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Série : The L Word
Création : 29.11.2011 à 21h42
Auteur : Alany
Statut : Terminée
L'alcool est l'arme irréprochable de la mort.
Cette fanfic compte déjà 26 paragraphes
24 août 2011 à 14h27
Pourquoi ? Pourquoi tant de haine, tant de violence ? Je ne sais plus... Je ne sais pas. Est-ce un rêve ou un cauchemard ? Je suis bercée dans ce merveilleux désastre. La nature est séduisante et tellement cruelle. J'aime la cruauté, la torture. Je suis née dans le gouffre de la souffrance. Je pourrais postuler pour le rôle de l'amante du dieux des enfers. Il serait sûrement en admiration devant cette splendeur du déchirement que je représente. J'aimerais croire au bonheur, mais je ne sais pas ce que cela signifie. Est-ce le bien ou le mal ? Le bonheur me donne un haut-le-coeur mais je dois l'affronter. A présent, comment résister devant cette épreuve ? "Respire à la vie", on te disait avant qu'elle ne l'emporte de l'autre côté, mais déjà il est trop tard, te voilà happé.
...: Allo ! Cria cette voix appeurée.
...: Oui ?
...: Mon père est mort.
7 juillet 2005
...: Qu'est-ce que... Pourquoi tes yeux sont si rouge ? Questionna cette voix dure.
...: S'il te plait Bette, je n'ai pas le temps avec ça ! Hurla cette voix emplie de colère.
Bette: Comment oses-tu !?
...: Pas de scène ! Tu me fais perdre mon temps !
Bette: Tu n'es qu'un menteur, un bon à rien ! Tu te fiches de moi ! Je te faisais confiance et voilà ce que je dois encore subir ! Tu ne mérites pas un enfant comme moi !
...: Je suis désolé, c'est plus fort que moi.
Bette: Je ne sais plus quoi penser de toi ! Tes parents avaient raison, tu es irrécupérable ! Un mauvais père !
Père: Non ma ...
Bette: Tu sais quoi ! Je vais te dire tes quatres vérités ! Je me suis permise de reprendre contact avec toi ! J'ai espéré pour toi ! Pour que tu ne sombres plus ! Je commençais à te voir comme un vrai père ! Heureux, fier et protecteur ! Mais tu n'es que pourriture ! Maman me disait de faire des efforts, que tu restes mon père, que ton sang coule dans mes veines !
Père: Mais je suis ...
Bette: Tais-toi ! Je ne veux même pas t'entendre ! J'ai honte ! Honte d'un père ignoble ! Je ne peux pas être ta fille ! C'est impossible de porter ton nom ! Je disais à maman que je désirais fortement changer de nom, pour tout reprendre à zéro ! Mais elle me tenait comme elle pouvait ! J'en ai marre ! Tu resteras tel que tu es !
Mon père s'avança vers moi, laissant son corps tomber sur le sol, les yeux debordants de larmes, impures, pleines de pitié. Il essaya de me toucher, je reculai violemment.
Père: Tu es ma fille !
Bette: Jamais !
Je vis la dépouille de mon père se relever avec une telle violence, que j'eus un sursaut. Il présentait un regard que je ne connaissais plus depuis des années. Des yeux noirs, remplis de furie et d'irritation. Je venais de toucher un point sensible. Il arma son bras, une grande main froide et endurcie par la haine vola dans ma figure. Ce fût puissant... Et douloureux.
Une émeute s'organisa dans tout mon être. De la violence, de la rage. Je sentis mon coeur se refroidir, mes muscles se contracter, mon sang affluer dans mes veines abîmées et pourries. Mon regard soutenait le sien. Je pense que mon ombre voulait annéantir la sienne. Mais mon corps aboyait, tous mes sens n'étaient que sauvagerie. Mes paupières osant un dernier regard sur mon père, j'armais le poing de tout ce qui me consummait, armetume, haine, colère, désespoir,... Et je lâchai cette arme fatale qui percuta son visage. Il tomba à terre, ne pouvant se relever. Je ne sentais pas la douleur du coup, j'étais anésthésiée par cette rage.
