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Série : The L Word
Création : 10.07.2012 à 19h36
Auteur : Thea1
Statut : Terminée
Apocalypse selon Bette Porter
Cette fanfic compte déjà 30 paragraphes
Introduction
J’ai toujours aimé les films catastrophes, les récits confrontant l’humain à sa déchéance personnelle et collective, sans oublier les cataclysmes arbitraires ou provoqués dont il est souvent le bourreau et la victime.
Depuis début 2012 (année propice peut-être) le défi du genre me titillait sans toutefois savoir exactement par où commencer. Puis, l’envie de décrire les choses au féminin m’inspira.
Le scénario autour des personnages de « The L Word » prit forme, du moins dans sa trame, puisque j’écrirai au fur à mesure de sa publication comme à mon habitude.
J’ai mis du temps à choisir le titre, ainsi qu’à m’inspirer du sanskrit pour une langue originelle venue des étoiles, dont je ne garderais que l’essentiel pour permettre aux terriens de ne pas se perdre.
Même si bien des aspects relèveront de la science-fiction mêlée au fantastique dans une noirceur déroutante, il me tient surtout à cœur de faire naître, au milieu des tribulations, ces « terrestres-extra » - en opposition à extra-terrestres - se ressourçant auprès du dernier don de Pandore : L’Espérance
Bonne lecture à tous et merci pour tous vos encouragements reçus et à venir
Thea
| Français terrien | Langue des Narayana |
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Ame : Chaïtya Amour : Prema Ami : Maïtri Bien : Punya Bruit/Vacarme : Shabda Cœur : Hridaya Combat : Rana Désir : Kama Destruction : Bedha Don : Dana Douleur : Duhkha Ere : Kalpa Espace/Univers : Akasha Eternel : Aya Force/Energie : Oyas Fin du monde : Laya Guérison : Nirodha Ignorance : Avidya Intelligence : Buddhi Joie : Sukha Lien/Union : Bandhu Lumière : Yotis Méchant : Tamas Merci : Hvala Mère : Matri Ministre suprême : Almakh Miséricorde : Karuna Mort : Mara Non : Nya Nourriture : Bogha Origine : Biya Oui : Ya Paix : Shanti Peuple d’Andromède : Narayana Refuge/Demeure : Dama Seule : Kevala Terre/Planète bleue : Bhuman Vérité : Tattva Vie : Satta Zèle : Bhakti |
Akasha : Espace/Univers Almakh : Ministre suprême Avidya : Ignorance Aya : Eternel Bandhu : Lien/Union Bedha : Destruction Bhakti : Zèle Bhuman : Terre/Planète bleue Biya : Origine Bogha : Nourriture Buddhi : Intelligence Chaïtya : Ame Dama : Refuge/Demeure Dana : Don Duhkha : Douleur Hridaya : Cœur Hvala : Merci Kalpa : Ere Kama : Désir Karuna : Miséricorde Kevala : Seule Laya : Fin du monde Maïtri : Ami Mara : Mort Matri : Mère Narayana : Peuple d’Andromède Nirodha : Guérison Nya : Non Oyas : Force/Energie Prema : Amour Punya : Bien Rana : Combat Satta : Vie Shabda : Bruit/Vacarme Shanti : Paix Sukha : Joie Tamas : Méchant Tattva : Vérité Ya : Oui Yotis : Lumière |
Kalpa Biya (Ere originelle)
Aussi loin qu’ils puissent s’en souvenir, le peuple Narayana avait vécu dans l’insouciance et la paix. Les ressources que leur offrait la nature étaient distribuées avec sagesse, et le bien-être de tous primait sur celui d’un seul.
Ainsi Myra avait été avertie bien avant la naissance de sa fille bien-aimée, que celle-ci avait reçu la capacité, accordée qu’une poignée de fois par kalpa (ère), de régénérer Yotis, la lumière nécessaire à l’être, et ainsi éviter Laya, la fin de toute vie.
Syra, de toutes, était la plus belle, et bien des prétendants s’étaient empressé auprès d’elle, avant qu’il ne vienne l’heure pour elle, d’accomplir sa destinée. Kalpa (ère) arriva à son terme sans que l’un d’entre eux ne trouve grâce à ses yeux. Myra ne la pressa pas, conscient du fardeau que Satta (vie) lui avait imposé, l’encourageant du mieux qu’elle pouvait dans sa quête du savoir et de la sagesse.
