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Série : The L Word
Création : 02.07.2012 à 20h02
Auteur : Pequelette
Statut : Terminée
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C’était un matin de Juin, un matin comme on les aime avec un magnifique levé de soleil, dont les rayons traversaient les volets, ses rais de lumière illuminaient ma chambre de ses couleurs chaudes et confortables.
J'étais là, allongée sur mon lit, les yeux grands ouverts, je n'avais pas fermé l'œil de la nuit.
Je regardais la valise à coté de moi, des larmes envahirent mon visage, j'étais en pleine contradiction de mes sentiments... paniquée, angoissée, mais en même temps... tellement excitée !
Je pris le billet de train dans mes mains, je le scrutais, le caressait et je savais à cet instant précis que ce voyage allait complètement changer ma vie. En bien ou en mal peu m’importait, vient un moment où l’on doit affronter les choses en face, affronter son destin, prendre ses responsabilités pour n’avoir rien à regretter.
Il fallait que je le fasse, que je prenne mon courage à deux mains pour faire enfin face à ces satanés doutes. Pour savoir...Savoir où j'en étais et peut-être, je dis bien peut-être, enfin vivre ma vie et enfin être heureuse…
Je m’étais mise en travers du lit, les yeux rivés au plafond, je me replongeais dans mes souvenirs, bercée par le bruit de l’air qui claquait contre les pales du ventilateur…
Lorsque l’on franchi le cap de la trentaine, souvent on établi un premier bilan de sa vie. On essaie de se remémorer nos premiers souvenirs d’enfance. Les évènements qui nous ont marqué. Pour moi, ne me demandez pas pourquoi, ce sont surtout les odeurs qui m’ont toujours attiré, j’étais très attaché a ces fameuses sensations que peut nous offrir notre système olfactif. L’arome des gâteaux que grand-mère préparaient, le doux parfum que maman mettait en petite touche derrière ses oreilles, le bon feu de bois qui crépitait dans la cheminée en rentrant de l’école.
Durant l’enfance, période capitale d’une vie, les évènements que l’on endure, permettent de se forger un caractère, de nous faire évoluer, grandir, c’est eux qui décide de la personne que l’on deviendra. Ils peuvent nous rendre fort, faible, nous aident à nous construire ou simplement…nous détruire !
J’avais 8 ans, l’âge de l’insouciance, l’âge ou l’univers des adultes nous parait bien trop compliqué pour s’y intéresser.
J’avais 8 ans et c’était le jour de mon anniversaire…
En me levant ce matin là, je sautais de mon lit et courus dans la cuisine où maman m’avait préparé un super petit déjeuné. Papa n’était pas là, il travaillait… comme souvent…
Après le déjeuné, nous sommes partis pour l’école où toutes mes copines se jetèrent sur moi pour me souhaiter mon anniversaire et au bout de cinq minutes, je savais déjà que la maitresse avait prévue un gâteau a l’heure du gouté pour l’occasion…Waouuhh !! Tout ca pour moi ?! C’est génial de grandir !
La journée avait été exceptionnelle, et quel ne fut pas ma surprise lorsqu’a 16h30, j’aperçus papa et maman, ensemble, devant l’école. Ils ne venaient jamais tous les deux. En m’approchant d’eux, je vis que papa tenait un magnifique chiot en laisse. C’était mon cadeau ! Je leur sautais dans les bras…Enfin ils me considéraient assez responsable pour m’occuper d’une boule de poil qui allait devenir mon meilleur ami.
Décidément c’est vraiment génial de grandir !
Lors du trajet en voiture, je n’avais pas arrêté de parler, je débitais mon flot de parole à une telle vitesse, que je ne laissais pas à mes parents la moindre occasion de me répondre. Je leur racontais ma journée… l’accueil des copains, le gouter de la maitresse accompagné de musique et ma joie lorsqu’ils sont arrivés à l’école, tous les deux, avec mon magnifique chien, qui d’ailleurs était couché sur mes genoux jusqu'à ce que nous franchissions le portail de la maison.
