dans l'argenterie que Elena n'avait plus ressortis du vaisselier depuis la mort de son fils.
Martha l'aida à plier les serviettes, alors qu'elle ajouta encore quelques chocolats par-ci par-là. Jamais elle n'aurait pensé pouvoir débordée à nouveau autant de joie, mais la vie lui rendait enfin ce qu'elle lui avait pris.
Son cœur de mère avait été malmené tout au long de la journée, ressentant malgré elle le drame qui se déroulait dans la vallée.
Après que Peter ait déposé les filles, il ne lui épargna rien des événements survenus, ce pourquoi elle lui était reconnaissante, car inutile de compter sur sa têtue de fille pour ça.
Elle avait obtenu de Niki le droit de désinfecter la plaie, mais ça s'arrêta là.
Une prière de reconnaissance se fraya un chemin dans son esprit. Ses filles étaient rentrées saines et sauves.
- Mes filles, dit-elle à voix haute comme pour savourer toute la profondeur de ce sentiment nouveau.
Les convives étaient attendus pour dix-neuf heures et il restait encore beaucoup de travail.
Seul une poignée de clients étaient restés pour Noël, ce qui lui laisserait tout le loisir de passer la soirée avec sa famille.
- Hé toi, le Cerbère, tu as faim?
Vodka redressa les oreilles, avant de bailler et de la suivre docilement en cuisine.
Niki se sécha les cheveux en rejoignant sa chambre. Là, Cassandre l'attendait, allongée nue en travers du lit. Elle sentit le désir monter au creux de ses reins, avant même que leurs regards se croisent.
Comment pouvait-on ressentir pareil bonheur et quelle divinité avait pu permettre que quelqu'un comme elle l'aime autant. Ce regard et ce sourire lui étreignirent le cœur.
- Quoi, qui a-t-il?
- Tu es tellement belle.
La jeune femme blonde en eu le souffle coupé, alors que son amante se glissa tel un félin le long du lit.
Instinctivement elle écarta ses jambes pour lui laisser de la place.
La tension sexuelle entre elles deux était à son apogée et Cassandre déglutit avec peine en passant sa mains dans l'épaisse chevelure encore humide.
Elle entre-ouvrit les lèvres, mais Niki se contenta d'effleurer sa bouche de sa langue. Un gémissement plaintif monta de sa gorge, puis elle retira la serviette entourant encore le buste de sa compagne d'une main tremblante, avant de glisser le long de son sternum et d'effleurer le pourtour de ces globes qui la fascinaient.
Son héroïne titilla de sa langue ses tétons avant de se frayer voluptueusement en chemin vers son antre secrète.
Nul geste ne fut appuyer, tout était tenu en équilibre, avec légèreté, au grand damne de la belle blonde soudain menacée de combustion spontanée.
L'alpiniste d'habitude si rude, se complaisait subitement dans une douceur qui la poussa à goûter chaque parcelle de peau qui s'offrait à elle, avant d'apaiser sa propre soif du délicieux nectar de sa compagne, dont le corps décolla dans un orgasme fulgurant, alors qu'elle cria son nom.
Alors qu'elle essaya vainement de reprendre le dessus sur son corps tremblant de toute part, Niki finit par remonter le long de son corps pour venir lui donner un long et puissant baiser.
Cassandre bascula le corps de sa moitié sur le dos, s'empressant à lui faire subir le même traitement.
- On va être en retard pour la fête, protestèrent les yeux bleus, sans grande conviction.
Peter, en parfait gentleman déboucha le traditionnel « bleu nuit* » et le versa dans les coupes à champagne. Martha et Elena avaient abandonné leurs tabliers pour de ravissantes robes et tante Gabrielle semblait tout droit sortie d’un tableau de Renoir.
A son deuxième verre, Peter faillit s’étouffer, et les trois femmes se retournèrent sur le couple qui, main dans la main, faisait son entrée.
- Cara mia, avec cette tunique bleu cousue de fil d’or, on dirait…
- une impératrice, finit Martha pour sa mère.
Tante Gabrielle attira la compagne de sa petite-nièce dans une étreinte chaleureuse et lui glissa à l’oreille :
- Avec cette coiffure tressée et cette robe, tu aurais remporté la victoire pour les troyens à toi toute seule.
Elles rougirent devant tant de compliments, avant de se replonger, à la demande de tous, dans le récit de leur rencontre.

*Vin mousseux du canton de Vaud
En fin de repas, le téléphone sonna.
- Quelqu’un qui parle anglais pour toi.
Vingt minutes plus tard, la petite fille qui gribouillait dans son journal était définitivement l’auteur d’une série télévisée promise à un riche et célèbre avenir.
- Et toi qui avait peur que Niki ne trouve pas un bon parti, ne put s’empêcher de lancer tante Gabrielle à Elena en riant.
A la sortie de la messe de minuit, la grande femme demanda à son acolyte de partager sa vie.
- Qu’importe le lieu et qu’importe l’endroit.
Des lèvres trouvèrent leur chemin sur les sienne, à en faire rougir les villageois et les touristes présents.
Puis sous la bénédiction céleste qui par ses flocons de ouate s’invita à la fête, la poétesse glissa un parchemin dans la main de son autre.
T’aimer toujours plus fort
Jusqu’à mon dernier soupir
T’aimer toujours encore
Pour le meilleur et pour le pire
T’aimer toujours plus fort
Jusqu’à mon dernier soupir
Oui, t’aimer plus fort
Oui, t’aimer encore
C’est là tout mon désir
Epilogue
Trois mois plus tard, elles filaient toujours le parfait amour. Pour faciliter le travail de chacune, elles s’étaient installées dans un deux pièces mansardée à Interlaken.
Ainsi Niki était rapidement aux pieds de ses montagnes et Cassandre faisait les trajets vers la capitale pour son poste de libraire qui venait compléter son bonheur.
Ce soir, c’était la cérémonie de clôture du « Snow Festival ». Des dizaines d’artistes étaient venues des quatre coins du globe pour exposer leurs œuvres sculptées dans la glace.
Cassandre ne savait plus où regarder, tellement c’était beau, sans oublier les éclairages jaune, rose, vert et bleu qui augmentaient la féérie et l’enchantement.
Une sculpture attira soudain son attention, il s’agissait d’un visage de femme qui ressemblait trait pour trait à son propre reflet dans un miroir.
- Chérie… j’ignorais que… c’est magnifique, je… comment… ?
- Je connais tellement ton visage, que j’aurais fait tout aussi bien les yeux fermés.