Akasha (univers) était infinie, et Yotis (lumière) déclina de plus en plus vite. Heureusement qu’elle était encore à l’apogée de sa puissance dans une myriade d’étoiles proche. Il était temps pour Syra de s’y rendre et de s’en emparer.
Myra serra sa fille dans ses bras un long moment. Toutes deux cachèrent au mieux leur souffrance, conscientes que la quête de Yotis (lumière) était sans retour. Syra, accablée de questions depuis qu’on lui avait révélé sa destination, ouvrit la bouche pour parler, puis se ravisa. Pourtant ceci n’échappa pas à Myra qui d’un geste affectueux lui prit le menton d’une main douce, l’encourageant à parler.
- Matri (mère), je sais que mon Bandhu (union) avec Yotis (lumière) est essentielle à la survie des Narayana, mais d’après mes recherches, des êtres vivent dans cette partie d’Akasha (univers).
Myra réalisa que sa fille, dans son souci du détail et de l’excellence, s’était risquée à contourner les protocoles de confidentialité des notables. Un frisson la traversa : Pourvu que l’Almakh (ministre suprême) n’en apprenne rien. Pourtant Tattva (la vérité) s’imposa naturellement à elle, alors elle répondit :
- Yotis (lumière) ne leur sera plus d’aucun secours, dépourvu de Buddhi (intelligence) ces êtres sont aveugles et vides. Par leur propre faute, Laya (la fin du monde) pèse sur eux, désormais rien ne les sauveras. Préoccupe-toi de ton devoir envers ton peuple ma fille.
- Narayana sera sauvé, je vous le promets Matri (mère).
Myra déposa sur son front le diadème de l’illumination, qui était selon la tradition narayanéenne était incrusté de la poussière d’étoile originelle. A sa main, on passa une bague, témoin incontestable de sa fonction. Puis autour de ses reins une ceinture vermeille dont la boucle contenait une poignée de terre qui devrait lui rappeler sa patrie.
Syra déploya ses magnifiques ailes, attribut de la morphologie narayanéenne en voie de disparition, et qui arracha de vives exclamations de la part de son peuple rassemblé.
Elle passa sa main dans sa longue chevelure brillante, afin de disperser quelques cheveux d’or aux quatre points cardinaux. Les enfants s’empressèrent de les rattraper, un souvenir qu’ils chériraient toute leur Satta (vie).
Syra, émue, chaussa les Bakhti (zèle) et dans un halo disparut hors de leur vue vers le vide sidéral.
Les 7 cités
Je ne sais pourquoi je commence à enregistrer ce journal, besoin de parler toute seule sans doute. Ça m’a prise comme ça, et qui sait, peut-être que je m’arrêterais demain déjà, inutile de se projeter dans l’avenir à notre époque.
Quelle année nous vivons ?
A vrai dire, je n’en sais rien, ça fait trois générations que personne ne se préoccupe de ce genre de choses. A moins…
oui, les reporters de guerre comme l’amie, qui m’a offert cette tablette électronique plus au moins en état, doivent encore compter le temps comme le faisaient nos ancêtres.
- Crois-moi Bette, c’est le meilleur moyen d’évacuer les horreurs du siècle présent.
Faudrait que je lui demande la prochaine fois qu’elle reviendra de Alice Springs, mais j’aurais sans doute oublié - ou serais morte - d’ici là.
A mes yeux, ce ne serait pas une grosse perte. Trois jours de garde au dispensaire caché dans cette montagne, à me battre de toutes mes forces, avec toute ma connaissance, et aucun des blessées n’a survécu.
Les autochtones l’appellent Mont-Blanc, bien que la neige ni recouvres que les armes rouillant et les chairs en décomposition qui la jonchent, que… disons rarement. Même si depuis que nous sommes venues à Grenoble ma sœur et moi, je n’en ai jamais vu.
Comment en est-on arrivé là ? A qui la faute ? Qui a commencé ?
Oh, combien ces questions sont devenues futiles.
Evidemment que les dirigeants des sept cités doivent en débattre pour glaner ci et là un cessez-le-feu ou une trêve. Si on a de la chance, elle tient quelques jours et on peut en profiter pour se déplacer d’un continent à l’autre.
Autrefois on s’arrachait les consoles satellite pour suivre leurs discours sur la paix imminente, mais aujourd’hui plus personne ne les écoute. Malgré ça, ils continuent, pas que ça serve à quelque chose, juste que c’est leur job… du moins j’imagine.
Et le mien est théoriquement de repousser la mort, parce que là, plus j’y pense et plus je me dis :
- Je suis un mauvais médecin.
