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Série : The L Word
Création : 04.01.2013 à 18h57
Auteur : Jenel
Statut : Terminée
Tibette
Cette fanfic compte déjà 49 paragraphes
En arrivant sur le court, Tina aperçoit Bette en compagnie d’Alice et Shane, puis elle voit son père prendre place dans les gradins à côté d’un jeune homme qui n’est autre que Jimmy.
Celui-ci se penche vers l’homme pour lui murmurer quelque chose, ensuite Tina voit son père tourner la tête en direction de Bette. Elle comprend alors que c’est Jimmy le délateur.
Tina met toute sa colère envers eux dans son jeu et finit par remporter la partie.
Lors du second match, Tina fait un faux mouvement et hurle de douleur.
Bette se lève, inquiète, mais Alice la retient de descendre. Le coach et un médecin se précipitent vers Tina et la conduisent à l’infirmerie.
Le médecin lui annonce, après l’avoir auscultée, qu’elle ne peut plus envisager une carrière professionnelle. Elle s’est faite une déchirure musculaire trop importante pour n’avoir aucune séquelle pour poursuivre une carrière dans le tennis.
Entre deux matchs, Dana passe voir Tina.
-Pourquoi ton père est là ? lui demande Dana.
-Il est au courant pour Bette et moi.
-Quoi ? Comment il l’a su ?
-Jimmy.
-Hein ?
-Je ne sais pas comment il l’a appris, mais tout à l’heure, je l’ai vu s’adresser à mon père qui s’est ensuite retourné en direction de Bette.
-Justement, Bette est dans le couloir. Elle veut te voir.
Dana se recule et ouvre la porte à Bette qui se précipite vers elle.
-Comment tu te sens ?
-Je vous laisse, leur dit Dana. Je surveille l’entrée.
Mais Bette et Tina ne l’entendent pas.
-Ça va mieux, la rassure Tina.
-Tu n’en as pas parlé, n’est-ce pas ? Tu n’as pas dit à ton entraineur que tu avais cette douleur lancinante dans le bras.
-Je n’avais plus mal.
Bette remarque qu’il y a autre chose et le lui demande.
-Mon père est là et sait pour nous.
-Oh ! Tu lui as dit ?
-Non, ça ne va pas ! Jamais je ne lui aurais dit, surtout à lui, le connaissant. Non, quelqu’un lui a dit.
-Qui ?
-Mon ex petit ami, répond Tina en baissant les yeux.
Bette reste silencieuse. Tina lui prend la main et la tire encore plus vers elle afin que celle-ci se penche au dessus d’elle pour l’embrasser.
-Je t’aime, lui dit Tina quand la porte s’ouvre dans un fracas.
-Vous ! hurle le père de Tina. Sortez ! Ne vous approchez plus jamais de ma fille !
-Papa, s’il te plait, tente Tina.
-Toi, tu te tais !
Bette quitte la pièce poussée par Jimmy.
Dix ans plus tard.
Alice arrive sur le court où s’entraine Dana. Elle sourit en la voyant jouer. Elle s’approche.
-Maintenant, je peux vraiment me vanter de connaitre une star mondiale du tennis féminin, déclare amusée Alice.
Dana se retourne et reconnait aussitôt celle qui venait de dire ça.
-Alice ? Mais… Mais qu’est-ce que tu fais là ? Comment tu as su que…
-Je sais toujours tout, la coupe Alice. Non, en fait, je travaille pour le LA Magazine et c’est moi qui suis en charge de ton interview.
-Oh ! Dois-je me méfier de toi ? s’inquiète Dana.
-À toi de le dire. Y a-t-il des secrets ?
Dana rit mais elle est surtout gênée. Alice le constate immédiatement.
-Ne t’inquiète pas, je ne dirai que ce que tu veux que je dise, je n’en dirai pas plus, la rassure Alice. On commence ?
Dana acquiesce. Elle se dirige vers le banc où elle s’empare de sa serviette. Elle essuie la transpiration dans son cou. Les deux jeunes femmes s’assoient et Alice commence son interview qui tourne principalement autour de la carrière sportive de Dana. Bien que l’interview officielle soit terminée, Alice continue à lui poser des questions, mais cette fois, elles sont plus personnelles.
-Tu as quelqu’un dans ta vie ?
-Euh, oui.
-Un homme ? Une femme ?
Dana ne sait quoi répondre, puis finalement, elle opte pour le mensonge.
-Je suis avec mon partenaire, Harrison.
-J’ai vraiment du mal à te croire, dit Alice.
-Quoi ? Pourquoi ? s’étonne Dana.
-Je suis certaine que tu es gay.
Dana se lève, offusquée.
-Je suis désolée, Dana, dit Alice. Je ne voulais pas te mettre mal à l’aise.
-Je ne suis pas mal à l’aise. Je ne supporte pas qu’on colporte des mensonges à mon sujet.
-Dana, tu peux me le dire, ça restera entre nous.