Bette: Je pensais encore il y a quelques secondes que ce n'était pas toi qui me parlait, mais à nouveau une illusion perdue !
Père: Bette !
Bette: La ferme ! Tu n'as que ce que tu mérites et je n'en ai pas terminé avec toi ! C'est fini, tu ne me reverras plus jamais ! Tant que tu t'adores à cette pourriture de boisson, tu ne me verras plus jamais !
Père: Je n'y arriverai pas !
Bette: Je ne veux rien savoir ! Au revoir !
24 août 2011 à 13h00
...: C'est quoi cette tête d'enterrement que tu nous fais là ?
Bette: Oh c'est bon Alice ne m'embête pas ! Ne commences pas, je n'ai pas l'esprit à ça.
Alice: Potter, c'est bon, je te taquinais.
Bette: Oui enfin bon... Tu as tendance à me gonfler. Par moment faut savoir se taire.
Alice: Ok ! Je n'ai rien dit, calme toi.
Bette: Je suis désolée Alice. Je suis préoccupée.
Alice: Que t'arrive-t-il ?
Bette: Et bien, je n'arrive pas à joindre mon père depuis 4 jours, ça m'inquiète un peu.
Alice: Mais ne t'en fais pas, il fait chaud, il doit passer ses journées dehors, devant sa petite rivière, en train de pêcher comme à son habitude.
Bette: Bien sûr que non ! Il fait trop chaud pour lui, il ne supporte pas la châleur, il a du mal à respirer.
Alice: Ne t'inquiète donc pas, il ne lui arrivera rien.
Bette: Mais tu sais il...
Alice: Shane ! Viens on est là !
Shane: Comment tu m'affiches Alice, c'est la honte !
Alice: Toi non plus tu n'as pas la forme ?
Shane: Si tu ne m'agressais pas comme ça, je serais plus sympa.
Bette: Et toc !
Shane: Bien alors, quoi de beau ?
Alice: Rien de bien spécial... Bette s'inquiète pour son père, il ne répond pas aux appels depuis quelques jours.
Shane: Ah mince ! Il doit sûrement sortir un peu non ? Il cherche la fraîcheur ?
Alice: C'est ce que je lui ai dit.
Bette: On va dire que dans son petit appartement, il n'y a pas beaucoup d'air.
Shane: Ton père ne vit plus chez toi ?! C'est nouveau ça ?!
Bette: En effet, depuis 2 mois, il est seul dans son appartement.
16 mai 2011
Bette: Pourquoi tiens-tu à partir de chez moi ? Je ne comprends pas une telle décision.
Père: Je me sens mieux Bette. J'ai le droit à un peu plus de liberté et je veux rencontrer d'autres personnes.
Bette: Mais tu es bien chez moi. Et tu ne m'encombres pas, loin de là, ça me fait plaisir que tu sois ici.
Père: Je suis bien chez toi, ne t'inquiète pas. C'est juste que je ne veux pas que tu dépendes de moi sans arrêt. Je le vois bien que tu aimerais t'amuser, rencontrer d'autres amies. Tu as de vraies amies déjà, Alice et Shane sont super; mais tu devrais te poser et connaître l'amour. Toi aussi tu y as droit.
Bette: Je n'en ai pas besoin. Je vais bien et je veux que tu restes avec moi.
Père: Tu devrais être contente que je désire partir de chez toi.
Bette: Justement, je ne comprends pas. Soudainement, tu as ce besoin de t'envoler. Mais tu peux rester.
Père: Non Bette ! J'en ai ras le bol de te voir malheureuse, que tu doives annuler des rendez-vous pour t'occuper de moi,... Je ne suis pas à l'article de la mort non plus ! Je pars et c'est tout !
Bette: Qui c'est ce qui t'arriveras quand tu seras tout seul ? Tu vas sombrer à nouveau dans ce vice et tu m'appelleras à nouveau ? Un jour, je ne serais plus là pour toi !
