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Jeunesse et protection des mineurs
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Série : The L Word
Création : 07.06.2013 à 17h49
Auteur : jenbette
Statut : Terminée
Il était une fois ...
Cette fanfic compte déjà 83 paragraphes
Une fois cette mise au point terminée , nous nous sentons en totale harmonie .
Je suis ravie d’être en sa compagnie . Je passe des moments inoubliables … Une intimité certaine s’installe entre nous. Elle est facile à vivre , un rien la fait rire , elle admire les mêmes choses que moi …Si l’envie nous prend , nous allons au cinéma , à la terrasse d’un café ou dans un musée…
A ses heures de loisir, elle aussi aime peindre. Cela la détend après les horreurs qu’elle rencontre parfois en exerçant son métier. Elle aime surtout se perdre dans la réalisation de paysages. Cela l’apaise.
Les journées passent trop vite à mon goût !
Petit à petit , je me laisse séduire par sa douceur , par sa façon de sourire , sa façon de m’écouter, par son parfum , par sa façon de me regarder de ses grands yeux interrogateurs .( Serait-elle en proie à certains doutes?) Je pourrais me perdre en eux pendant de longs instants . Je suis entrain de tomber amoureuse de mon bel ange gardien blond !
Elle n’hésite pas à son tour à m’interroger sur ma vie avec les femmes. Elle veut tout savoir …(Qu’est-ce que cela signifie?)
« Par moment, me dit-elle, j’ai l’impression qu’Eric n’est pas du tout l’homme de ma vie . Nous nous entendons bien au lit mais il a de telles œillères qu’elles l’empêchent d’évoluer, de changer d’avis. Il est souvent buté! J’avoue que parfois il me met mal à l’aise dans certaines situations comme celle de l’autre jour au cours de laquelle tu m’as sauvé la vie! Il ne t’en a même pas été reconnaissant ou si peu! C’est à partir de là que je me suis rendue compte de son aversion profonde envers les homos, hommes ou femmes. Quand il participe à de telles manifestations, c’est qu’il est parfaitement convaincu d’avoir raison, de détenir la vérité ! »
Afin de ne pas prolonger sa gêne plus longtemps et surtout pour ne plus entendre parler de son ami, je décide de changer de conversation.
« Tina, j’aimerais réaliser ton portrait ! Tu es si belle ! Que dirais-tu de venir chez mon ami et de poser pour moi? Tu ferais ainsi connaissance avec Coleman, depuis le temps que je lui parle de toi … Cela me ferait tellement plaisir ! Ainsi, à mon retour à L.A., j’aurais toujours à mes côtés l’image de mon sauveur. Je pense que je ne suis pas prête à t’oublier de sitôt. Ce portrait me permettrait de me souvenir avec émotion des moments magiques partagés avec toi! »
Elle me regarde l’air songeur mais ne répond pas.
« Je reviendrais à la charge! » pensais-je.
Au moment où nous quittons le bistrot qui a si généreusement assouvi notre faim, au moment où nous quittons la table, je me retourne rapidement pour récupérer mon portable oublié là bêtement. C’est alors qu’il me semble déceler un mouvement suspect à quelques mètres de nous!
Je décide de ne pas réagir afin de ne pas affoler Tina ! Je me suis peut-être trompée, alors, inutile de fantasmer ! Mais, dorénavant, je me jure d’ouvrir l’œil!
Je nous interdis les promenades dans les lieux plus ou moins déserts. Au bout de quelques temps d’une vigilance accrue, je finis par repérer un individu, toujours le même, qui nous suit, caméra au poing, sans grande discrétion !
« Etaient-ce les loubards de l’autre fois? me demandais-je. Je ne pense pas, notre suiveur est plus corpulent et il est seul !
« Qui cela peut-il être alors? Est-ce Tina que l’on espionne? Est-ce moi? Ou tout simplement nous deux ensemble? »
Par précautions, à partir de ce jour, je raccompagne Tina jusqu’à chez elle chaque soir. Je vais la chercher tous les après midis au pied de son immeuble.
Elle finit par trouver cela étrange et me pose mille et une questions sur le pourquoi de tant de précautions.
Je lui raconte donc que nous sommes l’objet d’une filature en règle. Elle est plus qu’étonnée ! Qui ose se permettre une telle chose et pourquoi ?
Nous décidons d’un commun accord de ne rien changer à nos habitudes, de nous voir régulièrement mais en étant plus attentives.