-Mais il n’y a rien à dire, bégaie Dana.
-Ok, je laisse tomber, se résigne Alice. Dis-moi, tu es toujours en contact avec Tina ?
-Bien sûr.
-Elle vit dans le coin ?
-Oui.
-Dans ce cas, à l’occasion, passez au Planet, on prendra un verre en souvenir du passé, lui dit Alice.
-C’est où ça, le Planet ?
-À West Hollywood. J’espère que ça ne te gêne pas de venir là où la population homosexuelle est plus présente, se moque Alice.
-Très drôle. Je verrai avec Tina.
-Ok. J’y suis tous les soirs et y aura même Shane.
Sur ce, Alice repart et Dana reprend son entrainement.
***
En fin d’après-midi, Dana arrive chez Tina. Elle sonne.
-Dana ? Je croyais que tu avais un entrainement, lui dit Tina surprise de la trouver là.
-J’ai pu me libérer. En fait, j’ai quelque chose à te dire.
-Quoi ?
Elles s’installent au salon.
-Devine qui est venue faire mon interview pour le LA Magazine, lui dit Dana.
-Je ne sais pas.
-Alice !
-Alice ?
-Ne me dis pas que tu les as oubliées ?
-Je ne connais pas d’Alice.
-Tu le fais exprès, ce n’est pas possible autrement, déclare Dana.
-Écoute, j’ai eu une sale journée aujourd’hui, donc je n’ai aucune envie de jouer aux devinettes, dit Tina.
-Quand on a participé au stage de tennis, il y a 10 ans, tu te souviens, on a fait la connaissance de trois filles, dont Alice.
Tout à coup, la mémoire revient à Tina. Bien sûr elle n’a rien oublié même si elle s’est efforcée à le faire. Elle a tellement souffert.
-Oui, je me souviens.
-C’était bizarre de la revoir, mais ça m’a fait plaisir. Elle a demandé de tes nouvelles et elle nous a invitées à aller boire un verre avec elle et Shane.
-Quand ?
-Ce soir, par exemple.
-Dana, je suis épuisée, je n’ai aucune envie de sortir.
-Je me souviens qu’à une certaine époque, c’était toi qui me tirais pour sortir, dit Dana.
Tina fixe son amie exaspérée.
-Ok, allons-y, soupire Tina.
Vingt minutes plus tard, elles arrivent au Planet. L’endroit est noir de monde. Elles s’avancent avec difficulté dans la foule. C’est Alice qui les voit en premier. Elle leur fait des signes.
-Elles sont là, dit Dana à Tina.
Dana et Tina les rejoignent.
-Wouah ! déclare Alice en voyant Tina. Jamais je ne t’aurais reconnue.
-Pourquoi ? demande Tina.
-Tu es beaucoup plus féminine qu’à l’époque. Ce look-là te va beaucoup mieux que le look sportive.
-Alice a raison, dit Shane. Tu es magnifique.
-Merci pour le compliment, sourit Tina.
Une femme arrive vers elle et se penche au dessus de Shane et Alice.
-Tout se passe bien ? leur demande-t-elle.
-Ah Kit, installe-toi que je te présente, dit Alice.
Kit obtempère et s’installe à côté de Dana.
-Kit, je te présente Dana et Tina. Les filles, je vous présente Kit, la sœur de Bette.
Tout à coup, Tina blêmit. Une boule prend possession de son estomac et son cœur rate un battement. Kit se tourne vers Tina.
-Tina ? La Tina ? La fameuse Tina ? demande Kit.
-Yep, dit Shane.
Dana ne comprend pas et Tina se sent mal à l’aise.
-Qu’est-ce que vous voulez dire ? demande Dana.
-Bette a beaucoup parlé de Tina à sa sœur, répond Alice.
-Au fait, elle arrive quand ? demande Shane à Kit.
Tina ne se sent pas bien du tout. Voilà 10 ans qu’elle essaie d’oublier son histoire avec Bette et le chaos que ça a entrainé dans sa vie, et maintenant elle réapparait. Elle a envie de vomir, alors elle se lève et se rend aux toilettes où elle vomit. Comment faire maintenant ? Elle ne peut plus s’échapper. Est-elle prête à la revoir ? Qu’est-ce que ça va lui faire ? Est-ce que Bette lui en veut de ce qui s’est passé la dernière fois ? Toutes ces questions lui filent davantage la nausée.
***
De l’autre côté, dans la salle, les filles voient Bette faire son entrée. Cette dernière est grandement surprise quand elle reconnait Dana, qui se lève pour l’accueillir. C’est avec un grand sourire qu’elles se prennent dans les bras.
-Ça fait combien de temps que Tina est aux toilettes ? interroge Alice au bout d’un moment.
-Tina ?
-Oui, elle est là aussi, lui dit Shane souriante.
Bette est partagée entre sa joie de la revoir et sa peur.
-Tu vas bien ? s’inquiète Kit. Tu ne vas pas nous faire comme Tina quand on a annoncé que tu allais venir ?