Dès que la voiture stoppa, j’en sortie à toute vitesse pour jouer avec mon chien que j’avais décidé d’appeler Apple, car sur son front il y avait une tache blanche qui avait la forme d’une pomme.
Au bout d’une heure Maman m’appela :
Maman : Tina !! Il faut que tu rentres maintenant, tu vas attraper froid !
Tina : Maman, s’il te plait encore cinq minutes, regarde comme il saute partout ! Il est trop beau maman !
Maman : Tina, écoute un peu ce qu’on te dit, il faut encore que tu prennes ta douche, et que tu m’aides à préparer le diner !
Tina : D’accord Maman, j’arrive tout de suite…Dis-je d’un ton déçue
C’est le cœur serré et les pieds trainant que je me dirigeais vers la porte fenêtre qui donnait directement sur le salon.
A peine après avoir franchi le seuil d’entrée, mes yeux s’écarquillèrent, je sentis ma peau rougir.
Tout le monde était là, mes cousins, mes oncles et tantes, mes meilleures copines, et deux-trois personnes que je ne connaissais pas. Des amis à mes parents sans doute.
Ils se mirent à me chanter un JOYEUX ANNIVERSAIRE qui n’en finissait plus.
On se serait cru on jour de Noël, il y avait des cadeaux de partout éparpillés sur le sol.
Je me mis à genoux et commença à déballer tout ce qui s’offrait a moi.
J’étais assise par Terre, concentrée sur un petit livre de poche, Mon Bel Oranger, qui relate l’histoire d’un enfant de 5 ans vivant au Brésil.
Je lisais le résumé, lorsque je sentis une main se poser sur mon épaule, une odeur de fort parfum mélangé à de la transpiration me monta à la tête. Un homme grand, s’était penché sur moi, il était dans mon dos. Je sentais son souffle dans mon cou, sa joue se colla contre la mienne, il avait une haleine qui empestait le whisky. Sa main glissa lentement sur mon bras. Je me levai d’un bond et le regarda de haut en bas. Il était grand, très grand, il était vêtu tout de noir. Ses cheveux étaient de couleur poivre et sel, il portait une espèce de barbe de deux ou trois jours. Ses yeux d’un bleu perçant se cachaient derrière des lunettes très fines. Cet homme là, ne m’inspirait rien de bon…
J’étais glacée, mais je ne laissais rien paraître. Il se baissa à ma hauteur et me tendis la main :
? : Bonsoir, jeune fille, je m’appelle Edouard, mais mes amis me nomment Eddy !
Le temps d’un éclair, je savais déjà que nous ne serions jamais amis lui et moi ! Je ne lui tendis pas ma main en retour. Je craignais qu’il ne la lâche plus et s’accroche à moi telle une sangsue.
Tina : Bah, moi c’est Tina, mais tu dois déjà le savoir ! Et je préfère t’appeler Edouard ! T’es qui ? Qu’est ce tu fais là ?
Edouard : Je suis un ami de longue date de tes parents, et comme j’étais de passage, ils m’ont gentiment invité pour l’occasion. On sera souvent amené à se revoir, j’en suis sûr. Tu m’appelleras Eddy quand tu voudras Tina.
Tina : Mouais ! (ben c’est pas demain la veille non plus !)
Apple gratta à la vitre, je saisis l’occasion pour me délivrer de ce type !
Le repas s’était passé tranquillement, Maman m’avait placé en bout de table. J’étais la reine de la soirée. Mes cousins étaient assis sur ma gauche et mes parents avaient pris place à ma droite.
Je n’avais aucune proximité avec le grand sec car il était installé face à mon oncle, cinq places plus loin. Il n’arrêtait pas de me regarder derrière ses carreaux, j’étais mal à l’aise. J’avais horreur de me sentir fixé.
A 1h30 du matin, mes cousins partirent. Il ne restait plus que le grand sec et mes parents. Ils buvaient un digestif et parlaient du travail à Papa.