Peu à peu, des liens d’affection très puissants se sont créés entre nous. Je deviens de plus en plus accro à sa personne, à sa présence. Je meurs d’envie de la prendre dans mes bras. Ses lèvres me tentent de plus en plus … Je fantasme la nuit, seule dans mon lit alors que je l’imagine dans les bras d’Eric! Une jalousie incroyable s’empare de moi!
Un jour, n’y tenant plus, oubliant la surveillance dont nous sommes les victimes, je lui prends la main et l’oblige à me regarder.
« Tina … dis-je, d’une petite voix…
- Chut, Bette, dit-elle en posant son doigt sur mes lèvres, je sais ce que tu vas me dire ! Il y a longtemps que j’ai remarqué l’évolution de tes sentiments à mon égard rien qu’en regardant tes yeux ! J’ai préféré faire semblant de les ignorer car je ne veux pas te perdre! Je suis tellement heureuse de ta présence ! Nous nous entendons si bien. Je me sens en totale confiance avec toi comme si tu étais ma grande sœur ( si elle avait voulu couper court à mes ardeurs, elle n’aurait pas fait mieux ! ) . J’ai l’impression qu’il ne peut rien m’arriver de fâcheux en ta compagnie. J’aime ta façon d’être, naturelle et douce. J’aime que tes yeux s’attardent sur moi. Ils me font me sentir belle. Mais, tu sais que nous devons faire attention, Eric est jaloux et d’une telle violence parfois, verbale et physique en même temps. D’ailleurs, cela ne m’étonnerait pas que ce soit lui qui ait flanqué ce détective à nos trousses ! Alors, si tu veux bien, continuons à nous voir et à nous conduire prudemment. »
Pour ne pas la perdre, j’accepte ses conditions même si pour moi cela devient de plus en plus difficile de maîtriser mon envie d’elle!
Un jour, elle m’apprend qu’Eric va se rendre, le lendemain matin, en déplacement en province, pour défendre un de ses clients et qu’il ne rentrera que tard le soir.
Une idée me vient alors ! Pourquoi ne pas lui faire plaisir et me faire plaisir par la même occasion?
Elle qui adore les impressionnistes, si nous allions passer la journée à Giverny! En partant le matin, nous aurons le temps de visiter tout ce qui est exposé là-bas. D’abord la maison de Claude Monet puis le jardin auquel il a consacré de nombreuses années de sa vie et où il a passé tant de moments à assortir les couleurs de ses plantations enfin le bassin aux nymphéas qu’il y avait fait creuser et qui est devenu le jardin d’eau . Il y passait des heures à les observer, à les peindre en plusieurs exemplaires… et pour terminer, nous visiterons le musée qui lui est consacré et nous pourrions nous promener dans le village et manger dans un petit restaurant.
Ce serait une journée merveilleuse entièrement passée avec elle!
Je me lève tôt, me précipite sur mon téléphone, pressée que je suis de lui exposer mon idée! Elle accepte avec enthousiasme, heureuse de voir que je la connais si bien!
Je prends à peine le temps de m’habiller et de déjeuner dans ma hâte à la retrouver. J’avertis Coleman de notre escapade et pars le cœur léger rejoindre ma jolie Tina.
Par chance, le métro circule bien, sans trop de cohue ni de bousculades. Quand j’arrive à son domicile, Tina est déjà prête et m’attend avec impatience. Après quelques embrassades, nous partons bras dessus, bras dessous, heureuses comme deux collégiennes! Pour rendre notre bonheur encore plus parfait, le soleil est lui aussi de la partie!
Et nous voici en route vers la gare Saint Lazare où nous attend le train. À cette heure assez matinale, il n’y a pas grand monde. Nous nous installons tranquillement et guettons l’heure du départ avec impatience!
Enfin, le train s’ébranle nous emportant vers une journée fabuleuse, nous deux, rien que nous deux !
Descente à Vernon, puis une navette nous emporte à Giverny.
Comme prévu nous avons tout visité.
D’abord la maison de Monet avec sa salle à manger lumineuse, peinte en jaune clair ( Il adorait et recherchait toujours la lumière! ) avec en son milieu la grande table capable de recevoir Monet, Alice et leurs nombreux enfants ( c‘était une famille recomposée comme on en compte tant de nos jours ), puis son atelier, les chambres et la pièce qu’il réservait aux estampes japonaises dont il était très amateur.
Puis, descente dans le jardin magique. C’était la pleine floraison des tulipes rouges, roses, saumon, une merveilleuse harmonie de couleurs! Dans un autre parterre, les iris bleus commençaient à poindre entourés d’autres fleurs dans les mêmes tons bleus. Ce jardin est féerique, agréable à parcourir, à admirer pour toutes ses nuances de couleurs tendres. Jardin : œuvre voulue par Monet, le peintre -jardinier. Eventail de couleurs présentes sur la palette du peintre!