-Comment ça ?
-Elle est devenue toute blanche et elle est partie aux toilettes, lui dit Alice.
-Faudrait peut-être aller voir si elle va bien, suggère Dana.
Tous les regards se tournent alors vers Bette.
-Quoi ?
-Tu ne voudrais pas y aller ? demande Alice d’une petite voix.
-Tu cherches à faire quoi là, Alice ?
-Moi ? Rien.
-Oh que si ! Tu cherches quelque chose et je sais très bien quoi, lui dit Bette. Tina a certainement passé à autre chose donc je ne vois pas ce que tu espères en me demandant d’aller voir aux toilettes si elle va bien.
-Vous étiez très proches à l’époque.
-C’était à l’époque. Tina a aujourd’hui sa vie comme moi j’ai la mienne.
-Oh oui, on la connait ta vie, s’intègre Kit. Ton boulot.
Bette tourne la tête vers sa sœur, le regard noir.
-J’ai une galerie, explique Bette. Une galerie que je gère seule, donc ça prend du temps.
-Bien sûr, bien sûr.
-Alors, tu y vas ? reprend Alice avec sa petite voix.
La tête de Bette revient sur Alice. Elle soupire et se lève. Des questions défilent dans sa tête. Qu’est-ce qu’elle va trouver en ouvrant la porte ? La jeune femme dont elle était amoureuse ou une autre ? De quelle manière a-t-elle changé ? En 10 ans, les gens changent, c’est peut-être le cas de Tina.
Bette reprend sa respiration et ouvre la porte. Elle se fige sur place, la respiration bloquée en découvrant la jeune femme blonde qu’elle a aimée, penchée au dessus du lavabo. Cette dernière, en entendant la porte s’ouvrir, relève la tête et reconnait immédiatement Bette à travers le miroir. Elle se retourne pour lui faire face. Bette entre, referme la porte derrière elle et s’y adosse. Elles se fixent sans oser se dire un mot.
Un silence lourd et pesant s’installe.
Bette finit par faire quelques pas, mais reste à une distance marquée. Tina, elle, s’était retournée et se font alors face.
-Je… commence Bette. Je suis contente de te revoir.
-Moi aussi, répond Tina presque dans un murmure.
Bette fait un pas vers elle.
-Tu es de plus en plus belle.
Tina ne répond pas. Elle a la bouche tellement sèche mais elle a surtout peur de vomir à nouveau si elle ouvre la bouche.
-Je… Les filles s’inquiétaient, alors… Tu vas mieux ?
-Ou… Oui, arrive-t-elle à dire.
-Tu en es sûre ?
Tina prend une grande inspiration pour se ressaisir. Le gros choc est passé.
-Oui. C’est juste que… Je n’étais pas préparée à te revoir, avoue Tina. Ça m’a fait un choc quand elles ont dit que tu allais passer.
-À moi aussi, ça m’a fait un choc, sourit Bette.
Tina se dirige vers la porte mais Bette la retient par la main. Elle a remarqué que celle-ci n’est pas vraiment en forme. Elle est d’une pâleur extrême et sa marche est chancelante.
-C’est le choc ou il y a autre chose ? lui demande Bette.
-Pourquoi tu dis ça ? s’étonne Tina.
-Tu es très blanche et tu sembles à peine tenir debout.
-Je suis fatiguée et… te revoir n’arrange rien.
-Tu veux que je te raccompagne chez toi ? propose Bette.
-Je vais demander à Dana de le faire.
-Pourquoi ? De quoi tu as peur, Tina ?
Tina relève les yeux sur Bette. Elles se fixent dans les yeux un moment qui parait durer une éternité.
-Je n’ai pas peur, dit Tina.
Bette esquisse un sourire. Elle a l’impression de revoir la Tina d’il y a 10 ans, avec la même fragilité. Elle pose doucement sa main sur sa joue et la caresse avec une infinie tendresse. Cette caresse, Tina n’a jamais su l’oublier, elle l’a tellement rêvée, tellement souhaité la sentir à nouveau.
-T’acceptes que je te ramène chez toi ?
Tina acquiesce.
***
Elles retournent dans la salle. Les filles voient bien que Tina n’est pas en grande forme. Bette prend ses affaires et celles de Tina.
-Je la raccompagne chez elle, leur dit Bette.
-Je crois en effet que c’est préférable que quelqu’un la ramène, conforte Kit.
Bette aide Tina à marcher jusqu’à sa voiture. Bette fait preuve de galanterie, elle lui ouvre la portière, la referme après que Tina se soit installée. Puis, elle prend place derrière le volant.
Avant de démarrer, elle lui demande si ça va, ce à quoi Tina répond par un hochement d’épaules. Elle lui donne ensuite son adresse. Elle grelotte, alors Bette retire sa veste et lui tend.
-Pose ça sur toi, lui dit-elle.
Tina se camoufle dedans. Elle peut donc humer le parfum de Bette et capter le peu de chaleur qui reste.
