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Jeunesse et protection des mineurs
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Série : The L Word
Création : 02.03.2013 à 09h56
Auteur : Jenel
Statut : Terminée
Une nouvelle histoire avec Tibette
Cette fanfic compte déjà 31 paragraphes
Fin des années 1970, à New Bern, en Caroline du Nord.
-Ne t’éloigne pas trop, dit une femme blonde.
La jeune adolescente interpellée se retourne.
-Je reste dans le coin, maman, rassure-t-elle.
-Je te rappelle que ton père passe avec ta sœur, en fin de matinée, pour déjeuner.
-Je sais.
-Bon, tu peux y aller.
Elle observe, un moment, sa mère et les déménageurs s’activer à emménager leur nouvelle maison, puis elle s’éloigne.
Elle longe d’un pas tranquille sa nouvelle rue, jusqu’à ce qu’elle entende des pleurs. Elle hésite à s’approcher.
Du bout de l’allée qui mène à la maison, l’adolescente voit une petite fille, un peu plus jeune qu’elle, blonde, la tête enfouie dans ses bras. Elle se décide, finalement, à aller lui parler.
Sans un mot, elle s’assoit près d’elle. Elle l’observe un moment ne sachant pas trop quoi dire ou faire.
-Salut, dit-elle timidement. Je m’appelle Bette et toi ?
La blondinette lève la tête vers Bette. De longues trainées de larmes maquillent ce joli visage enfantin.
-Tina, répond-t-elle d’une voix en sanglot.
-Je viens d’arriver en ville. J’habite la maison, là-bas, lui dit Bette en pointant du doigt sa maison.
Devant le silence de Tina, Bette lui demande :
-Pourquoi tu pleures ?
-Mes parents se disputent tout le temps.
-J’ai connu ça aussi, avoue Bette.
-Ah oui ?
-Mes parents sont divorcés maintenant. C’est pour ça que je suis ici. Avec ma mère, on est venue s’installer ici.
-TINA ! hurle une voix masculine derrière elles.
-Je dois y aller, déclare Tina précipitamment.
Tina se lève et rentre chez elle où les cris continuent. Bette entend l’homme hurler sur la fillette. Elle prétend que l’homme qui hurle n’est autre que le père de Tina, puis Bette retourne chez elle. Elle remarque que son père est arrivé.
Quand elle le voit, debout dans le salon, Bette se jette dans ses bras.
-Où étais-tu donc passée ? lui demande Melvin.
-Je parlais avec une fille qui s’appelle Tina. Elle habite un peu plus loin, au bout de la rue. Katy n’est pas avec toi ?
-Non, elle n’a pas pu venir, mais elle viendra te voir.
Bette relâche son étreinte, déçue. Elle n’est pas certaine que sa sœur viendra. Ce n’est pas la première fois qu’elle lui promet quelques choses et qu’elle ne la tient pas.
Pendant le déjeuner, Bette reste silencieuse. Maxine s’en inquiète.
-Qu’est-ce qui ne va pas, mon ange ?
-Rien.
-Je te connais et je sais que quelque chose te tourmente.
-Je pensais à…
-Oui ?
-Je pensais à notre vie à Philadelphie, termine Bette.
-Philadelphie te manque ? demande Melvin.
-Il y a tous les gens que je connais, là-bas. Ici, je ne connais personne.
-On vient seulement d’arriver. Tu te feras de nouvelles amies et puis, tu pourras retourner à Philadelphie quand tu voudras, lui assure Maxine.
-Mais ça ne sera plus comme avant.
Melvin et Maxine fixent leur fille, ne sachant pas quoi lui dire pour la rassurer.
Au fil du temps et des années qui passent, Bette s’était rapprochée de Tina, devenant inséparables. Elles passent le plus clair de leur temps ensemble.
Bien que Bette ait l’âge de la sœur aînée de Tina. Elles se confient l’une à l’autre. Il n’y a aucun secret entre elles. C’est une amitié très fusionnelle qui existe entre elles.
Il fait nuit. Bette est allongée sur son lit, en train de lire un brochure sur l’université de Yale, quand elle entend un léger toquement à sa fenêtre. Elle se retourne et sourit aussitôt.
Bette se lève et ouvre sa fenêtre.
C’est Tina. Elle a 16 ans maintenant. Elle entre dans la chambre.
-Je peux rester avec toi, cette nuit ? lui demande Tina.
-Quelle question ! Bien sûr que tu peux.