- Alors petite sœur, on rêvasse ?... Oh, toi ça ne m’a pas l’air d’aller…
Elle s’assied un instant près de moi et je me laisse aller dans ses bras.
Ma grande sœur… ma demi-sœur pour être exacte… aussi loin que je me souvienne, a toujours su quand j’avais besoin de réconfort, même si on ne se connaît pas depuis si longtemps.
A vrai dire j’ignorais son existence, juste à ce qu’elle me recherche dans un camp de réfugiés à Bloemfontein, après que les principales grandes villes d’Afrique étaient tombées sous le coup des bombes.
Notre père lui avait révélé mon existence sur son lit de mort, et au milieu de ces millions de sans-abris que nous étions, elle m’a trouvée.
- Je suis fatiguée Kit, pourquoi encore se battre ? La terre entière est ravagée, partout où l’on regarde, il n’y a que peur, désolation et mort. Ne manque que le silence et la fin du monde serait parfaite. Quand Kit, quand notre planète se révoltera définitivement contre l’espèce humaine pour sa propre survie ? C’est ma seule consolation, de savoir qu’elle donnera naissance dans quelques millions d’années à une espèce nouvelle, qui je le crois sera plus évoluée, pour son bien.
Ca y est, elle va me sermonner sur mon fatalisme et me rappeler en détail le serment d’Hippocrate pour que je me ressaisisse. Elle trouve que je suis un médecin exceptionnel depuis qu’elle m’a assistée sur une intervention au milieu d’un champ de bataille.
Une balle l’avait frôlé, mais elle n’avait pas même sourcillé pour que je ne m’inquiète pas et que je reste concentrée pour sauver ses trois enfants qui se vidaient de leur sang devant nos yeux.
Ce n’est qu’une fois qu’on avait réussi à mettre tout le monde à l’abri qu’elle m’avait montré son bras pour que je le recouse.
- Je t’aime sœurette.
Et voilà que je souris malgré moi, sait-elle seulement combien elle est fantastique elle-même ?
- Allez, viens manger, Marina nous a déniché un peu de viande pour ce soir…
Je déteste être enfermée ici, avec ces milliers de tonnes de roches au-dessus de nos têtes, sans rien faire.
Habituellement je gère ma claustrophobie par mon investissement dans mon travail, mais là il n’y a rien à faire depuis une semaine.
J’ai beau savoir que les Alpes sont notre meilleure chance contre les radiations, mais vue que personne ne sait où le nouveau champignon géant est sorti de terre, ce n’est qu’un faible réconfort.
La première était tombée sur en Extrême-Orient : Suicide d’un tyran renversé, entrainant l’humanité entière avec lui. Au finale le néant n’est-il pas préférable à l’enfer ?
- Bette, tu veux bien me passer la guitare s’il te plaît ?
Déjà la voix chaleureuse de Carmen s’élève au milieu de la pièce. Je reconnais les bribes d’un des chants de son pays que je n’ai jamais réellement réussi à apprendre.
Kit a plus de mémoire que moi pour les langues étrangères, et c’est dans un chinois presque parfait que sa voix grave vient s’ajouter. Malgré la mélancolie des notes emplissant la pièce, ce duo improvisé nous met du baume au cœur.
Ses parents s’étaient rencontrés dans une ancienne colonie ibérique, ce qui explique pourquoi elle passe souvent pour une latino, n’ayant que peu de traits asiatiques, si ce n’est ces yeux bridés.
Carmen est l’une des rares personnes que je connaisse, ayant échappée de prêt à une bombe atomique. Elle s’est vidée pendant des jours de tous ses fluides corporels et personne du personnel médical de Chengdu ne s’en est occupée, alors qu’elle avait atteint la nouvelle capitale on ne sait comment.
Elle a perdu toute sa famille, dont ses parents, son mari et ses deux enfants en bas-âge : Veuve, alors que son visage est encore si juvénile, en particulier lorsqu’elle chante, et malgré ça, je ne l’ai jamais vu craquer.
(Bien qu’en chinois dans la version audio enregistrée par Bette, voici une traduction pour les archives écrites. Afin de vous mettre dans l’ambiance : Musique chinoise traditionnelle)
Nous vieillirons ensemble. En même temps que les miens, tes cheveux deviendront blancs. Blanc comme la neige des montagnes, blanc comme la lune d'été.
Aujourd'hui, Seigneur, j'ai appris que vous partiez à la guerre, et je viens, désespérée, vous dire adieu.