Bette démarre et roule à travers Los Angeles.
Quelques minutes plus tard, Bette s’arrête devant chez Tina. Elle descend de sa voiture et va rouvrir la portière à Tina.
-Je suis désolée, lui dit Tina en descendant.
-De quoi es-tu désolée ?
-De tout. De ce qui s’est passé il y a 10 ans et pour ce soir.
-Tu n’as pas à être désolée de quoi que ce soit. Pour ce qui s’est passé il y a 10 ans, ça appartient au passé et puis, pour ce soir, ce n’est pas de ta faute si tu es malade.
Tina esquisse un léger sourire. Elle retire la veste de Bette pour la lui rendre. Bette la récupère et la repose sur les épaules de Tina.
-Non, garde la pour le moment.
Tina déambule jusqu’à son appartement, suivie par Bette.
À peine rentrée chez elle que Tina se précipite aux toilettes pour vomir. Bette la rejoint et lui tient les cheveux. Tina s’assoit par terre, près de la cuvette des toilettes au cas où l’envie de vomir la reprenne. Bette, quant à elle, reste près d’elle. Elle lui masse les épaules. Elle sent des sueurs parcourir le dos de Tina.
-Tu ne veux pas que j’appelle un médecin ? lui demande Bette.
Tina hoche négativement de la tête. Bette pose instinctivement sa main sur le front de Tina et constate qu’elle est un peu fébrile.
-Tu as de la fièvre.
Tina s’empare de la main qui était sur son front pour la serrer dans la sienne avant de vomir encore. Elle reste encore quelques minutes avant d’essayer de se relever. Bette se lève d’un bond, prête à retenir Tina au cas où elle tomberait. Tina se rend dans sa chambre. Elle commence à se déshabiller, mais elle n’y arrive pas, trop affaiblie par son état de santé, alors Bette l’aide à se déshabiller et à revêtir son pyjama.
Tina se couche, toujours grelottante. Bette la recouvre correctement de la couette et prend en plus la couverture, qui était pliée au bord du lit, pour l’en couvrir. Cette dernière s’assoit sur le bord du lit, à la veiller.
-Tu ne vas quand même pas rester toute la nuit ainsi, lui dit Tina d’une petite voix.
-Je préfère veiller sur toi.
-Je peux venir me blottir dans tes bras ?
Bette se lève, fait le tour du lit, retire ses chaussures et vient se coucher sur le lit. Tina se retourne et vient se blottir dans les bras de Bette.
Tina s’endort assez rapidement.
Dans la nuit, Bette se glisse sous la couette et se colle un peu plus à Tina afin de lui transmettre sa chaleur. Elle l’entoure de ses bras et s’endort à son tour.
Le lendemain matin, Bette se réveille avec Tina toujours dans ses bras. Elle se dégage en évitant de la réveiller, cependant elle reste allongée près d’elle, à la regarder dormir. Elle n’a jamais eu l’occasion de la voir se réveiller. Elles n’ont passé qu’une nuit ensemble et c’était Tina qui l’avait réveillée d’une manière assez brusque.
Doucement, elle remarque que Tina ouvre les yeux. Tina se redresse, encore un peu avec la tête qui tourne, des maux de ventre la saisissent. Elle se plie en deux.
-Tina, ça va ? s’inquiète aussitôt Bette.
-Non, répond Tina avant de se lever pour courir à la salle de bains et y vomir à nouveau.
Bette la rejoint et lui dit :
-Cette fois, tu ne discutes pas, il faut que tu voies un médecin.
Après avoir aidé Tina à se changer, Bette la conduit aux urgences où par chance elle est prise en charge assez rapidement. Le médecin est clair, il s’agit d’une intoxication alimentaire du certainement à son récent voyage en Asie.
Bette la reconduit chez elle. Il est presque midi.
-Faut que j’y aille, lui dit Bette.
Tina, qui est couchée dans son lit, acquiesce. Évidemment, elle ne peut pas contraindre Bette à rester là à la veiller. Elle n’est pas mourante non plus. Elles se verront quand elle ira mieux.
-Je repasserai en fin de journée.
-Tu n’es pas obligée, Bette.
-J’en ai envie.
Bette quitte alors l’appartement de Tina pour rentrer chez elle.
En sortant, elle croise Dana qui vient prendre des nouvelles de Tina.
-Bette ? Qu’est-ce que tu fais encore là ? Tina va bien ? s’inquiète Dana.
-Oui, elle va mieux, la rassure-t-elle. Elle a vu un médecin ce matin, rien de grave. J’ai préféré rester avec elle la nuit dernière pour m’assurer que tout irait bien.
-Tant mieux.
Bette s’éloigne déjà quand Dana la rappelle.
-Je peux te poser une question ?
-Bien sûr, répond Bette tout de même sur ses gardes.
-Non, rien, dit Dana après hésitation.
Bette attend un instant, peut-être que Dana la poserait quand même sa question, mais non, rien ne vient, alors elle retourne à sa voiture.