Et pour finir, visite aux si réputés nymphéas, reproduits en x-exemplaires sur de nombreuses toiles et au petit pont japonais qui les surplombent.
A midi, dans le village, nous avons trouvé un restaurant bien agréable, sur une terrasse entourée de très nombreuses fleurs aux multiples teintes. Ce fut un déjeuner délicieux. Ensuite, nous avons poursuivi notre visite.
Nous nous sommes attardées longuement au musée des impressionnismes. A ce moment là était proposée une exposition consacrée à la naissance et à l’évolution de l’impressionnisme. Nous avons contemplé des œuvres de Monet, Renoir , Sisley, Pissarro… au total, une cinquantaine de tableaux évoquant les saisons, les bords de Seine, des scènes champêtres …
Un vrai régal pour nos yeux émerveillés!
Tina est si belle ainsi en admiration devant ces toiles magnifiques que je ne peux pas résister plus longtemps.
Je m’approche, émue comme jamais, passe mon bras autour de son cou, la serre contre moi et dépose un chaste baiser sur sa joue. A ce moment là, elle se retourne vers moi, les yeux pleins de larmes, se blottit dans mon cou et se met à pleurer silencieusement, à mon grand désarroi.
« Tina? Que se passe t-il ? T’ai-je blessée? Ce baiser était un simple baiser, rien d’autre, je t’assure.
- Non, Bette, ce n’est pas du tout pour cela que je pleure! Simplement devant la beauté de ces tableaux, la sérénité qui se dégage de ces paysages, je suis pleine de remords quant à mon attitude passée et je ne peux m’empêcher de repenser à toutes ces horreurs hurlées dans la rue pendant ces manifestations! Je me rends compte à quel point tu as dû souffrir! Toi, si douce, si prévenante …
- C’est vrai que j’ai eu mal, que ces propos m’ont blessée profondément! Je ne pouvais pas accepter ces insinuations malveillantes à notre égard, toutes ces affirmations gratuites uniquement proférées dans le but de nuire, de nous salir … Ce qui m’a le plus profondément choquée, ce ne sont pas seulement ces mots horribles hurlés dans la rue mais aussi ceux repris par certains journaux et aussi ceux prononcés sciemment à la télé par un …
- N’ayez pas peur de vous aimer, déclare soudain un jeune couple trompé par notre attitude. Nous sommes de tout cœur avec vous! Il faut que l’Amour, seul, sorte vainqueur de tout ce gâchis! »
Les jeunes gens s’approchent de nous et nous serrent la main.
Une telle réaction me réconcilie avec la terre entière et dans mon enthousiasme devant tant de chaleur humaine, je prends Tina dans mes bras et pose délicatement mes lèvres sur les siennes … D’abord surprise, Tina ne me repousse pas … mais ne m’encourage pas non plus! Je pose un tendre baiser sur sa bouche sous les yeux attendris de notre charmant petit couple.
Malgré tout, pendant ce baiser, j’ai cru sentir un petit je ne sais quoi dans son comportement. Un petit je ne sais quoi qui m’a bouleversée au plus profond de moi.
« Qu’est-ce que cela signifie de sa part? S’en est-elle seulement rendu compte? » me suis-je demandé à cet instant.
Tina pour sa part se sent toute drôle après ce baiser qu’elle n’a pas partagé mais qu’elle n’a pas refusé non plus.
« Que m’arrive-t-il? Pourquoi n’ai-je pas vraiment refusé ce baiser? Pourquoi ne l’ai-je pas repoussée? Que va -t- elle croire maintenant? Pourtant, je dois admettre que ce baiser fut délicieux et ses lèvres si douces … Mais, je dois me ressaisir et ne pas la laisser aller plus loin, ne pas lui laisser le temps de rêver. Jusqu’à ce jour, je n’ai aimé que des hommes! »
Hélas, avec tout ce bonheur arrivé d’un seul coup, j’ai complètement oublié notre suiveur! Et, quand je me détache de mon bel ange, l’éclair d’un flash nous surprend tous et me fait vite redescendre sur terre!
Ainsi, il était monté dans le train en même temps que nous! J’en déduis donc qu’il devait être posté quelque part près de chez Tina et qu’il nous emboîtait le pas ainsi tous les jours, ne perdant aucun de nos faits et gestes! À qui fait-il son rapport? J’en ai une vague idée, la même que celle émise l’autre jour par Tina. Seules nous manquent les preuves pour l’incriminer directement!
