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Jeunesse et protection des mineurs
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Série : The L Word
Création : 02.03.2013 à 09h56
Auteur : Jenel
Statut : Terminée
Une nouvelle histoire avec Tibette
Cette fanfic compte déjà 31 paragraphes
Tina s’abaisse pour embrasser Bette qui la maintient fermement contre elle. Elle veut, tout d’abord, après s’être toutes deux dénudées, sentir son corps fusionner avec le sien, sentir la chaleur de son corps sur sa peau, sous ses mains qui courent dans son dos.
Elles passent le reste de l’après-midi à s’aimer. Elles oublient tout le reste qui n’est pas elles.
Bette et Tina reposent dans les bras de l’une de l’autre quand elles entendent la porte d’entrée s’ouvrir. Elles se rhabillent en hâte de peur que la mère ou la sœur de Bette ne viennent la voir.
Tina se dirige déjà vers la fenêtre, prête à s’enfuir telle une voleuse. Bette se rapproche d’elle, prend son visage entre ses mains.
-On se revoit, commence Bette entre deux baisers. Ce soir ?
-Si tu veux, répond Tina.
-Je veux profiter de toi avant que je ne retourne à l’université.
-Alors, à ce soir.
Après un dernier baiser, Tina s’évade par la fenêtre. Une chance pour elle qu’il y ait un petit muret, juxtaposé à la maison, avec des prises très accessibles. De plus, Tina, depuis son enfance, avec son frère et sa sœur font de la varappe.
Bette descend aider sa mère et sa sœur, feintant le besoin de faire une pause dans ses révisions.
-Alors, ma puce, tu as avancé dans tes révisions ? lui demande Maxine.
-Un peu, mais j’ai un peu de mal à me concentrer, déclare Bette en prenant un fruit.
Il est un peu plus de 3 heures du matin lorsque Bette monte dans sa chambre. Tina est déjà là, souriante, assise sur le bord du lit, attendant sagement Bette. Cette dernière se précipite vers elle, après avoir fermé sa porte à clé afin de ne pas être déranger ou surprise.
Elles ne se parlent pas, c’est inutile. Le simple fait d’être dans les bras de l’autre leur suffit. Elles s’endorment terrassées par la fatigue.
C’est Tina qui se réveille, en premier, vers 10 heures, remplie de questions. Pourtant, elle le sait qu’elle aime Bette depuis longtemps, cependant, aujourd’hui, tout est différent. Elle s’était faite à l’idée que Bette, malgré ses sentiments, resterait une amie, seulement une amie, maintenant, Bette n’est plus cette amie, elle est beaucoup plus que cela. Elle est son autre.
Doucement, Tina pose sa main sur l’épaule de Bette et la fait descendre le long de son bras. Bette ouvre difficilement les yeux et tourne la tête vers Tina.
-Bonjour, murmure Bette.
-Bonjour.
Bette prend la main de Tina et la pose sur son propre cœur.
-Tu le sens ? lui demande-t-elle.
-Oui, répond simplement Tina.
-C’est pour toi qu’il bat aussi fort. Je ne savais pas pourquoi il réagissait ainsi quand j’étais avec toi, mais, maintenant, je le sais. C’est parce que je suis amoureuse de toi.
Tina l’écoute attentivement.
-Cela faisait tellement longtemps que j’attendais une réponse à ça, à savoir pourquoi, que dès que je te savais si près de moi, il battait si fort dans ma poitrine, à vouloir s’en échapper. Je ne veux plus ne plus jamais ressentir ça, à chaque fois que je suis avec toi, je veux que ça continue, pour toujours. Je veux être avec toi, pour toujours. Être amoureuse de toi, pour toujours.
Une larme d’émotion coule sur la joue de Bette que Tina essuie de son pouce. Elle aussi est émue par les mots de Bette.
-Moi aussi je t’aime, Bette. Je le sais depuis toujours, seulement, je pensais que tu me voyais uniquement comme une amie.
-C’est ce que je pensais, au début, que tu étais ma petite sœur. Mais ce que je ressentais était beaucoup plus fort qu’une simple amitié. Je refusais d’admettre que je pouvais être amoureuse de toi. Je ne savais pas quoi faire avec ces nouveaux sentiments pour moi. J’avais peur.
-Avec toi, je n’ai peur de rien, avoue Tina.
La main de Tina caresse la joue de Bette.
-Jamais plus, je ne resterai aussi longtemps loin de toi, lui dit Bette. Je ne pourrai plus tenir si longtemps sans te voir, sans t’avoir dans mes bras.
Bette pose sa main sur la nuque de Tina et en exerce une pression pour approcher son visage du sien. Elle retrouve enfin les lèvres de Tina.
Durant cette période où Bette est en vacances, le temps semble passer vite. Bien que Tina et elle passent tout leur temps ensemble, inséparables comme au premier jour, le jour de son départ approche à grands pas.