***
Une fois arrivée chez elle, elle se dirige immédiatement à la salle de bains pour prendre une douche. Elle en a grandement besoin. Bette reste pas mal de temps sous le jet d’eau relaxant.
Après d’être changée, elle file en direction de sa galerie où James lui saute aussitôt dessus.
-Ah Bette enfin ! Il y a eu pas mal d’appels, ce matin, concernant la prochaine expo.
-Tu as pris les messages ?
-Oui. J’ai tout posé sur ton bureau.
-Ok parfait. Je vais travailler à la maison, donc s’il y a des appels urgents, tu les transfères sur mon portable.
-Ok.
Bette s’empare des dossiers sur son bureau et repart. Elle passe rapidement au Planet.
-Je ne le crois pas ! déclare Alice en la voyant. Toi ici ! Tu as oublié que tu as une galerie à gérer toute seule ?
-Très drôle, Alice. Je vais travailler chez moi, mais avant je vais passer voir Tina.
-Dana nous a dit que tu avais passé la nuit avec elle, dit Alice avec un petit sourire en coin.
-Qu’est-ce que tu vas encore imaginer ?
-Ne cherche pas, lui répond Shane. Alice est encore partie dans ses délires.
-Hé ! Ce ne sont pas des délires.
-Ouais, si tu le dis.
-Alice, mêle-toi de tes affaires, lui dit Bette.
-Bette, je te connais suffisamment pour savoir que Tina ne te laisse pas indifférente, enfin qu’elle ne te laisse toujours pas indifférente.
-Arrête avec ça, rétorque Bette. On est passé à autre chose toutes les deux. En 10 ans, beaucoup de choses ont changés.
-C’est elle qui te l’a dit ?
-Non, mais c’est comme ça que la vie est faite. On ne peut pas s’accrocher désespérément à ses souvenirs.
-Bien sûr. Dans ce cas, explique-moi pourquoi aucune de tes histoires ne marchent si ce n’est pas parce que tu as toujours Tina dans la tête.
Bette ne répond pas.
-Donc j’ai bien raison, conclut Alice.
-Tu ne peux pas la laisser tranquille, soupire Shane.
-Mais qu’est-ce que t’as toi depuis ce matin ? T’es grincheuse.
-Bon, moi je vous laisse, dit Bette en voyant là une chance de fuir loin d’Alice et ses questions indiscrètes.
Bette est rapidement de retour chez Tina. Elle sonne et Tina vient lui ouvrir et la laisse entrer.
-Comment tu te sens ? lui demande Bette.
-Mieux.
-T’as encore une petite mine.
-Sans doute.
Tina s’assoit sur son canapé, les jambes repliées sur elle et se couvre d’une couverture. Bette s’installe à côté d’elle.
-J’espère que ça n’a pas perturbé ta soirée, lui dit Tina.
-Non, ne t’en fais pas pour ça, répond Bette souriante.
-J’espère au moins que personne ne t’attendait chez toi, hier soir ?
-Serait-ce une façon détournée de savoir si j’ai quelqu’un dans ma vie ? s’amuse Bette.
-Non, ment Tina.
-Personne ne m’attend chez moi. Je vis seule, j’ai personne dans ma vie.
Tina ne dit rien, elle garde les yeux fixés sur le sol.
-C’est ce que tu voulais savoir, non ?
Tina reste toujours silencieuse.
-Tu es gênée ? lui demande Bette.
Toujours aucune réponse de Tina, alors Bette l’oblige à la regarder. Elle voit des yeux inondés par des larmes.
-Tu as encore mal ? s’inquiète-t-elle.
-Non, répond Tina. Ce n’est rien.
-Pourquoi tu ne me dis pas ce qui ne va pas ?
-Parce qu’il n’y a rien à dire.
-Vraiment ?
-Oui, vraiment.
-Ok, déclare Bette en se levant. Donc je peux repartir.
Tina ne lui répond pas. Elle baisse les yeux. Bette décide tout de même de partir, peut-être est-il trop tôt pour envisager une discussion avec elle.
***
Dès qu’elle entend sa porte d’entrée se refermer, Tina prend possession de son téléphone et appelle Dana.
-Tu es occupée là ? T’es à l’entrainement ?
-Non, je suis au Planet avec Alice et Shane.
-Est-ce que tu peux venir ?
-Pourquoi ? Ca ne va pas ? demande Dana inquiète.
-Non, si ça va, c’est juste que… j’ai besoin de te parler.
-Bon, ok, j’arrive.
Au Planet, Dana raccroche et fixe les deux filles.
-Tu ne m’as pas dit que Bette passait chez Tina ? demande Dana à Alice.
-C’est ce que nous a dit Bette.
Dana se lève et part afin de se rendre chez Tina.
Au même moment, Bette arrive chez elle. Elle jette ses dossiers sur le canapé dans un soupir. Elle ne comprend toujours pas la réaction froide de Tina. Elle s’assoit et se prend la tête entre ses mains.