Elle se met sous les couvertures et se recroqueville légèrement sur elle-même, en position fœtal. Bette se recouche, éteint les lumières et se colle au dos de Tina pour la serrer dans ses bras.
Depuis qu’elles se connaissent, Tina passe très régulièrement la nuit avec Bette. Au départ, c’était pour éviter d’entendre ses parents hurler qu’elle venait se réfugier dans la chambre de Bette. C’était cette dernière qui lui avait suggéré l’idée un jour où la dispute s’était faite plus violente que d’ordinaire, puis l’habitude s’est installée.
Pour Bette, Tina est comme une petite sœur qu’elle se doit de protéger de tout. D’ailleurs, elle pourrait être cette petite sœur.
-Tu vas me manquer, Bette, lui dit Tina sérieusement.
-Tu vas me manquer aussi.
Après un long silence, Tina se retourne et fixe Bette dans les yeux.
-J’ai peur.
-De quoi ? demande Bette.
-Que tu m’oublies, avoue Tina. Que tu ne reviennes pas.
-Jamais je ne t’oublierai, même loin de toi.
-New Haven est à des centaines de kilomètres d’ici.
-Tee, arrête. Je reviendrai à New Bern, je te le promets.
Bette serre Tina, un peu plus, dans ses bras. Elles s’endorment ainsi.
Le lendemain soir, Bette part pour l’université, laissant Tina derrière elle. Les larmes coulent sur ses joues lorsque son avion décolle.
***
Durant toute l’année où Bette fut à New Haven, elle et Tina entretenaient une correspondance écrite. Chaque semaine, l’une envoyait une lettre à l’autre, qui en recevait une. Dans chacune de leur lettre, elles se racontaient leur quotidien comme si elles étaient l’une en face de l’autre. Bette n’avait pas eu l’occasion de revenir à New Bern durant l’année. Sa première année d’université lui laissait peu de temps pour s’éloigner du campus.
Tina se réjouissait de bientôt revoir Bette pour les vacances d’été, mais dans sa dernière lettre, Bette lui annonçait qu’elle ne pouvait pas venir car elle avait été acceptée pour un stage. Ce stage ne pouvait se refuser. C’était une occasion unique pour Bette. Elle allait travailler avec un galeriste réputé de New York, il allait lui apprendre toutes les ficelles du métier. Elle qui aspire à ouvrir, à la fin de ses études, sa propre galerie. C’est une chance inespérée.
La déception et la colère se sont faites omniprésentes chez Tina. Elle en voulait atrocement à Bette de préférer un stage à elle. Tina, qui n’arrivait pas à lui pardonner, ne lui écrivit pas des vacances.
De son côté, Bette avait compris pourquoi Tina ne lui écrivait pas et elle ne pouvait pas lui en vouloir. Elle avait en quelque sorte rompue sa promesse.
Peu de temps avant la rentrée, elle lui écrivit une lettre dans laquelle elle s’excusait de ne pas avoir été là. Elle lui expliquait que ce stage avait été important pour elle et pour sa carrière future, mais Tina ne daigna pas lui répondre. Sa colère était toujours là.
Tina continuait à recevoir des lettres de Bette, mais elle ne répondit à aucune. Elle ne les ouvrit même pas. Elle ne voulait plus rien savoir d’elle. Elle l’avait abandonnée.
Bette se décide à retourner à New Bern pour la période de Noël. Cela fait plus d’un an qu’elle n’y a pas mis les pieds.
Avant de se rendre chez sa mère, elle passe au centre commercial pour effectuer des emplettes de dernière minute.
Elle erre dans les rayons quand elle aperçoit Tina. Elle n’est pas seule, mais peu importe, Bette s’avance vers elle avec le sourire, plus large que d’habitude.
Au fur et à mesure qu’elle s’approche de Tina, elle remarque que celle-ci a changé, elle s’est embellie. Si elle ne la connaissait pas si bien que ça, elle aurait pu douter sur sa personne, faire erreur, mais non, c’est bien Tina.
-Tina ?
Tina se retourne et voit Bette.
-Salut Bette, dit simplement Tina, sans aucune expression.
Bette est surprise par sa distance. Quand elle baisse les yeux, elle voit que la main de Tina est dans celle de ce gars boutonneux au look opposé à celui de la jeune fille. Ils ne vont pas du tout ensemble, se dit Bette.
-Ça me fait plaisir de te voir, dit Bette blessée au plus profond d’elle.