Ce qui est certain, c’est que s’il a filmé ce baiser, pourtant chaste, et si ce film est bien destiné à Eric, cela va avoir des conséquences terribles pour Tina!
Prise d’une grande colère, je me précipite sur lui et, avant qu’il n’ait eu le temps de déguerpir, je m’empare de son appareil et le jette violemment sur le sol!
Furieux, il veut répliquer et m’agresser mais les regards réprobateurs des touristes présents le retiennent! Il ramasse son appareil en marmonnant je ne sais quelles menaces!
Nous restons sans voix pendant un bon moment.
Nous décidons de l’ignorer et de continuer notre promenade dans les rues du village en attendant l’heure du retour pour reprendre notre train.
Afin de nous reposer, nous entrons dans un salon de thé. Nos jambes ont besoin de se délasser un peu. Nous avons beaucoup marché à travers ce si joli petit paradis. Tina commande un chocolat et moi, je reste fidèle au café. Nous grignotons également quelques gourmandises. Le repas de midi est loin et nous ne sommes pas encore rentrées!
Aucune de nous n’ose parler de ce baiser. Moi par peur d’être déçue par la réponse de Tina et elle, peut-être parce qu’elle a honte de son comportement et de son laisser aller pourtant très discret?
Nous n’évoquons que les choses magnifiques découvertes au cours de cette journée, ces tableaux, ces jardins débordant de couleurs et ces nymphéas superbes.
Je sens pourtant un malaise chez elle …
Alors, pour lui changer les idées , je lui propose une autre escapade …
Je n’ai pas le temps de terminer ma phrase, la navette est là, prête à nous emporterr vers la gare de Vernon.
D’autres voyageurs se joignent à nous. Nous échangeons nos impressions. Eux aussi sont enchantés de cette journée passée dans un endroit si agréable. Certains parlent même d’y revenir à une autre saison pour voir d’autres fleurs et d’autres couleurs.
Je sens toujours Tina inquiète et son inquiétude me gagne.
« Si c’est bien son fiancé qui commandite ce détective, que va-t-il se passer à l’avenir? Quelles seront ses réactions au vu de ce baiser? pensais-je sans oser en parler à haute voix ! »
Le jeune couple est là aussi et semble ravi de voyager en notre compagnie.
« Vous n’avez pas eu d’autres nouvelles de votre agresseur?
- Non, et je ne l’ai même pas vu monter avec nous ! Il nous a peut-être précédés pour être de retour à Paris avant nous ! Ce qui est certain, mon amie et moi vous devons de chaleureux remerciements.
- N’en parlons plus ! »
La navette démarre.
Si le train est à l’heure nous serons de retour à Paris bien avant Eric. La navette nous dépose, peu de temps après devant la gare de Vernon.
Hélas, en arrivant sur le quai, catastrophe …
Le chef de gare nous attend. Il a l’air terriblement ennuyé !
« Mesdames et messieurs, j’ai le regret de vous annoncer qu’aucun train pour Paris ne quittera la gare de Vernon ce soir ! Les cheminots roulants se sont mis en grève spontanément suite à l’agression brutale subie par un contrôleur en face d’un voyageur sans ticket de transport. Il est à l’hôpital avec une incapacité de travail de plusieurs jours !
Le trafic reprendra certainement demain matin. En attendant vous pouvez passer la nuit ici. Il y a un hôtel confortable juste à côté de la gare. Je vous présente toutes les excuses de la part de la S.N.C.F. pour ce contretemps. »
Et il disparaît dans son bureau, nous laissant tous en plan sur le quai !
Tina est devenue tellement pâle à cette annonce qu’elle m’a fait peur. Je me rapproche d’elle pour la soutenir du mieux que je peux !
« Viens, allons dans cet hôtel, nous pourrons discuter tranquillement de ce qui te tracasse tant et éventuellement y remédier ! »
Tina me suit docilement. À peine sommes nous installées qu’elle s’empare de son portable afin de contacter Eric qui doit être rentré à l’heure qu’il est et se poser plein de questions au sujet de son retard et se demander le pourquoi de cette absence inhabituelle . Il doit commencer à s'impatienter tel que je le connais ! C'est sûrement pour cela que Tina se fait autant de soucis.
De mon côté, j’en profite pour appeler Coleman. Je réussis à le joindre et lui explique donc la situation.
« Les dieux sont avec toi ! » dit-il pour me taquiner. Il connait mes sentiments pour Tina …et il raccroche après cette plaisanterie, pas très fine à mon goût.