Depuis qu’elle l’a revu, elle est sans cesse de retour dans ses pensées passées et surtout à ses moments avec Tina. Elle repense aussi à ce que lui a dit Alice au sujet de ses relations qui ne marchent pas. Bien sûr, il n’y a aucun doute sur ce qu’a avancé Alice, elle n’a jamais pu oublier Tina. Ce qu’il y avait entre elles, c’était à part, hors du commun.
Bette, après leur séparation quelque peu forcée, s’était demandée si leur histoire aurait été aussi forte s’il n’y avait pas eu ce goût du risque. Ce petit parfum d’interdit. Elle se posait cette question et essayait de s’en persuader à chaque fois qu’elle tentait de construire une relation stable avec une femme. Seulement, elle ne pouvait réellement s’y résoudre car au fond d’elle, Bette savait que ce n’était pas la vérité, que ce qu’il y avait eu entre Tina et elle était vrai, réel, authentique… et non un flirte de vacances. Il y avait de vrais sentiments.
Ça a été une déchirure pour Bette de ne plus la voir, de s’être faite évincer de cette façon par le père de Tina. S’il n’y avait pas eu les filles pour la soutenir, elle ne sait pas ce qu’elle aurait fait. Pendant des mois, elle a eu cette idée d’en finir tellement sa douleur était forte. Elle ne supportait pas de s’imaginer sans elle.
En si peu de temps, Tina avait réussi à faire une chose que personne n’a jamais su faire sur Bette. Personne n’avait réussi à percer le cœur de Bette et à en sortir de l’amour pur.
« À son retour de vacances, Maxine avait remarqué le changement qui s’était opéré chez sa fille. Évidemment, elle avait tout de suite songé à une peine de cœur, mais elle devait bien se l’avouer, elle n’avait jamais vu sa fille être autant touchée par une rupture. Bette ne mangeait plus, ne souriait plus, n’avait plus le goût à rien, n’avait plus d’envie. Maxine s’inquiétait à chaque fois qu’elle partait travailler, elle avait peur que sa fille fasse une bêtise en son absence.
N’en pouvant plus de voir sa fille dépérir, elle décida d’aller lui parler. Quand elle entra dans la chambre de cette dernière, elle la découvrit en pleurs, recroquevillée sur son lit. Elle s’installa près d’elle et retira les cheveux qui masquaient son si joli visage.
-Qu’est-ce qui ne va pas, mon ange ? demanda Maxine avec tendresse.
Bette se redressa et se jeta dans les bras maternel.
-J’ai mal, avoua-t-elle. Pourquoi ça fait si mal ?
-Je ne sais pas, mon ange, répondit la mère.
Maxine savait parfaitement de quoi parlait sa fille. Seul un chagrin d’amour pouvait en être la cause.
-Je n’arrive pas à l’oublier.
-Ca va être long à guérir d’un chagrin d’amour.
-Mais pourquoi l’amour fait si mal ?
-Ce n’est pas à toi que je vais expliquer ça. L’amour, c’est comme une œuvre d’art, ça fait naitre en nous des sentiments comme le bonheur, la joie, la colère, la douleur même. La seule différence, c’est que l’amour n’est pas visible, pas palpable, il est innée en nous et tout le monde peut le ressentir. Il s’exprime d’une façon incontrôlable, on n’a plus de raison quand l’amour est là.
-Je ne veux plus jamais le ressentir, déclara Bette avec conviction.
-Si tu as rencontré le véritable amour, cet été, plus jamais tu ne ressentiras ça aussi fort. Il n’y a qu’un véritable amour dans toute une vie.
-Je ne veux pas avoir perdu mon véritable amour.
-Peut-être que ce n’était pas celui-là.
-Si, c’était celui-là. Je sais que c’était avec elle que je pou…
-Elle ? s’étonna Maxine.
Sans s’en rendre compte, Bette venait de faire son coming-out à sa mère. Elle releva les yeux sur sa mère.
-Qu’est-ce que tu voulais dire par « elle » ? Tu… C’est… Tu es amoureuse d’une fille ? Non, tu ne… Non, c’est une erreur.
-Non, maman, avoua Bette.
-Non, tu n’es pas homosexuelle. Tu penses l’être mais ce n’est pas le cas. Ce qui s’est passé cet été, ce n’était rien.
-Non ! vociféra Bette. Je suis comme ça ! J’aime les filles ! Et ce qui s’est passé avec Tina était réel ! »
***
Dana arrive chez Tina. Elle frappe et entre. Elle retrouve Tina au salon, une tasse de thé fumante entre ses mains.
-Qu’est-ce qui se passe ? demande Dana en prenant place près de son amie.
-Rien de grave.
-Alors quoi ?
-Je ne comprends pas ce qui se passe.
-Comment ça ?
-Avec Bette.
Dana regarde son amie d’enfance avec surprise.