-Oui, à moi aussi. Excuse-moi, Bette, mais il faut que j’y aille.
Tina s’éloigne sans rien ajouter, sans même un regard.
Bette est blessée intérieurement par le comportement de Tina à son égard. Elle regarde, entre ses mains, ce qu’elle venait de trouver pour l’offrir à Tina. Tellement touchée par ce qui vient de se passer, elle repose alors son achat dans le rayon près d’elle. A quoi cela pourrait servir ? Tina semble ne plus vouloir avoir affaire avec elle.
Le soir même, Bette ne mange pratiquement rien. Elle joue avec sa fourchette à repousser ce qui est dans son assiette, les yeux rivés sur son plat. Maxine observe sa fille, elle voit bien que quelque chose tracasse sa fille, mais elle ne lui demande aucune explication.
Bette monte se coucher. Elle s’endort rapidement, éreintée non pas par le voyage mais par le comportement de Tina. Elle est éreintée psychologiquement.
Dans son sommeil, Bette sent un léger froid, très vite suivie d’une forte chaleur près de son corps. Elle rouvre les yeux et sursaute quand elle voit Tina, allongée près d’elle.
-Tina ?
-Salut, murmure simplement Tina.
-Qu’est-ce que tu fais là ? Comment t’es rentrée ?
-Tu n’avais pas bloquée la fenêtre et je vois que ça te fait plaisir de me voir, dit Tina.
-Non, ce n’est pas ça.
Bette se redresse pour s’asseoir dans son lit. Elle hésite à lui dire ce qui se passe en elle. Elle a peur de lui dire qu’elle a été touchée par son attitude de l’après-midi. Finalement, elle opte à lui dire la vérité.
-C’est juste que je n’aie pas compris ta réaction, de cet après-midi. Je sais que…
-Je suis désolée pour ça. C’est juste que… enfin, ce n’est pas important. Je suis contente que tu sois là, Bette.
Tina semble avoir pardonné à Bette. Pourtant, la veille, quand Maxine avait croisé Tina, celle-ci lui avait dit que Bette serait là demain, pour quelques jours, Tina n’avait montré aucun enthousiasme face à cette nouvelle. La donne a subitement changé. Peut-être est-ce du au fait de l’avoir revu qui lui a fait changé d’opinion ?
-C’était bien ton petit ami qui était avec toi, au centre commercial, cet après-midi ? demande Bette.
Tina baisse les yeux.
-Oui, avoue-t-elle.
-Pourquoi tu n’es pas avec lui, dans ce cas ?
-C’est fini. Et puis, si je suis là, c’est parce que j’ai envie d’être avec toi.
Bette a envie de lui dire que ce n’était pas cette impression là qu’elle avait eu plus tôt dans la journée, mais Tina se blottit contre Bette et ferme les yeux. Le rythme cardiaque de Bette ne fait qu’augmenter. Plus Tina se colle à elle, plus son cœur bat.
Bette tente de se rendormir, mais le bras de Tina qui l’entoure à la taille rend difficile l’accès au sommeil.
Bette se réveille la première. Elle observe Tina qui dort profondément. Elle est heureuse de la revoir malgré la douleur qu’elle a ressentie, la veille, quand Tina l’avait ignorée, cependant elle ne comprend pas ce qui se passe en elle. Ce sentiment de jalousie, aussi intense, lui était jusque là inconnu. En réalité, ce qui a fait le plus mal à Bette, ce n’est pas le fait que Tina s’est montrée froide et distante avec elle, non, c’est le fait de l’avoir vu si proche de ce garçon. De quel droit se permettait-il de prendre la main de Tina dans la sienne ? Elle avait été jalouse de ça.
Tina se réveille sur une Bette pensive, qui la fixe sans vraiment la voir. Tina caresse son visage pour la faire revenir à elle.
La douce caresse prodiguée par Tina sort Bette de sa torpeur et sans s’en rendre compte, guidée par son cœur, Bette s’abaisse et pose ses lèvres sur celles de Tina, mais à son contact, elle se relève d’un bond, comme si elle venait de se rendre compte de son erreur. Tina est sous le choc, elle ne s’attendait nullement à ça. Bette ne peut pas faire ça. Tina est comme sa petite sœur, ce serait incestueux.
-Bette ? tente Tina.
Bette s’était assise sur le bord du lit, après avoir réalisé ce qu’elle venait de faire, la tête enfouie entre ses mains.