Une dernière fois, versons le même vin dans nos deux tasses. Une dernière fois, chantez la chanson
qui parle d'un oiseau mort sous la neige.
Puis j'irai m'embarquer sur le fleuve dont les eaux se divisent, afin qu’il m’emporte vers l'est ou vers l'ouest.
Oui, nous vieillirons ensemble. En même temps que les miens, tes cheveux deviendront blancs. Blanc comme la neige des montagnes, blanc comme la lune d'été.
Nous avons passé, selon toute vraisemblance, dix jours dans les abris antiatomiques, mais lorsque le jour se confond avec la nuit, difficile d'être précise. Le bombardier qui a provoqué cette alerte s'est perdu quelques part dans l'Atlantique.
En manque de nourriture, bien des gens s'obstinent à se nourrir de la mer devenue totalement insalubre. Et me voici forcée d'accompagner mon équipe et de parcourir en urgence la côte, afin d'essayer d'enrailler la nouvelle crise sanitaire.
Carmen, ambassadrices de sept cités dites « libres et civilisées » - excusez-moi, mais ça me fait à chaque fois rire - m'accompagne pour l'occasion. Elle m'a procuré les différents sauf-conduits administratifs, mais je ne me sens pas plus en sécurité pour autant.
- Le prochain soldat qui m'arrête pour inspecter mon kit médical, je le tue.
Rire de Carmen
- Ce n'est pas drôle, j'explique pendant des heures les divers instruments et ces écervelés me regardent comme si je débarquais de Jupiter. Pendant ce temps des personnes meurent. Et au final je m'aperçois qu'ils n'ont rien écouté du tout de ce que je dis.
Carmen continue à glousser.
- Bette, je doute qu'ils t'interrogent pour obtenir des explications médicales.
Est-elle réellement en train d'insinuer que ces malotrus me retardent pour... c'est totalement insensé... ou bien?
- C'est pas vrai, ne me dis pas que tu ne t'en rends pas compte tout de même? Bette, tu es super-canon et je ne connais personne qui ne rêverait de passer la nuit avec une femme comme toi!
Je ne dis rien. Que pourrais-je répondre de toute manière? Si ça aide les gens à mieux supporter les choses, pourquoi pas, mais moi le sexe sans une relation stable ne m'intéresse pas, et une relation stable dans tout ce merdier est juste introuvable, donc...
Non, mais je rêve, même les infirmières s'y mettent maintenant.
- Tu souris, tu réalises enfin?
- Quoi?
- Tu souris Bette.
Évidemment que je sais que la nature ne m'a pas ratée – c'est ça Bette, la reine du minimalisme - je suis carrément trop sexy.
- Dr. Porter, très beau boulot aujourd'hui, un appel satellite de votre sœur dans mon bureau.
Kit ne m'appelle jamais lorsque je suis en déplacement. Je me demande ce qui se passe, à coup sûr quelque chose de grave. Enfin le bureau du chef de ce dispensaire organisé à la va-vite pour changer. Respire Bette, surtout ne pas lui montrer combien je suis inquiète.
- Alors grande sœur, on peut déjà plus se passer de moi?
- Moi si, mais visiblement pas le pilote venu de Philadelphia. Je lui ai dit que tu rentrais dans trois jours, mais il ne peut pas attendre, besoin de toi pour une mission confidentielle à ce que j'ai cru comprendre. Bref, il faut que tu ramènes tes fesses ici au plus vite.
- Et bien dis-lui que je ne suis heureusement pas obligé d'obéir aux militaires et que là où eux ils ôtent des vies, moi j'en sauve. Je n'ai de compte à rendre à personne, qu'il confie cette mission à quelqu'un d'autre.
- C'est déjà ce que je lui ai dit, mais il prétend que tu accepteras la tâche, si elle t'est confiée par la Matriochka.
Incroyable que dans un monde dépourvu de tout avenir, le passé puisse malgré tout nous frapper de plein fouet.
- Bette, tu es encore là?
- Oui, bon dis-lui que je prends le premier convoi qui repart d'ici, en principe je serais de retour à Grenoble, si on ne tombe pas dans un guet-apens, dans six heures.
- Bette, ça va?
- Oui Kit, ne t'inquiète pas, juste la fatigue de ces derniers jours qui se fait ressentir. On se voit demain matin, je t'embrasse.
Je savais bien que cette histoire allait me rattraper un jour. Fichue poupée russe, fichue poupée russe!