Père: Nous y voilà ! C'est cela le problème ! Tu ne pourras plus tout contrôler ! Tu ne verras plus si je fais un faux pas ! Mais sâche-le ma fille, je suis un Porter ! Nous sommes forts ! Je ne sombrerai plus là-dedans, tu peux me faire confiance. J'ai failli te perdre une fois, plus jamais. Tu m'entends ? Plus jamais !
24 août 2011 13h15
Shane: Depuis 2 mois, c'est tout frais encore ! Et tout se passe bien ?
Alice: Oui enfin... Shane demande s'il n'a pas replongé ?
Shane: Alice, t'es pas sérieuse ?! Je voulais juste savoir s'il s'en sortait tout seul. Reprendre sa vie comme ça, du jour au lendemain, c'est pas dès plus facile.
Je ne savais pas quoi leur repondre.
Alice : Bien alors tu nous reponds ?!
Shane: Laisse-la tranquille ! Tu n'es pas obligée de me repondre, ce n'est pas grave.
Alice: Au fait, ta soeur n'est pas venue le voir le mois dernier ?
Bette : Oui, elle est venue.
Alice: Et alors?
Bette: Qu'est-ce que tu veux savoir ?
Alice : Elle n'approuvait pas non plus cette décision, non?!
Shane: Comment sais-tu Alice qu'il vit tout seul ?
Alice: Je sais toujours tout !
Bette: Elle n'était pas d'accord en effet, et elle m'en a voulu un temps. Elle pensait comme moi, qu'il était encore trop vulnérable.
Shane: Je pense qu'il s'en sort bien pour le moment. Tu devrais être fière de ton père.
Bette: Je ne sais pas si je dois être fière de mon père.
Alice: Pourquoi ?
Devais-je leur avouer la vérité ? Cette vérité qui blesse. Je ne suis en aucun cas une adepte du mensonge, mais, parfois, le mensonge serait tellement plus facile à entendre. Je ne pourrais mentir, je ne veux pas faire de mal. Faut-il révéler ce qu'il s'est réellement passé ce jour là ? Que mon père n'était pas tout seul, mais accompagné de son épouse. Une épouse fidèle qui fait de mon père une pourriture, un ivrogne. Cette épouse n'est autre que l'alcool, les bienfaits qu'elle lui proccure, la liberté, la légèreté. Tout ce que je suis incapable de lui donner. Je ne peux me permettre ce genre d'attraction avec lui. Il faut le guider, l'aider, il a besoin qu'on l'entourre. Il voulait à nouveau son indépendance. Pourquoi se cacher de cette passion pour la boisson ? Je ne peux encore comprendre cette mentalité ? Mon père aime écrire, et un jour il écrivit à l'encre de chine une citation qu'il trouva dans un ouvrage : "C'est seulement en côtoyant l'excès qu'on trouve la liberté." Il devait sûrement penser qu'en vivant dans le risque, il serait libre. Je maudis cet écrivain, il est loin de comprendre qu'un beau jour, l'excès le tuera.
23 juillet 2011
Bette: Es-tu prête pour aller voir notre père ?
...: Oui, allez ! On va l'embêter un peu !
Bette: Le pauvre, il va souffrir ! On est insupportable ensemble !
...: Tu sais, il ne devrait pas se plaindre, qu'il s'estime heureux qu'on soit bien complice et qu'on ne s'arrache pas les cheveux !
Bette: Oui tu as bien raison Kit !
Kit: Comme toujours ! Au fait, notre père est au courant que je suis là ?
Bette: Non je ne l'ai pas prévenu, ça lui fera une surprise !
Kit: En esperant qu'il apprécie...
Bette: Il aime plus que tout ses deux filles.
Kit: Il est surtout fièr de toi.
Bette: Pardon ?!
Kit: Si si, il ne cessait jamais de parler de toi quand tu l'as renié. Tu te rappelles de ce fameux jour où tu lui as dit ses 4 vérités ?
Bette: J'en ai encore des frissons... Et trop de colère.