-Je te promets de revenir avant l’été, lui assure Bette. De toute façon, je ne tiendrai pas si longtemps loin de toi. Je viendrai aux prochaines vacances.
Bette, comme elle l’avait promis à Tina, était revenue à New Bern aux nouvelles vacances. Juste pour elle. Maxine avait été étonnée d’apprendre que sa fille revenait avant les vacances d’été. Au fond, elle se doutait bien que c’était pour retrouver Tina. Maxine n’a jamais compris leur amitié si fusionnelle, tout ce qu’elle savait et retenait de cette relation, c’était que dès que Bette était avec Tina, elle la voyait rayonnante comme jamais.
Mais un jour, alors que Bette était à l’université, enfermée dans sa chambre d’étudiante qu’elle partageait avec sa colocataire, elle vit quelqu’un venir la prévenir que quelqu’un souhaitait lui parler au téléphone.
Bette ne se doutait pas un instant que cet appel allait bouleverser sa vie à tout jamais.
-Allô ? dit Bette inquiète.
-Bette, c’est moi, dit une voix en sanglot.
-Tina ? Qu’est-ce qui se passe ? s’en inquiète encore plus Bette.
Tina n’appelait jamais et Bette savait pourquoi. Son père refusait que Tina donne des coups de fils surtout s’il savait que c’était à Bette qu’elle appelait. Il détestait Bette. Pourquoi ? Aucune idée. Bette n’a jamais voulu savoir et Tina non plus. Tina s’en fichait de ce qu’il pouvait penser de Bette, tant que, elle, elle l’aimait, le reste avait peu d’importance.
-J’ai besoin de toi, pleure Tina à l’autre bout du fil.
-Qu’est-ce qui s’est passé ?
-Je ne peux pas. Pas au téléphone.
-Tina, tu m’inquiètes, lui dit Bette de plus en plus paniquée.
-Viens, je t’en supplie, Bette, viens. J’ai besoin de toi.
-Ok, ok, mon cœur. Je prendrai le premier vol pour New Bern, demain matin, lui affirme Bette. Je ne peux pas avant. Je te promets que je serai là demain.
Tina reste muette.
-Tee ?
-Je suis là.
-Je dois raccrocher. Retrouve-moi au parc, à midi. Je viendrai directement.
-Ok.
-Je t’aime.
-Je t’aime aussi.
-À demain.
Bette raccroche inquiète. Elle passe une nuit blanche à s’inquiéter pour Tina.
Le lendemain, Tina est déjà au parc quand Bette arrive. Elle se jette dans ses bras et lui explique tout.
15 ans plus tard, à Los Angeles.
Bette se lève et se prépare pour se rendre au CU. Elle est de mauvaise humeur. Elle n’a pas vraiment envie d’aller travailler mais elle est obligée. De plus, elle n’a pas le temps de passer au Planet pour prendre le petit déjeuner. Elle se rend donc directement au CU.
Sa journée est interminable et sa mauvaise humeur ne la quitte pas de la journée, pire que cela, elle empire au fur et à mesure que la journée passe.
Il est tard quand elle se rend au Planet. Lorsqu’elle y entre, elle reste figée sur place.
Tina vient d’arriver au Planet. C’est la première fois qu’elle y met les pieds. Elle est en train de se chercher une table quand Kit la voit et s’approche vers elle.
-Tina ? dit Kit hésitante.
-Kit ?
Kit la prend dans ses bras. Elle ne s’était pas trompée, elle avait bien reconnu Tina.
-Ça fait longtemps que tu es à Los Angeles ? lui demande Kit.
-Non, j’y ai emménagé, il y a un peu plus d’un mois, répond Tina.
Kit aperçoit Bette figée à l’entrée du Planet.
Quand Bette avait fait son entrée au Planet, elle avait irrémédiablement reconnu Tina bien qu’elle fut été de dos. De toute façon, elle l’aurait quand même reconnu parmi une foule monstre. En fait, ce n’est pas réellement Bette qui l’a reconnu mais son cœur. Son cœur qui n’a jamais pu, lui aussi, oublier son minois. Il était graver à l’intérieur à jamais.
-Tiens, voilà Bette qui vient d’arriver, déclare Kit.
-Bette ?
Tina se retourne et voit, à son tour, Bette, toujours aussi belle. Peut-être encore plus qu’avant.
Bette s’avance vers elles. Elle ne peut plus reculer. Elle a l’impression que ses jambes vont défaillir à chaque pas effectué. Son cœur se remet en marche. Il retrouve le rythme qu’il avait connu à une époque.
-Bonsoir Tina, dit Bette.
-Bonsoir Bette.
-Je vous ai connu plus démonstrative dans vos retrouvailles, constate Kit.
