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Jeunesse et protection des mineurs
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Série : The L Word
Création : 20.09.2012 à 17h47
Auteur : jenbette
Statut : Terminée
encore et toujours les mêmes héroïnes!
Cette fanfic compte déjà 62 paragraphes
Je me présente : Elisabeth Porter. Mes amies me surnomme Bette. Je préfère, cela fait moins pompeux!
J’ai 38 ans. Je suis grande, mince, métisse. Mes cheveux sont longs et noirs, légèrement bouclés. Mes yeux noisettes sont capables de la plus grande douceur comme de la plus grande colère!
Mon père est toujours de ce monde. Il s’appelle Melvin. Il est noir .Il n’apprécie pas ma façon de vivre! Ma mère est décédée quand j’étais petite. Elle était blanche.
J’ai une grande sœur, Kit. Elle possède un café-bar qui se transforme en salle de concert certains soirs de la semaine. Elle y chante souvent. J’adore sa voix chaude et profonde. Elle y invite de nombreux artistes. Chaque concert est une fête! Ces soirées là sont uniquement réservées aux jeunes femmes!
J’ai aussi de grandes amies. Alice, la plus ancienne. Elle écrit pour le journal local. Elle est en couple avec Dana. Leur bonheur fait plaisir à voir.
Shane est là également, la plus sûre, la plus proche de moi, même si autrefois, j’ai eu une liaison avec Alice. Je sais qu’elle ne me trahira jamais! C’est une dragueuse invétérée. Toutes les filles croisées lui plaisent. Sa devise, sa philosophie: ne pas s’attacher!
Moi aussi, je suis une dragueuse, si l’on peut dire! À l’inverse de Shane, depuis des années, je cherche la compagne idéale, celle qui partagera ma vie. Hélas, mes recherches n’ont pas abouti à ce jour! Soit je me trompe, soit je suis trop difficile! Ou simplement, cette perle n’est pas de ce monde!
Je suis photographe de profession. Photographe animalière. J’adore parcourir la nature appareil photo en bandoulière.
J’aime croquer le regard étonné et apeuré d’un renard au détour d’un chemin, la majesté d’un cerf entrain de bramer, la grâce d’une loutre nageant dans une rivière, le trottinement rapide d’une souris, la fierté d’un coq…
Je fais aussi des reportages sur tel ou tel animal et je les vends à des magazines spécialisés..
Sur ma terrasse, mon chat me régale également de ses cabrioles quand il essaye d’attraper un papillon ou une feuille morte! Que dire des vidéos réalisées quand il joue avec le chien? Ils sont incroyables de complicité tous les deux!
Je fais transformer les meilleurs clichés en puzzles de 20, 30 ou 50 pièces que je donne à des enfants autour de moi.
Je gagne confortablement ma vie ainsi en faisant ce que j’aime. J’ai même reçu, il y a quelques mois, l’héritage d’une tante de Floride. Elle aussi adorait la nature. Ses photos des Everglades sont connues dans le monde entier. C’est elle qui m’a transmis cet amour pour la photo et des animaux en particulier.
A chaque vacances passées chez elle, elle ne manquait pas de m’emmener partout, de me conseiller pour faire de belles photos, sur le choix d’un appareil…
Grâce à cet argent, j’ai ouvert une petite galerie. J’expose mes œuvres et celles d’autres photographes peu connu encore.
Pour l’instant, je vis seule, désespérément seule!
Pour rendre aux autres une partie de ce que le destin m’a donné, plusieurs fois par semaine, quand je ne suis pas à la recherche de la photo rarissime, je donne de mon temps à une association qui vient en aide aux plus démunis.
Là, vraiment, je côtoie la misère…
L’association collecte de la nourriture auprès des grandes surfaces mais aussi auprès des particuliers. Elle la redistribue ensuite à tous ces mal lotis.
Un matin semblable aux autres, j’avance le cœur léger dans cette rue superbement ensoleillée. Je me sens bien. Est-ce un signe du destin?
En arrivant, j’aperçois de loin, sur le trottoir d’en face , une jeune femme et son enfant. La maman est hésitante. Va-t-elle oser franchir le seuil de notre local? Elle fait quelques pas vers nous puis recule. Cela lui semble difficile comme démarche! Elle a sa fierté. Elle n’a jamais rien dû demander à personne!
J’approche de l’entrée, nos regards se croisent. J’y lis une telle détresse que je me précipite vers elles pour les faire entrer!
Elle s’enfuit!
C’est la première fois que je la vois en ce lieu. Elle m’a fait une impression extraordinaire!
Dans ce court instant, j’ai pu remarqué sa beauté, la noblesse de son visage, ses yeux si tristes. Ce qui a le plus retenu mon attention, ce sont ses cheveux d’une incroyable blondeur alors que les miens sont d’un noir absolu. Quel contraste!
Je n’ai pu m’empêcher de penser à elle tout au long de la matinée, espérant son retour.
Qui est-elle? D’où vient-elle? Que lui est-il arrivé? Quelle catastrophe a réduit une telle jolie femme à la mendicité? D’après sa façon d’être, je jurerai qu’elle vient d’un milieu aisé!
Je vais essayer de venir plus régulièrement. Je la reverrai sans doute et peut-être réussirai-je à la rassurer, à l’apprivoiser!
Rien que ce bref moment a soulevé en moi une telle vague de chaleur, une telle émotion…
C’est un signe du destin, je ne dois pas laisser passer cette chance! Elle est sûrement celle que je cherche depuis si longtemps! Sinon, pourquoi aurais-je réagi ainsi?
