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Série : The L Word
Création : 16.09.2011 à 18h04
Auteur : Thea1
Statut : Terminée
Fiction indépendante (Merci de ne pas publier sans autorisation)
Cette fanfic compte déjà 111 paragraphes
Chapitre 22
Les touristes qui faisaient les boutique dans la plaine, coincés par le mauvais temps, s’imaginaient-ils en regardant le voile opaque qui englobait les trois grands, qu’une jeune alpiniste y suivait un chien-loup en courant dans la neige comme s’il s’agissait là, de sable blanc d’une plage paradisiaque de Grèce ?
Ca faisait une heure que Vodka était sortie à la recherche de sa maitresse, et Cassandre commençait sérieusement à s’inquiéter.
L’absence de la guide de montagne la faisait plus souffrir que ses blessures qui s’étaient une nouvelle fois réveillées avec force. C’était étrange de se dire qu’on ne pouvait déjà plus imaginer la vie sans la présence d’une personne qu’on ne connaissait pas trois jours plus tôt.
Sans doute était-ce ceci qu’on appelait « coup de foudre ». Cette pensée, mêlée aux images qu’elle gardait de la tempête de glace qui faisait rage dehors, lui apparut fortement ironique, et malgré ses douleurs et son inquiétude, elle ne put réprimer un sourire sincère.
Un bruit sourd l’arracha soudain à ses pensées. Elle entendit la fenêtre se fracasser sous le poids conséquent d’un objet, ou plutôt d’une personne qui s’écrasait lourdement sur le sol de l’antichambre qui donnait sur l’extérieur.
Niki apparut sur le seuil de la porte enveloppée dans une couverture blanche, alors que son visage était rouge pivoine dû au froid et à l’effort. Sans oublier ses cheveux qui étaient en proie à la neige et aux glaçons.
- Ma parole, on dirait le Yéti ! ne put s’empêcher de lancer en riant Cassandre.
- Ouais, et ben le Yéti il n’a pas eut son petit déjeuner, alors prends garde, retentit la réponse tout aussi enjouée.

La couverture tomba à ses pieds, alors qu’elle s’approchait tel un félin vers le lit ou se trouvait toujours la blonde.
D’un regard espiègle elle fit monter la tension qui planait déjà dans la pièce, avant de poser un genou à terre et de poser ses mains gelées sur les joues brulantes de Cassandre pour l’embrasser de toutes les passions de son âme.
Le feu qui les consumait toutes deux était si intense qu’elles durent se faire violence pour ne pas aggraver une nouvelle fois les blessures de Cassandre.
Ceci dit, d’être limitées dans leurs attouchements, et de ne pouvoir se servir que de leurs lèvres et de leurs langues pour s’exprimer accroissait de manière exponentielle leur plaisir.
L’intensité croissante qu’elle ressentit entre ses reins, obligea Niki à se rattraper aux boiseries du lit pour ne pas tomber.
- Wouah, on m’avait dit en Inde qu’on pouvait atteindre l’orgasme d’un simple baiser, mais…
Cette réflexion inattendue provoqua en Cassandre une sensation de bonheur intense.
Ne sachant quoi répondre, elle se contenta de faire une place à ses cotés, afin que Niki se réchauffe contre son corps.
Chapitre 23