Bette et Tina ne répondent rien. Elles se regardent juste dans les yeux. Il n’y a plus rien autour d’elles. Elles sont comme dans une grande pièce blanche très illuminée et elles en son centre.
-Au fait, c’est bien ce soir que Jodi rentre ? demande Kit à Bette.
-Oui, répond Bette sortie de sa léthargie.
Une adolescente s’approche des trois femmes et s’adresse à Tina.
-Je peux choisir ce que je veux, maman ?
À ce dernier mot, Bette tourne la tête vers l’adolescente. Elle a l’impression de revoir Tina, des années en arrière.
-Hein ? dit Tina un peu perdue.
-Tu as une fille ? s’étonne Kit.
-Euh oui, répond Tina à Kit. Oui, tu peux commander ce que tu veux, dit-elle à sa fille.
L’adolescente retourne à sa table et reprend la carte.
-Elle a quel âge ? demande Bette intriguée.
Tina sait où Bette veut en venir.
-Sasha a 14 ans.
Le visage de Bette s’assombrit.
-Maman ? appelle Sasha.
-Excusez-moi, s’excuse Tina avant de rejoindre sa fille.
-Tu le savais que Tina avait un enfant ? demande Kit à sa sœur.
-Comment voulais-tu que je le sache ? Ca fait plus de 15 ans que je ne l’avais pas revue, répond Bette énervée.
Jodi arrive et enlace, sans attendre, Bette.
D’où elle est, Tina voit la scène et ne peut s’empêcher de ressentir de la jalousie. Bette, quant à elle, ne se montre pas très ravie de revoir Jodi, elle est même exaspérée qu’elle soit de retour.
-Tu les connais ? demande Sasha à sa mère.
Tina, qui avait toujours les yeux rivés sur Bette, se tourne vers sa fille.
-C’était il y a longtemps.
-Ça te fait plaisir de les revoir ?
-Oui, d’une certaine manière, répond Tina.
-Comment ça ?
-C’est des histoires d’adultes.
-Maman, je ne suis pas stupide. Je peux comprendre, tu sais.
-Je sais, sourit Tina. Tu prends un dessert ?
-Non, je ne peux plus rien avaler, répond Sasha.
Tina sort les clés de voiture de son sac et les donne à sa fille.
-Et si tu allais m’attendre dans la voiture pendant que je règle l’addition, propose Tina.
-Ok.
Sasha se lève et quitte le Planet, alors que Tina part régler l’addition. Bette, qui gardait un œil discret vers Tina, se lève rapidement quand elle la voit se diriger vers la sortie.
-Tina ?
Tina se retourne sur Bette.
-Je… commence Bette. On… J’aimerais qu’on se parle. J’en ai besoin, continue-t-elle en voyant la tête de Tina.
-Pourquoi ?
-Sasha est…
-Oui, répond Tina qui connaissait la question.
-Elle le sait ?
-Non. C’est tout ?
-Tina, pourquoi tu ne m’as pas dit que tu étais enceinte ?
Après avoir hésité, Tina lui répond :
-J’ai essayé de te le dire mais je n’y suis pas arrivée. Et puis, qu’est-ce que ça aurait changé ?
-Tout.
-Tu le sais aussi bien que moi qu’on en serait venu à ce point, de toute façon. Je m’éloignais de toi, je te repoussais, c’est pourquoi j’ai préféré partir plutôt que de te laisser souffrir en espérant que ça s’arrange.
-C’est quand tu es partie que j’ai le plus souffert, Tina.
-J’en suis désolée. Je dois y aller, Sasha m’attend.
Tina sort, après un dernier regard vers Bette.
Bette reste là, sans bouger. Elle se rappelle du moment quand tout a basculé.
Tina se jette dans ses bras. Elle se remet à pleurer. Bette la saisit par les bras pour la reculer, puis pose ses deux mains autour de son visage.
-Tee, dis-moi ce qui s’est passé, lui demande Bette.
Tina ne cesse de pleurer, elle n’arrive pas à se calmer.
-Mon amour, parle-moi, supplie Bette.
C’est quand Bette caresse les bras de Tina, qu’elle commence à comprendre. Elle l’a senti se raidir à son contact.
-Ne me dis pas que…
Tina s’effondre à genoux, devant Bette, en larmes.
-Viens, lui dit Bette en l’aidant à se relever.
Elle la prend dans ses bras et lui dit :
-On va aller chez moi.
Bette reprend ses affaires et avec Tina se rend chez elle. Elles montent dans la chambre pour plus d’intimité. Bette s’assoit sur le lit et tire Tina vers elle.
Elle relève le tee-shirt de Tina qui se raidit aussitôt.
-Je ne vais rien te faire, promet Bette.
Tina est tremblante. Bette voit le corps de Tina criblé de bleus.
-Qui t’a fait ça ?
-Je… je ne sais pas, pleure Tina. Il faisait trop noir.