Tina s’agenouille derrière elle et lui prend le bras pour l’obliger à se tourner vers elle et lui faire face. Quand Bette sent le souffle chaud de Tina dans sa nuque, elle relève la tête et se retourne afin de lui faire face.
Elles sont désormais les yeux dans les yeux. Tina se penche, en s’appuyant sur ses mains, et pose ses lèvres sur celles de Bette, qui sent la langue de Tina glisser sur ses lèvres. Tout en l’embrassant, Tina l’oblige à se retourner complètement en posant ses mains sur ses épaules.
Bette se retrouve alors à genoux entre les jambes de Tina, qui s’est rallongée tout en attirant Bette à elle. Bette est couchée sur le corps de Tina qui l’enserre de ses bras.
Elles se séparent à bout de souffle. Bette se redresse, en appui sur ses bras, elle fixe Tina en dessous d’elle.
-Tee ?
-Oui ?
-Je…
Mais Bette ne trouve pas les mots. Le poids, qui pesait sur son cœur, s’est soudainement allégé, lorsque ses lèvres ont embrassées celles de Tina ou plutôt quand les lèvres de Tina sont venues se reposer sur les siennes.
Elles se sont recouchées, sous les couvertures, face à face, se regardant quelques secondes avant de s’embrasser à nouveau jusqu’à manquer d’air. Elles ne cessent de s’embrasser, comme si c’était ce qui avait de plus important au monde. Elles sont insatiables. Leurs doigts s’entremêlent pour ne plus se quitter.
-Bette ? Tu es réveillée ? demande Maxine en bas de l’escalier.
Bette et Tina sursautent au son de la voix de Maxine.
-Kit est là ! continue-t-elle.
Bette regarde Tina avec le sourire. Bien qu’elle soit ravie de savoir que sa sœur est là, elle n’a aucune envie de quitter Tina ne serait-ce qu’une minute. Elles viennent seulement de se trouver.
-Attends-moi ici. Je reviens. Tu ne pars pas, hein ?
-Je reste là, assure Tina.
Avant de quitter sa chambre, Bette l’embrasse furtivement.
En bas de l’escalier, Kit l’attend et la prend dans ses bras. Cette dernière est toute aussi ravie de revoir sa petite sœur, mais elle remarque aussitôt que quelque chose cloche chez elle.
-Comment vas-tu, petite sœur ? demande Kit. Tu n’as pas l’air en forme.
-C’est juste que…
-Tina est là, c’est ça ? termine Maxine.
-Oui, elle est là, répond Bette un peu gênée.
-Qui est Tina ? interroge Kit.
-Tina est une amie de Bette. Elles sont inséparables depuis notre arrivée, à New Bern, répond Maxine
-Pourquoi tu ne m’as jamais parlé d’elle ? demande Kit étonnée que Bette ne lui ait jamais parlé de Tina.
-Je ne sais pas.
À vrai dire, Bette ne voulait pas en parler à sa sœur car elle lui aurait posé des questions indiscrètes. Kit est la seule à savoir qu’elle est attirée par les femmes. Bette le lui en avait parlé, il y a quelques mois lorsqu’elle avait vécu sa première expérience avec une femme. Elles en avaient parlé longuement au téléphone. Kit lui avait assuré que cela ne changeait rien pour elle, qu’elle resterait sa petite sœur même si elle faisait ce choix de vie. Bette s’était confiée à elle car elle seule pouvait la soutenir. Elle aurait pu en parler à Tina, mais leur relation n’était pas au beau fixe depuis plusieurs mois, alors elle s’était tournée vers l’unique autre personne sur qui elle pouvait compter et puis elle voulait en parler avec sa sœur parce qu’elle avait surtout peur de la réaction de leur père.
-David n’est pas avec toi ? demande Bette pour changer de sujet.
-Non, il est avec papa. Il est malade, alors l’avion...
-Va la chercher ! lui dit Maxine qui revient sur le sujet « Tina ». Ne la laisse pas, toute seule, là-haut. Elle prendra le petit déjeuner avec nous, ça changera de l’habitude.
-Comment ça ? demande Kit.
Alors que Maxine explique à Kit que, d’habitude, Tina s’éclipse par la fenêtre, au petit matin, après avoir passé la nuit ici, avec Bette, cette dernière remonte dans sa chambre et redescend en compagnie de Tina qu’elle présente à Kit.
Plus tard dans la journée, alors que Maxine et Kit sont parties faire des courses pour le réveillon, Bette retrouve Tina dans sa chambre.