-Je ne vois pas où tu veux en venir ? lui dit Dana.
-Hier soir, Bette a été géniale avec moi, j’avais l’impression d’être revenue 10 ans en arrière, mais ce n’est pas la même chose.
-Tu as peur que Bette ne soit pas lesbienne ?
Tina ne dit rien.
-Si c’est ça le problème, je peux t’affirmer que Bette est bel et bien lesbienne. C’est Alice qui me l’a dit.
Tina reste toujours silencieuse.
-Tu l’aimes toujours ? demande Dana.
-Je ne sais pas, répond Tina. Bette est l’unique femme avec qui je sois sortie, je ne sais pas si ce que je ressens pour elle, c’est de l’amour ou autre chose.
-A l’époque, tu étais amoureuse ou pas ?
-Oui, mais après je n’ai eu que des histoires avec des hommes.
-Je sais parfaitement que tu n’as jamais ressenti avec eux ce que tu as ressenti avec Bette. C’est toi-même qui me l’as dit.
-Je sais, avoue Tina. Seulement, qu’est-ce qui me prouve que Bette m’aime toujours ?
-Je ne sais pas. Il faut que vous vous en parliez.
-Tu me vois lui demander : Bette, est-ce que tu m’aimes encore ? Ca ne va pas ! Je suis incapable de lui demander ça. Je suis sûre qu’elle a tourné la page, qu’elle a oublié ce qui s’est passé à l’époque et moi comme une idiote, je m’imagine des choses. Je n’ai plus 17 ans et elle, elle n’en a plus 23.
-Si tu le dis.
Tina est perdue dans ses sentiments. Elle sait qu’elle est toujours amoureuse de Bette, mais est-ce que c’est réciproque et puis si c’était le cas, est-ce qu’il est possible de reprendre une histoire vieille de 10 ans ? Non, c’est impossible. Trop d’années se sont écoulées. Trop de blessures aussi.
-En réalité, je ne veux pas revivre la même chose, finit par avouer Tina à Dana.
-Pourquoi tu revivrais la même situation ?
-Tu sais ce qui s’est passé à l’époque, n’est-ce pas ? Alors, il n’est pas difficile d’imaginer ce qui pourrait arriver aujourd’hui.
-Dans ce cas, tu préfères te sacrifier ?
-On peut dire ça comme ça, oui.
Le lendemain, Tina reprend le travail. Elle est en meilleure forme. Elle va pour sortir de chez elle quand elle tombe sur Dana qui fait son jogging quotidien.
-Tu viens avec moi ? Je vais au Planet.
-Non, je préfère aller directement aux studios, répond Tina.
-Tu ne vas quand même pas passer le reste de ta vie à l’éviter.
-Dana, s’il te plait.
-Quoi ? Je ne comprends plus, Tina. À l’époque, tu étais prête à tout et aujourd’hui, tu as peur de te retrouver face à elle.
-J’accepterai tes remarques le jour où tu accepteras de t’avouer telle que tu es !
Sur ce, Tina se rend à sa voiture. Elle ouvre la portière mais ne monte pas. Elle s’en veut d’avoir dit ce qu’elle vient de dire à son amie d’enfance. Elle se retourne vers Dana.
-Excuse-moi, lui dit Tina. Je ne voulais pas dire ça, c’était stupide.
-Non, tu as raison au fond. Il faut que j’assume mon homosexualité, que je sorte enfin du placard, répond Dana.
Tina s’approche de Dana et la prend dans ses bras.
-Écoute, le passé doit rester où il est. Je ne dis pas que ce qu’il s’est passé avec Bette était une erreur, par contre, ce serait une erreur de reprendre avec elle.
-Tu ne penses pas cela sérieusement ?
-Si je le pense.
Tina retourne à sa voiture et démarre, laissant ainsi Dana perdue, sur le trottoir.
***
Bette est à sa galerie, de mauvaise humeur. Rien ne va aujourd’hui, déjà qu’elle a passé une très mauvaise nuit, ce matin est guère meilleur.
Depuis son arrivée, James n’arrête pas de lui transmettre des dossiers et le téléphone ne fait que sonner. Elle vient à peine de finir sa longue communication que James entre dans son bureau, l’air penaud.
-Bette, tu as Harold sur la ligne 1, dit-il faiblement.
-Va te faire foutre, James ! hurle Bette. J’en ai marre de tous ces appels inutiles !
James, connaissant Bette, se doutait qu’elle allait réagir de cette manière.
Bette prend le combiné pour répondre à son interlocuteur. La discussion est brève et froide. Elle raccroche exaspérée. Elle se lève et sort, quitte la galerie sans adresser un mot à James. Elle a besoin de calme.
En réalité, elle n’a qu’une seule envie, c’est de retrouver Tina et lui parler, lui dire ce qu’elle pense de tout ça, de cette situation absurde, mais elle ne se voit pas débarquer chez elle ainsi. Alors, finalement, elle opte pour le Planet.
Elle rejoint Shane qui est installée au bar.