Bette se met debout pour la serrer dans ses bras.
-Tu es allée porter plainte ?
-Non, je ne veux pas. Je veux juste oublier.
-Tee, il faut qu’il soit puni pour ce qu’il t’a fait, lui explique Bette.
-Mais je ne sais même pas qui c’est ! répond Tina en hurlant. En plus, j’avais bu !
-C’était le bal du printemps, c’est ça ?
-Oui.
-Tu veux me raconter ce qui s’est passé ? demande Bette.
-Je me souviens être partie vers 23 heures car je m’ennuyais, commence Tina. Je suis passée par le parc. J’ai entendu du bruit derrière moi, mais je ne voyais rien, car il faisait trop noir. J’ai continué à avancer quand, d’un coup, j’ai senti une main se poser sur ma bouche.
Tina s’arrête un moment, le temps de se calmer un peu.
-Et rapidement, je me suis retrouvée par terre. Je n’arrivais pas à me défendre, il était beaucoup trop fort. J’avais beau me débattre mais ça ne servait à rien. Je ne me souviens plus de ce qui s’est passé après. C’est quand j’ai repris conscience que j’ai réalisé que j’étais pratiquement nue. Je me suis rhabillée et je suis rentrée chez moi. Tout le monde dormait, alors je t’ai appelé.
-Je suis désolée.
-Bette, ça va ? lui demande Kit.
-Hein ? Oui, enfin je crois.
-Il y a une chose que je n’ai jamais comprise.
-Laquelle ?
-Pourquoi Tina et toi aviez coupé tout contact ?
-Parce que Tina a quitté New Bern sans que je le sache et sans me faire parvenir sa nouvelle adresse, répond Bette.
-C’est pour ça, qu’à la fin de tes études, tu es venue me rejoindre ici.
-Qu’est-ce que tu voulais que je fasse à New Bern ? Ma mère était morte et Tina était partie. Je n’avais plus aucune raison de retourner là-bas. Papa avait fait le nécessaire à la mort de maman.
-C’était plus que de l’amitié entre Tina et toi, n’est-ce pas ?
-Qu’est-ce que tu veux insinuer, Kit ?
-Bette, je te connais. Ta réaction, de tout à l’heure, n’était pas celle de quelqu’un qui retrouve une amie perdue de vue depuis des années, mais celle de quelqu’un qui revoit quelqu’un qu’elle a aimée infiniment.
Bette a les larmes aux yeux.
-Qu’est-ce que je suis censée faire ? demande Bette.
-Je n’en sais rien, petite sœur, juste que tu n’oublies pas que tu as Jodi dans ta vie, aujourd’hui.
Bette tourne la tête vers la table des filles.
-Je sais mais ce n’est pas comparable, déclare Bette.
Elle retourne à sa place sous le regard inquiet de sa sœur.
Chez Tina.
Celle-ci est allongée dans son lit, les yeux rivés au plafond. Ses sentiments pour Bette n’ont pas changés, ils sont toujours là, elle pensait qu’ils avaient disparus après ce qui c’était passé. Elle regrette toute cette souffrance qu’elle lui a infligée. Ce soir, elle l’a vue dans les yeux de Bette qu’elle avait souffert, qu’elle n’avait pas compris sa fuite. Seulement, de toute façon, c’est trop tard, elle ne peut plus rien espérer de la part de Bette, même si cette dernière ne semble pas lui montrer de la rancune.
La porte de la chambre s’ouvre.
-Je peux dormir avec toi ? lui demande Sasha.
-Aller, viens, sourit Tina.
Sasha se blottie dans les bras de Tina.
-Maman, elle était ton amie ?
-Qui ?
-Cette femme, celle qui est arrivée après nous.
-Oui, on était amie, répond Tina.
-Pourquoi vous ne l’êtes plus ?
-Je t’ai dit que c’était compliqué.
-Je sais, mais tu ne me parles jamais de toi, de ton enfance, rétorque Sasha. Je ne savais même pas que tu avais des amies autres que ceux que je connais.
-C’est parce qu’il n’y a rien à dire sur moi, sur mon enfance.
-Tu crois que si je lui demande de me parler de toi, elle me répondra ?
-Je t’interdis de faire ça, Sasha !
-Pourquoi ?
-Parce que ça ne te regarde pas.
-Si, ça me regarde ! déclare Sasha. Quand on me demande qui est mon père, je suis incapable de répondre. Je ne sais rien !
-Je t’ai déjà tout expliqué.
-Ouais, répond Sasha non convaincue.
-Il est temps de dormir. Demain, tu as cours.
Tina ferme les yeux et se replonge 15 ans en arrière.
Tina restait enfermée, toute la journée, dans la chambre de Bette, n’allant pas au lycée.