Je laisse donc tomber momentanément mes balades dans la nature et même ma galerie que j’aime pourtant beaucoup! Je veux consacrer les jours qui viennent à retrouver cet ange trop tôt disparu à mes yeux.
Je propose mes services bénévoles, mais pas totalement désintéressés, à l’association. Moi, si peu habituée aux horaires stricts, je me plie à cette discipline un peu rude! Ouverture à 8 heures jusqu’à midi!
Mes efforts finiront bien par être récompensés! Ne dit-on pas: « la vie appartient à ceux qui se lèvent tôt? »
Pleine d’espérance, je me rends à la salle à l’heure pile de l’ouverture, au grand étonnement de mes collègues qui me taquinent sur mon assiduité soudaine!
« Si vous saviez les raisons exactes, vous vous moqueriez encore plus! Arrivée si tôt pour voir un mirage! Après tout, j’avais certainement rêvé cet instant magique, obnubilée que je suis par cette quête de l’âme sœur! Cela avait été si bref! »
Hélas pour moi, grande déception ce jour-là! Pas d’apparition miraculeuse non plus le deuxième jour, ni le troisième…
Je commence sérieusement à désespérer! J’ai vraiment dû me tromper.
« Je persiste encore quelques jours, et puis, basta, je reprends ma vie d’avant, mes balades, mes photos, mes amies que j’ai négligées!
Enfin, le quatrième jour, la preuve évidente que je n’ai pas rêvé, est là, comme l’autre fois, sur le trottoir d’en face, sa petite fille à la main.
Elle porte la même tenue, fatiguée mais propre. Son regard est toujours aussi triste. Sa beauté, sa présence me bouleversent toujours autant!
Je l’observe un long moment sans bouger. Je ne veux pas la faire fuir. Elle m’a vue. Nos regards se croisent à nouveau. Là, je suis sûre qu’elle est mon âme sœur, mon autre moitié.
Je traverse la rue, m’approche doucement sans quitter ses yeux un seul instant. Ce qu’elle lit dans les miens doit la rassurer car elle ne se sauve pas.
Je suis tout près d’elle.
Cette fois, elle reste là!
Je me présente:
« Je m’appelle Bette. Et vous? et votre fille?
- Je m’appelle Christine, ma fille se prénomme Angelica. »
Je lui prends la main pour l’aider à traverser ce qui lui semble être réellement un obstacle, pour l’aider à entrer et accepter quelque nourriture.
Je donne un de mes puzzles à sa fille qui sourit de joie. Ses yeux brillent de contentement! On dirait qu’il y a bien longtemps qu’elle n’a pas reçu de cadeaux!
« Je vous remercie de votre accueil chaleureux. Nous reviendrons. Vous avez été si patiente, si gentille avec nous. Angelica a apprécié votre cadeau à un point que vous n’imaginez pas. Elle va vous prendre pour ‘’la mère Noël!’’
Elle a dit: « nous reviendrons! » ces quelques mots suffisent à éclairer ma journée!
C’est le cœur rempli de bonheur que je rentre, me jurant bien d’emporter mon appareil photo pour notre prochaine rencontre. Je sais qu’il y en aura une, je ne sais pas quand… Ce jour là, je veux les photographier afin d’être certaine de ne pas avoir rêvé! À moi d’être patiente!
De l’avoir côtoyée , n’a fait que renforcer mon idée. Cette jeune femme au port altier, à la divine beauté, à la démarche digne vient tout droit d’un milieu aisé.
Le soir venu, je ne peux m’empêcher de revoir ce beau visage. Mais, c’est surtout son regard qui m’a troublée au plus haut point! Jamais un regard de femme n’a eu autant d’effet sur moi!
Cela me conforte dans l’idée que le destin est entrain de me venir en aide.
Dans quelques temps, je pourrai dire adieu à la solitude! J’aurai près de moi une femme à chérir et une enfant à gâter!
« Ressaisis toi ma fille! Tu es entrain de prendre tes désirs pour des réalités! Tu vas peut-être un peu vite à réorganiser ta vie et surtout la sienne alors que tu ne connais rien d’elle!
Oui, mais le peu que j’ai vu me suffit. En général, mon instinct ne se trompe jamais! »
Maudit soit le temps qui passe! La semaine s’est écoulée et je ne l’ai pas revue!
Je commence à gamberger sérieusement! Lui est-il arrivé un nouveau malheur? La fillette est-elle malade? Elle toussait terriblement l’autre jour!
Ma constance finit par être récompensée.
Elle arrive, toujours sur le trottoir d’en face, encore hésitante. Cette fois, petit changement: ses yeux semblent chercher quelqu’un. Serait-ce moi? Je décide de la faire languir un peu afin d’être certaine que c’est vraiment moi qu’elle cherche à repérer. Mal m’en a pris! La voilà qui tourne les talons comme au premier jour!
Soudain, je crois avoir compris le pourquoi de cette nouvelle fuite. Derrière mon dos, je surprends une conversation, un chuchotement qui se veut discret mais qui résonne très fort dans ce grand hangar:
« Tu as vu la blonde là-bas avec sa gosse à la main! Elle a dû coucher avec un noir et sa famille les a flanquées dehors! Ce que je comprends parfaitement! »
Ces propos bêtes et méchants, accompagnés de ricanements, me hérissent! Je me retourne et les fusille du regard! Elles ont compris ma colère en réalisant que, moi aussi, je suis métisse! Elles se confondent en excuses et vont se réfugier derrière les boîtes de conserves.