-Comment tu as fait pour avoir la maison ? demande Tina, assise sur le lit.
-Eh bien, j’ai dit que je ne pouvais pas les accompagner car je devais réviser puisqu’à la rentrée, j’ai les examens.
Tina sourit à l’écoute du subterfuge de Bette. Elle n’est pas certaine que celui-ci ait été réellement persuasif.
Bette s’approche de Tina, caresse son visage et lui soulève le menton pour la fixer dans les yeux.
-Qu’est-ce qui se passe, Tee ? questionne Bette.
Le visage de Tina est empreint d’inquiétude.
-Tu as déjà fait l’amour avec une fille ? finit par demander Tina.
-Une fois, répond-t-elle, les yeux rivés aux siens.
Tina tourne la tête. Elle refuse de la regarder. Des larmes pointent leur nez sur le bord des yeux de Tina.
-Tina, qu’est-ce qu’il y a ?
-Je n’ai jamais fait l’amour avec une fille, dit Tina en fixant le mur.
-Et alors ? demande Bette qui ne voit pas où elle veut en venir.
-Je… je ne sais pas… faire.
Bette pose sa main sur la joue de Tina afin de l’obliger à la regarder dans les yeux. Un léger sourire qui se veut rassurant se forme sur les lèvres de Bette.
-D’abord, est-ce que tu as envie de faire l’amour avec moi ?
-Oui, répond Tina d’une petite voix, presqu’inaudible.
Elle prend le visage de Tina entre ses mains et l’embrasse tout en la basculant sur le dos. Puis, Bette se redresse, s’agenouille entre ses jambes et la regarde.
-Tu me fais confiance ? lui demande Bette.
Tina hoche positivement de la tête, alors Bette lui prend ses mains et la fait venir à elle. Ses mains se posent ensuite sur le pourtour du visage de Tina.
-N’aie pas peur, lui dit-elle doucement.
-Je n’ai pas peur.
-Je veux que tu sois certaine que c’est ce dont tu as envie, vraiment envie.
-J’en ai vraiment envie, Bette.
Leurs bouches se retrouvent, puis les lèvres de Bette glissent dans le cou de Tina et remontent jusqu’à son oreille, à laquelle elle murmure :
-Je t’aime. Je t’aime depuis longtemps.
À ses mots, Tina ferme les yeux. Tous ses doutes s’évaporent, maintenant elle le sait. Elle s’abandonne complètement. Elle laisse Bette faire.
Avec tendresse, Bette retire le pull de Tina. Ses mains peuvent enfin découvrir sa peau plus intimement qu’auparavant. Maintenant, Bette comprend mieux pourquoi Tina l’obsédait tant. Elle était amoureuse d’elle. Ce qu’elle prenait pour une grande affection était, en fait, de l’amour. Elle est amoureuse de Tina depuis pratiquement son arrivée, alors qu’elle n’avait que 14 ans. Tina, à l’époque, n’était encore qu’une enfant de 11 ans et pourtant, cela n’a pas empêché les sentiments de venir prendre possession de son cœur.
Tina est, à nouveau, allongée, les yeux clos. Elle n’ose pas regarder Bette qui découvre son corps. Sa pudeur est encore trop présente pour se laisser aller totalement. Cependant, cela ne dérange pas sa respiration qui se fait plus forte, au fur et à mesure que les caresses de Bette s’intensifient.
Désormais, Bette parcourt le corps de Tina de sa langue, avant de remonter, retrouver sa bouche.
-Regarde-moi, lui dit Bette qui voit que Tina s’oblige à garder les yeux clos. Regarde-moi.
Tina obéit sans tarder. La voix de Bette est tellement douce et hypnotisante qu’elle pourrait lui dire n’importe quoi qu’elle le ferait sans broncher.
-Je ne veux pas te forcer, Tina.
-Tu ne me forces pas, répond celle-ci.
-Ce n’est pas l’impression que j’aie.
Pour effacer les doutes que Bette peut avoir sur son envie à découvrir l’amour dans ses bras, Tina déboutonne son pantalon dans lequel Bette s’empresse d’y glisser sa main après avoir eu le signal de Tina, que c’était bien ce qu’elle voulait, mais qu’elle avait tout de même une légère appréhension. Tina se crispe rapidement en s’agrippant aux draps.
Une fois la tension redescendue, Tina fait basculer Bette et prend place au dessus d’elle en la fixant avec un regard envieux.
-Apprends-moi, lui demande Tina avec sérieux.