Maxine était en déplacement pour la semaine, ce qui au fond arrangeait Bette. Elle était quitte de justifier sa présence à sa mère.
Ce jour-là, Bette retrouva Tina dans la chambre et lui proposa de descendre au salon. Tina commençait à se remettre doucement. Elles étaient toutes les deux, assises dans le canapé. Bette, par moment, déposait des baisers sur la joue, le front… de Tina. Elle ne voulait pas la forcer en l’embrassant amoureusement. C’est Tina qui a fait le premier pas en venant poser ses lèvres sur celles de Bette. C’était le premier baiser qu’elles échangeaient depuis ce qui s’était passé.
Bette tenta de passer sa main sous le tee-shirt de Tina. Elle caressa son ventre mais lorsqu’elle monta plus haut, Tina lui retira sa main.
-Je suis désolée. Je ne peux pas, déclara Tina.
-C’est bon, il n’y a aucun problème, la rassura Bette.
-Si, il y a un problème, Bette.
-Tina, c’est normal après ce que…
-Non, ce n’est pas normal ! cria Tina. Je n’arrive plus à avoir du désir pour toi. Je me dégoûte, continua-t-elle.
Elle se leva pour tourner le dos à Bette.
-Je ne supporte plus qu’on me touche.
Bette se leva et enlaça timidement Tina.
-J’attendrai le temps qu’il faut, commença Bette. Je refuse de te perdre. Je t’aime trop.
-Bette, tu ne vas pas rester avec moi, alors que je suis incapable de te donner ce que tu attends.
-Je t’aime, tu comprends ça ? Je t’aime. Je ne suis pas avec toi juste pour le sexe.
-Arrête de me dire que tu m’aimes ! Tu crois qu’en me disant sans cesse « Je t’aime », je vais oublier ?
-Bien sûr que non. C’est juste pour que tu saches que rien ne fera changer mes sentiments pour toi.
Tina s’effondra en larmes.
-Je t’aime aussi, Bette, mais je ne veux pas t’empêcher de vivre. Je refuse de voir, au fil du temps, de la pitié dans ton regard. Je ne veux pas que tu restes avec moi par pitié.
-Tu crois que je suis avec toi par pitié ?
-Je n’en sais rien. Je ne sais plus. Je suis totalement perdue.
-Écoute, je repars demain. Pendant mon absence, tu réfléchiras à tout ça, à ce que tu ressens pour moi. Et quand je reviendrai, cet été, on en reparlera, ok ?
Tina se retourna pour faire face à Bette.
-Je ne veux pas que tu souffres à cause de moi, lui avait dit Tina.
-C’est être loin de toi qui me fait souffrir.
Tina esquissa un léger sourire et embrassa chastement Bette, avant de se serrer contre elle.
Le réveil se fait entendre, extirpant Tina de ses souvenirs.
Tina dépose sa fille au lycée et part travailler.
Le soir, elle passe prendre sa fille qui est enthousiaste.
-À doit-on cette bonne humeur ? lui demande Tina.
-Vendredi soir, il y aura un recruteur lors du match.
-C’est vrai ? C’est une bonne nouvelle.
-Oui. Et tu sais ce que m’a dit mon entraineur ? déclare Sasha heureuse.
-Non, mais je sens que tu ne vas pas tarder à me le dire, sourit Tina.
-Il m’a dit que si je me donnais autant qu’à l’entrainement, il y aurait des chances que je sois sélectionnée pour intégrer un club.
-Je pensais que tu étais trop jeune pour intégrer un club.
-Je ne sais pas, peut-être que je pourrais intégrer un club chez les juniors, je sais pas, répond Sasha. Ça serait trop génial.
-Oui, ça serait trop génial, sourit Tina. Bon, tu veux aller diner où ?
-Au Planet.
-Quoi ?
-Oui, au Planet. J’ai adoré.
-Bon, allons au Planet, cède Tina.
Elle n’avait pas vraiment envie d’y aller, mais si elle refusait, elle aurait été obligée de donner une raison à sa fille. Et dire que c’était pour ne pas voir Bette aurait suggéré une autre explication plus complexe.
Kit les accueille d’une manière chaleureuse. Elle remarque que Tina scrute minutieusement la salle.
-Bette n’est pas encore arrivée, lui dit Kit.
-Je… c’est… euh… nous, bégaie Tina.
Kit les accompagne à une table, tout en leur parlant.
-Personne n’est encore arrivé.
-Qui ça ? interroge Tina.
-Les filles, les amies de Bette.
Tina ne dit rien.
-Alors, qu’est-ce que je vous sers ?
-La même chose qu’hier, répond aussitôt Sasha. C’était trop bon.
-Ça me fait plaisir que tu aimes ce que sert le Planet.
Bette arrive en compagnie de Jodi. En voyant sa sœur avec Tina et Sasha, elle se dirige vers elles.
-Bonsoir, dit Bette.