-Qu’est-ce que tu fais là ? s’étonne Shane. T’es pas à ta galerie ?
-J’y étais, mais je n’ai aucune envie de bosser, aujourd’hui.
-C’est à cause de Tina ?
Bette ne confirme pas l’hypothèse de Shane. Cette dernière a visé juste. Tina est la cause de son humeur massacrante.
-Qu’est-ce qui s’est passé ? lui demande Shane.
-Rien de particulier. Hier, je n’ai pas reconnu la Tina que j’aimais. Celle à qui je faisais face était froide.
-Dana nous a dit que…
Shane hésite.
-Que quoi ?
-Non, laisse tomber.
-Shane, tu en as trop dit ou pas assez.
-Je pense que, si tu veux espérer quelque chose avec Tina, il faut lui laisser du temps.
-C'est-à-dire ?
-Il semblerait que Tina mène un combat contre son père depuis des années, d’après ce que nous a dit Dana, avoue Shane. C’est pour ça qu’elle cherche à t’éviter.
Bette ne sait pas quoi penser de tout ça. Tout ça la dépasse. C’est une chose qu’elle ne peut pas contrôler et ça l’angoisse, l’énerve.
-C’est absurde, déclare Bette avant de quitter le Planet.
Au fil des jours, Dana se rapproche toujours plus des filles, se rendant régulièrement au Planet afin de les retrouver. Tina refuse de l’accompagner à chaque fois qu’elle lui propose d’y aller.
Tina croise les doigts pour que Bette ne vienne pas jusque chez elle. Tant qu’elle ne se sera pas libérée de ce qui l’oppresse, de ce qui l’empêche de vivre sa vie comme elle l’aimerait, elle évitera Bette. Même si elle sait qu’elle la verra très prochainement.
En effet, Dana a invité les filles à assister à son match à New York. Tina ne pouvait refuser, elle n’a jamais raté un match de Dana. Si elle l’avait fait, Dana ne lui aurait jamais pardonné.
Tina est en train de préparer ses bagages lorsque Dana arrive chez elle, tôt le matin.
Cette dernière voit bien que Tina n’est pas aussi enjouée que d’habitude.
-C’est parce que Bette sera présente au match que tu fais cette tête ?
Tina reste silencieuse, elle continue à remplir son sac.
-Tina ?
-Non, ça n’a rien à voir, enfin y a un peu de ça quand même.
-Qu’est-ce qu’il y a d’autre ?
-Je dois passer voir mon père lorsque je serai à New York. Il m’a appelé hier soir pour me dire de passer chez lui. Il savait parfaitement que j’allais aller à New York, ce week-end.
-Oh ! Tu vas lui parler ?
-Je vais essayer. Je pense qu’il est grand temps que je le fasse et tant pis du résultat. Faut que je le fasse, que je me libère de ces chaines.
-On y va ?
Tina acquiesce et suit Dana.
Elles arrivent à l’aéroport où les attendent Alice et Shane.
-Bette n’est pas avec vous ? s’étonne Dana.
-Elle ne sait pas si elle pourra se libérer ce week-end pour venir assister à ton match, lui dit Alice.
-C’est dommage !
Toutes les quatre embarquent.
Une fois sur le sol new yorkais, elles se rendent à l’hôtel. Toutes partageront la chambre réservée pour Dana. Tina n’a pas décroché un mot du voyage.
Pendant que Dana part s’entrainer, Alice et Shane filent faire du shopping. Tina, elle, reste dans la chambre, prétextant des coups de fil à passer.
L’après-midi touche à sa fin quand Tina se décide enfin à sortir.
Elle arrive dans le hall de l’hôtel et s’arrête net quand elle voit cette personne entrer. Cette personne, elle ne l’a jamais oubliée. Elle reste tétanisée. La personne s’approche de Tina avec un large sourire.
***
Alice et Shane flânent dans ces rues, tout en discutant de la ville et de ses merveilles, mais la discussion revient rapidement sur le comportement étrange de Tina ces derniers temps.
-Tu crois que Tina a quelqu’un dans sa vie ? demande Alice.
-Si c’était le cas, Dana nous l’aurait dit, répond Shane en regardant une vitrine.
-Mais peut-être que Dana ne sait pas tout !
-Peut-être.
Les deux amies entrent dans un café. Elles s’installent à une table. Le regard de Shane se pose immédiatement et irrémédiablement sur une jeune femme assise à une table un peu plus loin. Elles s’observent. La jeune femme sourit à Shane.
-Shane ? appelle Alice. Shane !
-Quoi ? demande Shane une fois revenue à elle.
-C’est Dana. Elle nous demande de la rejoindre pour aller diner.
-Ouais, j’arrive. Passe devant, je te rejoins.
Alice voit Shane se diriger vers cette jeune inconnue. Elle voit Shane lui murmurer quelque chose à l’oreille. Alice lève les yeux au ciel. Jamais Shane ne changera, un vrai Dom Juan.