Je décidais qu’il était temps pour moi, d’aller me coucher.
Tina : Maman ? Apple peut dormir avec moi ?
Maman : On ne va pas commencer à lui donner de mauvaises habitudes Tina ! Il n’a rien pour dormir dans ta chambre.
Tina : S’il te plait Maman. Juste cette nuit. Laisse le coucher dans mon lit.
Mon père vint à mon secours et Maman céda,elle ne put que se résigner. J’embrassai mes parents et tourna les talons, lorsque le grand sec m’interpella :
Edouard : Hey ma puce ! Et moi je n’ai pas droit à un bisou ?
Tina : Bah…tu es mal rasé et tu piques…alors non ! (Quelle excuse..)
Mes parents s’étaient mis à rire, mais lui riait jaune !
Papa : Elle a du caractère ma fille !
Après avoir enfilé mon pyjama et brossé mes dents, je m’enfermais à double tour dans ma chambre. Chose que je ne faisais jamais.
Apple était monté sur le lit, et me faisait pleins de léchouilles. Il me redonnait le sourire. Je finis par m’endormir contre lui. Sa chaleur m’apaisait.
Je ne savais plus, si c’était aussi bien de grandir !
Le lendemain matin, j’étais déjà en train de déjeuner, lorsque Maman se leva :
Maman : Bonjour ma puce. Bien dormie ?
Tina : Oui, bien ! Apple est resté très sage.
Maman : Viendra un moment où il ne pourra plus dormir dans ton lit, il sera trop gros ma chérie.
Tina : Je sais, mais pour le moment on est bien à dormir ensemble…
Maman me souriait tout en buvant son café.
Tina : Dis Maman, c’était qui le type hier soir ?
Maman : Eddy ?
Tina : Edouard ! Dis-je sèchement
Maman : C’est un ami de la famille, il travaille avec Papa depuis longtemps déjà.
Tina : Ah ?! Et il va venir souvent ici ?
Maman : Oh, maintenant qu’il a déménagé dans le coin, c’est certain qu’on le verra plus souvent. Pourquoi toutes ces questions Tina ?
Tina (déçue) : Pour rien ! Et il vient quand la prochaine fois ?
Maman : Ben, samedi soir il me semble. Ton père a prévu de faire un barbecue géant ! Saucisse, merguez, méga burg…
Tina (en lui coupant la parole) : Ah zut j’ai oublié de te dire…Alice m’a invité à dormir chez elle samedi soir justement ! Je peux y aller ?
Maman : C’est dommage tu vas rater le barbecue.
Tina : Pas grave, vous serez entre adultes…Ca fait longtemps que je suis pas allé dormir chez Alice !
Maman : D’accord, d’accord !!
Tina : Puis je prendrais Apple aussi, comma çà Alice le verra !
Maman : Si ses parents n’y voient pas d’objection, c’est d’accord !
Il ne me restait plus qu’à dire à Alice de m’inviter chez elle…
Depuis toujours Alice était ma meilleure amie. Elle était bavarde, curieuse de tout, s’intéressant à tout et tout le monde, espiègle, chipie..
Elle n’avait pu venir à ma soirée anniversaire car ses parents avaient eu un problème familial à régler.
Nos parents avaient acheté leur maison respective en même temps. Ils habitaient à quatre rues de chez nous.
Ils avaient sympathisé et étaient devenu amis. Nous les filles, nous avons fait pareil. Rarement nous étions l’une sans l’autre. On nous prenait très souvent pour des sœurs. Cela nous faisait rire et nous nous en amusions beaucoup.
Nous faisions toujours tout ensemble.
Nos bavardages en classe, nous valaient régulièrement des mots de la maitresse sur nos carnets. Nous faisions de longues balades à travers les champs, nous refaisions le monde. On aimait a rêver à ce que l’on deviendrait une fois adulte. Ce qui était certain, c’est qu’on serait toujours amie quoi qu’il arrive.