Bette présente Jodi à Tina et Sasha. Elles s’installent à la même table. Elles sont rejointes par Alice et Shane.
Elles discutent toutes ensemble.
-C’est bizarre que Bette nous ait jamais parlé de toi, déclare Alice.
-Oh, tu sais, la première fois que j’ai entendu parler de Tina, c’était il y a 15 ans, dit Kit. Et elles se connaissaient déjà depuis des années.
-T’as vécu où avant de venir à Los Angeles ?
-On a beaucoup bougé. Sasha est née à Atlanta, après on est allée à New York, puis au Canada.
Les filles discutent encore pendant plusieurs minutes avant qu’Helena arrive.
-Tu en as mis du temps, dit Alice à Helena.
-Désolée, mais je ne pouvais pas faire autrement, Alice.
Helena pose son regard sur Tina avec envie, ce que constate immédiatement Bette et l’agace.
-Je te présente Tina et sa fille Sasha, présente Kit. Tina est une amie d’enfance de Bette.
-Ah oui ?
-Oui, répond Bette sèchement.
-Tu es de passage ou tu es installée à LA ? s’intéresse Helena.
-J’habite dans le quartier depuis peu.
-Intéressant.
Helena ne quitte pas des yeux Tina de la soirée.
***
Plusieurs semaines plus tard, Tina est au Planet en train de prendre le petit déjeuner quand Bette arrive.
-Sasha n’est pas là ?
-Non, elle est au lycée. C’est son premier jour dans son nouveau lycée. Elle était intenable.
-Je vois, sourit Bette.
Bette prend place à la table de Tina.
- Elle te ressemble beaucoup. J’ai eu l’impression de te revoir.
Tina pousse un petit rire.
-Il me semble que j’étais plus petite à son âge.
Elles parlent, un court temps, de Sasha et de la chance qu’elle a eue de pouvoir intégrer un club pour devenir joueur professionnel de basket-ball. C’est le rêve de Sasha.
-Tu te plais à Los Angeles ? questionne Bette.
-Ça va. Et toi, ça fait combien de temps que tu es ici ?
-Depuis que j’ai quittée l’université. Kit habitait ici, alors je suis venue là, j’ai ouvert ma propre galerie et voilà.
-Pourquoi, maintenant, tu travailles au CU ?
-Quand j’ai abandonné ma galerie, j’ai travaillé au CAC pendant 4 ans, avant de me faire renvoyer et puis j’ai atterri au CU.
- Toi qui ne voulais vivre que de ta passion. Je ne pensais pas qu’un jour je t’entendrais dire que tu enseignes l’art, déclare Tina.
-Moi, non plus, sourit Bette. C’est les aléas de la vie qui m’ont conduit là.
Tina regarde sa montre et se lève.
-Tu pars déjà ? s’étonne Bette.
-Oui, j’ai du travail en retard.
-Tu n’essaies pas plutôt de m’éviter ? suggère Bette.
-Ne sois pas ridicule. J’ai une réunion dans une heure, c’est tout, déclare Tina.
-Ok. Tu seras au Planet, ce soir ?
-Peut-être. C’est même presque certain vu que Sasha adore cet endroit.
-Alors, à ce soir Tina.
-À ce soir.
Bette regarde Tina partir. Elle se sent stupide.
Alice arrive et prend la place de Tina.
-Tu attends quoi ? lui demande Alice.
Bette reste silencieuse. Elle enfermé dans une bulle hermétique infranchissable.
-Bette, ouh, ouh ? Tu m’entends ? lui demande Alice.
-Laisse-la tranquille, lui dit Shane en arrivant.
-Je m’inquiète, c’est tout, rétorque Alice.
-Pourquoi ?
-Ça doit faire 5 minutes que je suis là et 5 minutes que je parle dans le vide.
Shane se tourne vers Bette qui est dans le vague.
-Bette ? tente Shane.
-Tu disais ? demande Bette en revenant à elle.
-T’es sûre que tu vas bien ? lui demande Shane.
-Oui, pourquoi cette question ?
-Alice te parle mais tu ne l’écoutes pas.
-Excuse-moi Alice, lui dit Bette.
-Il y a un problème avec Jodi ? demande Alice.
-Non, tout va bien.
-Avec Tina, alors ?
-Pourquoi maintenant tu me parles de Tina ?
-Je ne sais pas mais depuis qu’elle est là, tu es étrange.
-Il n’y a rien ni avec Jodi ni avec Tina, d’accord ? déclare Bette avec force.
Elle se lève et quitte le Planet, en colère.
-Qu’est-ce que j’ai encore dit qu’il ne fallait pas ?
-Ah Alice, sourit Shane.
Le soir, Tina est de retour au Planet avec Sasha. Les filles les appellent pour se joindre à elles.
Elles discutent de tout et de rien.