Kit: Mais tu as fait d'énorme progrès depuis. Je sais bien que ça ne fait que 3 mois que tu le cotoies tous les jours, mais il faut que tu sâches qu'il m'appelle en cachette pour ne parler que de toi.
Bette: Ce n'est pas possible. Lui et moi sommes incompatibles dans la même pièce. On se crit sans arrêt dessus, ça en devient même violent. Il ne m'a jamais dit tout cela...
Kit: C'est un Porter... Fort et fièr ! Ne l'oublie jamais.
Bette: Tout ça n'a rien à voir. Il est ce qu'il est et puis c'est tout.
Kit: Il est ton père.
Bette: Bref passons...
Sur le chemin, je sentais mon cœur s'accélérer, mon sang bouillonner. Qu'est-ce qui nous attendait ? Un père doux et crâneur ou au contraire, un ivrogne mauvais, violent et à l'article de la mort ? Je savais que notre père était capable de reprendre de la bouteille. Il ne pouvait s'empêcher de flirter avec cette boisson. Peut-être est-ce moi qui vois le mal dans cette passion que présente mon père ? Il doit trouver en elle une douceur qui le rassure. Il n'y a pas de barrière, c'est lui qui contrôle cette relation qu'il entretient à merveille. Aucune contrainte, que du plaisir, un bon moment de tendresse. Il est le maître, il ne se soumet pas, il goûte et s'évade dans cet abime. Voit-il cela comme un ange ? Une main qu'on pourrait lui tendre, une échappatoire ? Il pense sûrement que c'est cela l'épanouissement que chacun recherche, ce qu'on appelle le bonheur. Mais suis-je stupide ?! Le bonheur ?! Est-ce le terme exact ! Lui qui a cessé d’espérer pour le bonheur ! Qui me dit sans arrêt : "Le bonheur n'existe pas, ce n'est qu’une utopie". Quand il m'annonce cela, je ne peux m'empêcher de penser à une révélation que m'avait faite ma grand-mère, quelques années auparavant. Elle me disait : "Il ne suffit pas d'espérer pour le futur, nous devons agir et non espérer. Espérer serait attendre quelque chose du futur, ce qui est inutile ! Il faut agir dans le présent pour adorer le futur. Vivre désespérément." Je retrouve un fait réel : l'utopie est un rêve. Tout comme l'espérance, c'est un rêve qu'on aime vivre. Pour connaître le bonheur, il faut aller de l'avant. Il est pourtant très rare que ma grand-mère et mon père soient en accord sur quoique ce soit. Pourquoi je me prends la tête avec tout ceci ?! A présent, je dois patienter et voir ce qui arrivera lors de la rencontre avec notre père. Comment réagira-t-il ? Comment allons-nous gérer ses réactions ?
-Kit: Bette !
Elle me tira de mes songes, ce fut particulièrement brutal pour mes oreilles.
-Bette: Que se passe-t-il ?
-Kit: Nous sommes arrivées !
-Bette: Déjà ?!
Je ne voulais pas que tout se passe si vite. Pourtant, il était temps d'y faire face.
-Kit: Bien alors ? C’est pour aujourd'hui ou pour demain ?
-Bette: Ne te presse pas, il ne va pas s'envoler.
Pendant que Kit admirait le paysage, je scrutais les moindres petites cachettes où des cadavres pouvaient être cachés. Il trouvait toujours des endroits improbables, que seul lui pouvait remarquer. J'eu de la chance, je ne vis rien de suspect.
-Kit: Il est vraiment bien installé tout compte fait.
-Bette: Moi je trouve que ça manque d'air. Tu verras, il ouvre toujours une fenêtre pour avoir un peu plus d'air. Lui qui ne supporte pas la chaleur.
-Kit: Il a bien raison. Bien allez on y va !
Kit s'avança avec, sur son visage, un petit sourire. Chez moi, aucune expression ne se dessinait. Je préférais observer attentivement la lueur dans les yeux de ma sœur. Elle ignorait que notre père avait à nouveau sombré. Elle savait juste qu'il était encore trop fragile pour ne pas résister.