- Jamais personne ne m’avait écrit de poème, c’est bien trop beau. Mais dis-moi, je croyais qu’Aphrodite était genre blonde bimbo, portant des vêtements extravagants, quand elle en porte, dans un décor rose bonbon ?
Cassandre étouffa son rire dans le creux de l’épaule de la grande brune avant de l’embrasser avec douceur.
- Peut-être pour les anciens, mais pour moi elle est grande, athlétique, ténébreuse, incroyablement belle, et elle a un regard azur pour lequel je serais prête à me damner.
- Je t’aime.
Cet aveu, simple et sincère, avait passé les lèvres de Niki sans crier gare. Quand avait-elle d’ailleurs utilisé ces mots la dernière fois ?
A Jo, ça ne se faisait pas, même si tout deux le savait. Le savait-il ?
A sa mère lorsqu’elle était petite fille, puis avec la mort de son frère ainé, il avait été trop tard pour cela.
Ne restait que Mamouchka, mais ce n’était pas pareil. Mamouchka ?
- Alors comme ça, tu es auteur ?
Cassandre secoua négativement la tête :
- Non, ce n’est pas assez bon ce que j’écris, c’est juste pour moi et quelques connaissances qui s’efforcent de lire mes mails de nouvelles.
Visiblement la belle blonde avait une aussi mauvaise image d’elle-même que ce qu’elle avait pour soi. Des larmes vinrent inonder les yeux opales, alarmant la gardienne.
- Mon Dieu, tu as mal, je vais te chercher quelque chose.
- Non ce n’est pas ça, sanglota Cassandre, se blottissant comme une enfant dans les bras puissants de la guide.
Niki déposa plusieurs baisers sur son front en la berçant avec beaucoup de douceur. Puis elle comprit enfin le désarroi de la jeune femme, elle fit signe à sa chienne et l’envoya chercher le journal.
- Mon amour, ne pleure pas, il n’est pas perdu, Vodka la retrouvé dans la neige, en même temps que toi.
Cassandre leva les yeux rougis, contemplant incrédule son bien le plus précieux. Elle tendit sa main valide vers l’étui en cuir, avant de plonger son visage dans le doux pelage du husky.
- Plus fort qu’un Cerbère ma belle, à la différence que toi, c’est mon paradis que tu gardes.
Devant le froncement de sourcil de Niki, Cassandre songea avoir dit une bêtise, mais visiblement ce n’était pas elle qui avait provoqué cette réaction sur le visage de sa bien-aimée.
- Que se passe-t-il ?
Niki se leva sans répondre pour tenter une nouvelle fois de faire fonctionner la radio. Frustrée, elle pesta contre la densité de la tempête qui ne semblait pas vouloir s’atténuer, même pour un court laps de temps, de quoi permettre une brève communication radio.
- Penses-tu être assez bien pour te placer près du poste radio quelques temps ? Je vais essayer de rediriger l’antenne pour tenter de capter la station.
Niki voulait-elle soudain se débarrasser d’elle ? Une crainte déraisonnée s’empara soudain de Cassandre, se levant malgré tout pour se diriger péniblement vers le poste de radio.
- Attends, je vais t’aider voyons… Que ce passe-t-il, pourquoi tu trembles ?
Leurs regards se croisèrent pour y voir, comme dans le reflet d’un miroir, leurs propres craintes.
- Hé, je n’ai jamais dit ces mots, à personne, mais pour toi je veux bien les redire et les redire encore, je t’aime, et aussi longtemps que tu le voudras, je serais à tes cotés,… et même au-delà…
La grande femme se pencha pour ravir une nouvelle fois les lèvres de Cassandre d’une tendresse qu’elle-même ignorait avoir.
Chapitre 24
On se serait cru à la tombée de la nuit, bien qu’il ne fût que deux heures de l’après-midi.
Pourtant un coup d’œil vers le glacier permettait de constater que les rayons de soleil étaient en train de se frayer un chemin à travers les nuages, la tempête perdait en son intensité.
A travers le grésillement de la radio, quelques sons de voix parvenaient maintenant aux oreilles de Cassandre qui tentait de capter la fréquence que Niki lui avait indiquée.
- Oui… ici tante Gabrielle… j’entends mal…
Ce prénom comme surgit d’un autre temps la laissa quelques instants muette.
- … Mamouchka… c’est vous… ?
- Qui êtes vous ?... Où est Niki ?...
Cassandre fit signe au husky d’aller chercher sa maitresse, qui avait une nouvelle fois grimpé sur le toit pour y renforcer l’antenne radio par une plaque métalliques et quelques bouts de câbles cuivrés.
- Je suis Cassandre, une amie de votre petite nièce.
Instinctivement la vieille dame comprit que la présence d’une seconde personne au refuge cachait un mystère en soi. Elle se leva de son poste pour fermer la porte de sa chambre.

Issue d’une famille de guides et de passionnés de la montagne, elle avait toujours participé à la coordination des secours.
Aussi lorsqu’il fut temps de prendre sa retraite, on lui avait laissé son poste de radio, qu’on avait exceptionnellement installé dans sa petite chambre d’un foyer très chic.
Tous les natifs de la station la connaissaient sous le nom de « tante Gabrielle ».
Cassandre expliqua rapidement, au milieu des parasites, son accident et comment Niki lui avait sauvé la vie.
Il y avait bien eu trois personnes coincées par une coulée de neige à l’arrivée de la tempête, mais les secouristes les avaient rapatriés sains et saufs à l’aide de leur traineaux. Hormis cela, personne ne s’était aventuré dans le massif et les demandes de secours s’étaient arrêtées à quelques bras et jambes cassés dues aux plaques de glaces qui recouvraient la chaussée.
L’évidence frappa la jeune femme de plein fouet : Ses amis, Françoise et Dylan n’avaient pas informé la station de sa disparition.
- Pourquoi ?... Pourquoi ils ont fait ça ?...
Ses yeux opales se remplirent de larmes, alors que la grande jeune femme entrait dans la pièce.
Niki comprit immédiatement que ses suppositions étaient sur le point de se vérifier. Comment avait-on pu faire autant de mal à une âme aussi pure ?
Sa colère ne fut supplantée à ce moment là que par un nouvel élan de tendresse pour la belle blonde. Elle consola Cassandre dans une puissante étreinte avant d’échanger elle-même quelques mots avec Mamouchka.
Chapitre 25
Cassandre fut prise d’une fièvre brûlante dans la soirée, alors que dehors la tempête avait reconquis son territoire.
- Je ne suis pas tombée toute seule de la falaise, n’est-ce pas ?
La gardienne ne répondit pas, à quoi bon amplifier le choc émotionnel que la jeune femme endurait avec courage.
Elle se contenta de lui poser des compresses froides, tout en changeant les bandages. En voyant la main de Cassandre, Niki fut prise de panique, la gangrène se déclarait.
- Chérie, je sais que c’est sans doute la dernière chose que tu veux entendre, mais il va falloir agir.
Elle passa sa main dans la chevelure blonde qui reposait sur son épaule, alors que ses larmes trop longtemps refoulées coulaient le long de ses joues.
- Dans moins de quarante-huit heures la tempête sera passée…, c’est Mamouchka qui l’a dit..., dans moins de quarante-huit heures tu recevras les meilleurs soins…, dans moins de quarante-huit heures...
Niki finit par prendre sa main nécrosée avec tant de fragilité, qu’il lui semblait que c’était elle-même qui était sur le point de se briser.
- Elle aurait dû ressembler à un caducée*, platine et or bleu…
- Sertie d’un saphir pour me rappeler ton regard posé sur moi. »
Cassandre ne cria pas lorsque d’un geste rapide et précis furent sectionnés son auriculaire et son annulaire gauche.
Une fois la plaie cautérisée, elle perdit connaissance dans un dernier baiser.
*Sceptre du Dieu Hermès, surmonté de deux ailes, autour duquel s'enroulent deux serpents.