-Tu as reçu une lettre du lycée de New Bern ? demande Bette à Tina.
-Oui, répond-t-elle.
-Quelle lettre ? questionne Kit.
-C’est une invitation pour un rassemblement d’anciens élèves. Le lycée fête ses 150 ans, explique Bette.
-Tu comptes y aller ? lui demande Alice.
-Je ne sais pas.
-Et toi Tina ?
-Je ne pense pas, non. En plus, je ne peux pas laisser Sasha toute seule, répond Tina.
-Je peux rester toute seule, une nuit, maman, lui dit Sasha.
-Non. Il est hors de question que tu restes seule à même pas 15 ans.
-Si tu veux, je peux la garder, suggère Kit.
-C’est gentil, Kit, mais je ne veux pas te déranger avec ça et de toute façon, je n’ai pas dit que j’allais à ce rassemblement.
-Mais ça ne me dérange pas.
-Aller, dis oui, maman.
Tina regarde sa fille qui la supplie du regard.
-Bon d’accord, cède Tina. Merci Kit.
Tina n’avait vraiment pas envie d’y aller. Trop de mauvais souvenirs y sont ancrés là-bas. Cependant, elle ne peut rien refuser à sa fille et puis, peut-être que retourner là-bas l’aidera à passer à autre chose.
-De rien.
-C’est quand votre rassemblement ? demande Shane.
-Ce week-end.
-Tu devrais y aller, Bette, dit Jodi.
-Quoi ? demande Bette surprise.
-Oui, tu devrais y aller. Ça te ferait du bien de revoir du monde. En plus, tout ce week-end, je serai dans mon atelier. Il faut que je termine avant ma prochaine expo.
Toutes se regardent pensant que ce n’est pas forcément une bonne idée que Bette parte avec Tina. Seule Jodi ne semble pas voir que Bette est éprise de Tina.
***
Le samedi matin, Bette retrouve Tina à l’aéroport.
-Ça ne te gêne pas qu’on voyage ensemble ? lui demande Bette.
-Bien sûr que non. Quelle question !
-On ne sait jamais.
-Qu’est-ce que tu essaies de me dire, Bette ?
-Rien de particulier. Je te trouve juste distante avec moi, alors peut-être que ma présence te gêne.
-C’est absurde.
-Vraiment ?
Tina fixe Bette. Normalement, Bette n’a pas besoin de mots pour comprendre ce que Tina n’arrive pas à dire, seulement, là, il semblerait que Bette souhaite que Tina mettent des mots sur ce qu’elle ressent, non pas parce qu’elle n’arrive pas à les déchiffrer mais juste parce que Bette veut qu’elle se libère de ce poids.
-Ce n’est pas toi le problème. C’est juste que j’angoisse à l’idée de retourner à New Bern.
Enfin, Tina s’était libérée d’un poids. Bette est satisfaite.
Dans l’avion, elles sont l’une à côté de l’autre. Elles restent silencieuses durant toute la durée du vol.
En arrivant à New Bern, Bette et Tina se rendent directement à leur ancien lycée là où a lieu le rassemblement. Elles retrouvent des gens qu’elles ont côtoyées. Bette discute avec une jeune femme avec qui elle était en cours de français, quand elle remarque Tina qui est très pâle. Bette s’excuse auprès de la jeune femme et part rejoindre Tina.
La journée est insoutenable pour Tina. Elle n’avait pas remis les pieds dans ce lycée depuis le viol.
-Tu veux qu’on parte d’ici ? lui suggère Bette.
-Quoi ? Pourquoi ?
-Je vois bien que tu n’es pas à l’aise.
-Ok, je veux bien partir.
Ensemble, elles quittent le lycée.
Elles se promènent dans ces rues qu’elles ont tant côtoyées ensemble. Elles se remémorent des petites anecdotes en passant à certains endroits. Elles se dirigent ensuite vers le cimetière.
Tina s’avance vers la tombe de sa mère. Elle n’y était jamais venue.
-Je n’ai même pas su qu’elle était morte, dit Tina. Elle était morte depuis plus de deux mois quand je l’ai appris.
-Comment est-ce possible ? demande Bette.
-Quand je leur ai annoncé que j’étais enceinte, mon père n’a pas cherché à comprendre, il m’a mis à la porte.
Bette était repartie depuis environ deux semaines lorsque Tina a été prise de vomissements. Au début, elle ne s’en est pas inquiétée, mais tous les matins, elle courrait aux toilettes.
Quelques jours plus tard, elle se rendit dans une pharmacie pour acheter un test de grossesse.
En découvrant le test positif, Tina s’était mise à pleurer, tout en posant instinctivement sa main sur son ventre.
Un fois calmée, Tina avait décidé d’appeler Bette pour lui annoncer. Plusieurs fois, elle a appelé mais à chaque fois, elle raccrochait avant que Bette ne réponde.
Tina devait être enceinte de plusieurs semaines lorsqu’elle se décida de l’annoncer à ses parents.
Ses parents étaient installés au salon, son père était en train de lire le journal quand Tina les rejoignit.
-J’ai quelque chose à vous dire, commença Tina.
-Quoi encore ? demanda froidement son père.
-Je…
-Oui Tina ?
-Je suis enceinte, avoua-t-elle.
-Quoi ? cria son père.
-Tu as très bien entendu, papa.
-Je peux savoir qui est le père ?
-Je ne sais pas, répondit Tina, les larmes venant.
-Tu dois quand même bien savoir avec qui tu as couché ! hurla son père.
-Non, je…
-Tu n’es qu’une petite trainée, Tina !
-Papa, je…
-Je refuse de te voir une minute de plus sous mon toit. Toi et ton batard vous quittez cette maison, déclara son père.
-Papa, laisse-moi…
-Tu n’es plus ma fille, Tina.
Le père de Tina se leva et quitta le salon.
Tina raconte à Bette le rejet de sa famille avec une boule au ventre.
-Quand Sasha est née, j’ai appelé chez eux. Je voulais leur annoncer qu’ils avaient une petite fille malgré ce que mon père m’avait dit. En fait, je voulais surtout le dire à ma mère. J’étais perdue, je n’avais que 18 ans. J’avais peur de ne pas m’en sortir avec un bébé. J’avais besoin de ses conseils.
Tina marque une pause, alors Bette lui prend la main afin de lui insuffler un peu de sa force.
-Mais c’est Leanne que j’ai eu au téléphone.
-Leanne ? avait dit Tina, surprise.
-Tina ? C’est toi ? demanda la sœur de Tina.
-Oui. Tu peux me passer maman ?
-Je ne peux pas, répondit Leanne.
-Pourquoi tu ne peux pas ?
-Elle est morte, déclara-t-elle après hésitation.
-Quoi ?
-Il y a deux mois.
-Mais non, ce n’est pas possible, pleura Tina.
-Qu’est-ce que tu veux ? demanda une voix froide subitement.
-Papa ?
-Je t’ai posé une question !
-Tu… Tu as une petite fille. Elle s’appelle Sasha.
-Je m’en moque ! Je ne veux rien savoir ! C’est de ta faute si ta mère est morte ! Elle est morte de chagrin et de honte !
-Ce n’est pas de ma faute !
-Elle n’a pas supporté de voir sa fille déshonorer sa famille comme tu l’as fait !
-Non, je…
Le père de Tina avait déjà raccroché.
-Ce n’est pas de ta faute, Tina. Tu n’y es pour rien.
-Je sais, mais je n’étais pas là. J’aurais voulu être là, le savoir.
Bette la prend dans ses bras.
Il commence à se faire tard, alors elles se rendent à l’hôtel, mais le réceptionniste leur annonce qu’il n’y a plus qu’une chambre de disponible. Aucune d’elles n’avait pensé à réserver une chambre à l’avance.
-Nous prenons quand même la chambre, déclare Bette sans consulter Tina.
Bette voyait bien que Tina n’était pas en état de faire le tour des hôtels de la ville.
En entrant dans la chambre, Bette lui dit :
-Tu devrais te coucher. Tu as l’air épuisée.
-Faut que j’appelle Sasha avant.
Tina prend son portable et appelle sa fille. Elles restent un moment à se parler, puis elles raccrochent.
Tina se rend à la salle de bain où elle prend une douche, puis elle se met en pyjama. Quand elle ressort, elle voit Bette perdue dans ses pensées.
-Tu vas bien ? lui demande Tina.
-Oui. C’est juste que ça me fait bizarre d’être là.
-À moi aussi.
Tina se couche et s’endort rapidement.
Bette s’est installée dans le fauteuil et regarde Tina dormir un long moment. Il n’est pas loin de minuit lorsqu’elle se rend à la salle de bain et puis, après, à son tour, se couche, quelque peu perturbée par la situation.
Dans la nuit, Bette est réveillée par Tina qui cauchemarde sauvagement. Tina se débat, gémit et pleure. Bette la réveille et Tina se met à pleurer. Bette la prend dans ses bras.
-Calme-toi, je suis là, lui murmure Bette.
-Pardon. Pardon. Pardon. Je suis désolée. Pardonne-moi de t’avoir fait du mal, lui dit Tina.
-Je t’ai pardonnée, il y a longtemps.
La main de Tina se pose sur le visage de Bette, tout en continuant à lui demander pardon.
-Pardon. Pardon.
-Arrête Tee. C’est du passé.
Tina relève les yeux sur Bette et l’embrasse chastement avant de se reculer et de se redresser pour s’asseoir dans le lit. Bette s’assoit à son tour.
-Regarde-moi, lui demande Bette.